Skip to main content

Full text of "Gazette des hôpitaux civils et militaires (Lancette française)"

See other formats




















?...?... 


1 











'.-«àî: 






N 








jeudi â JANVIER 1840. 


(15. ANNEE.) 


N» 1^', TOM® 2. — 2» SÉRIE. 


Eta Eancette Wraneaise» 


GAZETTE DES 


le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, ruedeBussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Faris, 3moi8, 9, fr.; G mois, 181r.; 1 an, 36». 
Départ., 3mois, I0 fr.;6 inois,20fr,: I an,40ï.. 
F.frano-er. 1 an, i-V’ 


nstruction Indispensable sur le nou¬ 
veau sjrstème des poids et mesures. 

A compter du 1" janvier 1840, tout médecin est tenu, au nom 
le la loi, de n’écrire ses prescriptions pharmaceutiques qu’en se 
lonformant au nouveau système métrique décimal. L’Académie 
ie médecine ayant elle-même sanctionné l’adoption de ce systè- 
ne, aucun praticien ne saurait se dispenser de formuler d’après 
es nouveaux principes décimaux, dont la connaissance devient 
réritablement une nécessité. Cette connaissance est, du reste, 
xtrêmement facile ; il suffit de retenir le petit tableau compara¬ 
it de M. Double, que l’Académie a adopté, et que nous allons 
■eprodoire. • 


POIDS 

anciens. 

VALEUR EXACTE. 

Livre. 

1/2 kilogramme moins 1/3 d’once. 

Once. 

3 décagrammes plus 11 grains. 

Gros. 

4 grammes moins 3 grains. 

Grain. 

5 centigrammes, plus 1/17 de grain. 


POIDS 

anciens. 

VALEUR TRÈS RAPPROCHÉE. 

Livre. 

1/2 kilogramme, o 

U 500 grammes. 

Once.' 

3 décagrammes, 0 

U 30 grammes. 


4 grammes. 


Grain. 

5 centigrammes. 



' Une remarque importante, que nous croyons devoir ajouter, 
;’est que tout en adoptant le nouveau langage, cha4“® médecin 
le devrait point omettre de placer à côté des signes décimaux 
es signes des anciens poids, entre parenthèse. Cela servirait, 
l’une part, à éviter les erreurs; de l’autre, à prévenir l’oubli 
lomplet de l’ancien langage, et par conséquent l’intelligence des 
lavrages anciens. 


INTOXICATION ARSENICALE.-PROCÈS DE DIJON, 

DÉBATS. - MM. BASPAIL ET ORFIEA. 

( Audience du Zd mars. ) 

M. LE Présidkmt: Des doutes se sont élevés hier sur la nature 
les taches qui recouvrent cette assiette. M. Payen. l’un des ex- 
lerts de Dijon, a avancé que les taches d’aptimoine obtenues par 
’appareil de Marsh, pourraient simuler les taches arsenicales. En 
ertu de mon pouvoir discrétionnaire, et au nom de la Cour, j’or- 
onne qu’il soit procédé à l’analyse de ces taches par MM. les 
xpèris Orfila, Séné, Payen et Fleurot, et que M. Raspail assiste 
ux expériences. 

M. Raspail est-il présrnt? 

MM. LES Défenseurs : M. Raspail ne peut pas larder d’arriver. 

M. LE Président: Procédons, en attendant, à l’audition des 
émoins. 

[M. Raspail est introduit!) 

M' LE Président: La Cour a ordonné, Monsieur, sur un doute 
ivancé hier par M. Payen, qu’il soit procédé à l’analyse des ta- 
:hcs qui couvrent cette assiette, pour savoir en quoi les taches 
mtimoniales sont dans le cas de se rapprocher des taches arseni- 
: des. En votre qualité de conseil de la défense, je vous autorise, 
Honsieur, à assister à l’expérience. 

M. Raspail: J’ai l’honneur de rappeler à la Cour, que, dans 
na déposition, j’ai soigneusement évité de transporter exclusive- 
nent la question sur la nature des taches qui recouvrent cette as- 
liette; j’ai voulu faire à l’expertise de Paris la part la plus large, 
!t lui accorder, sur sa parole, que ces taches ne pouvaient être 
pie de l’arsenic, et ne provenaient que des expériences entre- 
irises par ces messieurs, sur les débris de la putréfaction qu’on 
eur a expédiés de Dijon. Mais je me suis attaché à établir que ce 
ait matèriei une fois admis, comme non susceptible d’être ré- 
uté intelligiblement devant une Cour d’assises, M. Orfila avan¬ 
çait une hérésie déplorable, en en tirant la conséquence que ces 
achès ne pouvaient provenir que d’un empoisonnement. C’est 
loue cela que j’ai évité même de parler de l’analogie des taches 
inümoniales, fait du reste déjà publié dans les annales de la 
cience depuis six mois seulement. 

Après ces réserves prises contre toute fausse interprétation du 
lystème que j’ai soutenu hier dans cette enceinte, je me rends aux 
rœux de la Cour, pour aller remplir ma mission bien secondaire 
lans cette expérimentation ; mission de spectateur muet et inac- 
il. Je demanderai seulement à la Courte droit défaire à ces 
nessieurs les observations qui me paraîtront propres à mettre 
’expérimentation dans une meilleure voie, si elle s'écartait de la 
lonne, et celui d’exposer ensuite mes objections dans cette en- 
leinle, quand ces messieurs auront achevé leur déposition. 

M. LE PRESIDENT : La Cour vous donne acte de vos réserves, 
Monsieur, et vous accorde la double autorisation que vous de- 
nandez. MM. les experts, prêtez serment. M. Raspail n’étant 
[u’appelé seulement par la défense, n’est point admis à remplir 
iette formalité. Messieurs, vous avez trois heures pour procéder à 
;es expériences j nousedlons reprçndrç l’auditiOBi dçs témoins. 


A midi MM. les experts sont admis à faire leur déposition, qui 
n’est que la répétition littérale et identique du rapport qu’ils 
avaient rédigé et signé en commun, après que M. Raspail se fut 
retiré, comme n’ayant pas mission d’expert assermenté,mais seu¬ 
lement celle.de conseil de la défense. 

La déposition de MM. les experts, Orfila, Devergie, Séné et 
Fleurot, a été en substance conçue en ces termes : 

Nous avons cherché d’abord à obtenir par l’appareil de Marsh 
des. taches arsenicales, en introduisant dans la fiole une faible 
quantité d’une dissolution aqueuse d’acide arsénieux. Ayant com¬ 
paré ces taches avec celles de l’assiette qui sert de pièce au pro¬ 
cès, nous en avons reconnu la ressemblance à l’aspect. 

Nous avons obtenu ensuite, par le même appareil, des taches 
arsenicales ; , celles-ci nous ont paru pins chargées en couleur, 
plus foncées’j moins violacées. Nous avons procédé alors à l’ana¬ 
lyse des unes et des autres. Nous avons, en chauffant, dégagé de 
l’odeur alliacée de l’assiette qui sert de pièce au procès. Ayant 
soumis à l’action de la flamme d’hydrogène les taches arsenicales 
et celles de l’assiette qui sert de pièce au procès d’un côté, puis 
les taches antimoniales de l’autre, nous avons reconnu que les 
premières et les secondes se volatilisaient, et que ces dernières 
disparaissaient, il est vrai, au feu d'oxidation, mais qu’elles noir¬ 
cissaient an feu de réduction, et qu’on pouvait ainsi les faire dis¬ 
paraître et reparaître alternativement. Au moyen de l’acide ni¬ 
trique, les unes et les autres se sont dissoutes avec une espèce 
d’effervescence; par évaporation, il est resté un résidu jaunâtre 
que le nitrate d’argent a coloré en rouge de brique pour les ta¬ 
ches présumées arsenicales, et en noir pour les taches antimonia¬ 
les. D’où nous avons conclu que les taches de cette assiette ne 
sauraient être confondues avec les taches provenant de l’hydro¬ 
gène antimonié obtenues à l’aide de l’appareil de Marsh, et que 
les taches de la pièce au procès sont réellement des taches arse¬ 
nicales. 

M. Païen : J’ai exprimé hier des doutes sur la nature des ta¬ 
ches qui recouvrent cette assiette, et j’avais avancé qu’il était 
possible d’en obtenir de semblables avec de l’hydrogène anti¬ 
monié. C’est sur mon observation que la Cour a ordonné le sup¬ 
plément d’expertise. J’avoue, ainsi que ces Messieurs, que, mal¬ 
gré leur frappante analogie, ainsi que MM. les jurés pourront en 
juger par leurs propres yeux {M. Payen soumet comparative¬ 
ment, sous les yeux du jury, lasoucoupe de taches antimoniales 
et celle des taches arsenicales), cependant ces deux sortes de 
taches se comportent diversement aux réactifs. Nous avons, en 
effet, entré autres choses, constaté le dégagement d’odeur alliacée 
de l’assiette qui sert de pièce au procès. 

Cependant j’ai pris, au bas du-rapport, toutes mes réserves 
contre les résultats de cette expertise, en me fondant surtout sur 
l’opinion exprimée ici par M. Raspail, qu’il est dans la nature 
plus d’une substance capable de donner, par l’apareil de Marsh , 
des taches qui se comporteraient, avec les réactifs ci-dessus dé¬ 
signé, comme font les taches arsenicales. 

M. l'avocat général Enfin, il est avéré que Ton a constaté 
l’odeur alliacée sur les taches de l’assiette qui sert de pièce au 
procès ! 

MM. LES DÉFENSEURS Choppart ET MoNGET : Nous prions M. le 
président de demander à M. Payen ce qu’il pense de la valeur 
du caractère auquel M. l’avocat-général parait attacher en ce 
moment une grande importance. 

M. Payen : L’odeur alliacée est un caractère de la vaporisa¬ 
tion de l’arsenic. 

MM. LES DÉFENSEURS : Mais le phosphore?.... 

M. Payen : Cela est vrai ; le phosphore donne aussi cette odeur. 

M. Raspail (appelé à déposer devant la Cour), s’exprime en 
ces termes : Le point scientifique qui vous est soumis, n’est 
qu’un de ces mille doutes que le rapport des experts de Paris a 
fait naître dans tout esprit non prévenu. Je ne me suis pas plus 
attaché à soulever cette difficulté que les mille autres de ce genre. 
Trois mois ne nous suffiraient pas pour les élucider toutes ; que 
pensez-vous que nous ayons pu faire dans l’espace de trois heu¬ 
res ? Trois heures , dont une bonne moitié a été perdue en pré¬ 
paratifs , et en confection d’appareils ou autres pertes de temps 
d’un tout autre genre. Cependant ,il est, dans cette expertise , 
une circonstance qui vous permettra d'apprécier par vous- 
inêmes, MM. les jurés, combien il faut peu de chose à la science, 
pour changer d’avis coup sur coup, lorsqu’elle procède en chimie 
légale. Ces Messieurs ont cherché tout d’abord à obtenir des 
taches antimoniales, en plaç.int dans l’appareil de Marsh de Tan- 
timoine pur d’arsenic, enflammant le gaz hydrogène antimonié, et 
recneillant les produits de la flamme sur une assiette de porcelaine. 
Ces taches nombreuses étaient noires et fuligineuses exactement 
comme des taches de noir à fumée. Chacun de ces Messieurs s’est 
récrié sur l’énorme différence qui existait, à l’aspect seulement, 
entre ces taches antimoniales que venait d’obtenir M. Devergie, 
et les taches arsenicales que , d’un autre appareil, dans lequel 
on avait déposé de Tacide arsénieuiç, venait d’obtenir M. Orfila. 
Si le rapport de MM. les experts avait été rédigé sans plus am¬ 
ple infofmation , voici ce que vous y auriez lu ( je vous rends, 
mot pour mot, la phrase convenue verbalement entre ces Mes¬ 
sieurs ), pour exprimer le caractère distinctif des taches anti¬ 
moniales et des taches arsenicales , sous le rapport de l’aspect : 
les taches arsenicales sont violacées , brillantes et d'un reflet 
métallique ; les taches antimoniales au contraire sont noires , 
<tun noir mat et fuligineux et sans le moindre reflet métallique. 

Mais ayant profité d’nn instant où ces Messieurs avaient aban¬ 
donné l’appareil de l’antimoine , et, profilant de l’autorisation 
de M. le président, j’ai pris la liberté d’obtenir, sur une sou¬ 
coupe fort propre, des taches antimoniales, d’après un tout autre 
procédé , et j’ai produit des taches d’un aspect différent des pre¬ 
mières, petites à la vérité , car il n'y avait presque plus d’anti¬ 
moine dans l’appareil, mais violacées, brillantes, et offrant çà et 
là un aspect aussi métallique que les taches arsenicales ; il a fallu 
alors modifier la formule des caractères distinctifs. M. Orfila a 
, dit ; Ces taches sont trop petites, et puis vous ne les enlèverez 


pas, avec le doM , aussi facilement que les taches d’arsenic. 
A ces mots, M. Payen n’a en qu’à passer le doigt sur un certain 
nombre de ces taches antimoniales pour les faire disparaître sans 
qu’il en restât de traces. On a dit : Mais leur reflet métallique 
ne se présente pas sur toutes, elil est bien circonscrit. Alors 
M. Payen a pris une nouvelle soucoupe, sur laquelle, et à l’aide 
des procédés que je lui ai indiqués, il a obtenu ( vu que l’anti¬ 
moine dq l’appareil avait été renouvelé ) des taches beaucoup 
plus larges que les miennes et d’un plus beau reflet métallique ; 
elles étaient seulement encore un peu moins violacées que celles 
d’arsenic. 

Je m’en vais, Messieurs , placer sons vos yeux les résulUts de 
celte série, fort incomplète du reste , d’expériences chimiques : 

( Ici, M. Raspail étale sur le petjt bureau toutes les soucoupes 
qu’il peut trouver dans la caisse apportée à l’audience, et paraît 
chercher avec anxiété celle dont il vient de parier. ) 

Voilà bien les soucoupes nombreuses couvertes de taches arse¬ 
nicales ; voilà la soucoupe des taches antimoniales obtenues par 
M. Payen. (M. Raspail la présente à M. Payen qui la reconnaît.) 
Mais je cherche envain la soucoupe des taches antimoniales ob¬ 
tenues en premier lieu par M. Devergie, et puis la mienne. Je 
m’étonne d’une pareille soustraction ! ( Personne ne répond parmi 
MM. les experts. ) Je me trouve ainsi, MM. les jurés , malgré 
moi, et par un fait qui m’est étranger, dans l’impossibilité d’éta¬ 
blir sous vos yeux une progression , en vertu de laquelle il vous 
eût été facile de prévoir qu’avec un peu plus de temps, une ha¬ 
bitude plus exercée, et en variant davantage les procédés du 
coup de main et les proportions des substances employées, nous 
aurions pu arriver à produire des taches antimoniales absolu¬ 
ment identiques, sous le rapport de l’aspect, avec les taches ar¬ 
senicales. Car, par suite de quatre essais seulement vous auriez 
eu sous les yeux : 

1“ Des taches antimoniales noires et fuligineuses ; 2" des taches 
antimoniales petites, violacées, mais sans reflet métallique; 3odes 
taches plus grandes violacées et avec un petit reflet métallique; 
4“ des taches beaucoup plus larges et à large reflet métallique. 

Vous auriez eu ainsi quatre changemens de définitions, en 
quatre expériences consécutives. 

Jugez de ce qui pourra arriver, qua'nd le hasard se chargera 
du soin de modifier l’expérience, de varier les doses du mélange 
les proportions respectives de l’antimoine et de ses combinaisonsî 
à l’insu du chimiste? Car l’expertise légale n’a jamais à opérer, 
comme nous venons de le faire, sur des substances pures et par¬ 
faitement bien isolées. En effet, nous avens pris de fanli- 
moine.pur, et nous l’avons introduit dans un appareil dont nous 
connaissions bien toutes les substances. Mais si jamais un liquide 
de cadavre renfermait de l’antimoine, l’expérience que nous ve¬ 
nons de faire ne représenterait nullement d’avance les résultat» 
qu’on devrait s’attendre à obtenir. Et ici rien n’a été étudié sous 
ce rapport ; je puis vous énumérer des milliers de combinaisons 
sur le produit desquelles nous n’avons aucune donnée. Si voua 
me permettiez de poser à M. Orfila une trentaine de questions seu¬ 
lement, sur ce qui pourrait arriver, dans le cas où je lui soumet¬ 
trais une trentaine de mélanges, à chaque question je ne crains 
pas d’être démenti ; il me répondrait : qu’U ne sait pas ce qui 
arriverait alors, quelle en serait la réaction. Cet aveu seul ré¬ 
duit au néiint tout ce que nous venons de faire ; quant à la dispa¬ 
rition des deux soucoupes, je laisse à MM. les jurés le soin d’ap¬ 
précier la valeur de cette circonstance. Je n’insisterai pas à cet 
égard. 

On a essayé ensuite les taches arsenicales et antimuniales par 
l’acide nitrique; les unes, d’après l’annonce de M. Orfila, de¬ 
vaient, par l’évaporation de Tacide, laisser un résidu jaune, et 
les autres un résidu incolore. Or, il s’est trouvé que toutes les 
^t«ux ont laissé un résidu éplement jaune ; mais nous avons passé 
sans peine sur ce désappointement. 

Par le nitrate d’argent le résidu des taches antimoniales a 
noirci, et celui des taches arsenicales a rougi. Mais ici je dois 
faire observer à MM. les jurés, que la goutte de nitrate d’argent 
n’a été placée que sur l’extrême limite du résidu des tache» arse¬ 
nicales; j’ai vainement demandé personnellement à M. Orfila, 
qu’il la plaçât sur le fond de la capsule, où le nitrate d’argent au¬ 
rait infailliblement produit un précipité noir, comme sur les ta¬ 
ches antimoniales. J’ai cru pouvoir attribuer le refus de M. Or¬ 
fila, à ce qu'il a dit à M. Séné que Tacide nitrique de la Faculté 
était impur, était un acide jaune. 

On a procédé ensuite au dégagement d’odeur des taches de 
Tassielte qui sert de pièce au procès. M. Devergie procédait à 
Teipérience. Deux fois on m a invité à flairer l’odeur, deux fois 
j’ai dit ne percevoir aucune odeur caractéristique. Un de ces 
messieurs, qui m’a succédé, a dit, ainsi que moi, qu’il ne perce¬ 
vait rien de bien distinct. On a chauffé davantage ; ces messieurs 
ont déclaré percevoir Toâeur alliacée, j’ai perçu une odeur mé¬ 
tallique qu’à la rigueur j’aurais eu de la peine à’ bien caractériser 
si je n’avais pas eu présente à l’esprit Toileur alliacée. Cejiendant, 
j’ai déclaré, pour ne pas trop contrarier ces messieurs,, que je per¬ 
cevais une odeur alliacée. * 

Ici M. Tavocal-général paraît avoir attaché une grande impor¬ 
tance à la constatation de ce caractère ; je lui en demande pardon, 
mais ce caractère, à lui seul, ne signifie plus depuis long-temps 
ce qu’il avait tant et si hautement signifié d’abord. Qui oserait 
soutenir ici que l’odeur alliacée est le caractère spécial de Tarsc- 
nic? Je lui répondrais par la volatilisation du phosphore et des 
phosphates des produits de la digestion, de Tacide sulfureux mêlé 
à certaines substances organiques, par la volatilisation de Tanlir 
moine à l’état de cerlalns mélanges ; enfin il me suffirait ici de 
vous dégager cette odeur d’une simple lame de couteau, après 
avoir eu soin de m’en servir pour couper une pomme ordinaire. 

Il arriva un jour que deux chimistes de la capitale ayant été 
appelés par l’instruction pour reconnaître si un liquide recueilli 
sur un cadavre renfermait de l’arsenic; et ayant reconnu à l’odo¬ 
rat un dégagement alliacé, prononcèrent que le liquide était mé¬ 
langé à des combinaisons arsenicales. Il fut démontré plus tard 
pourtant que ce liquide ne renfermait pas un atome d’arsenic !.'! 























— 2 “ 


L’un de ces cliimisles n’était autre que Vauquelin. Son collè¬ 
gue, qui, dans son ouvrage (1), en a fait amende honorable, et a 
admis définitivement en principe que l’odeur alliacée n’était pas 
un caractère de l’existence de l’arsenic ; ce second chimiste n’était 
autre que M. Orfila. J’attends que M. Orfila me démente !!! 

[M. Orfila et Mt l'avocat général gardent le silence.} 

Une tache n’est donc pas reconnue arsenicale par cela seul 
qu’en se volatilisant elle dégage de l’odeur d’arsenic. 

Il reste à m’expliquer sur la différence qu’offrent entr’elles les 
taches antimoniales et les taches arsenicales, quand on les soumet 
les unes et les autres à l’action de la flamme d’hydrogène. La 
tache arsenicale se volatilise, la tache antimoniale noircit au feu 
de réduction. Observez qu’ici nous avons opéré sur de l’anlimpi- 
ne pur. Mais qu’arriverait-il si, au lieu de parvenir pur et isolé 
sur l’assiette de porcelaine, l’anlimoine s’y étendait en taches, au 
moyen d'un mélange d’huile essentielle, ou d’un corps métalli- 
_ que, métalloïde volatil, d’iode, par exemple, etc. ? Personne ne 
le sait ici ; l’expérience n’a pas encore été faite sous ce rapport, 
Que signifie donc ce caractère qui, dans l’état de la eau 
seul que l’on puisse invoquer sur ce fait isolé, et qui ests 
nexité aucune avec le procès qui nous occupe ? Qui ne connaît la 
puissance qu’ont les substances volatiles de communiquer leur 
propriété de volatilisation, à l’aide de mélanges, aux substances 
les plus fixes? Un savant instruit, capable et consciencieux, 
garderait bien de rire de cette hypothèse, car elle est une 
Lqrsqu’il est admis que le titane, quiestle plus fixe et un des plus 
infusibles métaux, se retrouve si souvent dans les cheminées 
de nos hauts fourneaux , fondu et cristallisé, après a 
transporté si loin par l’action des mélanges soumis à une tempé¬ 
rature élevée, dë quel droit se récrierait-on contre cette idée, que 
l’antimoine de ces taches pourrait acquérir la puissance de se 
volatiliser, s’il était étalé sur la surface de porcelaine, mélangée 
faible proportion à une huile essentielle empyreumatique ou 
une autre substance, soit organique, soit inçrganique? 

Permettez-moi, Messieurs, enfin, de vous soumettre une noi 
velle observation que tout le monde est en état de comprendre. 

Nous venons de. consacrer trois heures pour étudier les diffé¬ 
rences et les ressemblances qu’offrent entre elles les taches arse¬ 
nicales et les taches antimoniales ; et, comme vous le voyez, 
n’avons pas obtenu des résultats bien satisfaisans. 

Mais il n’y a pas que l’antimoine qui, par l’appareil de Marsh, 
puisse donner de pareilles taches ! Et les chlorures, et les iodures 
et hydriodates, et les bromures, et les bromates, et les phosphore.'' 
et phosphates, etc., etc., et enfin toutes les combinaisons suscep¬ 
tibles de se volatiliser en totalité ou en partie ! Allons nous re¬ 
demander encore trois heures pour examiner leurs taches, com¬ 
parativement avec les taches arsenicales? L’expertise va-t-elle 
vous prier de lui accorder un sursis pour ses études nouvelles? 
Va-t-elle vous dire : Avant de fémoigner de nouveau devant 
vous, attende!, que je m’instruise et que je fasse de nouvelles 

Oh ! alors. Messieurs, accordez-lui sa demande ; une bonne fois 
pour toutes renvoyez-la à l’école, et jugez le fait incriminé sans 
elle et sans nous. 

Savez-vous ce que nous venons de produire de plus réel devant 
vous ? C’est une petite représentation théâtrale ; mais, en mou 
âme et conscience, je le déclare, et je ne crains pas d'être dé¬ 
menti, ce n’est pas là de la chimie ! {Chacun garde le silence au 
banc de MM. les experts.) 

( « Après ce rapport officiel, et en vertu de sa double mission, 

» M. Raspail était tenu envers MM. les défenseurs à un rapport 
» confidentiel, pour leur servir, en tant que de besoin, comme 
» moyen de réfutation et de défense. Afin de compléter la décla- 
» ration de M. Raspail, et de donner le mot de l’énigme de quel- 
» ques réticences que lui imposait, dans cette solennité, le senti- 
» ment des convenances, nous ne saurions nous dispenser de la 
» publier ici telle que M. Raspail nous l’a transmise lui-même.») 


qu’en prQvince. Malheureusement ce secret est cplui de la comé¬ 
die, que l’on ne connaîtra bien à Dijon q'u’après le dénouement; 


de la vérité et de la 
et le coup 


« Réunis dans le laboratoire de la Faculté des sciences, à l’A¬ 
cadémie de cette ville, MM. Orfila, Devergie, Séné, Payen, Fleu- 
rot et moi, puis une personne étrangère qui a assisté à la plupart 
des expériences, nous nous sommes occupés à dresser des appa¬ 
reils de Marsh. Il a fallu couder et'effiler des verres; la lampe à 
émailleur n’était pas en état, l’huile épaissie en bouillie témoi¬ 
gnait qu’on ne l’avait pas renouvelée depuis long-temps. On en a 
ajouté une nouvelle dose qui, nécessairement, au lieu d’améliorer 
l'ancienne, est venue perdre ses propriétés en se mélangeaut avec 
celle-ci. On a eu beau souffler, la flamme'la plus long-temps pro¬ 
longée n’a fait que couvrir le verre d’une suie qui le protégeait 
contre l’action du feu. On s’est décidé à couder les tubes au 
moyen d’un brasier ardent, et à les effiler de même. L’impatience 
gagnait tout le monde, et le sentiment de la faim n’était pas tout- 
à-fait étranger à ces accès d’impatience. Enfin les appareils de 
Marsh ayant été confectionnés, par M. Orfila d’un côté, et M. 
Payen de l’autre, j’ai demandé à MM. les experts de Dijon si c’é¬ 
tait bien là l’appareil dont ils ont fait usage dans leur rapport 
d’expertise du 2 février ; ils m’ont répondu affirmativement. Cet 
^pareil était donc exactement construit comme celui dont s’é¬ 
taient servi MM. les experts de Paris. Donc ces Messieurs de Di¬ 
jon auraientdù obtenir des taches arsenicales du cadavre de INi- 
colas Mercier au 2 février, comme ces Messieurs de Paris assu¬ 
rent en avoir obtenu le 17 juin suivant, si le cadavre de Nicolas 
Mercier avait contenu de l’arsenic au 2 février. Ils n’en ont pas 
nbtenu même des traces en opérant sur le même ordre de tissus, 
par les mêmes procédés, et.avec le même appareil que MM. les 
experts de Paris ; donc Nicolas Mercier n’est pas mort empoi- 
son0é. 

» N^ous avons été, vous le concevrez facilement, un peu moins 
solennels que dans cette audience ; et l’assentiment donné aux 
expérimeiîtations et aux conclusions de M. Orfila, m’a paru, en 
tous les casv trop spontané et trop prompt à se faire jour pour 
qu’il fût rex,uression d’un vote entièrement exempt d’un peu de 
faveur et de Référence. Je regrette que l’instruction judiciaire 
n’ait pas encore iîperçu que toutes les règles de l’égalité devant 
la loi se trouvent compromises toutes les fois qu’on associe dans la 
même expertise nn doyen de la Faculté de Paris, membre du con¬ 
seil royal de l’université royale, avec des professeùrs d’écoles se¬ 
condaires de province, et dipendans du conseil royal. 
~|t.»^revirement si subit et si imprévu, dont vous venez d’être 
pn^s, de la part de deux et même trois expertises rivales, celte 
Kférence de l’expertise froissée envers l’expertise qui depuis six 
' is l’avait foulée aux pieds, cette petite scène de physique amu¬ 
sante arrangée tout exprès pour MM, les jurés, tout cela se re- 
puésente si souvent à Paris, qu’on ne saurait en ignorer le secret 


je désire qu’il ne soit pas funeste à la 
justice, je compte beaucoup ei 
d’œil exercé de MM. les jurés. 

» Je n’avais pas voix au chapitre, au milieu de ces messieurs, 
ainsi que vous avez pu vous en apercevoir par la teneur de ma 
déposition publique ; je n’y étais pas même toujours invoqué com¬ 
me témoin, et encore moins quand une expérience se trouvait dé¬ 
sappointée. Il fallait voir avec quelle réserve heureuse et polie 
M. le doyen signalait des yeux son insuccès à ses collègues ! M. 
Séné, disait M. Orfila, en s’adressant à son ancien préparateur: 
« Votre acide nitrique est impur, c’est ce que j’appelle de l’acide 
» nitrique jaune. Lisez à cet égard la brochure' dont je vous ai cn- 
» voyé un exemplaire ; vous y verrez que j’ai découvert une sub- 
» spanee jaune dans l’acide nitrique du commerce, substance 
» jaunequi a beaucoup étonné M.Soubeiran et les autres chimistes 
» à qui je l’ai présentée, et c’est ce corps qui altère souvent les 
» réactions caractéristiques de l'arsenic, spécialement celle par 
» l’aeide nitrique. » 

A ces mots de M. Orfila, j’ai prêté une attention plus sérieuse 
qu’auparavant. Une substance jaune nouvelle et découverte par 
M. Orfila ! Un acide nitrique qui prend la qualification chimique 
d'acide nitrique jaune, je ne connais que le gaz nitreux qui lui 


Société méMcale ü^JErnutatim 


Présidence de M. Mojok. 


donne quelquefois celle couleur. Je n’avais pas la permission d’ 
demander davantage, et ne possédais nullement le droit d’inter¬ 
pellation. Au sortir de la séance, j’ai eu hâte d’avoir recours à la 
brochure inédite de M. Orfila, à l’exemplaire que M. Orfila 
adressé, de sa propre main, à M» Monget, et qu’il paraît avoi- 
adressée à plusieurs autres personnes. Èffectivement j’ai trouvé, 
à la fin du livre, une note terminale, qui parle d’un acide nitrique 
JAUNE, d’uSe SUBSTANCE JAUNE non décrite que renfermerait l’aeidc 
nitrique du commerce. 

Je m’attendais à voir M. Orfila nous donner le poids atomique 
de cette substance, l’histoire de ses caractères essentiels, la pro¬ 
portion dans laquelle on la trouve dans l’acide nitrique, enfin au 
moins un commencement de prise de possession de cette nouvelle 
voie ouverte aux recherches des chimistes. La chimie légale n’est 
pas tenue à tant de précision. 

Alors , laissant là le livre, et n’ayant recours qu’à mes souve 
nirs,-je suis resté convaincu que la substance jaune signalée par 
M. Orfila dans l’acide nitrique du commerce, ne pouvait être, 
sans parler des substances organiques qu’il peut contenir, que du 
soufré et des sulfures dont les chimistes ont déjà signalé la pré- 
8 dans ce réactif. C’est ce soufre , soit isolé, soit combiné, 
qui, en s’unissant à l'arsenic et à l'antimoine, produit un sulfure 
jaune et peut quelquefois, par le nitrate d’argent, imprimer à un 
résidu d’arsenic la coloration que le nitrate d’argent détermine 
sur le résidu d’antimoine. Voilà pourquoi je demandais que la 
goutte de nitrate d'argpnt fût déposée sur le fond et non sur les 
bords de la capsule ; dans ce cas, et, grâces à la substance jaune 
laissée par l’aeide nitrique dans la capsule arsenicale , au T 
du rouge brique, nous aurions obtenu un rouge noir. Jugez ] 
là à quoi tiennent les oracles de la chimie légale ! Innocenee, 
l’on interroge le fond d’une capsule ; culpabilité-, si l’on ne dé¬ 
passe pas les bords ! La ' ‘ ’ ' ' 


La Société a consacré ses deux dernières séances au renout? 
lement des membres du bureau et à la modification de plui|lÿ 
articles de son règlement. Elle a arrêté, d’après le travail qMÏ 
a été présenté par l’un de ses membres, M. La Corbière, qfi/'fc 
rénavant les jetons de présence seraient d’une valeur égale 
de l’Académie de médecine. La Société continuera à seti» 
chaque premier mercredi du mois, à sept heures du soir, dai^ 
local même oii l’ont constituée ses eélèbres fondateurs, leé ï' 
chat, les Alibert, les Corvisart, les Pinel, les Dupuytren, les^ 
cherand, les Husson, etc. (dans les salons de l’Ecole de Médecii^ 
Les séances seront nublioues. Pour se conformer à'I’un desm-fiitf' 


Is ! La vie et la mort des accusés séparées par 
X lignes de profondeur ! Que Dieu préserve 
tours de force de la chimie légale ! 


(1) Traité de Médecine légale, dernière édition, t. III, p. J43 
cit 444,en note, 


Après l’auditigp des témoins , M. l’avocat-général, prêtant le 
secours d.e son élocution simple et facile au système de M. Qr- 
fila, dont le rapport a été traité par lui comme le travail le 
plus savant qui ait jamais été publié sur la matière , a soutenu 
que la certitude d’un empoisonnement ne saurait être révoquée 
doute, dans cette circopstanee, que par |es hommes qui, ains' 
un ancien philosophe, doutent de tout, même de leur exis¬ 
tence. 

Mais, telle est la puissance contagieuse du doute ! on s’est 
aperçu généralement qu’à forpe de défendre ce système d'exper¬ 
tise , et de vouloir réfuter les objections, M- l’avocat-général 
avait perdu un peu du ton affirmatif de son premier réquisitoire, 
et se laissait aller à son tour au doute un peu plus que ne le 
comportent les habitudes du ministère public, Il a fini même 
par se désister presque de son accusation à l'égard de la femme 
Mercier, née Chambellan. 

La défense de Mercier père a été présentée par M® Choppart 
rec un talent d'analyse, et une connaissanee technique de son 
sujet, qui ont fixé constamment sur lui l’attention de son nom¬ 
breux auditoire. 

M" Monget, avocat de la femme Mercier, déjà sûr d'avance d’un 
acquittement, s’est attaché, avec un rare bonheur d’expression, 
non à justifier son infortunée cliente, mais à la réhabiliter dans 
le cœur de ses nombreux compatriotes épars dans l’auditoire, et 
l’apprêtaient à lui rendre leur estime, en même temps que 
'arrêt lui rendrait la liberté après dix mois d'arrestation et de 
captivité. 

M. le Président a résumé les débats avec l’impartialité dont il 
avait fait preuve dans tout le cours de ces audiences si palpitan¬ 
tes d'intérêt. 

L’immense majorité de l’auditoire, nous ne craignons pas d’être 
démentis, s’attendait à un acquittement des deux accusés. 

La déclaration du jury a été négative à l’égard de la femme 
Mercier, dont la liberté a été immédiatement ordonnée; et affir¬ 
mative, mais avec des circonstances atténuantes , à l’égard de 
Mercier, qui a été condamné aux travaux forcés à perpétuité, 
'ec exposition. 

Il paraît constant, par les révélations des journaux de Dijon, 
que la question chimique a été tout-à-fait écartée ; qu’en consé¬ 
quence la déclaration de M. Orfila a été considérée comme dé¬ 
nuée de preuves et de la valeur qu’il lui avait attachée pendant 
six mois dans les journaux. MM. les jurés n’ont eu égard qu’à 
quelques malheureuses contradictions de l’accusé. Mais cepen¬ 
dant il faut qu’un doute, difficile à dissiper, ait pesé sur leur 
vote ; car autrement, et s’ils avaient eu la certitude complète 
d’un empoisonnement, ils n’auraient pas admis le bénéfice répa¬ 
rateur des circonstances atténuantes, et même ils n’aura'ient 
peut-être pas acquitté la femme Mercier. Car cet empoisonne¬ 
ment, dans l’hypothèse de l’accusation, aurait été trop longuement 
prémédité, trop froidement conçu, et opéré avec trop de persé¬ 
vérance, pour que le principal accusé n’eût pas pour complice sa 
femme, et qu’il pût échapper à la peine de mort. 

On dit que la déclaration du jury, à l’égard de Mercier, a été 
rqndue à la majorité de huit voix contre quatre. 

{Fin de la déposition de M. Raspail.) 


Les séances seront publiques. Pour se conformer à'I’un desarti|| 
de son règlement, la Société a arrêté en outre : 

1“ Qu’aucun nouveau membre ne pourrait être élu sans qu 
candidat ait lu en séance un travail et adressé une demande 
écrit qui seraient jugés favorablement par une commission no 
mée ad hoc . 

2“ Que le nombre des membres résidans sérait élevé jusq 
cent. ^ 

3“ Que le nombre des membres correspondans serait indél] 
Leur élection aurait lieu sur uq rapport d’une commission i 
aurait jugé favorablement la demande elles titres que le candi 


aurait adressés à la Société. Les lettres, les mémoires et les 
vrages manuscrits ou imprimés que les auteurs désireraient fa|| 
parvenir à la Société, doivent être envoyés (franco) à l’une i| 
adresses suivantes : 1 

M. Nonat, secrétaire-général, rue de Seine-Saint-Germail 


M. Adorne, trésorier, rue du Four-Saint-Germain, 27 ; p 
M. Gillette, secrétaire particulier, rue Sainle-Marguerite-S.iià* 
Germain, 30 ; 

M. Rognetta, secrétaire particulier, rue Taranne, 21. 

La Société a arrêté que les séances seraient publiques^ et qu' 
compte-rendu par mojs serait inséré dans la. Galette des 
taux&m: les lectures et les discussions les plus intéressantes. 


Séance du G novembre. — Hydropisie de l'ovaire. Ponction f 
le vagin. 


M. Nonat communique l’observation suivante : 

Une jeune femme est entrée à l’Hôtel-Dieu pour être trai 
d’une tumeur hypogastrique. A l’examen on a reconnu un ky 
de l'ovaire saillant et fluctuant du côté du vagin. M. Nonat e 
fait la ponction de ce côté à l'aide d’un trois quarts. Aucun àc 
dent n’a suivi cette opération. 

Six semaines après la tumeur s’est reproduite; on pratique 
seconde ponction par le vagin : la tumeur a paru, celte fois, , 
lobée. Quelque temps après le mal s’est reproduit de nouves 
On pratique une troisième ponction en enfonçant le trois-qua 
par l’hypogastré. Des accidens graves de péritonite se sont déc 
rés. On les a heureusement conjurés, mais la tumeur s’est repi 
duite encore. 

M. Nonat se livre à des considérations pratiques sur ce fait 
conclut en accordant une grande supériorité à la paraceni. 
vaginale comparativement à la paracentèse hypogastrique dans 
traitement de ces sortes de tumeurs. 

— yi.Caffe rapporte un autre fait plus remarquable encore.U 
femme de grande taille portait depuis long-temps unç hydropii 
ovarique très volumineuse, qu’on avait caractérisée pour une 1 
dropisie ascite. M. Gaffe ayant été consulté, a cru également av( 
affaire à une collection péritonéale. Le volume du ventre él 
énorme, la dyspnée très grande, la maigreur générale extrêm 
il a pratiqué une ponction à gauche avec un gros trois-quart 
Le liquide était gélatiniforme et s’est fortement coagulé par l’a 
tion de la chaleur. La canule a laissé passer; après le liquide ni 
masse éqorme de très longs cheveux. L’ipstrument a été laissé 
place. Le lendemain il ué laissait plus écouler de liquide. M. Ca. 
l’a retiré et mis la malade à un régime alimentaire substantù 
Elle guérit radicalement. M. Gaffe fait quelques observations s 
la circonstance remarquable des longs poils, qu’il regarde comi 
"U produit accidentel et indépendant d’une conception fœtale. 

M. Giraldès se livre à des considérations intéressantes s 
l’anatamie pathologique des kystes abdominaux ; il fait observ 
qu’une des causes les plus fréquentes de la difficulté de le 
oblitératiou, c’est l’ossification parcellaire pu ou la dégénéré 
cence calcaire de leurs parois. 

M. Bricheteau rappelle quelques cas remarquables d’bydrop 
pisie qu’il a guérie à l’aide de la compression et dont les délaip 
se trouvent déjà publiés. gg 


Vertus thérapeutiques de l’ail. 


de 

f 


M. Rognetta donne lecture de la note suivante ; 

L’ail est une plante originaire de la Sicile et cultivée anjouiT 
d’hui en plein champ , surtout dans les provinces méridionale^^ 
Ses bulbes sont douées d’une odeur caractéristique qu’on appelpH 
alliacée et d’un goût âcre et chaud que tout le monde connaît. 

Gette odeur et celte saveur tiennent à une huile volatile , 
quelle passe aisément dans le sang et communique son odeur à Wf 
plupart des sécrétions, surtout à l’baleine et à la sueur. On a « 
la même odeur transpirer par la surface des plaies ou des cautà^ 
res quatre heures après l’ingestion de l’ail ( Hallé et Nysten]*!' 
Voici comment M. Berzélius s’exprime sur le principe actif d’" 
ce végétal. 

« L'huile de l’ail, extraite de la tige et de la bulbe de celt . 
plante est très volatile, passe avec les premières portions d’eau*“ 
et tombe ensuite au fond de celle-ci. Sa couleur est jaune , so||| 
odeur pénétrante, sa saveur forte et âcre. Appliquée sur la peauH' 
elle produit une douleur violente ; elle brûle en donnant beauK 
coup de suie et répandant une odeur acide sulfureux.; elî| 


est très soluble dans l’alcool, etc. » (Chim., t. V, p. 425.) 

Il est d’expérience que, par l’ébullition, le principe odorat 


principe odorant dS 
dissipe complètement, et ce qui reste n’a absolument auB 
goût ni l’odeur propre de l’ail. Ge qui reste alors dans 1* 
bulbe se compose tout simplement d’albumine, de soufre, d'uni? 
matière sucrée et d’un peu de fécule. (Gadet ) 

On peut obtenir le principe actif de l’ail non seulement par h®F 
distillation, mais encore par la simple infusion aqueuse ; oii^ 
bien par l’infusion alcoolique , ou bien encore par la macératiolP 
dans du vinaigre. Personne n’ignore que c’est ainsi que nos cui-l® 
siniers donnent au vinaigre l’odeur alliacée qu’on emploie poui-^' 
la salade. 

Gomme gliment, l’ail offre donc deux élémens à considérer t*. 

















. j» -renchyme qui constitue une matière alimentaire, et son 
' ;i le alliacé qui lui sert d’assaisonnement. Nous manquons 

S* v ’vations directes sur la véritable action de l’ail dans 1 or- 

ne bien portant. On croit que c’est un excitant parce quil 
“ suf la langue et sur la muqueuse en général ; mais ^e 

J è, ire réflexion fera de suite comprendre que c’est là un efiet 

mioue dépendant du contact immédiat de l’huile alliacée et 
i,,-.:») ne décide rien sur la véritable action dynamique de ce vé- 
^ Cette action dépend de l’impression du principe en ques- 
f iiE lur l’organisme entier, après être passé dans le torrent de 
-culation. Or, qu’observons-nous chez les campagnards, 
r Ua- exemple, qui font habituellement un grand usage de 1 ajl 
Hà i-> J leurs alimens grossiers? Rien; si ce n’est que l’ail facilite 
digestions; mais on ne peut dire pour cela qu’il soit exci- 
es^ • car le vinaigre, qu’on met dans la salade, et qui est certes 

^ ,1 d’être excitant, facilite également les digestions. 

On n’ignore point qu’en Espagne et dans la Provence la plu- 
ft des mets contiennent de l’ail et que cet assaisonnement en 
eilite la digestion, sans pouvoir dire pourtant que ce soit la un 
fet d’excitation. Un fait qui dément formellement la présomp- 
on de l’action excitante de l’ail, c’est que les buveurs prévienr- 
enl l’ivresse èn faisapt infuser quelques gousses, d’ail dans Ip 
in qu’ils boivent, ou bien en mangeant de l’ail sur du pain. 
' dérat et Delens, Dût. univ. de Mat. med., t. 1.) 
rizs Autrefois, l’ail était employé en médecine et comme remede 
Svnamique et comme moyen mécanique. Hippocrate en fait men- 
■n et il attribue à l’ail la propriété de provoquer certaines sér 
■étions, telles que la transpiration, les urines, les garderobes ; 
Jorestus a vu l’usage répété de l’infusion d’ail guérir l'hydropisie 
icite en déterminant d’abondantes sécrétions d’urine ; Syden- 
im et Cullen ont confirmé ce fait important par ia guérison de 

lusieurs sujets hydropiques. 

Si ces faits sont exacts, nous aurions déjà des données assez 
robantes pour établir que l’action constitutionnelle de l’ail est 
ithénique ou antiphlogistique comme celle de la scille et de la 


Bo] 


ky 


Il serait cependant à désirer que des expériences nouvelles 
issent faites sup ce sujet, pour confirmer ou ipfirmer les pro- 
riétés dynamiques que nous croyons reconnaître dans le princi- 
e actif de l’ail. Cette détermination ne serait pas sans impor- 
ince pour la médecine des pauvres et des campagnes, qui pour- 
lient en profiter dans une foule de maladies qui réclament la 
lédication antiphlogistique. _ 

Comme remède dynamique.rail peut etre employé sous plusieurs 
rmes ; la plus simple est l’infusion aqueuse édulcorée d’un si- 
m que’lconque. On peut également se servir de l’infusion dans 
l iait, ainsi qii’on le fait déjà chez les enfans atteintsd’helmin- 
aiase.'ll va sans dire que, dans l’un comme dans l’autre cas, la 
ulbe de l’ail doit être écrasée. L’infusion dans du vinaigre for- 
le un acide alliacé qui pourrait également être prescrit par goût¬ 
es dans de l’eau, ou bien réduit en pilules avec une poudre 
lerte. Pour empêcher l’évaporation du principe alliacé, il fan- 
rait, dans ce cas, faire couvrir chaque pilule d’une couche de 
omme et l’argenter ensuite. L’huile d’ail obtenue par la distilla- 
on pourrait être plus facilement réduite en pilules. Le vinaigre 
lliacé et l’huile d’ail seraient aussi applicables, d’après la mé- 
îpt iode endermique, surtout chez les enfans. 

Comme moyen mécanique, l’ail pilé a quelquefois servi comme 
l, pispaslique. Ou l’écrase et on l’applique soüs forme de cataplas- 
ili m • son simple contact pendant quelques heures suffit pour ru- 
ns éfier, et même ulcérer la peau. 

Sous cette forme, il est ordinairement appliqué à la région om- 
■U ilicale chez des enfans atteints de vers. Il ne faut pas oublier, 
pendant, que le principe actif de l’ail pénètre promptement 
ins les tissus et passe dans la grande circulation, ainsi qu’on peut 
. en convaincre par la fétidité de l’haleine. J’ai vu employer l’ail 
él n substance contre l’ophthaimie catarrhale chronique avec avan- 
ige. On touche momentanément la conjonctive avec un petit 
lartier 4’ail, la muqueuse blanchit comme quand on la touche 
■ec la pierre infernale. 

Conclusions. 1» Nous appelons l’alfentjon des praticiens pr 
1 agent thérapeutique que nos ancêtres employaient, -et qu’on 
-w complètement oublié de nos jours. Nous croyons que l’usage 
ti< e cette substance peut rendre des services réels à la médecine 
* es pauvres et des campagnes. 

■ 2“ L’action locale ou physico-chimique de l’ail est incontesta.« 
lement irritante ; mais elle ne doit point être confondue avec 
iction dynàroiqpe qui dépend de l’absorption de l’huile volatile 
le sa substance renfeyme, et qui peut être de nature opposée. 

3“ L’action dynamique où constitutionnelle de t’ajl paraît ana- 
re igue à celle de là scille', et peut être vraisemblablement em- 
loyée comme remède antiphlogistique dans une foule de ma- 
^pfiidies. 

1 40 ' Enfin, il est très probable que, donné à haute dose, l’ail 
It comme poison froid ou asthénique, et que ses effets récla- 
ent l’usage des remèdes stimulons ; mais la science manquant 
de faits à ce sujet, nous ne pouvons qu’émettre le vœu que des 
[périences soipnt faites sur des animaux. 

Une discussion s’engage à l’occasion de cette lecture. 

M. Boùrjot; J’avoue que, pour mop compte, j’aurais de la 
.sine à souscrire aux propriétés aslhénisahtes que notre confrère 
•roit reconnaître dans l’ail; tout nous indique au contraire que 
itte plante est éminemment eicitante. Je ne citerai qu’un seul 
empfe à l’appui de mon opinion. On sait que les écoliers qui 
luleiit se donner la fièvre y parviennent en s’introduisant dans 
rectum un quartier d’ail. Or, une substance qui donne lafiè- 
tT'S > ff'ù excite en un mot. peut-elle être regardée comme asthé- 
(isj .ante? D’un autre côté, je dois déqlarér que je ne comprends 


Û 


M. Rognettai L’objection que M. Bourjot vient de m’adresser 
'eiétait présentée à mon esprit, car le fait qu’il g cité se trouve 
ansigné dans plusieurs livres^ Non seulement lès écoliers, mais 
conscrits, les prisonniers, etc., ont souvent eu recours à cette 
le pour se donner la fièvre ; mais qu’est-çç que cela prouve ? 
i’ail qu’on introduit dans le rectum irrite mécaniquement, eau- 
bi«é la muqueuse par sou contact immédiat, et provoque une 
^ction ainsi que le feraient tant d’autres corps. Mettez dans le 
lême organe un mgrceau de pierre infernale, par exemple, vous 
les mêmes symptômes réactionnels, et pourtant rien n’est 
_I prouvé que l'action antiphlogistiquè du nitrate d’argent. 

La pâte arsenicale, la cantharide, le deuto-cblorure de mercure, 

Ï pliqués sur le derme, irritent, enflamment les tissus. Résorbés, 
pendant, et passés dans le sjjng, ils déterminent des effets as- 
Énisans qm’on ne saurait méconnaître. Dans ces exemples, la 
uble action est jnanifesle Je_ pourrais en citer cent autres. 
J.Reste maintenant à savoir sil’aclion locale de l’ail ne serait pas, 
«bmme dans ces exemples, en opposition avec son action géné- 
Wle. Cette question ne-peut être résolue que par des faits, et en 


ayant égard aux modifications que l’ail résorbé imprime aux 
fonctions de l’organisme. Or, s’il est vrai que cette substance 
neutralise l’açtiqn du vin, on serait en droit de conclure qne son 
effet est çontro-stimulant. Néanmoins j’ai fait un appela de nou- 
veUes observations. Je liens, en attendant, à faire remarquer 
que lorsqu'il est pris enveloppé dans des alimens, l’ail n’exerce 
presque aucune action chimique sur l’estomac, à moins que sa 
quantité ne soit exorbitante et tout son effet se porte sur le dyna¬ 
misme général, 

M. Gillette ; On ne saurait contester que le principe de l’ail 
qu’on introduit dans l’estomac, ne soit résorbé et porté dans toute 
l’économie. J’ai constaté de la manière la plus univoque que le 
lait de certaines vaches qui mangeaient des plantes douées de l’o¬ 
deur alliacée, sentait fortemeutl’ail. 

M. Bricheteau .- J’ai fait quelques observations sur l’action de 
l’ail, dans mon pays où le peuple en mange des quantités consi¬ 
dérables. J’ai trouvé que ce végétal agissait comme stupéfiant 
lorsqu’il était pris à tpès forte dose. Cela me ferait présumer qu’il 
contient peut-être quelque principe toxique, et je ne saurais voir 
dans ses effets une véritable excitation. Quant à la double action 
des remèdes dont on vient de parler, je crois qu’elle est incon¬ 
testable. Le tartre stibié; par exemple, appliqué sur la peau, la 
rubéfie et l’enflamme ; donné intérieurement, il agit comme un 
puissant antiphlogistique. 

M. Nondt : Je suis loin de vouloir attaquer les réflexions que 
notre confrère vient de vous présenter sur l’action présumée 
astliénisante de l’ail, mais je ne puis admettre le système de 
preuves qu’il voudrait introduire pour juger de la véritable action 
constiintionnelle des remèdes. J’admets comme lui la double ac¬ 
tion, mais je nie que l’efièt général soit toujours de même nature 
dans toutes les constitutions. Selon moi, cet effet peut .varier tel¬ 
lement qu’il soit stimulant chez les uns, de nature opposée chez 
les autres. De ce que l’ail neutralise l’action du vin, ce n’est pas 
là pour moi une preuve que son effet soit asthénisant. L’ammo¬ 
niac produit le même effet, et pourtant on ne saurait contester sa 
propriété excitante. 

M. Rogneita ; La question de l’action de l’ammoniac contre 
l’ivresse, a déjà été débattue plusieurs fois dans le sein de celte 
société. La compagnie doit se rappeler que des contestations assez 
vives ont été élevées contre la valeur des quelques faits que M. 
Nouât nitait en faveur de son opinion, et que j’avais proposé à 
notre confrère d’entreprendre en commun des expériences sur 
des animaux, pour éclaircir cette importante question. 

J’ai même fait un appel aux praticiens dans la Gazette des Hô¬ 
pitaux pàm oïAemv des faits véritablement concluans dans l’in- 
tégêt de la science, et j’ai eu soin de distinguer les effets de l’al¬ 
cali volatil de ceux de l’acétate d’ammoniac (esprit de Miüdé- 
rèrusj qui sont bien différens.Rien, cependant, de bien concluant 
n’a été publié jusqu’à ce jour. J’ai empoisonné quelques animaux 
avec de l’eau-de-vie. J’ai eu beau leur administrer de l’ammoniac, 
ils sont restés dans le coma, et sont morts apoplectiques. Comme 
M. Nonat, je n’attache d’importance qu’aux faits, mais les faits 
eux-mêmes ne conduiraient qu’à de fausses conséquences s’ils 
étaient mal appréciés. 

Séance levée à dix heures. 


Académie de MÉDEcmE. —Séance du 31 décembre. 

M. le président fait part de la perte que l’Académie vient de 
faire de deux de ses membres, Yvan et Aulagnier. 

— M. Dizé fait un rapport sur un sirop de citrate de fer pré¬ 
paré par M. Moussu, pharmacien , à Paris. Ce sirop n’offrant 
rien d’inconnu , l’Académie a rejeté le rapport. 

— M. Gauthier de Claubry fait un rapport sur une prétendue 
médication miraculeuse de la goutte , appartenant à un docteur 
de Toulouse. Cette médication consiste dans des habillemens dé 
laine, des saignées et des purgatifs. L’auteur prétend que la 
goiitte n’est autre chose que l’effet de quelques bulles d’air qui 
s'introduisent dans les articulations à travers les mailles de la 
peau délicate de ces régions. 11 demande deux cents mille francs 
pour sa découverte ! ( Risum teneatis ! !) 

— M. Bérard fait un rapport sur des instrumens présentés par 
M. Dupierris, pour la guérison des fistules vésico-vaginales. 

Durant la lecture de ces rapports, l’Académie s’est occupée de 
la nomination des différentes commissions permanentes. Nous en 
donnerons la liste dans le prochain numéro. 


HOTEL-DIEU. — M. Petit. 

PhlhUie pulmonairej rhume négligé; amélioration; sortie. 

François Buisson, dont le père est mort à cinquante-un 
ans apoplectique, dont les frères et sœurs se portent bien, 
âgé de vingt-cin^ ans, d’un tempérament lynîphatico-ner- 
veux, est couché au n» 14 de la salle Saint-Bernard. 

Au mois de décembre 1837, quelques jours après avoir 
couché ayant chaud dans une chambre humide, il a été 
pris d'enrouement, d’extinction de voix, de toux conti¬ 
nuelle saus fièvre, sans douleur de côté au début ; la res¬ 
piration devint alors très difficile. Une se soumit à aucun 
traitement. 

Au bout de trois ou quatre mois, il ressentit des points 
douloureux, de siège variable autour de la poitrine ; il n’eut 
pas encore de fièvre, mais la dyspnée augmenta. Il y a sept 
mois qu’il a craché du sang noir en toussant ; ceci s'est re¬ 
nouvelé plusieurs fois pendaut trois semaines, un mois. 
Au bout (|e ce temps, l’hémoptysie ne se reproduisit pas 
pendant six seihaines ; mais alors de nouveaux crachats de 
sang reparurent par intervalle ; le sang était en caillots 
consistans, plutôt noirs que rouges. A la même époque, à 
ces symptômes s’ajoutèrent de? sueurs nocturnes à la poi¬ 
trine et à la figure ; il n’avait jamais eu et n’eut pas alors 
non plus de dévoiement ; la toux continuait plus intense 
la nuit et le matin que dans le jour ; pas de palpitatioife. 

A cette époque il entra à l’Hôtel-Dieu, et eut tiois fois 
des ventouses scarifiées à la partie supérieure et antérieure 
de la poitrine. Il en éprouva d’abord beaucoup de soula¬ 
gement, mais il ne tarda pas à revenir à l’état primitif. Ce 
qui le décida à entrer â rhôpital, ce fut l’intensité de la 
toux et la fajblesse qui augmentait tous les jours. Face 


anxieuse ; le côté droit de la poitrine est un peu plus dé¬ 
primé que le gauche ; douleurs très vives dans le dos. La 
sonoréité est à peu près naturelle et égale,des deux côtés. A 
gauche et en avant, ainsi qu’en arrière, le bruit de re.spi- 
ration est fort, pur et net ; à droite il est beaucoup plus 
faible et éloigné. Râle muqueux à petites bulles au som¬ 
met, en avant et en arrière ; râle sous-crépitant très nom¬ 
breux en arrière et en bas ; moins nombreux en avant et 
sous l'aisselle. Mouvemens très étendus des deux côtés 
dans l’inspiration; expiration très prolongée ; toux peu fré¬ 
quente dans le jour, plus fréquente dans la nuit ; crachats 
nuinmulaireaépais, jaune-vert, avec teinte grisâtre en petite 
quantité, six à huit dans les vingt-quatre heures. Rien au 
f œur ; pouls à 85, assez mou ; 20 respirations par minute ; 
chaleur normale ; il transpire la niHt assez faiblement ; la 
langue est nette, peu d’appétit, pas de soif, pas de dévoie¬ 
ment ; bon sommeil dans les intervalles de la toux. 

Du 5 au 10, rien de nouveau. La toux et les crachats 
persistent ; pas de fièvre. (Un quart de grain d’acétate de 
morphine.) 

4 décembre. Le mieux qui existe depuis le 10 novem¬ 
bre, se soutient ; les râles muqueux et sous-crépitant ont 
presqu’entièrement disparu. La respiration est seulement 
soufflante aux deux temps à droite, en avant et en arrière ; 
la voix retentit en arrière au sommet ; il existe en même 
temps une pectoriloquie. La toux persiste, et Buisson sort 
en état d’amélioration. 

Récidivesrde pleuro-pueumonie droite occupant toute la partie 
~ postérieure du poumon ; au deuxième degré dans les deux 

tiers supérieurs, et au premier dans le tiers inférieur. 

Le 15 novembre dernier, est entré, au n“ 68 de la salle 
Sainte-Jeanne, le nommé Alexandre Doofeuil, âgé de 
vingt-huit ans, d’une constitution forte, un peu sèche ; 
santé habituellement bonne. Il y a trois ans qu’il eut une 
maladie à peu près analogue : à la suite d’une contusion il 
eut un point de côté à gauche, avec toux, crachats jaunes- 
verdâtres. Il fut neuf mois malade : onlui fit une applica¬ 
tion de ventouses. 

Il est malade maintenant depuis le 12 , à midi. Sans 
cause connue , il fut pris de douleur derrière l’épaule 
droite, de frisson, de dyspnée : on lui appliqua vingt 
sangsues, qui le soulagèrent immédiatement. Dans là nuit 
il eut de la toux accompagnée de crachats jaunâtres ; la 
nuit du 13 au 14 , douleur dans le côté droit de la poi¬ 
trine, et le 14 il vomit à deux reprises des matières vertes 
très amères. Dix sangsues. 

Etat actuel. Décubitus dorsal impossible sur les cotés ; 
il se dit bien faible ; cependant sa physionoiqiê est assez 
bonne. Respiration de 25 à 28 , courte ; douleur interne 
et inférieure de l’iiypocondre droit, augmentant par la 
toux , la respiration et la pression. Toux médiocrement 
fréquente et pénible, crachats visqueux, aérés, transpa- 
rens, quelques-uns de couleur d’abl'icot. Sonoréité et bruit 
respiratoires purs à gauche ; en arrivant à droite, même 
état ; en arrière, matité presque complète dans toute l’é¬ 
tendue du côté. Dans le tiers supérieur, bruit respiratoire 
très faible ; résonnance assez forte de la voix ; dans le tiers 
moyen, respiration bronchique et bronchophonie , avec 
râle assez gros pendant la toux ; dans le tiers inférieur, 
râle souscrépitant abondant. 

Cœur normal ; pouls, 100 ; assez large, résistant; peau 
sudorale ; pas de mal de ventre , pas de selles depuis le 
début. Saignée dp quatre palettes ; sang çouenneux ; cail¬ 
lot peu consistant. 

16 novembre. Il a beaucoup souffert dans la nuit ; la 
respiration a été plus gênée qu^ier. Saignée de trois pa¬ 
lettes matin et soir. 

17 novembre. Le sang de la première saignée offre une 
couenne de deux lignes, mrmp, résistante ; caillot très fer¬ 
me ; deux cinquièmes de séruip cilrin. Gelqi de la seconde 
offre une couenne 4e trois lignes, jrès ferpie ; le caillot est 
médiocrement solide ; moitié de séruip qitrjn. 

Le malade ne se trouve pas sensiblement mieux; pas de 
sommeil; la douleur du côté a un peudjmjnué ; la respi¬ 
ration bronchique occupe les deux tiers supérieurs ; râle 
assez volumineux, et sec pendant la toux ; en bas, râle cré¬ 
pitant, mou ; crachats jaune verdâtre, transparens, aérés, 
un peu moins visqueux ; toux pénible, médiocrement fré¬ 
quente ; langue blanche, pâle ; une selle et un vomisse¬ 
ment de matières bilieuse ; peau couverte de sueur ; pouls 
110, développé, résistant. Saignée de 4 palettes (sang lé¬ 
gèrement couenneux),! once d’huile de ricin et 1 once de 
sirop tartarique, looch, diète. 

18 novembre. Amélioration. Saignée de 3 palettes et 
demie, looch, diète. 

19 novembre. Le sang présente une couenne de deux 
lignes et demie, très ferme, en cbainpignonr ; caillot solide; 
moitié de sérum citrin. 

Absence de douleur, très peu de toux, crachats encore 
visqueux, nefs ; un peu de râle crépitant fin là où on en¬ 
tendait de la respiration bronchique ; le bruit respiratoire 
est sensible partout ; pouls à 80, assez mou ; chaleur mo¬ 
dérée de la peau; il a beaucoup sué cette nuit; langue blaq- 
cbej deux selles, appétit, figure très bonne. Trois bouil¬ 
lons ; violette ; looch. 

20 novembre. Ponls à 60, n\ou, peq développé ; état gé¬ 
néral très bon ; langue pâle, un peu blanche ; deux selles ; 
encore un peu de râle; appétit. Trois potages ; violette. 

Sortie le 25 novembre. 

_ Après avoir rapporté ces deux faits remarquables, 

l’un par la persistance de la toux, ce symptôme si commuii 
et si fatigant des affections pulmonaires les moins graves, 
l’autre par la fréquence des rechutes, nous croyons devoiï 













les faire suivre de quelques réflexions générales sur le 
traitement de ces maladies. 


ffi 




On a dit depuis long-temps que l’hiver est la saison des 
rhumes ; les personnes âgées y sont particulièrement ex¬ 
posées, et les affections catarrhales sont chez elles bien plu! 
opiniâtres et bien plus pénibles. 

Dans les hôpitaux, les moyens employés se bornent à 
juelques tisanes dites pectorales et que le suc de réglisse 
idulcore à peine, à quelques juleps préparés on ne sait 
comment ; et si l’on tient compte en outre du peu d’élé¬ 
vation de la température des salles, on ne sera point sur- 
■ s de la persistance et de la gravité de ces affections chez 
malheureux qui sont forcés d’y chercher un asile. La 
plupart de ces maladies même se déclarent dans les salles, 
et tous les jours on peut voir des malades entrés pour toute 
autre cause, être pris de catarrhes et de pneumonies qui 
souvent ne sont que le début d’une affection bien plus re¬ 
doutable et à laquelle ils succombent bientôt. 

Dans la pratique de la ville, les médecins ont plus de 
ressources. Un malade conflé à sa famille, et dont les 
moy^ris pécuniaires sont suffisans, reçoit des soins plus 
éclairés et plus bienveillans ; la température de la cham¬ 
bré est tenue à un degré convenable, les courans d’air évi¬ 
tés avec soin, et les pectoraux prodigués, chauds et bien 
préparés. Aussi, toutes choses égales d’ailleurs, les affec¬ 
tions catarrhales ont-elles dans ce cas bien moins d’opini⬠
treté et des suites bien moins souvent fâcheuses. 

Mais tout cela ne suffit point encore ; ce n’est pas assez, 
en effet, que d’avoir à sa disposition les premiers élémens 
d’une bonne hygiène et d’un traitement convenable. Pour 
peu que la maladie persiste les tisanes pectorales fatiguent, 
les juleps et les loochs empâtent et restent sans action. Il 
faut alors que le médecin varie avec soin ses prescriptions 
et qu’il trouve des moyens plus actifs. Une fo»le de pré¬ 
parations diverses ont été offertes à l’impatiente avidité 
des malades et à ces nécessités de changement imposées 
aux médecins. Les pectoraux, sirops, pâtes, pastilles ont 
été prodigués à l’infini, et, parmi ces remèdes, un grand 
nombre, il faut le dire, n’ont obtenu qu’une réputation 
éphémère, un succès de publicité bientôt épuisé. D’autres, 
au contraire, ont dû à l’intelligence, aux soins et à la 


loyauté des personnes qui les ont proposés, des succès du¬ 
rables et légitimes ; de bonnes substances bien préparéés, 
assemblées dans des proportions justes, calculées avec 
prudence et avec l’aide des lumières dè médecins éclai¬ 


rés, ne peuvent que mériter, par l’utilité de leur emploi et 
. les avantages qu’elles offrent, une vogue qui se soutient 
et que le temps ne détruit pas. Parmi ces -moyens il en 
est un dont l’efficacité a été reconnue d’abord par le cé¬ 
lèbre Alibert et par une foule d’autres médecins distin¬ 
gués de Paris et des départemens, parmi lesquels nous ci¬ 
terons Delaporte, Montègre, Beauchêne, et MM. Laborie, 
Ranque (d’Orléans), etc. ; c’est le sirop pectoral de La- 
mouroux, que-tout le monde connaît depuis trente ans, 
et dont les avantages, dans les affections dont nous venons 
de parler, sont incontestables. Employé concurremment 
avec les rnucilagineux, ce sirop calme très promptement 
les irritations bronchiques, et son utilité est positive, non 
point, certes, pour guérir, mais pour soulager les malades 
atteints de tubercules pulmonaires, et qui sontdestinés à 
périr victimes de cette cruelle et fréquente maladie...., la 
phthisie.Dans ces cas, le sirop Lamouroux est certainement 
un des moyens les plus utiles pour apporter du calme et 
du soulagement. 

M. Lamouroux a eu depuis peu l’heureuse idée d’extrai¬ 
re de son sirop une pâte qui jouit des mêmes propriétés 
médicainenteuses que le sirop pectoral, et dont on prend 
i .. De cette manière, sacompo- 


ciriq à six tablettes par jour. De cette manière, sa compo¬ 
sition peut être mise en usage en tous lieux, et le transport 
outre-mer n’affaiblit ou n’altère en rien les propriétés des 
substances qu’il emploie. Ajoutons à cette consciencieuse 
appréciation, que M. Lamouroux n’a jamais eu recours à 
la publicité, et que le succès de sa médication est dû tout 
entier aux avantages que son usage a présentés aux prati¬ 
ciens et aux bienfaits qu’en ont retirés les malades. 


Remède contre l’inspiration du chlore. — Dans les grands 
établissemens de blanchiment, dans les fabriques de produits chi¬ 
miques et dans les expériences de laboratoire, il arrive souvent 
que l’inspiration des vapeurs du chlore produit des effets très 
dangereux. On se garantit de ce danger en respirant la vapeur 
de l’esprit-de-vin, ou en avalant des morceaux de sucre trempés 
dans de l’alcool. 

Ce remède, pratiqué depuis deux ans, a toujours produit des 
résultats heureux. [Arch. fur naturlehrei) 


lancette dans son étui. Le ressort, roulé en spirale, comme « 
d’une montre , occupe une cavité cylindrique dans un di, 
métallique, lequel tourne sur un axe qui le traverse par le ce» 
l’extrémité supérieure de la lame de la lancette est fixée pa? 
pivot à vis à un des côtés de la plaque j ces deux pièces , 
renfermées dans un étui mince ; la pointe de la lancette estî 
lante hors de cet étui et se meut dans un espace limité. ’ 
La pièce d’arrêt placée à une face de cet étui, est mue p>, 
petit bouton saillant hors de l’étui, et dont la pointe entret 
les entailles ou dents faites sur la plaque métallique où le rej 
est renfermé ; de cette manière la plaque peut être fixée danu 
férentes positions, à mesure qu’on la fait mouvoir. La seci» 
partie de l’étui glisse sur la première, et on l’y fixe convenu 
ment au moyen d’une petite vis. ^ 

On peiït déterminer avec cet instrument la profondeunii 
longueur de la plaie à faire. 


{Reperlory of patent inventions] 


Efficacité delà teinture d'iode contre le scrofule-, park 
Gœden. — L’iode est, selon l’auteur, de tous les médi’camea 
plus avantageux dans les affections scrofuleuses parvenues à li 
summum, surtout lorsqu’il existe une ophthalraie ; il l’a adminh 
à une jeune fille de douze ans, d’abord à la dose de cinq gouk 
de teinture, matin et soir, dans une bouillie; puis successi 
ment en augmentant d’une goutte par jour, la dose fut porté 
.dix gouttes, matin et soir. Au bout d’un mois, la teinture d’ij 

îusmi’à 1a 


ne fut administrée que de trois en trois jours jusqu’à lahuiliÈu 
semaine, époque à laqueUe on en cessa l’usage ; la maladel 
entièrement guérie. [Journ. der prakt. Heilkundt] 


M. MALGAIGNE reprendra son Cours public sur les heré 
demain vendredi à trois heures, dans l’amphithéâtre n 3 
l Ecole pratique. 


Lancette perfectionnée ; par M. William. — Cette lancette 
est construite de manière qu’en lâchant une pièce d’arrêt, un 
ressort pousse la lancette en avant et de côté, pour faire l’inci- 
c.«n a en ^ue ; au moyen du même ressort, on reporte la 


CHOCOLATS-ÉTRENIVES. — A l’époque du Jour de l'n 

* ^ mm'*?! ^PP^l^rau souvenir du public l’excellente falj 

que de MM. Debauve-Gallais, rue des Saints-Pères n» 2G Mià 
objets gracieux modelés avec les pâtes les plus délicates,'et m 
1 hygiène prescrit comme la friandise la plus salutaire fontl 
bonheur des enfans. Les délicieuses pralines à l’arome de’ vaniï 
et de café, les pistaches, les pastilles, les diablotins, les frai 
renfermés dans des boîtes élégantes, et d’une fraîcheur et d’ijn 
nouveauté remarquable, sont des cadeaux toujours bien accueill 



BUEVET d’invention. 

Exposition de 

J- lUÉDAILEE D’OR. 

PCHAKRIÈRE, coutelier, 

Fabricant d’instrumens d< 

. chirurgie. Fournisseur dti 

la F aculté de médecine de Paris, 

V Rue de FEcole-de-Médecine, 9. 

«ont» de sein et Biberons en Ivoire flextlûe, de 

i* 

*¥1*“;'!®“'*“'**^*®“** «onnépour les Cors, OEils-de- 
Perdrix, etc., de 5 à 8. fr. 

Chacun de ces,objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londrès, chez M, 

Wàr*k, 11, Laurence Pountnay Lane. 


Chez RÉGHET jeune, libraire, place de FEcole-de- 

Médecine, 4. 


TRÆITJg COIIIJPi:,ET 

Des Maladies syphilitiques 

PAR GIRAIIIAÜ RE SAMUEHÏAIS, 

Docteur en MedecAne de la Faculté de Paris, ex-interne et 
ancien membre de l’Ecole pratique. — 1 vol in-S® de 
8(50 pages, avec le portrait de l’Auteur par Vigneron et 
20 gravures coloriées. — Prix, 6 francs ; et par la poste 
8 francs. ^ ’ 

Chez l’AüTEUR, rue Richei-, 6 bis, à |Paris. 


Uêpot lions toutes les Villes. 

PAR ORDOMNANCB ROYALE ^06.3* TfiVêtUC dff* CCtl 

I quette siqaée. 


SIROP DE JOHNSON 


Le SIROP DE JOHNSON, autorisé par acte authentique, suifetw oe» zoa»,b® 268, 

calme les nerfs, régularise les mouvemens du cœur, agit sur les bronches et aug¬ 
mente l’aclion des organes urinaires, sans produire ni somnolence, ni nausées, ni 
irritation gastrique, ni constipation; aussi ses effets sont-ils très-remarquahles 
dans les catarrhes, dans les maladies nerveuses, dans les palpitations et dans 
certaines hydropisies symptomatiques des affections du cœur. 

Emploi du Sikop db Johnson. — On commence par une ou deux cuillerées à 
bouche, matin et soir, étendues dans trois à quatre cuillerées d’eau. Dans les 
rhumes, affections catarrhales, toux spasmodiques, étouffemens nerveux, 
on devra toujours le mêler à l’eau, et le prendre aussi chaud que possible en se 
couchant, en se levant et au moment des accès. 

FBIX : 4 TR. 50 O 

M™eVles Aontîusions dïo)nîiti™&aœeD*nominé parY*c'* W®'™ Re» Sciences et de 


, — Neul et vrai PAPIER CHIMIQUE de m 

PoüpiER, brevetée, admis à l’exposition de 1834 
engorgemens, plaies et douleurs de tout espèce mè 
les cors et o'gnons , préparé par Hkbert, pharmacie 
galerie Vero-Dodat 2 ou il se vend également 1 
la feuille, enveloppée dans spn prospectus, porlanl 
timbre octogone au milieu. ^ 

On trouve chez l’auteur, rue Sainte-Avoye, 54 i 
papiers imperméables à la feuille pour cataplasie 
et remplaçant le taffetas gommé dans toutes ses pr 
priétés médicinales. 




Origine de la syphilis, son principe. — De la génération chez 
l’homme et les animaux. — Maladies héréditaires — De l’ona 
nisme. - Divers modes de contagion. — Maladies primitives, 
ccouIement, neursblanches, moyens de les guérir radicalement! 
— ülceres des membranes muqueuses chez l'homme et chez la 
femme, végétations, excroissances. _ Affections constilution- 
nelles ou invétérées - Dartres, surdité, ophthalmie, boutons, 
ephéhdes. — Chute des cheveux et des dents, gouttes, rhumatis¬ 
mes , douleurs nocturnes. — Exostoses, carie, nécrose, hvdro- 
cele, hydropisie, mélancolie, apoplexie. — Du traitement mer¬ 
curiel interne et externe, frictions, fumigations, salivation li¬ 
queur de Van-Swiéten, etc. _ Accidens causés par le mercure, 
tels que la folie, l’épilepsie, l’hypochondrie, la phthisie le ma¬ 
rasme. — Inconvénient des préparations d’or et d’iode’ — Du 
traitement par les végétaux, règles pour leur administration.- 
Du copahu et du poivre cubèbe. - Examen des moyens préser- 
vatifs - De la prostitution ancienne et moderne, et de 8^1 
actuel dans Pans, - Recueil de cent-cinquante formules de rt 
mèdes a nti-syphilitiqucs les plus usités dans tous les payf 


avenue MARBOEÜF, 1, RUE MARBOEUF, 7, PRES ' 
CHAMPS-ELYSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 4G. 

Beaucoup de malades ont été reçus et Irai 
ipent*^” complet dans cet utile établis 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des n 
lades, nous citerons MM. les docteurs Amusi 
Blandin, Bouillaud, Canon du Villards. Dev 


De POTARD, Pharmacien, rue Saint-Honoré, 271. Guérit-toux, 
rhes, asthmes, irritations de poitrine, glaires ; facilitent l’expecforation-et 
entretiennent la liberté du ventre. Dépôts chez tous les Pharmaciens 


, ^uLiinduu, Liarronuu Villards, Dev 

gie aine, Emile Chevé, Giviale, Jule.s Cloqu 
Fievee de Jumont, Labarraque fils, Leroy d’ 
tioile, Lisfranc. JLiiirnl i 


« Découverte..^. Prodige de la Chimie! « 


..-‘ïi' L,aüarraque üls, Leroy d 

tiolle, Lisfran^c, Lugol, Marjolin, Jules Pel 
t^an Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Sicl 
Souberbielle, Tanchou, etc. ’ 

Le prix de la pension est modéré. 


DES MÉDECIIVS 


Rentrée des honoraires et mémoires dûs à [MM. les Médecins 

S’adresser à M-Jacquemin, directeur, rue Monlmartre, 68. 


POMMADE DU LION 


SOURCILS. (Garanti inf 

TlVlENNE, N” 4, au !• ___ 

M. FRANÇOIS, SEUL DÉPOSITAIREfm 
—Àtris KSSRNTIKT .. lo. o.,ilTo.,no „ 


IX , les FAVORIS, les MOUSTACHES et les 


(«près lè Palais-Royal. Et chez 


EFFETS sous L_ __ 1, n voua aouii» 

- Le public doit acheter directement à l'arirpwp ri. 

.NS AUCUNE EXCEPTION, pour avoir la véritable Pommade dii Lion comnosée 
iirlmmeme; 5 années de'réussitcs toujours infaillibles sont de® 


Nos^pots sont revêtus dela signatnre "à 

rr-.jra rrr.aa rt a..,..™- A. progpggtui 


lie Serment d’Hippocrate, 

DÉDIÉ A TOUS LES MÉDECINS DE TOUS LES TEMPS 
Prix, I fr. — Au Bureau du Journal. 


3Wu- 

LMPE caumartiw. as. 


BIBERONS ET BOUTS DE SETlff fijf TÉTINE 


Brevet prolongé de dix ans, 

A MADAME BRETOA, SAGE-FEMME 

Eoulevard Saint-Martin, 3 bis, en face le Château-d’Ean, à Paris. ^ 


Les Bouts de sein en tétine et Biberons de Madame BRETON 
ex-répétiteur et chef de clinique à la Maison royale d’accouchel 

ï.“ V,“U“ S; TS •“ V'P»»- 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon, il faut exiger gratis, 


‘•PP®;-?'* - l'Avis aux Mères, en 25 pages, oui 
que les soins et alimens dûs aux enfans I es hnntV a ' 
biberons de Madame BRETON portent son nom. Elle recoi 
Dames enceintes à tout terme de la grossesse. 


Paris, unprimerie de Bsihïne et Plon, rue de Vaugirârd, 36, 






















































SAMEDI 4 JANVIER 1840. 



L N» 2, TOME 2. - 2» SÉRIEi 


jC« tLancette française. 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3mois, 9, fr.; 6 mois, 18 tr.; l an, 36Ir 

Départ., 3mois, I0fr,;6 mois,20fr.;'l an, 40ï.. 


HOPITAUX DE LA VILLE. 

Jnkflose; traitement de M. tourner. — Nouvelles opéra¬ 
tions. — Accidens. 

Depuis quelques jours surtout, on s’est beaucoup occu¬ 
pé dans les hôpitaux, dans les feuilles scientifiques, à l’A¬ 
cadémie et jusque dans les salons, du mode de traitement 
deM. Louvrier (l’extension brusque et forcée) appliqué 
à l’ankylose du genou; les journalix politiques eux-mêmes, 
rendant compte de tous ces bruits, et les commentant se 
sont fait appréciateurs de la nouvelle méthode, les uns en 
rectifiant des assertionsprécédemment émises, les autres en 
formulant une proscription complète de ce mode de trai¬ 
tement. _ . 

Pour nous, fidèles à la règle de franchise et d équité 
dont nous nous sommes fait une loi, après avoir été les 
premiers à faire connaître les tentatives heureuses qui ont 
dû encourager M. Louvrier dans l’application de sa mé¬ 
thode, nous ne voulons pas non plus dissimuler ce que 
nous savons des accidens qui viennent de contrarier le suc¬ 
cès de deux opérations qu’il a faites depuis le dernier 
compte-rendu que nous avons présenté à nos lecteurs.^ 

— A l’hôpital Beaujon, salle Sainte-Isabelle, n. 43, était 
couchée, depuis environ dix-huit mois, une femme âgée 
de cinquante-un ans, affectée au genou droit d’une fausse 
ankylosé, datant de six années et qui avait succédé aux 
ulcérations dont sa jambe avait été couverte par suite d’une 
maladie syphilitique qui n’a jamais pu être guérie. 

Pour faciliter et justifier toutes les déductionsi^ui peu¬ 
vent être faites des circonstances se rattachant à la jjosition 
de cette femme, il est convenable de présenter' l’aperçu 
très sommaire de ce qui a paru le plus important à noter 
dans son état avant la terminaison fatale dont nous allons 
rendre compte. Ainsi donc : 

Avant Vopération. Cette femme avait offert des symp¬ 
tômes plus que probables d’une phthisie tuberculeuse, ca¬ 
ractérisée par une toux sèche assez fréquente, un mouve¬ 
ment fébrile presque continu, des sueurs noeiurncs, etc. 

Elle était atteinte d’une maladie syphilitique constitu¬ 
tionnelle fort ancienne, se traduisant par un largeulcère 
vénérien affectant la partie inférieure du membre malade, 
et contre la cicatrisation duquel tous les topiques possibles, 
tous les traitemens internes et externes, ceux surtout à 
hase de mercure, avaient successivement échoué, depuis 
le temps de l’affection primitive remontant à environ vingt 
années. 

Ceci explique suffisamment l’état de maigreur extrême, 
de débilité, on pourrait presque dire de marasme auquel 
ce sujet était en proie dès avant l’opération. 

Au moment de l’opération et consécutivement. Le redres¬ 
sement du genou, qui n’était niaintenu en flexion que par 


la simple contracture des muscles postérieurs de la cuisse, 
ayant été fait par le procédé ordinaire, la malade accusa 
une douleur intense dans le jarret d’abord, puis dans la 
cuisse, jusque dans la fesse, dans la région de l’anus et mê¬ 
me dans les parties intérieures du bassin ; une déchirure 
d’assez peu d’étendue s’était;:faite au jarret et avait mis à 
découvert une petite portion du nerf sciatique poplité ex¬ 
terne ; mais on constata immédiatement que les tendons 
des muscles n’étaient nullement lacérés. Un peu plus tard, 
une ecchymose, comme il arrive dans presque tous ces cas, 
se forma au côté externe de l’articulation. 

Il survint spontanément une rétention d’urine, qui né¬ 
cessita le cathétérisjne, pratiqué seulement au bout de 
trois jours, malgré les instances réitérées des chirurgiens. 
Deux litres de liquide sortirent de la vessie. 

Au bout de fort peu de temps, la plaie vénérienne offrit 
une ulcération plus vive, une suppuration plus abon¬ 
dante ; la déchirure du jarrêt s’enflamma rapidement, prit 
de l’extension, passa à un état de mauvaise nature qui se 
propagea vivement dans l’articulation. La toux et le mou¬ 
vement fébrile augmentèrent, une forte diarrhée s’établit; 
il n’y eut pas de frisson , pas d’haleine fétide, et la malade 
succomba la quatrième semaine après l’opération. 

Une luxation spontanée avait commencé à se manifes¬ 
ter quelque temps après l’opération ; elle était devenue 
complète au bout de htiit jours, et s’augmentait à meçure 
que les tissus de l’articulation se désorganisaient. 

A [autopsie. Chevauchement d’environ trois pouces, 
suivant la longueur du tibia sur le fémur en arrière ; il y 
avait fonte générale du hgament rotulien et de tous ceux 
de l’articulation, sauf une très petite portion du liga¬ 
ment latéral externe où de l’aponévrose crurale, qui était 
en putréfaction. Il restait quelques traces des ligamens 
croisés à leur point d’insertion sur le tibia ; quelques peti¬ 
tes incrustations osseuses adhéraient à ces débris, et pro¬ 
venaient des parties internes des condyles, qui avaient été 
emportés par l’arrachement de ces ligamens â leur inser¬ 
tion supérieure. 

A ces points, l’os était en plein état de suppuration ; il 
ne présentait nulle part aucune trace de soudure ; la ro¬ 
tule était complètement libre. 

Il y avait disparition entière de la tnembrane synoviale 
et des fibro-cartdages. 

On n’a remarqué aucune lésion des artères ni des nerfs. La 
veine poplitée était enflammée dans uiie très-petite éten¬ 
due de sa portion supérieure au foyer piirulent dans lequel 
tous les tissus étaient en pleine désorganisation par l’effet 
de la suppuration ; l’altération de la veine était surtout 
marquée sur sa tunjque interne, qui contenait une assez 
forte injection de pus. 

Les fibres tendineuses et musculaires pour les parties 
qui n’avaient pas été détruites par T'inflammation étaient 
pâles et ramollies, mais ne présentaient aucune trace de la¬ 


cération, sinoij dans Une portion du demi-tendineux qui, 
a la reunion de son tiers supérieur avec.les deux autres 
tiers, offrait une légère déchirure entourée de petits cail¬ 
lots sanguins non encore résorbés, comme ceux que lais- 
saient ailleurs les traces de L’ecchymose qui avait existé. 

L inspection des viscères a fait constater dans l’abdomen 
un cystite interne ayant rempli de matière pursforme la 
vessie et les uretères; les reins eux-mêmes en contenaient 
dans le bassinet et offraient quelques légers abcès à la sur¬ 
face de fa substance corticale. 

, Il existait plusieurs tubercules à l’état de’ramollisse¬ 
ment dans le parenchyme des poumons, qui étaient géné¬ 
ralement affectés d’inflammation. 

• 9“ trouvé d’abcès métastatiques ni dans le foi, 
ni dans les poumons, ni nulle part ailleurs. 

"Tel est 1 aperçu rapide et superficiel que nous voulions 
présenter; le^ rapport à l’Académie sera sans doute beau¬ 
coup plus détaillé et pourra mieux éclairer la question ; 
mais il suffit de ce qui précède pour qu’il soit patent à l’es- 
gpt de chacun que malheureusement la mort a été la con¬ 
séquence des résultats immédiats de l’opération. On ne 
saurait s illusionner, ni abuser personne sur ce point; mais 
il n en est pas moins vrai que l’on peut faire regarder avec 
raison ce cas comme exceptionnel et ne devant point faire 
rejeter immédiatement le nouveau mode de traitement 
proposé. 

Jamais cas plus défavorable ne pourra se présenter pour 
1 application de la méthode de M. Louvrier; et d’abord, 
nous devons dire que lui-même, voulant appliquer son 
appareil préférablement à la réduction des ankylosés com¬ 
plètes, a long-temps engagé sa malade à se soumettre plu¬ 
tôt au traitement par la section des tendons et l’exten.sion 
graduée, Espérant l’obtenir d’elle, il avait résisté à ses in¬ 
stances pour qu’il l’opérât le même jour qu’une autre 
femme couchée même salle n» 33, opérée le 22 novembre • 
car il aurait voulu que dans l’hôpital Beaujon on pût com¬ 
parer les deux modes de traitement appliqués en même 
temps ; la malade n’y voulut jamais consentir et réclama 
plus vivement l’opération par l’appareil de M. Louvi-ier. Sa 
debihte, son état de marasme, et surtout la considération 
des causes qui l’avaient réduite à cette position, sein- 
blaient encore à M. Louvrier des contre-indications qui 
augmentaient sa répuunance ; mais il finit par céder à 
tort selon nous, à tant de sollicitations de la part de la ma¬ 
lade, et surtout aux assurances que lui donnèrent des chi¬ 
rurgiens célèbres qui devaient connaître le sujet pour le 
garantir de ses craintes contre l’état général qu’il redoutait 

Indubitablement, la mort a eu pour cause principale 
1 arthrite violente que l’opération a fait se manifester et 
qui a été elle-même le résultat immédiat de la déchirure 
du jarret; mais celle-ci a été occasionnée d’abord jiar trop 
de précautions prises à cause de la maigreur excessive du 
membre et qui ont fait serrer l’appareil peut-être outre 


JPJB UMJLljMiTOJV, 



Bü tbaitemeNt médical et préservatif de la pierre et 

DE LA GRAVELLE, AVEC TN MÉMOIRE SUR LES CALCULS DE 

cïsxine; par le docteur Civiale (1). 

Les personnes qui se sont tenues au xouraut des travaux scienti¬ 
fiques de M. le docteur Civiale, ont dû sans doute remarquer 
comme nous que, dans celle de sa publication relative aux affec¬ 
tions vulgairement appelées pierre et gravelle, cet h.ibile prati¬ 
cien a presque uniquement envisagé jusqu’ici le traitement de 
çes maladies sous le point de vue des moyens chirurgicaux qu’on 
peut leur opposer; il a à peine effleuré ce qui concerne le trai¬ 
tement médical proprement dit. L’auteur vient de remplir celte 
lacune dans l'ouvrage que nous annonçons. La forme sous laquelle 
la maladie calculeuse se présente le plus ordinairement aux pra-'. 
ticiens peut rendre compte de l’attention toute particulière ac¬ 
cordée d’abord par M. Civiale au.x procédés de la chirurgie. Les 
cas pour lesquels ces procédés sont plus spécialement réclamés, 
étant en réalité beaucoup plus fréquens que les autres, eu égard 
aux circonstances qui décident les malades à solliciter l’avis des 
sens de l’art, cette considération rendait plus importans les diffé- 
rens points de vue sous lesquels M. Civiale a dû envisager la 
^erre et lagravelle dans ses précédens écrits, notamment dans 
•on Traité de l’affeçtion calculeuse, dans le parallèle des divers 
fctoyens de traiter les calculeux, et dans ses lettres sur la litho- 

Le livre que nous sommes aujourd’hui chargé de faire connaî- 
ke, peut donc être regardé comme le complément de tout ce que 
routeur a fait paraître jusqu’ici sur la pierre et la gravclle. 

Cet ouvrage remarquable, comme tous ceux dont la science est 
redevable à l’infttigable activité de l’habile chirurgien de l’hô-, 
Sjtal Necker, a étffécrit sous les inspirations d’une pratique judi¬ 
cieuse. On y trouve les plus sages préceptes, les méthodes de 
kaitement les plus rationnelles, basés sur l’expérience acquise 


(l) 1 vol. in-8“. Paris, chez Crochard et compagnie, place de 
‘Lcole-de-Médecine, 17, —Prix, 5fr. 50 c. au lieu de 3 fr. 50 c. 
«jà indiqué par erreur. 


par l’observation d'un grand nombre de faits cliniques analysés 
avec celte sagacité et cet esprit de rigoureuse logique dont tous 
les écrits de l’auteur portent l’empreinte. 

Le livre que nous avons sous les yeux, acquiert un nouveau 
degré d’intérêt par l’à -propos de plusieurs questions mises à l’or¬ 
dre du jour, et qui depuis quelque temps préoccupent vivement 
l’attention publique. Il a principalement pour objet: 1“ De faire 
connaître les ressources de la médecine lorsque la maladie cal¬ 
culeuse est encore sous forme degravelle, ou qu’elle n’a pas pris 
assez de développement pour nécessiter l’irrlervention des procé¬ 
dés chirurgicaux. Si on excepte quelques travaux entrepris sur ce 
sujet, mais auxqiielson a généralement imprimé une vicieuse di¬ 
rection en y faisant intervenir des théories chimiques dont ou a 
exagéré la portée, on peut dire que l’empirisme le plus aveugle 
n’a cessé de présider aux prescriptions de la médecine pour tous 
les cas dont il est ici question. M. Civiale nous paraît avoir envi¬ 
sagé le sujet sous son véritable point de vue, en ramenant la thé¬ 
rapeutique à ce qu’elle doit toujours être pour satisfaire la raison, 
c’est-à-dire en prenant pour base des indications l’état mor¬ 
bide des organes et des fonctions de l’appareil urinaire., état 
morbide dont la gravelle et la pierre ne sont en réalité qu’un 
produit. Cette voie, tracée par l’observation, n'a point été suivie 
par les auteurs qui ont écrit sur la maladie calculeuse ; la plupart 
se sont égarés en créant des systèmes et des théories hasardées 
sur lesquels ils ont échafaudé des traitemens infructueux et pres¬ 
que toujours nuisibles. Cette vérité ressort à chaque page du li¬ 
vre deM. Civiale. 

L’auteur a eu aussi pour but: rc 2" d’exposer la conduite qu’il 
convient de tenir quand, par sa situation ou son volume, la pierre 
est inaccessible aux ressources de l'art chirurgical; 3“ d’énumé¬ 
rer les moyens que l’on doit emplo'yer après l’opération, pour 
prévenir la maladie et combattre les dispositions du sujet à rede¬ 
venir calculeux ; 4» enfin d’apprécier la valeur decerlainsn^yens 
chimiques ou pharmaceutiques, auxquels on attribue la propriété 
de fondre, de disgréger la pierre, et celle de quelques eaux mi¬ 
nérales sur lesquelles on cherche à appeler l’attention publique, 
en les présentant comme douées du même pouvoir. » 

Après quelques considérations générales sur le mode de déve¬ 
loppement des concrétions urinaires, sur la couleur, la forme 
des graviers, ainsi que sur le plus ou moins de rapidité avec la¬ 
quelle s’accomplissent la précipitation et l’agglomération de la ma¬ 
tière solidifiable de l’urine, M. Civiale rappellefluÜl n’est' pas 
Tfirq dç voir des malades expulser successivement, et à divers in* | 


tervalles, des graviers d’une nature différente. Celle observa¬ 
tion, quela pratique de chaque jour permet de vérifier, renverse 
les combinaisons de la théorie qu’on avait cherché à mettre en 
crédit relativement à la formation de la gravelle. Les difféupntes 
diathèses ou prédominances de l’un des principes consliluans de 
1 urine, ne sont en effet ni aussi constantes ni aussi exclusives 
qu on l’a prétendu. Il résulte de là nécessairement que les effets 
attribués à certaines médications ayant pour but de combattre ces 
diathèses, sont loin d’être aussi concluans qu’on l’a pensé • car 
les diathèses sont tous les jours modifiées, et même entièrement 
changées par des causes qui nous échappent, et ces changemens 
peuvent avoir lieu alors même que le malade n’est soumis à au¬ 
cun traitement: voilà ce que démontre l’observation. C’est ce 
qu’on remarque spécialement pour la gravelle d’acide urique 
d urate d’ammoniaque, d’oxalate calcaire, decystine. Quant à la 
gravelle grise ou phosphatique, son apparition se lie à des étals 
pathologiques spéciaux de l’.ippareil urinaire, aujourd’hui bien 
connus, depuis que M. Civiale a appelé sur eux l’attention, dans 
son excellent Traité de l’affection calculèuse. 

Il est un autre fait d’une grande portée, sur lequel insiste l’au¬ 
teur. On croit généralement que la présence d’une ou de plu¬ 
sieurs pierres dans la vessie exclut celle de la gravelle. Cette opi¬ 
nion erronée est funqste à plus d’un malade. Parmi les victimes de 
cette déplorable erreur, il convient de citer un estimable confrère 
le docteur Guerbois, qui, indépendamment de la gravelle, sur la¬ 
quelle son attention s'était exclusivemclit arrêtée, avait aussi une 
pierre vésicale, et une pierre si grosse que la litholrilie ne put 
être appliquée. Dans tous les cas de ce genre, la coexistence de ta 
pierre et de la gravelle dénote un désordre plus profond dans les 
fonctions des reins, désordres augmentés et entretenus par la pré¬ 
sence d’un calcul dans la vessie ; la gravelle n’est alors qu’un sur¬ 
croît de maladie, ainsi que le fait observer avec raison M. Civiale. 

Lorsqu'à la coïncidence de la pierre et de la gravelle, et à l’ex¬ 
pulsion abondante de celle-ci se joignent l’irritation du Col vé¬ 
sical , la tuméfaction de la prostate, l’atonie de la vessie, on doit 
appréhender la récidive de la pierre alors que le malade en a été 
débarrassé par une opération. 

Ce que nous venons de dire sur la coexistence assez fréquente 
de la pierre et de la gravelle doit faire sentir la nécessité de 
faire une ou plusieurs explorations de la vessie des graveleux. 
M. Civiale a raison d’insister beaucoup sur cette indispensable 
précaution, dont l’oubli a été fatal à plus d’un malade; elle 
peut seulç d’ailleurs permettre de reconnaître les circonstance» 

















-mesure dansl’idée d’empêcher un glissement; et d’ailleurs, 
même dans ces circonstances, la déchirure se fût-elle faite, 
si l’on ' n^vait pas eu affaire à des tissus délabrés par la 
maladie interne dont nous avons parlé , et surtout ses 
traitemens si divers , si multipliés ; et encore , sans ces 
conditions de constitution altérée, cette simple déchirure 
aurait-elle pris si vite un caractère fâcheux qui a ame- 
mé une issue si funeste. „ • j 

La maladie grave et avancée du poumon, l anection des 
organes urinaires, dont oli n’a pas trouvé de cause appré¬ 
ciable ni justificative, ne sont pas sans cloute étrangères à 
la fatale terminaison comme cause prédisposante et peut- 
être prochaine. 

En résumé ce cas nous paraît vraiment exceptionnel, et 
la gravité des conclusions qu’on pourrait en tirer dimi¬ 
nue , si l’on pense aux accidens formidables qui suivent 
quelquefois les, opérations les plus simples et les plus in¬ 
nocentes de la chirurgie, chez les sujets mal disposés. 

C’est par devoir et par conviction qu’en faisant con¬ 
naître ce cas déplorable, nous avons allégué les motifs 
qui, suivant nous , devaient en atténuer la portée. Nous 
regrettons siircèrement de ne pouvoir modifier de niême 
la rigueur de notre jugement sur les résultats fâcheux 
d’une autre opération que nous ne voulons pas dissimuler 
davantage. 

_Untraiteur de la rue l’Evêque, portant au genou droit 

une ankylosé absolument complète , à angle très aigu et 
datant d’environ quinze ans , a été opéré il y a près de 
trois semaines, en présence doMM. Marjolin, Lou;s, Roux, 
Bouvier, Isidore Bourdon , etc., etc. Le redressement du 
membre s’est fait, comme de coutume, sous l’eftort de la 
machine, mais avec un bruit qui a dénoté la rupture d’une 
soudure large et solide. Néanmoins, les suites immédiates 
de l’opération se sont pré.sentées sous l’aspect ordinaire : 
mouvemens assez faciles de l’articulation, peu de douleur, 
aucun gonflement ; ecchymose habituelle au bout de deux 
ou trois jours. Mais bientôt l’extrémité inférieure du 
membre a perdu sa chaleur, sa sensibilité ; des phlyctènés 
s’y sont établies , enfin tous les symptômes de là gangrène 
sont malheureusement venus confirmer les craintes sur 
lesquelles on cherchait à s’abuser : il est presque indubi¬ 
table que l’amputation de h, jSWtïJe à son tiers inférieur 
va devenir nécessaire ; mais d’autres appréhensions plus 
fâcheuses seraient superflues. 

Malgré le sphacèle du pied tout entier, aucun accident 
local ne s’est manifesté dans l’articulation du genou ; les 
mouvemens ne sont devenus ni moins faciles ni plus dou¬ 
loureux , la rectitude s’est parfaitement maintenue , au¬ 
cune trace d’inflammation ni d’engorgement ne s’est mon¬ 
trée. La gangrène de la partie inférieure ne peut être ex-- 
pliquée qu’en supposant la rupture de l’artère poplitée, qui 
cependant n’a été démontrée par aucun autre signe. Quoi 
qu’il en soit, l’expansion de la gangrène s’est arrêtée, les 
traces de l’emphysème qui existaient se sont dissipées ; le 
travail d’élimination commence, et pour corroborer l’état 
général du malade, qui s’est aussi sensiblement amélioi é, 
il a été transporté aujourd’hui à l’hôpital Necker , où il 
va recevoir des soins plus assidus et plus propices à sa po¬ 
sition. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ce qui 
arrivera. 

— Ces détails, au sujet deldeux des cas les plus mteres- 
sans, nous empêchent de relater aus.si longuement jdeux 
autres opérations qu’a encore faites M. Louvrier depuis le 
numéro du 7 décembre, où nous avons rapporté quatorze 
opérations faites avec succès. L’une, à l’Hôtel-Dieu, ser¬ 


qui rendent la sortie spontanée des graviers difficile ou impossi¬ 
ble • elle offre aussi le seul moyen de s’assurer de l’expulsion de 
tous’les corps étrangers. C’est, en effet, parce que l’exploration 
de la vessie a été mal faite ou négligée que tant de graveleux 
deviennent calculeux. On ne doit pas perdre de vue que tout 
calcul a été petit avant d’être gros, qu’un état pathologique 
soit de la vessie, soit ded’urètre, a pu seul s’opposer à sa sortie 
spontanée , avant qu’il ait acquis un volume tel que son expul¬ 
sion soit devenue désormais impossible. 

' Les moyens et procédés de la pratique ordinaire étant insuffi- 
sans pour les explorations dont nous parlons, M. Civiale rappelle 
ceux qu’il a plusieurs fois indiqués dans ses autres écrits, no¬ 
tamment le lithoclaste, auquel il a fait subir d’importantes mo¬ 
difications, qui le rendent très propre à ce genre de recherches ; 
nous citerons aussi l’emploi du trilabe ordinaire, pour le cas d’a¬ 
tonie de la vessie. Ces moyens nous paraissent plus sûrs que la 
sonde de gomme élastique et le stylet à l’aide desqueb M. Sé- 
galas assure avoir reconnu souvent la présence d’un gravier dans 
la vessie. ... , 

M. Civiale a consacre un chapitre de son ouvrage a d intéres¬ 
santes considérations sur l’influence qu’exercent sur le sort des 
graveleux la crainte des explorations et tout ce qui porte le nom 
d’opération ; il met sur la même’ ligne les conseils officieux des 
personnes qui les entourent, et surtout les avis que certains mé¬ 
decins de salons hasardent avec une légèreté vraiment coupable. 
Mais indépendamment de ces écueils semés sous les pas des gra¬ 
veleux, il en est d'autres non moins dangereux qui doivent éveil¬ 
ler toute la sollicitude des praticiens ; nous voulons parler des- 
journaux, des annonces, des affiches, des écrits spéciaux, qui sont 
avidement saisis par les calculeux. Ces sortes de malades, ajoute 
avec raison M. Civiale, se livrent en aveugles aux spéculations 
industrielles, et ne se lassent pas de soumettre leur corps aux mé¬ 
dications les plus bizarres. L’auteur rapporte à ce sujet des faits 
de nature à faire gémir sur les tristes conséquences des coupables 
combinaisons que le charlatanisme sait inventer pour capter la 
confiance des graveleux, en leur enlevant les chances de salut 
que la temporisation leur fait perdre. 

On se demandera peut-être ce qu’ont de commun avec le trai¬ 
tement médical de la maladie calculeuse les considérations qui 
précèdent. 11 suffit de quelques réflexions sur ce point pour se 
convaincreque ce chapitre n’est pas déplacé dans un ouvrage des¬ 
tiné à éclairer les praticiens et le public sur la fausse direction 
que l’on cherche à donner à la thérapeutique de la pierre et de la 


vice de M. Blandin, sur une femme portant une ankylosé 
complète depuis plus de huit ans, avec flexion à angle droit 
très prononcé de la jambe sur la cuisse. La rotule, qui 
adhérait comme écrasée à la face tout à fait inférieiiio des 
condyles, a néanmoins été décollée et la jambe ramenée à 
l’état de rectitude. 

L’autre, à l’hôpital de la Charité, sur une jeune fille de 
23 ans, ayant au genou droit une ankylosé datant de 
10 ans, à angle droit, et soudure partielle de la rotule 
sur le fémur, avec déviation considérable du pied en 
dehors. 

Ces deux dernières opérations laissent espérer jusqu’ici 
tout le succès qu’on en attendait, de même que celles an¬ 
térieures dont nous avons parlé dernièrement, se main¬ 
tiennent dans l’état de succès que nous avons annoncé. 

L...E... 


Lisions organiques du sein et des testiculei ; opérations-, par 
M. le docteur Goyrand (d’Aix). 

Les chirurgiens confondent souvent sous le nom de 
squii rhe des affections de nature bien différente. Les ca¬ 
ractères anatomiques des lésions organiques qui tendent 
à se ramollir et à passer à l’état de cancer ulcéré, ne sont 
pas tellement distincts que l’erreur sur la vraie nature de 
ce genre de lésion ne soit possible pour l’anatomo-patholo¬ 
giste. Ces erreurs sont faciles et fréquentes quand le diag¬ 
nostic doit être établi sur les caractères extérieurs. Aussi 
Boyer donnait-il comme seul caractère certain du cancer la 
tendance de l’alfection à se reproduire. Suivant ce prati¬ 
cien illustre, s’il n’y avait pas de récidive à la suite de l’ex¬ 
tirpation d’une tumeur, c’était parce qiie la tumeur n’était 
pas de nature cancéreuse. Mais c’est là un moyen de diag¬ 
nostic fort peu satisfaisant. , 

Les efforts des médecins doivent tendre à établir d’une 
manière plus positive les vrais caractères des diverses lé¬ 
sions organiques. A. Cooper a fait sur ce point plus que 
les praticiens français, dans ses Traités sur les maladies du 
sein et du testicule. Ainsi, dans les diverses variétés de la 
lésion qu’il a nommée maladie hydatique de la l'nainclle, 
bien que le tissu de l’organe prenne souvent un développe¬ 
ment énorme et un aspect lardacé qui le fait ressembler 
beaucoup au tissu squirrheux, le praticien anglais a recon¬ 
nu que la complication de cancer est fort rare. Il ne l’a 
rencontrée qu’une fois dans sa longue pratique. 

Recueillons avec soin les faits qui pourront servir à con- 
liriner le.s vues du praticien anglais, ou à établir de nou¬ 
veaux signes diagnostiques des diverses lésions ol-ganiqués. 

Voici un cas de kyste de la mamelle avec induration et 
hypertrophie de l’organe, qui a pris un développement 
énorme. 

Kyste hydatique (A. Goopex) delà mamelle, avec hypertrophie 
et induration de tout l’organe ^ extirpation; guérison. 

Une femme de la commune de Gabriés, âgée de trente- 
neuf ans, bien constituée et assez forte, vit se former dans 
son sein gauche, au commencement de 1835, une tumeur- 
dure, mobile, et d’abord indolente. Cette femme fut long¬ 
temps sans parler de son mal, qui se développa d’abord 
lentement, et fit plus tard des progrès rapides. En février 
1837 elle consulta un médecin qui prescrivit l’usage de 
l’oxide d’or et les frictions avec une pommade ioduiée. 
Ces moyens furent sans effet; la tumeur continua de s’ac- 


gravelle. A entendre quelques personnes, il suffit aujourd’hui 
d’aller à Vichy, à Gontrexeville, à Carlshad, ou d’avaler ijitelques 
onces de bi-carbonate de soude pour être guéri de ces cruelles 
maladies. M. Civiale faitvoir combien sont funestes ces illusions 
que l’on s’efforce d’entretenir dans le monde, et contre lesquel¬ 
les on ne saurait trop se prémunir. Si l’auteur, cédant à sa trop 
juste indignation, a stigmatisé de sa verve caustique l’induslria- 
lisme médical se drapant sous le manteau de la science et de la 
philantropie, il a cru sans doute être utile à une classe de mala¬ 
des à laquelle il consacre depuis long-temps ses veilles. La pure¬ 
té de ses intentions, aux prises avec l’impudence du charlatanis¬ 
me, suffira pour l’absoudre de la vivacité de ses attaques. 

C’est dans la seconde partie de son travail qu’il aborde, à pro¬ 
prement parler, le traitement médical et préservatif de l’affeeiion 
calculeuse. Le premier chapitre, consacré à la thérapeutique gé¬ 
nérale de cette maladie, présente d'abord l’exposition des moyens 
dirigés contre les sables rouges et les dépôts pulvérulens. La pré¬ 
dominance de la matière solidifiable de Turine et la formation 
des sables, soit que le dépôt s’en effectue par le refroidissement 
du liquide, soit qu’ils paraissent tout formés au moment même de 
la sortie de l’urine, sont essentiellement liées, suivant M. Civiale, 
à un état de surexcitation directe ou indirecte des reins. La prin - 
cipale difficulté du traitement consiste dès lors à déterminer les 
causes qui provoquent cette surexcitation rénale ; elle se rattache 
assez ordindii eraentà un état morbide de l’appareil urinaire, tel 
qu’un rétrécissement de l’urètre, des coarctations spasmodiques, 
un état névralgique du canal et du col de la vessie, une paresse 
de ce dernier viscère, etc. C’est en s’attachant à bien préciser, 
puis à détruire ces états morbides primitifs à l’aide des moyens 
déjà indiqués par l’auteur dans son'l'raité des maladies de l’urèi- 
tre, qu’on voit, en peu de jours, disparaître les sables de l'uriné 
sans l’emploi d’aucun traitement spécial, et qu’on obtient une 
guérison durable. 

Cette méthode rationnelle est bien différente du traitement 
empirique qu’on trouve si complaisamment décrit dans tous.les 
livres, et qui n’ont la plupart du temps pour effet que d’aggraver 
la situation des malades. Il paraît inconcevable que des idées 
aussi simples n’aient pas ftappé plutôt l’attention des praticiens. 
C’est en réalité sur ce pivot que roule tout-le traitement de la 
gravelle et la prophylaxie de l’affection calculeuse, ainsi que le 
démontre M. Civiale dans le cours de son-ouvrage. 

Il est toutefois des cas dans lesquels les reins se sont trouvés 
si long-temps sous une influence morbide, que le vicê dé la sé- , 


croître avec rapidité. Le flux menstruel, qui jusqu’alors 
avait été régulier, arriva deux fois chaque mois à dater du 
mois de mars. 

Au commencement d’août la malade consulta un chi^ 
rurgien de Marseille, qui lui proposa l’opération. 

Je vis la malade pour la première fois le 6 septembre; 
elle me dit que son sein avait presque doublé de volume 
dans l’espace d’un mois et demi. Sa tumeur avaitalors un 
volume extraordinaire et un si grand poids, que la malade 
ne pouvait ni marcher ni aller en voitnre, bien qu’elle la 
tînt suspendue au moyen d’une serviette attachée sur le 
cou.' 

Cette tumeur représentait un sphéi oïde tronqué à sa 
base, avait 23 pouces 3 lignes de circonférence à son inser¬ 
tion à la poitrine, 26 pouces 5 lignes sur le point le plus 
renflé. Généralement très dure, elle présentait vers sa par¬ 
tie supérieure un point saillant dans lequel la fluctuation 
était évidente. La peau de la tumeur était, dans la plus 
grande partie de son étendue, épaissie, dure et rugueuse 
comme dans l’éléphantiasis. Le mamelou était enfoncé., 
La base de la tumeur s’étendait jusque dans l’aisselle; mais 
il n’y avait pas de ganglions axillaires engorgés. Ce sein dé¬ 
généré était comme suspendu par une espèce de ligament 
résultant de l’hypertrophie du tissu cellulaire, qui était, 
au-dessus de lui. Quand la tumeur était livrée à son poids,' 
ce tissu formait ,une corde étendue : il était souple d’ail-. 
leurs. La tumeur était très mobile sur la poitrine. La ma¬ 
lade accusait quelques douleurs lancinantes qui étaient, au 
reste, peu fréquentes et supportables. Elle était surtout 
fatiguée par le poids énorme de la tumeur. Quelques dou- 
leurs sympathiques se faisaient sentir dans la mamelle 
droite, qui ii’était nullement engorgée. L’état général était 
bon ; il n’existait aucun signe de diathèse ou de lésion vis¬ 
cérale quelconque. Je pratiquai l’extirpation le 9, eu pré¬ 
sence de M. le docteur Arnaud et du médecin de la ma¬ 
lade. 

Il fallait conserver la peau la plus saine polir recouvrir] 
la vaste plaie qui devait résulter de l’opération. La meil-*' 
leure peau était au côté interne dç la tumeur ; il y en avait 
aussi qui n’était pas altérée à la partie externe psstérieure. 
Je me décide à conserver un grand lambeau interne et 
uii lambeau externe , étroit et concave , dans lequel le 
premier puisse s’enchasser, La malade est couchée sur, 
un lit le bras éloigné du tronc ; [une première inclsioa 
partant de la partie inférieure de l’insertion de la tu-i 
meur remonte en dehors, à trois travers de doigt de cette 
inserlion, en décrivant une grande courbe dont la coaca- 
vité est tournée vers la ligne inédiane, et vientse tenninei-jj 
au-dessus du squirrhe. Une sèconde incision, partant du 
même point que la première, remonte sur la partie anlé-j! 
rieure de la tumeur, traçant un grand lambeau qui a 5 
pouces de largeur à sa partie moyenne, et vient se réunirâ','- 
angle aigu ave l’extrémité supérieure de la première. Aux • 
premiers coups de bistouri, nous voyons s’élancer plusieurs), 
jets de sang artériel et veineux qui s’arrêtent d’eux-mê¬ 
mes. Les deux lambeaux cutanés sont détachés par une 
dissection rapide. J’attaque la tumeur par sa partie supé-, 
rieure, en coupant le tissu cellulo-adipeux hypertrophié 
qui le surmonte ; ce tissu est fout infiltré de sérosité. Ar¬ 
rivé sur le grand pectoral, j’attire à moi la tumeur, et! 
quelques grands coups de bistouri l’ont abattue en un ins-î 
tant. La plaie est extrêmement vaste. Le tissu cellulo-adi» 
peux hypertrophié et infiltré, qui était tiraillé par le poids 
de la tumeur, est très souple ; nou.s croyons pouvoir le lais- . 
ser. Je lie une artère, j,’en tords quatre autres et je procède^ 
au pansement. , 


crétion persisté, quoique la cause première ait disparu ; ces ex¬ 
ceptions rentrent dans la catégorie des cas où la maladie calcu- : 
leuse est plus avancée. Quelle que soit, au reste , la coloration 
des sedimens urinaires, coloration qui, d’ailleurs, n’a point toute 
la portée qu'on lui a attribuée , quoiqu’elle coustate des différ; 
rènees dans le degré ou dans le mode du trouble de la fonction 
rénale; l’observation a démontré plus d’une fois à M. Civiale , et 
j’ai pu remarquer moi - même, que le traitement général ne ■ 
réclamait pas de notables modificalions- ; il faut excepter toute- ' 
fois les sédimens cendrés et blancs, sur lesquels nous aurons 
bientôt occasion de revenir. 

La gravelle constitue le second degré'de la maladie. Le traite-' 
meint médical de la gravelle d’acide brique, la plus commune de 
toutes, varie suivant diverses circonstances qui peuvent .se pré¬ 
senter, et que M. Civialè range sous trois séries; savoir: l» émis-* 
sion de graviers spontanée et sans douleur ; 2“ coliques néphré-^ 
tiques avec émission de graviers; 3“ coliques néphrétiques sans 
expulsion de graviers. L’auteur a présenté sur ces différentes; 

. questions des considérations pratiques du plus haut intérêt ; nous 
ne pouvons que les signaler ici, en renvoyant le lecteur à l’on-', 
vrage lui-même, dans lequel il puisera de sages préceptes pro-‘! 
près à le guider dans la pratique. ^M. Civiale apprécie du reste' 
à leur juste valeur, en les soumettant à une sage critique, difl’é- 
rens moyens auxquels l’empirisme le plus aveugle ou des tbéorieî 
imaginaires ont eu recours dans le traitement de la gravelle. Il 
insiste de nouveau sur les divers états morbides des organes uri¬ 
naires, qui provoquent et entretiennent la maladie, etdontn’ontj 
jusqu’ici, tenu aucun compte les auteurs qui Ont écrit sur la nra- 
velle. Le point de vue judicieux sous lequel il a envisagé le tra:4 
lement de cette affection, est le seul qui satisfasse la raison et qui 
en définitive offre les résultats les plus avantageux. Que la gra- 
velle soit d’acide urique, d’oxalatc calcaire ou dé cystine, le trai¬ 
tement ne diffère pas d’une manière notable, quoiqu’on aient dit 
certain auteurs modernes. 

A l’occasion de la gravelle blanche ou phospbalique, îi laquelle 
l’auteur a consacré un artidle spécial où l’on trouve des vues neu¬ 
ves et intéressantes , il s’élève de nouveau Contre les méprises 
dans lesquelles sont tombés ceux qui ont altribué au régime .ilig 
mentaire toutes les causes de la gravelle en général. 

La gravelle jaune ou rouge (.acide urique, urale d’ammonia 
que) se forme spécialement d.in3 les reins, cl seulement à la suite 
de troubles fonctionnels, d’un dérangement dans la sécrétion de 
l'urine , tandis que la gravelle blanche où pliosphrlique prend 














Les deux lambeaux se' rapprochent avec une grande fe- 
ciliié ; j’assure leurs rapports au-moyen d’une douzaine 
te points de suture, et je les comprime légèrement et 
j’une manière égale au moyen de quelques gâteaux de 
jliarpie et quelques compresses fixées par une longue 

^^Cette énorme tumeur pesait treize livres quatre onces. 
Généralement très dure , elle présentait plusieurs points 
fluctuans, un, entre autres, à la partie antérieure supé¬ 
rieure , un autre vers la partie inférieure de la face pro¬ 
fonde. Ces points fluctuans étaient des kystes pleins d’une 
sérosité brunâtre, présentant intérieurement, sur une 
partie de leur surface uh grand nombre de petits corps 
Lstiformes,delaforme et du volume d’un noyau d olive, 
pressés les uns contre les autres, et tous implantés sür la 
paroi de la cavité. Ces corps blivaires , enveloppes d une 
inenibrane ténue et diaphane, contiennent à l’inteneur un. 
liquide de couleur citrine , assez consistant, qui ne coule 
pas, retenu qu’il est par une trame très déliée, compara¬ 
ble aux prolongemens intérieurs de la membrane hya- 
loïde. En incisant la tumeur dans tous les sens, jé trouve 
cinq de ces kystês de capacité différente : il y en a un 
qui recevrait le poing; le plus petit contiendrait un œul de 
poule. Tout le tissu de la mamelle, énormément hyper¬ 
trophié , est dur, jaunâtre, granulé , crie sons le scalpel, 
niais ne présente ni les caractères anatomiques du vrai 
squirrhe, ni ceux du cancer encéphaloïde. Le tissU cellu¬ 
laire comprimé forme à la tumeur un kyste complet ; la 
peau , fort épaissie, rugueuse et brunâtre dans certains 
points , se sépare partout sans difficulté de la tumeur. 

L’opération ne donna pas lieu au plus léger accident, 
la fièvre traumatique-fut presque nulle. Le 14, j’enlevai 
les fils des sutures , et je trouyai les lambeaux complète¬ 
ment recollés aux parties sous-jacentes et présentant seu¬ 
lement quelques points de suppuration sur leurs bords. 
Le dix-huitième jour la guérison était complète. 

Cette femme a joui de la meilleure santé depuis cette 
époque. Il ne lui reste d’autre trace de cette opération 
qu’une longue cicatrice linéaire, formant une courbe dont 
la concavité est tournée vers la ligne médiane. 


Sarcocèle .volumineux ; difficullis du diagnostic ; castration. 

Un homme âgé d’environ cinquante ans, eut le testicule 
gauche froissé jiar un coup de genou que lui donna invo¬ 
lontairement sa femme pendant son sommeil. La dou¬ 
leur .vive que-lui causa cette contusion se dissipa promp¬ 
tement. Huit mois plus tard, cet homme s’aperçut que son 
testicule augmentait de volume. 

11 s’adressa alors à un médecin , et se soumit à un long 
traitement qui n’qrrêtapas les progrès du mal. Le malade 
s’adressa à moi vers la fin de septembre 1838 ; il y avait 
alors deux ans que son testicule avait été froissé, et,seize 
mois qu’il avait commencé à grossir. La tumeur était très 
volumineuse ; la peau du scrotum était fortement tendue; 
le testicule droit était sain et appliqué par le scrotum ten¬ 
du sur la partie supérieure du côté correspondant de son 
congénère, sur lequel il était cependant bien mobile. La 
tuiueur, régulièrement ovoïde, présentait à sa partie anté¬ 
rieure et supérieure un point saillant où la fluctuation était 
manifeste ; le malade n’accusait aucune douleur lancinan¬ 
te, et n’était incommodé que par le volume, et surtout par¬ 
le poids de la tumeur, qui tiraillait douloureusement le 
coiùon quand le scrotum n’était pas soutenu par un sus- 
pensoire. La pression excitait très peu de douleur. La tu¬ 


meur n’était nullement traiisparente ; pr essée entre les 
doigts, elle cédait dans le sens de la compression, et se 
renflait dans les autres diamètres. Je plongeai dans la tu¬ 
meur une aiguille à cataracte; sa pointe me parut libre 
dans une cavité. Je crus à l’existence d’une hydrocèle à 
parois très épaisses. Cependant, je n’étais pas bien sûr de 
mon diagnostic ; il me restait des doutes sur la nature de 
la tumeur. Evidemment, il n’y avait qu’hydrocèle ; les 
membranes avaie'nt une telle épaisseur que l’excision pou¬ 
vait seule convenir. J’entrepris cette opération, bien déci¬ 
dé, ainsi que le malade, à qui j’avais fait part de mes 
doutes, à sacrifier le testicule s’il le fallait. 

Je pratique en avant une première incision, étendue de 
la partié supérieure au point le plus déclive de la tumeur. 
A travers cette incision qui ne comprend que la peau, je 
plonge le bistouri dans le centre de la tume.ur, et je re¬ 
connais qu’il n’y a pas d’hydrocèle, mais bien une dégéné¬ 
rescence du testicule. Je prolonge alors supérieurement 
l’incision de la peau jusque vers l’anneau inguinal, et une 
seconde incision partant de ce dernier point descend sur le 
côté externe de la tumeur, circonscrivant avec la première 
un large lambeau du scrotum. La peau est partout très 
mobile ; aussi, la dissection est-elle rapide ; dans un ins¬ 
tant le sarcocèle est détaché, et je coupe le cordon qu’un 
aidea saisi de manière à l’empêcher de remonter. Quatre 
petites artères sont liées à la surface de la section du cor¬ 
don; j’assure les rapports des deux bords de la plaie par 
la suture entrecoupée. 

Il ne survint aucun accident. C’est 4e 7 octobre 1838 
que l’opération fut pratiquée. Le 12, j’enlevai les sutures ; 
la plai était alors tout à fait linéaire. La guérison fut com¬ 
plète le quinzième jour. Dépuis lors, cethomme a joui 
d’une santé parfaite. 

Autopsie de la tumeur. Le sarcocèle a au moins le volu¬ 
me de la tête d’un enfant à terme ;' la tunique vaginale est 
sans cavité, par l’adhérence de ses deux feuillets; la tuni¬ 
que albuginée est épaissie. J’incise la tumeur longitudina¬ 
lement ; son tissu est d’un blanc jaunâtre, d'unaspect uni¬ 
forme, cérébroïde, et se laisse traverser par le doigt sans 
difficulté. L’épydidyme présente la même altération que 
le testicule ; il n’a pas augmenté de volume dans les mê¬ 
mes proportions que celui-ci. 

Le canal déférent, dégénéré à son origine comme le tes¬ 
ticule etl’épydidyme, reprend bientôt son aspect normal. 
Le cordon est sain. Sous les enveloppes du cordon, au- 
dessus,de l’épydidyme, existe un kyste séreux du volume 
d’une noix, qui, par sa partie inférietire, adhère large¬ 
ment à l’épydidyme et au testicule. 

Ce fait m’a paru intéressant par la difficulté qù’à pré¬ 
sentée le diagnostic. La compressibilité de la tumeur, l’ab¬ 
sence des douleurs à là pression, la facilité avec laquelle je 
faisais mouvoir en tous sens l’aiguille à cataracte dans le 
tissu mou et friable du testicule dégénéré, la fluctuation 
qui se faisait sentir à la partie supérieure, formaient une 
réunion de signes-bien propres à tromper l’observateur sur 
la vraie nature du mal. 

Au reste, en pareil cas, si l’opérateur a de la prudence, 
l’incertitude dû diagnostic est sans inconvénient. Si on a 
aflàire à un squirrhe, l’extirpation est indispensable ; si 
c’est une hydrocèle, ses parois sont excessivement épaisses; 
l’excision peut seule convenir. En agissant comme faisait 
toujours Dupuytren dans ces cas douteux, comme j’ai cru 
devoir le faire inoi-même-en cette circonstance, en fai¬ 
sant avec le bistouri une ponction exploratrice à la tu¬ 


meur à travers la première incision de la peau , on évite 
sûrement tous les inconvéniens d’une erreur de diag¬ 
nostic. 



CONCOÜBS POÜR LA CHAIRE DE PATHOLOOIE INTERNE. 

Séances des 23, 27 et 30 décembre. 

MM. Requin et Dalmas ont parlé de l’asthme. Le premier a fait 
une simple reconnaissance dans le domaine de cette qüeslion, et 
s’est livré à des considérations beaucoup trop générales- et sus¬ 
ceptibles de s’appliquer autant à l’examen de la dyspnée qu’à ce¬ 
lui de l'asthme. Peut-être serait-on en droit de lui adresser, sans 
trop d’injustice, ces paroles de Job à ses amis: Ce que vous sa¬ 
vez ne m’e'st point inconnu^ si les défauts d’une épreuve pou¬ 
vaient faire douter d’un mérite ineontestable. 

—M. Dalmas a prouvé qu’il possédait une grande partie des élé- 
mens de la question qui lui était soumise, et savait les exposer 
avec simplicité et méthode;-aussi a-t-il été écouté avec le plus vif 
intérêt; malheureusement il n’a pas rempli entièrement les con¬ 
ditions de temps qui lui étaient imposées. 

— De l'urine dans les maladies. « Elevé à une école solidiste, 
où on considérait comme une chose ridicule et même honteuse d’ob¬ 
server les urines, je ne me considère pas comme suffisamment 
préparé à celte question. aTel est l’aveu par lequel a débuté M. 
Gibert, et auquel il s’est montré- fidèle dans tout le cours de sa 
leçon. 

'Malgré le désavantage de cet exorde , M. Gibert a trouvé le 
moyen de parler pendant une heure , et, qui mieux est, de faire 
écouter avec tant de plaisir ses spirituelles excursions , que per¬ 
sonne ne s’est rappelé la fin de l’épigramme de Martial ; Jarti 
die, Postume, de tribus capellis, ou la traduction qu’en a donnée 
Racine dans ses Plaideurs ; 

Avocat, je prétends 

Qu’Aristote n’a point d’autorité céans;.... 

Avocat, il s’agit d’un chapon 
Et n'on point d’Aristote et de sa politique. 

—M. Gibert a donc livré à M. N. Guillotla question des urines 
presque intacte , et l’on doit avouer qu’il était difficile d’avoir un 
plus digne successeur. La dissertation de ce candidat, une des 
plus remarquables de' ce concours , est un excellent résumé des 
recherches physiques, chimiques et même microscopiques sur les 
urines, et de leur application à la pathologie. Noùs ferons néan¬ 
moins observer qu’il eût été plus convenable pour l’indépen¬ 
dance et l’équité de la science que, dans cette leçon, la néphrite 
albumineuse éclipsât moins exclusivement l’albuminurie. 

— M. Broussais a eu à traiter de la gangrène: on • été étonné 
de lui voir seulement aborder les sommités de la question, et 
qégliger les détails pratiques qu’on était en droit d’attendre de 
lui., Peut-être ce jugement est-il trop sévère; mais nous pensons 
que plus un candidat est distingué, moins la critique doit être 
indulgente. 

— Entendre une leçon de M. Hourmann, c’est assister à une 
Conversation où l’on n’est pas étonné par une abondante phraséo¬ 
logie, ébranlé pat une vdix sonore, ou dominé par un impertur¬ 
bable à-plomb, mais où l’élégante simplicité du langage est al¬ 
liée à la justesse de l’expression, et la précision de la forme à la 
valeur de la pensée. Sa leçon sur la gangrène a d’ailleurs eu l’a¬ 
vantage de nous faire pénétrer dans les détails d’un sujet que son 
prédécesseur n’avait fait qu’effleurer ; car on dirait que dans ces 
trois séances, les premiers entrés en lice semblent avoir eu pour 
but d’indiquer la carrière que les seconds ont pris le soin de 
parcourir. 


M. Emile CHEVÉ, d.-m.-p., ouvrira un nouveau Coms depa- 
thologie interne le mardi 7 janvier à midi 1 quart, dans son am¬ 
phithéâtre, rue de La Harpe, 90. Ce Cours aura lieu tous les 
jours, jeudis et dimanches exceptés. 


plus particulièrement naissance dans la vessie, quoiqu’on en ren¬ 
contre aussi, mais beaucoup plus rarement, dans lés reins et dans 
les uretères. Cette espèce de gravelle est le résultat d’une phleg- 
masie continue et plus ou moins intense, avec ou sans lésions 
organiques de l’appareil urinaire , et' surtout de la vessie , ainsi 
qiie l'a péremptoirement démontré ML Giviale, dans son Traité 
dé l’affection calculeuse : « Quand, on exaffiine,les sujets atteints 
de celle sorte de gravelle, dit ce chirurgiék, on a de la peine à 
comprendre qne'certains niédecins aient songé à lui assigner 
pour cairse'Une nourriture trop succulente. La plupart des ma¬ 
lades, au contraire, sont affaiblis soit par le catarrhe vésical, 
soit par d’autreé maladies de l’appareil urinaire ; ils sont pâles, 
maigres ; les facultés digestives sont débilitées et leur estomac 
ne supporte qu’une nourriture peu substantielle. « 

-.Le traitement à mettre en usage contre la gravelle grise, ne 
diffère pas moins que les causes et les symptômes de cette mala¬ 
die, S’agit-jl d’une uiiue bourbeuse, crétacée, entraînant de 
petits amas de matière graveleuse durcie , c'est contre l’affection 
catarrhale qu’il faut agir, sans ,. pour ainsi dire , s’occuper de la 
gravelle qu’occasionne cet état de la vessie. 

Le traitement consiste à faire des injections, qui ont pour effet 
de débarrassjr ce viscère du dépôt qu’il peut contenir, d’en chan¬ 
gée le lùoiïç.de vitalité et d’en ranimer la contractilité presque 
toujours aô’aiblie. L’auteur entre ici dans tous les détails que 
comporte ce sujet, sur la mahière de faire ces injections, sur la 
lempéraUre du liquide, sur les précaülions réclamées parce 
moyen,.àont l’emploi a été beaucoup trop négligé dans le Iraile- 
ment des maladies génito-urinaires en général, et dans celui de la 
gyavelle en particulier. 

Quoique les injections constituent la partie essentielle du trai¬ 
tement, il convient de recourir à divers moyens accessoires 
propres à faciliter et assurer le succès ; telles sont les boissons 
abondantes, quelques bains chauds, les lavemens purgatifs, les 
Iptions et applications émollientes, le repos, un régime doux, etc. 

Lorsqu'on peut soupçonner que les reins sont le siège princi¬ 
pal de la phlegmasie et ie lieu de la formation des graviers blancs, 
c'est sur ces organes qu’il faut surtout diriger’ le traitement. 11 
est facile de comprendre que les injections vésicales, si efficaces 
dans d’antres cas, n’auraient ici qu’un effet secondaire. C’est 
daiileursidaus ces circonstances, en général fort graves,- que la 
santé générale et la constitution du m.ilade ont reçu la plus rude 
atteinte. Le traitement devient dès-lors plus compliqué et plus 
embarrassant pour le ptalicien. Toutefois, c’est sur les boissons 


diurétiques prises en grande quantité, qu’il faut le plus compter : 
celles qui réussissent le mieux, et dans le plus grand nombre de 
cas, sont les eaux acidulées gazeuses, simples ou sulfureuses ; cel¬ 
les de nature alcaline sont généralement nuisibles ici. Disons 
même, par anticipation, què les eaux minérales les plus vantées 
contrôla gravelle, et que l’on prescrit indistinctement pour tous 
les cas, ne sont réellement utiles que par la grande quantité qu’on 
en boit. Or, l’eau pure, qui est de tous les diurétiques le plus 
inoffensif, produit à peu près le même effet, prise aux mêmes 
doses. 

Diverses circonstances peuvent faire échouer le traitement 
dirigé contre, les dépôts que contient l’urine , soit que ceux- 
ci se montrent sous forme de poudre ou de sable, soit qu’ils 
constituent la gravelle proprement dite. Communément alors il 
existe des étals morbides qui paralysent les efforts de la nature 
et de l’art. C’est donc à découvrir et à écarter ces obstacles, qu’il 
faut d’abord s’attacher. De même une foule de parlicularités 
exercent une influence incontestable sur la production de la gra- 
velle , son développement, sa gravité, sqp mode d’expulsion et 
son traitement. M. Giviale a consacré un chapitre fort étendu à 
l’examen des diverses questions qui se rattachent aux différentes 
circonslances que nous venons de signaler et d’après lesquelles 
le traitement médical de l’affection calculeuse doit être modifié. 
L’auteur examine d’abord les cas dans lesquels les graviers ne 
peuvent sortir lorsqu’ils sont retenus dans les reins et les ure¬ 
tères. Il signale, à celte occasion, un fait important, c’est qu’en 
général les reins ne fonctionnent mal et ne deviennent le siégé 
de lésions plus ou moins graves, que parce qu’il existe dans la 
vessie ou l’urètre un étal morbide qui gêne l’émission de l’urinè. 
Cette remarque, que justifie l’observation journalière, a été trop 
négligée dans le traitement de la gravelle. , , . 

Les graviers peuvent aussi être arrêtés dans la Vessie. Ici l’art 
a des moyens de s’assurer de la cause qui s’oppose à la sortie des 
corps étrangers ; il possède des ressources pour faciliter leur ex¬ 
pulsion et prévenir ainsi le développement de la pierre. M. Ci- 
viale, s’appuyant sur de nombreuses observations fournies par sa 
pratique , a fait connaître la conduite rationnelle qu’il convient 
de tenir, suivant les causes variées qui peuvent retenir les gra¬ 
viers dans la vessie. Ce sont : 

1“ L’état spasmodique de l’urètre et du col vésical. 

2“ Les rétrécissemens du canal. 

3» La tuméfaction on toute autre maladie de la prostate. 

4“ La paralysie de la vessie. 


On conçoit que c’est principalement contre ces divèrs états 
morbides que doivent être dirigés les moyens curatifs, afin de 
favoriser l’expulsion de la gravelle qui n’est ici qu’un accessoire,, 
et dont la rétention expose nécessairement le malade à tous les 
accidens qu’entraîne la pierre. 

•Nous regrettons de ne pouvoir qu’appeler l’attention sur cette 
partie tout-à-fait neuve de l’ouvrage de M. Giviale, qui a su sai¬ 
sir les véritables indications sur lesquelles doit être établi le Irai* 

' teraent de la gravelle. Ce serait bien en vain qu’un malade serait 
soumis pendant trois ou quatre saisons à l’usage du bi-carbonafe 
de soude et des eaux minérales les plus renommées, fussent même 
celles de Vichy, si un rétrécissement organique de l’urètre, si 
une hypertrophie de la prostate, formaient une barrière infran¬ 
chissable aux graviers renfermés dans la vessie. 

Indépendamment des ngpdifications qu’apportent dans le trai¬ 
tement curatif et préservatif de la maladie calculeuse les cir¬ 
constances particulières que nous venons de signaler, il en est 
d’autres qùi sont commandées par l’âge, le sexe, le climat, le ré¬ 
gime alimentaire. On lira avec intérêt les remarques suggérées 
à l’auleUr par l’examen approfondi de ces diverses questions aux¬ 
quelles se rattachent une foule d’erreurs qu’il a victorieusement 
combattues, notamment celle qui concerne l’influence des ali- 
mens azotés sur la production de la gravelle et de la pierre, et 
sur laquelle un savant physiologiste a bâti tout un roman, du 
reste trèsbie^n fait. 

M Giviale a été naturellement conduit à examiner s’il est pré¬ 
férable de faire l’extraction, par un procédé chirurgical, des gra¬ 
viers d’un certain volume, ou de chercher à en provoquer l’expul¬ 
sion en stimulant les organes et en rendant l’urine très abondante. 
Ce problème n’est pas aussi facile à résoudre qu’on pourrait le 
penser. L’auteur s’appuyant sur la facilité et la promptitude de la 
guérison de l’affection calculeuse, à son début, par les procédés 
de la lithotritie, n’hésite pas à préférer l’extraetion et le broie¬ 
ment des grayiers, à l’emploi des moyens souvent fort longs et 
toujours incertains, qui sont recommandés pour favoriser leytr 
expulsion ; le temps perdu tourne alors au préjudice dn malade,’ 
qui se trouve dans des conditions moins avantageuses à raisondes- 
désordres qu’occasionnent la présence et le volume toujours crois¬ 
sant des graviers. Cette opinion fort sensée, que nous partagèons, 
est étayée d’un grand nombre de faits. Ils démontrent que des 
malades ont vu leur état s’aggraver, après avoir trop compté sur 
le succès d’un traitement médical qu’on leur avait présenté com- 





















POUR PARAITRE EIV UJV AN, 4 FORTS VOLUMES IN-8“ SUR DEUX COLONNES, EN 12 LIVRAISONS. ~ PRIX 24 FR ’ 

mCTIOlAIBE OES fllCTIOlÂlEES EE KEEECifi 

FRANÇAIS ET ÉTRANGERS, 

OU TRAITÉ COmPimT njE mÉUECINM ET RE CaiRWJRGIE PRATIQUES, 

Contenant l’Analyse des meilleurs articles qui ont paru jusqu’à ce jour dans les différens Dictionnaires et les Traités spéciaux les plus importans a' 
les additions et modifications que nécessitent les progrès de la science ; ri; 

Ouvrage desitfné A remplacer tons les antres Dictionnaires et Vraltés de Médecine et de Cblrnrglei 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 


SOUS LA DIRECTION DU DOCTEUR FABRE, 

Rédacteur en chef de la Gaz.etie des Hôpitaux (LaLncelteFrançaise). •. 

CoDdlttons tle la üonscrliitlon. 

enl2livra1,onsd^>9no«a<r.r»; '- colonnes, imprimés sur beau papier raisin, et en caractères fondus exprès. -La publication aura lieu 

en un ^ envuon, paraissant regulierement de mois en mois, à partir du 15 janvier prochain, de manière à ce que l’ouvrage soit terminé au plus tard 


L’ouvrage entier sera publié e 


Prix de chaque livraison prise à Paris, 
Pour les Départemens, 


Prix de chaque volume, à Paris, 
Pour les Départemens, 


6 fr. [ Prix de l’ouvrage entier, pour Paris, 

8 I Pour les Départemens, 

ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau de la Gazette des HôpItaüx (LancetteJFrançaise), rue de Bussy, 13, 

Æl chez tous les Libraires Français et Etrangers. 


U plus tard 
24 fr. 


, brevet proeongé de dix aivs 

J A MADAME BRETOA, SAGE-FEMME, „ 

HBoulevard Saint-Martin, 3 bis, enfaceE 
le Château-d’Eau, à Paris. 

Les Bouts de sein en tétine et Biberons | 
fl de Madame BRETON, ex-répétite ifr et chef 
■ de clinique à la Maison royale d’accouche- [ 

_B mens, sont les seuls.qui aient obtenus des Médailles 

aux E\positions de 1827, 1834 et 1839. 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon , il faut exiger ei-atis 
avec chaque appareil, l'Avis aux Mères, en 25 pages, qui indi¬ 
que les soins et aliméns dûs aux enfans. Les bouts de sein ei 
Libérons de Madame BRETON portent son nom. Elle reçoit des 
Dames enceintes à tout terme de la grossesse. 

4 fr. brevet d’invention. 

Exposition de 1J381 

^ MÉDAILLE D’OR. 

•CHARRIÈRE, coutelier, / 

Fabricant d’instrumens de à 
_ chirurgie, Fournisseur deU 

la Faculté de médecine de Paris, 

Rue.de FEcole-de-Médecine, 9. 
Bouts ae sein et Biberons en ivoire fflevible de 
4 à 10 fr. ’ 

Pompe simple A courant régulier sans réser¬ 
voir d'air, de 12 à 24 fr. 

Appareil du docteur Bonné pour les Cors, OEils-de- 
Perdrix, etc., de 5 à 8. fr. » 

Chacun de cés objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez Al. 
Warick, 11, Laurence Poimtnay Lane. 


F< 

ch 



Brevet d’invention. 


Médaille d'bonnenr. 


CAUTERES. 

POIS ÉLASTIQUES EIV CAOUTCHOUC, 

De LEPERDRIEL, pharmacien, rue du fauhourg: Montmartre , 78 , à Paris. 

ADOUCISSANS à la Guimauve,,SUPPURATIFS au Garou, ils doivent à leur composition et à leur élasticité 
la propriété d’entretenir les CAUTERES d’une manière régulière, exempte de douleur et des inconvéniens repro¬ 
ches aux autres espèces de pois. 

Dépôts dans toutes les bonnes Pharmacies de Paris et de la province. 


smop DE DIGITALE 

de Eabétouye, 

Pharmacien, rue Bourbon-Villeneuve, 19 . 

Ce Sirop remplace avec avantage toutes les préparations de 
digitale, et présente le mode d’administration le plus stable le 
plus commode et le plus sûr de cette plante. R n’occasionne’ja¬ 
mais de nausées ; et ses diverses propriétés, déjà egnstatées par 
une longue expérience, engagent la presque totalité des médecin? 
de la capitale à le prescrire dans les maladies du cœur dans les 
hydropisies essentielles et dans celles qui sont symptomatiques 
d’une affection du cœur; et enfin il permet d’administrer sans 
crainte la digitale dans les affections inflammatoires de la poi- 
rine, où elle agit souvent d’une manière presque miraculeuse 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 

Oe s’en gfuérlr radicalement, ainsi qne des Dairtres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de PariSj etc. — In-fio. Prix, 2 fr. 50 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Temple, 16. 


Kaïffa d’Oriemt, 

AUTORISÉ PAR DEUX ORDONNANCES DU ROI. 

^ Bien supérieur au chocolat, ce nouvel aliment, d’un goût délicieux 
d’un prix peu élevé , a été approuvé par une commission médicale ; il cc.. 
vient aux convalescens, favorise l’accroissement des enfans, guérit les gas- 
Iriles, le marasme, les coliques,’ les irritations nerveuses, et toutes les ma¬ 
ladies de poitrine, telles que rhumes négligés, phtysie, catarrhes et toux 
rebèles. 

Comme analeptique , il rétablit les forces épuisées par l’âge ou les ma¬ 
ladies. Chez Trablit, pharmacien, rue J.-J. Rousseau, 2t. 


^ Découverte..,. Prodige de la Chimie! <- 

POMMADE DU LION 


' Pour faire pousser c „ „ 

gOUiiCiLS. (Garanti infaillible.)—Prix : h fr- 
viviENNB, N» 4, au i", à côté du çassage, Colbert,m 
M. FRANÇOIS, SEUL DÉPOSITAIRE, même maisoD.—(Si 
--AVIS ; les coiffeurs, parfumeurs et aut 

de viles contreraçons sans effets sous notre tit..„„„„„ 

DEPOT CHEZ EUX NI AILLEURS. Le public doit acheter directement à l'adresse ci¬ 
ls aucune exception, pour avoir la véritable Pommade du Li 


les favoris , les moustaches et les 
pot. — Chez L’AUTEUR, à Paris, hub 
"“ lè Palais-Royal. Et chez 

ots, 20 fr.—On expédie.) 
TROMPENT en vendant 
-'AVONS AUCUN 


uessns, sans aucune exception, pour avoir la véritable Pommade du Lion composée 
paia auteur lui-meme ; 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garanties:— 
Nos potssont revêtus de la signature à la main de M. François, du cachet de l'auteur 
sUFcire rouge, et accompagnés d un prospectuS; (Se bienufther , 


SIROP CONCENTRÉ 

DE roses de provins, 

AUTORISE. Guérit en peu de jours les Pâles cou¬ 
leurs, les Pertes blanches, les Maux d’estomac; relè¬ 
ve les forces digestives et résoud radicalem’ent I- 
Phlegmasie catarrhale. — Chez Guillemaud, phar 
macien, rue St-Honoré, 271. 


MAISON DE SANÏÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 

AVENUE MARBOEUF, 1, RUE MARBOEüF, 7 , PRES LE 
CHAMPS-ELYSÉES, 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traité 
mern”" «ians cet utile établisse 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des ma- 
lades, nous citerons MM. les docteurs’Amussat, 
Blandin, Bouillaud, Carron du Villards, Dever- 
gie aîné, Emile Chevé, Civiale, Jules Cloquet 
Fievee de ;Jumont, Labarraque Ms, Leroy d’E-- 
tiolle, Lisfranc, Lugol, Marjolin, Jules Pelle- 
tan Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Sichel, 
Souberbielle, Tanchou, etc. ’ 

Le prix de la pension est modéré. 


me infaillible, tout en exagérant les souffrances et les dangers de 

la litholrilie. 

Nous saisirons cette occasion pour présenter, quelques remar¬ 
ques sur une opération de ce genre, pratiquée au mois d’août der¬ 
nier, dans la Maison de Santé et de Médecine opératoire. Parmi 
les particularités qu’a présentées le traitement du malade, l’auteur 
de la relalion qui en a été donnée (voyez Gazette des Hôpitaux, 
n» 142, page 566, 3'colonne), a noté . la grande facilité avec 
laquelle les fragmens s’arrêtaient dans le canal de l’urètre vers 
la portion prostatique, qui présentait une espèce d’infundibulum.» 
Il attribue, avec raison, à cette circonstance les nombreuses or¬ 
chites survenues pendant le cours du traitement. Le conseil qu’il 
donne ensuite de repousser dans la vessie les fragmens qui n’ont 
pas dépassé le bulbe de l’urètre, est fort sage. Quant à la meilleure 
manière de procéder pour opérer celte répulsion, elle a déjà été 
indiquée par M. Civiale. L’introduction d’une grosse sonde élas¬ 
tique, dont l'extrémité oculaire presse sur le gravier, en même 
temps qu’on pousse modérément une injection d’eau tiède, est 
un procédé dont fait usage le chirurgien que nous venons dé ci¬ 
ter, depuis qu’il pratique la lithotritie. Il l’a fait connaître dans 
plusieurs de ses ouvrages, et j’ai eu moi-même occasion de le re¬ 
commander dans différens articles de ce Journal. Le succès qu’a 
obtenu l’auteur de l’observation que nous avons sous les veux 
est une nouvelle preuve de la bonté de ce procédé, qu’ont au resté 
adopté M. Leroy (d Etiolles) et la plupart des chirurgiens. 

Nous ferons observer aussi que, lorsque l’urètre présente la 
disposition qui a été notée plus haut et que les débris de la 


pierre s y agglomèrent sans cesse, il est souvent préférable d’v 
laisser a demeure une sonde à larges ouvertures et d’emplover 
quelques autres moyens dont M. Civiale se sert avec avantage, 
un Jit ioclaste a courbure large et aplatie , et qui permet de ré¬ 
duire les fragmens presque en poussière , rend beaucoup moins 

de1a"a“L;hX graves 

Nous n]avons pas encore tout dit sur le dernier ouvrage de M. 
Uiviale ; Il nous reste à examiner la partie relative à la dissolu¬ 
tion de la pierre dans l’intérieur du corps vivant et à l’action 
des substances alcalines contre cette maladie. La manière dont 
1 auteur a envisagé et traité cet important sujet mérite une sé¬ 
rieuse atlenlipn. La position scientifique de M. Civiale et son ex¬ 
périence donnent une grande portée aux opinions qu’il a émise.s 
sur ce point : nous y xeviendrons dans un prochain article 
■ H. L. 

La séance de l’Académie des sciences du 30 décembre a été 
consacrée à la distribution des prix, à la proclamation des sujets 
proposes pour les futurs concours, et à l’éloge de M. Ampère, 
par M. Arago. 

IMous avons déjà indiqué le nom des lauréats ; nous rendrons 
compte de cette séance dans le prochain numéro. 


M. le docteur DAWFERT vient de recommencer dans son 
magnifique établissement, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Mi¬ 


chel, n» 8, un nouveau Cours préparatoire au baccalauréat 
lettres et es-sciences, ainsi qu’au premier examen de médecine 
Ce praticien, d un mérite bien connu, s’est adjoint des profes-^ 
seurs ayant f»»! leurs preuves. Les jeunes gens qui se pre^parent 
aux différentes écoles du royaume, puiseront également daL son 
beau cabinet de physique, le seul en son genre, tous les élémens 
nécessaires a 1 instruction dont ils ont besoin. 


Chez A. GARDEMBAS, éditeur, 10, rue de VEcole-de- 
Médecine. 

NOUVEAU FORMULAIRE MAGISTÆL 
Avec les Poids nouveaux et anciens en regard 
Précédé d une notice sur les hôpitaux de Paris, de généralité 
sur artde formuler; suivi d’un Précis sur les eaux minérales n 
turelles et artificielles; d’un Mémorial thérapeutique ; de IVotio» 
sur 1 emploi des contre-poisons,, sur les secours^ à donner a, 

noyés et aux asphyxiés. Enrichi de l’histoire de plusieurs méd 
camens nouveaux, tclsque l’iodoforme, le chloroforme, les ioXr. 
d’ïodbyrotes de strychnine, de morphine, les iodures et chlorur 
doubles de mercure et de morphine, les iodures doubles de fer 
^eff“™“e><lczincetde strychnine; la phloridzine, le cynîsii 

’ Par a. BOUCHARDAT, 

U. M. P., agrégé de la Faculté de médecine de Paris 
cien enchefdel’Hôtel-Dieu. Paris, un beauVo ]/,r 
plus de 700 pages. Papier fin. ® JH 18, i 


Paris, imprimerie de Béxhtoe et Pmn, rue de Yaugirard, 36. 







































Mardi 7 janvier i840. 


/Os/année.) 


“ 5, TOME Sf. â» SÉRIES 


EiU Mjancette JFramcaise» 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, 9, fr.; 6 mois, 18 tr. ; 1 an, 361». 
Départ., 3mois, 10fr.;6 mQis,20 fr.; 1 an, 407.. 

F.iranirer. 1 an, f ■“‘f' 


CliiaiIQIJES ÉTRAIVCtÊRES. 
HOPITAUX DE LONDRES. 


Bndiire de l’arrière-bouche causée par une ^rgée d’eau 
bouillanle. Suffocation. Bronchotomie. Mort. Par M. Tra¬ 
vers. 

Un enfant âgé de trois ans, habitué à boire du thé chaud, 
a pris, en l’absence de sa mère, quelques gorgées d’eau 
bouillante qu’il croyait être du thé ; il s’est Brulé toute la 
bouche et l’entrée du pharynx et de la glotte. La douleur 
a été vive ; elle a été suivie de dysphagie et de tous les 
symptômes du croup. Ces symptômes sont devenus alar- 
iiians, la suffocation surtout a pris un caractère de gravité 
extrême. La mère a conduit l’enfant à St-Barthelomew’s- 
Hospital. M. Traversâpratiqué sur-le-champ la bronchoto¬ 
mie pour remédier à la suffocation menaçante. L’enfant a 
éprouvé aussitôt un mieux très marqué, mais son état a 
empiré dans la nuit et il est mort. 

A l’autopsie on a trouvé la bouche et le fond de la gorge 
excoriés ; la cavité de la glotte rouge, couverte de mucus 
épaissi et de lymphe plastique ; la muqueuse de cet organe 
gonflée, son tissu sous-muqueux infiltré de sérosité. L’au¬ 
teur dit qu’il existe plusieurs cas pareils dans lesquels la 
bronchotomie pratiquée de meilleure heure a parfaitement 
réussi. Pour que l’opération réussisse, il faut, ajoute-t-il, , 
quelle soit faite avant que le cerveau et le poumon soient 
congestionnés. {TheLancet., novembre.) 

— Les laits de cette nature sont assez rares; ils méri¬ 
tent cependant d’être signalés à cause de leur gravité et 
du remède essentiel qui leur convient, la trachéotomie ou 

bronchotomie. 

L’autopsie précédente et une légère réflexion sur les 
•Jinptômes ci-dessus, feront aisément comprendre que les 
fets de la brûlure en question se réduisent à ceux de Tan¬ 
ne trachéale. 

Nous présumons, du reste, que la même cause agit dif- 
reminent chez les enfans que chez les personnes adultes, 
'est effectivement d’observation que des aliinens très 
lauds, plus chauds même que Teau bouillante, ne pro- 
iiisent rien de pareil. C’est que chez les adultes la mu- 
iieusebuccale se trouve déjà habituée à tolérer un haut 
egré de chaleur. Nous avons vu un de nos confrères pas- 
\r impunément sur sa langue, à plusieurs reprises, une 
grosse clé rougie au feu. On voulait nous faire croire aune 
piépaiation particulière de la langue, à l’aide de moyens 
chimiques ; il n’en était rien ; cependant, c’est que le ca¬ 
lorique de la clé s’épuisait tout simplement sur la salive et 
Tépiderme qui couvraient la surface du même organe. 

Epingle enjoncée profondément dans l'oreille ; accidens gr⬠
ces ; par M. Paul. 

• Marguerite Duff, âgée de dix-huit ans, entre à l’hô¬ 
pital eu janvier 1839, se plaignant d’un violent mal d’o¬ 
reille. Elle déclare qu’une année auparavant, en voulant 
gratter cet organe avec une épingle , elle s’enfonça pro¬ 
fondément et lui échappa des doigts. Une année s’est pas¬ 
sée sans la moindre souffrance, mais depuis quinze jours 
des douleurs lancinantes insupportables s’étaient déclj^ 
rées dans l’oreille et dans la tête, qui Tempêchaieqrîde 
prendre le moindre repos. 

M. Paul explore attentivement le conduit auditif a~ 
l’aide de tubes lumineux ; il ne découvre aucun- corps 
étranger. Cependant il croit voir une sorte de petite tache 
sur la membrane du tympan. Cataplasmes émdjfcens, 
srngsues, opiacés. Les symptômes augmentent ; l’®pm- 
nie devient alarmante. “ Çi. 

Plusieurs mois se passent dans cet état. Le 3 avri^ on 
explore de nouveau le conduit auditif ; on s’assure ^e la 
tache de la membrane tympanique est plus saillante et 
qu’elle est formée par la tête d’une épingle. On la saisit 
avec une pince et on l’extrait en la détachant de la tige 
métallique. Les symptôihes continuent. Les nouvelles ex¬ 
plorations ne font pas apercevoir le corps étranger jusqu’au 
28 mai ; alors l’épingle paraît à travers la membrane du 
tympan : on la tire. Les souffrances s’apaisent peu à peu 
et la malade guérit. {Ibid.) 

— Il est bien remarquable qu’un corps étranger de la 
nature de celui dont il s’agit ait pu rester iinpmnément 
si long- temps dans un organe si délicat. Il est probable 
cependant que les choses se seraient autrement terminées 
si le chiruigien n’avait pas été assez heureux pour Ten 
extraire. On n’ignore point les conséquences malheureuses 

ui ont suivi des accidens de ce genre ; qu’il nous suffise 
e rappeler celte observation de Sabatier,'d’un enfan): qui 
est mort des suites de la chute d’une petite boule de pA:.. 
pier mâché dans le conduit auditif. A l’autopsie, ce célèbre 
ck^irgientrouva la membrane du tympanite détruite, la 

CMsse ea suppurMiQU et le |.'0chei' nécvosé et couyert de 


pus ; le corps étranger fut rencontré au milieu de ces 
désordres. L’histoire des corps étrangers tombés, dans l’o¬ 
reille est beaucoup plus importante qu’on ne le croit com¬ 
munément ; les exemples malheureux de cette espèce four¬ 
millent dans les autialés de Tart, et pourtant beaucoup 
de médecins paraissent eux-mêmes tout aussi peu impré- 
voyans des dangers de la pratique commune de gratter le 
conduit auditif avec une épingle ou quelque autre corps 
étranger, que le vulgaire. 

Fistule vagino-abdominale. Ecentration vulcaire ; pax 
M. Stanley. 

Une jeune femme accouche de son prenher enfant avec 
beaucoup de difficulté ; le travail a duré près de deux 
jours, et le vagin a été gaiigréné sur un point par l’action 
compressive de la tête. Après la chute de l’eschare, une 
ouverture avec perte de substance est restée dans le fond 
du vagin, faisant communiquer cet organe avec la cavité 
péritonéale. Une anse d’intestin s’est engagée, et a fait 
procidence dans le vagin. On y a placé un pessaire, dont la 
présence n’a point empêché la femme de redevenir en¬ 
ceinte. 

Le second accouchement n’a rien offert de remarqua¬ 
ble. Quatre autres grossesses ont suivi cette dernière. On 
a placé de nouveau le pessaire ; la femme a tellement né¬ 
gligé cet instrument qu’il finit par s’entourer d’une sorte 
de bourrelet, et occasionner des symptômes d’étrangle¬ 
ment. 

C’est pour ce dernier accident qu’elle s’est fait recevoir 
à Bartholomew's hospital. M. Stanley extrait d’abord le 
pessaire ; il examine ensuite l’état de la fistule, dont les 
dimensions paraissaient assez considérables pour permettre 
la formation d’une procidence intestinale. Celle-ci cepen¬ 
dant ne dépassait point le fond du vagin. M. Stanley a cru 
devoir tenter une opération pour oblitérer, ou du moins 
pour rétrécir l’ouverture accidentelle ; mais il ne décrit 
point cette opération, ni les conditions particulières de la 
fistule. Malheureusement, cependant, sa tentative n’a fait 
qu’empirer Tétat de la malade ; la procidence intestinale 
a acquis le volume d’une tête de fœtus à ^ine, et s’est 
prolongée par la vulve jusqu’au périnée. Çet état était 
vraiment affreux. Le chirurgien voulait tent^ une seconde 
opération ; mais la malade s’y est refusé^ et a quitté 
Thôpital. -{Ibid.) 

—Les fistules vagino-péritonéales et en léro-vaginales ont ' 
été signalées depuis long-temps. Les faits, cependant, de 
celte espèce que la science possède sont en très petit nom¬ 
bre. Nous n’en connaissons même pas de pareils à celui-ci. 
Pour que ce mode de lésion ait lieu à l’occasion d’un ac¬ 
couchement, il faut que Teschare se déclare en haut et en 
arrière du fond du vagin : ce qui est rare; aussi voit-on 
plus souvent ces eschares communiquer avec la vessie ou 
le rectum qu’avecje péritoine. Il en est autrement quand 
la lésion est produite par un corps vulnéraal qui traverse, 
vAlicalement le vagin ; dans ce cas, cependant, la fistule 
n’est pas toujours incurable. 

On se rappelle un fait de cette nature arrivé il y a 
quelques années à Montpellier, d’une jeune personne qui, 
dans une chute de haut sur les fesses; s’est empalée par le 
vagin à travers une sorte d’échalas planté sur le lieu. Le 
^qrps est entré dans le péritoine, mais on. Ta retiré, et la 
'malade a guéri. 

Des fistules non moins graves par cette voie, sont celles 
qui résultent de l’ouverture d’un intestin dan^ le canal 
vaginal,'à la suite des causes diverses que nous ne devons 
pas examiner ici. (,e sont là des fistules stercorales plus in¬ 
curables encore que celles qu'on nomme recto-vaginales. 

Le fait dont nous venons de rapporter les détails offre 
ceci de particulier, qu’il constitue une éventration par une 
voie insolite dépourvue de sac et même de tégumens ; une 
masse énorme d’intestins sortait au dehors, et on a lieu de 
s’étonner que la malade n’ait pas succombé à une enté- 
fîle. La tumeur, cependant, était réductible; et on con¬ 
çoit qu’on pourrait, jusqu’à un certain point, s’opposer à 
l’issue des viscères à l’aide de quelque moyen mécanique. 

Hémorrhagie abdominale provenant de la trompe de FaUope à 
la suite d’une fausse couche; par M. Rarlow. 

Une jeune femme âgée de vingt-deux ans, enceinte de 
six mois, est avortée sans cause appréciable Une hémor¬ 
rhagie a suivi la fausse couche ; puis la femme a paru af¬ 
fectée de purpura.hémorrhagica, et est morte vers le cin¬ 
quième jour. A Tauiopsie on a trouvé un épanchement 
abondant de sang dans le péritoine et dans le pelvis, des 
caillots assez abondans existaient dans ces parties. Ayant 
cherché attentivemeni la source de cette héinorrhagie, on 
n’a pu découvrir aucun vaisseau lésé. 

La trompe de Fallope cependant, de chaque côté, plon¬ 
geait dans le foyer sanguin, et son intérieur contenait des 
caillots. La cavité utérine n’offrait aucun liquide, mais 
son col ét<|it bouché par des caillots sanguins. 


Ces circonstancs ont fait penser à M. Barlow que Tépan- 
cheinent péritonéal provenait de la matrice ; le sang étant 
passé de la cavité de ce viscère par les trompes, il en a 
présenté lapièce pathologique à la Société médico-chirur¬ 
gicale, où une discussion assez piquante s’est engagée à 
cette occasion. 

— M. Bright n’adopte pas l’explication de M. Barlow. 
Il croit que Tépanchement péritonéal est indépendant de 
la matrice, et que les caillots trouvés dans les trompes 
ont été absorbés par ces organes. Il n’est pas rare, dit;-il, 
de trouver du pus dans les trompes absorbé par elles dans 
le péritoine. 11 serait plutôt porté à regarder Tépanche- 
rnent sanguin comme le produit de la même cause de la 
purpura hémorrhagica. 

M. Lacock ne peut admettre que le sang puisse passer 
de la cavité utérine dans le péritoine à travers les trom¬ 
pes, leur organisation s’y opose. Un liquide contenu dans 
l’utérus file, dit-il, plus facilement du côté du col, où il 
trouve une voie ample, libre et directe. Dans deux cas ana¬ 
logues qu’il a eu l’occasion d’examiner, le sang provenait 
d’une grossesse tubaire. Du reste, il n’est pas éloigné de 
croire que le sang pur pourrait être, dans quelques cas, 
sécrété par le péritoine sans qu’on retrouve à Tautopsie 
aucune rupture vasèulaire. 

— M. Brodie n’est pas éloigné d’admettre Topiniou de 
M. Barlow. Une jeune femme qu’il a soignée d’une obli¬ 
tération vaginale, éprouvait une rétention menstruelle 
depuis long-temps ; l’utérus en était fort développé ; AI. 
Brodie lui a pratiqué la ponction par le vagin a donné 
issue à une grande quantité de sang liquide et un peu de- 
composé. La femme est morte. A Tautopsie, on a trouvé 
dans le péritoine un épanchement considérable du même 
liquide sanguinolent. Cette circoùstanee n’a pu êtr.e expli¬ 
quée que par la filtration du sang a travers les trompes. 

— M. Moore cite un fait pareil au précédent. Le sang 
s’était fait jour à travers une trompe qui a été trouvée 
rompue par le sang. 

M. Burne a vu Tun des cas dont a parlé M. Lacock et 
croit, comme ce dernier, que le sang pourrait avoir eu 
pour source une grossesse tubaire. 

— M. Wilson examine attentivement la pièce de M. 
Barlow et ne trouve rien qui puisse appuyer l’explication 
de ce dernier. 

La discussion a été close. 



ESSAI sen LA THÉRAPEOTIQIIE GÉNÉllALE DES FRACTURES 
Par Mathias Matob. 

(Suitedun» 145. —1839.) 

Pour éclaircir ce point important et l’asseoir sur des ba¬ 
ses quelque peu scientifiques, il est un moyen bien simple 
et dont je me suis empressé de faire usage : c’est tout bon¬ 
nement de chercher à y voir de près. Tous les muscles qui 
sont chargés d’imprimer quelques moûvemens à Thumé- 
rus, étant donc mis très exactement à découvert, j’ai fait 
la part de ceux qui se trouvent plus ou moins tendus ou 
relâchés dans telle ou telle position de cet os. 

Or il est évident, et au tout premier coup-d’œil, que 
l’extension complète du bras et de Tavant-bras, de ma¬ 
nière à ce que ces membres forment un angle droit avec 
la ligne médiane ; que cette extension est, de toutes les si¬ 
tuations de Thumérus, celle qui est la plus propre à tendre 
les plus nombi eux et les plus vigoureux des muscles en 
question ; que le biceps, entre autres, est mis dans un état 
fâcheux de tiraillemeut par l’extension du radius sur Thu* 
mérus; et qu’en particulier le pectoral et le grand dorsal 
sont plus violemment tendus ou raccourcis encore « lors¬ 
qu’un lien, soi-disant contre-extensif, vient presser contre 
la région axillaire. » 

Il n’est pas moins certain que la même tension générale 
aura lieu si on élève le bras et Tavant-bras le long du cou, 
et parallèlement à la ligne médiane; mais qu’on n’aura 
pas l’inconvénient grave qui résulte toujours de la pres¬ 
sion des muscles pectoral et grand dorsal par le lien sous- 
axillaire. 

Enfin il est manifeste, aux yeux de tous, que le place- 
ihent du bras le long des côtes relâche tous les vaillans flé¬ 
chisseurs bien connus, et que la flexion de Tavant-bras 
produit le même bon effet sur le vigoureux biceps. Dans 
les deux premières de ces positions respectives tout est 
donc évidemment sacrifié au relâchement des delto'ide, 
sus-épineux , sous-épineux et petit-rond ; et on a, certes, 
raison de prendre en trèsgrande considération la résistance 
considérable de muscles aussi puissans. Mais si on doit être 
aussi méticuleux en présence de ces derniers, il importe, 
pour être logique, raisonnable et juste, d’éprouver des 
terreurs proportionnelles, et par conséquent bien-autre» 
ment saisissantes en face de ces énormes masses charnu» s 
qui sont chargées de serrer le bras contre le tronc, et de le 
porter en avant et en arrière. 













- lO 


Aussi, et pour peu qu’on y réfléchisse, on ne balancera 
pas un instant à plier les procédés de réduction tout-à-faît 
en faveur de cesdernières puissances motrices, et sans s’in¬ 
quiéter le moins du monde de quelques antagonistes beau¬ 
coup plusfaibles et qu’on peut braver impunément.Comme 
il s’agit, en effet, de se décider entre deux obstacles, le 
choix ne saurait jamais être , douteux ici pour un ana¬ 
tomiste. 

Ainsi donc on pourrait donner du procédé de Mott 
l’explication suivante : 

« Grâce à leur ignorance complète des premiersélémens 
de l’anatomie, les rebouleurs ont pratiqué la réduction de 
l’humérus en faisant de l’extension et de la contre-exten¬ 
sion àleur manière, et on acru devoir les imiter. Mais cette' 
contre-extension est si nuisible sur le pectoral et le dorsal, 
que'le célèbre docteur américain a fait faire un véritable 
progrès à l’art en la mettant complètement de côté dans 
celte circonstance. Il a donc dû obtenir des succès là où 
on avait échoué avec les liens extensifs et contre-extensifs, 
surtout s’il avait l’attentioir, comme c’est probable, de flé¬ 
chir l’avant-bras. » - 

Si ces aperçus ont quelque valeur, il est clair que le pro¬ 
cédé de Mott est jugé; et que , jusqu'à meilleur avis, ce¬ 
lui que j’ai indiqué doit mériter la préférence. Il est vrai 
qu’il n'a encore, pour lui, que l’anatomie, la physiologie 
et cette mécanique, dont les principes doivent être sacrés 
aux yeux de tout chirurgien. 

Lé but essentiel, dans la réduction des fractures et des 
luxations, étant donc de placer tel ou tel muscle dans un 
état de relâchement ou d’éviter un degré trop considéra¬ 
ble de résistance de la part de tel ou tel autre, il est évi¬ 
dent que l’étude dé la myologie doit, sous ce seul point 
de vue, acquérir .une importance pratique à laquelle on ne 
•s’est pas arrêté suffisamment jusqu’ici. Rien de plus sim¬ 
ple, de plus clair et de plus précis, cependant, que le rôle 
de chaque muscle dans la réduction de chacune des pièces 
du squelette ; et c’est à l’étudier avec soin que l’homme 
de l’art doit s’appliquer, pour déterminer exactement la 
conduite qu’ilaura à tenir dans chaque cas particulier. 

Le rôle de chaque faisceau ou masse musculaire sera, 
en effet,'^ctif ou passif, d’une opposition presque indomp¬ 
table ou plus ou moins facile à surmonter, suivant que le 
praticien aura présent à la mémoire la situation, la direc¬ 
tion et les effets physiologiqués divers de tels et tels inus- 
. des prépondérans, et qu’il saura combiner les flexions du 
membre et la direction des tractions dont il croira avoir 
besoin. Ce n’est qu’en suivant cette marche qu’il parvien¬ 
dra à atténuer, éviter ou annuler les mauvais effets de la 
puissance musculaire. 

Or, ces flexions et ces tractions mécaniques, dans tel ou 
tel sens, et les résistances musculaires à vaincre, peuvent 
être exactement calculées et constituent les trois élémens 
sur lesquels doit s’appuyer le chirurgien pour soumettre, 
en quelque sorte, à la rigueur des formules mathémati¬ 
ques, tout ce qui concerne la réduction des Os luxés et bri¬ 
sés. On le conçoit de reste, puisqu’il y aura, d’un côté, des 
contractions rectales biçn déterminées; et de l’autre, tous 
les moyens antagonistes, qui ressortent des flexions et des 
tractions mécaniques, et que les uns et les autres de ces 
états opposés peuvent être soumis à des appréciations plus 
ou nioins exactes. 

Il est d’ailleurs assez probable que, dans les cas rares de 
difficile réduction, oh donnera, à l’exemple des Anglais, 
ou plutôt d’Ambroise Paré, la préférence aux poulies 
môufflées pour exécuter les tractions, attendu que ce mo¬ 
de d’agir est évidemment mieux gradué, plus uniforme et 
régulier, plus constant, plus sûr et plus facile à mettre en 
jeu, que celui par les efforts réunis de plusieurs individus 
toujours assez difficiles à discipliner. 

La Gazette médicale s’est empressée d’accueillir, dans 
quatre de ses numéros, le prolixe mémoire de M. Bonnet 
sur le traitement des fractures, et elle a fait très sagement, 
puisque le chirurgien de Lyon semblait se poser pour dé¬ 
cider, une fois pour toutes et par des expériences exactes, 
du mérite de cette grande question clinique. « Convient-il 
ou non de placer- les membres fracturés dans l’extension 
parfaite? » L’affirmative a été admise et soutenue delà 
manière la plus absolue par M. Bonnet, et la Gazette l’a 
laissé passer, sans aucune de ces réflexions dentelle ne se 
fait cependant pas faute, et qu’elle doit en effet se permet¬ 
tre, clans le but d’atténuer l’impression produite par de 
certaines doctrines. Celles du docteur lyonnais étaient 
d’autant plus dangereuses,, qu’il les avait formulées avec 
une rare assurance, et, en suite d’expériences fautives et 
sans aucune valeur thérapeutique. 

L’observation suivante déposera, du moins et très dou¬ 
loureusement, contre le'Silence de ce journal, dans cette 
circonstance, et contre la.responsabilité que son rédacteur 
a assumée sur lui, en refusant d’admettre dans ses colon¬ 
nes, les Teclificalions et les contre-éprewes que les étranges 
et vitales erreurs du chirurgien de Lyon exigeaient impé¬ 
rieusement et sans plus tarder. 

Observation. Un banquier de Vevey, M. D..., 75 ans, 
fort replet, fait une chute à peu près à la même heure 
que le président deMieville, dont il a été question à l’ar¬ 
ticle précédent. Je passerai sous silence une malheureuse 
et incroyable méprise de son chirurgien, sur la nature du 
mal, et les tiraillemens inutiles et douloureux qu’il lui a 
fait subir d’abord ; mais je dirai que, forcé d’avouer enfin 
qu’il s’agissait d’une fracture du col du fémur, au lieu 
d’une luxation, le docteur se décida pour l’extension par- 
làité du membre sur le même plan horizontal, ec pour de 
fortes tractions destinées à maintenir le pied malade au 
hiveâu de l’autre. Mais cette positionne tarda pas à deve¬ 
nir insupportable, et le malade fit appeler un jeune chi¬ 


rurgien, le docteur Làrgvier, qui conseilla l’hyponartbé- 
cie, la suspension et les deux demi-flexions, telles qu’il les 
avait vues à l’hôpital de Lausanne. 

Son ancien voulut bien consentir aux deux premières ; 
mais, se fondant sur ce qu’il a vu à Paris, sur ce qui se pra¬ 
tique généralement, dit-il, dans cette grande capitale, et, la 
Gazette médicale à la main, sur ce qui est si bien ensei¬ 
gné et appliqué à l’Hôtel-Dieudela seconde ville de Fran¬ 
ce, il insiste avec force en faveur de la position étendue 
du membre. 

Cependant les douleurs ne s’amendent point, et l’on 
supplie M. Larguier de vouloir bien éxécuter ce qu’il a 
conseillé et qui, de notoriété publique, lui a si bien réussi 
dans d’autres cas analogues. La double flexion est donc 
alors immédiatement obtenue par le simple soulèvement 
de la charnière qui se trouve sous le jarret, et, à l’instant 
aussi le plus grand soulagement est obtenu par le relâche¬ 
ment subit de la généralité des muscles. Inutile de dire 
qu’au lieu d’être couché constamment sur le dos et sans 
pouvoir se remuer, M. Dietricka eu l’avantage de se mou¬ 
voir aussitôt et en tous sens, suivant qu’il en éprouvait le 
besoin. Mais... il était trop tard ! Le principe d’une vaste 
gangrène avait eu le temps de s’établir derrière le sacrum, 
et l’infortuné vieillard mourut des suites affreuses de ce 
mal, le trentième jour après l’accident, 

Au moment où j’allais expédier cet article pour Paris, 
-j’ai eu, et à point nommé, une.de ces honnes fortunes de 
praticien et d’auteur qu’on saura apprécier avec moi. J’a¬ 
vais communiqué à quelques confrères et jeunes docteurs 
comment j’envisageais, en général, la réduction des frac¬ 
tures ; et je leur avais annoncé la marche que je me pro¬ 
posais de suivre, ainsi que le procédé que je les engageais 
â mettre en pratique pour réduire les luxations coxo-fémo- 
rales en particulier. Eh bien ! ce matin, 27 octobre, j’ap¬ 
pris, enentrantà l’hôpital, qu’on y avait apporté la. veille 
Jean-Pierre Chérix, de Bex, 46 ans, qui avait depuis dix 
jours une luxation du fémur en hautel en arrière, et qu’un 
de no.s habiles docteurs, M. Lébert, n’avait pu parvemr à 
réduire dans deux tentatives différentes qu’il avait faites. 
Je fus plus heureux, et en moins de temps que je mettrai 
à narrer le fait. , ' , . . 

Je fais asseoir Chérix sur un lit, la tête bien élevée et 
soutenue par d’épais oreillers; un drap plié en cravatte est 
passé derrière les omoplates ; les chefs en sont ramenés 
sous les aisselles, ensuite sur les clavicules, puis réu¬ 
nis derrière le blessé et confiés à un seul aide. Un second 
lien est disposé au-dessus du genou, et ses chefs sont remis 
entre les mains de deux aides. Un quatrième aide, est 
chargé de fléchir fortement la jambe ; un cinquième, de 
faire' une compression vigoureuse sur le pli de l’aine ; et, 
moi-même, me mettant à cheval sur les genoux du mala¬ 
de, je croisais les mains sous le jarret. . 

Au moment où je commandai de tirer,, de résister et 
d’appuyer, et où je m’efforçai, en même temps, de soule¬ 
ver le genou pour augmenter encore la flexion de la^cuisse 
et ramener celle-ci dans l’abduction, le basdu tronc s’éleva, 
de sorte que l’aide chargé de le fixer sur le lit, ni assez 
fort, ni assez pesant pour cette fonction, un elève, qui 
avait parfaitement saisi l’importance de la flèxion corriplè- 
te de la cuisse, se jeta précipitamment sur l’aine du côte 
sain, refoula le bassin et décida le succès par cette simple 
et prompte manœuvre. _ 

La réduction fut, en effet, si facile et si subite , qu elle 
passa presque inaperçue, et qu’au lieu du bruit dé crocq , 
je n’entendis qu’une espèce de frôlement semblable au 
frottement léger de deux feuilles de papier rime sur 

Il est assez inutile d’analyser ultérieurement ce procédé 
dé réduction ; car il est évident que la résistance est mieux 
à sa place sous les aisselles que sur les muscles de la cuisse 
et du bassin ; q'iie la position assise tend à fléchir celui ci 
sur la cuisse et à relâcher, par conséquent, tous les mus¬ 
cles du plan antérieur ; que la flexion de la jainbe, à an¬ 
gle droit, met, de même , les muscles de la région pos¬ 
térieure dans le plus grand relâchement, tout en forçant 
la cuisse à se pfier davantage encore sur lè bassin, et que 
le poids d’un et ensuite de deux aides vèrs les plis in¬ 
guinaux a maintenu, forcément, le bas du tronc sur le lit, 
pendant que je faisais tirer sur la cuisse, et que je m’ap¬ 
pliquais à augmenter encore cette même traction, en sou- 
levant le genou et en le reportant en dehors. 

Tout cela n’est-il pas simple, facile à saisir et à exécuter, 
et, surtout, conforme aux idées que nous ayons tout à la 
fois de- l’anatomie, des forces vitales ou physiologiques, et 
des lois de la mécanique appliquée au corps humain. 

Lorsqu’on a à sa disposition des aides suffisans et intel- 
ligeus, il est plus convenable de leur distribuer les div'érs 
rôles que nécessite cette réduction ; mais s’ils font defaut 
ou si l’on ne, peut pas s’y fier on pourra assez facilement 
se passer de trois ou quatre d’entre eux en s’y prenant 
de la manière suivante : 

Le lien auquel est confiée la résistance sera fixé au lit 
derrière la tête du malade ; les aines seront fortement 
pressées et assujetties contre le lit, au moyen d’un drap 
plié en cravate , et la jambe pourra être maintenue fléchie 
a l’aide d’un lien qui, des malléoles, ira s’attacher au drap- 
cravate qui passe transversalement par dessus les deux 
régions inguinales. Il est d’ailleurs si peu nécessaire de 
dépenser une grosse somme de force pour tirer sur le ge¬ 
nou , qu’un seul homme en viendra facilement à bout s’il 
a soin de s’ârcbouter, avec les pieds, contre celui du lit. 

On voit même qu’au besoin l’opérateur tout seul pour¬ 
rait suffire à l’œuvre en fixant et tendant aussi le lien in¬ 
férieur vers le pied du lit ; car aussitôt que nos quatre 
liens, sous-axillaire, le sus-inguinal, le sùs-rolulien 
et le circuin-malléolaire seront fortement tendus et 


arrêtés , il suffira à l’homme,de l’art o se mettre à ca, 
lifourchon sur les genoux du patient, pour être en mesm, 
de soulever le genou et, par conséquent, d’augmenter coj. 
sidérablement et presque à volonté la force de tractioD. 
La circonstance qui, ainsi que nous l’avons vu , n’impli, 
que le besoin que d’une très faible résistance , semble as. 
sez nous indiquer encore , qu’il est très probable qu’oa 
pourrait se passer du lien sous-axilldire , et que le s«j-ù. 
guinal suffirait, à lui seul, soit pour appliquer solidein'nt 
le bassin contre le lit, soit pour constituer par cette fbrtj 
pression, le degré de résistance jugé convenable et néces. 
saire pour faire face aux efforts de traction dans une si- 
tuation semblable. (Telle est bien la conséquence pra. 
tiqiie de ce que j’appelle la résistance, dans le traitetnem 
des luxations et des fractures ; conséquence à laquelle, 
pour le répéter encore une fois, on ne serait point arrivé 
avec l’absurde doctrine de la contre-extension. Elle est, 
d’ailleurs , une preuve nouvelle du prix qu’on doit atta; 
cher aux principes, puisqu’ils nous mettent incessamnieni 
sur la voie du perfectionnement et de la belle simplicité 
clinique. 

On voit encore, du reste, par l’observation ci-dessus de 
Chérix, et de la maniéré la plus nette, ce que devient, iü 
CHIRURGIE du moins, le nombre infini des cas, et des fait;, 
auxquels on tient si fort, à côté de leur valeur réelle; et 
ce que signifie ici, hélas ! ainsi qu’ailleurs, la quantité nié. 
itie innombrable des objets, s’ils sont vagues et sans portée, 
en face de leur qualité, si elle est incontestable et bien dé- 
terminée. 

En chirurgie! ai-je dit plus haut : c’est que. tout est 
ici subordonné à des lois connues et positives, ernpruntééi 
à la chimie, à la physique et surtout à la mécanique, et 
qu’il est assez inutile de dire et de redire cent fois qu’elle 
a pu être l’effet des leviers dans tel et tel cas donné, lors- 
que ce. même effet peut être parfaitement indiqué , pw 
avance. , 

On voit donc combien il importe en chirurgie de s’atta¬ 
cher franchement aux causes, au lieu de se traîner com¬ 
plaisamment, gauchement et sans aucune utilité, sur des 
effets évidens et suffisamment connus et appréciés par tout 
le monde. , . 

Les procédés, les opérations et les instrumens quelcon, 
ques ne feront, donc de téritables progrès en chirurgk 
qu’autant qu’on^les fera jaillir du brillant foyer des scien¬ 
ces exactes, et t^’on appellera celles-ci en garantie delem 
valeur. 

La chirurgie, pour tout dire, est un art dont toutes 1^ 
parties sont fixées irrévocablement bt be toute éternité, 
de telle sorte que ses progrès ultérieurs ( et il y eu aurj 
auxquels on ne s’attend guère ) peuvent être in,diqués d’ar 
vance par un habile mécanicien. 

La médecine, au contraire, a besoin de faits ou d’effets 
innombrables, présentés, examinés, tournés et retournés 
sans cesse et en tous sens, pour fonder son empirisme. 
Chaque jour et jusqu’à la fin des siècles peut et doit |uç 
apporter quelque léger secours, quelques faibles traits df 
lumière ; car rien, absolument rien ne sera jamais terminé 
chez elle. ÿ- 

La chirurgie doit donc être envisagée comme ce qu’il jf 
a àe. Jîni ou de parfait dans l’art de guérir ; et la médecine 
comme ce qui est et sera, à tout jamais, imparfait et infini:’ 

Ces distinctions sont importantes , sinon pour fixer di 
vain rang entre deux sœurs ju nielles, mais pour indiquer 
nettement le terrain sur lequel les médecins et les chirur¬ 
giens doivent établir leur marche, vers le progrès. 

Cette allure diffère du tout au tout, puisque. Je ne sacEri 
ràis assez le redire, les uns ne dolven,t s'e diriger què d’à-- 
près des causes bien connues, et que les autres n’ont d’au¬ 
tre boussole cÿx&.Ass effets.possiÙes, probables, et inalheu- 
reusement toujours très incertains. . , 

J’ai cru cette digression à sa vraie place pour faire mieux 
ressortir ma première proposition ; elle pourra d’ailleuri 
servir à la compléter. i 

Art . y. — De la réduction et de la coaptation des fractures, 

Lorsque les flexions et les tractions dont je-viens de 
parler sont convenablement et simûltanéinent faites , le 
membre où il existe une fracture reprend assez générale-^ 
ment sa forme, sa direction et sa longueur normales, c’est- 
à-diré que les fragmens se mettent spontanément dans uQ 
rapport mutuel plus ou moins exact et tel qu’il importg 
de les maintenir invariablement jusqu’à leur parfait^ 
sonsolidation. ( Si l’os cassé peut être facilement atteint 
avec les doigts, ceux-ci devront chercher à favoriser un^ 
coiaptation plus précise des fragmens, par de douces ej 
pijudentes pressions ; mais il convient d’éviter celles-cj 
lorsque les parties molles sont si douloureuses et telle¬ 
ment tuméfiées que toute tentative de replacement vio-., 
lent serait nuisible et surtout incertaine. , 

On ne donnera, en effet, rien au hasard, et on se con¬ 
tentera donc alors de faire en sorte que le membre soit 
ai|ssi égal que possible à l’autre. On s’appliquera essentieh, 
lebient à le niaintenir tel et à rendre les fragmens parfai¬ 
tement immobiles, sauf à revenir plus tard à quelques 
légères modifications dè l’appareil lorsqu’on pourra lé 
faire impunément et avec une entière connaissance de 
eptase. L’expérience autorise effectivement l’opérateur à 
rrtnédier par une coaptation secondaire et plus exacte, 
quoique tardive, et par de nouvelles combinaisons des 
agens contentifs, aux imperfections gui lui seraient échap^' 
pées et aux à peu près de la première réduction. 

Il aurait donc grand tort de ne pas profiter de ce pré¬ 
cieux avantage, d’autant qu’il peut être obtenu sans trop 
de difficultés et même au bout d’un temps assez long.fftais 
le tort du praticien serait impardonnable si, dans toutes 


















ca, ]es circonstances où les données manquent pouivpouvoif 
sut, juger sainement des rapports respectifs des fraginens et 
cou, de fappareil mis en œuvre ainsi que dé l’effet précis de ce 
ioD dernier, il s’avisait néanmoins d’eininaillotér le membre 
iplt définitivement. De cette manière il se priverait irrévoca- 
as. blemcnt des moyens d’apprécier l’état ultérieur ou ëven- 
l’oa luel de l’os et de ses agens contentifs, et de n’en avoir une 
-k connaissance positive que lorsqu’il serait trop tard pour y 
mut ,.emédier au besoin. C’est cependant ce qui ne doit pas 
t)rt( manquer d’arriver avec tous les appareils inamovibles, 
ces. Je renvoie à l’article VII, sur les Agens propres à la 
si. contention, quelques détails importans qui semblent ap- 
>ra. partenir au sujetactuel, et qui seront mieux compris plus 
leni bas. 

:11e, 

rivé Art- Vf- — réclament, dans toutes lesJraelu- 

esi, res, les organes qui les aooisinent et qui sont étrangers à 
tta; Vos. 

'cni , 1 1. • 

ci(( En prenant, pour type du traitement des le.sions trau¬ 
matiques des os , la conduite que doit tenir le chirurgien , 

1 de lors d’une fracture du crâne, nous remarquerons, en effet, 

, îs que, s’il ne prend guère en considération l’état pathologi- 
its, nue de cette boîte osseuse', en revanche il ne néglige 
ei nen de tout ce qui peitt et doit calmer l’irritation des 
nê. parties qu’elle contient, dissiper leur engorgement et pré-' 
tée venir les désordres variés auxquels les exposent infailli- 
dél blement, et l’état de l’os qui vient d’être fracturé, et l’effet 
violent de la cause vulnérante. II se garde bien, surtout, 
e« de les charger de corps durs, de les presser rudement sous 
de lourds appareils, de lés soustraire imprudemment et 
ei pendant plusieurs semaines , non seulement à la vue et 
:11e , au tact, mais encore à l’action des moyens reconnus les 
lis- plus propres à venir à leur secours'. Il a , au contraire j 
vat riiitime conviction , que tout le secret de l’heureuse is- 
, sue du mal dont le traitement lui est confié , consiste à 
ta- , faire , en quelque sorte , abstraction complète de l’état de 
ni- l’os, pour ne s’occuper, presque exelusivement, que de 
les -celui de ses annexes et de son entourage. Il se conduit, en 
iqt un-mot, comme il ferait s’il avait à traiter, partout ail¬ 
leurs , des lésions plus ou moins graves, et qui ne seraient 
n. accompagnées d’aucune solution de-continuité du côté de 
l’appareil osseux. Telle est la règle qu’indiquent la science 
ü- ,et la raison, et qu’on a mallieureusemeut trop méconnue 
ut et trop souvent enfreinte jusqu’ici. ‘ 

•- Que fait-on, en effet, et presque partout ? Précisément 
tout l’opposé ; c’est-à-dire qu’on ne semble préoccupé que ' 
i, de la fracture seule, qu’on dirige tous ses efforts contre 
r* cette affection comme si elle était unique, qu’on ne s’in- 
’ar quiète nullement de ce qui se passe sur les tissus ambians, 
et que non-seulement on va jusqu’à se mettre hors d’état 
lis de surveiller ceux-ci et de leur veiiir en aide au besoin, 
es mais encore qu’on les traite brûtajeinent et au rêbours 
ift ce qu’on ferait s’il n’existàit pas de fracture dans leur voi- 
ÜÇ sinage. Le traitement exclusif de cette' dernière, voilà le 
1* point de mire important du praticien ; et pourvu qu’il soit 
^ «teint, fût-ce même avec les corps les plus durs, avec les 
moyens les pins antipathiques à la situation complexe 
J qù’ona sôus les yeüx, peu importe, l’homme de l’art est 
iH satisfait. et chacun de s’écrier avec lui : Advienne que 
. pourra!!! , , , j 

in Mais, je me trompe, il existe au contraire une ecole de 
et praticiens très distingués en France, en Allemagne, en 
it- Angleterre, etc., et qui professent hautement cette doc¬ 
trine nouvelle à laquelle les a conduits sans doute l’ofaser- 
h vation de faits malheureux : « Qu’il y a danger imminent 
i-j d’exposer les parties molles aux cbaucqs fâcheuses qui ré- 
i- sultent toujours pouf elles de l’applicajion intempestive des 
i-s appareils.; qu’il importe donc, et avànt tout, de donner à 
ces parties des soins éclairés et de les traiter d’abord avec 
ly tous les moyens convenables et sans aucun égard à la dé- 
r» plorablè position qu’ont les fraginens, ni à celle, plus per¬ 
nicieuse encore, qu’ils pourront prendre et garder ; qu’il 
I faut attendre, en conséquence, avant de s’occuper de la 
», fracture proprement dite, ayant de la réduire et de la 
maintenir definitivement réduite à l’aide des agens inéea- 
iê niques qu’elle réclame;-qu’il faut attendre, dis-je, que'la 
le réaction vitale et toutes ses graves conséquences aient été 
f préalablement vaincues par les diverses médications qu’in- 
tii diquent l’expérience et la sagesse ! ! 

Autre extrême, autre source de fatales erreurs ! Vous 
g figurez-vous un chirurgien qui, voyant et sentant les deux 
s: bouts d’une grosse pièce de bois ou de métal qui serait en- 
it' foncée au milieu des tissus divers qui composent la cuisse, 
î par exemple, et qui, pouvànt la faire disparaître d’un jcm/ 

T tour de main, s’aviserait ou s’amuserait à ne l'enlever que 
jî lorsqu’il aurait longuement combattu les désordres tiais- 

• fans, que la présence même de ce corps entretiendrait? 

^ Tel est bien, cependant, le point de vue scientifique et 
technique sous lequel il convient d’envisager une prati- 

• que aussi étrange. Non pas que j’ignore, qu’il est assez 
f inutile, pour la consolidation définitive des fraginens entre 
t eux , qu’ils soient mis en rapport exact, immédiatement 

• et dès les premiers inomens après l’accident , mais qu’on 
s peut, au contraire, renvoyer la rédüction de plusieurs 
^ jours et, peut-être, de plusieurs semaines, sans trop com- 
’ promettre la fœ-mation du cal provisoire, Si j’insiste 
» pour une réduction, aussi prompte que possible, c’est 
f pnxe qu’ellcprévient des accidens nouveaux, qu’elle place 
> toutes les parties lésées dans leur état normal, qu’elle 
^ simplifie le traitement ultérieur, qu’elle satisfait l’atteiite 

qt l’impatient désir du blessé lui-même (1), et, avant tout, 

• qu’elle ne présente aucun inconvénient quelconque. 


'(1) On conçoit sans peine la différence de l’effet sur le moral 


Ah ! sans doute, s’il était impossible de faire marcher de 
front les deux ordres de traitement; s’il fallait à tout prix 
prendre parti pour l’un aux dépens de l’autre j et s’il était 
indispensable de braver les périls que présente nécessaire¬ 
ment l’adoption exclusive de l’un, alors la question chan¬ 
gerait de face et il n’y aurait pas à balancer. Il faudrait se 
décider pour la dernière de ces alternatives, car elle pré¬ 
sente à coup sûr beaucoup moins d’inconvéniens que la 
marche qu’on suit assez généralement, et contre laquelle 
s’élèvent à bon droit les ob.servateurs les plus judicieux. 

Mais, grâce au ciel, nous n’en sommes plus réduits là, 
et l’art possède aujourd’hui des moyens faciles et sûi's de 
réaliser les vœux de la science et de l’humanité, en cumu¬ 
lant les deux modes de faire. Il dépend du chirurgien, en 
effet, d’appliquer aux fractures des extrémités, le système 
qu’il suit Ordinairement, pouf celles du crâne et d*autreS 
parties analogues du squelette ; de fixer les fraigmens des 
os longs d’une manière tellement inoffensive, solides ce¬ 
pendant, et si favorable, en même temps, à leur future 
réunion, qu’il pourra hardiment les passer dès-lors sou» 
silence, et les perdre impunément de vue, pour se vouer 
presqu’entièrement aux exigences essentielles des tissus 
mous environnans. 

(La suite à un prochain numéro.) 



CBROfViaUEi* 

STATISTIQUE DES EMFOISOIVIVÉS EN ANGEETEREE DURANT 
L’ANNÉE 1839. 

Sir Robert Inglis, membre de la Chambre , a fait publier un 
rapport général authentique des cas d’empoisonnemens mortels 
constatés par les actes judiciaires aux différentes assises d’Angle¬ 
terre, sur les rapports des hommes de l’art, pendant l’année 
1839. • 

Ce relevé ne donne rien moins qu’uii total de 543 suicides et 
crimes ; relevé effrayant, et qui ne peut s’expliquer que par la mi¬ 
sère extrême qui règne dans les classés inferieures et par la faci¬ 
lité avec laquelle les pharmaciens délivrent en Angleterre les 
poisons sans ordonnance de médecin. La plupart de ces malheurs 
se rapportent à des suicides volontaires ou accidentels, ou bien 
à des actes d’aliénation mentale On y voit plusieurs exemples 
de malheureuses mères qui ont empoisonné leurs eufans avant 
d’avaler elles-mêmes le poison. 

Dans le chiffre ci-dessus on compte 2G1 femmes, 282 hommes. 
Dans ce nombre figurent aussi huit médecins qui, chose remar¬ 
quable, se sont tous, moins un, suicidés avec l’acide prussique. 

Une circonstance plus douloureuse encore, c’est d’y trouver 
186 enfans, presque tous à la inamelle, victimes pour la plupart 
du laudanum ou de l’opium, qu’une habitude funeste permet aux 
mères en Angleterre d’avoir en provision. 

Parmi les chiffres relatifs à la nature des poisons employés, fi¬ 


gure en première ligne l’arsehic, 181 cas. 

Vient ensuite le laudanum , 131 

Puis l’opium, ' 42 

Acide sulfurique, 32 

— hydrocyanique, 27 

— oxalique, ' 19 

Sublimé corrosif, 12 

Huile essentielle d’amandes amères, 4 

Noix vomique, 3 

Colchique, 3 " 

Belladone, 2 

Acétate de morphine , 2 

Tartre stibié, 2 

Strychnine, 2 


Ellébore, nitrate d’argent, sels de plomb , cantharide, acide 
nitreux, bichromate de potasse, etc., un ou deux cas de chaque. 

La plupart de ces cas n'onf point été traités, ou bien ils ne 
l’ont été que d’après la désolante routine qu’un esprit de coterie 
révoltant entretient an détriment de la société. N’est-il pas dé¬ 
plorable de voir autour de nous un groupe d’individus intéressés 
à servir leur patron, qui ont accès dans les colonnes de la presse, 
se mutiner en quelque sorte, se donner le mot d’ordre, et chercher 
vainement à étouffer des vérités importantes au-délriment de la 
justice, de la science et de la vie de nos semblables. 

Les hommes clairvoyans ne seront pas dupes de ce monopole 
dégoûtant, et quelques-uns de ces instrumens intéressés qui pren¬ 
nent une part active dans une cause qui n’est pas de leur compé¬ 
tence, devraient bien tourner leurs regards sur eux-mêmes. 



Académie des Sciences. — Séance du 30 décembre. 

Concours pour les prix de médecine et de chirurgie de la 
fondation MonUiiyon. — L’Académie a reçu, pour ce concours, 
quarante-deux ouvrages manuscrits-ou imprimés, et la' commis¬ 
sion en a ajouté deux autres. 

Parmi ces ouvrages, l’Académie en a distingué cinq. 

En premier lieu , elle a porté son attention sur les ouvrages 
qui traitent d’une maladie peu connue des anciens , et que l’on 
désigne sous les noms de maladie de Bright, ôl Albuminurie ou 
de Néphrite albumineuse. M. Bright, de Londres , est le pre¬ 
mier qui ait bien reconnu ses caractères et signalé les rapports 
qui lient les altérations morbides des reins à l’bydropisie, d’une 
part, et dé l’autre , à l’état albumineux des urines , qui en sont 
les compagnes les plus ordinaires. 

Ce rapport établi, il restait à distinguer avec précision les 
variétés nombreuses des lésions anatomiques des reins, celles 
moins tranchées qui se remarquent dans l'hydropisie, et l'élat 
albumineux des urines : trois groupgs de phénomènes dont la 
réunion la plus fréquente constitue cette espèce de maladie. 


d'un blessé lorsqu’il se trouve en présence d’une réduction con¬ 
sommée, ou de la conviction fâcheuse qu’il est atteint d’une frac¬ 
ture grave et à laquelle on n’ose pas toucher, et tout à la fois de 
la perspective, non moins pénible et qui peut durer dix à quinze 
jours, d’une opération plus ou moins redoutable et qu’il faudra 
.nécessairement subir. 


Le degré de perfection auquel est parvenu en France le diag¬ 
nostic de cette affection , est dû principalement à MM. les doc¬ 
teurs Rayer et Martin Solon. L’un (M. Rayer), qui a dirigé plus 
particiilièrement ses vues sur les altérations des reins, lui a donné 
le nom de néphrite albumineuse ; l’autre (ftl. Martin Solon), qui 
a fait une étude plus approfondie des urines, l’â nommée albumi¬ 
nurie ; tous les deux, par les observations nouvelles qu’ils ont 
faites, et les remarques judicieuses dont ces observations sont 
suivies, ont heureusement placé leurs noms à côté de celui du 
médecin anglais, en ce qui concerne cette maladie. 

Dans l’organisation humaine, oh tous les actes se lient, Sè coor¬ 
donnent les uns les autres, on est toujours porté à se demander si 
le sang reste étranger à des dérangemens aussi profonds que ceux 
qui caractérisent la néphrite albumineuse. 

Quoique nos moyens d’investigation ne soient pas aussi par¬ 
faits pour déterminer la part plus ou moins active qne peut y 
prendre cê fluide, un fait important semble néanmoins nous met¬ 
tre sur la voie : c’est celui de la présence d’une matière analo¬ 
gue à l’urée dans le sang des malades atteints de la néphrite al¬ 
bumineuse. 

Si la présence de l’urée, constatée par MM. Proust, Boslock, 
Christison et divers autres observateurs, vient à se confirmer par 
d’autres observations et de nouvelles expériences. ce fait serait, 
comme on le voit, la répétition de celui qu’ont obtenu MM. Pré¬ 
vost et Dumas par l’ablatiou des reins chez les animaux. 

En conséquence de ce qui précède, la commission proposé 
d’accorder, à litre d’encouragement, une médaille en or de la va¬ 
leur de 1,500 ff. à chacun des trois médecins précités : 

1“ M. Bright; 2»M. Martin Solon; 3“ M. Rayer. 

En second lieu, la commission a remarqué le Traité pratique 
des Maladies vénériennes, de M. Ricord. 

La commission propose d’accorder au docteur Ricord une mé¬ 
daille en or d’encouragement, delà valeur de 1,500 fr., pour 
l’appréciation plus exacte de la symptomatologie des maladies vé¬ 
nériennes que renferme son ouvrage, ainsi que pour lés indica¬ 
tions, mieux précisées qu’on ne l’avait fait avant lui, sur l’emploi 
des préparations mercurielles dans leur traitement. 

En troisième lieu, la commission propose d’accorder à M. Mar¬ 
tin, à tilre d’indemnité, la somme de 1,000 fr., pour les perfec- 
tionnemens importans qu’il a apportés à une jambe mécanique. 

La commission a vu encore avec intérêt les Mémoires de MM. 
Üieffenbach, Pravaz, Bouvier et Guérin sur la section des mus¬ 
cles pour le traitement du torticolis ancien ou récent, mais elle a 
pensé que l’expérience n’avait pas encore prononcé suffisamment 
sur celte méthode de traitement. Il en est de même du travail de 
M. Amussat sur l’entrée accidentelle de l’air danj les veines. 

Concours pour le prix de physiologie expérimentale.— La. 
commission a jugé qu’il n’y avait pas lieu à décerner le prix. 
Deux Mémoires, l’un de M. Amussht, l'autre de M. Foucaud, ont 
été réservés pour un prochain concours, les faits qu’ils annoncent 
n’ayant pu être vérifiés par la commission. Une mention honora¬ 
ble est accordée à l’ouvrage du professeur 'Wagner sur l’qvologie, 
et des encoufagemens au Mémoire de M. Deschamps'sur la tuni¬ 
que du cœur. 

Concours pour le prix relatif aux arts insalubres. — Sur le 
rapport de sa commission, l’Académie a décerné ^ 1“ un nouvel 
encouragement de 2,000 fr. à M. CastCra, pour ses travaux relatifs 
au sauvetage des naufragés et à la création de la société des nau¬ 
frages ; 2“ un encouragement de 600 fr. à MM. Ajasson de 
Grandsagne et E. de Bassane pour une mèche de sauvetage, qui 
donne les moyens de s’éclairer pendant quelques inslaos dans 
une cavité envahie par l’acide carbonique. 

— Prix relatif à la vaccine. — L’Académie rappelle encore 
qu’elle a proposé pour sujet d’un prix de 10,009 francs, qui sera 
décerné, s’il y a lieu, dans la séance publique de 1842, la ques¬ 
tion suivante : 

« La vertu préservative de la vaccine est-elfe absolue, ou bien 
ne serait-elle que temporaire ? 

» Dans ce dernier cas, déterminer par des expériences préci¬ 
ses et des faits authentiques le temps pendant lequel la vaccine 
préserve de la variole. 

.» Le cow-pox a-t-il une vertu préservative plus certaine ou 
plus persistante que le vaccin déjà employé à un nombre plus ou 
moins considérable de vaccinations successives^ 

» En supposant que la qualité préservMive du vaccin s’affai¬ 
blisse avec' le temps , faudrait-il le renouveler, et par quels 
moyens ? 

« L’intênsité plus ou jnoinS grande des phénomènes locaux du 
vaccin a-t elle quelque relation avec la quatilé préservative de la 
variole ? ■ 

» Est-il nécessaire de vacciner plusieurs fois une mémé per¬ 
sonne, et, dans le cas de l’affirmative, après combien' d’années 
faut-il procéder à de nouvelles vàccinatiohs ? « 

Les mémoires devront être remis au secrétariat de l’Aèadémie 
avant le 1«' avril 1841. Ce terme est de rigtieuf, 

— Prix fondé par M. Manni. — M. Manni, professeur à l'u¬ 
niversité de Rome, ayant offert de faire les fonds d’un prix spécial 
de 159» francs, à décerner par l’Académie, sur la question des 
« Morts apparentés et sur les moyens de remédier aux aCcidens 
funestes qui en sont trop souvent les conséquences; » et le roi, 
par une ordonnance en date du 5 avril 1837, ayant autorisé l’ac- 
'■ ceptalion de ces fonds et leur application au prix dont il s’agit : 

L’Académie avait proposé, en 1837, pour sujet d’un prix qui 
devait être décerné dans la séance publique de 1839, la question 
suivante: 

■ Quels sont les caractères distinctifs des morts apparentes? 

» Quels sont les moyens de prévenir les enterremens préma- 

L’Académie a reçu sept mémoires manuscrits. Plusieurs d’en¬ 
tre enx ont paru renfermer des vues utiles, mais que l’expérience 
n’a pas encore suffisamment justifiées. 

En conséquence, elle remet le prix sur les « morts apparentes,» 
à l’année 1842. 

L’Académie espère que dans le cours de ces deux adhées, le» 
auteurs auront le temps nécessaire pour donner à leur travail le 
degré de perfection que réclame un sujet aussi important. 

Les mémoires devront être remis au secrétariat de l’Institut 
avant le 1" avril 1842. 

— La séance est terminée par l’éloge historique de fêtt M. Am¬ 
père , par M.Arago. 


CONCOURS TOUR LA CHAIRE DE PATHOLOGIE EXTÉRNE A 
MONTPELLIER. 

Seconde (.preuve orale, , , ,, 

M. Alquié a eu des-hernies en général. H s’est livré à des 



















— 12 — 


cOosidératioDS de localité qui ont pois beaucoup de temps, et ne 
lui ont pas permis d’embrasser toutes les généralités des hernies. 

— M. Buisson, dans sa question des plaies des artères, a fait 
preuve de connaissances étendues et d’une érudition brillante ; il 
s’est tenu à la hauteur de sa position, quoiqu’on puisse lui re¬ 
procher quelques considérations physiologiques un peu trop lon¬ 
gues et qui reparaissent dans chaque leçon. M. Buisson manque 
de pratique, ce qui est un grand malheur pour une chaire de pa¬ 
thologie externe, où les phrases harmonieuses ne suffisent pas. 

— M. Caifort est un praticien distingué, dont la première 
épreuve orale avait été écoutée avec un grand intérêt, Dans celle- 
ci, sur les plaies des articulations, la parole lui a manqué après 
vingt minutes. Il est juste de dire que M. Caffort était très souf¬ 
frant avant de monter en-chaire. 

—. M. Batigne avait a. Iridiev des tumeurs blanches. Il s’en 
est acquitté d’une manière heureuse ; n’oubliant rien, groupant 
avec beaucoup d’art les différentes opinions, et établissant des 
corollaires pratiques du plus grand intérêt ; on voyait l’homme 
qui a passé tou^e sa vie dans les hôpitaux. 'l?out ce qu’on pour¬ 
rait désirer, c’est un peu plus d’animation dans la parole. 

— M. Franc a été élevé à l’école d’un grand maître ; il a fait 
une leçon, dont les auditeurs tireront profit, sur les eorps étran- 
gers introduits accidentellement dans les organes respiratoires 
et digestifs. Quoique la question soit trop longue, le candidat a 
su en coordonner tous les détails et les présenter de la manière 
■ ' la plus favorable. C’est, sans contredit, une des meilleures leçons 
du concours. 

— M. Andrieu, en traitant de l’anévrisme au poitit de vue 
chirurgical, a montré qu’il possédait fort bien son sujet ; il est 
dommage qu’il ne puisse pas l’exposer de même. 

— Nous ferons la même remarque pour M. Vailhé. Il s’agis- 
. sait de la carie et de la nécrose. M. Vailhé est connu à Mont¬ 
pellier pour un bon opérateur, mais il ferait bien de renoncer aux 
concours; il cherche toujours le mot, et il lui arrive souvent de 
ne pas le trouver. 

— C’est tout le contraire pour MM. Jaumes et Lafdsse. Le pre¬ 
mier devait parler des maladies chirurgicales du rectum ; le se¬ 
cond, desfausses articulations. Il y a eu un peu de vague dans 
la manière de faire de ces deux candidats ; il était fatile de re¬ 
connaître que leurs connaissances théoriques ne se rattachaient 
pas à des principes positifs. La pratique est trop négligée par les 
jeunes médecins qui se destinent à la lutte pénible des concours; 
aussi leurs leçons s’en ressentent. C’est ainsi qu’il serait impossi¬ 
ble d’avoir une idée exacte de ce qu’il faut entendre par fausse. 
articulation, après la leçon de M. Lafosse, qui présentait un dé¬ 
cousu déplorable. Notre jugement est peut-être un peu sévère 
pour MM. Jaumes et Lafosse, parce que la critique doit être d’aiç- 
tant moins indulgente que les candidats promettent davantage. 

En résumé , les candidats qui se mettent en première ligne 
sont MM. Batigne, Franc, Buisson et Andrieu. 

Les thèses ont été rendues le l" Janvier. Je tiendrai les lec¬ 


teurs de la Gazette des Hôpitaux au courant de ce qui se pas- 



CONCODRS POUR l’internat A MONTPELLIER. 

Ce concours se compose de quatre épreuves , 

1“ Une épreuve écrite : des luxations spontanées sous le rap¬ 
port médico-chirurgical. 

a» Une épreuve orale d’anatomie : anatomie de la région in¬ 
guinale. 

3° Une épreuve orale de pathologie externe : des maladies des 
voies lacrymales. 

4“ Une épreuve pratique: appliquer le bandage pour la frac¬ 
ture du péroné et le spica de l’aine. 

Les épreuves orales sont d’un quart d’heure. 

Ont été nommés : MM. Bourelli, à l’hôpital Saint-Eloi; Pa¬ 
tron, à l’Hôpital général ; Suzeau, au dépôt de police. O. E. 


Concours pour la destruction de l’empirisme. 

La société vétérinaire des départemens du Calvados et de la 
Manche décernera, dans la séance générale qui se tiendra à 
Bayeux le 2 novembre 1840, une médaille d’or de la valeur de 
200 fr. à l’auteur du meilleur mémoire sur les moyens d'arrêter 
les progrès toujours croissans du charlatanisme, et d’empêcher les 
empiriques, maiges, sorciers et soi-disaut guérisseurs d’animaux, 
sous quelque dénomination que ce soit, d’exercer sans autorisation 
la médecine vétérinaire. 

Ce Mémoire devra renfermer non-seulement des renseignemens' 
suffisans pour que le ministère puisse au besoin y trouver les ma¬ 
tériaux nécessaires a un projet de loi sur la matière, mais encore 
l’organisation de la médecine vétérinaix'e civile. 

; Les membres titulaires de la Société sont seuls exclus du eSn- 

Les mémoires devront être adressés franco au secrétaire de la 
Société, à Bayeux, avant le 1" septembre 1840. Ils porteront en 
tete une épigraphe ou une sentence qui sera répétée dans un 
billet cacheté et signé lisiblement par l’auteur. Ce billet accom¬ 
pagnera l’envoi du Mémoire. 

La Société se réserve le droit de publier à son choix les Mé¬ 
moires qui lui seront envoyés. 

La Société vétérinaire ayant acucilli à l’unanimité la présente 
proposition dans sa séance du 3 novembre i839, a résolu qu’une 
copie en serait adressée, par les soins du secrétaire, à toutes les 
Sociétés d agriculture de France, à tous les rédacteurs de jour-' 
naux qui s’occupent de médecine vétérinaire, en les invitant de 
donner place à cette proposition dans leur journal; enfin d’em¬ 
ployer tous les moyens de publicité que le président et le secré¬ 
taire jugeront convenables. {Journal des Haras.) 


Académie de Médecine. — Séance du 30 décembre. 


NOMINATIONS DES MEMBRES DBS COMMISSIONS PERMANENTES. 

Commission des eaux minérales. MM. Pâtissier, BouillauJ 
Vaccine. MM. Emery, Gauthier de Claubry. 


Remèdes secrets. MM. Martin Solon, Hamâ. 

Epidémies. MM. Dupuy, Chervin. ' 

Statistique. MM. Renoult, Fréd. Dubois. 

Comité de publication. Bousquet, Bouvier, Bérard, Jolv î«. 
canu. > J>Li. 


M. Emue CHEVÉ, d.-m.-p., commencera l’étude des artico 
lations vendredi prochain , 10, à quatre heures , dans son aa 
phithéatre^, rue de la Harpe , 90 , et celle du système nervem 
le meme jour, à onz'e heures, à l’Ecole pratique, dans l’am' 
phithéâtre, n. 3. i 


M. CHASSAIGNAC étant sur le point de terminer la 2'parlii 
de son Cours (muscles et aponévroses), commencera incessam. 
ment la 3® partie comprenant la splanchnologie. 


La Nenifists Medicale est complète, les trois dernières satire, 
viennent d’etre publiées en'même temps ; les sujets en sont : 
Le Conseil royal de l’Instruction publique ; — l'Institut ■ 
Les Lazarets et les Quarantaines ; ’ 

Et enfin les Adieux. 

La réimpression des satires qui étaient épuisées permet de li. 
vrer 1 ouvrage entier aux personnes qui en feront la demande. 


FORMULAIRE DES MÉDECINS PRATICIENS, 

Contenant les formules des hôpitaux civils et militaires de Pari* 
de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Angleterre dt 
la Russie, de la Pologne, etc., ' ’ 

avec les anciens et les nouveaux Poids décimaux; 
Précédé de l’Examen et de l’Interrogation des malades, d’m 
Mémorial raisonné de thérapeutique, des Secours à donner aiii 
empoisonnés et a,ux asphyxiés, de la Classification des médica- 
mens d’après leurs effets thérapeutiques , d’un Tableau des 
substances incompatibles, de l’Art de formuler, etc. 

Par le Docteur FOY, pharmacien en chef de l’hôpital des 
Vénériens de Paris. 

Troisième édition entièrement refondue. Un beau vol. in-18 
papier velin satiné. Prix, 3 fr. 60 c., eï franc de port, ih.-l 
A Paris, chez Germer Baillière, rue de l’Ecole-de-Médecine ir 


NÉMÉSIS MÉDICALE, 

■ RECUEIL DE SATIRES, 

Ü Par un Pbocéen. 

La Némésis médicale forme un ouvrage ubiqne en son genre. 
Outre le mérite spécial de la versification , on y trouve l’appré¬ 
ciation des.diverses théories et systèmes, des diverses méthodes 
de traitement, et un jugement motivé sur les hommes et sur leurs 
actes. C’est en plus de huit mille vers, et dans le cadre le plus 
varié, une histoire complète de la science sous le point de vue 
de la pratique et de l’enseignement. 

La Némésis médicale est jugée; elle restera comme un exem¬ 
ple de difficulté vaincue et d’union intime de la science et de la 
poésie. H n’est pas un médecin éclairé qui ne tienne à placer dans 
sa bibliothèque un ouvrage dont le succès a dépassé toutes les 
prévisions. 

La Némésis médicale se compose de vingt-quatre satires de 
trois cents vers chaque environ ; voici les titres des satires • 

14' Les Charlatans. 

16'Les Spécialités: 

16' Les Sages-Femmes. 

17' Les Hôpitaux et les Clini¬ 
ques. 

18' La Responsabilité médicale. 

19' Le Magnétisme Animal. 

20' La Phrénologie. ' 

21' Les Pharmaciens. 

deDupuytren, 22' Le Conseil royal de l’Ins- 
’ ■ Iruction publique. L’Ins¬ 

titut. 

23' Les Lazarets et les Qua¬ 
rantaines. 

24' Mes Adieux. Conclusion. 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 

De s’eu gfoérlr radicalement, ainsi qne des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. — In-8“. Prix', 2 fr. 60 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Temple, 16. 


1" Introduction. 

2* L’Ecole. 

3' L’Académie. 

4' Souvenirs du Choléra. 

■ 5' M. Orfila. 

6' Le Conoours. 

7' Les Examens à l’Ecole. 

8' La Patente et le Droit d’e¬ 
xercice. 

9' LesObsèqui 
10' L’Homœopathie. 

Il* Les Professeurs et les Pra¬ 
ticiens. 

12' Les Etudians en médecine. 

13* Réveil. — Ecole. 

Prix des vingt-quatre satires : Pour Paris, 10 fr,; pour les dé¬ 
partemens, 11 fr. 20 cent. —On trouve la Némésis Médicale au 
Bureau de la Gazette des Hôpitaux, rue de Bussy, 13, et chez 
tous les libraires. 

— Depuis quelque temps on iie pouvait livrer des col- 
ections entières, plusieurs livraisons étant épuisées ; elles 
viennent d’être réimprimées. 


gg^RQBATION, de la Faculté de MEBEfim 

ÇA,CHOCOLAT -FERRUGINEUX 

c OliME X - E» A"A iOE : , 
Pharmacien t'Kue. S:rr.Mérr 5 , NÇ12. A PARIS. 


Son goût eist trèm agréable ; il convient contre les Pâles 
couleurs, les Pertes blanches, les maux d’estomac, les 
Faiblesses, etc. Pour les Fnfans délicats et d'une constitution 
molle, le Chocolat ferrugineux est sous la forme de bonbons et par boîtes; 
réduction de prix, par un nouveau système de broyage et économie de 
main-d’œuvre, la livre de 16 onces, 6 fr.; les boites, 2 à 3 fr.—AVIS. mm. 
les médecins sont priés de ne pas confondre le Chocolat ferrugineux 
de M. COLMET-DAAGE avec celui du même nom annoncé par un de 
confrères, et contenant une substance minérale purgative très active. 
Dépôt dans toutes les principales villes de France et de l’étranger. 

qui sert d’instruction et qui se délivre 


» Découverte..a. Prodige de la Chimie! 

POMMADE DU LION 


Pour faire PO 


I les FAVORIS, les hodstacres et 


4fr. 

mÊr F: 

ch 


BREVET dTnVENTION, 

Exposition de 

médaille d or. 

PCHARRIÈRE, coutelier, 

Fabricant d’instrumens de 
_ chirurgie, Fournisseur de 

\a Faculté de médecine de Paris,' 

Rue de VEcole-de-Médecine, 9. 
Bouts de sein et Biberons en Iroire flexible, de 



TIVIBMNÏ, H” 4, au t", à côté du passage Colbert t près lè Palais-Royal. Et chez 
H. frauçois , SEUL DÉPOSITAIRE, même maison.—(Six pots, 20 fr.—On e.\pédie.) 
—AVIS ESSBt/TlKL : les CQiffeurs, parfumeurs et autres rnoifPENT en vendant 
de viles coktreraçoivs sabis effets sons notre titre ; nous h’avoxs Aucun 
dépôt chez eux ni ailleurs. Le public doit acheter directement à l'adresse ci- 
dessus, SANS AUCUNE E.XCEPTION, pour avoir la véritable Pommade du Lion composée 
'r^'auteur lui-même ; 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garanties;— 
n. FRANÇOIS, du cachet de l'auteur 




luge, et accompagnés d'un prospecta® (Se bien m 


SIROP CORCENTRl 

DE ROSES DE PROVINS, 

AUTORISÉ. Guérit en peu de jours les Pâles cou¬ 
leurs, les Perles blanches, les Maux d’estomac; relè¬ 
ve les forces digestives et rcsoud radicalement la 
Phlegmasie catarrhale. — Chez Guillemaud, phar¬ 
macien, rue St - Honoré, 271. 


BREVET D’INVENTION. 

ALLAITEHERT 

ARTIFICIEL PERFECTIONNÉ. 

niBUnON-POMPJE de LECOUVEY 
abneant potier d’étain, rue Grénétat, 41. (1 fr. 76c.] 
On trouve aussi chez lui toute espèce de Seringues 

anciennes et modernes; Clys.o-Pompe, Pompes-Serin¬ 
gues à jet continu, brevetées, inventées parDeleuil et 
perfectionnées par LECOUVE'Y. Se charge aussi de 
conlectionner tous les objets du ressort de son état 
pour MM. les inventeurs, et le tout au plus juste prix. 


Observations sur les rétrécùsemens de l’urètre par 
cause traumatique, et sur leur traitement; 

PAR J. FRANC, 

Professeur-Agrégé à la Faculté de Médecine de 
Montpellier. 

Un volume. A Paris, chez Crochard; cl à Montpel¬ 
lier, chez Castel, libraire-éditeur. Prix, 3 fr. ^ 


4 à 10 fr. 


Appareil du docteur Donné pour les Cors, OEils-de- 
Perdrix, etc., de 6 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de' la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Warick, D, Laurence Pountnay Lane. 


MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, ** 

AVENUE MARBOEUF, 1, RUE MARBOEDF, 7, PRES LES 
CHAMPS-ÉLYSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traités avec un 
succès complet dans cet utile établissement. 

Parmi les Médecips qui y ont adressé des malades, nous 
citerons MM. les docteurs Amussat, Blandin, Bouillaud, 
Carron du Villards, Devergie aîné, Émile Chevé, Civiale, 
Jules Cloquet, Fiévée de Jumont, Labarraque fils, Leroy 
d’Etiolle , Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pelletan, 
Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Siebel, Souberbielle, 
Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 


Bédallle-d’bonneur. — Brevet d’invention 

Vesicatoires-Cautères. 

Taffetas heperdriel. 

Compresses à un centime., — Serre-Bras. 
Faubourg Montmartre, 78. 

Ces produits signés se trouvent aujourd’hui --^ 

dans les bonn0sPhai:iiiacies. 


PHaRmapts' • une BELLE 

PHARMACIE, située dans une des plus fortes villes du déuarte- 
ment de la Nièvre. - S’adresser, pour plus amples renseS- 
mens et pour traiter, à M. Jacquemin, directeur de l’Agence 
Médicale, rue Montmartre, 68, à Paris. ^ 


Paris, imprimerie de BiintiNE et Plon, rue de Yaugirard, 36, 

















































jeudi 9 JANVIER 1840. 


(15* ANNÉE.) 


N« A, TOMÉ 2. ^ 2* SÉRIE* 


X,a Mjancette Wraneaisem 


GAZETTE DES HOPITAUX 


le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

' Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


HOPITAL DE LA PITIE. •— M. Lisfranc. 

leçons sur les Maladies du sein} recueillies par M. ■ 

' ‘ V. Baud. 

(Quatrième article. — Traitement.) 

Une tumeur au sein qui a offert d’ailleurs les caractères 
du squirrhe, sur lesquels nous nous sommes explique, 
préseiiie de la fluctuation ; a-t-on affaire à un cancer oc¬ 
culte, ou bien à un abcès ? Pour tous les hoirimes clini¬ 
ques, la question est impossible à résoudre à priori ; car si 
malheureusement, dans beaucoup de circonstances, l’ou- 
Verture de la tumeur donne la certitude de l’existence d’un 
carcinome, il est des cas heureuxdans lesquels il ne s’agit 
que d’iine collection purulente. J’ai vu d’ailleurs ces abcès 
se former sur des engorgemens simples qui environnen; 
des cancersbien constatés plus tard par l’anatomie pafl e-l 
^ique. Je vous ai montré un fait de ce genre l’année ' 
re, dans la salle Saint-Augustin ; mais quelquefn - , • ' 

l’ouverture de la poche purulente, qui a toujon- la 

tumeur dans une plus ou moins grande éter; raite 

le reste de l’engorgement par les moyens - avons 

indiqués, et les malades guérissent par'’ • . ' • Les con¬ 

sidérations, basées sur des faits, et r ' 
et futiles scholies si usifcées de nos ' ■ 
ter la prudence que vous mettre" , 
la maladie. Vous ne ressembb 
binet pour lesquels toujours 
çons qu’ils ont si souven 


de vaines 
• .vent vous dic- 
' . le diagnostic de 
ces hommes de ca- 
ertain, malgré les le- 
ét qu’ils pardonnent 


, --dit, le champ de la théra- 
ànit et où commence celui de 
' sque nous les avons déjà po- 
. ste à formuler aussi en quelque 


si peu. 

Opération. Mais, av 
peutique a ses limite'^ 
la médecine opérât 
sées, ces limites, j' ■ 

3tre habitude, négliger les princi¬ 
pes les plus VI de cette opération pour ne traiter que 

quelques pom.» minans. 

■ •Quclqucfoioli. , existe qu’iiff engoi^cmcnt très bien li¬ 
mité siéj ut,, dans le tissu cellulaire sous-cutané, sans 
la glande mammaire. S’il est peu volu- 
.et à découvert par une incision longitudi- 
et on l’extrait ordinairement parénucléa- 
de facilité ; s’il offre plus de volume, on fait 
T, dont on relève les angles par la dissec- 
is des cas moins heureux, la glande est oc- 
ité ou en partie par l’engorgement ; dans les 
loit être entièrement sacrifiée. Ce principe, 
que J ndait Dubois, est d’une importance extrême 

pour s récidives. Si la peau est saine on la conserve 


idhéreni 
imneux, 
sale à li 


tion. I 


en totalité, ou seulement en partie si cette portion suffit 
amplement pour recouvrir la plaie ; si elle est malade, elle 
doit être sacrifiée dans là proportion suivante : emportez 
un demi-pouce de la peau saine et un quart de pouce des 
tissus sub-jacens, quand les localités le permettent. On ne 
peut nier, en effet, qu’il existe une certaine analogie dans 
la manière d’être du tissu malade et des tissus qui lui sorit 
contigus ou même continus; ceux-ci pourraient donc recé- 
1er le germe du cancer. Depuis que nous suivons ce prin¬ 
cipe, nous avons eu à déplorer un nombre bien moins grand 
de récidives. 

Un malade portait un cancer de la peau qui recouvre la 
partie supérieure et postérieure de >.. ; 

l’avait opéré "IT f ’ ’ \ 

sième o' :■ 

tiièrfé - i—— .dponé- 

■p ; inii-;. le, nous sacrifiâmes même une certaine 

ev,”. ,;,',e des muscles de la couché superficielle, et cettefois 
nous obtînmes une guérison définitive, due sans 

ate au soin que nous avions pris de porter plus profon¬ 
dément l’action du bistouri. 

Vous avez à faire une incision semi-lunaire ; comment 
vous y prendrez-vous? Je ne parle pas de la liianière dont 
vous devez tenir l’instrument, et ne veux que vous prému¬ 
nir contre une faute très généralement commise; 

On dirige son incision verticalement, de telle sorte 
qu’une ligne parallèle à l’axe du tronc passe par ses deux 
extrémités ; mais quel est le point le plus déclive dans une 
incision ainsi faite, c’est évidemment le cul-de-sac formé 
par l’extrémité inférieure de l’ovale que vous avez décrit ; 
ce ne peut être en aucune sorte l’angle inferieur, qui se 
trouve plus élevé. Or, calculez les inconvéniens qui peu¬ 
vent en résulter si votre plaie suppure au lieu de se réunir 
par première intention, comme cela arrive si souvent sous 
notre climat. Nous avons trouvé un moyen de nous sous¬ 
traire à cette imperfection, et ce moyen, le voici dans 
toute sa simplicité. '-0 

Notre incision, au lieu d’être verticale, est dirigée de 
manière que la ligne qui passerait parles deux points ex¬ 
trêmes, au lieu d’être parallèle à l’axe du tronc, fait avec 
lui un angle à sinus inférieur de trente degrés environ. 
Ainsi, Tangle inférieur de cette incision en est réellement 
le point le plus déclive, et fournit un écoulement facile 
au pus. 

Quand on a besoin de deux incisions courbes, ainsi que 
dans les cas où une portion de peau recouvrant l.i tumeur 
doit être sacrifiée avec le procédé ordinaire, qui consiste à 
les faire se correspondre concavité à concavité, on ne peut 
guère éviter, lors du rapprochement des bords par la su¬ 
ture, une saillie des deux angles de la plaie ; la coaptation 
est d’ailleurs peu exacte, elle devient au contraire aussi 
complète que possible tant au centre qu’aux extrémités, 
si, comme nous l’avons conseillé,depuis long-temps, on 


Paris, 3 mois, 9, fr.; 6 mois, 18 Ir.; 1 an, 36 Ir 
Départ., 3 mois, 10 fr.;6 mois,20 fr.; 1 an, 40t.. 
Etranirer. 1 an, AAf, 


dispose ses incisions courbes en sens inverse, de manière 
que la convexité de l’une corresponde à la concavité àe 
l’autre. Ce prmeipe, applicable à toutes les ablations^rle 
tumeurs , importe plus spécialement dans les opérations 
sur des endroits habituellement découverts ; il favorise 
d’ailleurs l’action des moyens contentifs pour l’affronte¬ 
ment des lèvres de la plaie. 

Une loi générale de médecine opératoire que j’ai don¬ 
née depuis long-temps, trouve sa place ici : commencez 
les incisions du côté de l’origine des nerfs ; une fois que 
vous les aurez coupés, ils auront perdu leurs cominunica- 
‘■.'ons avec leur centre commun, et vous pourrez ensuite les 
ajvWr de nouveau impunément ; tandis qu’il en serait 
1 autrement si, en pratiquant la solution de continuité, 
on procédait en sens inverse de celui que je viens d’indi¬ 
quer. 

La peau saine qui recouvre une tumeur volumineuse 
doit être ménagée, avons-nous dit, en suffisante quantité 
pour recouvrir entièrement la solution de continuité; si 
l’on disséquait la totalité de cette peau elle aurait trop d’é¬ 
tendue, il faudrait en retrancher une certaine quantité 
qu’on aurait au moins inutilement épargnée. Quel moyen 
doit-on donc employer pour que la peau respectée par 
les incisions et détachée par la dissection ait l’étendue 
convenable dont nous venons de parler ? Il faut mesurer 
la largeur de la base de la tumeur, et conserver supérieu¬ 
rement et inférieurement aux tégumens la moitié de la 
largeur de cette base, plus un tiers de pouce pour chacun 
des lambeaux, à cause de la contractilité du tissu. 

Ainsi, à l’aide de cette loi générale de médecine opéra¬ 
toire, qui n’a pas été indiquée, nous pensons qu’on évi¬ 
tera des fautes qui sont souvent très nuisibles aux ma¬ 
lades. 

Le volume énorme de certaines tumeurs par une très 
grande quantité de vaisseaux nécessite, surtout chez les 
individns faibles, une précaution particulière dont nous 
nous sommes très bien trouvé, il y a peu dé jours, dans 
l’amputation d’un sein cancéreux du poids de neuf livres. 
La dissection devant en être ordinairement de longue du¬ 
rée, si, avant d’y procéder, vous faites immédiatement 
l’une après l’autre les deux incisions pendant que vous 
disséquerez, elles fourniront une quantité de sang d’au¬ 
tant plus considérable que le plus souvent les vaisseaux 
sont très dilatés. Pour éviter la perte d’une trop grande 
quantité de ce liquide, il faut ne faire la seconde incision 
qu’après avoir, à l’aide de la première, disséqué la tumeur 
jusqu’à sa base. 

^11 est, de principe général, de commencer la dissection 
de toute tumeur par la partie la plus déclive ; car si elle 
était faite en sens inverse, c’est-à-dire de haut en bas, le 
sang venant à inonder les tissus sur lesquels le chirur¬ 
gien doit porter l’instrument, rendrait la dissection moins 
facile. 


WJEMJIMjMjETON, 



ITATION ET DE EA FOEIE ; PAR BROVSSAIS. 

De dition, publiée par M. C. Broussais. 2 vol. in-8° de 

J chaque. — Chez J.-B. Baillière, rue de l’Ecole-de- 


d fait domine la vie scientifique de Broussais ; une 
SI ée le guide : rattacher les phénomènes morbides à l’or- 

g en détruisant l’ontologie médicale ; mais pour lui cela 

t as. Après avoir considéré l’homme physique dans ses 

ï ivec l’organisme, il lui restait encore une tâche à rem- 

’’ ; de détruire l’ontologie psychologique ; en d’autres ter- 

erles manifestations morales à l’instrument qui les pro¬ 
cerveau. C'est cette tâche qu’il a entreprise dans ses 
irs ; et si la mort l’avait épargné encore quelques temps, 
cbable qu’il l’aurait terminée. Certes, pour quiconque 
le Traité de l’Irritation, il restera démontré que celte 
ntelligence, loin de tomber dans la décrépitude, n’avait 
du de son énergie et de sa profondeur. Libre à chacun 
■■éter d’après ses propres convictions la conversion tar- 
Bronssais â la doctrine de Gall, toujours est-il que cette 
ion du grand homme restera comme un témoignage écla- 
sa haine pour l’ontologie ; et de ses études ressortira cette 
vérité, qu’il faut désormais ne voir dans l’homme que des 
s en action, soit que de leur admirable jeu résultent la vie 
e, les phénomènes instinctifs ou intellectuels. C'est à la 
stration et à la propagation de cette vérité que l'illustre 
m consacra sa vie entière ; soyons donc reconnaissons en- 
ii pour les services qu’il rendit à la science, et qu’amis 
amis, tous s’empressent de rendre un juste hommage à l'une 
as belles gloires qui aient illustré la France, 
mot irritation est désormais inséparable du nom de Brous- 
arc’est la grande loi dont il fit le pivot de la pathologie, 
ms-nous donc sur ce mot pour en apprécier la valeur. Il 
ae l’action des irritans ou l’état des parties irritées ; et on 
e irritans tous les modificateurs de notre économie qui 
ut l’irritabilité ou la sensibilité des tissus vivons, et qui 
it ces phénomènes au-dessus du degré normal ; mais cette 


définition en exige une autre, celle de l’irritabilité. Yoici com¬ 
ment l’auteur s’exprime à cet égard : 

On entend par ce mot la faculté que les tissus possèdent de se 
mouvoir par le contact d’un corps étranger, et ce mouvement 
n’est autre chose qu’une condensation, un raccourcissement de la 
fibre animale; cette propriété n’appartient pas seulement à la 
fibre musculaire, comme l'avait prétendu Haller, mais encore est 
commune à toutes les formes de la matière vivante qiii ont pour 
base la fibrine, la gélatine et l’albumine mêlées à quelques autres 
substances ; c’est l’exagération de tous les phénomènes de con¬ 
tractilité qui constitue l'irritation dans ces tissus. L'irritation sup¬ 
pose donc : 1° des corps vivans qui peuvent agir plus qu’à l'or¬ 
dinaire dans un temps donné ; 2“ des corps vivans Ou non vi¬ 
vans qui leur font éprouver ce surcroît d’action ; ajoutons que 
l'irritation n’est que l’excitation sortie des limites normales ; et 
par excitation on doit entendre l’effet produit par les rnWifica- 
teurs qui mettent en jeu l’irritabilité. L’excitation (nommée aussi 
stimulation), considérée d’une manière générale, abstraction 
faite du lieu où elle existe et du modificateur qui la provoque, 
porte aussi le nom à.'excilement. 

L’irritation, pour Broussais, est le phénomène fondamental 
de la pathologie, mais loin de vouloir tout expliquer par elle, il 
déclare qu’au delà des phénomènes de contractilité, il s’en passe 
d'autres ( sécrétion, nutrition) que nous ne pouvons approfondir.- 

Dans le chapitre II, l’auteur jette un coup-d’ceil sur l’histoire 
de l’irritation. Depuis Hippocrate jusqu’à Plalner on ne trouve 
rien de satisfaisant à ce sujet. Glisson est- le premier qui en ait 
donné une théorie qui n’est pas plus claire que les idées de ses 
prédécesseurs. Haller vient et détermine par des expériences 
quels sont les tissus irritables. Pour lui , la fibre musculaire est 
la seule qui jouisse de l’irritabilité, le tissu nerveux ne possède 
que la sensibilité. 

Brown posa en principe que la vie ne s’entretient que par 
l’excitation , et que vivre n’est autre chose qu’être excité ; mais 
cet auteur ne traita l’excitation que d’une manière abstraite, 
c’est-à-dire en la séparant des organes, et se jeta ainsi dans l’on¬ 
tologie. D’après Broussais, il y a trois ordres de puissancfs ex¬ 
citantes : 1“ les corps extérieurs ( de leur action résulte l’excita¬ 
tion convergente qui aboutit au cerveau ) ; 2“ innervation du 
cerveau sur tous les organes ou excitation convergente; 3° excita¬ 
tion résultant du mouvement des fluides assimilés ou non assi¬ 
milés, au milieu des solides ; c’est une excitation générale qui 
s’exerce dans toutes les directions et qui se propage dans le sys¬ 


tème nerveux. Qu’on y ajoute les influences des organes les uns 
sur les autres, soit par l’intermédiaire du cerveau, soit immédia-' 
tement par les cordons nerveux, et l’on aura une idée des prin¬ 
cipales excitations ; mais ce n’esi pas tout, les gaz et les fluides' 
extérieurs au moment de leur absorption , les fluides circulans' 
dans leurs rapports entre eux et avec les solides, éprouvent des 
combinaisons nouvelles, des cbangemens de forme , des trans¬ 
formations continuelles ; or, tous ces mouvemens moléculaires 
peuvent être considérés comme autant de causes nouvelles 
d'excitation , et tel est le rôle que joue ce phénomène dans l’é¬ 
conomie , que tous nos désirs, nos pensées, nos souffrances, nos 
jouissances et nos voûtions en dépendent. 

Si celle excitation s’accroît, elle se transforme en irritation ; et 
dès que celle-ci existe,nos instincts,nos sentimens elles facultés 
de notre intelligence, noire moral, en un mot, est changé, et nous 
ne sommes plus avec le monde extérieur et avec nous-mêmes dans 
les rapports où nous avions coutume d’être; de là les passions 
violentes qui, parvenues à leur plus haut degré, constituent la 
folie. 

Voilà déjà, comme on le voit, le moral de l’homme rattaché à 
l'excitation et à l’irritation. 

Dans le chapitre IV, qui est divisé en trois sections, l’auteur 
examine successivement: t° les fonctions de l’appareil nerveux 
chez l’adulte ; 2“ leur développement depuis l’état d’embryon jus¬ 
qu’au parfait développement du corps de l'homme ; 3“ les raisons 
des prérogatives qui le distinguent entre fous les animaux. 

,En suivant l’homme dans les phases diverses de son dévelop-- 
pement, Broussais établit : 1“ que les phénomènes d’instinct ou¬ 
vrent pour lui la scène du monde ; 2® que bientôt les perceptions 
produites, ou plutôt provoquées par l’action des sens externes, s’y 
associent pour toujours ; 3° que par suite de l’exercice de celle 
association on peut établir dans l’instinct en général une divi¬ 
sion qui présente à l’observateur des instincts de conservation in¬ 
dividuelle, et des instincts sociaux qui ont reçu le nom de senti¬ 
mens; 4° enfin, que l’intelligence, incessamment développée et 
accrue par ses rapports avec le monde extérieur, c’est-à-dire avec 
la perception des faits, finit par acquérir une prépondérance ei-„ 
trêmement notable et toujours croissante avec les progrès de" 
l’âge. Voilà les idées de Gall, admises par Broussais ; car le pre¬ 
mier divise le moral en instincts, sentimens, et facultés intellec¬ 
tuelles. 

Dans le chap. V , l’auteur réclame l’analyse des fonctions du 
moral humain en faveur de la physiologie, et cherche à les ravir 
















— i4 - 




Nous avons établi ici une exception fondée suc les rai¬ 
sons suivantes ; la tumeur peut embrasser dans ses adhé¬ 
rences Ife muscle grand pectoral déformé, atrophié par la 
pression delà maése morbide? atrophié plr le défautd’exer- 
ci^j/ét quelquefois même passé en partie à l’état fibreux. 
]®bién ! èe muscle est si mince infériedrement à l’état 
noTrnar, et à plus forte rais'ôn à'Fétat païïiologique, que si 
même si^r des cadavres appartenant surtout k des sujets 
maigres vous essayez à disséquer la inanlelle d’après le 
principe général, il vous arrivera très souvent de pénétrer 
sous le muscle. Maintes fois nous avons été témoin de cette 
iKép'fîsê' aSris noi cotifs ■^iné^e’ciné opeYatôire. 

Nous ayons do^yp^ habitude de corainençer notre 
dissection'sur ün pmiit assez^ sàijlant du grand, pectoral, 
nioint qubvarie selojijles tasi jAinst, ne npus,est-il plusposf 
sible dé nous fourvoyer, ét à ceja joint le soip de faire con¬ 
tracter ,1e, muscle, de.porter le bras eji dehors et ep dedans, 
vous n'aurez jamais la douleur d’enleverjUne partie saine 
dè cet organe,- de prolonger inutilement votre opération, 
et de donner à ,1a plaie une é,tendue trop considérable. ; 

On procède par énucléation toutes les fois qu*il est pos¬ 
sible dé ie iaire.; abstéiiez-ydus-en néanmoins dans les cas 
où la tumétir es,t pntourée dé veines volumineuses, dans, If 
craipte de yôirl’air s’introduire,dans leurs ca ■ • V r . ' , 
r£|blàtion du sein voluminéùx dont il a été ' .p* ,;i . . 
grand nombre' de bulles se formaient à, la y ■ ^ ' de 
plaie, inais elles siégeaient dans . le tiSstr-t-wie:, - 
nous inspiraient ducutié inquiétude, les grosses veines 
existant seulement dans la pj^u qui recouvrait la tumepr, 
et nullement sous sa base. Oii a bien dit que sous la 
vicule c'eit air né peut cHéminer loin ; mais comme les ex¬ 
périences, peut-être, n’ont pasétéassez multipliées, mieux 
vaut se précautionner. ■ • 

La tumeur étant, enlevée, toucliez, faites tpnçlmr. avec 
la plus scrupiileusè exactitude toute l'étendue, de la. sur-r 
facè de la plaie, pour voir s'il n’y reste pas quelques indu-!- 
rations. Âous avons dans cet amphithéâtre montré de. pe¬ 
tites indurâtions comme milkires,. disséminées. ep.. très 
grand npinbre sous les bords dc; la solution de continuité, 
dans l’épaisseur du graiid ,pecioi'al,,sQus ce muscle, et; dans 
le petit pectoral lüi-inême. On peut ainsi espérer cjé les 
enlevef toutes, et, alors la malade peut être,à l’abri d.e la 
récidive. .Çependaut, poursuit. M. tisfranc, rappelez;vous 
bien qu,e ces cas sont excessi.v.énient g.fayes, que .presque 
toujours ces engorgeinens existent même au loin. Dans 
des autopsies,nous en avons souvent trouvé des quantités 
innombrables jusque derrière le scapuluin, jusqqe sur la 
plèvre, jusque sous la clavicule. 

: Une des complications habituelles du cancer de la ma-! 
melle, est la présence de ganglions engorgés dans le creujs 
de ï’aissellé. Us peuvent n’avoir subi que des altérationé 
inflammatoires; et Soenimeiing, Desaulf ont guéiâ saris 
récidive par l’opération,des cancers' du seiii. Nous avoué 
nous-même obtenu quelques succès de ce genre, quand 
on n’avait pas pu enlever tous lesganglioris lymphatiques 
engorgés. 

Avons-nous besoiri dédire-^Ci'il est jjlus prudent dé lèB 
e*traire?'ll est une chose quUl rié faut pas oublier; c’ést 
que très souvent ils s’étendent bien plus hatU qu’il rie 
Semblait avant l’opêratiOn. On est dans l'habitude dé pro¬ 


longer jusqué dans la plaie résultant de l’atiiputation du 
Sein la solution de continuité qti’oh fait pour enlëver lés 


gâhglions lymphatiques engorgés qui siègent autotir d’ellé; 
cettè hianière de procéder est indispensable quand l'èn- 
gorgement s’étend jusqu’à la première plaie ; mais lors¬ 


au joug de la ïriétapllysique et de l'idéblogiè ; puis il examiné les 
fondemeiis delà psycbblogie dans l’arili'quité, avant Platon. Après 
avoir moBtf.é comment 1 lioninié fut cbriduif, dans les temps re¬ 
culés, à s’abstraire dé lui-même én .érigeant seS principales facul- 
fës en choses réelles et èri leur donnant les attributs du concret, 
il aborde l’étudé dii moral humain,, el cherché à le démêler dans, 
les fonctions dé l'encéphale servi mar ses nerfs. Dans un tablèau 
des phénomènes cérébraux,, il établit que le cerveau, par sa base, 
reçoit les slimulàtions convergentes de rinlérièur,et de l’exlé- 
rieV; stimulations, il réagit dans la direction des, 

nerfs sortans sur lés muscles et les viscères, d’où ; 1“ les rpbuve- 
mens musculaires instirictifs et viscéraux ; 1» les mouvemens 
sensitifs, viscéraux, renvoyés et perçus ; 3.» les mouvemens.- 


culâîrës respirateurs et autres instinctifs, le tout sans délibéra¬ 
tion, commun avec les anitqaux ; sans ce que l’on appelle le 


Si le cerveau réagit dans la direction des nerfs intrà-crâniens 
sur le cervelet elle cerveau, il eri résulte: foies impulsions affec¬ 
tives et autres qui sont comprises sous le,titre.de sentiment, .ç’est- 
à dire qui portent à l’action avant le raisonnement,; 2» les ré¬ 
flexions que l’on fait sur les copséiyiences de; ces actions solliçi- 
lées par le sentiment, réflexions qui opereht sur la représeijtaUon 
de la jouissance promise par. le sentiment, et sur les conséquen¬ 
ces de cette jouissance par le moyen de l’éventualité. 

Voilà pour ce qui concerné les phénomènes insüiiclifs. Quant 
aux phénomènes intellectuels, l’aüteur établit que le cerveau, 
par ses hémisphères, reçoit les stimulations convergentes dont la 
plupart, toutes peut-être, ont été déjà reçues par sa hase ; il réa¬ 
gi-!, et de cette réaction résultent les différens phénomènes intel¬ 
lectuels qui consistent à : _ J-, 

10 Faire de ces stimulations des représen tations toujours d ob- 


iets concrets, réels, ou modelées sur. ces objets. 

^ 29 faire sentir les différences et les ressemblances c 


représentations, ainsi que leur absence. 

3» Faire sentir les rapports de causalité ou d action de ces ob- 


iets les uns sur les autres et sur soi. 

'* 4» Faire sentir la représentation de soi-même, ou le sentiment 


persuiiuci, 

50 Retenir les actions demandées par 
mens , pendant que ce travail interne s’exécute. _ ^ 

6» Les commander et exécuter,en conséquence de la défibe- 

rationfles sentimeiis l’aident.dans celfe BctionJ., 

7» Exprimer par le discours les représentations, comparaisons, 


qu’il eiite’Stéltfigné, et quë lés tissus qui l’err.séparent sont 
sains, il est au moins inutile de réunir les deux solutions 
de continuité. 

Si les érigorgemens ne sont pas trop loin de la plaie 
faité pour l’amputation du sein, il est souvent possible, 
en exei-çarit sur eui des pressions dé. Ikiit en bas , de les 
aménël- sous le borÙ de là plaie,'de lès ÿ ïîxer avec ùriê 
érigne , de les disséquer el de les enlever sans besoin de 
divisép de riouveàü les tégtimens. é j ‘ l- 

l*ôüf détacher avec moins de difficültesTes éngbi gêlriens 
profondément situés dans le creux de l’aisselle, on exerce 
s'ü'f èiilt des tractions pbtif lës faire descé'fidré lé plits -pos¬ 
sible ; mais sj,ces engorgeinens cèdent, les nerfs et les 
vàikeàux aXillâirés obéissent àùx riaêines iraètipiis;,' ét 
quand on ri’éri a pas rbâintùcle j on èst fort etpnne.déliés 
■voir descendre aussi bas ; ôr, il est indîspéiisàble, d’abord 
pour savoir ou ils sont , ét' erisuité pour lés iriàM^ 
fixés en leur place et poiir éviter d’ailleùis sur ê'ux dçs ti- 
railIeiTiéns toujours plus ou riioins dàrigéfè.ux, il çst indisj- 
pénsablé; disons-nous, de les fâii e assujettir'par les dpigts 
d’uii aide, qui lés maintiént parfâitémçntpnous n'a vous 
pas besoin de faire reinârquer qù’àirisi î’'opérâtlo‘ri'fest in- 
nninVent moins daiigereük. ■ , oji 

Tous les chii'tirgiens savent que les adbérencés,des'én-^ 

, v.9;?9“biVx-âxillâifé's .peuvent 

■ , . . ' : V obligé, l’'é-|- 

’'-i' - ; -. ■ ' . . ' '• Iftiitè-^ ■ 


ment a 

impoftàntes du creux de l’aisselle, 


pàration anatomique. Mais hpiriieùr sbil feridû à - 

mie patbologique, s’écrie M. Lisfrànc, j’avais ,vu, copiyi: 


leur élasticité, entraînant quelquefois avec elle une volq. 
mineuse branche artérielle , normale ou anormale , qqj 
vous venez de diviser, et qu’il vous sera très difficile ou 
même impossible dë lier; force vous sera de recriurir au 
tamponnement, de bourrer de charpie et d’ar-senic lecreiu; 
de l-'aisselle et vous aurez là une cause éüefgique d’inflain. 
niâliôn et d’ërioririéS' cttllectioiis purulentes; Avant gj 
porter l’instrunient tranchant sur ,çes colonnqs prenez-jbj 
donc entre vofrë liidiéâléur érv.bjfre.poücé pour'ypus as, 
surer qu’il n’y existe pas quelques bàttèmens artériels, et 
SI vous en découvrez, commencez par poser une ligature 
aru-dessus du point où devra porter votre section et alors 
vous pourrez sans hésitation procéder à celle-ci. 

Après toutes ces opérations accessoires il restera des ca, 
verneé'plus bli lilorns pfê/oWdeé ioùé les''iTÎUkleB-, mais 
vous en obtiendrez, en général, assez aisément la cicatri, 
satïdn si , pendant que vous tenez le'bra^i rapproebé du 
tronc, vous maintenez une compression modérée sur g 
paroi antérieure de l’aisselle. 


HOPITAUX; DE-PARIS:-i- BURE.ÙU GENTRALi 


■ C(tUt‘S pfàtiqtiÿ iiir Us hhfnies ; par M. MALbAiGNÈi >; 

; .( Gitiquièlne leçon. ) :i|, 

U DÊVELOPPEMEIVT DES HERNIES IJVGÇKVAEES. — HERNIES 

-:,.,i . ÙËRNIÉS INGpINAEE- ' 

DËES il A. ccièéER. 


ïoüs'jes chirargiens , què leé pressions é'xércéés par une 
îiernié Sur le tissu cellulaire environriàritlé corivertissâidiil 
souvent en tissu -fibreux acciclenfel formant autour dii 
spe, péritonéal des espèces de sacs fibreux ; je pensai que 
les ganglions lymphatiques pouvaient âus^i, dè là lùême 
manière , s’envélèpper de tissu fibreux accidentel. 'Or, 
q.uand j’arrive sur cè's erigorgéinens , j’incise sur eiix dâiis 
une pelilp étendue j’ouvre l’espèce de'kystë par lequel 
ils sont assez souveiit enveloppés et j'e les extrais avec une 
ïacilité. et line promptitude qui frappept d’étoririérriéht 
tous ceux qui ne connaissent pas le point îniportàrit da- 

natornie pâthologiqtie que jè viens cf’érioncéé. 

Quand on énucléè, comme lorsqu’on'disséqué cés iu; 

meurs , bn rencontre des colonnes flbreüsés.. 

Il est des cas où , quoi qu’on fasse , il est impossible 
d’enlever toute la masse morbide à cause des rapports 
intimés qu’elle.a contractés, avec des nerfs et des vaisseaux 
importans. 11 ne faut f^s entièrement dé.sespérer du suc¬ 
cès eh pareille occurrence, car il pourra bien sé, : faire que 
ce que l’on a été obligé dé laisser se fonde sous l’influence 
de. l’inflammation , si Surtout on observe les, réglés de 
traitement déjà,établies- On,a quelquefois recours, en dé 
telles circonstances; à la ligature. Qu’elle .ne porte pas en 
niasse sur le pédicule de la tumeur, car elle déterminerait 
presque infailliblement la gangrène de ces tissus i pnaiS; 
d’abord, avec les ongles, amincissez ees tissus le plus pos¬ 
sible , puis , prenez un stilet, isolez les uns des auttes , à 
l’aide de cet instrument, les divers élémens de ce pédi- 
dicule et posez autant de ligatures partielles. 

Tëtm'inons enfin par un principe qui n’est pas, dé tous, 
le HidiitS important : vous avez attiré à vous des colonnes 
fibreuses à la suite de ce.5 ganglions ; elles descendent de 
très haut ; elles sont fortement tendues ; si vous lès di¬ 
visez sans précautiott, ellés remontent brusquement par 


JTddS-âVdnk â nous bcciifér aujdfird’hlii dit mode de dé; 
'‘èiiiefit dés hel-rtiéS irigùihaleS cheé rbohiiriè, èt déé 
3- •-: ' •! kqtii vleririerit à leut Sifite,. NdÜkàVjbtis jirécédêmi, 
i:. ■' ' -!■.9u.^bdé Ibiitès ces hernies e'ri h'drs grandes catégo¬ 
rie, •- ;r , léy.âjjes èt les ]ti'édis|ibkiblôris : hertlifes dé 
l’énE;-' -■ i - .liés delà jéuriësde, héèliles'de ràgë niûrei 
dé M y iriaid èi T'on àbàildolirté la considération 

dék'iàuse-: - ,.,-és ètéxtérîéuréspôuf ébércbér, dansle 

liéli ifiêrtie - .; • a hefrriè,.dafisrés.paftîés-qri’elle pâli;' 
court, la . • éxistériée, il faùt réuriir énsémblè 

les déni dérrii; f-. ^..-rlek, dans lesquéllesjè .canal in-j- 

gu.inal ésfd’âboi: ^la péritoirtë saris'rii’qlciHgeinent, 

ëtriùilfaüf que les • ; . -nse déplaçant, poUs'seiit de;; 
vantéüxüh sichfen dis qdë lës befniesdu pré-’ 

mier.âge, ont ce caraeù, , s.- y de se faire uii.canal nd-; 
tùrel péfinéablè'ét revè'i.v , -’fifcè'.d'effie iéfeüsèi Je 
parlé ainsi pour là'fédérai: -,is, ^ Àrdrié soiri 

d’indiqufer les exteptidffk qui ; h,. .' 

Etridrohs ddritd’àbc/fdlehie , - .- del’en-; 

fance, improprement qppeljées b. . ; ..1 

MbDÉ bri DÉVMtÔPPEillÈNl? DÈSBtE.-ïriéS VCE. f 


M. Malgaigne rappelle d’aboîd la disptf • - .1 dû testî-" 
cule , caché dans l’abdomen duràiït- presq toute la vie 
inirà-;utérmè, attifé ed bas dans lés derniei toois; se pré¬ 
sentant en général à l’entrée du Câhâl inguinaî vérs le sep* 
tiènie mois ; sorti du canal à huit riioiS; ét : ' descendit 

à neuf mois jusqu’au fend du StrbtUin. Noi. ; ;>ligeroliS' 

les détails d’anatomie dans lesquels lé proft. i dû en¬ 
trer, mais qui £«)nt suffisainmeilt connus de i . lecteurs,'' 
il suffit de rappeler qti’eti traversant lé càtiâ' esticulé 
a entraîné atec lüi une portion du péritoine ; constitue’ 
la tunique vaginale, 1* 

Maintenant, une prerilièrè quéstiori sé pi'és , , pour4 


absences, jugehlfenà divers, l’action, là passion et leiih degrés, 
au moyen de signes qui sont saisis par les troh sens Supérieurs. 
Ensuité l’auteur développé les pfbpo.sitibns ptécédenlbs ét Wa- 
miné tour à tour les différentes fàcuUéS édmiseS par les phrfeno- 
ibgisteS, teliès que lé ïaUfeagé ; l’indlvidUàlité, l’élÉrid.hë, lê colo¬ 
ris etc • l’éiameh dé chacühé dê ces facultés devient pbbr lUr 
l’occasion de combatlré l’existence de l’ame , de s’élever cbhtfe 
lés abus du catholicisfne , et d’attâquer les 
üôhi de la divinité. , . 

Lè tableau des phénomènes cérébraux j qui forme fa section 3 
du chapitre V est un travail entièrement neuf et qui ne se 
trouvé n^às dans la première éditition, èt M. C. Broussais nous ap¬ 
prend dans une noie que ce travail ri’est, soi’îè-1“ 

canevas qui devait servir de texte à une rédactibn définitiVe. Le 
preiniqc volume est terminé par la profession de foi smvante : 
« Qu^ à moi, mon OpiÜion, que je consigne ici, [loar ifaoi seul 
M peut-être et pour un petit nombre d’amis, c’èst qüe tout homme 
» complètement organisé a le sentùnent d’une càuse et d une 
i force première qui lié tout et enchaîne tout, mais je ne puis 
> la définir et je ne sens pas le besoin de I hohbrfer par un alifre 
à culte que celui que lui rend ma conscience. » Gn voit pbr èe 
passage , que Broussais était déiste et non pas athee comme 1 Ont 
prétendu ses ennemis ( car il eut des enriéniiS 1. ' _ 

Cette accusation prenait sa source dans lé'désir qu avaient sed 
ihtaeonistés de le peindre sous des couleurs sombres auprès des 
Vrais croyans d’après lesquels un athée , quélque vertuebi et ihe- 


sjpposer que lé Traité de l’Irritation contînt d'ed do'clrinès peu 
orthodoxes, à qui cela pourrait-il nuire ? la foi des croyans n en 
point ébranlée, et le matérialisme n y trouvera que de nou- 


veaiix argumens eu oa v i, . • j 

Le second volume s’ouvre par un chapitre sur les doctrines ad- 
mises touchant les facultés intellectuelles par léS psychologistes, 
doctrines qui reposent sur les Dits de conscîéhce. faculté que 
l’homme possède, disent-ils, d’observer sa pensée. Puis il les com¬ 
bat, et montre qu’il n’est pas possible dé constituer ube Science 
avec les seuls phénomènes de la conscience. En effet, les psycho¬ 
logistes professent qu’il faut écouter le langage de la conscience; 
elkour atteindre ce but se recueillir, se placer dans le silence 
et dans l’obscurité afin qu’aucun sens ne fonctionne, s abstraie 
dé tous les corps de la nature, en ; 

Brdussais, prenant ceci pour texte de sdh 
jusqu’à rév^ideheé q«e lé psycholbgisté ahfa beau faire, il nè 


pourra jamais s’isoler dès Sëfisatioris provenant des v 
qu'il fasse; en e^ei, il trouvera dans sa conscience 




l’intérieur ou des nerfs-viscéraux, ;y compfis ceux dit » ; 
même ; 2° de matériaux provenant de l’extérieur oui - - 
ternes. Puis if; compare, les- hypothèses dés , p,sjchoh-: 
opinions dès physiologistes, lesquéls partant de fails-b; 
tés et observés, établissent que la sensation, la pensé;- - • ■ 
lonlé, sont des résultats de l’action de la substance cén 
physiologistes tirent une telle conclusion du temoq 
sens; tandis que leurs adversaires puisent leurs argu, 
leuys perceptions sensitives, çlen ont tiré]des inductioi 
Ici, l’autelir prend une à une. les objections que les j. 
gistes ont faites à l’opinion d’après laquelle la faculté de 
la pensée serait dévolue à un appareil organique, et cou. ■ ' 
cpue de ces objections,avec toute', la -vigueur d’argun; 
qù'bii lui connaît. Éarmiles psychologistes quj’il,réfute i 
grauüp supériorité,,setiroiive M.. Cousin) le chef des rath 
français, qui a emprunté et perfectionné'leg CRté^rfes d’/ 

. Le chapitre Yfli (bi'sj est entièrement hpuf, et aiété .. 
1838.- Liauteury examine fes phénomènes instinctifs,, le 
raëns et les facultés iutellectuelles, en -tant que se- ratta 
Pirritation ; il établit que l’innervation qui correspond au 
liomènes de l’encéphale nommés moraux,..est sujette à 1’- 
tjpn, et que celle-ci peut s’élever au degré,de l’irritation; P. 
pour.exemple la philogénilure de Gall. L’auteur montre q- 
instinct,est exaltablepar suite de la grossesse, de l’accouch; 
et delà lactation ; d’après lui, celte stimulation géhécique j 
être la seule cause du développement de l’amour des petits 
les-feraelies des animaux mammifères, de même que le stim 
de l’inçiibation semble le faire naître chez les femelles de. 
seaux-. Ceux qui ont accusé Broussais d’être. tombé dans la dt 
piiude intelleclueiie dans ses vieux jours, , peuvent prehjdre • 
tare de ce chapitre, l’un des derniers écrits du grand homme 
se convaincront alors que sa vaste intelligence,, loin.d’éproi 
les atteintes du mal qui rongeait ses entrailles, n’.avait rien pe. 
de sa puissance et de sa force. . _ 

Broussais nous trace l’histoire générale des in^tinoliet-deç f 
timens; et après avoir fait cpnpaîtréles qpinjons des phih 
• ' ' - ■ H’èi'iV ii pénnsfi ‘cpIIp,! des p&rénpic 


phc'S, àu sujèî'de cliacun d’éux, il expose l'cçlljçs des p&rénplc 
tes, et cherché î( môhirer la çupînonté de çdl(i|S-éi .SUV -le* j. 
niî'ér'é’s.' 




























da péiitôtoë daris Hri pdint «rà: eUé lie trênt 
Lun viscère , ?t que par ltii-iiïê<iié il ue peui diïnc,pE- 
î“ entraîner; Que^efôis', à ta tenté, on trouve qu jl a 
,,tracté âvéc. quelqpes-uns des adhérences-, mais alors 
fffètde ces adhérenées est de retenir le-testicule^ dans 
Ldomen , et cette auUe cause de faeïnies nous éehappe 
Le Enfin, ajoutez que sur l’enfant nouVeau-ne, il tant 
re«ôrU.Violenst des criS^ de la toux , ètc, y p<mnpousser 
intestins dans cette voie insolite, et que lé fffitns^ qUi 
!respiée ISéÉ i dont la pOitrlftfe’est r'estéê affaissée , n a ni 
tcas^on ui lia puissance de se livrer à- de grands efforts. 

Après la naissance,'du moins,, lar hernie peut- se faire a 
,,,vLs le canal de communication resté ouvert, et se 
Lver ainsi en contact avec la tunique vaginale qui re- 
Lvre le.testicule ;.c’est la hei-nie congenide des.auteurs, 
partiedUèrement de Scarpa. A. Gopper l’a désignée sous 
■Lm beeijicoiip meilleur, de hernie dans la tunique va- 
; Le Cependant, comme les intestins peuvent s arrêter 
Uifférens points dacanal de coiniHunicatioft qui appar- 
* «f à eetfte ttiniaüe, peùt-être est-d besoin d une deno- 
“iütion pluiipi-écise; et je l'appellerais volontiers hernie 
finale testiculaire. 

En effet, quand la nature suit son cours, le canal de 

.ommunicalion tend à se rétrécir, et enfin à s’oblitérer; 

t en péné-ral l’oblitération se- fait d’aboi'd à sa partie 
LvenLi-à peu près vers l’antieau inguinal extertie ; et le 
tanal se trouve ainsi divisé en deux portions. La portion 
mpérieure s’oblitère ensuite, puis l’inférieure ; travail 
■ fait dans les premières semaines ou dans les premiers 
ois delà -vie extiA utérine. 

Supposez maintenant qu’une hernie se fasse chez un en- 
fantdont le (*nal n’est encore oblitéré qu’en un seul point, 
la hernie descendra jusqu’à ce point d’abord, et non n* 
bas ; elle sera bien cependant dans le prolongement 
tunique Vaginàlè', et nbni daiiS un sac herniaire 
sont pas tares ; voüS én avè^ vu tin dâns là derr , ■ 
laherOie descendait .ùij peu au--des^ous de t’ai ' . 

ne cliez un eiiLnt dé quelques mois, et le i ub était 
libre, beaucoup plus bas au fond du serpto» U en¬ 

core une hernie, vaginale .à làlqualle vou8-poi ,'<’è?jidonner le, 
nom de, hernie ifaginak-funioulaire -d dypog' ■> point ete 
décrite dans ces eirconstaftees. Ma. ®/&its'yoi‘V nezqua 
mésiire qtié des efforts nouvéauie là pOv /f ® ^ 

elle distend le tissu cellulaire du coi d ■ '-lere de la 

portion inférieure de la tunique Vagin' . ree, arrive 

jusqu’au, testicule, et coiïime rértyelop; Use du cor¬ 

don n’a'jlàs éhcbiè'coatràcté iTadhéfe > ;C le sommet 
de cet organe, à raison de^tunique ', ■ oqui lense- 
pare, la herUîé parvient lîien'i^ à déc ; • . pagtie le tes- 

liciile qu'ellé laiaàe en arrière,, 6 sereuse 

V-VlfeUiisse en avant, sans cepc:- .çscendre jamais 
aussi bas que dans la hernie .Y^gi"’’ ' sUculaire. î>i par 
hasard éliéVieiit alors âs'étrangje , .'; u-urgaen, en cher¬ 
chant â ohvrir le sàc, tombe in ' ’ ««r f Tfaie 

tunique vaginale qui est en ,ay “3*®, laquelle il ne 

froÙTC i-leh que le tésticülë ; il f ,<1 divise la paroi pos¬ 
térieure de cette tunique qui ùe le véritable^ sac. 

A. Coopet à désigné cettè vàr ts le nom de hernie en- 

kslée de là ^ufuqUe vaginale; ■■■ >nc: tout simplement la 
hernie vagînàlé fiuÛGulàiié us haut degre de déve¬ 

loppement. ■ 

Enfin, les choses ne, n* pOfiit toujours de la 




même manière. D’une part, on trouve q.uelquefois le ca¬ 
nal de coinmiHiication entièrement oblitéré avant la nais¬ 
sance. Wrisberg a Observé cette oblitération sur un fœtus 
de quatre mois. D’autres fois, le testicule étant descendu, 
l’oblitération est très lente à se faire. A. Cooper a disséqtie 
un sujet dé huit ans chez lequel lé canal offrait un pertùis 
qui polirait admettre une sondç de femme ; et nOUs avons 
ptt rétnai’quer plusteins fois quë chez les sujets âtteiùs de 
hernies dites çongéiiiales, et qu’on avait.cru guéris par 
rapplicaiion dés bttriefages ondihaires, la hernie reparais¬ 
sait à quiiiie, dix-huit pu vingt ârïs et plus tard, avec des 
caràctèrés assez tranchés de hernies congémales pour au¬ 
toriser à penser qu’il y avait ici, non pas une véritable 
ôblitératidh, mais un simple rétrécissement du canal. 
Dans le premier cas, vous voyez que les enfans pourraient 
être affectés immédiatement aptes leur naissance d’une 
hernie accidentelle eu tout semblable à celle des adultes ; 
tandis que d’une autre part des jeunes gens déjà assez 
avancés peuvent avoir une hernie vétitablement vaginale. 

Il y a plus; nous n’avons parlé que des cas où les téSti-*- 
cùles étaient descendus dans le scrotum, ef il y a de nom- 
bteuses excëptions. Gatiêstrihi âVait crû voir que chez les 
Hongrois lés testicules descéndaiçnt fréquemment fort 
tard dans les bourses ; et il ayait,^ là une prédisy '•itiph 
aux hernies, spéciale à cette nation^ Cela n’eri. o ’ -.-ient 
rare ailleurs ; et, par exemple,%n Fran'"' •' -pus 

seriez frappé de la fréquence remivp ’ in¬ 
terrogiez avec soin tous les indiv' ' ■ .unent 

ici quelques-unes de mes obs: - . 'te circons¬ 

tance s’est rencontrée. 

l-’Un sujetde six ' ' ' tche, descendu à 

deux ans, avait < ' ■ gauche ; le droit n’é- 

tait pas e»^ .i.v.’f - i' c - i, .la, 

2“ S' . ■ ' . .esticule gauche descendu dejàiis 

lo- I'.;.' '..pparaissant depuis un mois seule- 

. i.r i externe, et entraînait une hernie. 

.. quatorze ans, portant à droite une hernie 
aes preiiiiersjours après la naissance; le tësti- 
üche commence seulement à descendre. 

4“ Un, sujet de trente ans, le testicule gauche arrêté à 
l’anneau extél nei 

J’en pourrais citer un grand nombre d’autres ; certains 
individus ont même gardé toute leur vie un de leurs tes- 
tieüks' dsuls yàbdoniéiry .éî, d’après mes obsèrvations , il 
semble .que le testicule gauche soit plus sujet à ce retard 
dans la descente. N’allez pas croire que cette descente soit 
par elle seule une cause suffisante de hernie ; fort souvent 
le testicule suit son trajet sans que les viscères bougent, 
soit que les auneaus soient trop- étroits pour les laisser 
passer , ou que la tUrtîqüe vaginale se soit déjà resserrée 
au-dessous dé l’organe qu’elle embrasse. Je me souviens 
d’avoir vu un enfant de treize aiis qui n’avait encore dans 
le scrotum que le testicule droit, un brutal l’ayant élevé 
en l’air, comme il se baigait, le précipita à plat ventre sur 
la surface de l’eau ; il y eut craquement et douleur vive à 
l’aine gauche ; le testicule était sorti de vive force , et ce¬ 
pendant jamais ni alors ni depuis, après plus dé vingt ans 
écoulés, il û’y a eu apparence de hernie. 

Mais d'autres fois la hernie se fait ; l’intestin suit le 
testicule et sé présente avec lui à l’anneaü ou hors de 
Eanneào, eh uh mot, c’est une hernie vagirmle testiculaire 
avec la différence qui résulte de la position du testicule. Il 
peut de Blême se faire alors une hernie vaginale funiculaire 
par oblitération de la tunique au-Kiessus du testicule ; j’en 
ai plasieurs exemples, et souvent c’est pour le bandagisle 
un cas des plus embarrassans. Je ne sais s’il se fait quel¬ 


quefois aussi daUs ces circonstances des hetnies puremeiit 

accidentelles ; la chose h’est pas impossible, mais 1 etude 
des réalités est bien assez vaste pour ne pas nous auér 
perdre dans éèllé des possibilités. ' 

En résumé, donc les hernies dé la tühiqtté yaginalé se 
présentent d’’ab'Ord dans d!eux conditions toùtès différen¬ 
tes , qui permettent d’eh faire dfaborq deux grandes 
espèces: 

Ouïe testicule est descendu dans lescrutum , 

. Ou ïl néy est pas descendu ; et il s’est arrêté dmas le ca¬ 
nal, à l’âiitieâu externe oü au-dessOus de cet anneaift. 

Je n’ai jàftlâfs Vli de hernies se. fairépal'lé Canal ingùinal, 
le testicule ïèstaut caché dans le vèiitrè. 

Maintenant, dans chacune de ces espèces, il y a deux 
grandes variétés : , . ‘ 

La hernie caginaîe lestieulaire ‘ - 

hernie vaginale yitm'ca/ui're qui, à son plus haut degre 
de développement, prend les caractèrès- de la hernie en¬ 
kystée de la tuniijné vaginale'àek. Côùpëf'. 

Est-il possible de reconnaîtré toutes' ceê variétés sur le 
vivant, salis opération? Je le pense. . _ 

La hernie vaginale testiculaire , quand le testicule est 
dans le scrotum , se déclare en général subitèment ; l’en¬ 
fant tousse, un paquet d’intestins ise- précipite et arrive 
immédiatement au fond du scrotum, A part ce commé¬ 
moratif, on la reconnaît aisément par sà position en avant 
et un peu au-dessous du testicule , lequel est légèrement 
remonté an arriére'. La disposition de la tunique vaginale 
qui sert de sac â la" hernie , explique suffisamment ces 
phénomènes, qui ne se rencontrent dans aucune autre 
variété. 

Les effets de cette hernie sur toute l’économie sont les 
mêmes que ceux de la hernie des adultes ; j’y reviendmien 
parlant de cette dernière. Mais elle exerce sur les testicules 
et sur la forme du scrotum une influence qui u’a pas été 
suffisamment signalée. Sur les testicules la pression de la 
hernie fait qu’à la longue ils s’atrophient; j’en ai vu plu¬ 
sieurs exemples. 

Un homme de 26 àns avait eu une ternie de ce genre ; 
jusqu’àl’àge de 21 ans il ne porta point débandade; Je le 
vis à l’âge de 26 ans : la hernie était facileinqnt*,eKbnnais- 
sable; lë testicule droit 'était atrpphlé, réduit aû'volume 

d’un haricot. _ , 'ïï' 

Un homme de 40 ans vient demander Un bandage dou¬ 
ble pour deux hernies qü’il portait depuis son enfance, et 
qui, ne l’ayant pas fait beaucoùp souffrif justjffë là, n’a-ydietlt 
pas exigé l’emploi du brayer. Les deux,testicules étaient 
réduits à Un aussi mince vôlüinèqüe âpûs, lé càs*^ précéiîènt; 
l’homme était très grand, très gro§,.très fort, mais il avmt 
là voix grêle, très peu de barbe, et Ier système adipeux lar¬ 
gement développé. Il présentait également cette forme par- 
tieulièi e du scrotum qui est propre aqx )ierpies vaginales 
anciennes et non réduites. ün,diç^jf qup lo Scrotum a par¬ 
ticipé à l’atrophie du testicule ; il est bien moins pendant 
et allongé ; mais, de plus, au lieu de figurer un coin à base 
inférieure, il est plus large à sa partie siqiérieure. 

i, {La siiité à un prochain numéro.) 


Académib ns Médécinb. — Séance dü 7 jariVier. i 

M. Daily reièércie l’Académie pour l'honneur qu’elle lui a fait 
de l’appeler à la présidence, et Voté én même temps dès femercî- 
mens à son prédécesseur, M. HusSo’n. Il donne iéctiire du discours 
adressé aU Roi àU lium de l’Académie par le président de la 


Dans te cFSpitrè IX jl é» . •vôlé'que juue l’excitation dans 

lesmalaiies, èt-Wiüge è?’ ijs trois iedtioils : la première 

la seconde qitetijÇr'æB' 's irfifafivès prerfiaifes par le dé 

lauld'exditalion gastriques «hez les afifa- 

œés); la ioislèififtftfnl 4 irtitdivïfs fh«f excès d’exci- 

Mion (iiKlairfïiSffed# puti s pat lirsprtatictn d’un air trop 

if, gastiïles par ingestion . ns stimÿans,, etc.,),., Dms cette 
'lèine pirtie de l’ouvnrfÇèÇ ‘ji^ffoS dfô èftSîJgêmehs qui 

sùiviennent dans-les orgai ? ritlflüence de l’irritation. 

L’auteur enseigne que, par 1 ' l'irr talion, les tissus com- 

œencent à se mouvoir avec p irécipitation que dans l’état 

Doflnal ; alors ilS appellent les en raison dès hffiotfés qui 

Riaient entre.tes/mofécules di es et celles des liquidés : 

Iffinités qui augmentent avec l’i. ' de la vie. La partie irri¬ 
tée se tuméfle, rougit «n se :p t de sailg, le calorique 

l'y dégage en plus grande quant aa temptératurè augmen¬ 
te i.d'où peut résulter ta suppirrr.; iduralion rouge, le éa- 

aollissement.et la gangrène. De ti il résülte que l’ëxcita- 

li«:est,un état nqrmal, que cette i n peht se transforfher 

eniriitation, et celle-ci en intlamm és deux dernières ne 

loint donc qile l’escitalioh exagérée. 

Broussais étudie encaite l’irritatio. ut qu’elle se ttlcIHtre 

tons le tissu éréolaite.et lamirteûx , 6 ganglions,.les mus¬ 
cles, etc., elle itissq nerveux, dont l’éi brasse : t ®les irri- 

Ufious dfes^eiftrémités .nerveuses répand t les divers tissüs ; 

î“:les irritations des cordons nerveux ; rritatidns dil cer¬ 
veau, du cervelet et de M moelle. La p, partie du second 

volume est terminée parle dilemme suîv s médecins n’ont 

Ibhoisir qù’eiilre deux manières de philo. ou il faut qu’ils 

loient physialoêisles, et ils ne.peUveht l’i m prenant pour 

piide rireitabiliité:,. ou ils, doivent être lefe , et alovs ils 

Isnt exposés à d’innombrables contrsdroti ofiques et pra- 

tques j et alorS-ils:ne peuvent.tirer qu’u feiblé parti dés 

observations ■q’ù’ite ahrool fà’tès. ' ‘ 

G’est pour faire ressortir la vérité de c< -eirt qüe Brous-- 

■dis a choisi I histoire de la folie ,. li’une aladies sur le^ 

queltes d’empirisine A régiàé fo plus Ite i . ; mais ce n’est 

pastout en choisissant la folie pour don ■ idee des appli- 

Oations des principes physiologiques, il a île objet, celui 

de contribuer au perfectionnement de la alique de celte 

funeste maladie, et de la faire servir au. is de la science 


de l’entenderaent hümein et à la destruction de l’ontologie. Puis, 
il entre en matière et traite successivement des causes de la folie, 
jlè son incubation, de.ses- éttftlêléte?,-de sa marche, de sa durée, 
de son traitement et des altérations qadavériques rencontrées 
étiez les aliénés. Dette setforidé partie est remarquable par les 
Opinions anti phrénologiqSës qu’plie confient et qui forment 
contraste curieux avec les aütres parties de l’ouvrage, qui sont 
entièrement en faveur des idées de U-àlI. Pour comprendre cette 
particularité f il est bon de faire, irèniarquer qu’à sà mort, Brous¬ 
sais s'occupait de mettre cet ouvrage en harmonie avec ses nou¬ 
velles convictions, et qu’il n’aurait pas manqué de refondre la 
tfetnièfé parffè de son ouvrage, où il fait plus d’une objection 
contre le système, de Gall. Quels que soient les contrastes qui se. 
mOntreiil dans eCt écrit, par rapport aux opinions phrénologi- 
quéS 'et àüti-plirénoiôgiqüés de, î’auieur , nous devons remercier 
M. C. Broussais'dè nous avoir transmis la seconde partie de l’ou¬ 
vrage, telle qa’ellé se trouve dans la première édition. 

L’atufetlr définit la folié là cessation prolongée du mode d’ac-: 
non ou cerveau, qui dans fctàtnornlàl est le régulateur delà 
cOhdUitë dés hOMliies, et auquel tient cétte faculté qu’on appelle 
là raison ; mais il faut que’.les malades puissent s'acquitter en 
gi-àndé pârtle dès fonctions desj àütrçs organes pour q.u’on leur 
donné là.qnalificàtion dé foiis, car.on ne considère pas comme 
léh les frenétiqües ét beaucoup de malades attaqués de phtegma- 
sîes aiguës qui sont aussi dépourvus dé raison, Privé de cet insr 
trùbtettt'i -l'bommè ne peut plus résister aux impulsions aveugles 
dè l’instinct, et cet Instinct estluî-même plus ou moins dépravé 
dàris la folie; delà, la possibilité de tous les genres d’aberràtion 
dàhs les discours et dans lès actes dés hommes frappés d’aliénation 
mentale. Relativement aux formes delaîolie, l’auteur les divise 
en m'anie aiguë, distinguée en furieuse et sans fureur ; puis vient 
là manié chronique, qiii peut être générale où partielle (mono-, 
nlàniè). Les monpinânies sont distinguées en instinctives ou fon¬ 
dées Sur la perVërs'pn de l’instinct et des besoins appelés physi¬ 
ques , ét en mônornanies intellectuelles oïl fondées sur la per- 
vfersion dés besbln's moraux ét sur la prédominance d’une idée ou 
d’ünè série d’idées acquisés ; puis viennent quelques pages sur la . 
mànle intermittente, et à ce sujet Broussais cite un cas curieux • 
de ëetlë espèce. Il s’agit d’une dame qui avait depuis trente ans , 
idèS a'èeès àrinuëls de folie qui duraient trois du quatre mois; elle" 
_ea pressentait le retour, et se rendait dans une maison desanté; 
l’aecès passé; cétte dame .s’en retournait ëhéz éllë; éf CUfisètUif 
toute sa raison jusqu’à l’année suivante. 


Dans le ettâpflre Yï, Broussais déroule à nos regards le tableau 
des différentes théorîës qiil ont régné sur l'a folie, depuis l’anti¬ 
quité jusqu’à l’époque de la médecine physiologique ; il prouvé 
que depuis long;lepipsla foli» était «onsidéiéeeinnm une inflam¬ 
mation dfi^’êerveatemfe ÀEBlHges,' véfilèôoîiirgdéê dans Cælius 
A irélianùs,, qui hwBqufe wê«ë éemttrèmmffenstfiéfâpfeirtf^ilé^sïi 
celte (maladie, l’application dé àabgsues et de ventouses scari¬ 
fiées à la tête, à lafljqqqqietientrélep épaUle’st ainsi qu’un régime 
rafraîchissant, la diète et la stimulation révulsive sur la peau. Si 
les médecins ont substitué, dit-il, les idées humorales de Galien 
comme catxeeaprodnctrices de la fèllS; IFK!! céfélürà- 

les, c’est parce qu’ils ont pris pour type de l'inflammation le 
phlegmon, ët qii'lls Ont pebsë.qué là 'bü f( f 'âvàît inflammation, 
il devait y-aRbif iuppuratîon. Or, ëom'rtié il èst rare, dè trouvèr 
du pus phlegmoneux dans lé cèrvea'U dps, aliénés, ils 'nè sè, se^ 
raient jamais perbUàdë què lès ratoollisSélHëns, les indurafionsi 
t’dpabité, l’injaclkm; l'adhëretrcèdès ibëtebranés,'jpussènï être 
produits par une phlegmasié'et'faire liaîtré lé délire, là fureur, 
les convulsion», l’exattation ou l’abrutisseméni des facultés .Intel-' 
i*>ëiaelles ; èt lorsque cés altérations furent réncDnlréés, on les 
lidéra, noiljws cottiwé ëàtiséi, ibàîs èprnmfe effets fié l’àliéna- 


gré de f inflammation, ettaniôt teste au-déssdiis. Les cohvulsions, 
pertes partielles et générales dii sentiment ét du mouvement, les 
engorgemens, congestions, ramoIlissei«enë, épàiichemens, etc., 
furent attribués par lui à la même dansé ; èt dans l’examen des 
doctrines il établit que les congestinns ëérébralés, les cancers et 
les hydatides du cerveau, seS tùberëüleb, été., sont léS produits" 
de l’irritation. Il restait à rallier la folie à oes mêmes altérâtîoi» 
et^c’est ce qu’il fit ilans la 123» pn-oposition de l’Examen des dw-, 

trines ; voici le texte de celte propDsilion : . , , . 

Il La manie suppose toujours une irritation du cerveau; cette 
irritation peut y être Chtretenue long-temps par une autre inflam- ' 
mation, et disparaître avéC ellè'; mais si elle se prolonge elle 
: finit tmqours par sé coUvèVti'r ,én üné vérftablq.encépltaîite’ soit 
Ipaeebchymateuse; soit membràbenSe. " 

‘ Plus Ibin-l’auteW S’élève^ centre lès médèéhisqui seront ^o-" 
rifiés d’avoir établi les premiers que le diagnostic médical con¬ 
siste à donner aux phénomènes extérieurs une valeur représenta¬ 
tive de l’état intérieur ou de la lésion de l’organe qui en est le 
siège; et pour qu’on ne lut conteste plus désormais la priorité de 














commission qui s’est rendue au château des Tuileries le jour de 
l’an, et fait connaître la réponse faite par sa. Majesté à ce dis¬ 


cours. 

— M. le Président invite l'.Académie à nommer une commis¬ 
sion de sept membres pour être investie du pouvoir de proposer 
la liste des nouveaux membres-correspondans de l’Académie. 
Cette commission se compose en partie dés membres, du conseil 
d'administration, et en particulier de M. Orlila, membre inné de 
toutes les copimissions possibles, passées, présentes et futures ! ! 

— Relevé siatistigue des pneumoniques traités à la clinique 
de M. Bouîllaud. M. Rayer fait un rapport sur un travail de M. 
Pelletan, relatif à 7â cas de pneumonie et pleurp-pneumônie 
observésà la Charité. Ce travail expose d’abord les détails des faits 
observés jour par jour avec lé plus grand soin. L’auteur se livre 
ensuite à des considérations générales, et en tire des conséquen¬ 
ces du plus haut intérêt pour l’histoire générale de la maladie. 

' Dans les tableaux dressés par M. Pelletan, on remarque que la 
j)neumonie unilatérale est beaucoup plus fréquente que la pneu¬ 
monie double ; elle est plus commune à droite qu’à gauche, à la 
base qu’au sommet du poumon, chez les sujets jeunes que chez 
les vieillards ; et, chose remarquable, chez tous, le mal avait été 
occasionné par l’action du froid. Très souvent la maladie était 
compliquée de pleurésie, et lorsque le délire s’est manifesté, la 
pneumonie occupait le lobe.supérieur du poumon. La fréquence 
du pouls n’a pas toujours été en raison de l’intensité de la ma- 

Arrivant enfin au traitement, M. le rapporteur fait voir toute 
l’importance des saignées appliquées d'après la formule de M. 
.Rouillaud; il s’appuie sur les hèureux résultats obtenus par cet ' 
habile observateur, puisque sur les 75 cas, deux seuls malades 
.sont morts, les autres sont guéris. Il est donc vrai de dire, ajoute 
M. Rayer, qu’en se conformant à la formule de M. Bouîllaud, la 
■guérison est la règle, la mort l’exception. Les deux sujets, efftcti- 
vément, qui n’ont pu profiter des bienfails dé la méthode, se 
trouvaient dans une condition exceptionnelle, puisque leur mal 
.était déjà arrivé à la troisième période quàndils ont été reçus à la 
clinique. Une dernière remarqué non moins importante, c’est 
,que lUj convalescence, a été généralement très courte, et la guéri¬ 
son elle-même s’est opérée dans l’espace de cinqà sept jours. M. 


Pelletan a éprouvé aussi les avantages réels des vésicatoires ap¬ 
pliqués après la saignée, ce qui contredit les préjugés contraires 
qu’on avait répandus-sur,ce puissant remède antiphlogistique. 

. Dans l’appréciation de chaque proposition de M. Pelletan, M. 
Rayer a présenté'les relevés statistiques de plusieurs auteurs ac- 
; crédités, et fait des rapprochemens très heureux. Il termine en 
votant des remercîmens à M. Pelletan pour son intéressante 
coniinunication, et en proposant l’envoi du mémoire au comité 
de'publication, 

Le rapport et les conclusions sont mis aux voix et adoptés. 

M. Moreau demande que l’iniéressant rapport de M. Rayer 
soit imprimé en même temps que le mémoire de M. Pelletan, 
comme un complément de ce dernier. (Adopté.) 

— M. Boyer a lu une intéressante observation d’anévrisme de 
l’aorte recueillie à l’hôpital des Cliniques, dans le service de M. 
Dubois d’Amiens. (Commission.) Nous en rendrons compte lors¬ 
qu’un rapport en sera fait à l’Académie. 

■ — 'Vers la fin de là séance, M. Leblanc, médecin vétérinaire, 
présente une pièce d’anatomie pathologique que l’Académie a ob¬ 
servée avec le plus grand ,intérêt.; C’est le cadavre d'un chien sur 
lequel M. Leblanc avait inoculé avec succès la morve avec de la 
matière prise chez un homme atteint de cette maladie. On avait, 
jusqu’à présent, inoculé la morve de l’homme au cheval, du che¬ 
val au chien et du chien au cheval, ét les résullats avaient été , 
positifs ; mais on n’àvait pas encore inoculé la maladie de l’hom- 
1 au chien : c’est ce que M. Leblanc vient de faire avec succès, 
■''iinerons les détails de ces observations. 

' '■vée avant cinq heures. 


M. G. Broussais: De la Statistique appliquée à lapatholois 
et à la thérapeutique. ® 

M. Dalmas : Des Métastases. 

M. Hourmann : De la Périodicité dans les maladies. 

M. Combelte; De l’Hydropisie. 

M. Requin : Des Prodromes dans les maladies. 

M. Legroux : De la Spécificité dans les maladies. 

M. Gendrin : De l’Influence des âges dans les maladies. 
M. Piorry : De l’Hérédité dans les maladies. . 

M. Gibert : Des Altérations du sang. 

M. Dubois d'Amiens : De la Fluxion et de la Congestion. ' 
M. N. Guillot: De l’Influence de l'Anatomie pathologique i 

la thérapeutique. « 

Ço^ouave : De la RévMwion et de la Dérivation. 

Ces thèses devront être remises imprimées le 21 janviei 
quatre heures en séance publique. 


Recherches sur l'introduction accidentelle de l’air dans 
veines^ et particulièrement sur cette question : « L’air, en s’ini 
»' duisant spontanément par une veine blessée pendant unec 
» ration chirurgicale, peut-il causer subitement la mort?» 
J.-Z. Amussat, membre de l'Académie royale de médeci 

I vol. in-S" de 264 pages. Prix, 6 fr_A Paris, chez Get 

Baillière, libraire, rue de l’Ecole-de-MCdccine, i v. 


■ PATHOLOGIE INTERNE. 


La Némésis Medicale est complète, les trois dernières sa! 
viennent d’être publiées en même temps ; les sujets en sont 
Le Conseil royal de VInstruction publique ; — l'Institut] 
Les Lazarets et les Quarantaines ; 

Et enfin lés Adieux. 

Ua réimpression dés satires qui étaient épuisées permet di 
rer l’ouvrage entier aux personnes qui en feront la demant 


4fr. 



BREVET D INVENTION. 

• /V Exposition de 1H3! 

MÉDAILLE D’OIt. 

MW^FCHARRIÈRE, coutelier, 

Fabkcantd.instrumens dt 
chirurgie. Fournisseur de 
ta Faculté de médecine de Paris, 

Rue de lEcole-de-Médecine, 9. 
Bouts de sein et Biberons en ivoire flexible, de 
' 4 à 10 fr. 

Pompe simple à courant régulier sans réser- 
• voir d'air, de 12 à 24 fr. 

Appareil du docteur Donné pour les Cors, OEils-de- 

- Perdrix, etc., de 5 à 8. fr. 

- Chacun de ces objets est accompagné de lanotice explicative. 

■ Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 

- : Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


BREVET PROLONGE D 


^ A MADAME BRETON, SAGE-FEMME, L 

g Boulevard Saint-Martin, 3 bis, enfaceg 
le Château-d’Eau, à Paris. 


, Les Bouts de sein en tétine et Biberons 

I de'Madame BRETON, ex-répétiteur et chef 

le clinique à la Maison royal,e d’aççouche-1__ 

mens, sont les seuls qui aient obtenus des Médaillés 
aux' E.positions de 1827, 1834 et 1839. '. 

' Pour éviter la mauvaise contrefaçon ,‘il faut exiger gratis, 
avec chaque appareil ; l’Àvis aux Mères, en 25 pages, qui indi¬ 
que les soins et alimens dus aux enfans. Les bouts de sein et 
biberons de Madame BRETON portent son nom. Elle reçoit des 
Daines enceintes à tout terme de la grossesse. 


SERRE-BRAIS laEPERDRlEl. 

Et autres Bandages perfectionnés pour Vésicatoires, Cautères ét 
Plaies. 


Faubourg Montmartre, 78. 


De POTARU, Pharmacien, rue Saint-Honoré, 2'!'1. Guérit . 
rhes, asthmes, irritations de poitrine, glaires; facilitent l’expec. 
entretiennent la liberté du ventre. Dépôts chez tous les Pharmacie! 


* Découverte..s. Prodige de la Chimie! c 


POMMADE DU LION 


I — Seul et vrai PAPIER CHIMIQUE de mi 
|P6üpier, brevetée, admis à l’exposition de 1834, 
engofgemens, plaies et douleurs de tout espèce, 
's cors et oignons, préparé par Hebeht, pharmi 
’erie Véro-Dodat, 2, où il se vend égalemen 
ieuille, enveloppée dans son prospectus, port 
'^e octogone au milieu. 

7" .hez l’auteur, rue Sainte-Avoye, 
imperméables, à la feuille pour catapl 
' çant le taffetas gommé dans toutes s 
licinales. 




SOnnciLS. (I 

VIÏIENSE, N' 
M. FRANÇOIS, 


passage Colbert , près lè î?alais-Royal. Et chez, 

____ DÉPOSITAIRE, même maison.—(six pots, 20 fr.—On expédié.) 

—.4 A-«’fiAA'KNïVi.'t lies coiffeurs, parfumeurs et autres trompent en vendant' 
de viles contreracons sans effets sous notre titre : noos N’AVONS adcün 
DÉPÔT CHEZ EUX Ni’AlLLEDRS. Le public doit acheter directement à l'adressi 


à 


par. auteur lui-même; 5 années de réussitestouj . 

Nos pots sont revêtus de la signature à la main de M. François, du cachet de l'a, 

\ sac cire rouge, et accompagnés d'un prospectuS (Se bien méfier de toute EOCTiQnï.) ■ 


PATE PECTORALE 


REGNAULDAINE 


, Bné Caiimartîn, 45, à Paris. ' . 

I SUPÉRIORITÉ CONSTATÉE SUR LES AUT^S PECTORAUX | 
Pour guérir les rhumes, catarfhès et mâladiés dé poitrine. 

DEPOT Durs TOrXES lÆS VTLIES DE rÀAlYCE ET DE X'ÊTRAHCBBn > 


’ fr. — Au Bureau du Journal. 


i!É 


a MÉDECIl OPÉRAK 

P marboeuf, 7, P 


Ci 


Beaucc 
avec un su 
ment. 

Parmi les 
lades, nous^ , 
Blandin, Bg- 
gie aîné, Ev 
Fiévéede L 
tiolle , Lisf 
letan, Roc) . 
Souberbiell 
Le prix ■ 


~SWSÈ 
l l\on1 


ades ont été reçus et 

' as cet utile ét..-..oiül 


f ont adressé des ma¬ 
les docteurs Amussat, 
■ .<n du Villards, Dever- 
liviale, Jules Cloquet, 
raque fils. Leroy d’E- 
, Marjblin, Jules Pèl- 
Ségalas, Sellier, Sicliel, 


jst modéré. 


ETABLISSEMENT THERMAL DE VIG 

Aux Pÿramîdes, rue St-Honoré, 295, du coin d* 
EAUX NATURELLES de PAST 


if. 

la bouteille. 


I.VICHY. 


i général.) 

3 Pyramides. 
îESTIVESde 
f 2 f. la botte. 

( 1 f. la 122 b. 


DÉPÔT GÉNÉRAI. DANS TOUTES LES VILLES DE ÉttANCE 


cette idée, il prouve qu’elle lui appartient, qu’elle est le fonde¬ 
ment de la doctrine physiologique, et que c’est cette même idée 
qui lui dicta l'histoire des phlegmasies chroniques, publiée en 
' 1808, époque à laquelle les spoliateurs n’étaient point encore sur 
les bancs de l’école; il s’élève aussi contre ceux qui ont prétendu 
que la folie ne pouvait pas être sympathique, c’est-à-dire dépen¬ 
dre de l’affection d’un organe autre que le cerveau. 

Dans le chapitre VI, intitulé : Théories de la folie selon les 
anciens et les modernes, jusqu’à l’époque de la médecine physio¬ 
logique, Broussais fait la guerre aux doctrines de Gall. Cepen¬ 
dant On remarque que déjàil y avait en lui les germes d’une 
conversion qui est devenue si éclatante ; car il dit (page 469) : 
K Notre ôpinion bien arrêtée est qu’en effet il est nécessaire d’un 
certain développement dans le cerveau, organe de l’intelligence, 
pour qu’un homme se fasse remarquer par ses moyens intellec¬ 
tuels; que les facultés les plus distinguées correspondent, comme 
le veut le docteur Gall, au développement de la moitié antérieure 
des hémisphères du cerveau: opinion déjà énoncée dans l’anti¬ 
quité....» 

> L’auteur fait déjà, comme on le voit, de la localisation, puis¬ 
qu’il attribue la manifestation des facultés les plus distinguées à 
la moitié antérieure du cerveau; or, de cette localisation en 
masse à une localisation de détail il n’y a qu’un pas, et pour un 
génie aussi ardent que celui de ce grand homme dont l’ontolo¬ 
gie et l’entité étaient sa bête noire, il n’est point étonnant qu’en 
méditant les œuvres de Gall et de Spurzheim, il se soit lancé dans 
les idées pbrénologiques qui paraissent donner une explication 


satisfaisante du moral de l’homme, en rattachant les instincts, les 
sentimens et les facultés de l’intelligence à l’organisation, objet 
constant de ses travaux et de ses veilles, et pour le triomphe du¬ 
quel il combattit long-temps avec talent et courage. 

En résumé, pour l’auteur, la folie est un des effets de l’irrita¬ 
tion ; ses causes, ses symptômes, sa marche, les altérations ca-, 
davériques, tout le prouve. Quant au traitement, après avoir 
parlé des différens moyens thérapeutiques qui ont été en honneur, 
tels que les saignées, les purgatifs drastiques, les bains de sur¬ 
prise, etc., il signale les services rendus per Pinel aux aliénés, et 
établit que la folie étant le résultat de l’irritation, il existe pour 
la combattre deux ordres généraux de modificateurs, les sédatifs 
et les contre-irrilans nommés aussi révulsifs. Au début, si la ma¬ 
ladie est à son plus haut degré, on devra la considérer comme 
une encéphalite et la traiter en conséquence, à l’aide des saignées, 
de l’abstinence, des boissons émollientes, et par l’application du 
froid. Puis il arrive aux moyens hygiéniques, à la tête desquels 
il place le traitement moral; il insiste sur la réclusion dont.il dé¬ 
montre les avantages. Tel est en peu de mots le résumé bien im¬ 
parfait du Traité de l’Irritation et de la Folie. Cet ouvrage est 
riche de faits ; l’argumentation vigoureuse de Broussais s’y mon¬ 
tre dans tout son éclat, et les idées philosophiques les plus har¬ 
dies et de l’ordre le plus élevé s’y rencontrent à côté des faits les 
plus insignifians en apparence, mais qui, observés par l’œil de 
lynx de l’auteur, sont d’un haut enseignement. Telle est l’anec¬ 
dote qu’il rapporte, et dont une chatte fait tous les frais. On sait 
que Broussais aimait les animaux, et surtout ceux de l’espèce fé¬ 


line ; son attacheni 
en montrant jusqu'- 

Le Traité de TI 
1» A détruire 1 
2® A raltaeher.; 
3“ A ramener 1 
4® A montrer b : 
les phénomènes p 
6“ A faire triO: 
psychologie anci- 
Certes , c’élatt ■ 
entièrement ach''. 
notre juste adrai 
coordonné toute- 
taché chaque gt 
nés cérébraux a. 

En tête de l’o 
G. Broussais , d; 
met la publicat’ - ■ 
lus par son pè 
férens sujets;' 
sous le titre df 
suite de cette n 
nument funèbi 


:vi aux progrès de la scie]R«i 
rs instincts et leur raisonne- 


lésions des organes ; 
e à l’organisation ; 

Tr.itntinn Af l’irritafL 


'excitation et l’irritation dam 


-te de Gall, au préjudice de I* 


lie à remplir, et Broussais l’eM 
ne l'avait pas ravi trop lôtJ 
as douteux , en effet, qu’il n’eût 
- son ouvrage, et qu’il n’eût rat- 
,’irritalion de chacun des orga- 
ses continuateurs. 

, une notice préliminaire par Sî 
■ Is de l’illustre défunt nous prfl 
îs différens discours et mémoirft 
insi que plusieurs autres sur dit' 
qui formera un volume , paraîtra 
Médecine et de Philosoph' ' 
■me liste de souscripteurs i 


E SaINT-LubGÈBS , B.-M.-P. 


Paris, imprimejrie de Béthune et Plon, rue de Yaugirard, 36, 














































SAMEi;^ Ï1 JANVIER 1840. 


TOM£ 2. » S< SÉRIE. 


Ka Mjancette française. 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


HOPITAL DE LA CHARITE. — M. Gerdï. 

Peux observations de paralysie de la vessie traitées et guéries 

par l’application de vésicatoires sur Vhypogastre et sur la 

région lombaire. 

Première observation. , 

Lobry (Eloy-Auguste), est entré le 17 juillet, salle St- 
Jean, 21. C’est un bottier âgé de trente-cinq ans, revenu 
depuis six mois d’Alger, où il a servi pendant six ans dans 
les chasseurs à cheval. Fréquemment, pendant cet inter¬ 
valle, il est resté long-temps à cheval sans satisfaire au be¬ 
soin d’uriner, soit par impossibilité, soit par négligence. 
Toutefois, il n’a éprouvé aucun inconvénient de cette cir¬ 
constance pendant tout le temps qu’il est resté en Afrique. 
Mais, environ quinze jours après son retour en France, il 
s’aperçut, un matin, qu’il avait uriné dans son lit. La nuit 
suivante le même accident se renouvela. Pendant le jour 
il urinait d’ordinaire volontairement. Quelquefois cepen¬ 
dant il n’était averti du besoin d’uriner que par quelques 
gouttes qui, en s'échappant, venaient mouiller son panta¬ 
lon. Bientôt il s’aperçut que les urines tombaient sans for¬ 
mer de jet. Pour favoriser leur expulsion, il se livrait à de 
vains efforts, et se trouvait obligé de peser sur l’hypogas- 
tre et sur le périnée. D’ailleurs, il ne pouvait aucunement 
arrêter l’excrétion des urines dès que celles-ci avaient 
commencé à couler. Les choses ont persisté dans cet état 
jusqu’à présent. 11 a continué d’uriner toutes les nuits 
dans son lit. 

Le 18 juillet, on applique sur l’hypogastre un vésica¬ 
toire camphré. , , , • - t. 

Dans la nuit du 19 au 20, le malade n’a pas pisse au ht. 

Jusqu’au 27, les choses s’améliorent progressivement; à 
celte époque, l’expulsion des urines est presque normale. 
On panse alors le vésicatoire avec du cérat pour le sécher. 

28. Les choses se maintiennent dans un bon état. 

29. Le vésicatoire est complètement sec. Le malade a 

pissé au lit cette nuit. „ , 

30. Il a encore pissé au lit. On reapphque un vésica¬ 
toire sur l’hypogastre. 

. Dans la nuit du 30 au 31 il n’a pas pisse au ht. 

Jusqu’au 12 août, sous l’influence du vésicatoire, qui est 
pansé avec la pommade de garou, l’excrétion de% urines 
devient chaque jour plus volontaire. Pendant tout ce 
temps le malade ne pisse plus au ht ; les urines sortent en 

formant un jet qui s’étend à environ un pied. ^ 

Le 13 août, pour éviter une rechute et entretenir 1 ame¬ 
lioration, on applique un vésicatoire sur la région lom¬ 
baire droite. 

Du 13 au 1 , l’amélioration se soutient toujours, et 
mène s’accroît. L’urine est alors projetée à anvirori deux 
pieds. On sèche le vésicatoire. 


Depuis cinq à six jours, consécutivement au vésicatoire 
de la région lomhaire, les ganglions inguinaux se sont en¬ 
gorgés. L’engorgement s’est propagé par les lymphatiques 
à la cuisse et même à la jambe. La cuisse surtout est en¬ 
gorgée, et présente sur sa face interne des stries rougeâtres, 
suivant la direction des lymphatiques. Cataplasmes sur 

Le 22, 30 sangsues sur la région inguinale ; hains alca¬ 
lins ; cataplasmes. 

Le 23, bain alcalin. 

Le 30, la lymphite a cédé aux cataplasmes et aux sang¬ 
sues. Du reste, tout s’est maintenu en bon état du côté de 
l’excrétion des urines. Le malade sort. 

Deuxième observation. 

Royer (Simon), âgé de quarante ans,,'cordonnier, est 
entré le 16 novembre 1839, salle Saint-Jean, 32. 

Il y a douze ans qu’il fut traité à Beaujon, parM. Mar- 
jolin, pour une maladie de la vessie qu’il dit avoir entendu 
appeler incontinence d’urine. On employa des cataplasmes 
et des bains entiers. 

Depuis ce temps, il n’avait plus rien ressenti du côté de 
l’excrétion des urines, quand, il y a douze jours, il s’aper¬ 
çut qu’il urinait involontairement. Il fit cette remarque à 
la suite d’une marche à pied continuée pendant quinze 
jours. En outre, il avoue que souvent, par paresse, ou pour 
ne pas se déranger de son travail, il a négligé de satisfaire 
au besoin d’uriner. Quoi qu’il en soit, la nuit, il mouille 
ses draps; le jour, il n’est averti du besoin d’uriner que 
parla sensation d’humidité développée sur ses cuisses par 
la présence de l’urine. Celle-ci est excrétée sans former de 
jet. Le malade, comme on dit, pisse sur ses souliers. Une 
sonde, introduite facilement dans la vessie, a fait sortir 
une quantité assez notable d’urine. Toutefois, ni la main 
appliquée sur l’hypogastre, ni le doigt introduit par le rec¬ 
tum, n’avaient auparavant indiqué une distension extra¬ 
ordinaire de cet organe. Le malade n’y accuse d’ailleurs 
point de douleurs. 

Le 17 novembre, on applique un vésicatoire camphre 
sur l’hypogastre. 

Le 18 le malade ne pisse plus au lit. 

Le 22, il commence à percevoir la sensation du besoin 
d’uriner ; l’urine ne sort plus goutte à goutte, et la volonté 
peut quelque chose sur son expulsion. Toutefois, impossi¬ 
bilité complète d’arrêter l’excrétion urinaire ^uand elle a 
commencé. Le besoin d’uriner revient assez fréquemment, 
sept à huit fois par jour ; et quatre ou cinq minutes après 
chaque expulsion, le malade est obligé d’expulser une nou¬ 
velle quantité d’urine, peu considérable d ailleurs. 

Jusqu’au 26, l’étatdes choses s’améliore. De jour en jour 
la volonté prend plus de part à l’excrétion des urines ;• cel¬ 
les-ci forment un jet de plus en plus marqué; le 26 elles 
sont projetées à deux pieds. Le malade éprouve toutefois 


assez fréquemment le besoin d’uriner, huit à dix fois par 
jour. 

Jusqu’au 30 noverirbre, sous l’influence du vésicatoire, 
dont on continue toujours d’entretenir la suppuration, 
l’amélioration déjà signalée se maintient. 

Le 30 novembre, les phénomènes qui accompagnent 
l’excrétion des urines sont les mêmes qu’à l’état normal ; 
le besoin d’uriner a perdu de sa fréquence. 

Le 2 décembre le malade sort. A. le F... 


Cancer énorme du rectum, chez un homme de 67 ans-, exlir- 

"pation; accidens consécutifs graves; guérison, dont la durée 
. dfile. déjà déplus d’un an; par M. Petel, d.-m. au Cateau 

(Nord), ancien interne des hôpitaux de Paris. 

Leduc (J.-B), âgé de soixante-sept ans, cultivateur à 
Vaux-Audigiiy, près Bohain (Aisne), d’un tempérament 
sanguin, avait toujours joui d’une santé parfaite, il n’é- 
prouvait qu’un symptôme à peu près habituel; depuis 
long-temps il avait, disait-il, le boyau tendre. 

Dans le commencement de 1838 il se plaignit à M. Vi- 
grion, médecin de la commune, d’une diarrhée parfois san¬ 
guinolente qui le fatiguait beaucoup. Nous-même fûmes 
consulté à cet égard ; nous apprîmes qu’il était sujet aux 
hémorrhoideset à'un cours de ventre presque habituel, 
que depuis qirelque temps du sang apparaissait fréquem¬ 
ment dans les selles, que de la douleur précédait et accom¬ 
pagnait la défécation. L’exploration du rectum fui né¬ 
gligée : et d’après l’étude des symptômes, nous portâmes ce 
diagnostic; Golo-rectite chronique ; en conséquence, nous 
convînmes, M. Vignon et moi, de mettre notre malade à 
un régime convenable, d’employer des lavemens d’ami¬ 
don laudanisé ; ces moyens étant insuflisans, nous eûmes 
recours aux pilules opio-saturnines, mais le tout en vain, 
ou du moins avec de légers amendemens dans les symp¬ 
tômes. 

Septjà huit mois après, vers septembre, appelé de nou¬ 
veau à voir le malade, je m’empressai cette fois de porter 
le doigt dans le rectum; j’y constatai, et après moi M. 
Yignon, des tumeurs indurées dont la nature nous parut 
équivoque ; étaient-elles hémorrhoïdales, étaient-elles 
squirrheuses? Nous penchâmes pour cette dernière opi¬ 
nion, nonobstant le faciès du malade qui était des ineil- 
leurs< 

Au mois d’octobre nous étions fixés sur ce point: les 
douleurs étaient décidément lancinantes, les selles tou¬ 
jours précédées par un ichor plus ou nioiiis abondant ; dès 
lors nouvelle exploration qui nous apprit que les bosselu¬ 
res étaient augmentées surtout à gauche et encore plus en 
avant, où il existait, de plus, une ulcération profonde. Le 
toucher fut très douloureux. Le-doigt, introduit le plus 


B'EÏÏIMJLIjETOIlf, 


AtOTICE BIOGRAPHIQUE SUR ANTOINE SCARPA. 

{^Foreign quarterly review.) 

Il semble que tous les hommes célèbres qui répandaient un 
grand lustre sur leur patrie et éclairaient la génération actuelle, 
se soient donné le mot pour mourir ensemble ! Au sentiment de 
profonde douleur que cause leur perte, se joint presque celui de 
l’étonnemènt ; on voudrait que la mort fît une exception en leur 
faveur; on s’accoutume, pour ainsi dire, à l’idée que ces flambeaux, 
qui jettent une si belle lumière, ne doivent pas s’éteindre 1 Mal¬ 
heureusement ni la science, ni la sagesse, ni la tempérance ne 
peuvent garantir de ce glaive suspendu sur toutes nos têtes, qui 
frappe en aveugle à droite et à gauche.Scarpa, dont nous voulons 
essayer de retracer les travaux et les droits à la reconnaissance des 
hommes, a long-temps présenté une de ces heureuses exceptions 
dont nous venons de parler ; il a quitté la vie plein d’années et 
de gloire, et jusqu’à son dernier moment, il n’a pas cessé un ins¬ 
tant de s’occuper utilement de l’art de guérir qu’il a pratiqué avec 
tant d’honneur. 

Comme physiologiste et Comme chirurgien, il est probablement 
l’homme qui s’est acquis la plus grande et la plus belle réputa¬ 
tion. Son nom était plus qu’européen, il était proclamé dans le 
monde entier ; ses découvertes en anatomie et en chirurgie ont 
été accueillies partout avec admiration ; partout elles ont été 
utiles. Ses œuvres ont été traduites et commentées dans t' utes 
les langues. H a laissé dans le cœur de ses nombreux disciples 
des senlimens profonds d’amour et de vénération, en même temps 
que des semences qui ont produit partout de bons fruits. Il existe 
à peine une société littéraire ou scientifique qui n’ait regardé 
comme un honneur de se l'agréger, et à la mort de sir Humphry 
Davy, il fut nommé par acclamation un des huit associés, rési- 
dans à l’étranger, de l’institirf de France. Les honneurs, les ti¬ 
tres, les récompenses des souverains, venaient le chercher dans 
sa retraite. Le besoin de repos, la diminution de ses facultés phy¬ 
siques et surtout de sa vue, l’engagèrent à renoncer à la pratique 
et è se retirer dans sa magnifique maison de campagne, ou, en¬ 
touré d’une des plus belles collections de tableaux, d’objets d’art 


et d’a»tiquités, il partageait son temps entre les muses, les beaux- 
arts, l’agriculture, l’anatomie et la chirurgie, qu’il ne cessait, 
malgré son grand âge, d’enrichir de quelque idée oii de quelque 
découverte nouvelle. ^ . 

Il a conservé jusqu’à son dernier moment une sérénité parfaite 
et cette étonnante vigueur intellectuelle qui l’avait si bien servi 
pendant toute sa vie ; il s’est éteint à l’âge de 85 ans, dans les 
bras de ses élèves, de ces professeurs illustres que sa science 
avait légués à l’université de Pavie. Les héritiers de son talent 
ne l’ont pas quitté un instant pendant la maladie qui nous l’a en¬ 
levé; ils ont rendu à leur maître, à leur ami, à leur père d’adop¬ 
tion, les soins les plus assidus et les plus touchans ; ils ont em¬ 
belli parleur sollicitude et leur reconnaissance les derniers mo- 
mens de l’homme auquel ils devaient leurs talens et les places 
honorables qu’ils occupent dans les chaires de l'école ûcinienne. 
Heureux ceux qui ont parcouru une longue carrière aussi utile à 
l’humanité, qui meurent pleins de jours, dont la mort est pleurée, 
et qui sont entourés d’amis qui leur ferment les yeux! 

Scarpa naquit au commencement de l’année 1748, là la Motte, 
petit village du Frioul, de parens estimés, mais pauvres et ob¬ 
scurs. Un oncle, curé du village, qui, sans doute, pressentait 
l’avenir de son illustre neveu, l’envoya à Padoue, où il fit le? 
frais de ses études; il ne fut p.is long-temps avant de se féliciter 
de ses prévisions. Le jeune Scarpa montra bientôt topt ce qu’il 
devait être un jour, par les immenses et rapides progrès qu’il fai¬ 
sait dans ses études. Un grand homme ne se trouve pas sans cesse 
en face d’un autre grand homme sans se dire : Edio^ aneht^ io 
50/2 üitore.-Scarpa eut d’emblée pour maître rimmorlel Mor- 
gagni, qui ne tarda pas à découvrir dans son élève tous les ger¬ 
mes de son illustration future; il en fil bientôt son ami intime et 
son collaborateur.' Déjà Scarpa se délassait avec les lettres de scs 
travaux; pendant les longues soirées du carnaval, qu’il passait 
dans la société de Morgagni, ils se distrayaient de leurs conver¬ 
sations scientifiques par la lecture à haute voix des comédies de 
Plaute. . J, , • 

Le duc de^ Modène ayant besoin d’un prosecteur d anatomie 
pour son université, s’ad|essa à Morgagni pour, remplir cette 
chaire. Celui-ci ne voyant que l’avancement de la science, et ou¬ 
bliant sesinferêts et spn affection, proposa son élève favori qui 
futagréé avec reconnaissance. C’est à vingt-deux ou vingt-trois 
ans que Scarpa quitta Padoue pour Modène, et c’est en 1772 qu’il 
donna ses premières leçons d’anatomie. C’est là aussi qu’il com¬ 
posa et dédia à François III son Mécène, son premier ouvrage 


anatomique, sous ce titre : De struclurâ feneslrœ auris, et dt 
tympano secundario, anatomicœ observatione^.MvLtiaet, 1772. 
In-so. 

Dans le même temps le grand duc lui donna la place de chirur¬ 
gien en chef de l’hôpital de Modène. Plus les occupations se mul¬ 
tiplient, plus on trouve de temps pour tout faire. Malgré ses le¬ 
çons d’anatomie, malgré l’augmentation de sa pratique médicale, 
malgré les soins journaliers qu’il était obligé de donner dans son 
hôpital militaire,il trouvait cependant le temps de faire des re- 
cherches anatomiques, de les conserver au moy'en de très be.rux 
dessins qu’il faisait lui-même, et de rédiger ses observations dans 
le latin le plus pur et le plus élégant. Son second ouvrage, qui 
parut bientôt après le premier, a pour titre : Analomicarum an- 
notationum liber primas de gaitgliis etplexibus nçrvontm. Mu- 
tinæ, 1779. In <4°. 

Neuf ans après rétablissement de Scarpa à Modène, le duc, 
pour des raisons inconnues, jugea convenable de diminuer les 
appointemens de tous les professeurs; c’est alors que Scaepa de¬ 
manda la permission de faire un voyage à Paris et à Londres; cette 
-permission ne pouvait lui être refusée. 

C’est dans cette excursion qu’il fit la connaissance, à Paris, à 
Londres et en Hollande, des médecins et des chirurgiens les plus 
célèbres, tels que Vicq d’Azyr, Pott, John Hunter, etc. 

Lorsqu’à Paris il montra à Vicq d’Azyr son beau dessin du 
nerf olfactif, celui-ci écrivit sur la marge de ce dessin, ces 
mots ; J’ai vu pour la première fois les ramifications du nerf 
olfactif. 

John Hunier a dit, dans son mémoire sur ce même nerf, que 
les ramificalions reprêsenlées dans la planche de Scarpa, sont 
trop délices ; et les professeurs de Pavie, qui possèdent cemonu- 
menl des premiers travaux (le leur maître, croient que la criti¬ 
que de l’illustre chirurgien anglais est fondée. 

Scarpa se trouvJ à Paris dans le même temps que le philoso¬ 
phe Joseph II, qui alors parcourait l’Europe incognito. Le fameux 
Brambilla, médecin de l’empereur, fut étonné d’y voir Scarpa; il 
lui exprima s.i surprise, et lui dit qu’il ne croyait pas qu’il pût 
quitter Modène. Scarpa lui répliqua : « Vous savez que quand un 
grand seigneur est en disgrâce à la cour, on l’invile à voyager 
pour sa santé ; c’est ce qui m’arrive maintenant, a 

Brambilla comprit sur le-champ qu’il devait profiter de celte 
occasion unique pour lâclrer d'attirer à l'université de Pavie un 
professeur qu’il prévoyait bien devoir lui donner le plus grand 
éclat. Il en parla à l'empereur, qui n’eut rien de plu» pressé que 




















- i8 - 


haut possibléj semblait atteindre les limites du mal ; je 
n’hésitai pas à en conseiller de suite l’extirpation. 

Jusqu’au mois de décembre je réitérai plusieurs fois 
cette proposition, mais infructueusement ; ce ne fut qu’a- 
lois que les douleurs étaient devenues atroces et perma¬ 
nentes, qu’on y obtempéra. 

D’après la sollicitation de M. Vignon et moi, M. le doc¬ 
teur Hardy, de Cambrai, fut demandé. Ce praticien éclairé 
et habile, après avoir exploré le mal, et reconnu avec nous 
que l’état général du malade était très bon, fut tout-à- 
fait d’avis de tenter le moyen périlleux, plutôt que de 
laisser Leduc en proie aux douleurs affreuses que la mort 
seule pouvait arrêter. On remarquera que les selles, lors¬ 
qu’elles étaient un peu moulées et que î’icbor qui les pré¬ 
cédait était sorti, avaient un aspect très naturel, n’étaient 
pas mélangées de sanie ni de pus ; ce qui, joint au palper 
de l’abdomen qui ne faisait découvrir aucune bosselure 
sur le trajet du gros intestin, nous confirmait, avec la 
bonne mine du malade, dans l’opinion que le inal était 
borné. 

Le ^décembre 1838, à deux heures après midi, assisté 
de MM. Hardy et Vignon, je procédai à cette redoutable 
opération ; la peau fut incisée ovalairement; l’étendue du 
rayon partant de l’orifice, anal aux limites de l’incision, fut 
de 10 à 12 lignes. Du côté du sacrum la dissection fut fa¬ 
cile ; d’abord, parce tjue la maladie n’y avait pas fait au¬ 
tant de progrès ; ensuite, parce que les adhérences de l’in¬ 
testin avec le sacrum sont naturellement moins intimes. En 
avant, les tissuscellulo-graisseux et cellulo-fibreux étaient 
confondus en une masse homogène, dure, squirrheuse, et 
servant de paroi à l’intestin, les tuniques muqueuses, 
celluleuses et musculaires de celui-ci étant complètement 
détruites dans ce sens, et cela dans l’étendue environ d’une 
pièce de trente sous. Je pressentis qu’avant d’arriver à la 
hauteur du mal, j’avais à craindre la lésion de l’mètre, 
peut-être de la vessie ou de quelques annexes ; e,n consé¬ 
quence, je me mis immédiatement en devoir de placer une 
sonde, dont un petit incident imprévu retarda un moment 
l’introduction ; le méat urinaire était, en effet, aux 3/4 
oblitéré par une bride muqueuse que je dus préalable¬ 
ment détruire. Avec la courbure de, la sonde je pratiquai 
de suite quelques mouveméns d’abaissement qui me prou¬ 
vèrent que l’épaisseur des tissus de la cloison recto-vési¬ 
cale et urétrale était encore assez notable, ce qui, sans,^ 
doute, tenait au développement pathologique du tissu lu¬ 
mineux qui avait refoulé en /ivant l’appareil vésico-uré- 
tral. Bientôt, en remontant (c’était environ à deux'pouces 
au-dessus de l’anus), je retrouvai la paroi antérieure du 
rectum, qui, cette fois, put être comprise dans la dissec¬ 
tion circulaire de tout l’intestin, jusqu’aux limites de la 
dégénérescence. 

A mesure que je remontais, je sentais le tissu cellulaire 
céder insensiblement avec plus de facilité; et enfin, après 
de longues et pénibles manœuvres, la portion disséquée 
restant abaissée, l’index gauche y pénétra en la fronçant, 
et parvint à reconnaître une surface lisse et saine, selon 
toute apparence. Des tractions modérées exercées sur le 
rectum, saisi à pleines mains, le firent étonnamment des¬ 
cendre, en sorte que le palper extérieur, joint aux signes 
fournis par l’index, ne me laissa aucün doute sur l’exacte 
limite du mal. D’ailleui-s, l’excision pratiquée sur-le-champ 
avec des ciseaux courbes, nous laissa voir à tous les trois 
l’intestin aussi sain que possible ; muqueuse, celluleuse, 
et musculeuse étaient à l'état normal. Le doigt, porté en¬ 
suite vers le point qui avait servi de paroi à l’intestin, fit 


sentir quelques duretés qui semblaient s’irradier vers la 
prostate; des incisions ménagées et répétées en enlevèrent 
la plus grande partie. 

Aussitôt la connaissance de cette grave et compromet¬ 
tante circonstance, j’avais fait mettre au feu un fer cylin¬ 
drique de treize à quatorze lignes de diamètre, afin de dé¬ 
truire par le feu ce que le fer aurait pu épargner, je sacri¬ 
fiai ainsi'avec dévouement le totèau cilo. L’intestin, attiré 
au niveau de l’anus, y restait sans être maintenu. Nous 
agitâmes la question de savoir si nous ne l’y fixerions pas. 
La considération qu’une suppuration abondante devait se 
former à son pourtour, nous décida à le laisser libre; mais 
nous ne le revîmes plus, et il est certain qu’il se rétractâ 
au moins de.six à huit lignes au-dessus du niveau où il Jut 
excisé ; car dans les premiers temps nous avons, à l’aidé 
d’un explorateur en olive, constaté qu’il était à quatre pou-* 
ces de hauteur. 

La portion enlevée que je conserve dans l’alcool, porté 
environ 3 pouces 1/2 dans son diamètre sacré, qui est lé 
plus grand, et quelques lignes de moins dans le diamètre 
vésical. De nombreuses artères ont été tordues malgré les 
difficultés de la position, et nous avons pu nous passer de 
tout autre moyen hémostatique. , , 

Un linge fenestré enduit de cérat fut introduit dans 
cette vaste plaie, puis cornblé par des boulettes de char¬ 
pie ; beaucoup de compresses furent appliquées par-des¬ 
sus et maintenues avec un bandage solidement fixé. Une 
légère syncope survint dès que le malade fut au lit, mais! 
elle ne dura point. Tilleul chaud ; pendant les premières! 
heures, potion laudanisée à 60 gouttes ; un peu plus tard; 
limonade citrique. Nuit assez bonne, peu de fièvre dans 
la journée. Eau de poulet : on continue la potion lauda¬ 
nisée. Avant la fiu du deuxième jour, pansement. Tout 
est bien ; point- d’hémorrhagie ; le pansement ne diffère 
qu’en ce que les dernières boulettes de charpie sont im¬ 
bibées d’eau chlorurée. Au bout de huit à dix jours l’es¬ 
chare de la-cautérisation tombe ; elle est large. Des bour¬ 
geons rosés commencent à se former. Tout tend à une belle 
et bonne cicatrice, mais nous n’osons encoi-e l’espérer. 

Au bout de dix jours le pansement s'e fait ainsi : on lave 
d’abord la plaie en la seringuant avec de l’eau de son, 
puis on injecte une légère décoction de kina rouge ; on 
commence à introduire une grosse mèche imbibée de chlo¬ 
rure et enduite de cérat ; on répète ce pansement deux ou 
trois fois, selon l’urgence. 

C’était l’hiver. Vers le vingt-cinquième jour notre ma¬ 
lade se refroidit pendant un pansement ; le frisson le prend, 
la plaie n’est plus vermeille ; il tousse un peu ; il y a quel¬ 
ques tremblemens. De suite je suis appelé; tous, mes soins 
se bornent à provoquer des sueurs avec des boissons 
chaudes et abondantes , en même temps â stimuler la 
plaie avec une décoction plus forte de kina ; tout se dis¬ 
sipe. Huit jours plus tard, nouveau refroidissement ; longs 
frissons. Cette fois , la plaie devient blafarde ; le pus se 
supprime ; la toux est sèche et plus fréquente ; le délire 
s’empare du malade ; les tremblottemens se remarquent 
non seulement aux membres, mais encoreaux lèvres. Diag¬ 
nostic : Dépôts puruleus miliaires sous - arachnoïdiens 
et sous-pleuraux, d’où trouble de l’innervation, toux 
sèche. Traitement : Poudre de Dower, 6 grains toutes les 
heures ; infusion presque bouillante de tilleul prise sans 
relâche ; couvertures épaisses ; onguent styrax sur la plaie. 
Pronostic : Mort probable sous quelques jours. La peau 
ressent une énergique excitation par suite de cette médi¬ 
cation ; une abondante sueur s’établit et continue. Dès 


lors , diminution de tous les symptômes ; toux moindre 
l’intelligence revient ; les tremblottemens diminuent-t 
chairs se raniment ; la plaie suppure, et cette fois les'jj 
cidens sont conjurés pour toujours. 

, Au bout de quelques mois, nous avons craint qu’„ 
petit point, qui ne se cicatrisait jias , ne fût de mauvaj 
nature ; nous y avons porté une plaque de bois creusée» 
chargée de pâte de Vienne ; nous y sommes revenus plj 
tard, et enfin aujourd’hui tout est bien cicatrisé. Jej 
conçois même pas que les mèches , que je crois nécessaij 
d’entretenir continuellement crainte d’une oblitératio 
imminente, ne soient pas plus préjudiciables à la cicatrij 
à cette nouvelle muqueuse mal organisée et si fatigué 
alors surtout qu’elles sont introduites, aujourd’hui, prej 
que toujours , par la femme du malade qui, ayant la 
faible, occasionne souvent delà douleur par son inhabiletj 
Les selles, mêmes consistantes, ne sont pas facileinml 
retenues ; il est vrai qu’elles sont presque toujours liqdi, 
des, ce qui tient à ce que le boyau est tendre, ainsi quelj 
dit le malade, et qu’ensuite le régime est mal suivi : noij 
l’ayons pendant un certain temps surveillé, et alors il U 
arrivait souvent d’avoir des selles assez dures ; mais de, 
puis qu’il peut se passer de nous, nous ne pouvons obtetit 
qu’il se nourrisse plus convenablement qu’il ne le fait., 
D’un autre côté, comme l’observe Bicliat. entr’autra 
les fibres circulaires du rectum diminuent à mesure qu’oij 
s’eloigtie de l’anus, de sorte qu’à la hauteur où l’inteçdi 
est excisé, on ne peut compter guère sur l’efficacité de leurs 
contractions. Un bandage en T, une mèche, des étoup» 
constituent un appareil permanent qui le garantit, autant 
que cela se peut, contre son infirmité. Peut-être qu’unpe, 
titpessaire ovo'idal lui séfait très utile; c’est du moinsuue 
expérience à laquelle je le soumettrais volontiers. Dans 
les premiers temps que Leduc se promenait, ses jainba 
enflaient; il avait beaucoup maigri. Aujourd’hui, riende 
cela n’existe ; la nutrition sé fait parfaitement; son teint 
est on ne peut plus satisfaisant ; le sommeil esta peu près 
celui d’autrefois. 

— H n’existe pas, que je sache, dans la science, d’oi. 
servations de ce genre, comparables à celle-ci sous les rap- 
ports : 1“ de la hauteur où elle a été pratiquée, les tissus 
étant aussi profondément désorganisés ; 2“ de l’exécution; 
3“ de l’issue heureuse des accidens consécutifs si formida¬ 
bles ; 4= de l’âge peut-être ; 5» de la durée delà guérison; 
6“ des détails dont on reconnaît l’utilité quand on les en¬ 
visage sous le rapport pratique. 

M. Lisfranc, auquel revient l’honneur d’avoir ni- „„ 
vigueur cette opérc^tion, paraît établir qu’j l est dangereni 
d’aller aussi haut, parce qu’il prétend que le péritoine des- 
cend plus bas. M. Blandin dit « que.le péritoine descend 
sur la face antérieure du-rectum jusqu’à trois pouces six 
lignes de l’anus chez l’homme. » M. Malgaigne acjoide 
encore six lignes de plus, ce qui fait quatre pouces. Ne 
serait-ce pas parce que la ve.«sie, étant de capacité difléren- 
te, influe, comme le remarque encore Bichat, sm- le ni¬ 
veau du péritoine par rapport au rectum ; ne serait-ce pas 
dis-je, à cause de cette circonstance qu’il existe tant dé 
divergence sur ce point important? Notre malade, pour 
sapait, urinait lentement, et il est probable qu’il laissait 
souvent combler sa vessie. 

Enl812 (Dict. des Sc. niéd.), Delpech écrivait: «L’ex¬ 
tirpation du cancer du rectum, que quelques chii urgiens 
n’ont pas craint de proposer, nous paraît absolument im¬ 
praticable, etc. 

En 1830, M Bégin (dans l’article Cancer du Dict. de 


d'adopter l'beureuse idée de Brambilla, et de faire les offres les 
plus honorables à l'élève de Morgagni ; mais celui-ci écoutant 
plus les sentimens de reconnaissance qu'il croyait devoir au duc 
de Modène, alors HerculeIII, que ses inlérèts et sa convenance, 
n’accepta la chaire dePavie,dans l’année 1783, qu’après y avoir 
été invité de la manière la plus formelle par le duc lui-même. 

L’accession deScarpa à la chaire de Pavie fut certainement un 
bienfait immense pour celte université, et sans contredit il fut 
dù à l’beur'iuse inspiration de Brambilla. Comme un bienfaiteur 
oublie rarement les objels de sa bienveillance, Brambilla dès 
lors saisit avec empressement toutes les occasions favorables 
d'augmenter le lustre de l’université de Pavie. Il faut dire pour¬ 
tant qu’il y était né. Mais combien ne voit-on pas souvent des 
gens vivant dans une cour, entourés de tous les genres de dis¬ 
tinctions et d’honneur, oublier leur patrie ! Ce ne fut point le cas 
de Brambilla; il se montra toujours un excellent citojen, et il a 
laissé un souvenir honorable dans sa ville natale. 

Scarpa fit la mêmeannée l’inauguration de son entrée à l’uni- 
versilé, dans un discours latin dont le titre)ét.'iit : De promo ven¬ 
dis anatomicarum administrationum rationibus, oratio ad ti- 
rones. ’Ticini, 1783. In-t», 

En 1785, à l’ouverture du nouvel ampliitliéâlre anatomique, il 
prononça un discours plein d’éloquence, avec ce titre : Theairi 
analorninici- Ticinensis dedicatione, oratio habita prid. calend. 
novembris, ann. 1785. 

C’est alors qu’il se livra avec une ardeur incroyable à sa pas¬ 
sion favorite, c’est-à-dire aux études et aux recherches anatomi¬ 
ques, pour lesquelles, il faut en convenir, il avait une aptitude 
rare. Il était doué d’une patience qui fait qu’on ne se lasse pas 
des travaux les plus longs et les plus pénibles; il avait un œil 
d’aigle, qui lui faisait apercevoir les plus petites choses; il possé¬ 
dait une'adresse dans les mains, qui lui rendait aisées les dissec¬ 
tions les plus délicates et les plus difficiles; ^fin il était doué 
d’un admirable esprit d’observation et d’induction , qui don¬ 
nait un prix inestimable aux découvertes qu’il faisait avec son 
scalpel. 

Un des premiers ouvrages qu'il imprima à Pavie , fut la con¬ 
tinuation de celui qn’il avait déjà publié à Modène : Anatomi¬ 
carum. annotationum liber secundus de organo olfactûs. Prœ- 
cipuo , deque neivis nasalibus c pari quinto nervorum egrebri, 
Ticini, ann. 1785 , in-4». 

Bientôt après il donna dans les actes de l’Académie médico- 
chirurgicale de Vienne, tome t'"', un mémoire : De nervo spinali I 


ad octavum cerebri accessorio commentarius. Vindobonæ, an- 
■0 1788. 

Deux- ans après parut le mémoire suivant : Anatomicœ dis- 
quisitione's de audita et olfactu. Ticini, 1790 , in-fol..mai. 

Un anatomiste anglais ayant avancé, au sein de la Société 
royale de Londres, que le cœur n’avait pas de nerfs , cor n 
carere, Scarpa accepta le défi, et quelques mois s’étaient à peine 
écoulés, qu’il jeta dans l’arène celte épigraphe : Regiee societati 
Londonensi sacrum,\e fameux travail in fol., intitulé : Tabules 
nevrologice'ad illuslrandam historiam cardiacorum nervori -^ 
noni nervorum cerebri, glosso-pharyngei et pharyngei ex 
tavo cerebri. Ticini, 1794. 

En parcourant ce travail qui lui coula tant de peines et de 
veilles , et qui fut composé dans ces courts instans qu’il ne dé¬ 
robait pourtant pas à ses devoirs d’enseignement anatomique et 
chimique, l'on peut se rendre compte de l’enthousiasme avec 
lequel il fut accueilli par tous les savans de tous les pays ; dès 
lors le nom de Scarpa fut inscrit au premier rang et, plus heu¬ 
reux que tant d’autres, il n’est jamais descendu de ce poste émi- 
•nent où il s’était si rapidement élevé. 

En 1799 , il donna aux savans un ouvrage précieux, vrai mo¬ 
dèle d’ob'servalions analytiques , sur la formation et la structure 
intime des os, avec ce litre : De peniiiori ossium structura com¬ 
mentarius. Lipsiæ,ann. 1799,10-4°. 

Une circonstance accidentelle favorisa ce travail et peut-être 
lui en inspira l’idée, c’est la découverte d’un cimetière antique, 
dans les débris duquel il trouva des os qui semblaient avoir été 
préparés pour dévoiler leur organisation. Bien long-temps après, 
de nouvelles expériences et des observations précieuses sur la 
pathologie des os, engagèrent Scarpa à en donner une seconde 
édition, enrichie de six tables dues à l’admirable burin d’Ander- 
loni, sous le litre : De anatomiâ et pathologiâ ossium com- 
mentarii. Ticini, 1827. ' 

Bientôt après il publia, dans les Mémoires de la Société ita¬ 
lienne, qui siégeait alors à Vérone, ses recherches sur une mons- 
truosilé qu’il appela un cauro vacca, et que les Anglais désignent 
sous le nom (b free-mariin. C’est à celle époque que Scarpa 
renonça aux t *vaux anatomiques pour se vouer entièrement à la 
pratique de la chirurgie. Déjà les œuvres qu’il avait publiées lui 
avaient acquis , non seulement en Italie, mais dans toute l’Eu¬ 
rope , la renommée la plus digne d’envie et qui n’a pas été sur¬ 
passée. Comme grand anatomiste et physiologiste, c’est^dans le 
courant du dix-huitième siècle qu’il ceignit son front d’une glo- | 


rieuse couronne, et le siècle actuel commençait à peine qu’il 
avait cueilli dans les champs de la chirurgie une palme immor¬ 
telle, bcarpa n aurait pas pu faire une division plus sage de l’éoo-' 
que de ses travaux, quand, dans son éloge de Carcano Leone il 
prononçait ces paroles : « L’histoire de la chirurgie nous donne 
mie utile instruclion , c’est que les chirurgiens les plus habiles 
et les plus célèbres ont toujours commencé leur carrière par de 
profondes études d’anatomie »; Ne semblait-il pas parler de lui- 
même, et réfléchir nne partie de l’hisloire de sa vie » Il est cer¬ 
tain que , pendant les^remières années de sa vie , ou les sens 
ont le plus de vigueur, où le corps a le plus de force pour sun- 
porler les grandes fatigues et résister à l’influence délétère des 
émanations des cadavres, c’est le moment favorable pour consa¬ 
crer le jour, et souvent la nuit, à des dissections délicates à des 
recherches qui appellent toujours de nouvelles recherches’ c'est- 
à-dire que l’œil et la main se préparent à la pratique de l’art de 
guérir ; c est ainsi que, riche de ses observations et de son expé-1 
rience , l’anatomiste de Pavie acquit bienlôtia répuUtiou du «lus 
adroit et du plus habile chirurgien. ^ | 

Il commença sa nouvelle carrière en 1801 , en publiant ses’ 
OEuvres sur les maladies des yeux [Saggio di osservazioni e di 
esperrinze suite principali malattie degli occhi. Pavia 1801 
in-4° ). Cet ouvrage remarquable , qui eut sur-le-champ nn suc¬ 
cès immense, qui rapidement fut imprimé en Italie à cintr édi¬ 
tions et fut plusieurs fois traduit en français, en anglais et en 
allemand , fut le présage de tout ce qu’on’avait droit d’attendre 
d un savant qui ne tarda pas à être regardé comme le premier 
chirurgien de 1 Italie et probablement de l’Europe. Il tint parole • 
en 1803 , il donna aux écoles de chirurgie i,n ouvrage moins ■ 
considérable, mais d une grande importance, sur la maladie con- 
géniale appelée le pied-bot. Avant les travaux du professeur de 
Pavie sur cette maladie, son traitement était empirique • main¬ 
tenant que nous en connaissons les causes, que les diss’ections 

nombreuses que Scarpa a faites de pieds-bots ont fait connaître 
la véritable nature de la maladie , sou traitement a pris un ca¬ 
ractère plus méthodique , plus rationnel et plus sur ,• l’appareil 
très ingénieux que Scarpa a imaginé pour remédier à celte mala¬ 
die, la guérit ordinairement dans l’espace de deux à trois mois • 
il a pu dès lors être perfectionné et simplifié ; mais ces nerfec’ 
tionnemens sont principalement dus à ses travaux. * 

Quand les Français s’emparèrent de l’Italie, dans l’andie 179G 
le gouvernement républicain cisalpin, obligea tous les employés 
S formule de serment toute nouvelle, dans laquelle était ex-, 
















— 19 


Uléd. etdeCliir. prat. en 15 vol, t. IV, p. 671), pour en¬ 
courager les cliirurgiens à opérer les cancers du lectnm 
dans les cas désespérés , citait qu’on avait pu exciser cet 
intestin jusqu’à deux pouces: c’était donc là le necplus 

Malgaigne dit (p. 604 de sa Médecine opératoire) : 
B Les deux seules conditions réclamées par l’opération, 
sont: 1° que le doigt indicateur dépasse les limites du mal; 
2oquele tissu cellulaire ambiant soit sain, etc.» Quand ces 
deux conditions manquent, l’expérience n’a pas encore 
prouvé si l’opération peut être pratiquée avec des chances 
de succès: l» Loin de dépasser le mal, ce n’était qu’a¬ 
vec effort que ngus arrivions à ses limites 2» le tissu 
cèllulaire était, en avant et à gauche, excessivement al¬ 
téré (!)■ , , . / 

Je ne pense pas qu une operation de ce genre, meme 
beaucoup moins considérable, ait été pratiquée sans liga¬ 
ture, et complétée par deux cautérisations aussi vigou¬ 
reuses. • . . 

Les médications interne et topique ont, sans nul doute, 
eu la plus grande part à la résolution des accidens tei-ribles 
qui survinrent au vingt-cinquième jour, puis au trente- 
troisième. Ces accidens dissipés, qu’on le sache bien, nous 
n’avons pas laissé gémir notre malade; il a été nourri de 
. irons bouillons de volaille ; il a bu du bon vin. 

N’est-il pas curieux de voir un homme presque septua¬ 
génaire supporter de pareilles secousses, et avoir en soi les 
forces nécessaires pour réagir avec l’aide des moyens, sans 
doute, mais dont la valeur reste souvent bien précaire 
quand la nature est épuisée. Sonftiabitude extérieure ne 
nous avait pas trompés. 

Il resterait à savoir si dans les aûtres cas, qui tous ont 
été moins graves, on compte des succès arrivés à un terme 
déjà aussi consolant et donnant tout espoir d’une durée 
illimitée. 

Quant aux détails, ils ont été abrégés, sans doute ; mais 
tels qu’ils sont je he les crois pas dénués d’intérêt poul¬ 
ies vrais praticiens. 


Académie des Sciences. — Séance du 6 janvie.i. 

L’Académie procède par voie de scrutin à la nomination d’un 
vice-président qui, cette année, doit être pris dans les sections 
des sciences physiques. 

Le nombre des membres ayant droit de voter est de S4. Le 
nombre des bulletins à un premier tour de scrutin est de 62. 
Majorité absolue , 27. 

mm. Serres obtient 23 sufifrages. 

Thénard, ' 22 

Beudant, 1 

De Mirbel, Magendie, Dumas, chacun 1 
Aucun membre n’ayant réuni la majorité absolue des suffra¬ 
ges , on procède à un second tour de scrutin ; 

MM. Serres obtient 26 suffrages. 

Thénard, 25 

Dumas, 1 

A un troisième tour, enfin, le nombrejdea bulletins étant 51 : 

MM. Serres obtient 28 suffrages. 

Thénard, 23 


(I) Dans sa brochure sur la relation de la maladie de Brous¬ 
sais, M. Amussat, dont je m’honore d’avoir été l’élève, établit que 
l’enièvement d’une portipn du rectum est aussi dangereux que 
l’ablation de l’utérus. Ce jugement, porté par un homme aussi 
distingué, est de fraîche date. 


M. Serres, ayant ainsi réuni la majorité absolue des suffrages, 
est proclamé vice-président et vient prendre pl.ice au bureau. 
M. Poisson, vice-président pendant l’année 1839, et qui doit ainsi 
remplir les fonctions de président pendant l’année 1840, n’est 
point présent à la séance. On annonce qu’une indisposition grave 
l’empêche d’y assister. 

Le reste de la séance est consacré à des objets étrangers à la 
science. 



PROCÈS DE 3IJON. 

Réclamation de M. Devergie (Alphonse); — Réponse de 
M. Raspail. 

A M. le Rédacteur de la Gazette des Hôpitadx. 

Paris, 9 janvier 1840. 

Monsieur, 

Je n’ai lu qu’aujourd’hui le numéro de la Gazette des Hôpi¬ 
taux où se trouve la narration des débats relatifs au procès de 
Dijon ( n» du 2 janvier) ; j’y trouve cette phrase , qui aurait été 
prononcée à l’audience par M, Easpail : 

« Voilà bien les soucoupes nombreuses couvertes de taches 
arsenicales. Voilà la soucoupe des taches antimoniales obtenues 
par M. Payen. ( M. Raspail la.présente à M. Payen, qui la recon¬ 
naît. ) Je cherche en vain la .soucoupe des taches antimoniales 
obtenues en premier lieu par M. Devergie, et puis la mienne. Je 
m’étonne d’une pareille soustraction. ( Personne ne répond parmi 
les experts. ) » 

Celte phrase ne tendant à rien moins qu’à faire supposer que 
ces soucoupes auraient été. soustraites à dessein , je ne saurais 
laisser planer sur moi un pareil soupçon. Je le repousse avec 
énergie. Il est si peu fondé, que MM. Raspail et Payen, qui ont 
opéré sur le même appareil, si mes souvenirs sont bien présens, 
ont choisi parmi plusieurs soucoupes celles dont les taches anti¬ 
moniales offraient plus d’analogie avec l’nrsenic. 

Cela est si vrai, que M. Raspail a déclaré à MM. les jurés qu’en 
deux heures il avait obtenu des taches antimoniales qui appro¬ 
chaient pour la ressemblance, des tâches arsenicales, e,t que, s’il 
avait eu plus de temps, il les aurait obtenues toul-à-fait pareilles. 

On peut reproduire dans un journal des souvenirs d’audience 
et les traduire plus ou moins fidMeraent faire commettre même, 
involontairement, des erreurs chimiques à des témoins appelés à 
éclairer la justice ; mais on ne saurait avoir le droit d’attaquer 
la probité d'un homme qui a rempli, sinon d’une manière tou¬ 
jours éclairée, au moins avec conscience, les missions judiciaires 
qui jui ont été confiées. Sous tous ces rapports , mes collègues 
repousseraient la même insinuation comme calomnieuse, s’ils en 
avaient connaissance. 

J'attends, Monsieur, de votre impartialité, l’insertion de ma 
lettre dans votre plus prochain numéro. 

J’ai l’honneur d’être votre dévoué confrère, 

DEvsaGiK (Alphonse). 

Paris, 10 janvier 1840. 

Monsieur le Rédacteur, 

J’ai lu i.atlentivement la lettre précédente ; je m’attendais à 
rencontrer au bas une autre signature : je vais donc répondre à 
M. Devergie. 

La phrase citée par M. Devergie a été prononcée par moi, en 
pleine audience, en présence de M. Devergie, qui l’a parfaite¬ 
ment bien entendue, et qui n’a nullement réclamé alors. Il y a 
plus: le lendemain, M® Chopard a de nouveau insisté sur le mê¬ 
me incident, dans le cours d’une plaidoierie, à laquelle M. Dever¬ 
gie a accordé la même attention que tout l’auditoire. M. Devergie 
n’a pas cru devoir relever les faits ; M. l’avocat-général et M. le 
président n’ont nullement interrompu M® Chopard, ce que ces 
deux magistrats n’auraient pourtant pas manqué de faire, dans le 1 


cas où les souvenirs de M® Chopard auraient été inexacts. Dû 
reste, cet incident a été, à Dijon, de notoriété publique: voilà la 
vérité matérielle. , ' 

Quant aux suppositions qu’il plaît à M. Devergie de voir dans 
le détail d’audience, j'avâis mission de répondre à Dijon ; je n’ai 
plus mission à Paris ; je ne dois m’en occuper ni pour les re* 
pousser, ni pour les admettre. J’ai dit positivement, et le lende» 
maiij M. le défenseur a répété à haute et intelligible voix, leS 
paroles que la Gazette des Hôpitaux rapporte ; je ne dois rieo 
ajouter de plus. 

M. Devergie va chercher bien loin et à huis-clos, des preuves 
en faveur de ses souvenirs actuels d’audience. Les preuves d’un* 
parole proférée en public ne peuvent être prises que dans C9 
public. Quant à celles qu’il allègue, elles sont fausses de tout 
point. 

J’ai opéré, moi, sur un appareil bien près de s’éteindre, dont 
s’était servi M. Devergie. M. Payen a renouvelé l’antimoinp, et 
recueilli les taches de ce nouvel appareil sur une nouvelle sou¬ 
coupe. 

Je n’ai nullement pu faire le choix des soucoupes qui devaient 
être présentées à MM. les jurés; car, pour moi, il m'importait de 
les présenter toutes ; ensuite, ce choix ne devait être arrêté qu’à 
la suite d’une délibération ; or, ma qualité d’expert non asser¬ 
menté devant l’instruction m’interdisait le droit d’assister à une 
délibération quelconque. Aussi, quand ces messieurs ont mani¬ 
festé l’inlenlion de rédiger le procès-verbal de la séance, ai-je pris 
congé d’eux; nous sommes descendus du laboratoire, ces mes¬ 
sieurs pour entrer au secrétariat de l’académie, et moi pour me 
rendre à mon hôtel. 

Enfin, si M. Devergie, que mes paroles n’ont nullement dési¬ 
gné, avait cru devoir s’en formaliser, il devait le faire à Dijon et 
en pleine audience; car, je le déclaré encore, et tout l’auditoire 
est là pour le certifier, je les ai dites à haute et intelligible voix; 
le défenseur, le lendemain, les a répétées en propres termes; et 
personne, ni le jour ni le lendemain, n’a élevé la moindre récla» 
mation contre cette partie de ma déposition. 

Agréez, Monsieur le Rédacteur, l'assurance de ma considéra¬ 
tion distinguée. Yotre serviteur, ' 

Raspail. 



Résumé ^s inoculations de la morve de l’homme au cheval, 
à T âne, au chien. 

(Académie de médecine, séance du 7 janvier.) 

En 1826, MM. Coleman, Travers et Turner, en Angleterre, 
ont inoculé la morve et lefarcin de l’homme à l’âne. 

En 1837, M. Leblanc a inoculé du virus morveux et farcineus 
deProst (mort dans le service de M. Rayer) à un cheval. L’ani¬ 
mal a présenté tous les symptômes de la morve et dû farcin ; il 
était en voie de guérison quand il a été sacrifié (21 jours après 
l’inoculatioli). - » 

En 1838, M. Gouatt, en Angleterre, a inoculé la morve de 
l’homme à un âne. 

M. Leblanc a inoculé du virus morveux et farcineux de Don- 
delignère (mort dans le service de M. Hiisson), à deux chevaux 
qui ont succombé à la morve et au farcin. 

M. Leblanc a inoculé du virus farcineux pris sur un garçon 
écarrisseur (qui était dans le service de M. Roux et qui n’est pas 
mort) à un âne, qui a succombé à la morve et au farcin. 

En 1839, M. Leblanc a inoculé .du virus morveux et farcineux 
de Devinque (mort dans le service de M. Andral), à un âne, qui 
a succombé à la morve et au farcin. 

M. Renault a inoculé du virus morveux et farcineux de Ratisse 
(mort à l’.Hôtel Dieu, dans le service confié à M. JNonat), à des 
chevaux qui ont succombé à la morve et au farcin. 

M. Leblanc et M. Saussier ont inoculé du virus morveux et 
farcineux de Marion (mort dans le service de M. Husson), à deux 
chiens et à un lapin. - 

1“ Le 6 décembre, à un chien, par des piqûres faites à la face 
plantaire des deux pattes gauches, à la face interne de la cuisse 
gauche et sur le bord gauche de la lèvre supérieure. 


primée la haine des rois : Searpa refusa de prononcer ce serment, 
el déclara qu’il renoncerait plutôt à sa chaire de professeur, Le 
gouvernement eut le bon sens de le conserver à sa place et de 
le laisser agir d’après sa conscience. 

Vers l’année 1804, Searpa obtint sa retraite ; mais l’année sui¬ 
vante , Napoléon étant venu à Milan pour se faire couronner, 
dit à Searpa, en présence de tous les autres professeurs : « Vous 
avez quitté votre chaire , vous devez la reprendre ; un vaillant 
soldat tel que vous doit mourir sur le champ de bataille. » Searpa 
se rendit à cette invitation , et reprit sa chaire de clinique chi¬ 
rurgicale. Ce fut alors que Napoléon lui assigna une pension 
de 5;OÔO fr. sur l’évêché de Ferrare. 

’ Un de ses plus beaux titres à la reconnaissance da ses contem¬ 
porains et de la postérité, fut le grand ouvrage qu’il publia, en 
1804, sur f’nneVràme. Il lui fut inspiré par la question que la 
Société de médecine de Paris avait proposée, en 1798 , pour 
éclairer la controverse sut les différens procédés d’opérer celte 
:Ittaladie des artères. Ce ne fut point une simple théorie, suite 
de méditations faites dans le silence du cabinet, mais le résu¬ 
ltat d’expériences nombreuses et variées , faites sur toutes sor¬ 
tes d’animaux, dans lesquelles il put comparer là' valeur récipro¬ 
que des différentes manières de lier les artères. Son adoption 
d'un cylindre pour aplatir l’artère, fut la conséquence ralionnelle 
de ses nombreux essais. Il faut ajouter que les nombre'ux succès 
qu’il a eus dans l’application de cette nouvelle méthode à l'hom: 
me malade, ont justifié la préférence qu’il lui a dpnhée. Je ne 
puis m’empêcher de dire, avec une espèce d’orgueil, qu’il a, dans 
son ouvrage, examiné et jugé avec bienveillance le procédé de 
l’auteur de cette notice, qui consiste à couper l’artère entre deux 
ligatures. Je ne puis trop répéter que lé nom d’Anderloni selle 
naturellement à celui de Searpa. Les gravures qui enrichissent 
le Traité des anévrismes, sont d’une beauté et d’une perfection 
qui ne seront jamais surpassées et bien difficilement égalées. Ces 
gravures, comme celles de tous les autres'ouvrages - de Searpa, 
sont toujours fidèlement copiées sur les dessins de ce grand 
maître. 

Bientôt un nouveau sujet de méditation vint préparer un nou¬ 
veau chef-d’œuvre ; une maladie beaucoup trop commune, la 
sortie d’une portion d’intestin de la place qu’elle doit occuper 
naturellement, et qu’on désigne sous le nom générique de hernie, 
lui parut, avec^raison, digne de fixer son attention. L'ouvrage 
qu’il publia bientôt après sur ce sujet important, lui mérita les 
éloges et la reconnaissance de toutes les Académies et de tous 


les grands maîtres de l’art. Cet ouvrage, éminemment classique, 
ne tarda pas à paraître dans toutes les langues de l’Europe. On y 
reconnaît à chaque page l’anatomiste profond et te chirurgien 
habile ; non-seulement il a éclairé le mécanisme jusqu’alors in¬ 
connu ou inexpliqué, au moyen duquel s’opèrent quelqueshernies; 
mais encore il a signalé pour chaque espèce de descente les dis¬ 
positions de l’anneau du cordon spermatique, des artères épi¬ 
gastrique, crurale et obturatrice.il a donné d’excellens précep¬ 
tes sur le débridement de l’anneau, et a sagement basé sa préfé» 
rence pour le débridement multiple, sur des raisons que l’expé¬ 
rience a confirmées. Enfin, les travaux modernes sur la cicatrisa¬ 
tion et l’oblitération des anus contre liature, consécutifs aux her¬ 
nies gangrénées, sont le fruit et le complément de ses recherches 
sur la formation de Vinfundibulum et sur l’éperon intestinal. Cet 
ouvrage, traduit en français par M. Cayol, en 1812, a été consi¬ 
dérablement augmenté dans une nouvelle édition italienne où on 
a refondu divers mémoires publiés séparément. Deux ou trois ans 
après il donna un supplément au Traité des hernies, auquel il 
ajouta ses recherches sur celle du périnée. Ces travaux, traduits 
en français par M. Ollivler, forment le complément de la traduc¬ 
tion de M. Cayol. 

Sa réputation, dès lors, s’éleva à une telle hauteur, que désor¬ 
mais on le regarda comme l’oracle de la chirurgie. 

Napoléon, comme roi d’Italie, le nomma successivement che¬ 
valier de la Couronne de Fer et membre de la Légion-d’Honneur. 
L’empereur François I", qui succéda à Napoléon dans ces états, 
le décora solennellement de la croix. C’est ainsi que tous les sou¬ 
verains, tous les gouvernemens exprimaient leur estime, et le cas 
qu’ils faisaient de ce grand homme. 

Pour répondre au désir de Joseph II, et comme un moyen de 
témoigner sa reconnaissance à son Mécène, il avait entrepris, 
avec son collègue et ami Volta, le voyage de Vienne. Ce prince 
reçut Searpa et son illustre compagnon avec bienveillance et af¬ 
fabilité; pour l’avantage de la science, il engagea ces deux sa- 
vans à prolonger leur excursion dans toute l’Allemagne septen¬ 
trionale, et d’ailleurs, il leur fournit avec munificence tous les 
moyens pécuniaires qui pouvaient favoriser un tel projet. 

C’est en 1820 qu’il entreprit le voyage de l’Italie méridionale, 
mais avec l’intêntion de le faire absolument comme amateur dé la 
science et des beaux-arts, comme admirateur de la belle nature 
qui allait se développer à ses yeux ; et il faut convenir qu’il eut 
besoin de la plus ferme volonté pour se soustraire aux instances 
continuelles de tous ceux qui voulaient le consulter. C’est ainsi 


qu’il parcourut la Toscane, les états du pape et le royaume de 
Naples ; c’est dans cette terre classique qu’il étancha, pour ainsi 
dire, cette soif inextinguible qu’il avait d’acquérir toujours de 
nouvelles connaissances, et qu’il perfectionna le tact admirable 
dont il était doué pour juger les chefs-d’œuvre des beaux-arts. 

Searpa se retira entièrement de l’enseignement dans l’année 
1812 ; il fut alors nommé professeur émérite d’anatomie, de cli¬ 
nique chirurgicale et d’opérations chirurgicales. Bientôt après il 
fut proclamé directeur des études de médecine, charge très ho¬ 
norable par elle-même, mais qu’il éleva à un plus haut degré de 
splendeur, soit par l’éclat de son nom, soit par les nombreux ser¬ 
vices qu’il rendit à la Faculté de médecine."C’était un beau spec¬ 
tacle devoir les trois facultés qui composent 1 Université de Pavie 
dirigées dans le même temps p^r trois hommes également distin¬ 
gués dans leurs sciences respectives: Zamburini, Searpa et Volta. 
Ces (rois grands hommes moururent, en quelque sorte, les armes 
à la main et exerçant encore leur charge de directeurs des études. 
Searpa a survécu plusieurs années à ses illüstres collègues • cè 
troisième flambeau, en s’éteignant, a laissé l’Université de Pavie 
couverte d’un crêpe funèbre ; avec lui a disparu la dernière 
trace de cet illustre triumvirat. , 

C’est en 1814 que Searpa fut nommé directeur de la Faculté 
médicale. Les principales fonctions du directeur étaient de veil¬ 
ler à ce que les études fussent complètes et régulières, de pré¬ 
sider les réceptions au doctorat, en un mol, de faire exécuter ce 
qu’indiquait le plan des» études médicales, envoyé de Vienne de¬ 
puis peu. Mais Searpa s’aperçut bienlôt que ce plan n’était point 
au niveau des connaissances actuelles, qu’il était défectueux dans 
plusieurs parties,et surtout dans tout ce qui regardait l’étude de la 
chirurgie. Il en écrivit plusieurs fois au gouvernement j il pié- 
senta des observations pleines de sagesse et d’énergie pour que 
ce plan fût corrigé ; mais ce fut en vain. 

Il plaida la cause de l’anatomie comparée que le gouvernement 
avait proscrite : il proposa de séparer la zoologie de la minéra¬ 
logie, en montrant l’impossibilité qu’un seul professeur pût, dans 
la même année, donner un cours .complet et parfait de ces deux 
sciences ; et ses paroles et ses écrits ne furent pàs entendus. Fa¬ 
tigué de prêcher dans le désert, il renonça à sa placé de direc¬ 
teur; le gouvernement de Milan, qui vit avec un grand déplaisir 
cette détermination de Searpa, accepta pourtant sa démission 
mais ne pensa jamais, à nommer un autre directeur à sa place; dé 
sorte que, bon gré mal gré, il en remplit les fonctions jusqu’à 
son dernier jour. 














V. 


Les bords des piqûres se sont tuméfiées ; les plaies ont sécrété 
un liquide séreux qui s’est desséché ; les piqûres ont été rempla¬ 
cées par des ulcères d’une grande étendue ; les ganglions guttu- 

• raux gauches ont quintuplé de volume. Le chien respirait dif- 
Jü ficilement, a éprouvé des frissons ; il est devenu triste, ne man- 
-• geait plus. Le membre gauche postérieur est devenu tuméfié, 
- très douloureux. Plusieurs collections purulentes superficielles 
l se sont formées sur le trajet des vaisseaux de la face interne du 
) membre gauche portérieur, à la base de l’oreille droite et sur le 

trajet des vaisseaux glosso-faciaux gauches. Le scrotum et le 
T fourreau se sont tuméfiés, sont devenus d’une nuance violacée, 
8 puis noirs. La peau du scrotum, gangrenée, est tombée en lam- 
s beaux. Les abcès superficiels sg sont ouverts. Plus tard, toutes 
il ; s plaies ulcérées sont devenues vermeitfes ; le chien a alors 
repris sa gaieté et son appétit ordinaires ; les plaies tendaient 
rapidement vers la cicatrisation lorsqu’il a été sacrifié (31 jours 
.. après l’inoculation). 

A l’autopsie, on a trouvé les poumons, le foie la rate, les reins 
dans l’état normal ; les plaies ne suppuraient plus ; les ganglions 
: gutturaux gauches étaient encore quatre fois plus gros que dans 

• l’état normal; ils étaient blafards, mous ; la peau du fourreau et 
; son tissu sous-cutané étaient noirs, mais ne formaient pas encore 

d’escarrhe. 


La lésion la plus remarquable qu’ait présenté ce chien, est la 
gangrène de la peau du scrotum et du fourreau. Cette lésion est 
très fréquente chez les hommes morveux. 

2“ Le second chien et le lapin, inoculés le même jour, n’ont 
éprouvé que des symptômes locaux. 


Nouveaux procèdes pour arracher les dents. 

M. le docteur B...... Hippocrate rurale, nous communique les 

faits suivons, qui ne sont pas sans singularité ; il s’agit d’une nou¬ 
velle méthode pour l’avulsion des dents, dont le prix d’arrache¬ 
ment, fixé à un franc, paraît encore assez élevé aux habitans des 
campagnes, pour qu’ils aient recours à des moyens plus écono¬ 
miques. 

Premier procède. Il consiste h attacher la dent malade au 
moyen d’un gros fil double , long et que l’on fixe à une porte ; 
un grand coup de pied est donné dans la porte qui, en s’ouvrant 
violemment, emporte avec elle le fil et la dent. 

Deuxième procède. Celui-ei est plus ingénieux encore. Un 
paysan a eu l'idée d’attacher la den{ malade à un, fil d’archal qu’il 


y a fixé bien solidement ; à l’extrémité libre de ce fil, il a fixé 
balle de pistolet qu’il avait perforée ; puis il a chargé son pjj^ 
let, et malgré les représentations de notre confrère qui n’a puq|j 
l’engager à ne pas tirer horizontalement comme il allait le fai,, 
mais dans la direction de la dent à arracher, le coup a parti i' 
dent a suivi la balle, et le malade a été débarrassé sans trop,)! 
douleur, sans accident, sans déchirure, et surtout gratuitementu 


LA TRAITE DES BLANCS. 

Le journal mensuel L’Enfance, se délivre gratuiteuiem 
ux ouvriers, au Cabinet littéraire, rue de l’Odéon, 31, 


M. CHASSAIGNAC étant sur le point de terminer la 2' pj,, 
tie de son Cours (muscles et aponévroses), commencera incessan, 
ment la 3“ partie comprenant la splanchnologie. 


L'ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS. 

De s^en guérir radicalement, ainsi que des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TROINCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. — In-8». Prix, 2 Jr. 50 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-'Iemple, 16. 


NOUYEAU TRAITÉ 

DES RÉTENTIONS D’URINE, 

Et du rétrécisssément du canal de l’urèlre. Uu catarrhe et de la paraly¬ 
sie de la vessie; des afifeclions de la glande prostate ; des des accidéns pro¬ 
duits par les fausses routes ; dépôts et fistules urinaires ; de l’incontinence 
d’urine ; de la gonorrhée simple ou syphilitique ; suivi d’un ESSAI sur la 
gravelle et les calculs, leurs causes, leurs symptômes et leurs divers modes de 
traitement, avec un AIannel-Pratique sur la lithotritie, ou broiement de la 
pierre dans la vessie, où l’auteur a eu pour but de simplifier cette nouvelle 
opération pour la rendre plus générale en France ; 

Par li.-D. DuBoucnEv» 

Auteur des perfectionnemens apportés à la nouvelle méthode de dilata¬ 
tion et de cautérisation du docteur DDCAMP, dont il fut l’élève. 

6* édition, entièrement refondue. — Prix, 6 fr. et 6 fr. \50 c. par la poste. 
Chez Germer-Baillière, éditeur, rue de l’Ecole-de-Médecine, 17; 
Delaunay, libraire, et chez l’Auteur, rue Chabanais, S. 


TOILE VESICANTE LEPERDRESL, 

Pour établir un vésicatoire en quelques heures, 
SANS SOUFFRANCE. 

Faubourg Montmartre, 78. 


« Découverte..a. Prodige de la Chimie! 

POMMADE DU LION 


Pour faire pousser en un mois les cheveux , les favoris , les hocstacres et 
BOUliGll.$. (Garanti infaillible.)—Prix : h fr. le pot. — Chez l’autbur , à Paris, i 
viviBHNE. N” 4, au i", à côté du passage Colbert .mis lè Palais-Kuval. Et chez 
SI. FRANÇOIS, seul DÉPOSITAIRE, même maison.—(Six pots, 20 fr.—On expédie \ 
les coiffeurs, parfumeurs et autreS rÊOMPEiVT en vendant 
de viles gontreraçoivs sans effets sous notre titre: nous n’avons aucun 
nÉonr r.uKT mit vi au > T.Tt,g. ^e public doit acheter directfjue.xt à l'adre.= 


DÉPÔT CI 


ar cire rouge, et accompagnés d'un prospeotu* (Se bien meHer 


SIROP CONCENTRÉ 

DE ROSES DE PROVINS, 

AUTORISÉ. Guérit en peu.de Jours les Pâles cou¬ 
leurs, les Pertes blanches, les Maux d’estomac; relè¬ 
ve les forces digestives et résoud radicalement la 
Phlegmasie catarrhale.— Chez Guillemaud, phar¬ 
macien, rue St-Honoré, 271, 


Papier chimique 

PRÉPARÉ A RA VAPEUR 

Par n. PEEiEiEltllV. Pharmacien» me 
die la l’Iellle-Bouclerle. 15. 

Précieux topique pour les Douleurs rhumatismales. 
Gouttes, irritations de Poitrine ; Spécifique pour les 
Brûlures, Plaies et Blessures, et pour les Cors, OEils 
de perdrix et Oignons. En rouleaux, 76 cent, et 1 fr. 
50 cent. Portant sa signature. 

Les Dépositaires sont priés de s'adresser au Labo¬ 
ratoire, rite Sednte-Avoie, 54, chez M, Lau- 
rançon. 


MAISON DE SAîflÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 

AVENUE MARBOEUF, 1 , RUE MARBOEUF,^ 7, PRES LES 
CHAMPS-ELYSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-ParnaSse, 46. 
Beaucoup de malades ont été reçus et traités 
avec un succès complet dans cet utile établisse¬ 
ment. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des nia- 
des, nous citerons MM. les docteurs Ainussat, 
Blandin, Bouillaud, Canon du Villards, Dever- 
gie aîné, Emile Chevé, Civiale, Jules Cloquet, 
Fiévéede Jumont, Labarraque fils, Leroy d’E- 
tioUe , Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan , Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Siçhel, 
Souberbielle, Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 



4 fr. BREVET d’invention'. 

éTSs. Exposition de 183 , 

. JHÉDAILLE D’OR. 

IIIIJ^CHARRIÈRE, coutelier. 

Fabricant d’instrumens di 
chirurgie, Fournisseur dtl 
<a Faculté de médecine de Paris, 

„ ^ ' t- de l’Ecole-de-Médecine, 9.' 

** selM et Bîheronis en ivoire nexlhle, d 

Pompe^simple A courant régulier sans réser 
voir it’alr. de 12 a 24 fr. 

Appareil du aoctenr Donné pour les Cors, OEils-de 
Perdrix, etc., de 6 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M,’ 
Warick, 11, Laurence Poimtnay Laue. 


AftEMCE 1IËD1CÀ1.E, 

Les fondateurs de la Caisse spèciale des Médecins ont l’hot 
neur de prévenir MM. les Médecins et pharmaciens des dépai 
temens, quils ont créé dans leurs bureaux une nouvelle divisio 
sous le titre : D'AGENCE MEDICALE, où l’on s’occupe 
1» de procurer la cession des clientelles de médecin et la veni 
des officines de pharmacie; 2» de la gestion de toutes les affairt 

d intérêt quelconque qu’ils peuvent avoir à débattre à Paris o 

dans le departement delà Seine; 3» de l’achat et de la vente de 
ouvrages de médecine et depharmacie ; 4» d’expédier toute es 
pece de medicamens et d’articles de droguerie ; 5» de faire éti 
blir et fournir des inslrumens et appareils pour' tous les ca 
chirurgicaux, co^e au-ssi de faire connaître les nouvelles ia 
yentionset les differentes modifications qui sont survenues - 6° de 
insertions et réclames à faire dans les différens journaux d 
Pans, ainsi que des abonnemens auxdits journaux ou autres pu 
blications; 7“ de surveiller l’impression des ouvrages scienliii 
ques , d en revoir et corriger les épreuves. En un mot les ad 
ministrateurs de la CAISSE DES MEDECINS ont voulu pi 
qu’ils ont donnée à leurs opérations, offi ir à MM le 
Médecins et Pharmaciens de toute la Fiance , une Administra 
tion generale et centrale où puisse être traitée la généralité d 
leurs intérêts. 

Les médecins et pharmaciens correspondans de l'Agence me, 
fiica/e n auront à supporter aucun dioit de commission pou 
toute espece d achats, d’abonnemens el d’insertions, l’adminis 
tralion^déclarant se contenter des remises qui lui seront accor 
leTpri™* résulte aucune augmentation dan 

Nota. Les lettres et envois devront être adressés franc d 
port a M. Jacquemin, directeur, au Bureaux de l’Administra 
tion, rue Montmartre, 68. 


Nous avons vu Scarpa, déjà chargé d’années, entreprendre le 
voyage de l Italie méridionale en 1820. Sapassioii pour lés beaux 
arts, et surtout pour la peinture, fut le principal motif de-cette 
excursion. C’est en parcourant les riches cabinets de tableaux de 
Florence, de Rome et de Naples, qu’il fit à grands frais une ma¬ 
gnifique collection de peintures originales de toutes les écoles 
d’Italie. 11 acquit dans cette partie des beaux arts une telle finesse 
de goût, un jugement si parfait, que souvent il fut pris pour juge 
de tableaux dontl’ongine était douteuse. On connaît l’arrêt qu'il 
porta sur un magnifique tableau possédé par le comte Snardi de 
Bergame, et qu’il décida entre le portrait de Guido Baido duc 
d’Urbain, et l’ouvrage du divin Raphaël : on peut voir ce juge¬ 
ment de Scarpa dans une lettre qu’il a publiée dans la Bibliothè¬ 
que italienne. 

Dans ce voyage,|il fit la découverte d’un casque de fer antique 
admirablement sculpté, et qu’il a fait connaître en en publiant 
une description enrichie de superbes gravures. 

C’est ainsi qu’entouré des objets divers de ses affections, il pas¬ 
sait des jours dignes d’envie dans sa belle retraite sur les rives du 
Pô; il aimait beaucoup l’agriculture, et quoiqu’il n’ait jamais rien 
publié sur ce sujet, il a inventé et mis en pratique des méthodes 
nouvelles de culture, qui ont souvent été mentionnées dans diffé- 
rens ouvrages, et adoptées avec succès par un grand nombre d’a- 
gciculleurs. Il est difficile de trouver quelque branche dans l’ar¬ 
bre immense de la science, qui n’ait pas été pour lui une source 
de jouissances, et qu’il n’ait cultivée avec succès. 

Le Musée anatomique de Pavie, commencé par Rezia, reçut de 
Scarpa une augmentation, due surtout à ses propres préparations 
Marchant ensuite sur ses traces, Jacopi, Fattori, et en dernier lieii 

le célèbre Panizza, actuellement professeur d’anatomie, l’ont suc¬ 
cessivement enrichi, de manière qu’à l’heure qu’il est, on peut 
hardiment le signaler comme un des plus beaux et des plus utiles 
musées anatomiques de l’Europe. 


La manière pleine de noblesse et de dignité avec laquelle il 
remplissait sa chaire de professeur, captivait le respect et Tatlen- 
tion des auditeurs. Peut-être pourra-t-on l’égaler un jour; jamais 
on ne pourra le surpasser. Il avait un ordre et une méthode ad¬ 
mirables ; son discours avait autant de clarté que de charme ; sa 
voix était sonore et animée, et son éloquence commandait le si¬ 
lence le plus profond chez ses auditeurs ; ses manières avaient une 
certaine austérité tempérée par une amabilité et une douceur 
pleines de charmes. Ces rares qualités lui gagnaient facilement 
tous les cœurs, et l’entouraient de vénération. 

Son anatomie n’était pas restreinte à la simple et stérile des¬ 
cription des organes, il savait l’embellir de considérations phy¬ 
siologiques et chirurgicales du plus grand intérêt. Aussi, non- 
seulement ses leçons étaient fréquentées par la foule des jeunes 
gens qui étudiaient les sciences médicales, mais encore il comp- 
tait au nombre de ses auditeurs des médecins et des chirurgiens 
distingués, aussi bien que dessavans tout-à-fait étrangers à l’art 
de guérir. 

Scarpa était grand, il était bien fait, el pouvait passer pour un 
bel homme; ses manières étaient pleines de grâces; dans la so¬ 
ciété il était extrêmement aimable, quand il avait le désir de l’ê¬ 
tre; mais lorsqu’il n’était pas obligé de faire les honneurs de sa 
maison, et qu’il se trouvait dans une société quiljii était indiffé¬ 
rente, alors absorbé dans ses pensées, assis à l’écart, le menton 
appuyé sur le pommeau de sa canne, les jambes croisées, silen¬ 
cieux et immobile, on l’aurait pris pour une statue. 

Ij se livrait avec ardeur au plaisir de la chasse, dans laquelle à 
avait acquis une adresse peu commune. Il estprobable que c’est il 
cet exercice qu’il a dû une partie de sa force, de cette souplesse, 
de cette agilité des membres qu’il a conservées jusqu’à l’âge le 
plus avancé. La retraite et la vie de campagne étaient grande 
passion; il avait coutume de passer les vacances automnales dans 


délicieuse maison de Bonasco, située sur une charmante collii 
au-dela du Po; c est là qu’il consacrait ses matinées à comnos 
'‘ses œuvres chirurgicales ; le reste de la journée était donné à s 
anus, à la chasse et aux affaires de la campagne; les heures de 
soiree se passaient en lectures et en conversations littéraires. 

Il est mort ap?ès avoir souffert plusieurs années d’une affectii 
de la vessie, accompagnée de violens spasmes et d’une disposilii 
hémorrhoidale qui a dégénéré en un ulcère incurable, fl a é 
soigné dans ses maux avec une tendresse et Une p'ersévéran 
tout-a-fait filiales , par quelques-uns de ses élèves et de ses iiil 
mes aims , à la tête desquels il faut nommer les professeurs P 
nizza, Cairoli et Rusconî. 

Contentons-nous d’avoir rendu ce faible hommage à la m 
moire du vénérable- Nestor de la chirurgie moderne , à ce biei 
faiteur de l’humanité, dont le nom est prononcé avec regret p 
tous ses concitoyens et sera répété avec orgueil par la postérit 
Espérons que nous ne tarderons pas à devoir à l’amitié et à 
reconnaissance les mémoires de cet homme illustre dont lu 
même a laissé les principanx élémens dans ses papiers.’ 


La YeW™ Medicale est complète, les trois dernières sat 
viennent d etre publiées en meme temps ; les sujets en sont 
t- Conseil royal de l’Instruction publique ; — lInstitut ■ 
Les Lazarets,et les Quarantaines; ’ 

Et enfin les Adieux. 

La réimpression des satires qui étaient épuisées permet de 
vrer 1 ouvrage entier aux personnes qui en feront la demande 


Paris, imprimerie de BÉTHowE et Plon, rue de Vaugirard, 36 . 



































MAftDÎ U JANVIER i84d. 


(iS* ANNEE.) 


N“ d, TOMR 2. — â« SÉRIE» 


fiSB 


Ka E/ancefte W'ronteaise • 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, ruedeBussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 MOIS, 9, fr.; 6 mois, 18 tr.; 1 an, 36 Ir 
Départ., 3 mois, 1.0fr.;6 mois,20 fr.; 1 an, 40l.; 


HOTEL-DIEU.—M. Roüx. 

Diabètes sucrés. 

Première observation. Le 14 novembre dernier, le nommé 
lebœuf, cuisinier, âgé de vingt-quatre ans, s’est présenté 
à la consultation, accusant des envies fréquentes d’uriner 
et se disant affecté de diabète. 

Cet homme, qui paraît avoir encore une certaine force, 
prétend néanmoins avoir beaucoup maigri depuis le mois 
de février, époque à laquelle il a commencé à être stimulé 
par des besoins plus fréquens d’uriner. Celles-ci, en effet, 
tot dès lors été rendues en plus grande quantité que par 
lé passé, et le malade assure en avoir rendu pendant un 
certain temps jusqu'à douze litres par jour, quantité excé¬ 
dant de beaucoup celle des boissons qu’il prenait habituel¬ 
lement. . ^ 

Il a remarqué en outre qu’à la même époque la soif 
éiait augmentée ainsi que l’appétit, à tel point qu’il avait 
honte d’avouer la faim qui l’obsédait. 

... Lebœuf ne sait à quoi attribuer sa maladie ; il déclare 
n’avoir jamais fait aucune sorte d’excès et bien se nourrir 
habituellement. Mais une circonstance digne de remar¬ 
que, c’est que depuis sept ans il travaille dans une cave 
très humide, se remplissant de houe pendant les temps 
pluvieux , au point qu’il ne pouvait s’y promener qu’avec 
d's sabots. 

Il n’avait pas fait de maladies graves, jusqu’au moment 
où les premiers symptômes du diabète se manifestèrent ; 
mais ayant séjourné aux colonies il y a été travaillé pen¬ 
dant six mois par la diarrhée. Le médecin auquel il s’est 
adressé d’abord a combattu le diabète par le quinquina, 
les bains , les vésicatoires volans à la région hypogastri- 
’ue, etc. Néanmoins son état n’en a pas été amélioré, et, 
isespérant alors dese guérir à Paris, Lebœuf est allé passer 
I belle saison à la compagne. Là , son état s’est effecti- 
jment amendé j mais , n’ayant pu obtenir une entière 
létison , il est revenu à Paris. 

Au moment de son entrée à la Clinique, il rendait six à 
pt litres d’urine par jour. L’appétit est assez développé 
'des digestions .se font bien et vite. La soif est moindre 

| ê«e -evaii il J - .jv-v-i^iies mois ; •nais ri a , ait-il, 

ucoup maigri , surtout depuis quelques jours. Toutes 
fonctions s’accomplissent bien chez lui sauf la sécrétion 
urines ; seulement il est un peu constipé et son haleine 
rte odeur aigre ; les fonctions génératrices son dans un 

t parfait d’intégrité. 

)n lui recommande de garder toutes ses urines jusqu’au 
jdemain, et on lui prescrit les trois quarts d’alimens. 

16 novembre. Le malade a rendu sept litres d’urines 
ires et ayant un goût sucré. Il n’a bu que trois pots de 


tisane dans les vingt-quatre heures j ce qui fait trois fois 
trente-deux onces, c’est-à-dire trois litres. 

Le 17, il rend un peu moins d’urines, que l’on réunit 
aux précédentes pour être analysées. 

Du 18 au 21, les urines vont encore en diminuant de 
quantité. Même régime. 

Le 22, les urines analysées par M. Bouchardat, pharma¬ 
cien en chef de l’Hôtel-Dieu, très exercé; comme l’on sait, 
à ces sortes d’analyses, a founii du sucre en assez grande 
quantité qu’il présente au moment de la visite: la quan¬ 
tité qu’elles en contiennent estd’un huitième. 

Le 22, le malade est bien. 

Le 23, on pratique une saignée d’une palette pour ana¬ 
lyser le sang ; la'quantité des urines paraît ne plus dimi¬ 
nuer. . 

Le2o, on réitère la saignée, et à partié de cette époque 
la quantité des urines diminue progressivement. On com¬ 
mence l’emploi de l’opium à haute dose, ét d’un grain on 
arrive rapidement à faire prendre 6 gr. par jour de ce mé¬ 
dicament au malade. La quantité des urines diminue à un 
tel point, qu’il li’en rend plus qu’un litre et demi dans les 
vingt-quatre heures.. 

. Le 4 décembre, le malade ne rend plus que fort peu 
d’urines, mais elles contiennent encore du sucre, qui s’y 
trouve même (toute proportion gardée) en plus grande 
quantité que lorsque la maladie était à l’état aigu ; elles 
ont perdu en outre le peu de couleur qu’elles avaient re¬ 
pris, et sont actuellement presqu’entièfement limpides. 

Lebceuf quitte la cliniqué étant encore dans cet état. 

Deuxième observation. Lacroix, âgé de vingt-quatre ans, 
sellier, s’est présenté à la consultation accusant les symp¬ 
tômes suivans : •. 

Depuis trois semaines, cet homme, qui s’è'st toujours 
bien porté, s’est aperçu que la quantité de ses urines allait 
en augmentant ; ce pliénomène est surtôut irrécusable de¬ 
puis quinze jours. En même temps la soif s’est accruè, 
l’appétit est resté le même. Lacroix assure qu’il fait usage 
d’une bonne nourriture. 

Il ne sait à quoi attribuer sà maladie, et dit rendre six 
litres d’urine tous les jours. Il a la bouche sèche, éprouve 
de la fatigue dans les membres et transpire fort peu; le 
sxMiMitoil e»t Jiou, mais les besoins d'uriner- le réveillent 

fréquemment. 

Lacroix reste à la clinique du 18 au 20, novembre , et 
dans ce temps il rend une assez grande quartiité d’uiine. 
On croit néanmoins qu’elles ne renferrnent point de sucre, 
et on se hâte de donner au malade sa,sortie. 

Au bout de quinze jpurs seulement,, on aperçoit dans le 
liquide qu’on avait conservé; des cristaux de sucre ; mais 
cette preuve irrécusable de sa maladie arrivait trop tard : 
le malade avait déjà été renvoyé. 


Hernies inguinales. 

Première observation. Le 10 octobre dernier, on Apporta 
à la clinique, sur les trois heures de l’après-midi, le nommé 
Bourdet, âgé de trente-six ans, cordonnier, affecté de her¬ 
nie inguinale externe droite. Atteint de cette affection dès 
sa première jeunesse, jamais il n’avait porté de bandage ; 
mais il en porta un depuis dix ans, constimit néanmoins 
d’une façon si irrégulière et si impropre, qu’il est loin de 
remplir le but désiré. 

■ Suivant le malade, il aurait été pris, le 7, de vomisse- 
mens répétés après avoir mangé du poisson mal préparé, et 
ce serait à la suite des efforts du vomissement que la her¬ 
nie se serait échappée peu à peu, malgré la résistance op¬ 
posée par le bandage qui la soutenait alors. 

, En vain il a tenté à plusieurs reprises de faire rentrer 
les viscères déplacés, et bientôt il a été pris de coliques, de 
nanséesj'de hoquet; les vomissemens on persisté et n’ont 
pas cessé depuis. Désespérant alors de parvenir à réduire 
sa hernie, le malade s’est déterminé à réclamer le secours 
de la chirurgie. 

A six heures l’opération a été pratiquée par M. Roux. 
Après l’incision des parties extrà-herniaires, ce chirurgien - 
est arrivé sur le sac, et s’est assuré qu’il n’avait point affai¬ 
re à une hernie congéniale ; ce que l’on pouvait présumer, 
jusqu’à un certain point, d’après le commémoratif fourni 
par le malade, qui avait assuré que sa hernie remontait à 
une époque tellement reculée, qu’il en avait à peine le 
souvenir. i 

A l’ouverture du sac, on trouva que la tumeur herniaire 
était constituée par une anse intestinale rouge, mais nulle- > 
ment gangrenée, et par une masse considérable d’épiploon 
rouge et très engorgé. La réduction de ce dernier n’ayant 
pas été jugée convenable par l’opérateur, une grande partie 
fut excisée peu à peu, en ayant soin de lier le^ artères au’; 
fur et à mesure qu’elles étaient coupées, en conservant ; 
aux fils une. longueur convenable pour être retenus au 
dehors de la plaie.après la rentrée de l’épiploon dans l’in- > 
térieur du ventre. i 

Lor.sque le chirurgien se fut assuré que: les vaisseaux ne 
fournissaient plus de sang, les parties furent épongées, et 
ledébridemeiit étant déjà effectué, on en opéî a la réduction 
qui n’offrit presque pas de difEculiés ; les i^s des ligatures • 
furent retenus au-dehors, rauiassés en un pétit faisceau et/., 
enÿeloppéf dans un linge. ,, , 

La plaie lut ensuite remplie de cliarpje, et.l.fi pansement 
fut achevé nioyennant l’application dq spica de l’aine fai¬ 
blement serré.jLe malade fut souinjs à ', une diète sévère, 

et on prescrivit un purgatif de sel d’epsuiiii • 

Le léndeniain (11 octobre), le malade, a, eu- six garçlero- 
bès; pas de syniptôiilesde péritonite. Diète/ 

.Les 12 et 13, pas d’accidens; état satisfaisant. 




ÏR,4I1É DES MALADIES DEPLOHD, OU SATUROTS', 

PAR LE D' TANQUEREL DES PLANCHES (1). 

aici un livre écrit avec conscience, et que nous devons re- 
inander à l’attention de nos lecteurs. Dans un temps où se ta¬ 
rent tant de livres improvisés et tant de statistiques écour- 
,on rencontre rarement un ouvrage qui ait coûté, comme 
-là, huit ans de travaux assidus, et qui soit appuyé sur plus 
;ux mille observations recueillies au grand jour. I.’hâpilal de 
.narité, où affluent en si grand nombre les ouvriers atteints 
des diverses affections s ituruines, a fourni la plupart de ces ob- 
sevrations. Mais M. Tanquerel, pour rendre son travail aussi com- 
'’plet que possible; ne s’est point contenté de ses études cliniques; 
il», pour éclairer les questions d’étiologie, visité fréquemment 
les ateliers où l’on travaille le plomb, à Paris et dans les envi¬ 
ions ; il s’est adressé aux directeurs et aux médecins des établisse- 
wens situés en province; il a fait de nombreuses expériences sur 
'les animaux vivans, et s'est aidé, pour les recherches chimiques 
nue nécessitait son sujet, de l'habileté de MM. Chevallier, De- 
vergle et Guibourt. Enfin il a consulté avec le plus grand soin 
la plupart des ouvrages qui avaient été écrits sur la matière. 

Cet ouvrage se divise en quatre parties, qui commencent cha¬ 
cune par un réïumé historique, et se terminent par un choix d’ob¬ 
servations détaillées. 

La première partie, qui comprend presque tout le premier 
Volume, traite de la colique de plomb ; la seconde, de Vartkral- 
giSi ou douleurs vives qui se propagent dans les membres. Ce 
invenié par l’auteur, signifie plutôt douleur desarticula- 
ùons. En eflfet, quoi qu’il prétende, le mot arthron est toujours 
employé par Hippocrate pour désigner l’articulation, ou surface 
urliculalre ; mai» ce n’est point la peine de disputer pour si peu. 

Dans la troisième partie, sont examinées les diverses formes de 
h paralysie saturnine. 


(<) Deux vol. in-8, de 600 pages, chez Ferra, libraire-éditeur, 
dçs Grands-Augustins, n. 16. 


Enfin, la quatrième contient, sous le nom é’encéphalopathie 
saturnine, l’examen des désordres fonctionnels qui nous révè¬ 
lent l’action délétère des particules du plomb sur le cerveau. 

Jetons maintenant nn coup-d’œil sur les principaux poihts trai¬ 
tés dans ces quatre monographies, qui sont liées ensemble, et par 
la spécificité de la cause morbide, et par une partie du- traite- 

Et d’abord, comment le plomb s’introduit-il dans l’économie ? 
Toutes les préparations de plomb, quand elles sont réduites à l’é¬ 
tat de corpuscules très ténus, ou qu’elles sont tenues en dissolu¬ 
tion dans un liquide, peuvent être absorbées et produire les diffé¬ 
rentes affeclions saturnines. Mais quelles sont les voies d’absorp¬ 
tion ? Sont-ce, comme on le répète journellemëiit, la surface de 
la peau et les muqueuses du tube digestif ou de l’appareil respi¬ 
ratoire? 

M.Tanquerel ne croit pas à l’absorption par la peau recouverte 
de son épiderme. Il a fait, à ce sujet, plusieurs expériences sur 
les animaux, qui, toutes, ont donné unrésullatnégatif;etlesquel- 
qiics observations qui ont été consignées à ee sujet dans divers 
ouvrages ne méritent aucune valeur. 

Mais la peau dénudée ou les muqueuses mises en contact avec 
une préparation quelconque de plomb, viennent absorber le poi¬ 
son. Ainsi, on a vu survenir l'empoisonnement à la suite dii pan¬ 
sement d'un vaste ulcère par les bandelettes de sparadrap. Dans 
un cas d'ophthalmie, traitée par des collyres où entrait un demi- 
gros d’acétale de plomb, il y eut absorption par la conjonctive, 
et des accidens toxiques se manifestèrent au bout de douze jours 
de l’emploi de ce collyre. Dans une autre observation plus cu¬ 
rieuse encore, recueillie par l’auteur, la muqueuse vaginale a été 
la voie d’absorption. Une femme avait fait trois fois par jour des 
injections avec de l’eau de GoulanI, pour arrêter une hémorrha¬ 
gie utérine. Au bout de quatre jours elle commença à éprouver 
les symptômes de la colique de plomb. Mais c’est la muqueuse 
pulmonaire qui paraît à l’auteur la voie la plus ordinaire de l’em¬ 
poisonnement. 11 fait observer à ce sujet que les professions qui 
occasionnent le plus souvent la colique sont justi ment toutes 
celles où l’on réduit le plomb et ses composés en molécules très 
ténues, susceptibles de se disséminer dans l’atmosphère. L’absor • 
ption par la muqueuse digestive est beaucoup plus rare. On l’a 
observée chez un certain nombre de malades qui avaient pris de 
l’acétate de plomb. Elle fut plus fréquente dans les temps où 
l’usage de corriger l’acidité des vins par la litliarge était, faute 
de surveillance, beaucoup plus commune. C’est ainsi que se ré¬ 


pandit épidémiquement cette maladie décrite p.ir Chois sous Ip 
ndm de colique de-Poitou, par d’autres s'ous le nom de clique de ' 
Madrid, et qui n'était, en réalité, qu’une colique de plomb. ' 

De quelque manière que le poison ah été absorbé, mais sur¬ 
tout chez les ouvriers soumis à des émanations continues, avant 
qu’ait lieu le développement des maladies saturnines, l’auleur a 
noté sous le titre à mioxicaiion primitive un certain nombre de 
phénomènes qui indiquent le commencement de la saturation de 
l’économie; Ce sont : 

l” Une teinte ardoisée des gencives, plus prononcée au voisi¬ 
nage des dents que partout ailleurs ; les réactifs chimiques démon- ' 
trentque cette couche est du sulfure de plomb. 

S» L’haleine se charge d'une odeur métallique toute spéciale. 

3° La peau s’enduit d’une teinte jaunâtre, que l’auteur a re-^ 
trouvée même après la mort dans les principaux viscères ; car cet 
ictère est le résultat de l’altération du sang qui, pénétrant tous 
les tissus, leur communique cette teinte. 

4» Lorsque lu saturation est en quelque sorte opérée, il survient 
un amaigrissement général plus prononcé à la face; les forces di¬ 
minuent, le pouls devient plus petit, quelquefois même il se ra¬ 
lentit. 

La température élevée paraît favoriser l’absorption. C’est pen- ‘ 
dantles mois de Juin, de juillet et d'août que s’observent le plus 
grand nombre des coliques. Il est vrai a ussi que c’est l’époque de 
l’année où sont le plus en activité les fabriques de céruse, et les 
travaux des peintres en bâtiment. 

L’anatomie pathologique ne paraît à M. Tanqiierel offrir aucun 
renseignement sur la nature de cette maladie. En résumant qua¬ 
rante-neuf autopsies faites avec soin, il trouve que vingt fois le 
tube digestif n’a oft’ert aucune altération ; et que dans les vingt- 
neuf autres cas il existait des altérations diverses qui ont été plu¬ 
tôt les effets que la cause des accidens observés pendant la vie. 
Parmi ces effets, celui qui a été observé le plus souvent (16 foisjj 
c’est un retrait du paquet intestinal. V , 

L’histoire dessymplômes de la colique est développée de la ma- - 
nièrela plus-complète; chacun des symptômes est soumis à lalné- 
ihode numérique qui, portant ici sur un très grand nombre de • 
faits, acquiert une grande valeur. De ces symptômes, la douleur, ■ 
est le seul qui soit absolument constant; la constipation, qu’on 
regarde généralement comme aussi caractéristique, peut manquer 
quelquefois. Sur 1,217 malades, 1,140 ont été atteints de consti¬ 
pation, 33 allaient régulièrement à la selle, 26 ont eu du dévoie- 




















Le 14, on panse la plaie, que l’on trouve en bon état. 
On accorde au malade un peu de bouillon. 

Le 15, le mieux continue. Potages. 

Le 16, Le malade est bien ; quelques ligatures tombent; 
on prescrit une potion calmante parce que le malade se 
plaint de ne point assez dormir. Soupe et potages. 

Le 1^, il a eu une selle spontanée. 

Lel8, chute de la dernière ligature. 

Le 21 f on lui accorde le quart d’alimens. 

Le 4 septembre, l’amélioration lie s’est jamais démentie 
un seul instant. A cette époque la cicatrisation de la plaie 
è^Tpfésqué àclievée. Le mâladè mangé la demie ; on lui 
fait prendre une once et demie d’huile de ricin et demi- 
once d’eau de roses pour coiiibattre la constipation. 

Deuiviéme a/wf/yo/ioii. Jean-Batiste Piet, agfe de soixatlte- 
quatré ans, portier, a élé atteint de hernie inguinalé ek- 
terne droite, à l’âge de trente-huit ans. Habituellémeüt 
réductible, la hernie sortait tous les huit à quinze jours; 
et alors, .pour la faire rentrer, Piet n’avait qu’à.se mettre 
dans le lit, dans, le décubitus dorsal, abandonnant pour le 
nloment toute sorte d’occupation. Ce mo.yen lui a cons¬ 
tamment réussi jusqu’à présent. . _ 

(. eue hernie, q.uj ne gênait le malade que lorsqu elle 
sortait, ri’avait jamais nécessité l’application d’un bandage., 
et Piet n’en avait jamais tenté l’usage, tant il trouvait peu 

grave l’infirmité dont il était atteint. 

Le 11 novembre le malade a fait une chute dans un es¬ 
calier, à laquelle il attribue la sortie de la hernie, dont 
cependant il ne .s’est aperçu que le lendemain ; alors il est 
aussitôt survenu dvi hoquet et des coliques. Ce n’est que 
du troisième,au quatrième jour à dater de l’apparition de 
la tumeur, que les voinisseniens ont comiiiencé : compoiés 
d’abord d’alimens, de mucosités et de bile, 41 a fini, par 
rendre des matières sterçorales: ces vomisseinens n’ont pas 
cessé depvds. , . , 

- Piet . a iconservé l’espoir de faire rentrer lui-meine sa 
hei'nie au ^ premier moment ; et dans cette croyance il est 
resté chez lui jusqu’au 20 novembre, époque à laquelle il 
est:entré à la Clinique. , ^ - ■ : _ ' 

■,ILe taxis prolongé ayant été juge dangereux dans de telles 
conditions, on y renonça ; d’autant plus que la hernie pau 
raissait tout-à-fait irréductible, et qu’elle existait déjà 
depùis huit jours. L’opération fut pratiquée le 20 lio- 
vembre. i. ■■ ; ; ■ , . 

Le sac herniaire était libre d’adlierçnces a 1 extérieur; 
à sa partie ; supérieure antérieure il était recouvert par 
une grande quantité dé graissé que l’opérateur q disséquée 
d’abord, et excisée ensuite. Le sac a ensuite été pincé àvec 
une pince à disséquer, et avec le ■ bistouri dn lui a fait 
éprofiver une légère perte de substance. Aussitôt il s’est 
écoulé une grande quantité de sérosité sanguinolente qui ■ 

remplissait la cavité dii sac. : ' 

Cette poche péritonéale a ensuite élé divisée avec le 
bistouri sur la sonde cannele'; et orira trouvée libre d’ad¬ 
hérences, excepté à son collet où elle était unie à 1 intestin 
danè une petite étendue. Cette adhérence a empeché là 
traction des viscères au dehors, et les eSsaiS de réduction 
sans débridement; et vu sa trop grande résistance pbur 
être déchirée, on a pratiqué le débrideiiient en dehors et 
en haut en portant le bistouri boutonné et convexe sur 
son tranchant dans la gouttière de la sonde cannelée ; 

Ayant ensuite attiré au dehors quelques anses d’intes- 
tin l’opérateur a reconnu que la partie qui adhérait; au 
coliet du sac était épaissie, enflammée et ulcéree Jusqu à 


la perforation sur le lieu qui était soumis à la cotistriction 
de l’anneau inguinal interne ou du collet du sac, et que 
les anses intestinales adhéraient entre elles par des liens 
charnus et anciens. 

La perforation intestinale imposant au chirurgien de 
retenir au dehors cet organe, des fils ont été passés dans le 
mésentère et fixés dans ce but. Mais la perforation n’était 
pas la seule altération que présentait l’intestin, qpi, en 
outre était en partie gaiigréAé,.et telleiiièut épaissi .èt «11- 
flaminé sur d’autres points que .sa cavité se tiouvait pies- 
que çomplèleinentjo^litérée, ^.4ussi cette in,ass&„intest]iiqle, 
mt-élîé réséqueè, ce qui favorisa aussitôt la sortie de l’in- 
tériem' dp tube digestif d’unelassez grande quantité demai 
tières sterçorales. et dé gaz. _ - 

Un pqnSement.à plat, sans compression, a termiSié l’o¬ 
pération, dans le but de laiiser uiie.libre issue aux matiè¬ 
res cuntenués encore dans, l’intestinr: : 

Le malade s’est trouvé beaucoup mieux iminédiàtèment 
après cette opération; niais peu de temps après, ilest sür- 
yenu .une liémorrhagie que le tamponnement il’a pu arrê¬ 
ter; elle ne s’estarrêtée que d’elle-même, après avoir con- 
sidéraBlernent alF»lbli le maladei: , . . ' 

Le'lendemain dé lîopération (21 novembre), il ili.sait 
avoir passé une bonne nuit, et était daris an état satisfai¬ 
sant. 

Le 22,:il a.eu quelques hoquets,, mais.n®: souffre pas 
dans le ventre ; il a à peine un peu de fièvre. Les matières 
continuent à cpuler par la plaie. ! 

Le 23,/la malade est bien : on lui accorde dii bouillpn. 
L’adhéranca de l’intestin avec les bords de la jilaie est éta¬ 
blie, il n’a point encore rendu de matières parle bout in¬ 
férieur dé l’intestin. ■ ' 

Le 24, le malade est faible ; il survient desivomissempus 
qui sont promptement suivis de mort.. • • 

• A l’autopsie, on n’a pas trouvé d’épanchement périto¬ 
néal, ni aucun signe bien évident de l’inflammation de la 
séreuse abdominale. Mais dans l’intestin, on a trouvé des 
traces ^.infection purulente. i 

. il n’existait pas d’adhéi-ences entre les deux bouts de 
l’intestin et le collet du sâc. 

L’arfèr.e épigastrique était à la partie externe do la her¬ 
nie qui était inguinale interne : il y avait eu erreur de 


:. fitpe'ration d’anus artificiel^ pratiquée e/î HT G.,, 
. ' ijlonsie.ur, 


— Dict. de médecine en 21 vol., t. XIl, p. à.Ÿ, Jules Clo^quet. 
Déns ce Kvrç l’opcrallon fut, dit-on, si(iVle .d’iiisucces. — 
Dict.de chirurgie pratique, LUI, p. 8, Dupuytren), M. yelpêdà 
(Médecine opéraroire, t. Ilf, F® édit., p. 983), après avoir indi¬ 
qué le procédé proposé p<U' LiUre, on raconte que lliiret (de Lys^) 

et Pillore (de Rouen) ont avec succès établi un anus artifiQiel 
dans l’aine. C’est dans les mémoires de la Société de médecine 
dé Paris qu’on peut lire les détails de l’opération de Duret. Mais; 
on ne trouvé nutlé'paH la irelalion dé fo^éraüon de IM. Piil.ore 
(de Rouen); âWà'sv cé fàt vainement qüè Dupuytren me pria de 
lui indigner où ce fait avait été imblié. M. Yelpeau né fpt>Sl 
ptos heureux lorsqu’il demanda k même renseignement à liron 
fils, alors interne dans son service. . . , a./1, 

Le 16 novembre dernieFi M. Amussat écrivit h mon nU ube 
lettre dans laquelle, en lui demanda.nt de nouveau ceUe observa¬ 
tion, il le prie de lui faire savoir s’il peut ajouter quelque chose 
aux renseignemens connus, et qui se bornent à ce qui suit : 


ment au commencement de la maladie, et 19 pendant toute la 

'Parini Tes symptômes moins connus auxquels l’auteur a donné 
une atténiiou particulière, nous citerons l’apparition de tumeurs 
mobiles inégalés dans le ventre données par des anses inlesUna- 
les contractées, et le resserrement du reetbm qui est affecte 
d’ùne contraction spasmodique, d'une véritable crampe comme 
oni peut s’en assurer par le toucher. Il faut employer merpe une 
certaine force pour faire pénétrer deslavemens dans le gros in¬ 
testin des individus affectés de colique de plomb. , 

Cette maladie, malgré les douleurs atroces qn efie fait naître, 
n’est réellement dangereuse que par les complications dont elle 
est souvent accompagnée. Quand elle est simple, cest-a-dire 
affèlle iie donne lieu à aucun symptôme ^ côté des centres ner¬ 
veux elle se termine heureusement. M. Tanquerel, sur le grand 
nombre des coliques simples qu’il a observées, n a vu périr qu un 
seul individu. Ce malheureux, après trois mbis de douleurs vio- 
Ipfites nui résistèrent à tous les traitemens, finit par succomber 
911 dernier degré du marasme. Malheureusement les rechutes sont 
fréouentes, et d’autant plus que les coliques ont été plus multi¬ 
pliées, et que les ouvriers sont plus adonnés aux e^cès de tout 

^®Sânt au traitement, l’auteur, favorisé parles médecins de la 
Charité a expérimenté la plupart des méthodes qui ont été re¬ 
commandées depuis l’expectation jusqu’à la noix vomique. Pour 
Te^Ts être induit en erreur, il ne s’en est, dans ses expérimenta^ 
lions, rapporté qu’à lui-même, et ne s’est point contenté du récit 

des sœurs et des infirmiers. 

De toutes ces médications diverses, dont on trouvera une his¬ 
toire détaillée dans l’ouvrage, l’auteur préfère l’huile de crolou 
3ium- non qu’il croie à cette substance une vertu spécifique, mais 
nmee qu’aucune ne jouit au même degré de la propriété d imprimer 
Sue «ecousse violente aux organes digestifs. Le mode d adminis¬ 
tration qu’il conseille, est de la donner à la dose d une goutte 
y ns une cuillerée de tisane, toutes les Sept ou huit heures, jus- 
yi'iTpr nu’on ait obtenu des selles et des vomissemeus. Le traite¬ 
ment «e continue pendant trois jours. On fait pendant tout ce 
temps avaler une grande quantité d orge miellée. 

* dLs un prochain article nous examinerons les affections ner¬ 
veuses cépLlo-rachidiennes produites par l’introduction du 
plomb dans l’économie. 


Physioloaie et hyeiène des hommes livrés aux travaux , da 
Pesprit, ou Recherches sur le physique el le moral, les hàta- 
tudes, les maladies et le régime des gens de lettres, artiste^ 
savans., hommes d’état, jurisconsultes, administrateurs, etc. (;:)?/ 
par M. Revsilié-Parisb, membre de l’Académie de mede- 

iVos,ancêtres mettaient un quart de siècle pour faire un livre- 
Leurs matériaux étaient préparés de longue main ; rumines, limes 
ün grand nombre de fois ; les expressions,, les f^its, |es citations 
repassés à différentes reprises au creuset de la crilique, ils ne se 
décidaient à nieltre leur œuvre au jour que lorsque le sujeLleur 
paraissait épuisé. Aussi leurs ouvrages sont-ils, çpmnie Iç Moni¬ 
teur universel, presqu’inépuisables à nos yeux ; il est rare eiiec-, 
livement qu’on lise de nos jours d’un bout à l’gutre ks œuvi^s 
d’Hippocrate, deCelse , de Galien, d’Avicenne , de Rhazes, de 
Paré, de Severin, de Haller, de Bonnet, de Morgagni, etc. Un se 
contente de les consulter au besoin, et souvent il arrive que les 
rats les consultent plus fréquemment encore que rhoiiirac de 1 art. 
C’est que la nombre considérable des faits qui s’y trouve est tel¬ 
lement en désaccord avec nos études actuelles, qqe notre patience 
s’effraie en leur présence. Nos livres à la mode, en effet, sont 
bâtis bien autrement ; des fondemens en papier musqué, des cloi- 
sons transparentes, une façade brodée en similor, des toits tort 
elissans, le tout construit avec des matériaux forges dans un coin 
de belvédère et achevé avec une promptitude égalé a celle 
d'une bâtisse à la Frascati, tel est le système que suivent généra¬ 
lement les'auteurs modernes. Aussi l’existence de ces livres est- 
elle fort éphémère, et l’on voit à peine quelques ouvrages sé¬ 
rieux surtout dans notre science, qui méritent les bop leurs de 
plusieurs éditions et parcourent une carrière brillantle de plu¬ 
sieurs lustres. N’allez pas vous imaginer que cela tienne a la mar¬ 
che progressive des sciences, plus rapide de nos jours qu autie- 
fois. C’est qu’aujourd’hui beaucoup d’auteurs ne visent qu a taire 
de l’effet, à parvenir en un mot; le reste importe peu. 

Lorsqu’on voit par conséquent un ouvrage sortir de cette ligne 
spéculative, lorsque ses fondemens, sou organisation, sont de 
nature à lui promettre une longue existence, lor^que celle exis¬ 
tence elle-même constitue une nécessité, un bienfait immense 
poBï la sçienee et po ur la société, une pareille production peu t 

(1) Troisièiqè éditïon,.revue et augmentée;,2, v.pl..in-8“,, filiez 

i)entu, imprîmeur-libraire, rue des Beaux-Arts, n"® 3 et 5, 


« Pillore fde Rouen) paraît être le premier qui ait pratiqué le 
procédé de Liltre. Martin le jeune, dans un rapport qu’il fit à fi 
Société de médecine de Lyon, 1798, après avoir raconté le faji 
de Duret, dit, page 189 du Rccneil des actes de cette soçiélé : , 

« Pillore, chirurgien de Rouen, émule et contemporain de Le- 
cat, la fit aussi avec succès; mais son incision, pratiquée à la té, 
giot iliaque droite, s'adressait au cuLde-sac du cœciim.» .. 

a Fine , chirurgien en chef de l'hôpital de Genève, dit, da - 
un mémoire sur.Fiiinss artificieli quU.a'publié enl’an 13 dènellv 
Annales de la Société de médecine dft Montpellier ! 

« J’ai inutilement demandé et fait .dema».derA M- Pillore! 
père, très avancé en âge, et depuis sa'mort à M. son fils, chirur 
• gien à Rouen, des wnseigneine.ns sur le temps où celte opératne, 
a été faite, sur le cas qui l’a nécessitée, sur la manière dont el!- 
a élé exécutée, ainsi que sur les suites qu’elle a eues. Je n’aipt 
savoir autre chosq,^aWP“ .que cette^obseryajjien qfvait se trouvéj’ 
dans les papiers du défunt. Il est fâcheux que la médecine opé. 
ratoire soit privée des détails d’iine p^ratiou qui présente un 
grand intérêt, et sur laqùèlle M'.'Maflin n’a eu qu’une connais; 
sance verbale. » 

■1 Ce fut ilors qu’én- feùilJetant Bâns. les papiers de mon père, 
je trodvai l’oBseryatioii qnfi je vùus ehvqig.. ; ^ 

ÀgréK,.e);c. , . . . . H..Pillobb père, d.-m.' , 

' Rouen, 5 janvier 1840. , , 

■ ptiservalîon. te sièiir Morè1, Hi.ârclidnçl dé yifi et.maître 
de'postê du'Vu'tT^âlànt,' raiite dû pays tle Braï, fut attajj 
qîiê, àans 'l^çpur^rit de ràniiée ,177^, dé difficulté',d aller' 
à là ■ga.i de't.ojie,' Il rèssèiîtU.'d’àbpild q’u'eTqfit^é 'lé§;ères dou- 
iéul's''f|!anslefonlieiiieiit j ^Ifes.déyinrentup .peu plus ton-j. 
sidérables, 'sans être insûp.pqrtib'jéa;'mais, l^‘|.f|iffîculrè 
cette déjectiotl'âügjïiehta à tel 'point, Wil g'i;t'eijt|'fiez iiiquié}, 
tudes qui le détèrininèrent à venir à Kouèti'pôu'r 'cbnsultér| 


rent et en eutretinréiit l’issue pénd.in't quelque, jemps;' 
niais'là'difficulté augmentant toujours, il fut d’avis defiii 
faii’è a va W du mercure ou vif argent en assez ,j’prte dose, 
afin qûé par sa masse il pût'entraîner avec Ifir, l!obs,tacle^ 
qiii s’opjmsàit à leiir'déjectîop. Le; mafode, en eflet, en! 
avala-deux livrés ; on raueùdâlt tous lés jours, mais il ne, 
parut pas': là'déjection alors était tolàléinent sujiprimée,}, 
le ventre gi;o.ssissa.it dejour epJour ,sans être.,clôploureux 
el“saris aucune inflâiiunation. Dans cet ê>at de cause, je 
fus consulté'. (Il y avait déjà uii inpis q.ue lè malade avait, 
pj-is le liiercure sans én'avolr apeupé iiévelàtiôp; ) ) 

' Je v.isitai d’abord l’intestin rértum, pendant bien que 
c’était dé cé.côté là qüedèvait eire l’obstacle, qui s’opposait; 
à l’issilé des exç.fëiùe'iis,'croyant même qu’il pouvait être 
fôriifé paiyies çx.çjéinens eu¥-iu,êinps,durcis et rassemblési, 
dàiis’bei ïntestm,- cpjliiiié |e l’ai yp jjlusieurs fois arriver,; 
Mais au liiiliéu de .cetiè esj^è'cé. dé bçucfiôii,- jé trouvai la 
pàitiè supérieure liéi’iiilèstm duré et squirrheuse, formant, 
un très gros boun elet qui l’obstriiait t'ôtàleinent. J’essayai* 
dës's'élidés etdes cafiüléâ dé tdiite êsp’èbè ètd'e tout calibré; 
jé continuai ceS essais pendant plusiefirs jours).Jiiais inuti- 

Dans cet état, ^r’‘«i-4-djré( ïé mada.de .ù’avan'j^i^ 

rendu par cetté "VPie definis jiltiff (Tan mois, èt le velitië 
grossissant toujburs. mdlgré la diètè austère qu’il ob¬ 
servait; je lui proposai dé lui faire un anus artificiel,'.' 
Il fut de mon àVîâ','. ê.( rappbitâ, à 'çer effet l’exemple 
d’Uii bomtiie de''é6w vbisi'tldè^,' qtfi dépùis plusieurs an¬ 
nées en avait un que la nature lui avait fait "à là suite de 
rétràiigleinéptd’dne berrlié itt^inale. J’avais cpiiime lui 
connaissaUCè dé Céîait, ainsi que dé celui d’ürié femme en 

pareil cas et par la même cause (l)i 


(^J’observerai ici en passant, et par forme de digression, que 


iêtre regardée comme exceptionnelle de nos jours, et les éloges 
'que les savans lui prodiguent n’ont rien de commun avec cette 
fvoix de coterie que ceriaiiis auteurs font élever à grands Irais -lans 
Ides journaux de differentes couleurs., La physiologie et l’hyguia! 
.des Immme^ livrés aux'tra,vàux de l’espfil se place naturellemeat 
dans cette catégorie exceptionnelle. , 

« Cet ouvrage, dit l’auteur, est le fruit de pçcs de quinze ans 
d’études, de recherchés et d’observations médicales et philoso¬ 
phiques. » On-n’aura pas de peine à le croire lorsqu’on l’aura 
fu el médité. L’œuvre de M. Réveillé-PariSe est efffectivemcét 
difficile a imiter; elle emprunte ses malérianx à des études 
jnlu'sieurs genres, peu familières aux raédeeins, et modèle le tout' 

I l’observatiori rigouretise des faits d’application clinique. Trois 
éditions, dont deux épuisées en très pende temps; plusieurs tra-7 
duclibns à l’étranger, parlent assez haut pour nous dispenser d’éju 

faire l'éloge avec plusde détails. :. 

L’auteur a divisé son sujet èn-trois parties ; dans la premièré, 

il expose la physiologie normale des boitimes adonnés aux tra¬ 
vaux de l’esprit; dans la seconde, la phjsioldgie-palhologique^ 

dans la troisième enfin,-l’hygiène- ^ . 

, Après une introduction de haute philosophie'ntiédicale, l’au- 
leur étudie dans plusieurs chapitres sticCeSsifs les deux mode! 
principaux de la manifestation de la vie, lu sensibilité et la con- 
iractililé. La conséquence générale qui découle de cette éludé 
èst une loi fondamenlale du tempérament dès personnes livrée! 
ius travaux de l’esprit. L’auteur s'exprime de la tnadière sui- 
yaute : . • , ' 

' n Si toiiles les parties du corps humain consérvaient, dil-ilj 
le même degré d’énergie ; si'l'on pouvait obtenir une égale él 
èonstante pomiératiou des puissances organiques ; si, en un môl, 
fontes les actions vitales étaient tendues à I unisson, il n’y aurait 
ias'de tempérament. "Voilà' le beau idéal de la physiologie ; niâit 

II ftien est pas ainsi. Un ou plusieurs systèmes dé l’économie, u: 
érganè imporlant même, ne tardent pas à prédoiùWer : dès lor 
le tempérament se dessine aù physique el au moral. Lorsqll* 
éetle condition physiologique, se joignent les circonstances da, 
régime, du climat, des habitudes, de l’éducati n, des maladies, 
ee tempéiament se modifie; il s’exaspère ou diminue,' sêlqji la 
(jireclion imprimée aux causes dont je viens dé p,îrlet. Uné'Vue 
large et empiète de.s choses, les observaTfOlis lés plus positives, 
iioreent donc.d’adiiietlre, com'me on ly dlîl, (me (/««je primitive, 
înciividueile, invariable jusqu’à uncerlaja pbirtî, Sur laqmëlle se 
brode ensuite notre existence. 



















— 23 


Je me déterfiiinai'doAc â faire Toiîeràïion ; mais, comme 
1. cas étaij/oi t.délicat, je-;fis,prier cmq ou six de in^ co^ 

1 ■ e. du venir voir le malade; pouV en conférer avec euii 
{ucun de.fiitde hioiïavis; mais le malade, honime de 
hoii sens; mésèùt à ndtre conférence, les pria de lui indi- 
„“er un autre «toyen qui pût le sauver. Ils liu repondirent 
Jnus qu’lis n’en connaissaient aucun. « Eh bien I leur re- 
ondit-il, il faut donc avoir recours à 1 operation, puiS;^ 
L’flle seule peut me sauver, vous en convenez, et quib 
L de fait que maanaladie est mortellei » ^ _ 

Encouragé par des ra'isàns aussi fortes, je fis Topera lion 
.n,présence Jp.,jMessieurs ,me;s cpnfrëres et de dix élèves. 

gji^îounàires que j’avais alors. J avais choisi le cœpum 
Ln.ne celui des intestins qui était le plus propre à rem- 
nlirnos vues, tant par sa; situation qqe-parce qu.ll. n&uS . 
fournissait un réservoir, et nous évitions par là l’écoule¬ 
ment continuel et involontaire des excrémens. Une pla- 
due garnie d’une éponge en forme de pelotte, soutenue 
oar une ceinture élastique, devait faire l’office de sphinc¬ 
ter que le malade aurait ouvert à volonté toutes les fois- 
ou’il en auraitsentilebesoin; elau moyen d’un petit clys- 
lère de temps en temps, il aurait détergé ce réservoir. Nous 
avions qOiÇ,iéré.ens,ét)lble, te malade et iifoi, et nous étions, 
convenu de toutes ces chosçs, ayant l’t)pératiOn, Je_ la hs. 
donc. Je commençai par une incision transversale des te- 
gumens unpeu au-dessus du pli de l’.ijiiie la continuai 
obliquémefit de bas è'ri haut, a là fayeur du tissu cellulaire 
eu sous-œuvre ; j’arrivai à l'aponévrose du muscle grand- 
oblique du bas ventre ; j’incisai uil peu ad-dessus du lm- 
sament de Fallope dans la même proportion, pour avoir 
L moins un bon pouce de canal depuis le réservoir jus- 
des téguiiiens. Je fis aux muscles et au 



chercher, je l’amenai s'alla effort le^plus en a 

là,soûieiiupar uiaideietpar moi,Jp-l’ouvr-is traii§y 
ment et l’assujétis aux deux lèvres de la plaie par le 
d?un-potnt de- suture que je fis à l’mre -et à Pautr 
deux iûgajLIâSjenffides .dç menu fil. Je les passai de .de- 
dj,^ ;en<iéiiors,' et çoüùgai te fil par te milieu pouf obtenir 
‘ses qiie je nouai,’ tant supérieureinent qu'inférieu- 
reineqt, ’ su'r deux coinpiéssesj pour empêcher te fronce- 
nient des lèvres. Les matières, sortirqnt abondaipnient. 

, Ppur tout' appareil, j’appliquai de la charpie brute et 
des serYtettes je ne comprimai pas, afin que > l’issue des 
raatïej-eàaiefût point interrompue; en effet, elles coulè¬ 
rent avec abondance pehdaftt plusieurs jours ; le vêntrë - 
diminua considérablement de volume ; mais comme le Vif 
arVent nous donnait de l’inquiétude, et comme nous U éh 
avions vu paraître aucune paroelle, noiié fîmes prefidre au 
malade toutes tes positions possibles pour procuifer, une 
pente aiged au mercure. Cêpendant. nôuà n’èn eûiiies au- 


/.Üi : 




feus occasion 

i,àecie..cci.im»'-— “ - --■—o. -t- 

té iaètae des iatestins je tes empioiyâi en -pouilre; en dissolution 
et en infusion. On observera que t’intestin qui. formait l’anus 
était renversé ; il formait un appendice comme une espèce de 
bftadia tong ;d’enviion un pouce, et était conEinuelleraènt dans 
uniétat alallongement et de ràccouicissement pareil à celui d’un 
verj .moitvemeiis que j’ai vu augoienler sensiblement toutes les 
fois que j’appliiiuais des purgatifs, ;et qui étaient d’autant plus 
vifs que les purgatifs étaient plus forts; le veloulé_^ces intes- 
tifs se recouvrait en inênié temps d’un muciiàgé pis o.u moins 
aboadant, et les deux sujets éprouvaient des sensbtions ou espèces 
de coliques analogue^ à çês. mêinès. effets. 


mine révélation, tfépuis Fôpération'il s’etait déjà'ecOhte' 

quatorze ou quinze jourâ, pendant lesquels la plaie avait 
suppuré; l’intesüh s’était agglutiné avec tes lèvres; j’avais 
retiré tes fils qui l’avaient assujetti; tout, en apparence, 
était dans le iiieilleiir état possible lorsque le malade res- 
sentit.quelques douleurs vagues dans les différentes régions 
de l’abdomen : nous tes attribuâmes d’abord à de l’air 
renfermé dans te canal intestinal ; fnais te fnalade, inquiét, 
disàit toujours qu’elles dépendaient du mercure, et, en 
conséquence, continuait à prendre tes positions propres à 
te fàn-e sortir. 

• Nous étions au-vingtième jour lorsque le ventre , qui 
ëfàit fort âpiati, s^ tuméfia et devint très dbulOü.reux ;. 
hoiis apjdi^ûâiTîéS dès fôlîiéntatîoiis émo’lltentes et, à’ là 
fayeui- de notre,anus artificiel, nous fîmes des .injections 
dans iTntestiïi côlon ; deux saignées furent pratiquées; 
mais, nialgi-e loût, tes symptômes allèfent eri aügméntant, 
et te malade mourut te vingl-buitième jour après son.opé-^ 
ration. J’én fis l’ôdvertùrè en présence des mêmes-chte 
ruTgiehs-, tant confrères qu’élèves, et je trouvai éè qui 
sui t : , . ,. , , 

L’intestin cæcum, te commencement du colon jusqu’à 
la fin'clé son arc, étaient sains et.en ton état. L’intestin 
çœ'cüm éta'it agglutiné ayeç les lèvres’de la plaie, excepté 
’âans uii de ses angles , ou s’était formée une fusée de 
suppuration dans te tissu cÇilliilaire voi.sin, fusée qui nj’a- 
vait aucune communication‘dü-dëdans. L’iiitéstin c'olçÿi, 
ouvert dans toute son étendue, né'éont^àit q-uè dés glai¬ 
res couenneuses ; le bourrelet squirrheux qui formait la 
maladie première avait huit ou neuf pouces d’étendue et 
occupait là fin du colon et te commencement du rectum. 
Dans toute Cetle étendue te calibre intestinal était totale¬ 
ment obstrué ; le tissu celullafl-e environnant était égale¬ 
ment dur et squirrheux ; du côté du rectum était une ou- 
vertttre de quinze lignes de diamètre, dont tes bords cal- 
te'ui anrionçaiènl liiie è’spèce d’ulcère chaiicpeux cjui fopr- 
nisSait des matières pürütentes et fétidesfë'tissü cellulaire 
(îïi péfîtoînê,'dans te VOisînàgë des feins et des attaches du 
jiiésentère était suppuré, sans collection de- matièrea-pu*- 
rulentes ; sa portion ineni.braneuse était enflaminée eè 
adhérente avec tes replis des intestins qui l’avoisiuent. 

Le .vif-argent que le malade avait pris, fut trouvé dans 
une des dernières circonvolutions de l’intestin jéjunum 
qu’il avait entraîné par sa masse dans l’hypogastre der¬ 
rière la vessie ; il avait fait faire poche à la portion du 
calibre intestinal qui te contenait. Cette portion était par.^ 
semée d’espace en espace de taches gangréiieuses., enfin 
le mercure s’y trouva en totalité : il n’avait rien perdu dé 
son poids. 

— Nous croyofig qu’on peut doncltu-e dè cette, obsêfva- 
tioii, que si te succès de cette opération li’a point répondu 
â notre attente, l’oà doit s’en prendre au mercure ou vif 
argent ; car il e.st très présumable que, lorsque lés intestins 
qui, à cause de leür grande dilatation avaient perdu une 
partié de leur action, se furent vidés dés matières stérco- 
rales, le mouvement péristaltiqtle ne pût être assez piiis-i 
sant pour chasser te mercure : alors survint un mouve¬ 
ment inverse ou rétrograde qui fut annoncé par tes nausées 
et les coliques que te malade éprouva vers te vingtième 
jour dè sa maladie î a|ouiahl tetiràiltementprOd/iit sur te 
mésentère et sur tes intestins par cette masse qui pesait 
deux livres, et on ne sera pas surpris de l’inflammation 
gangréneuse qui a produit la mort du malade. 


À M,. le Rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux. 

Monsieur eî très lioWoré' Gbifl-^è; i 
Je vous prie d’avoir la bonfé d’itisérei^cett«teltrè“^an3 votre 
prochain numéro. " , . 

Mon Mémoire sur l’excision de la partié- inféfVgèirte du rectum, 
publié dans la Gazette médicale de Paris et dans les fascicules de 
l’Académie de médecine, renferme les passages suivans : 

n Chez les femmes, quand on dissèque jusqu’à l’insertion du 
péritoine sur le.rectum, et qu’pn^xe spr I 9 p.arîie Inférieure de 
cèt organe des-éfignés pour exércef sur lui de- légères tractions, 
on.trouve. entre l’extrémité inférieure de l’.intestin et la mein- 
Brâne séféusè âë l’àbdortien la diàtàncfe-de 6 (ioécés èd'àVant et 
sur les côtés ; en arrière, la disposition du méso-rectum permet¬ 
trait de remonter beaucoup plus haut. 

; )) Dans bhommé .on trouve;4pautjEs depuis l’anus jusqu’au pé¬ 
ritoine. » 

J’ai donc été très surpris de voir, dans le n“ 5 de votre estima¬ 
ble journal, M. Petel me faire avancer des erreurs qu’il commet 
ïiâûl seul, quand il prétend que je fais descendre le péritoine 
plus bas. ' , 

Si M. Petel avait lu mon Mémoire, il saurait aussi qu il n apas 
le premier enlevé 3 pouces 1/2 de la partie inférieure du canal 
intestinal, car voici encore mon texte qui prouve une nouvelle 
èrréur de cd chirurÿe'h distiri^dé 1 . 1 r; 1 i'no .! 

; <t D’abord j'ealeyai. çe,ux qui.,,^«aMssftiejKt, une. ipa&fia, des 
sphincters (les cancers), je détruisis ensuite ceux qui siégeaient 


dans toute l’épaisseur de AC? muscles, et enfin de proche en pro¬ 
che je m’élevai jusqu’à'S {lOuceS ‘f/è‘'ddî’btfleHiJtë'.ffii f,écfiiiiû« 
'(ûnquiènie observation ■, guérison. « J'iif6iSif?3 jpodcéà '1/2 


iquièirie 

de l’intestin, » .. , 

• Agréî-Z, étc. ■ ’ 

Paris, 11 janvier 1840. 


; -EÉPONSE BE M. OEFILA A LA RÉCLAMATlOri.DK M. COüERBÇd 

M. (H-Bla a adfessé à, l’Abadémie des Sciehees 
gûe lettrejeii réponse à la réclàiriàtioii,de,|VI. Gog^^e qui 
a été pûBliéè dates pUffiieurs joui-iiaiix, Cp;qu’il >.^|e 
singulier, r.’e.st ’ qu’auc uii de ces.ioui-naux qui a donnli»îi 
entier la lettre du doyen n’a reproduit le moihdfe fi-ag-- 
ment'de la pièce remarqtiabte dfe M. Couerbe. On a fait 
ainsi oonnaîtie la défense et l’on-Û StfjfjSHtolé-'ffvè’c'U#’ 
grand soin tes détails de l’accusation ! Telle qst'Tiûipar- 
tiâlité qui règne dans l’esprit dè-èÿrlffins’ïMito.'.l 

Dans cette lettre M. Orfila^ i-écÔnn^.t, li, 'jy.aôj-}té 1% 
décoiivéfte de M. Coüerbè, mais il pi-gtêpd!quéiçe,derAiér 


senic des osVèn- Iraïtantceux-ci soif jiatn acide nitrique, 

« soit par te nili-ate de potasser « 

Quant à la cpnvention de publier.teJijâÿàîi.eû!6ommun 
ayec M. Çôuerbe , M. Orfila déolarq qu’il n’a; pu.la.lenif, 
presse'quil a été par la déposition qui’ilxïêvait faire, devant ' 
ifi.couv d’assises jie Dijon. -- -’i 

— Le public appréciera sans doute la valeur de ces 
raisons. Nous devqns cependant, dans,l’mtéi-pt.4e, ja jus¬ 
tice , faire, fètnarqüer qué( là loiiqUiià àeiTÜiideiiiiômt de 
départ à la déc.qqverte de M, Uouerbetest telle.que Tar-s . 
senic ne pouvait se trouvep, que.dans tes os et pas ailleurs. 
Du 1 — - ’ 


le, entre M. Coqerbe qui afjinne| am/; . 50^ honneur 
avoir, posCérieûfèblènt à sa d'éclâfàtidn écrite‘j retiré de 
l’ai-senic des os en; présence de M. Orfila; iet M. Oi-fila 
lui-même qui nie, aussi sur son Ao/iwearple rtiêrpe'faiü-, il ’ 
y a une si grande distance que nous croyons devoir laiss'èr 
au lecteur te soin d!appi-écier^ s’il le peut, la pdrëté de la ■ 
conscience de chacun des deux chimistes.! ; 




))iQe toutes te^fofpeRÛe il’ëcoortuie,, celtes.qui peut-être of¬ 
frent lerplusidç!ivai-iétés;da(is leaj- énergie ; sont tes fqrceS sensi¬ 
tives et les forces motrices j établies pour.s'aideivsébalancer, se 
nwdéi-er et concôiirîr'au maintien de la santé.'Il est bifen rare 
néanmoins que cette action soit dans tes rapports d’une exacte 
proportion. Sentir et a^ir sont tes deux principaax JesSorts de la 
vie- notre conservation dans l’être et je,bien-être . dépend de 
leà^ àc’tten'''sâgfebie.nt -combinée.- Mais ^û'if est "difficile de lès 
maîhteniV‘aa«ë dés! tîifiltès’corrtpàtîbleB dvèc-'la sàiûé ! Cbèz cer¬ 
tains hommes tes forces sensitives l’emportent ; elles àéiju'ièrent 
tôt ou lar.(i-ijue (il’Céâômînàhce marquée; l’appareil'ber.VBtti- est 
alors doué primitivement, origmiùremçnt, te’uqe grande capa¬ 
cité d’aclion , capacité qui n’a' fàrt (jfdê S acèfoïfre' pàr l'emploi 
même exagéré de cette forufe.Cet accroissement est la 




r,.l 


Mfasèrfir’èûce dè là' mênrelbi , si là sensibilité' ésl plus âc.îivët, la 
coTitrUèlllité flhnirtlie 'dàbs tes mêifiès propèfiribs p là force .de 
lélioii 'né 'cbMréîiaaWcé plHS là fo-r'cé-dlsaptess'l'ôb. Qù’af-rive- 
alors ? le système nerveux attire tout, envahit tout .'àô'mine 
.Tcment l’organisme ; les forces vitales concentrent, mais 
•inuêTr contractile des organes cesse d’etre en rapport avec 
dispopiiioii ..ficKtainesi fopetipns.jouissept d’üM ;pirodi_giettte 
té ; d’putvep, au.conHi’ab-e.i languipsent f/* défant d’.ifiweri- 
1 l’tgl.qrgRiip e.k.daïUS iun état,de réplélidn, vitale ,;lkndis 
cl autre ipanqqg -jip.oui; aipsidire-,- du- .nécessaire. Dès-lors la 
- i-gie des , forces padioales de l’éconorpie Cesse,;d’exister, leur 
' t; ■itioii iLPsIijpiqs égale, .leurs .rapports harmoniquesqiteur 
CArisevuSu>eltei,;;Qes phénomènes s’observent dièz les indi- 
; ; érninpuimiébfi nerveux, maiSiprtecipalcmen't .obèz.'!les hom- 
|ui exercent long-temps et fortement les facultés intellcc- 

àiljsi 011 lieut. poser..tejfpi sgiyqute : .j,,' , j ; ; .. 

" D’uiiè-piirl : „ ...y, , 

$Pms :'Æ>:ùès' faction /■ ' „ , ’ 

;>' lînfiu Vrcdonilnance exlreme, continue du système, itér¬ 
ât De l’autre : Diminution graduelle et presque absolue de la 

contractilité. - -- 

» Telle est la loi fondamentale, la condition organico-vitale, 
le caractère dominant et distinctif de ce tempérament ; loi que 
ie prie instamment de ne jamais perdre de vue , car nous la re¬ 


trouverons sans cesse ; cet ouvrage n’en est que le développe¬ 
ment et l’application. » 

Cette loi effectivenjent paraît dominer fout l’ouvrage de M. 
Réveillé-Parise, elle en forme la clé en quelque sorte, et quel 
que soit l’homme célèbre auquel on cherche à l’appliquer, on 
trouvé presque conslamment que la sensibilité est en plus, la 
contractilité en moins. On Croirait à peine les immenses'èdbSé-v 
quencés' pratiques que l’auteur a su déduire de cetle remaéqüe 
si simple en apparence, ' ' - ' 

_I1 étudie sous fç point de vue médical, et met en évidfencéb-véc 
un' rare bonheur , tes particularités lès plus remarquables de fà 
,vie des grands hommes^ depuis Platon jusqu'à .Napotéoft e( dé¬ 
duit à chaque pas des corollaires d’une heüreuSe appliCàtidn. 
C'_est ^urto'pt dans ie traitement des (nâladiesprédominantes dhéz 
les ’liommes adonnés aux travaux de l’esprit> que M. Révtilfë- 
Parjse se iRontre.sHpérieut- à tout, ce qu’on avait écrit sur cè'lie 
matière. Ce que nous.venons de dire en quelques uhVaSes,' fpèm'e 
une- suite de chavires.;liés entre eux par une logiiqiie Sévère-et 
de_s faits d’une valeur iucontestable. Il faut se melti-é à' la hau¬ 
teur de l’aptpuripour saisir l’enchaînement des belles conceptions 
bhilosophiques, ef clinlques de,M. Révc.illé-Parise. - . 

1 La partie patliologique est presque entièrement neuve ; elle 
fcouiçrend sqpt chapitres.' L’imleur y étudié diabofd les Causes 
jprédisposantes des maladies qui attaquent ordinairement lès hom¬ 
mes liyrés aux travaux de l’esprit, puis les maladies elles-niêmês 
tlafis les organès qui paraissent chez .eux te plus prédispèsés. ' 
Quelques fragmens pris au hasard donneront une idée du goût 
exquis et de l’esprit positif qui règne.dans celte partie. Laissons 
jiaêler l’auteur : ' ■ ' . ' , 

« Leibnitz passait quelquefois trois jours et trois nuits ’cûttsé- 
pulifs assis dans le même fauteuil, à résoudre un problème qui 
jinléfessait : eq-ptunie excellente, comme l’observe Fonfèn'èlle, ' 
iiour avancer un travail, mais très malsaine. L’abbé de WCbillè;-' 
fameux .aslrononies avait inventé 'Unèi fourche dans laqüelle' ll 
ajustait sa tête et passait ainsi tes nuits dans l’observation du ciéfl’' 
fans connaître , dit un hpmme d’esprit, d’autres elà'nemis que te 
fommcil et les nuages, sans soupçonner qu’il fût ün plus doux 
emploi de çes heiites'silehcieuses qui lui révélaient l’harraôriiç 
du.monde, iIL,contracta une inflammation'de poilrihe-qui'Penf- 
porta en; pçb.de jours. Girodet n’aimait pas à trapaîllCr péiiiianl'’ 
}e jour. Saisi au milieu de la nuit d’une espèce de fièvre inflam-. 


e espèce dt 

——, H-se levait j fatsa'ifâîlûlnër des lustres, çuspendus dans 
sor! atélieff plàçàit Shr isb'fêté tiii énorme chapeau couvert de 


bougies, et, dans ce,singulier costuçie ,iL.peinait,dedlheuresi! 
entières. Aussi n'y eut-il jàmaisj'conime j6,{'ai;dit.,;de cCgstituri 
bon plus débile, plus chçtive|,,4ej^anjé,pius,délpbf,êe,-gHe qejle 
de Girodet. Sur la fin dé sa vie . assez couête, son géiiie ne 
semblait lié qu’à un èSdaVre. Ler'cfüèllérs^ insomméf qui ' fouF?' 
.mentent tes penseurs, usent; en elfeq;,l’,çAlMen<!e.av,«jç unqffi-,; 
concevable rapidité': le moye.n qd’ii én sqjt.aulRenient,?,: 

'iJ’une pàrt(és ,veilles ÿriyént lé cqrp^ de repos ,i,surexciteîit,: 
râctioh béi’éb'ralé àûg.menlpnt f’énçrme,’dé|jfeuse, 4u prinpipg,; 
nerveux qui, s'è fait danf te ‘traèùlide .;(ç ,pjens4q,,.ujeiniié/)t une / 
jcôugeslion sanguine,dans la. tçlè,; ^ Pêulïe qo(pêcl}e#;l|, 

!la'répa,r'àUon dg^ pertes faites; qu ,4u,moinS:a’qppogenl!,à .ee que;, 
cèl'të i^’iia'raflôn soit tomplète.'ctc. 

; 1) Le célèbre Cujas étqdiijiittouJ; .tleispu aw.iw tapiscile 
Ivêritfè cqriti-è, J,^re,'^f,t èiitouré, de .monceajix do,ilivEe5,,..Miohel-r:’ ! 
'Ange, àprè? àyoli; peffit les plafonds-,(la, la,(jbupè’Jte Sixtine, éproui f 
va un accident sinH“%f- U hq pouvajLpreaquqpluç rien, vote,èa ., 
regaf'dant éti bas Ril'vou'Iait lire une lettyp,, iiiélkit lObligé de la., 
'tenir, élevée. Cette incommodité dura, dit-on,, plusieurs moisi .. 

, » Pour me tèuir']éyeill.é, ^jt .Charjes Pougens, Je pnenAÎsinaqu’à h 

jdix tasses dè çàfé jjàr ioür| jet jejelais une,fpr.te.|Pinfi^;(le sfiLi 
idans fa dernière, .afin .de Iqi doniie,r plus d/acti.vibé., .Qo.’enirésteh ! 
ta-t-il ? une, horrible maladie, qui frappp de.çéçJlé.lîaufi-ur.aimà- 
|bfe dont il's’agit. Beaueput) ,de penseurs Rgjssenfeaçoçs comae)h 
[Frédéric IL 'Quelqu’un fit remarquer à qç pripcç, que l’abim du 
ica’fé àllêrait sa sàhté. « Je te sais, dit-il, et j’ai'fait mje grandft.-i 
Iréforme dans ce genre. Je n’enteois-plus que quatre à cinq tasses 
le matin, et une cafetière dans raprès-dînce.(iJ Quànd-oii joint à 
ce régime l’usage (les botnbes à la Sardanapale de M. Noël, 
qii’bu'n’along-îèfïipS 'pèùrmé'dé'éin qugJ6fi7iüJi-AMifC'c%qOT/ire, 
ènd'oît s'atlèndï’e-à dè longoès ët 'ëffroÿàblfes te'atàqiësj Ôrj ç’èsT'.^ 
Précisément,ce qui arriva à Frédéric, etc. . " ' r , 

I 1) Glande BoiitdélWi/ifiédècin célèbre, sè'laissait enmqrtér àik 
timt-ftieil jfe'l'éihdë; èl 'vootà'nl, cdrisàç'ffet' uYjé partie’de.s'es,nuifs, , 
à travaillfer,'il se ^rgeàït dè’tiaFé’pêhtfaill lè'jo'ifri’puis il {irènal’f 
de l’opium quand il voulait retrouver te-somiiieih Eyt=il irrrer CDD- ' 
ètiteiboni capable de.^ré;>ister: à ,unir^-iwe ausfi-étpange!? -AijSfeî 


porte de la rue, te flambeau à la main, ceux qui venaient lui r£__ 
opê visite. Malherbe était si frileux que, numérotant ses bas par 
lettres, de peur de n’en pas mettre également à chaque jambe, il 












POUR PARAITRE EIV ÜX AN, 4 FORTS VOLUMES IN-R» SUR DEUX COLONNES, EN 12 LIVRAISONS. — PRlX, 24 FR. 


MTIOlAli BSS mCTIOlAMS DE IDECifi 


FRANÇAIS ET ÉTRANGERS, 


OMI TMAITÉ COJflPZiÆV nM ME&ECMWÆ JET JOÆJ CMIMUMIRGIE JPnATMQWJES, 


Contenant l’Analyse des meilleurs articles qui ont paru jusqu’à ce jour dans les différens Dictionnaires et les Traités spéciaux les plus io-portans, 
les additions et modifications que nécessitent les progrès de la science ; 


Onvrage dentlné A remplacer louis les antres Bicttonnaires et Vraltés de Uëdeclne et de Cblrurgle: 
PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 


SOUS LA DIRECTION DU DOCTEUR FABRE, 

Rédacteur en chef de la Gazette (Lancette Française). 


CondMions de la fioiiscrlptiOB. 

L’ouvrage entier sera publié en 4 forts volumes in-S», sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisin, et en caractères fondus exprès_ La publication aura lieu 

en 12 livraisons de 200 pages environ, paraissant régulièrement de mois en mois, de manière à ce que l’ouvrage soit terminé au plus tard en un an. 


Prix de chaque livraison prise à Paris, 
Pour les Dépai'temens, 


Prix de chaque volume, à Paris, 
Pour les Départemens, 


Prix de l’ouvrage entier, pour Paris, 
Pour les Départemens, 


ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau de la Gazette des Hôpitaux (Lancette Française), rue de Bussy, 13, 
Et chez tous les Libraires Français et Etrangers. 


Alt. 


bbevet d invention. 


Exposition de 1^31 


r™T i|| MEDAILEE_ 

m MP>CHÀRRiÈRE, coutelier, 

Fabricant d’instrumens di 
chirurgie, Fournisseur de *“ 
la Faculté de médecine de Paris, 

Rue de VEcole-de-Médecine, 9. 
Bouts de «eln et Biberons en Ivoire dexlble, de 
4 à 10 fr. 



AppareU du docteur Donné pour les Cors. OEils-de- 
Perdrix, etc., de 6 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


COMPRESSES-LEPERDRIEL, 

Préférables au linge, pour vésicatoires, cautères et plaies,' 

1 cent. Faubourg Montmartre, 78 Paquets ^ - 

de 100, signés : 


; ^ MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 


s LES CHAMPS- 


Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traités avec un 
succès complet dans cet utile établissement. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des malades, nous 
citerons MM. les docteurs Amussat, Blandin, Bouillaud, 
Garron du Villards, Devergie aîné, Emile Chevé, Civia- 
le, Jules Cloquet, Fiévéede Jumout, Labarraque fils, 
Leroy d’Etiolle , Lisfranc , Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan, Roche, Roguetta, Ségalas, Sellier, Siebel, Souber- 
bielle, Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 


De is’en guérir radicalement, ainsi que des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. ÏRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. — In-S». Prix, 2 fr. 60 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Templé, 16. 




DiJATION- de la Faculté de MEmçiJSE 

CHtïlC^LAt FERRÜGINEÜX 

. - DE’ C OliIMJC -1>A'A &IÙ 
Pharmacien^Tlue Sr Merry. N9i2. À PARIS. 


Son gotlt est très agréable ; il convient contre les Pftles 
couleurs, les Pertes blancbes, les Baux d’estomac, les 
Faiblesses, etc. Pour les Enfans délicats et d'une constitution 
molle, le Chocolat ferrugineux est sous la forme de bonbons et par boîtes; 
réduction de prix, par un nouveau système de broyage et économie de 
main-d’œuvre, la livre de 16 onces, 5 fr.; les boîtes, 2 à 3 fr.—AVIS. Mil. 
les THëdecIns sont priés de ne pas confondre le Chocolat ferrugineux 
de M. COLMET-DAAGE avec celui du même nom annoncé par un de 
ses confrères, et contenant une substance minérale purgative très active. 
Dépôt dans tontes les principales villesde France et de Éétranger. 

(Exiger la Notice, qui sert d’instruction et qui se délivre gratis.) 


» Découverte..,, Prodige de la Chimie* 


SIROP CONCENTBÉ 


DE BOSÉS DE PROVINS, 

AUTORISÉ. Guérit en peu de jours les Pâles v^u- 
leurs, les Pertes blanches, les Maux d’estomac; relè¬ 
ve les forces digestives et résoud radicalement U 
Phlegmasie catarrhale.— Chez Guillemaud, phar¬ 
macien, rue St-Honoré, 271. 


BREVET D’INVENTION. 


ALLAITEMEIIT 


.'S 


G 


ARTIFICIEL PERFECTIONNÉ. 

de L,Iie,uD VEj 

bricant potier d’étain, rue Grénétat, 41. (1 fr. 75 4 
On trouve aussi chez lui toute espèce de Seringat 
et modernes; Clyso -Pompe , Pompes-Serij 


POMMADE DU LIOi 


. , )mpe_ 

■f àjet continu, brevetées, inventées parDeleuilt 
•tionnées par LECOUVEY. Se charge aussi. ■ 
dionner tous les objets du ressort de son é, 
IM. les inventeurs,, et le tout au plus juste pri 


SOURCILS. (Garanti infaillible.)—Prix : 4 fr. le pot. — chez L’auteur , à Paria. 
viviEtiNE, N" 4, au t", à côté du passage Colhert lè Palais-Royal, Et • 
M. FRANÇOIS, SEUL DÉPOSITAIRE, même maisop —(SIXpots, 20 fr.—Onexpé' : 
—£56'A’yV'i’/É'i: les coiffeurs, parfumeurs et autres rRO.aiPENT en vem- 
de viles contreraçons sans effets sous notre titre ; nous n’Avons au( 
DÉPÔT chez eux ni AILLEURS. Le public doit acheter directement .î radresst 

.ns AUCUNE exception, pour avoir la véritable Pommade -- 

or lui-même ; 5 années de réussites toinours infaillibles so 


/ Occasion ou de F Opportunité en matière <fe( 
Thérapeutique; 


parj'auteur lui-même ; 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garant 
Nos pots sont revêtus de la signature à la main de M. FRANÇOIS, du cachet de l a 
«U- cire rouge, et accompagnés d'un prospectu?; (Se bien méfier de toute bouti 


prospectu* ( 


- Golfin, professeur à la Faculté de Moi 
■s '. 10-8“, 2 fr. 50 c. — Paris, Masson ri 
, ., place de l’École-de-Médecine, 1. 

' ellier, L. Castel, hbr.-édit. * 


avoua un jour qu’il en avait jusqu’à la lettre L. » 

Parmi les maladies qui attaquent le plus souvent les gens livrés 
aux travaux de l’esprit, celles du système nerveux, et eu particu¬ 
lier du cerveau se présentent en première ligne. L’auteur se li¬ 
vre ici à des considérations d’une très grande importance : à cha¬ 
que pas le précepte est accompagné de l’exemple. La thérapeuti¬ 
que générale de ces maladies occupe un des plus longs chapitres 
de l’ouvrage. 

Arrivant enfin à la troisième et dernière partie, M. Réveillé- 
Parise étudie l’hygiène des hommes adonnés aux travaux de 
l’esprit, sous le double point de vue général d’abord, particulier 
ensuite, selon les états individuels. Un grand problème domine 
dans cette partie, le voici : 

K Etant donné un tempérament avec prédominance extrême 
du système nerveux, et l’individu se livrant aux travaux de l’es¬ 
prit, indiquer par quels moyens hygiéniques ces travaux com¬ 
promettront le moins possible la vie et la santé. » 

Le livre de M. Réveillé-Parise n’est pas seulement une œuvie 
de haute médecine, c’est aussi un travail de littérature et philo¬ 
sophie médicale que les hommes de l’art et les gens de lettre li¬ 
ront avec profit. _ R... 


Monsieur (1), 

Je viens encore une fois , mais pour la dernière, réclamer de 
votre impartialité l’insertion d’une réponse à M. Rambaud, chi¬ 


rurgien militaire à Versailles. 

M. Rambaud apporte une déclaration du père de l’enfant. 
Une autre déclaration, non moins authentique, faite par deux 
témoins , corroborée par le dire de la mère de l’enfant et reçue 


(1) Le défaut de place ne nous a pas permis d’insérer plus tôt 
cette lettre qui terminera toute discussion , nos lecteurs ayant 
maintenant sous les yeux toutes les pièces du procès. (iY. du R.) 


par un magistrat de notre ville le 18 décembre 1839, est opposée 




Cette pièce établit d’une manière irrécusable : 

1“ Que l’appareil inamovible posé par MM. Rambaud, Bouf- 
fard et Clédière, n’est resté en place qu’un mois ; 

2° Qu’il a été levé par M. Clédière seul ; 

3“ Qu’avant le 10 janvier, c’est-à-dire six semaines après l’ap¬ 
plication de ce même appareil, la petite malade a été vue mar¬ 
chant seule dans la cour de ses parens. 

Le sieur Héraut s’esl donc trompé dans son dire , ou sa mé¬ 
moire l’a mal servi dans celte circonstance. 

Maintenant j’opposerai M. Rambaud à lui-même. «Dansla Ga~ 
zette des Hôpitaux du 2 et 5 novembre , M. Rambaud me re¬ 
proche mon inaction sans terme, et la prescription d’un seul li- 
niment ; le 17 décembre il reconnaît que j’ai fait appliquer des 
sangsues et qu’un appareil a été posé. 

» Ildil d’abord que l’appareil fut enlevé au bout de dix semaines, 
ensuite c’est au bout de deux mois. 

» Après deux semaines, dit-il (2 et 5 novembre), c’est-à-dire 

15 jours après la levée de l’appareil, l’enfant marchait.— La 

petite est restée encore 4 semaines dans la même position (17 dé- 


J’opposerai maintenant à la déclaration de M. le docteur Bouf- 
fard un extrait de celle de M. le docteur Renaud, de Versailles, 
en date du 18 décembre , d’où il résulte, selon ce médecin, qu’il 
ne pouvait y avoir qu’une luxation et non une fracture ; cette 
opinion est basée : 

1* Sur le jeune âge de l’enfant, qui exclut toute idée de frac¬ 
ture ; 

20 Sur ce que le raccourcissement du membre ne cédait pas à 
de grands efforts ; 

3“ Sur l’impossibilité de porter le membre dans l’abduction ; 

4“ Sur la tuméfaction de la fesse, résultant d’un corps arrondi 
que M. Renaud aparfaitement reconnu pour être la tête du fémur. 


Maintenant, M. le rédacteur, je laisse à d’autres le i 
juger, et ne veux pas d’une question de chirurgie faire un 
tion personnelle. 

Agréez, etc. Clkdibek , d.-m.-p. 

Versailles, le 19 décembre 1839. 


M. Edouard Robin , honoré d’une médaille d’or en témoign .,, 
de l’excellence de son enseignement, et dont la méthode 2 
chimie est adoptée dans plusieurs institutions , commencera pa 
la chimie, le 14 janvier, à huit heures, de nouveaux cours pré 
paratoires au baccajaujéat ès-sciences et au premier examen ei 
médecine. 


Après avoir publié les observations faites dans les hôpitaux» 
par MM. Andral, C. Broussais, Barthélemy, Emery, Fouquier," 
Marjolin, Serres, Trousseau, nous devons faire connaître que,? 
par suite des rapports du comité d’examen, le sirop de M. John-- 
son, pharmacien à Paris,a été brévetépar ordonnance royale, et quf i 
cette préparation a été annexée au codex. C’est donc sur la foi • 
des plus solides garanties que le sirop de Johnson est entré da; r‘ 
la matière médicale comme sédatif et comme diurétique. ' 


Eiratum. Dans la dernière clinique de M. Lisfranc, leçon» 
sur les maladies du sein , numéro du 9 janvier, pag. 14, ge coL, 
5' lig., au lieu de : bourrez de charpie et d’arsenic le creux de 
l’aisselle ; dites : bourrez de charpie et A’agaric le creux de 
l’aisselle. 


Paris, imprimerie de BÉTHUNE et Piôin, rue de Vaugirard, 36. 







































jeudi IC JANVIER 1840. 


(IS. ANNEE.) 


N» 7, TOME 2. - 


GAZETTE 


JÊLa JLmicette JFreincâise, 



HOPITAUX 


le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
;Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILIIaIRES, 


Baris, Smois, Ir.; 6 mois, 18 tr. ; I an, 36tyJ 
Départ., 3 mois, io fr.;6 mois,îO fr.; 1 an, 401., ; 


J 


HOPITAL DE LA CHARITE. — M. Velpbau 

Turtieurs érectiles, 

Au n° 46 de la salle des hommes est couché un jeune 
oime âgé de vingt-deux ans, robuste et d’une hohne 
nié ; il porte, depuis sa naissance, une tumeur dans cha- 
des deux régions iléo-inguinales. <.es deux tumeurs 
it de même nature, rouges , légèrement bosselées et 
. .jportées par un pédicule assez volumineux ; • celle de 
ache, qui est la plus considérable, égale le volume d’une 
,ix ; celle de droite ri’offre guère que celui d’une noi- 
tie : toutes deux deviennent dures et douloureuses par 
ite d’une pression ou d’une excitation un peu prolon- 

Ce jeune homme ayant gagné un grand nombre depedi- 
■ pubis, eut recours aux frictions mercurielles pour les 
auire; ces frictions et l’action de la pommade produi- 
reiit une turgescence particulière des tumeurs, etdonnè- 
nt lieu à des douleurs qui engagèrent le malade à récla- 
er des soins plus efficaces. M. Velpeau reconnut que ces 
■meurs appartenaient à la classe des tumeurs érectiles , et 
oposa l’opération qui fut acceptée. 

Selon ce professeur, le mot de tumeurs érectiles, n’expn- 
,tpas des idées bien claires, bien distinctes ; les classili- 
tions anciennes sont également insuffisantes sur ce point. 

' sous ce nom, on décrit: 1“ les taches de naissance 
materni); 2“ des taches plus saillantes indiquées 
ious le nom d’envies ; 3° des tumeurs fongueuses com- 
s d’élémens différens. Il propose de les classer sous 
ûs chefs suivans ; 1° Tumeurs érectiles de nature ai¬ 
de ; 2“ de nature veineuse ; 3° tumeurs mixtes ou 
osées de ces deux ou de plusieurs élémeus. 
i premières sont peu saillantes à la superficie de b 
mais en général d’un rouge vif, que la moindre irri- 
a fait augmenter ; elles présentent en général des bât¬ 
is plus ou moins étendus selon leur siège , selon le 
oppement qu’elles ont acquis, , 

Mes oui "“"t dues à Ig turgescence des vpj- 

sont livides, violacées, monasses, fongueuses, en 
l al beaucoup plus saillantes que les précédentes ; on 
-ncontre pas de battemens ; la stase du sang par la 
ïon déclive produit leur engorgement: cet étatdispa- 
par une position inverse, et ces tumeurs deviennent 
fllasques et flétries. On sent sous la peau, qui paraît 
fiée des nodosités, comme de petites varices. 

‘Iles’ qui sont mixtes offrent, outre'cès diftérens modes, 
espèce de trame organique dans laquelle on peut re- 
. jaître les tissus colloïde, mélanique, cérébroïde, 

(rfôis ces diverses tumeurs acquièrent un volume con- 
fahle ; la prudence ne permet donc pas d‘en négliger 
hitemeiit. Il en est de même des tumeurs érectiles ac- 
'Helles. On en a vu cependant disparaître spontaiié-- 
at^ar lesjprogrès de l’âge; M. Velpeau en a observé 
/t>e ou cinq exemples. Ainsi donc, chez les enfans, à 
4‘ï4««’elles n’occupent certaines régions, et qu’elles ne 
‘■ais5eii> vouloir s’accroître, mieux vaut temporiser. Il 
pen d’affections, du reste, dont le traitement soit plus 
ic. M. Velpeau passe successivement en revue les 
’ens thérapeutiques. 

' Les iopujues de différentes natures sont, en général, 
ISisans quand ils ne sont pas nuisibles. 

2* Les astringens styptiques ou réfrigérans employés par 
«îciens. Abernethy fit disparaître par ce moyen une 
Ijieir érectile de Torbite, dans l’espace de quelques 
)is.Rarement ils suffisent seuls. 

Compression. Chacun connaît l’histoire rapportée par 
Bojr (Malad. chir.). Une mère ayant eu la constance de 
lenifsept ou huit heures par jour et pendant plusieurs 
noisje doigt sur une tumeur érectile de la lèvre supç- 
tiem'tde son enfant, eut le bonheur de la voir disparaître' 
coinpliement. M. Roux cite un fait de ce genre, recueilli 
sur unenfant de sa famille ; niais il paraît q ue la guérison 
ne s’espas maintenue. M. Ayés vit un enfant qui portait 
leiu tuieurs de cette nature ; le malade étant resté cou- 
ihépencmt quelques mois pour le traitement d’une autre 
‘ifl'ection,une de ces tumeurs qui siégeait au dos disparut 
.ninplètetent. M. Velpeau constata une guérison de ce 
t'em.'p à la uite delà compression produite par la bretelle 
du malade. 

Sans coutituer une ressource sur laquelle il faille beau¬ 
coup comptr, la compression a réussi unassezgrand nom- 
Ijt’e de fois jour qu’il soit possible de l’essayer quand la 
•âuation et le volume de la tumeur le permettent. Elle 
•Convient peusi la tumeur est de nature veineuse ou mixte. 

i^Caustiqies. Très anciennement préconisés, puispros- 
Ctits far Sabatier, Boyer. M. Velpeau les avait également 
l’ejetés dans la première édition de sa Médecine opératoire 
(1832);néanmoins pratiqués par Wardrop, au inoyen de 
la potasse caustique; par d’autres chirurgiens anglais, au 
de pUriqué; p<ti; Guthrio, arec le nitrate 


d’argent; par Maunoir, avec le Bouton de feu; de nou¬ 
veaux succès observés par Wardrop , et les faits indi-' 
qués par M. Tarral jeune (Archives générales de mé¬ 
decine, 2® série, tome VII), ont fait revenir M. Velpeau 
de son premier jugement. Il pose les règles suivantes pour 
leur application. La potasse caustique, le nitrate d’argent, 
la pâte de zinc, triomphent facilement des tumeurs apla¬ 
ties superficielles ; on peut les emplùvér indistinctement. 
Trois cautérisations avec le nitrate d’àVgent, suffirent pour 
débarrasser une jeune personne. Une autre fut également 
guérie par le même moyen. La pâte de zinc doit être pré¬ 
férée quand la tumeur occupe la peau dans une plus 
grande épaisseür. M. Velpeau emploie souvent la potasse. 
Ce caustique peut être appliqué de deux manières : 1“ En 
disposant des grains de potasse çà et là sur'’ la tumeur : 
c’est la cautérisation disséminée employée p-ar Wardrop, 
décrite par M. Tarral; 2° la cautérisation en' nappé, plus 
parfaite que la première, et essayée de préférence. 

Pour la produire , on humecte la tumeur) puis on la 
frotte avec le caustique ; .une eschare' superficielle se 
forme et on répète cette cautérisation le nombre de fois 
suffisant ; l’eschare est bientôt remplacée par une cica 
trice qui blanchit peu à peu. En résumé , ce moyen é^t 
moins mauvais qu’on ne l’avait pensé, et peut être em¬ 
ployé avec succès contré les tumeurs érectilés peu sail¬ 
lantes. 

5“ Tatouage. M. Pauli a proposé ce moyen , qui n’est 
vraiment praticable que sur des taches fort peu étendue. 

6° F'accinatioh'. On a aussi essayé ce procédé sur de 
jeunes enfans ; bn pratique cinq du six piqûires selon l’é¬ 
tendue de la tumeur ; l’inflammatipn que ces piqûres dé¬ 
veloppent produit l’oblitération dès petits vaisseaux. M. 
Velpeau guérît de la sorte une tuineür de la lèvre chez 
Un enfant ; trois autres fois la guérison n’eut pas lieu:‘On 
peut tenter ce procédé dans quelques régions et Sur des 
sujets craintifs ou délicats. 

7“ Acupuncture. Employée en 1834, par MM. Velpeau 
et Monod pour une tumeur qui occupait la régibn paro¬ 
tidienne et une partie de ija face ( ils placèrent douze 
euilles l’épaisseur de la tumeur ; ondes bissa à de¬ 
meure jusqu’au développement’ae l'inflamiuatibn') ce 
moyen renouvelé à plusieèîrs 'reprises débairassa lé ma¬ 
lade. , ', ' ‘■ ■ •• 

8“ Séton simple ou multiple.: Ces liioyens , ainsi que le 
précédent, agissent encore en déterminant Tinflammàtion 
et l’oblitération des vaisseaux de la tumeur ; il vaut mieux, 
lorsqu’on y a recours , employer les petits sétons multi¬ 
ples. Le principal inconvénient de cetteméthode est de 
laisser souvent'des points imparfaitement oblitérés ; élle 
est peu sûre et douloureuse. , , . , 

9° Broiement. M. MarShàll Hall le pratique avèc uné 
aiguille à cataracte ou bien un petit coiiteau en fer de 
lance. Ün divise ainsi les mailles du tissu anorhial ; un 
épanchement sanguin lui succède, etl’oii peut àlors s’aider 
de la compression permanente. Cette méthode, après huit 
mois d’essais, échoua entre les mains de son inventeur, 

10° Injection. M. Velpeau lui préfère l’injection , ijuè 
les Anglais pratiquent avec l’acide nitrique ; il préférerait 
la teinture d’iode, employée pour obtenir l’oblitération de 
l’hydrocèle et des kystes séreux. On pourrait aussi ( 
biner les deux dernières méthodes. 

11° Llgdture, On l’eiuploie de toutes les manières. Ainsi 
on étrangle circulairément le nioevus au moyen d’une forte 
ligature. Ce procédé n’est pas seulement, applicable aiix 
tuineurs pédiclilées ; M. Gensoul s’en sert encore avec 
succès toutes les fois que la base n’est pas d’une largeur 
démesurée, et'que la peau qui les entoure est asSez souple, 
assez mobile pour céder sans dilliculté à Faction d’un lien : 
cette ligature n’est pas toujours applicable. White tire la 
tumeur à lui pour l’écartèr des tissus voisins, et passe un 
double fil à travers la peau, derrière le fongus, qu'il étran¬ 
gle ensuite, en rapprochan|4es extrémités de la ligature, 
pour les nouer, l’une au-deslus, l’autre au-dessous; On a 
encore passé deux ou quatre fils à la base pour l'étreiiidre 
partiellement. Tel est le cas des observations de. Lawren¬ 
ce, G-uthrie, etc. Enfin M. Keate, ainsi que Bi-odie et La¬ 
wrence, passent sous le nœvus une épingle droite, s’il est 
petit, ou deux aiguilles en croix, s’il est plus large ou vo¬ 
lumineux ; on étrangle ensuite les tissus en plaçantun lien 
circulaire suffisamment serré entre les aiguilles et la peau 
saine. 

12° Ligature des artères. Il serait inutile de rappeler 
toutes les ligatures de troncs ou de branches artériels pra¬ 
tiquées dans ce but; ce moyen n’est pas infaillible, bien 
qu’il ait quelquefois retardé la marche de la maladie, ou 
même procuré la guérison. 

13“ Incision à la hase de la tumeur. On doit ce procédé 
à Physick. Au lieu de découvrir toutes les branches arté¬ 
rielles qui alimenlentla tumeur, il incise la base, panse à 
plat et isole ainsi les tissus vivans des canaux qui leur four¬ 
nissent des fluides. Lawrence guérit de cette façon une 
tumeur sanguine du pouce qui avait résisté à la ligature 
des artères du poiguet. Il faut que l’incision soit faite sur 


lés .tissas sains, qu’elle comprenne toute l’épaisseur delà 
couche cellulaire, les artères, les veines. On lie les arté¬ 
rioles à mesure qu’on les divise, et pour empêcher la réu¬ 
nion immédiate on place de la charpie entre les lèvres 
de là plaie. ■ 

M. Mousset a dernièrement réussi, par ce moyen, sur 
une tumeur de la région temporale. 

14° Extirpation. C’est sans contredit la ressource la plus 
efficace, mais on ne peut toujours y avoir recours ; nous 
n’en reproduirons pas les règles ; elle n’est pas exempte de 
danger; parfois elle expose à des hémorrhagies graves, 
quand on ne lie pas soigneusement les artères à mesure 
qu’elles sont ouvertes. Enfin, on a été jusqu’à la pratiquer 
’en plusieurs fois pour éviter les pertes de sang trop consi¬ 
dérables. Cet essai réussit entre les mains de MM. Dorsey 
etGibson. 

C’est aù praticien à choisir, selon les circonstances, celui 
de ces moyens qui doit avoir le plus de succès. Chez le ma¬ 
lade que nous avons sous les yeux, M. Velpeau eiileva, le 
'13 janvier, la plus grosse des deux tuineurs par excision ; 
uû écoulement sanguin peu abondant se manifesta, et il ne 
fut pas nécessaire d’y placer de ligature. Pansement sim- : 
pie. La seconde tumeur, plus lajjge à sa base, fut; ira versée 
le même jour par deux épingles placées en croix, et une . 
ligature lut serrée entre les, épingles et la peau. 

■ La tumeur, aussitôt après sa séparation, devint flasque 
'et pâle ; elle était bombée extérieurement, et formée dans 
son intérieur par un tissü dense, fibreux, comme cutané. 
Le lendemain matin il n’est pas possible d’y reconnaître la 
moindre trace de tissu vasculaire érectile. C’est, du reste, 
une particularité qu’il est important de ne pas oublier ; . 
car, dans beaucoup de circonstances, cel oubli pourrait 
donner lieu à des méprises assez graves lorsqu’ils,’agirait ■ 
dé déterminer la nature de ces altérations. Ici, cependant, i 
la natüre érectile des deux tumeurs ne peut être l’objet - 
d’un doute ; en effet, le malade ne fut pag plutôt tranquille , 
dans son lit, qu’uii écpulement sanguin très abondant se < 
iuànifesta : les réfrigérans, la compression furent ineffica- ■ 
ces pour le réprimer. L’incision ayant été mise à décou¬ 
vert, on reconnut que le sang sonait, en jet par plusieurs ' 
orifices vasculaires plus considérables que les autres; et 
seùlement en nappe de quelques-uns plus petits. 

La cautérisation fut alors pratiquée au moyen d’un fer 

rouge; iiiais l’egcharre, une fois-prodaite, le saUg conti- ■ 
louait à s’épancher derrière elle et parvenait'à da déchi- ' 
rer. On ne put définitivement s’en rqndi’e' maître qu’en 
cautérisant de nouveau et en étranglant en masse au 
moyen d’une forte ligature, ce qu’on put saisir des paitiès' 
qui fournissaient le sang. . . : , ; , 

i Le lendemain le malade était dans des conditions très 
satisfaisantes, l’hémorragie n’avait pas reparu. Nous tien¬ 
drons nos lecteurs au courant du résultat de cette double ' 
opération. 

I Luxation de Uépaule, soùpçàhiiée par cause directe. ’ 

! Le même jour est entré un jeune bomme de vingt ans ’ 
qui âyàit fait une chute dans la rue, et qui présentait les 
signés d’une luxation de l’humérus.. Ainsi, difficulté à 
oipérer les mouvemens ordinaires du membre, abduction 
du CÔtlde lilhft mneirlpraElp mi’à _:ii* i 


1 huiiicrus, h offre pas d élongation : il y a luêine plutôt 
un peu de raccourcissement ; ce qui contredirait les idées 
émises jjar quelques clnrùrgiens qui veiÿ^ que ce der¬ 
nier phénomène soit constant. 

Nous n’iiisisterpns pas sur les signes qui engagent M. 
Velpeau à se prononcer sur l’existence de la luxa lion sous- 
scapulaire, nous qe voulons qu indiquer une circonstance 
particulière qu’a présentée cette lésion. 

Le malade dit être tombé les mains placées dans ses 
poches; At que l’épaule seule a porté contre le sol ; et l’exa¬ 
men du membre ne nous apprend rien à ce sujet, car il 
n’y a ni ecchymoses, ni traces de. lésion extérieure à l’é¬ 
paule, au coude ou dans quelque point que ce soit du 
niembre. Cependant, si les as.sertions du malade sont 
bien exactes, ce serait ici un cas de luxation par cause di¬ 
recte ; ce qui a été regardé comme impo.ssible par beaucoup 
de chirurgiens. On sait que M. Richerand en publia une 
observation il y a quelques années, et qu’elle fût considé¬ 
rée comme insuffisante pour établir ce point d’étiologie- 
depuis cette époque, fait observer M. Velpeau, lui mmné 
en a observé deux exemples incontestables, dont l’un sur 
un malade dit service de M. Béraid aîné^’ 

De simples tractions horizontales ont suffi pour réduire ' 
cette luxation. 












■ 26 — ; 


CliimiQUES É'TRAIVeÈBEiS. 


HpPII^UX; ITALIENS., 


rhhmaîîàüe. Æmh\4utoM 

\_ciOL.e^Æe{âê'‘riiÊpit4lLÏ 


TJh jeûné hbitibë âÈè'déVngt-qüatre abs, robuste, se 
livrant habitnélléiiièht a dés feidëà de toute espèce, éprou¬ 
va une hématurie abondante à 'ïa siiite d’un long voyage à 
pisd>iret.éut dura-üni^ jaucstet sa dissipa sans rienlwre: 


Après cêite époque, ayant un jour trèsçljaud, et son corps, 
étant couvert desüéür, il &’ést!baignéi à lé! inér ét^d 


pendant queîqdd temps, liant ddhs l^eah; il‘î le^rbùVé 
tout à «oup dans-tout IfcéOrfrs' dés'duüMrs téllèhient VE' 
vesy qu’il à dû‘se liâléf d'ert isertiV. Gés doülètltS'dM 
menté pendant quatre jours ; le malade est entré A l’hôj^E^ 

tcd„aubout,du quaüièine. ■ ■ . 

 son entrée il offre l’état suivaht : raideur .tétaniqttë dè= 
tout le icorps,^ flexion forcée du t,r,onc en arrière (opisthé- 
to%ô'si)J 'tiirsinus très pçononcé, .^uçface dq ,<;9rp^ frpide et 
cdüverlé de sueur, pouls petit,et précipité, langue un peu. 
sèçfeé et rbussalrfe,res{)jf"atipn très fréquepte.etlaborieuse, 
cdiistipdiipn depuis qualjfe jours. : i. ■ 

Ôh pratiq'u'à sqr le champ une saignéq de 750 grammes^ 
(une Kvre'et, déniife)| hue autre pareille, le soir; phisiehra 
vééjcafojre.Si, éâtitharidés le .long de la. .çolohuo vertébl'dle j 
uiï i)âm prolongé ; un lavement émollient. Le lendeinàiu. 
on ajoute une forte infusion de digitale très chargée de ni- 
tré;‘dèux tésicàtoirés.àux cui'sstes. Lé i'nâiadé égt. inopt 
danÿ lès cdtïvulsitJÜs fétîiiiiqués, vingt .six heures, aprè? 
sdti entrée.' ' ' ’./ u tl 

A l’âuidpéié' oti'tfoüye le éërvëâuèi le çé'rVeIe(,danSjfe 
état pai-faàtèmént Uorina'l. Là niôéjle'épinière''èt s‘es,mejn;-, 
brânes éOnt ‘^éhëràleiiiè'nt- très énflàih.mëes,; là partie '<j5r-;, 

calte? lAr 44 i^Î1p ^^rfV/^Vliflf^^5^aMp1lipf|KranînIlîp- i.p «v.QfpinA 


mais exsangue. Le reste de l’ôtganisthéèst nbrmàl. 

, ... [Giornàlédi Patkolà^ià slàmptrlp iti F'ià'éiiàj jtiiflèt' 


. et août 1839.) 


On b’ostform'é desidéès^i'èStfao'ldihàitea âdi là na¬ 
ture du tétanps j que l’on ést énééf'èâ'àé dèlttdfldér '.tjuér 
est le.traitement quir convient à cètté triâlàdie. Lés' ufis 
conseilleUt d’enivier les: fealades à fOke d’opiliÀi, lès 
autres de les bourrer d^auti es ihëdiéànlètis'lîIhS'dtt inTOns 
empiriques et en cpntf adietiori inwUifèSte aVeè ’lé bdn sens' 
et- là philosophie thérài^utique. Ou à VU qn‘e|'quës inkla- 
des. guérir iliaîgré CêS.jftétliéamens ' étff'bû.s’est parque ' 
pour àinsi dire sur ces pÿétèÛdûs-âtfééèsijiontîriiptiS'é'r line'' 
règle. Plus circonspect* , quëlqtiéfé^uno Ont tUotco ^SÜaC-k- 

lise; ils se sont plu àj établir ufiè'dEtihctlctÉi es'Sehtidllé 
entr e le tétanos tràUUiàtiqué ëf lé tétflnôS rhumatismal , 
et ils ont jugé ce.détniet- moins gràvë «jue le précédent. 
Cepeirdant ,deinandez-leny quelle est la condition palHoi 
logique; de .i’afl'èctioa ? On vous répondi â ; o’est une né¬ 
vrose, uné. névropathie, une aft'ection nerveuse.. 

Çpmpienez-vouS quelque chose à ces phrases ? Gdihlnë 
si le système rrerveux faisait exception dans l’orgUnisme 
et'qqe ses tnajàdies pussent ,êtte, de nature différéiité dé 
celles de tous les autres tissus de l’éconohiie ! 

Vous admettez une inflaminatipn dans l’estomac od lei 
intês'fiés alors que cermins, phénomènes se présentent 
vous âdrhèltez la • iMfiië, le foie , dans le 

péniôîné', dans là ’plevre, dans les méninges, dans.là ré^ 
tine , à la seule inspection de certaines lésions fonction¬ 
nelles, et pourtant, quand )1 s.’^git de lO ;même affeefion 
ayant soft siégé' dans les'centrés dè l’appareil nerveux, 
on renonce tout à coup à cette règle qui apprend que 
chaque organe malade ejtprrmë à sà ïàçbn àà' souffrance j 
et qUe la mênle tUaladîë offre dés' pliénéiUè'nés différens 
selon la nature.de l’oi'gàné attaqué; Oh S'e'ptait encore â 
admettre des maladies pnrèmerit fbhClüonUelles , des lîià- 
ladies sine inaieria-i uniqueirieUt païte qiie certaines autopy 
sies n’ont rnohtré aucune altératitih appréciable dans dés 
tissus esitrémement fins ébriime l’àrdthnoïde. 

Oit n’apes réfléchi que là seule aViâlyse philosophique 
des symptômes Suffit, à'iâ rigueur, pour la déferminalioU 
de - la eoudition pathologique, et que l’absehcé dé lésion 
matérielle sur le cadavre de certains shjèts n’infirmé au¬ 
cunement les conséquences qui découlent des faits dé 
même espèce mais plus positifs. L’histoire du tétànos riohs 
fournit la preuve des remarques qui précèdent. Bans plu- 
o:<>nv<: rne nn n’a rien. ti’ouVé, dit-ohj à l’autopsie. C'est' 
la séreuse rachi- 


sieurs cas on 

qu’on s’attendait à trouver peut-* 
dieniie gonflée comine la Qonjonqtive atteinte'de cbémo- 
sis,jét la’ pulpe méduUaire altérée comme un doigt atta^^ 
que de panaris, 6n a presque oublié que dans des tissus 
mctrêihemént délicats et dont les vaisseaux sont extrême¬ 
ment fins comme les centres de là vie, de.simples conges¬ 
tions peuvent donner liçu à des phénomènes formidables 
coinme ceux du tétanos. . . . 

Un individu chez lequel on venait de faire de grands ef¬ 
forts pour réduire un humérus Iqxé ,; est mort apo¬ 
plectique quelques liéurea après. A l’autopsie, à laquelle 
nous avons assisté, on n’a .trouvé d!autre lésion qu’üue 


congestion capiÙairè delà pulpe encéphalique. 

D'ailleurs, ensuppQSajU que dauS-une foule d^autopsietf- 


bien faites on n’eut.,pas njis eu évidence, cqmme dans le 
cas cl’-dbSSds, ta“v>éri£àblë condition en question, pourrait- 
on raisonnablement douter un instant de sa nature d’ex¬ 
citation, alors que les sympt ômes pa rlent clairement aux 
yeux observateurs? En conséquence, tant qu’aux mots 


attaché • j)âs l’idêê 
che, on ne fait que tourner dans un cercle d’idées illusoi¬ 
res, dë'dîStiflctions fâüSses, et d’applications théràpiiti- 
qdes àtesufflês. S’il est vrai, ainsi <|ue cëla résulte dS^ faits 
iès plus inèbtitestahlesj qüe lé létahos ri’ësÉ au fond qii’uhe 
itiëninglte fàchidiéi^an ou june myélite à|)ihale; s’il èij:, 
'vrai quecêttê condition est toujours la même, bien qu’à 
des degrés variables, dans le tétanos traumatique,cpimne 
dans. lé tétanos rliumatismal, h’est-il pas antido^ïufie- 
poür ne rien dire dé plus, de faire de ces deux variétés 
espèces diverses, et de pr opos' er à leur égar d de s inédica- 
'ÎIBnS diffefëhtês et nîérrië q9poiéês?Ulibsë lîngûiière jîoîl'- 
I qu’une ^nflainination. niguë se déclare à,)’estomaCj pujc.-jn'-,; 
I testipSj^ au, jaériiqinë, aiipquipon,.dn sjqcçqrAç-^Aïie piiipr/ 
^ cipë de fràitjçment quèll,e qu,e soifd’ailleursla cause jde. la. 
i i^nladje àraj^hiaticjué, Æuihàtique, p:ar,é,çart,des règles;de 

; 'df^'ehdan^ le mèmè, màî exlsteAl 4®n'sJle;5^,c.e^^,t}•.es.nec- 
ivfeüx ; au lieu 4;ôuvrirJ.afgenient]a veine,,^n,py.esqnt; .l’ox 
ipiuin à hanté dose : comine ^ll’opiurii avait jamais guéri 
iuné^ maladie inflâmmàtolre aiguë; bii ouhliç queJ,’p,pinnl: 
lexcitë ët epiyie coih'ii’ie l’eau-de-vie. On se. jettp.dâfts.jes: 
rëmedes diaphorétiques pour, le tétanps^ rhqinarisin.alc 
coiiiitie si la diaphorèse critique pouyaii jamajsétre exci.té.e 
dans une maladie infla'mmatbirp par un, inéÂicameqtqii.e}-; 
iconquë, Avant 4 avoir cbinbattn la condition pathpîogi- 


Mieux ; le malade reprend ses sens ; l’opisthotonos est 
moins prononcé, le goitre a diminué des deux tiers. On 
ordonne une prise de calomel et de jalap ; une autre sai, 


gnée petit te sait • des sîhapisiüêS àüx mollets. ' ç 
të 31 s reçrüdesSeéce gtâve, assoupisséhient apoplé^ 


qdëijyisage lîfl&e, conU-abtibus tëtàhiques, dYsphëei nbii 
frédiîent. Md^amijaJoûrhée, . . _ ™ 


jconquë, àyànt 4 avoir .combat,tn la condition pathpîogi- 
qiie. On’ ,a proposé ^amputation , jioqr guérir je' tétanos, 
ttraumàtiquei G’çst cpmmè si on voulni.t ainpnteppn jneiîi- 
bfe mordu .par iin çLlen pnrage,;après, le développement; 
ie làràgé.llupuytren, Petrunti, et, plusieurs %nlrèa,Gii.ir 
i-urgieps, ont siûyi inutilement,cette pratique; et.çens,,dfs 
m’ala4ès amj)uté) par M. Larrey,, qui ont guéri; dp^lAtanfis,. 
Içiyëiïl;: pÿ^Jîalileinent leur fluérison, à, ta ^eyte.excessive, 
le 's^ng qui à)suivil opeintiou, pu l>ien leur iétapos n’était. 


.g“-,Que cette^condition est .incontestablement d’ex.eita,- 
;i6n,','inà}|sj.’yâyr^'|ej 4*iant au 4egié,,ilintqnsité, .depuis, 
’injëëtidn. vasculaire la moins duralile ÿnsqp’à. la phlogose 
a_miëux caractérisée, et,meine au rainollisspinent,„cpinni,e 
laps le faiLci-Aéssüs. ; ;jj .n.. ... .. ^ 

Sf Que le traitement doit .ejn etre ,çssentielleipentidyna- 
niqjje',et dans aucun cas, mécanique. II .esthes' mpladies 
uÙammâtoirës pour iesquelîes les saignées, spijt. 'spuypnt; 
nsnfii^Ethtçs ; le tétanos et la .rage sont dè. pe poiphre-. Lç.s 
•emëdës asthénisâns, dont Taction porte pa'r.tiçoUèreinent 
u,r ,1a ^ipelle pépinière; sont, dans, ces cas,, (l’un précieux 
eç'pqrs,' surtout si bu les associé aux saignées co'up sur 


Telle est qeBe,n4ant la forcp de la, routine, qu’on regaf-, 
Ici ai't YURiüip êâjfnyâgaùi, fl,U pi a iiclen qur prescriraii, 
lar exemple, dans ce but des remèdes inercur-iaux et de la 
loiidrë de canitiaride à doSe toxique. On préféré prendre 


’axiôjiue, de ,Celse à rebpnrs : Âfeh'iw.e^t nüllüm, quam 
i ncep^j'et pourtant beaucoup de gens se croiènt plus logi- 
([ues.qup l auteur d!u i-û/îi'A'a 


^âs'réniarqudbîe de Congestion encéphalo-raçhidienne. ÂJf- 
cropsiè; par WL BeUingieri,. professeur â Turin. , 


Un jeqne homme, âgé de seize ans, est enUé le 27 ,oc- 
tjobrë à l’hôpital de Saint-Màurice-,et-Làzarë, pour être 
traité 4’ùh vioient ina^ de, tête dont il est .atteint, depuis 
l uiï jbiii-s. Le sujet éstiscrofuleux; des c{iapelefs:i4u g.îan- 
c es cbüv.ren,t les parties latérales de son co'ü, et un goitre 
assez voluiniiieux remplit la partie moyehne de çètte ré- 
g ion. Eon visage est pâle ; le cou et.la.tête sont tires en ar¬ 
rière ét à droite ; l’œil est naturel , lé pouls légèrement 
f îbrilè ét peu dur.'Les réponses .du malade sont régu- 
1 èrés ; il n’attribûe ,à aucune çâus.e particulière, son indisr 
posîiioh.’Oh prescrit :'repos, diète, eau sucrée. 

Le lendeinain 28, .maladje .est 4a(ï?i 
pSsbèment sfiipide ; cependant il a des intervalles mcides, 
e; sé plaint dé céphalalgie: visage pâle, tpil peu rqu^’ç, Ptl" 
p ilfè dilatée, tête tirée en airière,;un peu de trisinu^, trpni; . 
lêgéreiiient fléchi en arrière et convexe en ayant,.goitre 
plu.s sâiUànt que la Veille, respiratjon difficite.jjlangue un 
peu rouge sur les bords, muqueuse d^ns Içniilieu:; ventre 
nàturel et indolore à la pressi.6n, chaleur dérijuiqife natu- 
i-èllë, fièvre légère, pouls contracté. , . . ^ ,, , 

I Ôn diagnosûque une congestion 44 tout l’ençephale; suiv 

S ut dés hémisphères , vu l’état cl’asâoupissement et dè 
apidité, et intéressant aus.si,le cei:yelet,.yu l’état d’opis-, 
otbûosi Ôn,prescrit une saignée de 500 granimes (une 
livré), et de Üliuile de ricin, ,30 gi amme;s (une .qnçe). Ije. 
salng’h'est point couenneux ; l’huile n’a pu êli'Ç).;valée,; ,a|.r 
tejndii l'état de çont'racrion des mâchoires.;, 

Le 29, i’opisthotohos est plus prononcé ;_raideur,légère 
aux avant-bi’as avec flexion ; .^tupiditç contiime ; repipnsps 
par monosyllabes ; yeux et face nt suprâ ;, trisinus ; fièvre 
légère.On répète la s'àignée deux fois dans la journée; laver, 
ment purgatifi t .,• ■ 

’ 'Lé,30, décubitus dorsal , (ronc très çonrbé eij arrière,. 
convexe en;,avant ; tetp subrppoplectiqne.;. réponse^, B'Ob'r: 
qiiéës ; goitre pjus vçlùinineqx ; vjsage pâle., œil ndef?-4 j. 
piailles cilla tées ; a van t-bms fl échis spasmodiqùe ni en c. ; 

' On. diagnostique la jprqpagatiqn du mal à la nioflie ; 
épinîerë' surtout à l’origine, ries çpi-dqfisj.neijiëpx pp^té-, 
'eurs, vu rétàt d'opistLo\onbs." 

Oh pré'sci-rt une saignée de la jugulalrÇt.qu’oja.ne, peut 
■atiqper à'tteiulu l’étàt dVngorgem.ent'des glandes du, 
vvju, Oii la rpfhplacë par donyé .veijlpusës,scarifiées,a;.lç-- ,L 
pine, lés(ftiélleydo“»Wt 310 giamineî de|,s^g(10 oqçjsii; 


Autopsie. '0n ouvré î’alo'rd le crâne et la gouttièr'e 
ebidienne. Lesm<3nj,i!gç,s;jspiTt légèrement .injectées; : mâi 
les sinus veineux latéraux du cerveau; et le: sinus :]ongit^, 
dinal de la moelle sont remplis de saêg noir gruinelé.'.1;, 
surface du cerveau et du cervelet est très injectée ; cett» 
liljëctidti ëst pltiS pfSllBffcée que celle des 'plus lieurëul 
injections artificielles. La couleur des vaisseaux est noiij 
tre, ce qui-^ojifinne le _ diagnostic, de la conge^p 
iieusé. t’îhj'ecfiôiTesf pllis âbdndahlë’ sûr lë'cef^et. 1» 
plexus choro'idicns sont ^fort gou'gés de sang veineux, y 
masse cérébrale est très â'éveldppeë ■ le parenchyme dj 
cerveau et du.cerveletsont rouges. L’auteur, donne les uoidi 
4^’iâ'loiâlité‘ët de'cliaq'ué'pârtiè de l’éheepKàlè. 

Là âlii'Ê'ëe dè là' hibelle épîmè''r4'éH trèsaouge et gorg» 
dé ^àrig; E’àŸtèl-ê èt là' v'éihe spinale moyëiiûë soiit plein» 
dé'Vàtigr'Uâ dtirfà'ce pd^fêfiéürè.dèlà moél'le,'est plus roii? 
ge q'Üê.‘I’àïlleriéiifé;"âës''cabiîlaîfes èbhi très dévëlopopY 


gè|quà.'l àMtèri^fë;' 'âes 'çapiîlàîfes èbhi tïè.s .développÿ 
Lès fâÇeff latéràléà dû mêiiié brgâné','près de là, sortie djj 
néffà,'sdiit àÜ’étdt prësqûé nàt'm'êl. ' ' ’ V " 
" Là dè chëyâî ëst él'îe-niêm'é fpi't jinjectéé ; cliàqu) 

fli'qdl'èh'éhiAhè ést fpugé j’us'qu’^ V shrtië dë.l^ 


cdtclo'ii 

nbTdé. 


Le reste de l’organisme a été^examiné avec soin : il u’ot" 
frë .i-îën dé fëihàiqûàble. 'Là'glandé thyrbmé wésënte ‘le 
dbilbl'ë dëCvôlûilié qu’à rétat'nàtûrêl. ■ ' ' . . ■; 

' " ' ( Gibt-naiè deue ‘Sciimzê m'ecîicHè clj 'î'ôri^ôj j"*;! 


yhp|ftdioiogi,que,^,t;dif, 'dinguostj’ci 
;ette objervûtion offre ùn .véritfib{e/du,lérê Elle laisse, ce- 


pendant le fegrët dë l’Impuissance dq,la,thérapeutj'qne.eml 
pjoyée. • J , ■ ,1 J, ,1 . : 

Lés seules saignée^ppt^élqiins.uflisantes; et;,.,_ 

port l eïledconfirnië plenîqiqen’l çq que, nous disions,à pro^ 


fl^.tetanos^ et .df Ja cage ^ pavfai, 

itemqnt ati.alpgues. à c,e|leî,dpntdl,s’agit.. Le, mêpip fait se 
Iverifle toutes , les fois qû’upe;; viv.e. cpngesiipn! s’élablit 


__ , , , rs qu upe;; , . , _ 

essentiel et' dont ,ies',.yRTsspatix so?it"d4 
peut çalibre. U serait difficjlë d’,expliquer ,qqtrement pour¬ 


quoi, par exemple', une hépatite , unqjpijjêaiponite, cè- 
dëht à merveille -sous i’influenye. de , la , saignée , tandis 
qu’une rétiniiçi, une rayélite be.auqoup; moins .ijitenses ré¬ 
sistent avec Ûne ppj’ni^treté d.ésepéranje,'C’qst, ,qn'e les 
jie'nfàits dé là saignée'spnt én général jdus sçnsibleslpoür 
"" .pigahés' pourvus dé grô'j Yftisseanx ; dans,fés vaisseaux 
àillàirës deà organes profonds ,,l’effet; est moins inaliir: 


i l T ». • . ■ • ' » i unioil 

les reinedes astlienisans-Spinaux aux évacuations sanpui. 
les deviéht une nécessité sous peine de,voir périras 
dés. Notons, en attendant, dans le.fait de M.’Bel)ingieii/ 
ii:M 3_ véritable apoplexie cérébro-spinale par .simple co'iw 
;estion veineuse èt sans aucun épanchement. La sçiente 
ne manqué pas d’exemples analogues. , 


imputation . à, lambeaux: de. Vavant-bras dans. F article ■ p» j 
! M. Rizzoli, chirurgien en chef de l’hôpital de Bologne 


j Louis BaBandi, âgé.de trente ans, paysan, robûste,,tnyi. 
à'i sous une roqq,.'et se fracture, l’avant-hras en un 
•and nombre de fragmens et dans presque, toits les pojitsd 
e.sa longueur, Des plaies, larges .et déchü-ées.coinbHqreQb'il 
eteta.t. 11 a été de suite transporté à l’hppjtal. OnluipCa-;? 
iquè une saignée, , qn attendant que Al. Rizzoli 
Tue consultation a lieu,- p» jugp.Paœputation inhspen- ' 
ihle ; M. ,R,i,zzoiila pratiqu.e iinmédiatément. Ilavaitélé 
uestiôn d’amputpr le b,ras au-dessus des condyJ(S ; le chi- . 
uigien cependant, ayant trouvé à la partie antérieurei- 
Lipérieure d? l’avant-bras .assez de parties molles en ho»» 
tat pour en faire un lainbeavij,a,préféré, s’en servir et coé>..i 
;,le membre dans rarticplatido .dû coudef.ée.qui lù'a. 
ni, inqinsgrave ,q«e le projet précé.aenlb. ■ Il a.opéré dda 
lapiqr.esulvan.te:,, , , . , i 

' ’avant-bras et le'bras soù.t étendüs.et fixés en supinav 
, par des aidqs , de;.manière que rtiûinérus fasse ui. 
aligle droit avec le tronc.. Un aide comprimie là h'rachia) 'Ij 
milieu du bras. L’opérateur, placé en dehors, pincpayC ' ' 
,.,as les doigts (Ip sa iiiain gauchë. les tissus charnus de à 
pki;5lq,an,t,érieur.çrmpérieure del’avlant-hras.èt les soulèe; '-i 
dë lamain droite il enfpnse à .plat et lïoriiôntalemehla ■ 
p|)ipte d’un long ebuteau à double tràncliànt au ;nivea<du 
!pii du coudé, .préciséinent sur le bbrd externe du ra(i«s,-i 
,/el la fait.sorfir au , point opposp; en rasantlà surfaci4es . 
oâ. .U promène alors Içvtranchant de haut, eh bas, etl’un - 
sml irait coupe un lainbeaù demi-.ciiiouiaire,! de ctatre ' 
piucqs.dè long. Ce lamfeau est, renversé .dé bas e. haut 
idr l^hras, et flxé'aiiisi par, la main gauche de l’oprateur 
‘‘ '* ibrasse en' inême teinps que les condyles Æd.’lïu- 


(Aii'ë 


, Dprus, Ife, phirpr#;» porte alors:,le coutea-u stirie bord 
pifbual interne, auuiveau dè lajhasàdu la<inbedu:ede l’ar-:- 

jdéulation, en passant,par-déàSous leaneinbre, fit ’ fait une ■ 
.intisiqn comme dans une,amputation;.circulabë j ^etl«: 
incision divise les tissus de.,1a pàrtie dn'teTnè,i delà partie" 
inférje;Urc et de la. partiq.oxterne.dn-coude; -ll-.porte aloi«‘' 
;Ie tranchant dans rartiçula.tiOnYadi'o-iinmérale, et' succe/-» ■ 
siveipent dans, celle du.Cuhitû&.avëc l’iiumérus. -Tous l'i 
: pièt.étëidiyisé^i .eoWniÎBjStàn^^; etil'avadtMbrasai- ' 
djeyé^iji.ns aucun ^agè;dp;fesci«/;.;b i. , : 'i ; 

Restait .nlqr s )perinqnei|>te) iqud ■ (Bopé»teuv 
















nfatiquée eii li^tja brachiale et en tardant Ifes vaisseaux 
oécondaires,. le iambeau a ëté abaissé, appliqué exacte¬ 
ment sur la plaie et fixé avec quelques points de sütore. 
Tin bandage léger a complété l’œuvre de M. Rizzoli. Dans 
le courant de; la soirée, le pouls paraissant S’élever, on â 
lutiqué une saignée vers niinuit. Lè malade Sestendor- 
f: afirèset a- jlaSSé une.aàsez bbrine Huit.. Le ^ng était 


— 37 


hé h'pisiç/n® l plaint de douteurs dans 

letaM ^xj^e .làppaieiL; le bras, est gonflé s on coupé 
iialques poiuts:de la suture. La suppuratr'on commence. 
^boiiillonS bnt été accbrdég.dèslle'lendéinalilde l’bpé^ 
illdn tieS jOürs 'Suivans mie Süppfui^ltôh dé bonflè liâturé 
^^t' éMb'Ue, trhi â emiSldérabléfiiè'üt âimlh.tié,^^^ 

[[a dix-septième jour. La cicatrice a été cdniplè'të vèi's le 
Lxantième jour. A cette époque le malade est sorti guéru 
Oaelqne temps après, il s’est fait levoir, jouissant d’une 
Mi-faite santé. {Bulletiino detU Shiènzé médichh 'dl Bblogna, 
îttobre, 1839 ) : ; -, 

Dans sqii excellé fit MéifiOiré SUé les JillljViltâtlbns 


iipées, et des acciciens qui peuvent suivre l’opér-atibn. n- 
Vïcadémie de chirmgie sanctionna ce principe (Mem. de- 
VAcad. de chir., t. 111, p. d61, édit, de l’Eneyëlbp. des 
séenceS méd.-1839), et tous les çliirnrgienS l’ofit i^cbmiu 
ij^nteStablè. 11 s’en suivait halurélleiheht que lampu- 
Sitibn d'àfis l’àrtiéülklibli dfi èqüde dëy-i^k êfr.e.préférée à 
cttle dub'fàs, cbinnié moins gr'aTCsbus tous les rapports; 
c’était effectivement l’opinion de Brasdor, ‘ __ 

On estétonné cependant de voir Boyer,' ce fidèle et ju¬ 
dicieux admirateur de tous les p,récep,tes,'de,rAcadémie de 
j^riirgié^j éci-iré'sm- la désarliçiïlation de 1 ayani-bras les 

ligries’spîvVî-®® = v.-v,. i ' ;• . •. ' , 

« L’amputation de l’avant-bras dans la jointure du 
coude ne devant jamais être préférée à celle du bras lors¬ 
que lés : parties molles qui rècouvrént cette alticuldtibn 
sontsain^ j obus croyoïisi pouvoir nous disfrèfisèf dë raji- 
porterici lesdifférens procédés imaginés pour cette opéra¬ 
tion dîaprèsla structure des parties et d’après les expé¬ 
riences'faites sur les cadavres. ». (Mdlail.. chirur;, .tonie XI, 
p;ü03.);.. '■ ■' 'J. 

Quelques années avant, ou meme pendant que Boyer 
proscrivait, sans en donner la raison, l’amputation dans 
l’article du coude, un praticien nam moins recommanda- 
jle Sabatier, la recommandait hautement ; et un autre, 
jui’ forma plus tard la gloire de la chirurgie, enseignait 
iratiquement la même opération dans l’amphithéâtre de 
’BôléhDieu. - -, • i - -i r 

toèoLàître la méthode dü jéUüé Oupujlren,qui l’avait 
' eniWhntéè à Vàcquifer. L est absolument la me- 

S qfi’a- suivie m tlizzoll dans- Iç fait ei-d,essus avec 
Tte différence que,Dupuytren sciait quelquefois 1 ole- 
> urévenir la rétraction du muscle triceps. « L a- 

bras éunt au tiers fléchi j un couteau droit à double 
Vont pst enfoncé transversalement ân-dèvaut de 
.uLn de Tune à t’âutrëde-s tûB'érosités de l’iié- 
*'*^'*^ Pt sert à Jadler nb laifebéàtt avtc les chairs de là 
-t--**«ure dnl’avant-bras. Oè lambeau étant relevé, 
P^^apsule articulaire ainsi que lés ligamens latéraux sont 
%péS d’un SécoWEl ef'l'in tiérininé; d’opération 

soft en,sdant foiëcrâüél s'oit ép coppant. Ip Açqdb.n qui s’ÿ 
attache,,'« Ngte^e filM^^ Bégin à la Méd, 'ope/:. , 

de Sabatier, t. IV, p. 526..) ^ ■ ? . ■ ’ ‘ ’ ■ i;. 

Bahsléà leÇtfilS btàleS dè DfijjtiJtrèH j Vâi' triAiiî'è les re- 
mîti}bès iùivbbteaha là vfésdHicu'hlWdh dé l’a- 

ïant-bras : « Cette opération a été pmtiqttéé-ldï'i' à douze 
foisTsar M. Dupuytren, e.l ettë à été suiyie d’uri pleià suc- 
cès?'‘Ellé-pWs^bttei’âi?filrtà'§é'ytbdjbdb'Ati'psgrând,(ïe'éob- 
bp gagne beau- 

coilji â coudei'i’'olécrâ'ne avec la Sde-, parce qiie, fixée à la 
cicâ.Ü-icé';, rèüe Inbphyde ébhtiûué fdfirnir une attache 
solde au musclé tricèpé'bidchîal. Kï. Dujiuytren ne né- 
jli^é de i-'écbufii' à''é^ttè ihiihièrè d’ainpiitér que. quand 
I l'ésté trop .peu d'é parties, ifiollëàpâiiies pour fariner ufi 
ainb't'au ântéfiéür qiii puisse'couvrir les eondyles.dà l'hu- 
aiérus. Dans ce cas, il exécute le procédé prculaire de la 

manière suf^'nté : 

« L’avanfebl-âè doit être â 'defiîî flécîiL'ét le chirurgien 
)laoé au cô^ éxlérnfe dü irieliShiV-. Dfeé-«rlinière incision 
Bt Jaile à t è»i«’Étvèt-sdeÿM âû-'dé^Mr^Âes condyles de 
(ipnérus, et çpiâtbd'id, ïeVfeûMJis ,a^.4i que l’aponé- 
;rofe. Ces |MH4ies-softt' Aussifee t e lev e e syiarjn aide, et 
ha'sëcbhd coup le chirurgien divise au niveau de leurs 
'Ods les fibres musculaires jusqu’anpos, Enyéinoutant 
lijeu le longTie-ceux-cî, ét en détachant les parties niol- 
sldeleur surface, on •àrrïvè-à là joihtm-e, qui doit être 
'iterte pai' section de s^s liga^iimna latéraux ét dé la 
paihç çiplèi'ieùrè de,la,<;apspfe. loe couteau-pénètre alors 
*insdifficulé enlre les os, et l’opération est achevée, fcdm- 
leâans le cas pi'étédent; pa» là section.de l’dlécVâti'ë, ijiiè 
sçie divise aiséinent. « (T. II, p, 2.44,.2? édit4 
Ainsi, des deux méthodes qu’on connaît pour amputer 
IVant-brastdàMs^l’àTOcië; éellé-dlarhbeàü'et lâ circulaire, 
tte4çj-.i,nè,re; wp.ai'tient pl\ys particuhècement iâ' Dhpnyï 
ren,'ét cést propablement par inadvert^ncequ’en la re- 
roâtils!rriéîd.^YélI>éàvtù’a;cliéaùctrtiàlitëuf.'’(Mé<i'. bper., 

II, p. 442,2= édit.) ^ ■ R... 


HOPITAL SAINT-LOUIS. — M, JoBEàT. 

Hydrocèlk chronique de la tunique; emploi diin nbüùéqii 
procédé opératoire. 

Première observation. Pierre Painchaux, âgé de cinqüau- 
te-deux ans, journalier-, est entré le 19 août dei-niCi’ii pbp 
tant une hydrocèle énorme de la titniqfié; datant du mpis 
de février 1837 : il n’dccu.sait aucuiié ÇâtlAe à là^uëlle fin 
piit attribner l’driglnë dé là malàdië; S’il fàiit l’en croire, 
dâns la finit dii i àti 5 mars 1838, U tumeur dispai-ut en¬ 
tièrement, sans qu’il s’en suivit le moindre gonflement soit 
dès bourses, soit d'e ia vei-gp, soit dii cordoii ; gonflement 
œdéihàièüx qui serait résiilté de l’épanche.ment de la sé¬ 
rosité dans ces parties consécutiveifient à. la déchirure ou 
à l’éraiilenient de la tunique vaginale: d’ailleurs, Pain- 
chaux n’avait ni fait un efiort, ni reçu un couç sur la tu¬ 
meur, que l’on pût invoquër comme cause de l’üne où de 
l’autre de ees altérations de la tunique. 

Quoiqu’il en soit, cette gitérisott spontanée, loin d’êlië 
permanente, ne tarda pas à être suivie ‘dé là réapparition 
dè la tumeur qui se reforma gràduellerriênt ; elle offrait 
un volume énorineét tous les carâctèrës dè l’hydrocèle, le 
20 du mois d’août, jour où Pairichaux fut soumis à l’opé¬ 
ration, laquelle fut pratiquée de là liianière,'suivante: 

Une ponction fut faite aVèc fin bistburi drbit, à lâ partie 
aritérieùre dë la basé de la tuinéfir ; l’instrument tran¬ 
chant ayant été enfoncé jusqu’au sommet de la tumeur, 
l’opérateur lui fit exécuter un quart de cercle sur son axe, 
de manière à présenter le tranchant au feuillet de la tuni¬ 
que vaginale représentant la paroi antérieure du kyste, 
;qùe le chirüi-gièn incisa dans toute sa Ibtigueur en retirant 
jle bistouri de l’intérieur dè là tumeur. On favorisa l’issue 
!de la sérosité à.l’aide dépréssions ménagées, .; 

‘ ' L’ihcisibn d'é la tunique avait éprouvé quelque résistan- 
jcê ; la'seréuse avait crié sous le bistouri, comme on.lè dit, 
jet l’on conçut des craintes sur sa dégénérescence cartilagi¬ 
neuse, L’ppératioU fut suivie de la formation d’une'»é- 
malocèle de la tunique, qui se résorba- promptemeflt ; 
mais, malgré toutes les jil-écâutionS prièés pour enipêcher 
l’entrée de l’air dans l’intérieul- de la Aéreuse testicülàifé, 
uüe ihflàfinnâtlbn très intense se nianifestà , et Pbn fut 
bbligé d’inciser le.s bourses dans le sens de leur longueur. 
L'bri put eéiiStfiter alai;s gûe là tahlgfie::vàgînalé. avait 
éprouvé uh' comhièncéoîènt dé dégénéréscéncé çartilagi- 
:iénkè,‘-qüi àpjjoftâ de la lenteur dans le déyelojjpenieut. 
;lés bdurgebnS éuàfiiù's. IVlàlgré’cëtle circonsfàh'ce delavo-. 
able, la cavité de la tunique ne tarda pas à se former, et 
a cicatrisation complète à s’effectuer, Sâbs qüë lé 'téslictilê 
eut présenté le moindre signe d’atrophie. 

Deuxième observation. Hydrocèle opérée par incision. 

Batisard (Jean-Baptiste), âgé de quarante-six ans, co¬ 
cher, est entré le 3 Octobre dernier au n" 27 de la salle St- 
Augustih, portant dêpüis vihgt-qüatré ans uiie hydrocèle 
delà tunique. La tumeur s’était formée à la suite d’un 
coup de plat de main reçu sur les bourses. Elle n’âvait ëté 
le siège d’auciinè douleur en aucun temps, excepté pen¬ 
dant les déni 'dernières années, où, sous l’influence des ef¬ 
forts de là Ibiix, elle sè compliqua de hernie inguinale. 

Lé 9 octobre, Bansard fut opéré par l’incision de dehors 
en dedans, avec le bistouri convexe ; les bourses furent di¬ 
visées dans toute leur longueur. La plaie, remplie de char¬ 
pie et pansée tous les jours, ne tarda pas à devenir le siège 
d'Ûné inflàinmàtion suppuratiye, promptement suivie de 
l’adhérencefûës deux feuillets de la tupique vaginale. La 
çîcairisàtiqnétait presque achevée le S-i octobre, et le tes¬ 
ticule n’étàit aucunement atrophié. 

~ paraissent intéressantes 

a plusieurs égards. Dans la-première, nbüs y trouvons d’a¬ 
bord le germe d’un nouveau procédé opératoire, sur l’effi¬ 
cacité duquel l’expérience seule pourra désormais pronon¬ 
cer, niais qui nous jjâçàît ^uvoir reôêontréf ses cas d’ap¬ 
plication. Ne serait-il pas permis, par exemple, d’espérer 
de ce procédé opératoire les mêmes résultats que l’on ob¬ 
tient par l’incision, et c’ela à moins de frais? S’il en était 
ainsi, et l’incision devant d’ailleurs rester dans la science, 
malgré les bienfaits, dés injections, dont elle supplée par¬ 
fois l’insuffisan'cè, il ii’ëst point douteux que le procédé 
employé par M. Jobert ne dût être préféré, si des succès 
ultérieurs venaient à ensahi tionner Tutilité. 

Un autre point intéressant dans l’histoire de Painchaux, 
c est la disparition spontanée de la tumeur survenue sans 
effort ni violence extérieure dans là nuit du 4 au 5 mars 
1838, et non suivie, au dire dù malade, d’un gonflement 
des parties enviroHîrâîîtës, qüî eût pu résulter de l’infil- 
tyation delà séro^té dans les lames du tissu cellulaire, 
céusécutive'nlent à l’éraillement ou à la déchirure de la tu¬ 
nique vaginale. ' 

Ce n’est pas, au resté) le seul fait de tb genre que la 
science possèile ; toiiiélois, ils doivent être fort rares puis¬ 
que M. Velpëau dit irenavoir obSerVë qu’ûn .seul exemple. 
Au demeurant, en'acçèptant lè fait coiüme véridique, il 
resterait encore à explique^ cbniiuent la güéfisoq d’une 
hydrocèle, fexiSfàfit dëjà'dëpuis plus de treize mois, aurait 
pû s’çftectuer sjrontanéinent du jour au lendemain; la na- 
ture èiiiploîef^if-élle pour cela un mécanisme et une voie 
qui pbüs sèfa^ent inconnus? Gela nepéul êtreddmis d’après 
les siinples,récits de nialaclqiq^ui, iuvolonlàireméfat étpâr 

igfiorance, peuvent avoir altéré les laits.- ‘ 

La dispaiit ion pronipte de.l'h-VdiiQcèle seiait facile-à-ex- 
pliquef, s'intalt permis de la considérer cflmine. congéni¬ 
tale,iâ Qh a égard surtout à êé'^n’éllé ëllêcWéé' 'pen¬ 


dant le répos aù lit, ■c’fest-â'--diré dafi^tiiiè pdâidiln propre' a 
favoriser le passage‘de la sérosité dè la câvifë de là séreuse 
testiculaire dans la sérëùse abdbinifiale ; niais il faudraiit 
se deniandër alors pourquoi ée jih'éfibftTèfie fié sè serait p'às 
produit avant, et reproduit plus tard. i . 

Eq définitive;,il est ëncore plhs probable que ‘çW a la 


déchirure OÙ à l’éraillëinent de là tüni(jùé'téslicû.laire'q"ù*a 
été due la gtiél'iAbü spontanéë'dè rhYdrbcèïé, èl ç]jué fçèy 
dème péü prononcé dè qiièlqüe'partièëfivironnànte a pu 
échàppër à l’attéhtibii dumàlade, préoccupé àvanttp’uLdë 
la disparition de sa tUihéurt '' 

Chez le niâladè dè là déüxiëihé obsérvàtion, riiyflroçèle 
sè compliquait de hbrüiè. On s’eàtdèinandé sièri pareil cas 
il étàit,permis db tenter la cure ràdicâlè dë riiyctrocèlé. 
M. LisfVancj àprèb avoir réussi bOn nombre 'de ïois àii 
iiioyBn' des iiijé'eiioüs vïfiènàeS de i-'osës dé -Pfôvïnyà 
échoué'dans fin. bas ; lé màlâde est inofi d'é périt6nile.| 
Géttb issuéa plüS tabdeU liéU dàfi.S lifi cas où il àTOÎt sûfei 
stitÜé l’iücisiop à l’injection qùi, ditrn'n, e'x|idse' moins 
péritonite; Ce chirurgien a dépüis Ihéè’ u-énoncé a là' curé’ 
radicâle dë l’hydrbcèle de là tùfiiqllb se' compliquant dè( 
hernie, et enseigüedans ses leçons cliniques qü’iî fâüt, en 
pareil cas, s’en tenir à la cure palliative qui, quelquefois, 
suffit pour guérir radicalement l’hydrçpisie, et qui n’ex¬ 
pose jàmàià à la péritonite et â-ses fUfiè.Àtes àuitëS;‘Lb ma¬ 
lade de M. Jobert n’a éprouvé aucun accident. 

Nous ferons réinarqüer, enfin, qüërii dans l’un ni dans 
l’antte cas le testicule n’a subi la moindre, altération con- 
sécùtiveniént à l’opération, et qu’on h’a pas eu un .seul 
instant à craindre son atrophie. B.... - i 


HOPITAUX DE PARIS. — BUREAU CENTRAL. 

Cours pratique sur les hernies ; ]ya.v M. MAf.GKtem. *’ 
(Fin de la cinquième ieçoni) •; 

AjOüte'z que toutes lês hernies vaginales, mais celle-nâl* 
plus spécialement, sont.sujettes à s’étramglèr au moment 
inêpre de leur apparition ; ce qui n’a jamais liëu, que je 
sache, pour les hernies inguinalésacridenteüfts ; ëtFétrafiàl' 
gleinent est d’autant plus à craindrë flUe la 'h’èrfiîe se fait 
jaune époque plus éloigriéë de la nàissâiicëi .jLës ponsidé*,, 
rations que j’ai| 'éicpbséés siil' le fétreciss,eineftï flû caii^l ' 
teüx de c'ôfnin'unîcàtion rériderit parfaitement raiso-u.du . 
taif, ; fit bn aurait pu en quelque sorte l’annpncer à l’avance'.l > 
Mais ce qui est bien mieux, il a été directement constaté,;.... 
un jeune homme, en soulevant un toiiiièàü dë sucre, sè fit ’ 
une hernie ; étranglement immédiat. Sir. A. Çooper fit 
l’opé^tion et trouva les intëstins dans la {.dhi^fié vaginaléj 
Ou bréh si rétrânglenient ne s’est pas fait,à rinstapt;, il 
root(> fùit à, . io oLUfi-igtciit qüe jë viens 

de citer a été contraint d’opërér une hernie congéniale 
étranglée sept semaines après son apparition, a . ; è 

La hernie vaginale funiculaire se reconna,k d’abord à-eè 
qüe ) isbüs l’influefite de l’effort, les iutestms sont arrivés 
tout d’un cqup jusqu’au lieu de l’oblitération ; mSt^j l’o- 
blitératioii siégeait fort Haut, ce signe serait de peu de 
valeur. Toutefois la jeunesse des sujets permet jusqu’à iHI' 
certain point de présumer son. existence. OU comprend 
d’ailleurs que si Ton inanqùe de commémoratifs, il y 
aura toujours impossibilité absolue dë recbûnàîtie â l’ëx- ' 
térieur cette variété de hernie de la herpie accidentelle, 
lorsque l’une ou l’autre rie séfâ pas porte avi.plus haut 
degré ; mais quand elles sont dekendue? ausslbas qu’elles 
peuvent aésCendré, la héruie accidentelle. laisse toujours 
le testicule au-dessous d’elle ; la vaginale fafaicülàiré glisse 
entre cçt organe , eL sa |unique. s.éreussj et descend aipsi-. 
jusqû’aü tiers siiperiëur, àlàuipitié„.bt;j!ajküiniéme une 
hernie descéndlë jusqu’au niveau du tiers inférieur du 
testicule, tandis que la hernie vaginale testiculairé descend 
toujours plus .bai. Oêtte diiféi'fencë dbJiautûhl^^dGÛÛ^t 
daractère extrêmement important et.qui^jçrmet, dans le 
cas d’une opération) à’arinoncer àl’ayat^ce queTpç tom¬ 
bera sur la thbiqùë vaginàlë àvânlf (ï’âtfeinflrë le sac ber-, 
niai're,. , , ,r. - •. 

I I4 hëbfiie taginalë tbSti’cUlâfrëlorsque lé testicule est';, 
arrêté A l’àrihea'u, est fâcilé à récoqnStre, parce; que. le 
ÿfial irigüinal lait saillie a chàqùe effort v.et quelquefois i: 
mêinë , quand l’anpëau n’est pas Bouché .absôlurnent par - 
fo testicule, on sent une petite pointe d’intestin qtiii së 
g?isse au-dehbrs. Si le testicule est hors du Canal, la liefinib ’ ' 
sb précipite devant lui et le éache. Lê }llemirt' cas li’a ' 
rien d’embawassant ; il font larSSÜrallél'tés’éhosè's tarit 
(tue le malade n’est pas trop incoinmoilé par sa hernie ; si 
die cause,des accidèns , on apjfliqûé sûl totilte là ÜAieur 
uii bandage à. pelpteconcp-ve qui soutienne la ^aroi abdër-“' 
iriinale sans empêcher le testicule de franchir l’anneau. II 
y ia eu des erreurs de diagnostic commises^j faute de regar- 
dër si le testicule était dans le scrotum; pn a cru avoir af¬ 
faire à une hernie eton a appliquédes bandages brdifiàirés. ' 
Yious pouvez deviner ce <jui doit résulter d’une cbhljii'és'- ’' ' 
sibnnussi forte sur le testicule ; oq Bien il s’aplatit .b t k’â-' 
trbpiiie , ou il s’irrite ët passe à la longùe -aiix dégéiiéï^k’-i '‘ 
ceinceà lès plus fâcheuses ; Morand et Lassds bnt éu' à éïtr ' ' 
lej/eç ides testicules Ainsi retenus à l’annekuet qui étàîl^it ' ! 
devêtuls cancéreux. ■ . < ' ‘f" ' ' 

'Le deuxième, cas est plus embarïaasànt, ët inêfriÜ’Ëanà , ‘ 

ndtre siècle, des chirurgiens habiles se trouvant'ëH f>ré^'. '‘‘ 
âeiice du testicule brusquement sorti dë l’aqfiekû èx'terlié’ 
â Ib suite d’un effort, se sont crus obligés à le faire renÇïli^ 
-avec la hernie qui le suivait. Il serait difficile de justifier un? 

S iille pratique ; mais elle peut servir à(yvouVmontrer la 
cuUé de prendre un parti. Si yous ne mettez pas de 


















bandage , le hernie sort; si vous en appliquez un , vous 
écrasez le testicule çpntre le pubis. J’aurai spin, qu^nd 
nous aborderons la question pratique , de revenir sur çp 
sujet important avec tous les détails convenables. 

Reste enfin la hernie vtiginale .funiculaire, le testicule 
étant à l’anneau externe ou en étant déjà, sorti. Vous là 
reconnaîtrez à l’espace qui reste entre elle et.le. testicule, 
espace plus ou,moins considérable, comme dans l’autre 
variété du même nom. Mais il y a ici nn phénomène tout- 
a-fait spécial, et qui ofi're une des plus grandes difficultés 
de pratique pour l’opération du bandage. Assez souvent; 
en effet, le testicule sort de l’anneau et descend même 
assez bas ; mais dans certains mouvémens et surtout dans 
lés èfforts, il remonte et va heurter contre l’anneau ex¬ 
terne et rentre même dans le canal. La difficulté n’est pas 
moindre que dans le cas précédent, et, pour le dire ici par 
avance, je n’ai trouvé pour y parer que l’application d’un 
bandage avec une pelotteen caoutchouc remplie d’eau : ap¬ 
pareil beaucoup trop vanté dans l’origine,; beaucoup trop 
déprécié depuis , qui ne saurait être accepté comme mé¬ 
thode ordinaire , mais qui est excellent dans certains cas 
exceptionnels. ,1 

Académie de Médecine. — Séance du 14 janvier; ■ 

La correspondance offre une pièce officielle. C’est une lettre 
ministérielle accompagnée d’un rapport qui avait été fait à l’au- 
tprilë par une commission nommée par le ministre, dans le but 
d^etaminer les conditions suivant lesquelles la morve se déve¬ 
loppe dans les écuries militaires, et de proposer des mesures 
propres à prévenir lé développement de ce fléau. Les mesures 
proposées par la commission ministérielle sont purement hygié¬ 
niques, et consistent à mieux aérer les étables et à espacer large¬ 
ment les chevaux. C’est ce rapport que le ministre soumet au ju¬ 
gement de l’Académie. (Le Bureau l’adresse àla section de mé¬ 
decine vétérinaire.) ■ 

— M. le Président annonce à l’Académie la perte qu’elle 
vient de faire en la personne de l’un de ses membres, .M. Marc. 
Une commission assez nombreuse a été nommée pour accompa¬ 
gner le convoi. M. Pariset portera la parole au nom de l'Aca¬ 
démie. 

— M. G-irardin lit au nom de M. Larrey un rapport sur Une 
relation .de M.'Roux, chirurgien militaire, concernant les blessés 
qu'il a eu l’occasion de soigner. (Remercîmens.) 

— M. Duprez lit un mémoire intitulé : Recherches expéri¬ 
mentales sur les fonctions de la moelle épinière chez les gre¬ 
nouilles. (Commissaires: MM. Rouillaud, Adelon, Gerdy.) 

— M. ... lit une notice suc l’entérite pseudo-membraneuse 
chez les animaux domestiques, en particulier dans la race bovine. 
Ce mal attaque de préférence les jeunes animaux, et se fixe aux 


gros intestins et aux intestins grêles. Les caractères physiologi¬ 
ques sont les mêmes que ceux de l’entérite ordinaire ; mais à l’au¬ 
topsie on trouvé les intestins remplis de fausses membranes cana- 
liculaires comme des boyaux, et, en outre, les follicules fortement 
hypèrtroplliés et phlogosés. Abandonné à lui-même, le mal se 
termine souvent par la mort. Les saignées cependant et les lave- 
mens cmolliens en triomphent généralement, et les animaux 
guérissent en expulsant les fausses membranes par l’anus sous for¬ 
me de caoaux creux, analogues aux boyaux, de la longueur d’un 
mètre environ. Celte expulsion n’a lieu que par de fortes épreintes 
dqulpureusés et,dj|hciles, et aussitôt après l’animal entre en con- 
vàiescencé. Si'des symptômes de putridité se manifestent, les la- 
vèmens de teintlire de quinquina et d’acide sulfurique produisent 
d'excèllens effets. ‘ 

’ L’aüteûr fait 'un parallèle entre ces fausses membranes et celles 
qu’on observe dans le'croup, et il y trouve une ressemblance par¬ 
faite. Les ayant fait analyser par M. Lassaigne, ce dernier les a 
trouvées composées de matière fibro-albumineuse, de mucus et 
de quelques sels. (Commission.) 

- — M. Se'galas fait un rapport favorable sur un cas de litho- 
tripsie urétrale, pratiquée par M. Levret (de Lyon) sur un en¬ 
fant âgé. de six ans. Avant de broyer le calcul, le chirurgien a 
commencé par ponctionner la vessie du côté du rectum. Les 
suites ont été heureuses. (Remercîmens.) 

— M. Gerdy fait connaître à celte occasion les heureux résul¬ 
tats qu’il a obtenus de la ponction vésicale par le pubis, chez les 
trois ou quatre malades sur lesquels il l’a pratiquée. Il regarde 
cette opération comme tout-à-fait innocente. 

— 'Mi Blandin présenie un malade auquel il a pratiqué avec 
succès la palpébro-plaslie inférieure, par suite d’une brèche cau¬ 
sée par une affection Cancéreuse.'Lé bord tarsien de la paupière 
avait été heuréusement ménagé. ■ 


Du Danger des Rigueurs corporelles dans le (raitement de 
; la folie ; 

Par le docteur Biancue, de Montmartre , médecin des hôpitaux 
de Paris. — Brochure in-Sy ; prix, 2 fr. 60 c. — ChezGar- 
dembas, libraire, rue de l’École-de-Médecine, 10. 

Cette Brochure est une réfutation du mémoire dans lequel M. 
Leuret, l’un des médecins suppléans de Bicêtre , a voulu faire 
ressortir les effets de l’intimidation sur certains aliénés, particu¬ 
lièrement sur les monomaniaques , et a proposé la douche com¬ 
me lé'moyen lé plus sûr de l’éxercer. ‘M. Blanche démontre par 
des raishûnemens serrés et des faits concluaiis: 

1“ Que l’intimidation ayantélé recommandée par tous les mé-r 
decins qui ont écrit sur la folie, comme une ressource accessoire 
très souvent utile dans le traitement de cette maladie, M. Leuret 
avait tort de l’appeler une méthode nouvelle et de s’en attribuer 
le mérite ; 


2“ Que telle qu’il l’exerce, elle peut avoir les suites les plus 
favorables, et qu’elle a particulièrement été plus nuisible qu’, 
tile aux malades soumis à sa dure épreuve. 

Nous partageons très volontiers l opinion de M. Blanche, q„, 
était celle de Phiel, qui est celle de tous les médecins de notw 
époque, et nous ne sommes ppiflt étonné que l’Académie, sur|, 
proposition de MM, Esquirol et Pariset, ait formellement déclatj 
ne point hésiter 'à se prononcer m faveur de ses vues thérapeu. 
tiques. Son mémoire, que voudront lire toutes les personnes qni 
ont eu connaissauce de celui de M. Leuret, prouvera aux méd( 
cins que la science n’en est pas réduite, pour le traitement J/ 
la folie, à revenir à des méthodes qui rappellent trop les tempi 
d’ignorance et de barbarie, .ët rassurera les familles qu’atu^ 
alarmées la proposition de moyens douloureux et humilians poi 
l’emploi desquels l’insuffisance bien reconnue du persouuel nq 
dical des hôpitaux consacrés aux aliénés, ne serait encore qu’un 
excuse insuffisante. G... 


Les PASTILLES DE .CALABRE, de Potard, convienne 
dans toutes les affections catarrhales, dans les rhumes, l’asthiu 
les toux opiniâtres et les irritations de poitrine. Elles calmenti 
toux et facililent l’expectoration. Lorqu’on en fait un usage hi 
bituel, elles entretiennent la liberté du ventre. Elles convied 
nent également aux ehfans qui ont la coqueluche et dont le vcj 
tre est resserré , aux personnes 'exposées aux extinctions de vol 
et aux enrouemens. Leurs vertus incisives et légèrement laxaf 
ves, les font aussi recommander aux personnes affectées de gli 
res. La dose ordinaire pour les adnltes est 10 à 12 par jour, et J 
6 à 8 pour les enfans, 

Quelle que soit la dose qu’on en prenne, dans aucun cas elli 
ne peuvent être nuisibles. On peut en faire usage à toutes 1) 
heures de la journée , surtout au moment où on éprouve le bç 
soin de tousser ou d’expectorer. A cet effet, Ôn prend deux o; 
trois Pastilles qu’on laisse fondre dans la bouche. 


La Némésis Medicale est complète j les trois dernières satire 
viennent d’être publiées en même temps ; les sujets en sont : 
Le Conseil royal de VInstruction publique ; — l'Institut- 
Les Lazarets et les Quarantaines ; ’ • 

Et enfin les Adieux. ,ï 

, La réimpression des satires qui étaient épuisées permet de li. 
vrer l’ouvrage entier aux personnes qui en feront la demande. 


Erratum. — Leltre de M. Lisfranc, page 23, 3» colonne, li- 
gue 30% au lieu de j’incisai 3 pouces 1/2 de l’intestin, lisei 
j’excisai. 


COMPffiSES DESiFECTAlES DE lEPERDRlËL , 

Pour enlever la mauvaise odeur des vésicatoires, cautères < 
plaies.—haubourg Montmartre, 78. 



4 fr. BREVET h’iNVENTIO.V. 

Exposition de 1831 

AIÉDAlLlaE D'OR. 
a^GHAE-RlÈRE, coutelier. 

Fabricant d’instrumens. d> 
chirurgie, Fournisseur de 
R'ciilté de médecine de Paris, . 

■ ' Rue de CEcole-dér-Médecine, 9. ■ 

Bout» de séln et Bllieroxiis en Ivoire flexible, de 
4'à:i0fr. ■ . 

Pompe simple fl courant régulier sans réser¬ 
voir d’air, de 12 à 24 fr. 

Appareil dn docteur Donné pour les'Cors, ’OEils-de- 
Perdrîx, etc.,de 5à8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt; à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M, 
Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


SIROP DE DIGITALE 

de JLaùéionyCf 

‘ Pharmacien, rue Bourbon-Villeneuve, \9. 

Ce Sirop remplace avec avantage toutes les préparations de 
digitale, et présente le mode d’administration le plus stable, le 
plus commode et le plus sûr'de cette plante. Il n’occasionne ja¬ 
mais de nausées ; et ses diverses propriétés, déjà constatées par 
une longue expérienee, engagent la presque totalité des médecins 
de la capitule à le prescrire dans les maladies du coeur dans lès 
bydropisies essentielles et dans celles qui sont symptômatiques 
d’une affection du cœur; et enfin il permet d’administrer sans 
crainte la digitale dans les affections inflammatoires de la poi- 
rine, où elle'agit souvent d’une manière presque miraculeuse 


MAISOÎÎ DE SANTÉ ET DE MÉDECiE OPÉRATOIRE, 


Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traités avec un 
succès complet dans cet Utile'établissement. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des malades, nous 
citerons MM. les docteurs Amussat, Blandin, Bouillaud, 
Garron du Villards, Devergie aîné, Emile Chevé, Civia- 
le, Jules Cloquet, Fiévéede Jumont, Labarraque fils. 
Leroy d’Etiolle , Lisfranc , Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan, Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Sichel, Souber- 
bielle, Tanchou, etc. 

Le prix de la gension est modéré. 



Depot dans toutes les truies. 


SIRÔP DE JÔHNSON 



I Le SIROP DE JOHNSON, autorisé par âcte authentique, Buvutin œs Lois, »• 268, 
calmé i'és nerfs, régularise les mouvemens du cœur, agit sur les bronches et aug¬ 
mente l’action des organes urinaires, sans produire ni somnolence, nf nausées, ni 
irritation gastrique, ni constipation; aussi ses effets sont-ils très-remarquables 
^ans les catarrhes, dans les maladies nerveuses, dans les palpitations et dans 
certaines bydropisies symptomatiques des affections du cœur. 

Empioi DD Smop DE Johnson. — On commence par une ou deux cuillerées à 
bouche,' matin et soir, étendues dans trois à quatre cuillerées d’eau. Dans les 
thumes, affections catarrhales, toux spasmodiques, étouffemens nerveux, 
ôn devra toujours le mêler à l’eau, et le prendre aussi chaud que possible en se 
couchant, en se levant et au moment des accès. 

PRIX : 4 FR. 50 O 

ipn donné le -Pros|^ectns contrant les re ports des Membres des Académies royales des Sclenceirtdc 


— Seul et vrai PAPIER CHIMIQUE de madam 
PoupiER, brevetée, admis à l’exposition de 1834, pou 
Fes^core et oignons, préparé phamamhlJ 

plerie Véro-Dodat 2, où il se vend également 1 fr 
la fcuille, enveloppée dans son prospectus, portant m 
timbre octogone au milieu. ^ 

On trouve chez l’auteur, rue Sainte-Avove Si ffe, 
papiers imperméables à la feuille pour cataplasmes 
et remplaçât le taffetas gommé dans toutes ses pro- 
pnétes médicinales. ^ 


^ Découverte..s• Prodige de la Chimie! 

POMMADE DU LION 

Pour faire pousser en un mois les chevEdx , les FAVORIS, les hodstaches et les 
RODRCII.S. (Garanti irifaillible.)—Prix : 4 fr. le pot. — Chez i ,’auteur , à Paris, bue 
VIVIENNE, N" 4, au i", à côté (lu passage Colùerl, prés lè Palais-Royal. Et chez 
I. FR4SCOIS, SEUL DÉPOSITAIRE, même maison,-:(s.ix pots, 20 fr.—On expédie.) 


«W cire roiige, et accompagnés d'ua prospeotuS (Se bien méfier de tobtb eoutiquc.) 


papier GHIMIQUË 

de PEIiLEBliy, PU., rue de 1» 

Bouderie, 15. • ! 

Précieux topique pour les Douleurs rhumatismales, 
Gouttes, Irritations de Poitrine; Spécifique pour les 
Brûlures, Plaies et Blessures, et pour les Cors, OEib 
de perdrix et Oignons. En rouleaux, 76 cent, et 1 fr, 
60 cent. Portant sa signature. ■ ; 

les Dépositaires sorit priés de s'adresser au Labo¬ 
ratoire, rue SaintCrAvoÙ!, 64, chez M. Lail 
rançon. 


Observations sur les réirécissemens de l’Ürètre pat 
cause traumatique et 'sur leur traitement, i 
,f Par J. Franc, professeur agrégé à la Faculté de mé¬ 
decine de Montpellier, ancien chirurgien, chef interne 
“ l’Hôtel-Dieu-Saint-Eloi, etc., etc. 1 vol. in-18. 3 fr. 

AiParis, chez Masson et compagnie , successeurs de 
Crochard et compagnie, place de l'Ecole-de-Médecine 
n: 1;; à Montpellier, chez L. Castel, libraire-éditeur 
Grande-Rue, n. 32. 



^owtQMÙtévxiùiÿdmvuie^ 

KÜE CAÏJMAKTXW. 48. KAÏ 


BREVET FROEONGE DE MX ANS 

J A MADAME BRETON, SAGE-FEMME, L 

a Boulevard Saint-Martin, 3 bis, enfaceE 
le Château-d’Eau, à Paris. 

Les Bouts de sein en tétine et Biberons! 
de Madame BRETON, ex-répétiteur et chef! 

'le clinique à la Maison royale d’accouche- l _ 

_^mèns, sont les seuls qui aient obtenus des Médailles 

aux Expositions de 1827, 1834 et 1839. 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon , il faut exiger gratis, 
avec chaque appareil, l’Avis aux Mères, en 26 pages, qui indi¬ 
que les soins et alimens dûs aux enfans. Les bouts de sein et 
biberons de Madame BRETON portent son nom. Elle reçoit des 
Dames enceintes à tout terme de la grossesse. 


CAMSSE SPJECMAXtJE 

DES MEDEClIVS. 

Rentrée des honoraires et mémoires dûs à ’MM. leà Médecins 
et Pharmaciens. — Cessions et ventes des clientelles et offich 
nés de pharmacie. 

S’adresser à M. Jacquemin, directeur, rue Montmartre, (68, 


PASTILLES DE LACTATE DE FER, 

Contre la Chlorose, la Leucorrhée, l’Aménorrhée, etc. ; 

Préparées par LOÜRADOUR, pharmarien, rue de l’Ancienne 
Comédie, n. 26. 


Paris, impriraerie de Pm)n, rue de Vaugirard, 3 
















































SAMEDI i8 JANVIER 1840. 


N- 8, TOME 2. 


2* SÉRIE. 


ÏÏAancette Wrnncnise. 


GAZETTE DES HOPITAUX 


te Journal paraît les Mardis, Jeudis,'^Samedis. 
Biireau, rué de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 niois,|9, lr.;'6 mois, 18 tr. ; 1 an, 36 Jr.' 
Départ., 3mois, 10fr.;6 mois,20 fr.; 1 an, 40ï.. 
Etrancrer. 1 an, i-W.. 


des affections catarrhaees régnantes. 

■ T es médecins qui observent dans les hôpitaus, ou q“i «“‘ “P; 
„pKprès des malades de la ville, ont dû être frappés de la 
limienœ etde la forrae désaffections catarrhales qui ont régné 
J ^ Ips deuï derniers mois qui viennent de s écouler. Pendant 
^“t mps la coSlion atmosphérique a été chaude et humidf', , 
't 1 présenté toutes les conditions qui president d ordinaire au 
H^veloDpement des affections dites catarrhales. Le nombre des 
i dtnch?tes a augmenté dans une proportion très ren^quable. et 
elles ont offer/de? symptômes et une marche qu il importe de 

ETgénéral, elles débutaient par 
The- mais dès le principe la pblegmasie s étendait a toute k mu- 

Ineûse des voies respiratoires, et on avait tous les symptômes de 

fbrLlite, des grosses et des petites bronches. En raison même 
aAette étendue Considérable, et surtout parce que la phlegraasie 
Svahîssait d’emblée les petites bronches, qn voyait survenir des 
Phénomènes morbides assez, graves : gene 

« ration, accélération des mouvemens respiratoires^ ( 30 à 40 par 
minute) toux fréquente, expectoration dfe crachats purement 
Zmeux constitués par un liquide transparent, recouvert d une 
Se blanche écumeuse, ét offrant l^^-temps ces caractères ; 
douleur quelquefois circonscrite, plus souvent obtuse, et occu- 
«antTe sternum ou toute la partie antérieure de la poitrine ; sono- 
Lité normale; tous les râles de la bronchite des grands et des 
S vaisseaux aériens -, râles sibilant, ronflant, gargouillement; 
râles très fins sous-crépitans ou çrépitans ; le pouls éprouve une 
aSration très notable, et celte fréquence «t beaucoup plus 
Prononcée qu’elle ne l’est, d’ordinaire dans les affections catarrha- 
les,‘ce qui s’explique du Teste par l’étendue de celles dont nous 
parlons. . 

- Souvent ces bronchites générales se compliquaient de pneu¬ 
monie, ou plutôt cette dernière phlegraasie n était en quelque 
sorte que l’extension de la première. On sait que la bronchite ca¬ 
pillaire est une cause fréquente de la pneumonie que 1 on désigné 
Las le nom de lobulaire, et que l’on voit paraître assez fréquem¬ 
ment dans le cours des exanthèmes de la, peau, , tels que la rou¬ 
geole, la scarlatine, et dans plusieurs affections des voies respi- 

latoires , comme le croup, la coqueluche. C est un fait bien di¬ 
gue d’attention que celte étroite cdilnèiité palhologiq^ ^blie 
1. viJoB~-Kip pe,;.. lironrhiunes ei J* 

masie partielle des lobules pulmonaires. Il nous-a également frap¬ 
pé dans les bronchites générales que nous avons observées dans 
fes deux derniers mois, ^ious avons vu, en effet, comme dans le 
cours de la coqueluche, delà rougeole et des autres maladies qui 
passent généralement pour favoriser les pneumquies lobulaires, 
Ls inflammations circonscrites se produire sous 1 influence de la 
bronchite générale. Nous avons eu occasion de nous convaincre 
«rue ce n’est pas toujours dans les points ou le^ petites bronches 
wnt enflammées, ou du moins dans les endroits ou elles le sont le 
plus.-nue résident les noyaux d’induration pulmonaire qui attes¬ 
tent l’existence de la pneumonie. Ce n’est pas non plus dans les 
seuls cas où la bronchite est pour ainsi dire le plus capillaire, 
mais aussi dans ceux où la phlegmasie paraît occuper,, plutôt les 
•grosses bronches. Du reste, cette remarque a été faite par plusieurs 
auteurs qui ont écrit sur les pneumonies lobulaires qui sur¬ 


viennent dans le cours d,ti croup, de la grippe et de la coque¬ 

luche. , ' 

— Les pneumonies disséminées que nous avons rencontrées 
occupaient tantôt deux ou trois points séparés du même poumon, 
tantôt étaient réunies vers le même point ; entre les noyaux in¬ 
durés, le parenchyme pulmonaire était parfaitement sain. 

Les-indurations partielles avaient quelquefois le volume d une 
grosse noix; dans d’autres cas elles égalaient en grosseur une 
amaiode ou un gros pois, de telle sorlerqu’elles .auraient facile¬ 
ment échappé si l’attention n’eût été dirigée vers une semblable 
recherche. Ces pneumonies, du reste, ne diffèrent pas de celles 
dont on retrouve la description dans les mémoires publiés sur la 
pneumonie des lobules ; tantôt le parenchyme pulmonaire était 
hépatisé en rouge, tantôt l’induration grise était des plus mani¬ 
festes. Nous avons vu quelquefois réunis dans les mêmes points 
ces deux degrés de la pneumonie ; le noyau central était formé 
par une induration grise, bien circonscrite qui pouvait avoir le 
volume d’un gros pois ou d’une noisette; une seconde, couche de 
parenchyme pulmonaire friable, et offrant tous les caractères de 
l’induration grise, lui constituait en quelque sorte une enveloppe 
de deux à quatre lignes, d’épaisseur. Au-delà de l’hépatisation 
rouge, le parenchyme pulmonaire reprenait brùsquémént sa tex¬ 
ture physiologique ; ' oü bien était le siège de l’engoüemént in¬ 
flammatoire. On avait donc réuni dans une très petite portion 
du parenchyme pulmonaire les trois degrés de la pneumonie et 
les lésions anatomiques qui y correspondent. Il n’en était pas de 
même dans tous les cas, et alors on observait ici l'hépatisation 
grise dans tout le noyau induré, là l’hépatisation rouge ou l’en¬ 
gouement. Nous avons aussi trouvé chez qn sujet l’altération 
que l’on a décrite quelquefois sous le nom Mg^ème du poumon, 
et qui n’est autre chose qu’un engouement sj^x ou muqueux des 
petites bronches. 

Il est peu rationnel de nommer ainsi l’ép^hement ou plutôt 
la sécrétion d’une grande quantité de iiqidaé soit séreux, soit 
muqueux,dans les derniers ramuscules des l^onches. Souvent, il 
est vrai, le liquide pénètre dans tes vésicul* pulmonaires, mais 
ce n’est pas encore là l’œdème pulmonaire, fie liquide ne possède 
pas les caractères du mucus et ressemble plutôt à un liquide pu¬ 
rement aqueux, ; quelquefois il est un peu filant et fortement 
aéré. 

-Les catarrhes dont nous nous occupons sô»t d’autant plus 
dangereux que, d’un instant à l’autre.ils se compliquent de pneu¬ 
monies lobulaires sans que les symptômes, tévèleiji,t toujours d’une 
manière bien irancliée le déveloimément de la nouvellfcmaladie. 
En effet, la percussion ne fournit aucun renseignement et l’aus¬ 
cultation ne détruit pas non plus loiis lés doutes que l’on peut 
avoir sur la nature -et le siège de ràffectidd. On entend dans les 
bronchites générales et capillaires, indépendamment des râles 
propres à cette maladie , un râle crépitant; iqù’it n’est pas possi¬ 
ble de distinguer de celnî qui appartient à la pneumonie com¬ 
mençante. Même finesse, même égalité, des bulles qui sont aussi 
très nombreuses et tout-àrfait semblables pour le lim.brè, lorsque 
elles se iompeht, à çèllés de la crépitafion légitime'. Qiiéiquéfois, 
il est vrai, il y a dans le Volume de ces bulles ôuelquê .cbôsejde 
différent qui a porté les auteurs à désigner ,ces râles sous le nbm 
de râles sous-crépitahs. Mais ceux qui ont eu occasion dkbserver 
un grand nombre d’affiecticins de poitrine savent trèsibiemquM 
est impossible, même à ceux qui ont proposé cette distinction, de 
reconnaître un râle crépitant qui lient à une bronchite capil¬ 


laire et de le distinguer de celui de la pneumonie , lorsqu’il est 

fin, égal, superficiel et borné à un espace assez limité , circons¬ 
tances qui ne sont pas rares dans les cas dé simple bronchite. 
Il était quelquefois d’autant plus difficile de déterminer s’il exis¬ 
tait une pneumonie dans les bronchites qui nous occupent, que 
les autres symptômes sont communs.aux deux maladies , à l’ex¬ 
ception toutelois des crachats rouillés qui font souvent défaut 
dans les pneumonies lobulaires. 

Dans les broncbtles générales, parfois, comme dans les pneu¬ 
monies , on observé une dyspnée très grande, uné forte accéléra¬ 
tion du pouls, la toux fréquente et dans quelques cas,douleurs tho¬ 
raciques siégeant dans les muscles, moins circonscrites et moins 
pongitives, il est vrai que dans la pleuro-pneumonie , mais qui 
peuvent en imposer pour les douleurs propres à cette dernière 
affection. 

Le pronostic des bronchites générales est souvent aussi grave 
que celui des pneumonies ; elles équivalent même à ces der¬ 
nières sous le point de Vue de la gravité, surtout chez les jeunes 
sujets , et chez les vieillards ou les sujets affaiblis , parce que la 
débilité rend difficile l’expectoration des Crachats sécrétés en 
grande abondance. Nous avons vu deux jeunes enfans succomber 
à l’asphyxie que détermina l’afflux d’une quantité considérable 
de mucus dans les bronches oü la sécrétion ne tarda pas à en 
produire une nouvelle à mesure que l’expectoration se faisait ; 
c’est dans des cas semblables que l’on retrouve l’engouement sé¬ 
reux dont nous avons parlé précédemment. 

. Le traitement dé ces catarrhes offre plus d’une espèce de dif¬ 
ficultés et ne saurait être le même dans tous les.cas. L’émétique 
nous a paru réussir lorsque la sécrétion muqueuse était abon¬ 
dante et se renouvelait incessamment, ou quand l’expectoration 
était difficile. Là ne se borne pas l’action des vomitifs , que l’on 
n’emploie pas assez souvent en pareil cas ; ils agissent aussi en 
modifiant la sécrétion et provoquant vers la surface de l’intestin 
un mouvement fluxionnaire qui domine la congestion pulmo¬ 
naire. Aussi, faut-il donner plusieurs fois et à doses répétées, 
soit le tartre stibié, soit Tipécacuanha qui convient plqs spécia¬ 
lement chez les jeunes sujets. 

Pour retirer quelque avantage de l’administration des éméti¬ 
ques, il faut savoir les manier avec une certaine, hardiesse et ne 
pas se contenter de prescrire une fois l’émétique , ainsi que le 
font beaucoup de praticiens. Nous l’avons donné à haute dose, em 
suivant la méthode rasorienne, lorsque nous redoutions le dé¬ 
veloppement d’une pneumonie ou lorsque nous soupçonnions 
l'existence de quelques noyaux d’induralioa pulmonaire. Enfin, 
les émissions sanguines nous ont paru indiquée* lorsque la rét- 
piration était haute et accompagnée de celte congestion faciale, 
qui donne liqu à la coloration livide de la peau , à la teinte vio¬ 
lacée des muqueuses et annonce une gêne considérable de la 
circulation cardiaco-pulmonaire. 

En même lençps que régnaient des affections des voies respira-: 
toires, on vit paraître toutes ces douleurs rhumatismales chroni¬ 
ques qui ont, avec la constitution humide et froide de l’.biver, un 
rapport si intime, que les. meilleurs observ-ateurs de l’antiquité et 
des derniers siècles n’pnt . pas hésité à les raitacber toutes à. 
une constitution médicale qu’ils ont désignée par. le nom de ca¬ 
tarrhale. Aujourd'hui on a séparé sous autant de dénominations 
différentes toutes ces maladies, ce qui ne doit pas nous empêcher 
derecônnaître qu’il existe entré elles up'licn de parenté dont il 
fàùt'savoir tenir compte dans le traitement. 






eiberté de d’enseignement selon m. orfila. 

Caen, déeembre 1839. 

Monsieur le Rédacléur, 

Les journaux nous ont annoncé, il y a déjà long-temps, que le- 
ministre de l’instruction publique doit présenter aux chambres, 
dans la session actuelle, deux projets de lois sur. l’enseignement 
public et sur l’exercice de la médecine. Ces deux lois étant d’un 
haut intérêt pour vos lecteurs, il importe à chacun d’eux de vous 
signaler les vices des lois actuelles dont il„j eu à se plaindre, 
dans l’espoir que vous voudrez bien donner de- la' publicité à 
ses observations par le moyen de votre estimable journal, et 
qu’ainsi il pourra peut-être contribuer à empêcher que les vices 
des anciennes lois ne se renouvellent dans celles qu’on nous, 
promet. Tels sont les motifs qui me portent à vous faire connai- 
tte les faits suivans et les réflexions auxquelles, ces faits m ont 
semblé devoir donner lieu. «, . • 

Désirant contribuer à répandre le goût pour rélude des scien¬ 
ces physiologiques, celte base de toutes les sciences qui ont 
l'homme pour objet, je résolus de faire en cette ville, en 1835, 
un cours public et gratuit de physiologie humaine à l’usage des 
gens du monde. M. le recteur de l’Académie m ayant fait savoir 
que je devais, avant d’ouvrir ce cours, en obtenir l’autorisaliM du 
ministre de l’instruction publique; j’écrivis, à cet effet, à M. Gui¬ 
zot, qui alors remplissait ces fonctions, etquelques jours après j’ob- 
tinsune réponse favorable. Muni de cette autorisation, je fis mon 
cours chez moi en 1835 et de nouveau en 1836. Eu 1837, le local 
où je faisais ce cours étant trop petit pour que je pusse y ad¬ 
mettre toutes les personnes qui désiraient asrisler à mes leçons, 
je priai M. le recteur de me permettre de faire mon cours dans 
un des amphithéâtres de l’Université. M. le recteur me répondit 
par un refus non motivé , et me fit savoir en même temps que 
l’autorisation accordée par le ministre, en 183.6, n’étant valable 
que pour une année , je devais la faire renouveler si je voulais 
continuer mes cours. En conséquence j’écrivis à M. Salvandy, 
lui avait alors succédé à M. Guizot, et, deux mois plus tard, M. 
le recteur me fit suvoir que le conseil royut avait décidé qu’il n’y 


avait pas lieu d’accorder l’autorisation de continuer mes leçons, 

publiques, et que si je ne les cessais il me signalerait à rqutqfitë 
compétente, comme professeur clandestin. Comme j’espérais que 
si la chose était portée devànt les tribunaux j’apprendrais au 
moins les motifs de cette interdiction , je continuai mon cours 
jusqu’à sa fifi , mais ne fus point poursuivi ainsi que j’en avais 
été menacé. , 

M. le préfet du Calvados , que je priai de me faire connaître 
les motifs de la décision du ministre à mon égard, me dit qu’il 
les ignorait et m’exprima sa surprise d’une pareille mesure ; il 
m’engagea à écrire à M. Orfila , en me disant qu’il était tout- 
puissant dans le conseil royal et me ferait facilement rendre 
l’autorisation qui m’avait été retirée. D’après ce conseil j’écrivis 
à M. Orfila, qui ne daigna même pas répondre à ma lettre. 

En 1838, j'adressai une nouvelle demande au ministre, qui 
me répondit par le même refus. M. le maire de la ville , ayant 
refusé de mettre à ma disposition une des salles de la Ville , qui 
ne servait qu'à faire des cours publics, je fus obligé de ne point 
faire de cours faute d’un local convenable. 

En 1839 , M. Villemain qui, dans la séance du 12 juillet der¬ 
nier, a pris rengagement de réaliser les promesses de la Charte 
en nous donnant une loi sur la liberté de l’enseignement, a re¬ 
fusé comme son prédécesseur, de m’accorder l’autorisation de 
faire un cours public et gratuit de physiologie humaine, et comme 
son prédécesseur aussi, il n’a point motivé son refus. 

Il résulte de ces faits : 

i» Que sous l’empire de la loi actuelle nul individu ne peut 
communiquer à ses concitoyens les connaissances qu’il a acqui¬ 
ses elles inductions qu’il en tire, sans l’autorisation préalable du 

ministre dé l’instruction publique. .. . 

2» Que ce ministre peut refuser l’autorisation de faire des 
cours publics à tout citoyen qui la demande, sans alléguer aucun 
motif pour ce refus. 

3» Que le recteur d’une Açadémie et le maire d une ville peu¬ 
vent accorder ou refuser l’usage de bâtimens publics destinés à 
faire des cours, suivant leur bon plaisir; bien que le citoyen a 
qui ils refusent cet usage doive contribuer, comme celui à qui ils 
l’accordent, à l’entretien de ces bâtimens. 

Or,je pense: . 

1“ Que la loi qui défend à un individu de communitiuer à ses 
concitoyens, sans l’autorisation préalable du ministre, la science 
qu’il possède, est une loi inique et un véritable attentat contre la 
liberté. 


2“ Que Cette loi inique existant, il est ridicule qu’un ministre, 
dont l’opipioii, peut être dirigée sur ce sujet par tel ou tel char¬ 
latan espagnol ou autre, puisse priver un citoyen français du 
drôit défaire des cours, sans mêmeassigner aucun motif pour sa 
décision. 

3» Que les recleurs d’Académies cl les maires des villes sièges, 
d’Académies, devraient recevoir l’ordre d’encourager l’enseigne¬ 
ment particulier au lieu d’y mettre des entraves. En effet, l'en¬ 
seignement public ne peut prospérer qu’aufant que l’enseigne¬ 
ment particulier vient à son aide. C’est par ce dernier qiie se for¬ 
ment les bons professeurs, et dans tous les lieux où l’enseigne¬ 
ment particulier est nul, ce qui est le cas dans presque toutes les 
Académies, les professeurs titulaires sont pour la plupart incapa¬ 
bles, ou bien négligent les devoirs de leurs fonctioos.il devrait 
donc y avoir au. moins dans les villes, sièges d’Académies, des 
amphitliéâlres dont les recteurs ne pourraient refuser l’usage aux 
professeurs particuliers qui désireraient y faire des cours sur une 
branche quelconque de la science, qu’autant qu’il existerait quel¬ 
que motif valable pour ce refus. 

En résumé, quel peut être le motif de l'acte arbitraire dont je 
suis la victime, après avoir passé beaucoup de temps et dépensé 
beaucoup d'argent pour me procurer des préparations anatomi¬ 
ques et d’autres objets propres à faciliter l’intelligence de mes le¬ 
çons aux personnes étrangères aux éludes anatomiques? Pourquoi 
M. Villemain me retire-t-il, en 1839, l'autorisation que M. Guizot 
m’a aceordée en 1835 ? Serait-ce que les membres de ce conseil 
royal où-sjëge le tout-puissant doyen, ont pris pour devise : « Nul 
n’aura de l’esprit, hors nous et nos amis-;-» et veulent empêcher 
tout enseignement en dehors de l’université, eltju’ils ne peuvent 
diriger? L’açie arbitraire de M. Orfila envers Dotre honorable 
confrère M. Rognetta semble indiquer que tel esXle but qu’on 
se propose d'atteindre. Ou bien serait-ce que ces ftléssieurs dési¬ 
rent restreindre autant que possible l’étude des sciences qui, 
comme la physiologie, tendent à développer des idées peu d’aé- 
cordavec celles que prêche le clergé? ce clergé, que l’on çher- 
che actuellement à rallier pour s’en faire un appui, et non par 
sentiment religieux, car ces gens-là n’ont de foi en rien, sinon 
peut-être en l’extrême patience du peuple qui les laisse faire. 

Ma lettre est déjà bien longue et cependant je dois enèore 
vous signaler un abus au sujet de la loi sur l’exercice de la mé¬ 
decine. Vous savez que la loi défend à toul médecin étranger 
d’exercer son art en France, s’il n’a préalablement pris un diplô- 



















■r— So ~ , 


Personne ne contestera qu’à certaines époques de l’année, et 
particulièrement sous l’influence des saisons remarquables par les 
vicissitudes atmosphériques et par l’humidité continnelie qui se 
montre pendant leur iPse-ntMif^tfi des bcoBeJjites, de^ 

doùl^’flVà musculbires oi®fficulâ»rei<iiéna'^fd ^humàlisiBSle, des 
catarrhes dë la vessic»^ii’autre^'^ectiontf quîa*ind«wehl un 

mou'vementjlluxionnaiMAuÀjué v^^es mu^jeuses. G’est sü^ 

tèi^i dany es cOfll'ci^es.jSlBes.jtt huriHfc, coMaâg dansJfeAprd^^ 
la France, dans la Hollande, l’Angleterre, que ces maladies se ' 

montçent-fr^quentes e{,^?qpOEïipagn.en,td’jinj;çpaemble de symp- 
tôme^i.qujÇ f fj^it, saùqchçjr 4 upe cau^ copw^nne des maladies 


dont le s'i'ége est ditférent et les-sig/ogsilocaux, vauiables comme le 
siège même de l’alfection. Aujourd’hui les progrès du diagnostic 
I npaL yie , neufi sommestoha-d^'^dmer^ lasdiftti-nobiom destuaelaa».' 
mes assise sur la connaissance des élémens anatomiques et pous¬ 
sée peut-être'trop, loin;, à - fait perdre de vue qatelquës-urieS 
le .ces idées ; d’ensemble iamilièBes. aux anciens, iet ^ d’aidg des* 
quelles ils parvenaiënt- souvent à'établir une thérapeutique pluS 
efficace'queeelle qu’on emploieaujourd’hm.Ils slhàbitnaientià> laine 
des,médicationsi et .non; pas à administrer nn médicameqt eomind 
nous le faisons maintenamt. Et paur- revenic àtHexemple qui fait 
le sujet de notre remarguei, dans le. cours des-càtarrhe.t ou des 
bronchites, pour parler le langage généraleinent accepté partons 
les pathologistes modernesy ils s’adressaient moins à la lésio® lo¬ 
cale qu'ils ne s’attachaient à inodifiep l’organisme j ils voyaient ^ ^ _ _ _^_ 

outre la maladie pantieUe -une ftiodiflcation correspondante sim^i Iqrfetfuë, il y à dtrtizë jôiirs, elle sé sëntit 
venuedans.tin eu plùsietffs appatieilsy et ils s’occnpaient alors de pefdlt l’appétit- Lé ih’édecïfl rt.üi' l'avàit 
combattre ce-qu'.ils siqielaiènt lès élémens. Ils savaient fort bien! ^ ' • v- 

j._. 1 —..__i-'-onaire là maladie avait son siège dans la 

outre, qae là 


une autre médication Im-squ’on veut mettre lin à la dernière de 
deux mal!ffijnsji, C!çst en. ce sens qu<>.»pus comprenons le m )i ( 
ment, et c’est là seulement ce que nous avons voulu dire. Nous 
aurons peutrêtre occasion-de revenir sur ce sujgt, qui touche 
dés qjïBsl ions très difficile de thérapeutique. 


Y.... 


HOPITAL DE LA CHÂftiTE. — É. Boüillaüd. 


Phtêhüe à la .suite de couche^ symptSmes’ \y.phoides paulpanl 
en imposer pour l’existence d’une fièvre typhoïde prepre- 
: . menkdii^ÉLBi^L. Autopsie.^ ., . _ 


muqueuse des bronches; mais ils croyaient, , _ 

oause même qui l’avait déterminé, avait agi siir tout l’organisme, 
et quelques-unsj ià :tort saqs doute, ne.;voyaient dans la-ftèVite 
qu’une manifestation' de l’élat général qu’ils supposaient exister. ■ 
, Nous sotnmesloia dïapprouvér: une sèmblable mdnière d’ih- 
teaprétèr-Jes faits, mais bous ■ ne pouyows cepéndaiit nous dissi¬ 
muler qui’il y: à quelque chose de vrai dans cette ddctribe où tes 
conditions étiolr^iques des' raaladiès.y sont préseiitées dans nn 
point de vue assez rapproché,: à'la vérité.: En effelj bien qirè 
dans iés affections: catarrhales la cause , (jue nous supposerons in-i 
connue, si on vent, ait fait ressentir plus spécialement son action- 
sur les voies respiratoides chezquelqqes sujets, elle «git- dffide au* 
tféiuanièr© sur les autréss de telle sorte, que l’uù est pris de déu- 
leursiarticdlàires, l’autre' dlunc névralgie, eenx-ci d’axàntbèined 
culanési dè rougeole, ceux*14 de croup ou de coqueluche. Hâ* 
tons-nous-d’ajouter quedaris ces dernières maladies il y a plu* 
sieursélémens morbidesod,i eh d’antres' tenues,'plusieurs doédi* 
tions pathologiques. Ainsi, dans, la-'.toageole , l’exanthèine ne 
Gonstitue qü’un.des élémens delà muladié, et lè catarrhé'un au* 
tre; dans 1» coqueluche il y a aussi l’élément nerveux qui prédo¬ 
mine tout autant que le catarrhe; rien est de taêtfie dans'la'grippe,' 
qui n’est pas plus une bronchite simple qdc la coqueluchè ôù Je 
croup ne sont des bronchites ou des laryngo'-tfachéitesi.: ' ■ 

H'.y a dans tCatés: ces maladies plusieurs eonditiotïs-patholôgi- 
ques qui exerceht simultanément leur action, ei desqùéllesi déri- 
■vént les symptômes observés ; et ■ si on h’en tient pas grand 
compte dans lé traitement: de là maladie, ort doit s’attendre' :à dé 
nombreuses erreurs. C'est parcé qtt’oh prend peu en ConWdêrâ- 
tion ces divers élémens morbides, qu’on donne si souvent un Séut 
médicament qui n’a le pouvoir de combattre qü’tln seul élat -pa* 
thologiqBe.. Comment, dès lors,, s’étonner que la maladie ne cède 
pasàcCs'HiédicalionàlncOmplèteS.. .. 

Du teàtè, ce seiiàit trop prolonger des remarqu'é^'me 'ffé hdlis 
appesantir sftr les données fé'condéà 'fftie ïouéhif a la Ibéf-apeUti- 
...iAro U’onvloirpr 1»’ O'én'ér'fltlnn des mafadiès : üofe 


que cette manière d'envisager la' généràtioh des mâladiès ; Üoéts 
ne voulons pas ramener la médecine des élémens, et pour'qu’on 
ne se méprenne pas sur nos idées, nons dirons que, pa# ce mot 
élément, nous n’entendons pas désigner une création toute Onto4' 
logique, mais cet étal morbide qu’on he peut pas toujours ' loca¬ 
liser dans un seul organe, mais quion est obligé de placer dan» 
plusieurs tissus. ‘ ' ' ; 

ïjdns'dèma'ndons à ceùx qui ont eu occasion d’oTJSèéVeé la 
grippé où' la cttqueldche, si ces éfcùx maladies cèdent au traite¬ 
ment dé là bronchite, et si on n’ept pas obligé de faire intèrvenir 


Le 3'novembre 1839, est entrée ài la Gltarité là riommée 
Lucie Roger, vingt-cinq ans, couturière, née dans }ë déà 
liai'tem'éHf de la Meuse. 

'i^'C?étf.ÿ féininé, d’une çons't!(iutîon,n)dyeprie^ <ïW l.eùipé- 
raniént lymphatique, léhçyeux cKatauis, q, I*a;-i%, depifÿ 
sjxi.inois, bien régléej est açcpuçîiée à tenue ili.y iàrtipïs 
semaines.. L’accouchement avait été facile et, L’écoule- 
inënfdes'lochies s’était fait régulièrement ; la malade 
commençait déjà à se''lever depuis quatreà cinq jours; 
lodsqué, il y a dbûzé joiirs, elle sé séntit un jWu fetblé et 
pèüdit l’appétit. Le lii'édecjfl'qui' l'avait ^'cdùü'éhtéè lùr fit 
preridrè uhé bouteille .d’'éati dp Setni|tz,'quî luï' prqçurâ 
di'x-Iiuit à vingt selles., ip|epuis cètte époque,;!^ ijpXRÎ^iméut 
a çputinité (quatre à, ciqq selles paj; jpiir). i^auséea fréqueuT 
tes,: un peu de toux sèche. Depuisi onze jours la malade ,a 
gardé le lit contin.ueUeliien.t, et n'ia fait'auenn traitement 
actif; éWe a'seuliÈïBent observé une'diète'sévère. Voietl’é* 
tat qu’ellé pl^ééehfe le soit (te Ferïtréè : ■ . . ■ ■ ' 

■ 4Dàt|:'çrtlént, faiblesse, teinté' jàuhè dé l’ôyale'5n;féiéieur 
dii vîsa^è ; langue, dents ëf lèvres's.è'cllqs ; soiï vjye ; vçntljé 
h'?ljoppe,yeUsilble à la prei5siç,o,;u,u pe'u de' gapgouiiléinçni 
dipus, ‘d^ns le flapç droit ; .vésonnance et respiration bon^ 
nés. partout; uni ;p.eu.de.râle .sibilàiqt disséminé, à bulbes 
rares;: podts: 124-lâS(; peau chaude, sèche. Saignée de 
twie palettes. - : . . . ; _ 

' '^'lioVernbrév' La inalade dit' Sé'sëritiv mieux. Sôlbmeil 
passable ij)ëridapt la’ éuW j’peàU cbaiide, Sèçhfej arçdel péuls 
î ïi, niouJ'peu fedôublél Abattement. ' Mérnè état d'es ’ lèd 
yres et des dents hqleine légèrement fétide ; pas dé \o- 
fnis'semens, pas d’épislaxis ;,langiiésèç^e, grillée, ^oif vive, 
jf^e .ventre, est volumineux, indolëritj m ce n’est,à une, forte 
pression. Gargouillement nul à di;pite, très fort dans Iq 
flanc gauche, où il forme un véritable bruit de gfou-glou- 
Op ne trcàuve ni taches ni sudamina sur des parois abdo- 
ùfiinaleSi Pas de selles depuis l’entrée de là malade a l’hô¬ 
pital. 

' Wi «séphàlalgie, ni étourdissemens pendant le décubifus 
hôiÎHJntal. La malade ne péUt se tenir 'sut sdh séant, et 
est plèsde tomber en défaillance lorsqu'on la met dans 
cette position. Résonnancedu jthdraX bonne en ayant Çlj 
en arrière. Respiration fjccptnpqgnéé de ralp sibilant et 
muqueux ; 32-36 inspirations par minute. Le premier bruit 
du cœur est accompagné d’un sou|Ie distinct qui envahit le 
second bruit, et s’entend dans toute la région précordiale; 
rudimens de souffle continu dans la carotide et la sous- 
clavière gàUches. Les membres inférieurs ne sont nidou- 
loÜreüix', ni; gonflés. Là peau est.d’un blanc pâle ; les vei¬ 
nés, sont èntassées, affaissées, peu apparentes. , 

caillot de la saignée, recouvert d'uqe ÇOUénpe de 
deuxùtrois lignes d’épaisseur, fort jàien organisée, flotte 
au milieu d’une sérosité un peu trouble. Le diagnostic est 
ainsi porté ; 


A la suite de couches, phénomènes de fièvre typho’ide. 
quelques doutes sur le point de départ de ces phénonè; 
nés. Probabilité d’une phlébite étendue jusqu’au cœut' 


Eutéxo-colite.. Cas très; gyay.e. » 

&’Xioyi, Même iKutimenï de feiblesse, sans âbuitet# 
Peau toujours chaudq, aèehe. Poufs 92-9:^ âsse?^d|éve|q 
pé» *égulier. La lankuè esA molle, reeoaÿerVe ^^’une^coàid 
btanche à sS'I'partieFrnoyêmïe. Le vèntre balteuné;- indi 
lent, donne à la percussjou iineTéaonnapce tympaniquj 
Une seule selteaepts'htef.^tt foàlkdf É?t,'èhtèn(ïi4q 

ques soupirs plaintifs par interyalJe.' ' ' 

La sérosité des ventouses abondante, a’péinè roùÿé; lej 
Ba t n tethMs« mAxéHiâ6smx une. masse, glutiiaeuse d’ 
vif. 


Mêmes boissons ; fomentations émollientes ;-cataplasme 
un bowifep/iioupé. .- ' 


me dans une Faculté française, ou obtenu une autqrisaütm spé- 
diaie du goiivérpement. . ,i. , ; . . 

'Or,' co'inptant,sur la .prolectiou quC cette,loi sqinble devoir as¬ 
surer aux^édecins,français, j’,aj(. passé plusieurs années dans les, 
ùnivèrs'rtés anglaises, allemandes et italiennes, parce que je pen¬ 
sais que je pourrais, à mon retour çn France, me former une 
(dîentellé pariiit Ics étrangèri qülhàbitent ce pays. Ce fut cejlfi 
(Considération iiüi mé détermina à ffxer.pon domicile à Caen, il 
y à six àiis. Cette ville ést habitée pal- Üii' grand nombre de fa-' 
milles anglaises, et je pensais qiiC la connaissance dé la langue, deS 
lia'bitudès et de là médecine anglaises m’assureraient dC grànds 
avantages'sur nies honfrèrés Aé laHulle'pçur me faire db'tenjr la 
(jlfentélle dé'ces familles. Bientôt, ëëpèhdaiit, j’appris que lamé- 

deéîne dë cés familles ne se faisait point par les médecins delà 
Ville, mais par deux ou trois sëi-disans médecins anglais qui 
exerçaient leur état à 'Caen sans aucun titre et contrairenleHt à là’ 


ie pensai d’abord que tôt Où lard M. le procureur du roi ferait 
cesser cët état de choses illégal, en pciursuivant les délinqùans 
Je ie crus surtout, lorsque dans le mois de mars 1838 le tPiDÙnal 
correctionnel de Boulogne condamna cinq médecins anglais qui, 
comme ceUx de Caen, exerçaient la médecine illégalement en 
France. Mais ces médecins ayant adressé une réclamation sur-la 
prétendue injustice de leur condamnation à M. Sdvandy, de mi¬ 
nistre leuV répondit que, bieù qu’il approuvât la juste sévérité du 
nrocureur du roi de Boulogne, il leur accorderait rautonsation 
d’exercer à l’avenir la médecine en France, contrairement à la" 
léi. Or, il semble résulter deèe fait qu’un ministre peut suspen¬ 
dre l’aëfioh des lois: suivant son bon plaisir; efdès lors; à quoi' 
sérvent les lois? Quelle garantie offrent-ClIesquand un ministre’ 
peut par une mesure semblable' à^ celte de M. Sàlvandy,' dauS ce 
cas-eît me priver moi ettous ceux qui se trouvent dans la même ' 
position, du fruit de nos travaux et dés sacrifices de temps etd’ar- 
gerit que nous avons fàits, parce que nous comptions sur la pro¬ 
tection de la loi? . , „r. jJ 

Où’riimë il y a dans différentes parties de l’Europe des univer¬ 
sités «ü l’on ‘ ùeut acheter un diplôme de docteur en médecine 
sinSfaire d’étüdes'médiëaleS, la, loi qui refuse de rec()nnaitre en 
Francè lfek ai^lÔmèsétrangërs'eSt sage; mais fût-elle irijuste, ainsi 
que le préténdeiif les médecins anglais qui s en plaignent, ces 

Ldeoin» devraient chercher à là faire reformer dan» leur pays, 
où elle ëxistecdmme en France, avantid’élever aucune réclama¬ 
tion,dans’ce pays-ci. . 


B mé|lecine d: 
vu du diplômi 


.„ .- -- -- ç’jln’est pour- 

des collèges de la ville. Ç^ttè.mesure ’ - 


pliijiie àux médecins anglais reçus à Pari^, et ,'mênnp à cepx qui 
qqf, pbtenu leurs diplômes dans d’autres ecqles du royaume que 


(ieUes de Lqtjdres, comme Edimbourg, Dublin, éjc,. ,3e S9*te 
que les médecins anglais qui réclament comme un droiti|aq|^ri- 
sation d’exercer leur état en Fraitce sans se eonform'çr aux lois 
(ju.pays, ne pourraient, pour la plupart,, Iç ïalrp à Londrps sans 
s’exposer à des poursuites judiciajres, car ils sont presque tous 
élrpngers auxéqoles de cptle vilié. , ' ' , ,' ' , 

ÿout médecin élrangerqiii, pouyaqquérir le droit(Ij^erçer son 
état à Londrçs, désii;e obtenir un dlplôuie dans un qès cqiléges, 
3e cette ville, est obligé de, passer au moins une année (làns les 
écqjes de Londres avant’ qu’il'soit admis'à subir les exaniéns né¬ 
cessaires pour obtenir ce .diplôme, et jl lui faut dépenser au moins 
qeqt louis en frais d’écoles et d’examens, indépendamment des 
d^^ses qu’entraîne nécessairquient ce séjour d’une année dans 
une ville où la vie est fort chère. ^ 

.A^Paris, au conlraire, le niédecin étranger est qdmis à, passer ses 
examens sur la présentation de son diplôme (l), el les frais obli¬ 
gés de l’Ecole ne s’élèvent qu’à environ i lap Yr- i ainsi, d.onc la 
Iqj, française est beaucoup plus libérale envers les médeçips an¬ 
glais que ne l’est la loi anglaise envers les métiecins français, 
et en conséquence les réclamàtiqns «les médecipà anglais gui 
veulent exercer en France sans se soumèltrëà la foi du pays scjut 
ipjustes ainsi que la proteqtion que leur accorde le gouverne¬ 
ment, contrairemenf à cette loi. DqvAçp, pr,-M. ; 


6 novembre. La malade se sent nn peu mieux. Visagj 

as5eï, qahi^q, Lf& géiij,ispenjfins on,t, çesfê. -Çhafour iftotiérù 
delà peau; po,»is 104rol08l.i Même, état : des lèvres et 4 
dentis; ventre tendiu;, baifouné, iridofcrafosansigargouilS 
ment'; cineq à six Seltes- en (Ra'i'ribéë-î'urines fiiibles. Malgi^ 
la prostration, ^ùîièstASsez terte-te-malàae=a senti la dofe 
ïe,ui;d^s vçsicai6içejRi(Rii ofltbieRm S(i.î. ^f. goifi., 3* 
1/2làv. guim. ami^.'p,jV;;,,f9m,epi l’abdometi; 

^ -o,., ; i 

7 novembre. Un peu de délire dans la soirée et, celtj 

n^it,; fo.inatéAr:Pi;f^?4’9*é9R ^^foêpiei.ùssçtipisqe.iqent, lan. 
gue sè(;hè,, gnjlfoe; deqtq.qèch/es luisantes; -soif modérée; 
ventre :tr«s dévefoppéj-offrant .«nfe résonnance tympaffi, 
que, sans aucuB sigme.d’épanchément de liquidé, dans le 
péritoinèi Une gou deux Selle»’ dans la niVit. Pouls loi 
médioctefoent dévefoppé;'-res^^atidh gênée, plaintive 
(■fO par minute) ; souffle râneüx; àuforèniief temps du cçeuH 
Mêiiie traitèmérit. ■ ' '' ’"l 

tçs.d^g et IQ^ npyepilrre, la'mata,de’pe'se piaiqt.^^^ 
ÇnPê'dùlMeiu', et dit mêiiiw.;.se,sentir tiièut ;i fait bien? La 
p»rofo.e:;t l®ite; feibk ; l’intelligence est un peu affaiblie, 
mais nettecepën(aanl!.,Pro8tration;:Les dent8, les tèvi-e q 
la langue sèches, enàùtéuées ; ventrèdiii'petit inoifis gonr 
fié; la niajade:continue Aréttd'retoùrëoÙSëlte^ Formatiqfi 


f ? > 4vyiwii.,jçui(ir,;jia,y. .q)n,i,rt.;. pa,yota; ctiètei 
Les jours suivans la prostration et la stupeur soiR, ayeo 
la .fièvf.e, Jespbqnoir^çnes,p);é(^p;ininans.,,L9j malade conti- 


le à i’èùdre s,çs.’iuatiéxesj fécales,dans',te, lit.' BUé ne sç 
plaint d aucune 4o4leujc; Le venfcrja.êsl-iin peu/moins teU'» 
(lu, indolent, méineià urje.fottepreçsicini: Le.pouls se maifo 
tient à 108-112. La malade'demande-à'‘tïiwngei’. On en¬ 
tend to'rtjours' le meme souffle (^ii cëeùr, rme’nx, sé ’propa^ 
géant dans tonte la région préëdrdia'le. Meine traitèmentü 
16 noyelnfo-e. Là,langue côwimén'ce â se couvrir d’unç 
sahve, epaiSsè, yisqnëusè I la nialadè^i été prise, d-oy-te» 
journée d hier, d uq Ifiaspn qui a duré une heure environ.!- 
Pouls 120. Quelques aoubresauts dans tes tendons. Mêmes 
boissons ; un bouillon coupé, : . . : , , 

Le 17 et le 18y l’assoupissement '-éa en augmentant ; là 
langue est griljéë, brune ; les'avAnt^FaS sont raides et fié* 
chis ; le poüls à 104-108. ■ ' " -■ •> - . . ; 

' Là malade suexombe le l'^j hoviptef'rejjA six heures du' 
inàtin. , ' 7; 


.Autopsie caduvémquei après la morl. 


' fl) Il faut pour cela une autorisation ministérî.élle( ou se sou¬ 
mettre A la loi commune du temjjs d’études. . (2^. du'Jlé^.], 


Il est question de transférer la clinique de M. le professeur 
Rostan à l’IIôtel-Dieu. Le service de la clinique d'accouchemens 
subirait ainsi’une augmentation-considérable. Avant que ce prii- 
jet reçbive son exécution, il est prudent et humain de s’enqiiérir 
des conditions hygiéniques que présente l’hôpital Sainf-’Côme, 
où des épidémies cruelles ont suspendu plusieurs fois renseigne¬ 
ment de 'la clinique des accouchemens. {Gaz. des med. prEl.‘) 
— M. le d,octeur Fouquiey, jnédëein de la Charité, succède 
au docteur Marc comme premier médecin du roi. 


_ Demi-marasme. Quelques foèhesgapgrénepses à lapai4l 
tie interne des cujsseàf. tracés de décompositioa (a*” 

davenque. . 

OrgaiKs abdominaux, te mésentère contient une notable 
quantité de graisse bien jaune. Ses gangÜQns sont parfaite- S 
ment sains, sans tuméfàctioB, ramollfssëntent ni indura- / 
tion. L’intestin grêle, médiocrement distendu par des paz ï 

présente à peine quelques fougëürs légères et partielles ' 
dans spn tiers supérieur. Tout le reste (te son ptentlueest 
pâle, sàhs'lèsion aucune des plaques ni' des follicules, sans 
ramo|lissenjent de la muqueuse. La membrane muqueuse 
saine, comnis ç.elte de l’intestin 
grele. Meme état de la muquéùsè de 1 estomac, qui offre 
à peine quelques vëi^etüres dans te grand cul-de-sac- 
blanche et saine partaiit âilleui-s. . ' " 

La rate ëtle Me parfaitëmentsaius. ’. ' 

' L’dtérus'ëf les dvaifqàun pete plus'qeyetepjiéàqu’à l’étaS 
normal. Les, veines ovariques .'et leprs (liyisfoqs; gorgées 
(le ^ng, donneift que .teiqie d’m. rouge-hruB aux ligai^n^ 
forges. La partie supérieure du vagin et fo col de rutéi us' 

d une, cpuleur ardoisée, noii-âtre. Les lèvres du col tumé-^ 
fiées, fornient une sorte'de bourrelet inollaste, facile à écra-' 
ser, et se réduisant alors en unè espèce dèpatrilaaé fétide ' 
Hffiisëa'ns odeur gangiéiteùse. La tàvfoé de l’üiérus de la 
même couleur noirâtre, ch.agrinéë, iiiégafo, ramolhe, est' 
tejnsseedun muçux‘épais «ne le dp «dug. Le tissude Futé- 
rus, .çVidemqt^enf r^foplh, se dgfihite ats^ment; , 

Les oyqires, blancs à l’extérioui-y offrent â l’intérieur un' 

tjssu rf>uge,,àdemi-érectil&,.àansttaoesQesHppuration 

Orguj^ cu culatoires. A la de la veine- 

cayexofeiieure, (m trouve lë d’un caillot' 

qui hiut dans Ja partie, sùperteure dè cette véjhé ' pai- une 
cpncrélion fibrineüse noirâtre, en fornte'de queue de rat •' 
ihferieur’ement, ce caillot sétepi^ dans fo veine iliaque’i’ 
présentant l’aspeCt (i une .niatâère d’un gris rougeâtre mote 
lasse, qui n’est autre chose qu’un mélange de concrétions i 
deepforéeset de pus. La veine cruràlc-g.iuclie'contient une’ 
grande quantité de pus encore liquide, rougeâtre, lié de 
"vin. Adroite laltérationefo moins avancée.’Uneoblitér.- 
complète de la veine cave, deÿ vejnés iliaqne ethypi 
i*iduei çst iç l’fesultat delà 'Drésâticc 4- 


UC5 yfAnesiiiaOMÇç.tilVpC 

P‘F9«içe,tfoé,ç9neréti(?ns,m-. 























La membrane interne des veines caves, iliaques et, fé- 
_ jjiOfàtesvPstd’uü Fôhge ùniformev et les parois de cès vais- 
sëîtoX) t'paisste.s, leùr'abntjèntfapparence d'artères. ^ 

, ‘L’^ort'é;'iPènduè d'âns,' toute sa longueur, çst le siégfi de 
g.ouMiu‘^ partieiïes. ,(ianSidpiS.pP h mpinbr^Æe m- 

te»^e fté,st,pa^em contact aKQ du sang., , 

Le cœuv^piréseute auK sa face antérieure, un peu au^des- 
gusde 'la ^intei.diu tîéntriculegauche, une plaque blan- 
oliS» de 12 à 15 millînïètres de ferveur. Les ca¬ 

vités droites- sont- rent^iés de cahots décolorés, fibrîii^uîi;, 
éÿicléinrtièit''d’briginc inflani'ùiàtôî’ré. La, vafyulei ti;icus- 
Vdé, iés'téddôns^qui.la dx^nt,.,!;?^ ÿaJyulç^.pWi^iflnaires, 
'sont lé si'^gp .^ufl^qirqiigeur vLvp, ^pj,en?e;, quii Sèip-olooge 
"^ÿalfs^iWissaittdapai’aytère:p»J,njQnaire„ Que%üe8can- 
ci-étiQiiiS.TOU8câtEes dans le; venlBieMle gauche ; lecouiinen-. 
eement die i’artèiiîsî aorte offt-e de petites rougeurs partieHés, 
qui tranchent sur le fond jaune nankin. La substanç'è d'u^ 
cœüi-’ -pataît ■ pliiS fac-île à déchirer que. dpi8 l^état nOrnliaJ. 
La-sàWg ifOtiténü d^ raortFç'sj; liquide,gtj'.téniu,^' 

Lés. pduinpjis,,|Sôyiptes,a,dliéren,ces.aiu 
"sorow’éjt.. tin p^W, d,’'?l?ê®''S«‘i“euit sereuxi à la.partie, posté- 
'rieur6fiLtn%i®W6 de,chsqueipp,unioH^ sans traces de foyers 
de sBf portion ou de raBaQUissennept partiel, 
i. te cérvèaui, abreuve de sérosité^ en laisse écouler une 
.«rande qt^ntilé dans -qtt’on l’fenlèvede la cavité crâiiiennë. 
la consistance de M sut^apoé cérébrale .est, plu0t aj^g- 
ihentée que dinnnuéé', 'saés tracés de rambïlissetriërit ni de 
foyers de suppuration. 

_Au moment où lesipnyflanxdeiraédecine retentissent 

chaqu.e jpur d’observations de prétendues fièvres-^ypboï- 
'ârà'danstééîbés'i de i^ÿvrès.diles e^senliellesf le cas préçé-r- 
'léntndtisa'paru digne d^être publié, autant à cause de la 
ks,tfesse,4u di^nostip qui a,été, porté, que isons le rapport 
dssièsipas importantes qui ont été retjcontTéfes sur le ca- 

dàvtpw-i - . ’ ' ' . . 

;, ,;La biàlade qui en'fait le sujetj accouchée depuis, trois 
semaine-;, présentait, à son entrée à l’bôpital, des syjinplô- 
mës't^j^hoïdeà d’o'rigidé assez, dodtensé ad, préniier'coup- 
d'iéîlV tine fièVié éxti ëmémënl-violente, uu peu de gar- 
EOuillenif,nt; ddd? l’nn Çt l’antre flanc, et une.diarrbée 
ajs^ZjaljiQndiante, puisqu’elle avait, disaifcr'elle, d-o cinq à 
six selles pai’ jour ; symptôme, du reste, qui pouvait très 
bien dépendra, et débridait pi obablément en effet d’ad 
purgatif que lui avait administré, douze, jours avant ^on 
éntrte,' l^^tédeèibqni l’avait accouchée,, purgatif qui avait 
été ^üïéi'-d'îidlé diarrhée extrêmeiuent abondante(18 selles 

Le jom àe^entrée de la malade, d’apj’ès l’ensemble des 
phénomènes observés, et eu égard aux circonstances qui 
avaientqffécédé iHnvasion de la maladie, tindêgëf doute 
restait encore dans l’esprit, doute qui bfenlQt après .ae dis- 


spiüUenlèni i,àya& dîVpàrn, 't^l)at(téniqnt et'la prostration 
Mntmùaiënt, la fievre restait aussi violente, mais la nia» 
ladepaçfiusaitiaucixne-dpttlear.'de vefntre, et disait naême 
se trouver tont-4<-fait bien. Ib n’ J avait eu ni nausées ni 
toinissemens ; point d’épistaxis. ' ' - 

Les jours süivans lés niênies sÿrti^fôniës continuèrent 
avec prédoininancé deaphénomènés purement typhoïdes} 
prostration, abattement, ftdiginosjté des lèvres, dents 
croûteaaes, assoupissçnpepl coniinu,el,Cefutau milieu de 
cet état qno la mort survint. - : 

Pour qui n’est point habitué aune sévère et rigoijreu- 
se méthode d’obseévatiOn; il aurait paru probable, pour 
ne pas dire certain, qtdil SVait ëxist'é uné'de ces pbleg- 
masies intestinales qui se terminent par ulcération des 
follicules et desjlagues de Pejer. Eh bien ! lej intestjus, 
ouvérts dans'toute leur longueur, ne présentaient rien de 
semblable ; la .jjiMquejise en était partout saine, blanche, 
sans ulcératiprr,^sang Iji apoindre injection ; et, à vrai dire, 
aucun des nonibreuX;,fllèves qui assisUypnt à i’autopsie 
n’epfçj^surprij, t9upqy,ant ,présent à la. mémoire le diag¬ 
nostic qùi avait été^porté au lit de la malade; Ce n’était 
donc point dans Jlintestin qu’il lallait eliercher la pause de 
k-iport^ JV|ai5 p çtnjd pas encûi^ pp di-ojt de djrej avec ‘ 
certains ■aùteu-ré,'qn*c*ir -asait eu alfeire à Unè fîçvre ty- 
phj)ide,satisJi4sjÇ»S«-îitfPe dèyrf typb^e. esseiuiplte. Qui 
nèsmt, et la ebose nfest pas nouvelle, dans combipn d’af- 
feqUon?.,différentes -peuvent sq moiitrOi: lés syipptômeS 

tyfdiQïdes ? 

Déjà, danoilo-Traité des fiëvrèS esseriti^les de M. Bouil- 
laadypubl-ié-éh’182@, bous trouvons établie Ib.'di^tinction 
de ces divers cas, distinCtibn que quelq.ués ni^e^hs se re- ! 
fcrèh^ôbsfibénïenf encbré â'àdjiiettre m.ajgré lès preuves 
èllfténtès q'tie tlraque'joilHeur appbrté.’jl’è.'i.pétte époque 
M, Bouillaud émettait cette idée': que lès fièvres putrides 
ouadynainiques ne reconnaissaient point pour seule cause 
une phleginasie ai^ë^de restotuqc ef. des intestins, niais 
étaient• àouvënt-pFoduTtëh pràr ùbe tbû?e*àlîlre cause, une 
phlébite, par exe.m^ié, une gangrène un peu étendue, un 
tiolentérysipèlej etjt. fl). . ■ - " 

A rappm'dè'céttë assertion, il publiait des observations 
qui ne devaient laisser aucun doute, même dans les esprits 
!« plr»prérctttts-. BepuisloTSj'des inilîîêfs de faits analo¬ 
gues sttot venus confirmer cette règle, et faire-'loi au mé¬ 
decin ^i seftiîMtLÇiAppqVé eniùarei'lilé pjqcoijstaAcè, de ne 
porter ^on dia^nostiç^ju’ayec japlits gïfindç jçésprye ; ou 


si, le sujet ayant succombé au milieu des phénomènes ty¬ 
phoïdes, on ne trouve aucune lésion dans l’intestin,‘ dé re¬ 
chercher plus loin les traces d’une phlegmasie qui' à pu 
écliapper à son examei} pendant la vie, in.a.is ne.poürra, qpe 
difficilement s.e dérober aux minutieuses investigations de 
l’autopsie cadavérique. Dans le cas que nous venons de 
rapporter, en effet, un énorme caillot parfaitement orga¬ 
nisé, adhéreuit en certains points, et oblitérant fejsystème, 
veineux des membres inférieurs et de la moitié inférie.ure| 
du tronc, fut rencontré dans la veine cave,, et se pro]b!éi- 
geait jusque da.ns lés veines, iliaques è/ fénioralés dont le 
calibre était,jefifièreinent fèiiipli, nq lais^anl;aÿnsi qp,cqn 
do.qfe sur l’existence d’une pLlébil^é.tv.ès inte nAga.Ç ff même, 
h®W,ps qqq.cj’ui^ç grande étendue,. ' 

, Çe fait de Voblitératipu des velues est jjBéflÊIKÊÊà noter. 
.Iknsjoes déiinieis teiiiips, M.-Tessier a pensé’que lorsqu’il; 
e!xist&die-ces phénomènes que l’on appelle dé résorption èt 
auxquels il donne, lui, le nom de diathèse purulente', on 
avait fait jouer fin 'beauéoup trop grand rôle -à là résorption 
dû pris, ajoiitabt que t’exislencq des concrétions, inet qb- 
s.tacl.q, à cette',y:esqrpiiQn. ' Bouiflàud croit quq Ï’or att¬ 
rait jo^'t de preodi-q à la lettre W expressions de l’afiteur 
qpe je.viÇbS de eiter. En effet, au début de la phlébite, il 
n’y a pas encore oblitération des veines, et c’est à cette 
époque que le pùs,-:se mêlant au sang, est entraîné dans le 
■^stème circulatoire. Lorsque les phénomènes typHoidès 
-së 'sont manifestés, qu’il y à oblitération des yeines','la 
'iVialiàdie locale a fait place à une affection générale. l’ad- 
Wts, qu’à eette époque ij n’y ait plus résorption du pus,; 

.efle p’en a. pas mqbts eu lieu, et l’infection du sang eqt 
jdéjà, produite. Supposons que dans une entéro-niésenté- 
rite typhoïde, parvenue à la période d’ulcération, on pût 
enlever d’un seul coup, et sans danger pour le malade,tpute 
la partie dutube digestif qui est le siégé de cës.tilcéi'atioils, 
la ïriafa'diè n’en continuerait-èllé 4*aS moîiis', Une fois 
delocale q.it’elle était, l’altérqtiqp ffii sq^pg Fa, rép^Mé gé- 
pqéa.iè,?.’ , ' ■' , J. ..^ . 

: Pans,le,fa,i.t cLdessvis rapporté en .détail, la résorption 
purulente paraît évidente. L’éfat du sang, trouvé, liquide santy 
dans l’aorte ne semble-t-il pas militer en faveur- deteétte 
pensée d’un mélange dn pus au sang ? Ce cas était donc 
au-dessus des ressources de l’art, et ^eut-être même a-t-on 
lieu des’étonner que la malade ait survécu Si lôbg-tenipS 
’ une affection générale de çette gravité. 


de vaginalite qu’on a voulu substituer. 

' Le mode de traitement n’est paà moins dignë anssi d<5 
remarque ; car ilest façile, prompt, sûr et’nullemept .^pu * 
loureux. Fj’expénencej nous l’espérpn^ , 
loir les avantagés. ‘ ' ' ' ' . , 

. HydrQçèls par récidive. Ponctiafv et, infection de teinture 
.. . d^iode. ; i :- 


Le traitement, qui ne s’est composé que d’une émissjon 
sangûinefio'ealé et d’une générale le joun et le leridpinqjn 
de Fenti'eé, 'ûYpi'ocdré qii’un'e améliôratiop légèré ëf jiiô- 
qaébfâfféè; lY^tèlitlpn. des vésicatoires aq» inoIfeHs,, qont 
'oïl pe d'qif'igpèrêiutlendr'é grands AUççps dîtPS:.-4es 
qirconsîapces l'giiis?! ^P^çi^pé.rééS, et qui ne sont que .des 
mpyens auxiliaires'bien faibles dans la lutte emgqgép cohtre 
l’aftection moibide , on sè borna aux boissons émôllientéà 
et aux catapjasibes . à cette médication expectante à la¬ 
quelle est- réduit F-homnie de l’art lorsque toute éspérafice 
lui'est déspi-nçais enlevée. À. F.‘ ' 


HOPITAL DF LA CHARITÉ. ^ Velpezb. 

Orchite f guérison en six Jours au moyen dei piqûres} 

Au n® 1.9 dq 1^ salle Sqint-Ferdinand, est entré un 
débardeur, âgé de yingt-quatré aiisj de bonne constitution, 
Pfi côté droit, d’une orchite qiguë biep paraetê/i¬ 


(1) Une maladie la découverte ne date que de quelques 
Minées, dont pq ne‘ednuâîf encore qu’un petit nombre d’obsec- 
Wions, mais qui'a^léjà été b en observée et bien'décrite, laraor- 


été atteint ni d’écçqlgment ni de quelque maladie que, 
ce soit du côté des organes génitaux, ce que , du reste, 
aucun indice bien certain ne contredit fçnnellement. Le 
scrotum de.ee côté offre donc une tumeur assez considé- 
rable, TOuge, |e^dqej'paj> ffonloureuse à la pression , lais¬ 
sant, cppstater à l’examep une induration fortsensiblesur 
un , point : du,, testicule , et uu amas de sérosité qui se tra¬ 
duit par une fluctuation manifeste. 

M- F.elpeau fait aussitôt à la partie supérieure de la tu¬ 
meur .deux QU trois piqûres avec la pointe d’uné lancette 
qn’jl. enfçttïce 4 une profondeur d’enviiion deux lignes-; à 
peu près trois à quatre cuillerées de sérosité s’écoulent, 
et le vblurae de là tumeur diibimie considérablèment en 
même temps qu’elle semble être devenue plus dure. On 
dans un siuiple cataplasme. 

Le lendemain, deux autres piqûres sont fait.es et lais- 

nt échapper encore quelque peu de sérosité qui s’était 
amassée de nouveau ; le testicule et surtout l’épididyme 
paraisaeiit moins gonflés et iiiuins durs ; on entoure les 
bourses 4e compresses imbibées d’eau blanche. Le qua¬ 
trième jour on recpjn,'nence la même opération , et, au 
boirt de six jours, la peau du scrotum avait repris sa cou¬ 
leur, sk flaccidité ordinaires ; les parties internes étaient 
revenues à l’état normal et tout-à-fait semblables à celles 
du côté opposé. ' i 

Ce cas semble à M. Velpeau intéressant à noter, princi- j 
paiement parce qû’il fournit l’occasion de constater trois 
caractères niai-qùans de cette sorte d’affection: d’abord, 
le gonflement et l’induration de l’épidrdyme qui forme la 
portion'ffurç et h plus sensible de la tumeur; puis l'accu- f 
inulation du sérum que fourjutfa luniq.ueaffectée; et en- 
lin rinflamiiiàtipn du te.sticule iuirmqme qui semble pré¬ 
dominer; et qui; dans le cas que nous rapportons, était - 
bien évideiiimeiit démontrée par l’e^prgement de cet or- , 
ganequi formait à lui seul la tumeur ijiimédiateineiit après , 
l’écoulement complet du sérum. ' Ce qui jûsâfie la préfé- ' 
rence qu’il fautiaccorder à la dénomination $ orchite,, pour 
ce genre d’aftection, plutôt qu’à celle d’épididymite^-ou 


Au n^ Sdtle la salle Saint-Augustin, un bdinWê p^éi 1 
et guéri, il y a près de 1,5., mois, dans le même sér.yicè, 
d’une hydrocèle ali côté gauche, revient 'aujqufd’J^ui; ,ré 
clamer fes mêiné^^ soins, pour la mêm,d afféctiqq ùiçç.up^i ( 

■ ^Yd^'.‘?é’,9,it-».Wâis qui n’ayant été produite pàr.atteftni: 
. àqçunê.. lésion extérieura, semblpi actuçlleineH. 

-provenir: dlune altération organique dû testicule qui- pré¬ 
sente sur plusieurs points des bosselures et-des. induVà- 
tions. Pour opérer cette seconde fôîs 'co'^mfi Ip ùreniiery, 
M-. Velpeau éinploie son 'procédé' orditiàifé,_^;çYst-dy-di,ve 
sa ponction suivie de l’iiijéçtipri d^une'çeriàipp'.'quanuîé 
de teintûfé d’iodé pIi^S|OY ipqinsétendif^q’eau-- 
, ..Ççt.te cir'çpnstjçulçé.qffïç à ÏH* Velp,Oàui’w«sion de ma¬ 
nifester son opinion SUE,ip nouveaumode opératoireidobt 
; Wfis avons entretenu nos lecteurs dans notre dernier-tbi- 
-méro, et-il en profite pour blâmer ce defniér procédé'in' • 
Venté inutilement, dit-il, et dônt'l'ë tooihdfe inëfinTCbiéfft 
est de causer une 'Ihfge Ylaiè 'qüi 'peid'süpppréjp pendant 
dès mois entiers; èt sè çoinpli'q'uéf dYdivers acci,dena; çai 
conséquçnce, il s’attàçhje à faire ■valoir aiiix Jmk de sçs élà- 
yes la ppéiYêPI? qud faut; donner au moyend’opération 
le plus ordinaire qu’il vient de mettre en usage, èt dont 
l’innocuité, la simplicité ne peuvent se comparer, ajoute- 
t-il, aux désàYautages de l’autre procédé-qui'ne mërlté^ait 
même pas les honneurs dç la critique, s’il n’était mis au 
jour et pratiqué par des hommes d’ailleurs très recqm- 
mandabie,s: : i'.:-, * .. ^,i, • b ^ 

: Quoi qti’en disè M. Velpeau, il faut lii^n rècênnaitré qù!» 
le procédé par injection' déyîënt'd^n's qqéfquÇg insuffi- 
saû'tj etYY®,! pas nqn plus a l'’abri,df!:tou,t ;incoipvérû.ent; 

.HPiii9dY,eà,q nioyen s’pffi-e pour y auppléflr, dlinous 

f spifi.Ié-qw’il fiSl.tqujpurs bon d’en examiner là-réussite“db 
inefficacité ; feasayans praticiens nfent donc rien de bïiëüx 
à faire quedfy prêter leur attention;- ëtdéêherchei' dànk 
l’expérience et ses résultats la base ' 


EXTRAIT D’UN MÉMOIRE SUR E’INTERVEÎVTION DE LA PREA- 

: SlOai atmosphérique BANS EB MÉCAiviSlto DÛS ’eXÙA- 
. LAppiONS SÉREVSES;.: -’i:.. J 

Lu à l’Académie des sciences, lé 13 janvier 'tïfoy par M.'ié 
. : i:,f ' docteurJiîEEsGoÉRtà. i - 

Ge mémoire est destiné à établir sjae ia prés^od atmosphériquè 
joue un rôle actif dans le mécanisme de? eühàlâpons séreusès du 
coups humain. L’exisffince de ce fait réposè'à" l’a fois sur rés 4is‘- 
posititons elles rapports'anatomlqnes dès p^ciies, sur l’expérience 
directe et sur l’observation physiojo^iqùéët paibplp^igjié, ' ' 

Première partie. ,Oispo)iiipns qi'rap/fq,f-(sa^ 

Les parljes qui spnf jë mége dçs ’eixhfff tions séreuse?,- les cavités 
arficukires, les ca Vif es dû péric^irdp, dpg plèvres, du. péritoine, 
des méninges cerébrorspinalés, offrent des dispositions commur 
nés, en vertu deSqüelleji ce? cavjtés; ferqiée? de toutes parts, prér 
sentent pérlodiqüemènf des^e^pac.esnoiàYéàux OH des ampUatiens 
dés e^açeséxistan’^. Ces disposition?,^ quoique identiques dans 
léur reSffltàt pnâl, font lê produif de conditions spéciaies qui van 
"Orales articulàtions du sqdêleffg et dan? {eg gérouges visi- 

Dans les cavités artieulaires, cette production d’espaces nou- 
. jaux ou cette ampliation des espaces existansest étroitement liée 

1» gjg changeons de rapport des- surfaces articulaivês qui 
cessent de se cérrëspondre suivant les mêmes plans, at'jicrrfpnt 
tat'o respectives de contàof lét dé pS^|e coap- 

2°.De lafens^n d esmà scles et des ligamens entourant Wi- 
culation, lesquels, en vertu d’un plus grand éoarteartiif de leuîis 
poinfs d’insertjpn, se gpulèyept, setendent entre ces points, et 
forment lèMjarois résistantes d§s c.avitéa impravisées ou aggraS- 
aies.'CeSWnaitioris sont communes à toutes les articnlatioos du 
ûesappli.ca.tions divengs dans les articâ- 
lations-dirgfeUOh, dëlâTianche, delà jambe avec lepied.'du-eou- 
de, et dans çel(esdesphalangpg ealrejaiies. ; ... . 1 : : . ■ i-.-i.". 

Les condîfiôïisqtii prodnihènf iLmp.liation périodique deseavités 
du péricarde, .des plèvre?, du péritnipe, de l’arachnoïde- céréBro- 

parties auxquelles il adhéré, p-endhût'qlié lé feuilfil viscéral reste 
en place avec le viscère sur lequel H se réfléchit, ou bien le feuil¬ 
let jiai-iétal restant fixe et résistant avec les parties qu-’it tapisse, le 
viscère éprouve des dépj.qcentensnu ddd chàn’gëmtnii’dfe volume 
qui entéainènt d’autant le feuillet viscéral.. Quelauefois, oes deux 
-ordres de conditions sont inîk'-si'muUahemènf en jeu ; c’est-à^irè 
que le feuillet pariétal et lé- fëdillft viscéral s'écartent en même 
temps l’un de l’autre. LfS.cqyités du périqqrde.ldea plèvres, du 
péritoine et-de 1 arachnoïde cerebro-spinale offrent, sous l’in- 
fluence des mquvemens d’ëxpangjpn du JJioraK,'de cqutraétioiel du 
^éteüir'/de déjiflacemeôi à^s p{l4féilëvaüoni.ct 

d’^aissementdtf ëétk-ea'ü'.des exèmpfe.s.dç .qptfe disposiUofft 
l'iiwi.peut déjà cb-nclüre'de rétablissement ^espaces nouveaux 
^Hidé FaccrojsséaienlldeS espàceh ékisfàqs au sein de*cavités fer»- 
.tftujrit : pdrts. lïqiiül y à une ■çé?f4'4è‘ien(fapce amvidèi, 
ffjKi.ES-contenus dans-'ëès‘.caVfféhLét,p^rcbn'se- 
.... -e entre la pression ihlériehfç et êiléèlèarp 


nuent rupture.dl’équiltbre entre la p 
ail profit 'de 'oèt’jje'derniè're. ,, 

■ ‘ (dé fait-esï'dïréétemént êtaliif pa 


sï ■4i'rééfemént étaliirpar les expénipnees suiVanfés 
Secondé partié.'—‘'L’arpé'nènfcéJ. ' " ' ‘ 

A. Expériences sur les cavités articulaires. — J’ai introduit 
























dans l’intërieur des cavités articulaires de la bancLe et du genou, 
l’éxtrimité effilée d’un tube recourbé et gradué, de 2 lignes de 
diamètre, analogue au tube de Weltber, dans lequel se trouvait 
un liquide éoloré. Le niveau des deux colonnes de Hquide ne s’é¬ 
levait qu’à la moitié de la hauteur des deux branches parallèles 
ascendantes du tube. A chaque mouvement de flexion pour l’arti¬ 
culation dd genoui-et de flexion et d’abduction podr l’articulation 
de la cuisse avec la hanche, le liquide montait du côté corres¬ 
pondant à l’articulation, et sous l’influence de mouvemens un peu! 
brusques, il se précipitait dans l’intériéur dé la cavité articu- 

' B. Expériences sur les cavités des, séreuses'piscérales.. — 
J’ai fait pénétrér successivement dans les cavités des plèvres, du 
péricarde, de l’arachnoïde spinale ét. cérébrale, l’extrémité du 
même tube. J’ai vu très distinctement le, liquide monter et des¬ 
cendre périodiquement comme dans les expériéhces précédentes. 
Les mouvemens du liquide se sont montrésconstàmment isochro¬ 
nes aux mouvemens du thorax, du cœur et du cerveau. - 

Ces diverses expériences ont été répétées un grand nombre 
dé fois sur des cadavres humains pour les cavités articulaires, et 
sur des animaux vivans pour les cavités des séreuses ; toujours le ■ 
résultat à été le même. J’ai cru'pouvoir en conclure,' comme je: 
l’avais fait déjà, des dispositions anatomiqùés des parties, que: 
pendant les mouvemens du cœur, des poumons, des viscères ab¬ 
dominaux, dit cerveau et de la moelle, comme pendant les mou- 
vepiens alternatifs de flexion et d'extension des articulations du : 
squelette, il s’établit des espaces nouveaux dans les cavités cor- ; 
léspondantes, ou des accroissemens des espaces existant, eh vertu . 
desquels la pression exercée à l’intérieur de ces cavités est sensi¬ 
blement moindre que celle, exercée à l’extérieur par la pression 
atmosphérique ; d’où il suit que celte dernière pèse de toute la , 
différence de ces deux actions, et tend à refouler à l’intérieur des 
cavités des séreuses les fluides qui doivent rétablir par leur exha- ! 
lation. l’équilibre des deux pressions. • ' ; i 

■ ; Troisième partie. — Conséquences ' physiologiques ét '■ 

I pathologiques. ' 

Beaucoup d’observations physiologiques et pathologiques ten¬ 
dent à compléter la démonstration du même fait, en même temps 
qu’elles en tirent une signification nouvelle. 

On connaît l’influence des' lieux élevés sur la difficulté des 
mouvemens des articulations; cette difficulté s’explique très bien 
maintenant par une diminution de la sécrétion delà synovie, sous 
l’influence d’ùne diminution de la pression atmosphérique. On 
sait encore que les membres maintenus long-lemps dans l’immo¬ 
bilité éprouvent une grande difficulté à se mouvoir ; les articula¬ 
tions éprouvent des frottemens plus sensibles, leurs mouvemens 
produisent des bruits de crépitation douloureuse. Enfin, l’on sait 
que la parfaite immobilité des articulations arthrodiales suffit quel¬ 
quefois pour produire l’ankylose ; ces faits ne me paraissent plus 
avoir besoin de commentaires. 

M. Jobert a montré par ses belles expériences que les adhéren¬ 
ces entre les feuillets adossés du péritoine sont faciles à èbtenir ; 
le contraire a toujours lieu de la part des muqueuses. On connaît 
encore la merveilleuse fecilité avec laquelle les feuillefs des di¬ 
verses séteiises contractent des adhérences à la suite des maladies 
dont elles sont le siège. Les plaies pénétrantes des articulations, 
du péritoine, des plèvres, du péricarde, qui re.stent en communi¬ 
cation avec l’air, sont accompagnées d’accidens tout spéciaux. 
Enfin, le rhumatisme articulaire, les hydarthroses qui en sont la 
suite, se répètent successivement, ou simultanément dans les di¬ 
verses arliculàtidns. La raison dé tous ces faits et de beaucoup 
d’autrës analogues que je m’abstiens de citer, ne se trouve-t-elle 
pas dans l’influence que la pression atmosphérique exerce sur le 
mécanisme dés sécrétionà séreuses? 

Je me suis borné dans ce premier mémoire à établir que la 
pression atmosphérique intervient activement dans le mécanis¬ 
me des exhalations séreuses, et à indiquée les conséquences les 
plus générales de ce fait. Il me reste à déterminer la véritable 
penrtée de cet élément fonctionnel nouveau : j’ai fait des expé¬ 
riences dans ce but, je les exposerai dans un prochain mémoire. 

Des faits anatomiques, des expériences physiologiques et des 
observations pathologiqués exposées dans ce travail, je me crois 
fondé à: tirer les conclusions suivantes : 


l» Les articulations du squelette présentent, pendant la plupart 
des mouvemens dont elles sont le siège, une ampliation extem¬ 
poranée des cavités qu’elles forment, ou donnent lieu à la forma¬ 
tion d’espaces nouveaux qui n'existenrt pas au repos dès articula¬ 
tions. Ges accroissemens des'espaces existàns ou ces développe- 
niens il’espàoéS nouveaux, sont le résultat de deux ordres de' con¬ 
ditions, àisavoir : les changemens de rapports des plans des sur- 
' faces articulaires, et la tension des parois ligamenteuses et muscu- 
. laireades articulations, par suite dé l’écartement de leurs points 
d’insertion; . 

2“ Toutes les cavités das séreuses du corps humain, les cavi¬ 
tés des plèvres, du péricarde, du péritoine, des méninges rachi¬ 
diennes et cérébrales présentent, comme les cavités articulaires, 
des ampliations périodiques des espaces qu’elles circonscrivent.: 
Ces résultent du soulèvement du feuillet pariétal 

. de la sflHHIprainé par le développement des parties qu’elle 
tapisse, etd^’abaissement du feuillet viscéral, par suite de la 
contraction ou du déplacement des viscères qu’elle enveloppe ; 

3“ Les ampliations des cavités articulaires et des diverses sé¬ 
reuses du corps humain réalisent extemppranément des espaces 
fermés dé toute part, sous l’influence desquels l’équilibre des 
■pressions intérieure et extérieure se trouve détruit au profit 
de la pression extérieure, d’où un refoulement des fluides -vers 
l’intérieur des cavités, et un effort de succion périodiquement 
exercé sur les surfaces, et les orifices des vaisseaux ouverts à l’in¬ 
térieur de ces mêmes cavités ; 

. 4“ L’intervention de la pression atmosphérique comme élément 
actif dans le mécanisme des sécrétions sereuses , ;étàblie par les 
dispositions anatomiques des parties , par l’expérience directe, 
l’est encore par les faits pathologiques. L’adhésion facile des sé¬ 
reuses juxtà-posées ; là diminution, la suspension de l’exhala¬ 
tion de la synovie , et finalement l’ankylose liée à l’immobilité 
plus ou moins complète des articulations, leur rigidité’ sous l’in- 
■fluence d’une diminution de la pression atmosphérique , pendant ; 
le séjour.sur les montagnes élevées ; et les accidens spéciaux des ; 
plaies pénétrantes de toutes les cavités séreuses, tirent leur; si¬ 
gnification réelle, de l’action de la pression atmosphérique sur les 
sécrétions séreuses, et sont autant de témoignages à l’appui de 
cétte doctrine. 

Dans un prochain mémoire, je chercherai à fixer le degré d’ac¬ 
tion de la pression atmosphérique dans la production des sécré¬ 
tions séreuses, et à déterminer l’influence relative de ce nouvel 
élément, par rapport à ceux qui peuvent concourir à l’exécution 
de cet ordre de fonctions. 


Cas singulier d’ankylosé de la mâchoire inférieure sur une 
jeune fille. 

Il y a cinq ans que mademoiselle M ... jouait sur une chaise ; 
elle fit'une chute , et le menton vint frapper sur une chaise qui 
était vis-à-vis. La mâchoire inférieure resta , dit-on,.dès le pre¬ 
mier moment dans une immobilité complète. Quelle fut, sur la 
nature de cet accident, l’opinion du médecin appelé immédiate¬ 
ment auprès de la petite malade ? Nous l’ignorons ; mais on sait 
qu’il appliqua le chevestre, et qu’il le laissa bien des jours. 
Quand l’enfant nous a été amenée, la mâchoire inférieure avait 
conservé son plan physiologique; elle.était rapprochée de la 
suijCrieure tu.ioucut, que ni les eUorts de la malade , m les 
nôtres ne purent les écarter d’une demi-ligne. Les dents d’en 
haut chevauchaient d’une ou deux lignes sur celles d’en bas. Les 
muscles masséters étaient relâchés, et dans une espèce d’atrophie. 
On ne distinguait aucune trace de cal dans toute l’étendue de 
condyles de la maxillaire inférieure. On.ne voyait ni on ne sen¬ 
tait aucune tumeur, en dehors des cavités glénoïdes. ' 

L’enfant, qui a l’embonpoint de beaucoup d’enfans de son âge 
et de sa constitution, se nourrit d’alimens liquides ou- à demi so- 
lidés, qui sont introduits par les intervalles des dents. Elle articu¬ 
le les sons avec quelque gêne. 

‘ A quoi faut-il rapporter celle ankylosé? La luxation en avant 
de là-mâchoire inférieure, est la seule que les auteiirs admettent, 
etdS’éSt aussi la seule qui soit possible ; mais l’enfant n’qffre au¬ 
cun signe de cette espèce de luxation. Les dispositions anatomi¬ 
ques de l’articulation temporo-maxillaire, d’une autre part, prou¬ 
vent que ce dernier os ne peut jamais se luxer en arrière. 


D’ailleurs, la position dans laquelle se trouve le maxillaire in, 
férieur chez notre jeune malade, dit bien assez qu’il n’a éprouvî 
aucune espècè de déplacement. On ne peut admettre non plu, 
dans ce cas, ni une fracture du condyle, ni un décolleoaent épi’ 
physàiré ; il serait difficile de croitè que l’un ou l’autre de ce] 
accidens fût arrivé, et que la mâchoire eût conservé ses lignj 
normales ; les seuls ptérigoïdiens internes et externes, muscle, 
si forts, l’auraient portée tantôt à droite,: tantôt à gauche; il ej 
serait résulté des tiraillemens douloureux, un écartement éei 
fragmens, et par suite de la difformité dans le cal. 

Or, nous avpns dit que l’enfant n’a jamais souffert, et qp, 
toute la surface du condyle a toujours élé parfaitement lisse. ]] 
est plus probable que la chute sur le menton a fait éprouver uik 
contusion à l’articulation temporo-maxillaire ; qu’il en est résolu 
une inflammation peu intense de la membrane synoviale ; que dej 
adhérences se sont établies entre les divers points de cette mein. 
brane, enfin que l’adhésion a été favorisée par l’application d’aj 
chevestre. 

Malgré l’ancienneté de cette ankylosé, on a pensé que l’âge dt 
l’enfant permettait d’espérer une amélioration, si non une gud. 
rison absolue; et on a conseillé, en conséquence, déplacer erîire 
les arcades- dentaires un ' coin de bois, de le laisser à demeure 
aussi long-temps que possible, et de le faire marcher au furet) 
mesure que les mâchoires s’éloigneraient l’une de l’autre. 

En effet, au bout de plusieurs jours, il existait entre elles plu 
d’espace ; mais la malade n’a plus été revue depuis plusieurs mois 
et on ignore si elle a obtenu de ce moyen tout le bien que « 
commencement pouvait faire espérer. 

(jSotice sur les travaux de la Soc. de méd. de Bordeaux, 1839.) 


Monsieur et très honoré confrère, 

, J’ai l’honneur de vous communiquer une nouvelle déclaration 
du père et de la mère de l’enfant, qui démentent complètement 
les dernières assertions de M. Clédière. ' 

Je suis toutà fait de votre avis, qu’On lise et qu’on juge. Jeni 
puis pourtant me dispenser d’indiquer ici quelques rectificalionà 
1 “ J’ai écrit dans votre numéro du 2 novembre que la petite 
marchait après douze semaines, et non dix, comme me le fait dite 
M. Clédière. 

2“ Je ne lui ai jamais dénié l’honneur d’avoir enle-vé tout seul 
le bandage, mais seulement qu’il l’ait fait avant deux mois et sans 
ma prescription. • , 

3“ Quant à la tumeur qu’un M. Renaud (dont j’entends pro. 
noncer le nom pour la première fois) aurait reconnue à la fesse 
gauche, à quoi donc alors aurait servi ce bandage à fracture ap 
pliqué au genou par M. Clédière, et dont il ose faire parade au¬ 
jourd’hui. 

Je compte parmi MM. les officiers de santé civils des hommes 
que j’estime et que j’aime infiniment; je ne vois pas pourquoi M. 
Clédière rougirait de son titre. 

Agréez, etc., 'Dr Rambaub. 

Versailles, 16 janvier 1840. 


L’efficacité du Sirop de Roses de Provins contre le» 
blanches ne peut être mise en doute; d’après le» =«ccè» nombreui 
a oDiciiu», Cl u-ajircs IBS Tèmoignagës des premiers taü 
decins de Paris, qui dans leur pratique en font un usage journal 
lier, tous affirmant qu’il est employé sans danger dans cette nia-i 
ladie. -, 

Ce Sirop n’est pas désagréable à prendre, et ses effets immé¬ 
diats sont ; de relever les forces digestives , de dissiper les pâle 
couleurs , les douleurs de bas-ventre et des reins, ainsi que k 
lassitudes des extrémités inférieures qui accomjpagnent ordinai¬ 
rement celte affection à l’état chronique , et de résoudre radicai 
lement la phlegmasie catarrhale qui constitue les pertes blanchçs, 
L’usage du Sirop de Roses de Provins n’entraîne aucun incon¬ 
vénient ultérieur pour la santé; sa vertu consiste, au contraire, 
à détruire le trouble local et général occasionné dans la consli- 
tution par la maladie, ce qui s’aperçoit facilement après quelques 
jours de son emploi, quelle que soit la dose qu’on en prenne; 
dans aucun cas il ne peut être nuisible. i 


4fr;' 



BKEVET ,D invention. 

Exposition de 1^31 

„ MÉDAILLE D’OR. 

^CHARRIERE, coutelier, 

Fabricant d’instrumens de 
_ chirurgie, Fournisseur de 
la b acuité de médecine de Paris, 

Rue de VEcoh-de-Médecine, 9. 
Bouts de sein et Binerons en Ivoire flexinie, de 
4àl0fr. 

Pompe simple à. courant régulier sans réser¬ 
voir d*alr« de 12 à 24 fr.^ 

Appareil du docteur BÔnné pour les Cors, OEils-de- 
Perdrix, etc., de à à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 


avenue MARBOEüF, 1, RDE MARBOEDF, 7, I 
ÉLTSÉES. 


s LES CHAMPS-I- 


Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 


Beaucoup de malades ont été reçus et traités avec un 
succès complet dans cet utile établissement. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des malades, nous 
citerons MM. les docteurs Amussat, Blandin, Bouillaud, 
Carron du Villards, Devergie aîné, Emile Chevé, Civia- 
le, Jules Cloquet, Fiévéede Jumont, Labarraque fils 
Leroy d’Etiolle , Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan, Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Sichel, Souber- 
bielle, Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 

De is*en gfuérir radicalement;* ainisi que des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 1 
de Paris, etc. — In-â”. Prix, 2 fr. 50 c. —: Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Temple, 16. ' 


I Jitch é è A A :i tA A 


De PÜTARÜ, Pharmacien, rue Saint-Honoré, 271. Guérit toux, 
rhes, asthmes, irritations de poitrine, glaires; facilitent l’expectoration et 
entretiennent la liberté du ventre. Dépôts chez tous les Pharmaciens 


PAPIER CHIMIQUE DE PELLERIN, 

me de la Vlellle-Bonclerle, 15. 


f Découverte..K Prodige de la Chimie! 


POMMADE DU LION 


Pour faire pousser en un mois les cheveux , les favoris , les moustaches et les 
SOURCILS. (Garanti infaillible.)—Prix : U fr. le pot. — Chez L'Auteur , à Paris, bd» 
•viviBNNE, K” 4, au i à eôté du passage Colbert , près lè Palais-Royal. Et chez 
M. FRARÇOis, SEUL DÉPOSITAIRE, même maisou.—(Six pots, 20 fr.—On expédie.) 
_ JzrrS rSSVJOT’rr,'T,, irtannitfmrtl. --—- 


les coiffeurs, parfumeurs et autres rnoMPENT en vendant 
de viles COWtreracovs sabis effets sous notre titre isoüs S’AVOISS aucun 
DÉPÔT CHEZ EUX NI* AILLEURS. Le publie doit acheter directemeut k l'adresse ci- 
dessus, SANS AUCUNE EXCEPTION, pour avoir la véritable Pommade du Lion composée 
par "auteur lui-même ; 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garanties)— 
Nos pots sont revêtus de la signature à ta mainàe M. François, du cachet de l'auteur 
sa»- cire ronge, et accompagnés d’un prospectus. (Se bien métier df tout» RonTinue.) 


ra BODTIQBK.) 


Précieux topique pour les Douleurs rhumatismale! 
Gouttes, Irritations de Poitrine ; Spécifique pour k 
Brûlures, Plaies et Blessures, et pour les Cors, OKI 
de perdrix et Oignons. En rouleaux, 75 cent, et 1 if, 
50 cent. Portant sa signature. 

Les Dépositaires sont priés de s'adresser au Lcàit 
ratoire, rue Sainte-uivoie, 54, chez M, La 
rançon. 


Pois éiasUQuea ae EsCMierarieM, 

POUR CAUTÈRES. 

Rue du faubourg Montmartre, 78. 


ETABLISSEMEINT THERMAL DE VICHY. (Dépôt général.) 

Aux Pyramides, rue St-Honoré, 293, au coin de la rue des Pyramides. 
EAUX NATURELLES de PASTILLES DIGESTIVESde 

la bouteille. I.VICHY, 


* MF’g'W’lgy f 2 f. la boîte. 

T ilïSl a * [ 1 f-la 122 b. 


DÉPÔT GÉNÉRAL DANS TOUTES LES VILLES DE FRANCE EX DE L’ÉTRANGER. 


Paris, imprimerie de BÉTHu«E et Plon, rue de Yaugirard, 3i 

































mardi 19 JANVIER 1840. 


(15. ANNÉE.) ^ 


N« 9, TOME S. — â* SÉRIE. 


EtanceUe française • 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Le Journal panût les Mardis, Jeudis,'^Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois,[9, Ir.; 6 mois, 18 tr. ; 1 a,.,_ 

Départ., 3mois, 10fr.;6 mois,20fr.; 1 an, 401.. 
.Eirano-er. 1 an, 


HOPITAL SAINT-LOUIS. 

Revue du service de M. Jobert (de Lamballe). 

L’hôpital Saint-Louis, situé dans un quartier essentiel¬ 
lement peuplé d'ouvriers, entouré d’établiaseinens où 
s'exécutent de grands travaux, doit, par suite de cette po¬ 
sition, présenter un service de chirurgie très remartjuable. 
Il est vraiment fâcheux que l’éloignemént de cet hôpital, 
et surtout le titre de spécialité qu’il doit aux maladies de 
Ja peau qu’on y traite, déterminent les élèves à ne pas sui¬ 
vre les visites chirurgicales. Notre intention est de donner 
un aperçu du service de M. le docteur Jobert. 

A cette époque de l’aimée, les aifections les plus com- 
lUnnes sont sans contredit les fractures ; aussi en trouve-t- 
on un grand nombre dans ce service. On compte 21 ma¬ 
lades qui présentent des fractures des membres j elles sont 
réparties de la manière suivante ; 

Hommes, 14 

Femmes, 7 

Chez les hommes, 8 sont atteints de fracture complète 
delà jambe ; 2 de fracturé du péroné ; 2 de fracture de la 
cuisse ; et enfin 2 de fracture du bras, -ri Total, 14. 

Chez les femmes, on trouve 3 fractures de jambe ; 2 frac¬ 
tures de cuisse ; 1 fracture du bras et 1 fracture de l’avant- 
bras. — Total, 7. 

M. Jobert traite les fractures de jambe par le pansement 
le plus simple possible. Il supprime les compresses, les 
bandelettes, les bandes, et ne conserve absolument que le 
drap porte-attelles, les deux attelles latérales et les cous¬ 
sins latéraux. Il est bien entendu cependant que cette mé¬ 
thode n’est appliquée que dans les fractures simples. M. 
Jobert a évité de cette façon l’espèce d’atrophie musculaire 
produite par la compression qu’exerce le pansement ordi¬ 
naire sur toute la périphérie du membre, et il afremarqué 
que ses malades pouvaient marcher presqu’immédiate- 
nient après la levée de l’appareil. En outre, ce chirurgien 
pense que la consolidation se fait plus prtihiptement lors¬ 
que la circulation n’est pas gênée dans le membre malade. 

Au n» 58 se trouve un homme dont la fracture de cuisse 
date de plus d’un mois. Ce malheureux est tombé d’un 
troisième étage, et lorsqu’il a été apporté à l’hôpital il 
avait deux plaies contusesau niveau de la fracture; l’une 
sur la face antérieure, l’autre sur la face postériem-e, à la 
région moyenne de la cuisse. Un phlegmon violent avec 
gangrène s’est emparé de la cuisse, et tout devait faire pro¬ 
nostiquer la mort du malade. Aujourd’hui toute crainte 
est dissipée ; les plaies sont cicatrisées, mais le travail de 
consolidation a été entravé. M. Jobert a fait appliquer la 
machine à extension de Boyer, rrès avantageusement mo¬ 
difiée par M. Martin. Le membre a repris sa longueur nor¬ 
male, et tout fait espérer une heureuse terminaison. 

Deux hommes ont subi l’amputation , l’un de la cuisse, 
Tautre delà jambe : tous deux sont guéris. Ce dernier, qui 
est étudiant en médecine, dissimule parfaitement son in¬ 
firmité au moyen delà jambe artificielle de M. Martin. 

On peut voir aussi dans la salle des hommes plusieurs 
hydrocèles guéries ou en voie de guérison. M. Jobert trai¬ 
te cette maladie par l’incision de la tunique vaginale et par 


l’excision d’une partie de cette membrane. Dans aucun cas 
il n’est arrivé d’accidens ; le testicule a toujours conservé 
son volume normal. 

Un malade couché au n° 57, présentait une fausse anky¬ 
losé du genou qui retenait la jambe fléchie à angle droit 
sur la cuisse. M. Jobert, par la section des tendons des 
demi-membraneux, demi-tendineux et biceps, et au moyen 
d’une extension sagement graduée, a ramené le membre à 
l’état de rectitude. 

Une femme couchée au n” 4 a été traitée par le même 
procédé et avec le même résultat obtenu en peu de jours. 
Aucun accident n’a troublé, la marche du traitement. 

Deux femmes, l’une couchée au n" 12, l’autre au n“ 60, 
présentent chacune un kyste très remarquable. Chez la 
première, il est situé dans l’hypocondre droit, sur le foie. 
Chez la seconde, il occupe la région latérale gauche du cou, 
où est tout à fait indépendant du corps thyroïde. 

La tumeur de la malade du n° 12 était d’un diaapostic 
difficile; néanmoins, M. Jobert, convaincu de l^Tesence 
d'un kyste hydatique, pratiqua une ponctioniÇii donna 
issue à un liquide analogue à celui qu’on tiome dans les 
kystes de ce genre. Mais comme il eût été dainereux d’ou¬ 
vrir avec le histomi, dans la prévision quecesyste pouvait 
ne pas adhérer aux parois du ventre, le chü urgien a résolu 
de l’ouvrir au moyen de la potasse caustique. L’eschare 
n’est pas encore tombée. 

La femme du n" 60 a été ponctionnée aussi ; il est sorti 
du kyste, qui avait le volume d’un œuf de dinde, un liqui¬ 
de parfaitement limpide. Pour obtenir l’adhérence des pa¬ 
rois, M. Jobert avait déjà constaté, dans idusieurs cas ana¬ 
logues, ce fait remarquable de rapide absorption'. La tu¬ 
meur est actuellement en voie de résolution. 

Aun" 13, est une femme qui portait un squirrhe volu¬ 
mineux du sein droit. Avant d’en faire l’ablation, M. Jo¬ 
bert fit appliquer quelques sangsues pour détruire ce qu’il 
pouvait y* avoir d’inflammation dans 1^ tumeur. . 

Une des morsures de sangsues s’étafat enflammée, il en 
est résulté un phlegmon violent. Aujourd’hui le phlegmon 
est guéri, niais il a déterminé la résolution d’une partie 
assez considérable du squirrhe. L’opération est différée. 

Au n° 64 est une femme qui, à la suite d’une opération, 
a été atteinte par la pourriture d’hôpital, qui n’est mal¬ 
heureusement pas disparue des hôpitaux, comme quel¬ 
ques chirurgiens se plaisent à le croire. Ou peut constater 
sur cette malheureuse les ravages terribles causés par cette 
grave affection. 

Une malade actuellement.au n° 70 a subi une amputa¬ 
tion dans l’articuclation tarso-métatarsienne. La cicatrisa¬ 
tion est parfaite, et cette femme peut marcher sans la 
moindre claudication. . 

Enfin, pour terminer cette revue rapide, et bien incom¬ 
plète sans doute, nous citerons l’oBservation fort intéres¬ 
sante de la malade couchée au n“ 76. 

Il y a quatorze mois, à la suite d’une saignée du bras 
pratiquée en ville, et dans laquelle on avait probablement 
intéressé un filet nerveux du pli du coude, cette malade a 
été prise d’une névralgie des plus violentes, qui avait son 
point de départ au pli du conde d’abord, pour remonter le 
long de la face interne du bras jusque dans l’aisselle, et 
qui, ensuite, s’étendit vers l’avant-bras, se dirigeant de 
haut en bas, vers la partie inférieure du cubitus. Plus 


tard, ce fut de ce point que lès douleurs semblaient par¬ 
tir, en s’irradiant vers l’aisselle. 

Lorsque la malade entra à l’hôpital, elle souffrait depuis 
l’époque que nous avons citée, et l’irritation nerveuse ex¬ 
citant prohablement la contraction musculaire, avait dé¬ 
terminé par suite la flexion de l’avant-bras .sur le bras. 

Comme le point de départ de la douleur paraissait tou¬ 
jours être à l’extrémité inférieure du cubitus, M. Jobert 
se décida à inciser la peau vers cette partie pour couper le 
filet nerveux superficiel qui semblait conduire la douleur. 
Cette opération fut pratiquée : une ramification nerveuse 
appartenant au musculo-cutané fut mise à nu et coupée. 
Immédiatement il y eut du soulagement, les muscles du 
bras perdirent leur contracture. 

Cette amélioration dura quelques jours ; mais depuis 
deux jours, la douleur a rççaru, et elle semble partir du 
pouce. M. Jobert doit faire une nouvelle opération. Nous 
parlerons plus au long de cette intéressante malade dans 
un prochain article. G. L. 


MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE 
OPÉRATOIRE, 

Rne HarlMeurÿ V, prèM le* dtamps-ÉlyMëeH. 

Affection syphilitique grave, caractérisée par un bubon d’a 
bord, puis par des chancres, des végétations et des pustules 
Guérison en deux mois et demi; par M. Devergie aîné. 

Dans les premiers jours du mois de septembre 1839, 
est entré à la Maison de santé un jeune homme d’une ving¬ 
taine d’années, pour y être soumis au traitement antisy¬ 
philitique. En janvier 1837, ce malade contracta une 
blennorrhagie que M. Devergie fit disparaître avec rapi¬ 
dité à l’aide des astringens, des diurétiques et des dépura¬ 
tifs. Au mois d’avril de la même année, un nouvel écou¬ 
lement se déclare à la suite d’une nuit passée avec une 
femme ayant des fleurs blanches très abondantes; cette 
maladie non traitée dégénéra au bout de quatre mois en 
un petit suintement qui devient, après plusieurs excès, 
visqueux, jaunâtre et très considérable, comme dans les 
premiers temps de l’affection, et finit par se dissiper pres¬ 
que entièrement. Enfin, au mois de septembre dernier, 
les ganglions inguinaux se prennent, quinze jours après 
des relations avec deux femmes, dont l’uné était plus que 
suspecte, sans qu’aucune lésion même extérieure n’eût été 
remarquée par le malade expert sur ce point; un bubon so 
développe dans Faîne droite. C’est alors que le malade se 
décida à entrer à la Maison de médecine opératoire. Huit 
jours environ après l’apparition de l’adénite dont nous 
venons de parler, nous sommes fort surpris d’apercevoir 
un chancre, qui est bientôt suivi de plusieurs autres plus 
petits ; en même temps, des végétations sur le gland et 
de larges' pustules se montrent sur différentes parties du 
corps. Le bubon étant accompagné de vives douleurs, M. 
Devergie a recours aussitôt à l’application dé 15 sangsues, 
à des bains et aux cataplasmes émolliens. Ce traitement 
diminua, mais ne put empêcher la suppuration de surve¬ 
nir : on donna issue au pus à l’àide d’une ponction avec le 
bistouri ; plus tard, uu second abcès dans un autre point 


JPiB MIIMjIjmiVON, 


ÎVSXnt'CTIOJI UTÏtE POUR FACIEITER E’CSAGE DES NOU¬ 
VEAUX POIDS. — ANECDOTE. 

Nous avons inséré dans le premier numéro de celte année, le 
tableau comparatif, d’après la valeur exacte et d’après la valeur 
très rapprochée des nouveaux poids avec les anciens. Mais, n’ayant 
dit alors que ce qui était indispensable à faire savoir, nous ne 
croyons pas inutile aujourd’hui de donner, comme complément, 
quelques détails propres à rendre plus facile et plus sûre la mise 
en pratique du nouveau système. Si à l’occasion de chaque for- 
niule, la mémoire seule devait fournir la hase d’un calcul qui se- 
lait toujours à recommencer, il n’est pas un praticien qui ne dût 
redouter l’inexactitudeoula confusion dans un travail si insipide; 
et alors que d’embarras toujours désagréables, que d’erreurs sou¬ 
vent funestes pourraient en résulter ! Il est donc essentiel de 
prévenir, si on le peut, tous ces inconvéniens, et c’est pour y ar¬ 
river que' nous publions une méthode dont l’application simple 
et facile n’a peut-être pas échappé à l’observation de ceux qui ont 
voulu réfléchir uu instant sur la corrélation que le système déci¬ 
mal offre en beaucoup de joints; l’usage presqu’babituel que 
nous en faisons pour la monnaie, va nous fournir l’occasion de 
tirer d’une routine déjà connue, le moyen de nous débarrasser 
presque sans difficultés, d’une autre routine à laquelle il faut 
maintenant renoncer. 

Il est bien entendu que nous n’établissons ici de comparaison 
que d'après la valeur très rapprochée des anciens poids avec les 
nouveaux, suivant le tableau qui en a été publié. 


Commençant donc par les dernières subdivisions de la livre, 
nous indiquons les règles suivantes : 

Pour les ohaiks. Tout le monde sait, de mémoire , convertir 
tel nombre que ce soit de sous en francs et centimes. C’est iden¬ 
tiquement la même chose à faire jiour convertir les grains en 
grammes et centigrammes. Alors, dans la prescription d’on mé¬ 
dicament par grains, substituez dans votre pensée le mot sou au 
mot grain, et la conversion ét.aiit faite dans voire esprit, au lieu 
d’écrire ce qu’autant de sous valent de francs et de centimes, 
posez la même numération , en remplaçant le mot franc et ses 
subdivisions par le mot gramme et ses subdivisions, sans omettre 
de séparer également par une virgule les deux derniers chiffres 
à droite, après avoir ajouté un zéro à la gauche, s'il y avait moins 
de trois chiffres. De cette manière vous aurez la quantité voulue 
et le poids légal du médicament prescrit. Exemples : 

24 g. représ. 24 s. qui font 1 f. 20 c., et équiv. à I gram. 20 cent. 

15 15 75 0 75 

50 50 2 50 2 50 

S'il s’agit d’une quantité de grains peu élevée ou sous-métri¬ 
que de 100 , il est encore très simple de multiplier le chiffre ou 
les deux chiffres qui représentent cette quantité par le nombre 5; 
les chiffres du produit donneront la même quantité du médica¬ 
ment en grammes et centigrammes, que l’on posera suivant les 
règles de numération ci-dessus prescrites pour la séparation des 
décimales. Ainsi : < 

12 gr. multipliés par 5 donnent 60 qui font 0 gramm. 60 centig. 

25 5 125 1 25 

40 5 200 2 00 

On prescrit quelquefois des niédicamens très actifs seulement ' 


à la dose de un quart, un demi, trois quarts de grain ; cinq cen¬ 
tigrammes faisant un peu plus d’un grain , on peut alors, il nous 
semble, donner pour chaque quart autant de centigrammes ; il 
n’y aura que la différence en moins d’environ un vingtième d’u¬ 
nité par dose, et cela ne fera qu’exagérer un peu la prudence 
que le praticien témoigne déjà dans ce cas. Ainsi ; 

1/4 de grain sera représenté par 1 centigram. 

2/4 ou 1/2 2 

3/4 3 

Pour les scrupules. — Il faut absolument que le praticien 
raye ce mot de son vocabulaire, et ne se souvienne du scrupule 
que pour agir sur son équivalent en grains, comme nous venons 
de l’indiquer. 

Pour les gros. — Rien n’est plus simple que de multiplier par 
4 le chiffre qui représente la quantité éegros voulue, et l’on au¬ 
ra RU produit le poids demandé exprimé en grammes ou multi¬ 
ples du gramme, à la suite desquels on devra poser deux zéros 
après la virgule, pour indiquer le rang des décimales manquantes. 

Exemples : 

3 gros multipliés par 4 font 12 ou 12 grammes 00 centigr. 

5 4 20 20 00 

6 4 24 24 00 

Pour les onces. — Il suffit encore tout simplement de multi¬ 

plier le nombre d’oncer demandé par le chiffre 3 et d’après les 
mêmes règles de numération que dessus, de poser le résultat au 
produit qui exprimera en dècagrammes ou autres mutiples du 
gramme, la quantité voulue du médicament. C’est pourquoi, il 
sera nécessaire d’ajouter, après ce dernier chiffre, un zéro qui 
I fera convertir le total en une quantité équivalente de grammes. 
























- ,34 - 


se forma et se fit jour par une piqûre de sangsues ; des 
applications résolutives, des frictions avec l’onguent na¬ 
politain et surtout avec la teinture d’iode triomplérent du 
reste d’engorgement quinvait réasté à là fonte purulente. 
Les végétations revenant toujours, bien qu'il leâ cauté¬ 
risât forteqrent, après les avoir excisées, M. Deveiigie finit 
par s’en rendre maître en enlevant avec ces excroissances 
une boime partie de la muqueuse sur laquelle elles repo¬ 
sent. Cette règle, on ne doit jamais s’cn écarter si l’on 
veut guérir ces crêtes de coq qui repullulent sans ce|^et 
font le désespoir des médecins et des malades. Plus^nrs 
applicaVidns dè nitrate d’argent font prompteinent justice 
des ulcérations ciiancreuses du gland. Quant aux pustules 
que nous avons dit exister sur diflerentes parties du corps, 
mies se transforment en larges ulcérations fort douloureu¬ 
ses : comme elles étaient modifiées peu avantageusement 
parles cautérisations successives avec le proto-nitrate acide 
liquide de mercure jointes aux pansemens légers et mer¬ 
curiels et aux bandelettes de diachylon, M. Devergie mit 
en usage les bains sulfureux qui amènent une guérison 
prompte et définitive. •! 

Nous ajouterons en terminant qu’un traitement interne 
choisi de préférence parmi les préparations d’iode, le ma¬ 
lade étant d’une constitution lymphatique, est venu prê¬ 
ter son appui à la série des' moyens précités. Il a consisié 
en 6 grains de prolo-iodure de mercure donné par fraction 
d’un 32“ de grain, d’un 16“ ensuite, puis d’un 8“ de grain; 
huit bouteilles du sirop dépuratif du docteur Devergie, 
sans aucune addition, et d’essence de salsepareille , avec 
addition de teinture d’iode. 

Celté observation démontre l’heureuse alliance des mo¬ 
difications du tempérament lymphatique aux mercuriaux. 
Les pustules ulcérées nombreuses qui couvraient ce ma. 
lade ne se sont cicatrisées que sous l’influence des bains 
sulfureux, et c’est à la teinture d’iode que nous devons la 
disparition du reste d’engorgement qui persistait dans les 
glandes inguinales, malgré la médication active employée; 
Fexpéiience a fait voir en effet que lorsque la syphilis a 
sévi plusieurs fois chez un individu avec prédominance 
lymphatique, les deux vices scrofuleux et vénériens finis¬ 
sent par se combiner ensemble, de manière qu’on ne peut 
déraciner ce dernier qu’en employant conjoiiitement avec 
les mercuriaux les armes qui conviennent au piemier. 
Nous ne finirons pas sans appeler l’attention sur un fait 
assez remarquable : nous avons vu que chez ce jeune 
homme le bubon avait précédé de quinze jours la nais¬ 
sance des chancres; M. Ricord cependant prétend que 
toujours le chancre se montre avant l’adénite, en opposi¬ 
tion sur ce sujet avec M. Devergie qui assure, avec beau¬ 
coup d’autres écrivains, avoir souvent remarqué le con¬ 
traire. Que conclure de l’opinion dé ces deux chirurgiens ? 
c’est qu’il ne faut pas en médecine ni en chirurgie se ser¬ 
vir des rnots toujours et jamais, comme nous l’avons en¬ 
tendu dire à l’illustre Dupuytren et à Astley-Cooper, car¬ 
ia nature vient souvent déjouer les diverses théories et 
les systèmes qu’on s’efforce d’établir avec tant d’assurance, 
Le vieux praticien qui s’est aperçu quelquefois que l’ex¬ 
périence elle-même était en défaut, se met en garde con¬ 
tre un esprit de système qui peut non-seulement lui por¬ 
ter préjudice à lui même mais encore à ses malades. 



HOPITAL DE LA CHARITÉ. — M. Velpeau. 

Calcul vésical chet un enfant. Taille bilatérale. 

Au n° l4 de la salle Saint-Ferdinand, est couché un jeune 
enfant de douze ans, très blond, d’un tempérament lym¬ 
phatique, se portant bien d’ailleurs, mais accusant depuis 
plus de quatre années déjà tous les signes caractéristiques 
d’une affection calculeuse de la vessie, tels qu’envies fré¬ 
quentes d’uriner, émissions douloureuses, cuissons à l’ex¬ 
trémité du gland, besoin de se tirailler la verge et gêne pé¬ 


nible au moindre, mouvement dans la région de ces viscè¬ 
res et en arrière des pubis. Lé cathétérisme pi-atiqué ne 
kissé plus douter de l’existence d’une pierre que l’on ren¬ 
contre constammen^u niveau de l’orifice nrétral, et qui 
semble même assez grosse pour rendre difficile l’introduc¬ 
tion de la sonde’dès que le bec decelle-ci a franchi la pros¬ 
tate , et pour empêcher surtout sa manoeuvre dans là vessie. 
L’exploration qu’on en peut faire au moyen du cathétéris-' 
me laisse supposer que ce calcul offre un diamètre d’au 
moins 30 mil!îmèj,res dans un sens; qu’il présenté uqe 
surface bosSelée, raboteuse ; qu’il est dur et probablement 
formé d’oxalâte de chaux. 

La considération de l’âge du sujet, puis celle du volume 
et delà nature présumés du calcul, paraissent à M. Velpeau 
trois motifs puissans qui contre-indiquent la lithotritie 
dans ce cas, et qui doivent la- contre-indiquer même aux 
yeux des plus chauds partisans de ce procédé opératoire. 

Quant à choisir l’nne des deux manières pour pratiquer 
la taille, M. Velpeau établit un parallèle entre les incon- 
véniens et surtout les suites fâcheuses qui sont à redouter 
de l’un et l’autre côté. 

<cSi dans la taille hypoga.strique, dit-il, on trouve ce pro • 
cédé plus facile, moins douloureux, on peut dire aussi 
que les dangers qu’il offre sont tout autres que ceux de la 
taille sous-pubienne. Dans celle-ci, en effet, beaucoup 
sont à craindre, et parmi les principaux, la lésion des ar¬ 
tères honteuses, la blessure soit du rectum, soit de la ves¬ 
sie ou des canaux éjaculateurs, etc. Par le haut appareil, 
au contraire, dn est garanti contre toute hémorrhagie ar 
térielle, à moins de circonstances insolites, comme deux 
ou trois cas en ont offert l’exemple. Il est impossible d’in¬ 
téresser ni les intestins, nLaucune des dépendances des 
organes génitaux ; niais deux accidens bien graves ne sau¬ 
raient inspïl'er trop de ertvintes : l’infiltration de l’urina 
dans le tissU ccllulaiçe intermediaire à la vessie et au pu¬ 
bis, et la lésion du péritoine.. Celle-ci à la vérité peut être 
facilement évitée, mais l’on n’est pas moins à l’abri de 
l’inflammation de ce viscère qui est souvent consécutive à 
cette opération dans tous les cas. Si elle survient, les 
chances n’en sont pas moins fâcheuses que celles de l’in¬ 
filtration de l’urine, qui bientôt devient purulente, gan¬ 
gréneuse. Ce sont donc deux accidens presque toujdurs 
suivies de mort, tandis que les dangers de la taille péri¬ 
néale permettent toujours d’espérer un résultat moins 
terrible ; toute hémorragie n’est pas mortelle : l’établis¬ 
sement d’une fistule recto-vésicale urétrale, ,ou dans quel¬ 
que partie que ce soit, n’intéresse pas immédiatement la 
vie ; la lésion des canaux éjaculateurs peut produire la 
stérilité, encore s’ils sont blessés des deux côtés, mais sans 
empêcher de vivre. En sorte que si les dangers de la taille 
sous-pubienne sont plus nombreux que ceux pouvant sur- 
- venir dans la pratique de la taille hypogastrique, ceux-ci, 
en l’evahche, sont beaucoup plus redoutables, quant à leurs 
conséquences, et qù’alors, à moins d’avoir affaire à un cal¬ 
cul supposé d’une dimension telle qu’il ne puisse franchir 
la plus grande ouverture possible au périnée sans de gra¬ 
ves inconvéniens, il doit être souvent préférable de recou¬ 
rir au procédé de la taille sous-pubienne que M. Velpeau 
a cru le plus convenable pour le cas qui nous occupe. » 

' N’ayant point d’idée certaine sur la gros.seur de la pierre, 
il a voulu a,ttendre après l’introduction de la sonde can¬ 
nelée, que les premières incisions lui permissent de mieux 
la constater, afin de ne faire, si cela se pouvait, que la 
' simple taillé latéralisée, ou bien, s’il le fallait, pratiquer 
la taille bi-latérale avèc le lithotome double de Dupuy- 
treri, ou enfin celle quadri-latérale de M. Vidal, si la di¬ 
mension du calcul était excessive. 

L’opération a été pratiquée samedi dernier, et supportée 
ar le pauvre petit patient avec le plus grand courage ; M. 
dpeau y a procédé par l’incision bi-latérale, après quoi, 
.ayant saisi le calcul avec les tenettes, et l’ayant amené au 
bord de la plaie, celui-ci s’est cassé sous des efforts cepen¬ 
dant assez légers, et il s’en est détaché plusieurs fragmens 
formant une espèce de coque incomplète, qui ont été reti¬ 
rés isolément; le noyau ayant été repris dans la vessie en a 


été enfin extrait en un seul morceau, mais non pas sanj 
difficultés, à cause de la grosseur : il représentait un (E^[ 
'aplati ayant une hauteur d’environ 47 millimètres (2l H. 
gués ), une largeur de 36 millimètres (16 lignes), et unj 
épaisseur d’environ 26 millimètres (13 lignes).. 

Une double injection à grande eau a été faite dans ]j 
poche urinaire, afin d’entraîner au-dehors les quelque, 
petits fragmens qui auraient pu rester adhérens aux pa, 
rois de la vessie que le doigt de l’opérateur avait bien ex. 
plorées auparavant, ou demeurer cachées dans les anfrac, 
tuosités qne présentaient les plans musculaires, aponévro. 
tique ou graisseux de la plaie à travers laquelle ils avaient 
dû passer. 

La rupture du calcul arrivant, comme aujourd’hui,au 
moment où il va être extrait et au .milieu de la cavité de 
la vessie ou de la plaie entre les mors des tenettes, a pon, 
inconvénient, heureusement rare d’ailleurs, de faire écla- 
ter. les fragmens de manière à les envoyer se coller anx 
parois de la vessie ou aux anLanctuosités de l’ouverture 
avec une telle force que dans un cas cité par M. Velpeauj 
la plus forte injection, plusieurs fois répétée, n’a pu les en 
détacher, et qu'il a fallu , pour les extraire , racler ton| 
l’intérieur avec le doigt ou la curette. 

Aujourd’hui lundi, l’aspect de la plaie et l’état général 
du petit malade sonron ne peut plus satisfaisans ; pendant 
ces deux nuits il a eu ün sommeil facile et tranquille; 
pas de nausées, pas de soif ; à peine un mouvement fébrile 
s’est-il établi ; le ventre est. souple; seulement, sous la 
pression, un léger sentiment de douleur se manifeste dans 
la région vésicale. L’application de quelques sangsues au- 
dessus du pubis le combattront s’il persiste. Tout annonce 
un heureux succès. X..... 



Académie des Sciences. —Séance du 13 janvie.i. 

Circpnstances qui influent sur le développement de la morvt, 
— M. le iiiinistre de la guerre écrit qu’une commission à élé nom¬ 
mée par son prédéc'e.'Seûr, à l’effet âé rechercher les causes de la 
plus grande fréquence de la mbrvé [iarlni l'es chevaux de nos ar¬ 
mées que parmi ceux des armées étrangères, et que cette com¬ 
mission l’a attribuée principalement au mauvais état dans lequel 
se trouvent beaucoup de quartiers de cavalerie, à l'insalubrité 
de la majeure partie des écuries, au défaut d espace laissé à chj- 
qqe cheval, et au manque de barrage pour séparer les chevaux. 

- La commission, dit M. le ministre, a eu dès-lors à s’occuper de 
présenter le projet d’une écurie modèle, et d’indiquer les condi¬ 
tions de hauteur, de longueür, de largeur, d’espacéinènt, de bar¬ 
rage, de pavage, etc., que devait réunir une eciirie pour que les 
chevaux y fussent dans la meilleure situation pfaysiqtie. La com¬ 
mission a proposé d’espacer el de barrer les chevaux à i mètre St) 
cent.; de les placer sur deux rangs dans uné écürie de 13 mètres 
de largeur sur 6 mètres de hauteur. Ces dimensions sont à peu 
près celles qui ont été adoptées dans les élablissemens militaires 
des puissances voisines qui ont vu ainsi la morve disparaître de 
leurs régimenS. L’espacement à 1 mètre 50 centimètres a eu pour 
but de permettra au cheval de se reposer', de faciliter le pan¬ 
sage, l’action de sellCr et de brider à l’écurie. La largeur de 13 
mètres a eu pour objet de laisser entre la croupe des deux rangs de 
chevaux l’espace suffisant pour le placement des auges d’abreus 
voir le long des grands côtés de l’écurie, et pour rendre prompte, 
facile et sans danger la circulation des cavaliers derrière les rangs 
des chevaux. Quant a la hauteur de 6 mètres , elle a élé déter¬ 
minée d’après l’opinion émise par la commission, qu’une quan¬ 
tité de 50 mètres cubes d’àir devait être assurée à chaque che¬ 
val pour qu’il fût placé dans une bonne condition de santé et de 
conservation. La commission s’est appuyée dans cette circon¬ 
stance sûr l’avis de plusieurs auteurs qui, après avoir comparé la 
capacité des' poumons d'un cheval à celle des poumons de 
riio.mme»' ont adopté ce chiffre de 50 mètres cubes d’air. 

Avaqt de prendre une décision sur cette proposition, je désire; 
dit M.’le ministre, m’éclairer de l’avis de l’Académie, Elle ap- 
prccierà ce que celte comparaison de la capacité des poumonll 
(l 'uh cheval à cèllè des poumons de l’homme peut avoir de décir; 
sif,;^ et .aura à tenir Compté = 1» de la masse d’air vicié dans une ! 
écurie par les déjections et par les exhalaisons de la litière déî 
Chevaux ; 2" de la nécessité, dans certaines circonstances, de te-, 
nir les chevaux à L)écuric pendant 24 heures consécutives ; 3» des 
moyens de ventilation par lesquels on pourrait renouveler uné , 
partie de celte massé d’air à des heures déterminées. 


et de séparer le tout par une virale entre les deux zéros que l’on 
mettra encore à la place des décimales. Ainsi : 

1 once mitlt. par 3 donne 3 c.-à-d. 3 décag. ou 30, gram. 00 

4 3 12 12 120, 00 

6 3 18 18 180, 00 

Enfin, personne ne saurait oublier que la livre équivaut à 500 

f rammes, égalant 50 décagrammes, 5 hectogrammes, ou demi- 
ilogramme ; et que par couséquent, le kilogramme, 1 Odfigram¬ 
mes ou 100 décagrammes valent deux livres. 

Si l’on adopte la méthode de multiplication que nous venons 
d’expliquer, nous pouvons faire remarquer, comme moyen mné¬ 
monique assez puissant, que pour multiplicateur on a un chiffre 
qui diminue d’un à chaque degré que l’on'remonle dans l’échelle 
des subdivisions de la livre, ou par proposition inverse, qui s’ac¬ 
croît d’un à mesure que la subdivision augmente, et, de plus, que 
le dernier chiffre du produit qui exprime le poids légal a une 
dénomination qui devient proportionnellement plus élevée et 
tout-à-fait relative à la valeur du chiffre qu’il représente. Ainsi : 
Le grain elle scrupule qui se multiplient par 5 donnent pour 
produit au moins des centigrammes et des décigrammes ; 

Le gros, multiplié par' 4 , donne au moins des grammes ; 

L’once, multipliée par 3, donne au moins des décagrammes. 

Mesures de capacité. Le praticien peut faire usage des sui¬ 
vantes, dont il retiendra la valeur comparative et le poids équi¬ 
valent d’après le nouveau système : 

ta pinte, qui pesait 2 livres, équivaut à 1 litre et pèse 1,000 gram. 
ou 1 kilo. 

La chopine, qui peiait une livre, équivaut à 5 décilitres ou demi- 
litre, et pèse 500 gramm. ou 5 hectog. 


Le verre ordinaire plein , qui pesait environ 4 onces, équivaut 
à 2 décililies et pèse 200 grammes. 

La cuillère à bouche, qui pesait 4 à 5 gros, équivaut à 2 centili¬ 
tres et pèse 20 grammes. 

La cuillère à dessert, qui pesait 2 à 3 gros, équivaut a 1 centi¬ 
litre et pèse 10 grammes. 

La cuillère à café, qui pesait 1 gros, équivaut à 4 grammes. 

La goutte; qui pesait 1 grain , équivaut à 5 çentigrammes. 

Mesures de loncueob. Enfin, pour compléter ce tableau , nous 
ajouterons la valeur acluelle des anciennes mesures de longueur 
que le praticien peut employer dans la prescription de vésica¬ 
toires ou d’emplâtres quelconques de telle ou telle dimension : 
Le pied ancien équivaut à enviroil 33 centimètres. 

6 pouces, 1® 

3 pouces et 8 ligues, 1 décimètre. 

1 pouce, .27 millimètres. 

1 ligne, 2 id. 

Et pour lea bandes ou autres pièces d’appareil plus ou moins 
longues : • 

L’aune .aiicienne équivaut à 1 mètre 20 centimeres. 

La demi-auiie, 0 . GO 

— Ces indications quelque peu étudiées et mises en pratique, . 
doivent, il nous semble diminuer les inconvéniens qui marqueront 
inévitablement les premiers temps de l'usage du nouveau système 
de poids et mesures ; et quant à ceux qui arriveront encore, nous 
désirons sincèrement qu’ils n’aient pas de conséquence plus f⬠
cheuse que celle d’une méprise trop singulière pour que nous n« 
demandions pas à nos lecteurs la permission de leur faire partager 
l'hilarité que nous a causé le récit de l’anecdote suivante : 


Chez un de nos célèbres tailleurs de la rue Vivienne, un mé- 
decin avait prescrit, au bas d’une formule, l’emploi du bouillon 
de veau fait avec un kilogramme de viande cuit dans deux litres 
d’eau. Soit que le patron étourdi depuis quelques jours des mots 
mètre et ceniimèiré (|üi lui résonn . eut sans cesse à l’oreille, se 
soit trompé en donnant sa commiss' .4 à faire, soit que sa domes¬ 
tique ait elle-même confondu avec ••x qu’elle entendait continiiel- 
lemenl répéter-.tolijours,est-il .qulau lieu d'un kilogramme elle 
s’en futdemandérau boucher un mètre Aeveau'i Celui-ci n'ayant i 
pas encore entendu parler d’un pareil poids, mais sp rejettant 
sur son peu d’habitude du système décimal, prit son guide-âné 
et trouvant au tableau comparatif des mesures de longueur qu’un' 
mètre vaut trois pieds et quelque chose de plus ; « Ah I. c'est 
cela, dit-il, il ne vous faut qiié trois pieds de veau avec un 
peu de réjouissance! Tenez, voilà ! u et la bonne emporia trois 
des pieds du veau , avec un peu de viande en sus. 

Pour celte fois , comme nous lé disions, il n’y a eu qu’à '^irep 
Dieu nous préserve d’erreurs plus préjudiciables!! J. Lj' 


— L’assemblée générale annuelle de l’Association de Pré-! 
voyance des médecins de Paris a èu lieu dimanche dernier 19 ■ 
' janvier ; nous rendrons compte de cette séance. 

— Les obsèques de M. le docteur Marc, premier médecin du 
roi, ont eu lieu vendredi à l’église de l’Assomption. On y re¬ 
marquait une députalion de l’Académie de médecine et plusieurs 
membres du Conseil de salubrité, ses collègues. Ses restes mor¬ 
tuaires ont été déposés au cimetière Montmartre, où différens 
discours ont été pro.noncés,, par M. de St-Alhin, gendre du dé¬ 
finit , par M. Pariset, au nom de l’Académie, et par M. Ol.liviec 
(d’Angers), au nom du Conseil de salubrité. 

















- 35 - 


Cas rare de pathologie chirurgicale. —M. Larrej fait en son 
„ Pt celui de MM. Roux et Bieschet un rapport sur un me* 
“n?re adressé par M. Bailleul, chirurgien à l’hospice de Belbec. 

l e cas qui fait l’objet de ce mémoire a rapport a un enfant de 
Jnuse ans , employé dans une fabrique d’indienne , equel eut la 
Se droite prise dans l’engrenage d’une machine de la force de 
Cm chevaux. La jambe , prise dans un intervalle de six cen- 
Stres environ, toiiiba entièrement détachée du reste du corps 
** hissant à quatre travers de doigts du genou une plaie irré- 
®“i;pre formée par le déchirement des muscles jumeaux, de- 
rvus de la peau. Le tibia , entièrement dénudé et fracturé en 
faisait une saillie de plusieurs centimètres; le péroné avait 
rompu plus haut à trois ou quatre travers de doigt de son ar- 
.■ ,.htion avec ce premier os ; la cuisse du meme côte présentait 
J V fractures au fémur, simples et sans solution de continuité 
parties molles, l'une à son quart supéreur et l’autre au quart 

e cMé gauche de la tête était encore le siège d’une plaie très 
•,régulière, de la largeur de la main. Plusieurs portions du cuir 
lhevelu étaient roulées en différens sens , et une partie de 1 os 
iétal était dénudé de son péricrâne, mais exempt de fracture. 

■ Le bras gauche , le dos et différentes parties du corps présen¬ 
taient cà et là des traces de contusion et plusieurs excoriations a 
la peau , car à chaque mouvement de l’arhre tournant, l’entant 
franpait contre les murailles ou contre le sol. 

Le blessé , quand le docteur Bailleul le vit, un quart d heure 
«aviron après l’accident, avait le corps tout froid , le pouls et la 
rp-’oiration à peine sensibles; la plaie ne fournissait plus de sang, 
ipais dans les premiers instans l’hémorrhagie avait du être con- 

^’sL^BaUIeul étant allé ehercher les instrumens et les médica- 
mens dont il avait besoin pour remédier à ces graves accidens , 
Ironva '5 son retour que le malade avait repris l’usage de- ses 
sens et dès ce moment il. eut l’espérance de le sauver. Il prali- 
oua peu de momens après, l’amputation de là janihe, au-dessous 
lu genou, et procéda ensuite au pansement de la plaie de la tête. 
Les bords de cette large déchirure furent réunis au moyen de 
bandelettes agglutinalives, et le pansement fut terminé par 1 ap- 
nlicatiori d’ün'appàr'eil convenable. .. . . 

^ L’enfant, mis au lit, fut pris d’un profond sommeil, suivi d une 
respiration àbbndànle, et bientôt ôn eut les espérances les mieux 
fondées d’une guérison qui, en effet, arriva assez rapidement, 
bien que la cicatrice de la plaie de la tête fut retardée par des 
eschares gangréneuses. On aurait sans doute, dit le rapporteur, 
évité celte affection gangréneuse, si l’on avait excité les larabMux 
désorganisés et débridé les angles de cette plaie contuse. Une 
autre remarque du rapporteur est relative à l’ordre dans lequel 
ont été administrés lès secours. M. Larrey pense que, dans ce cas, 
comme dans tous ceux où il y a plusieurs blessures inégalement 
graves, le pansement doit se terminer j?ar celle qui exige l’ope- 
ralion la plus grave. 

M. J. Guérin lit un mémoire sur l’intervention de la pres¬ 
sion atmosphérique dans le mécanisme des exhalations séreuses, 
(roi/-le’n» précédent.) 


ESSAI SUR UA thérapeutique GÉWÉRALE DES FRACTURES; 

Par Mathias Mavor. 

(Suite du n“ 3.) 

Les soins variés que réclamentcestissus, lors d’une frac¬ 
ture, n’ont, du reste, rien de particulier, et s’appliquent 
ici.de la même manière, dans la même mesure et dans le 
même but, qui soüt indiqués partout ailleurs, daus’ des cir¬ 
constances pathologiques analogues, et lorsqu’il n’existe 
aucune lésion osseuse. Ainsi donc, les contusions, les in¬ 
flammations,’ les dépôts, les hémoi rliagies, la gangrené, les 
séquestres, etc., tous ces états morbides sont exactement 
sur la même ligne thérapeutique, soit qu’ils compliquent 
une fracture, soit qu’ils existent en dehors de cette affec¬ 
tion. Aussi je ne m’en occupèrai pas davantage, et je ne 
m’arrêterai qu’aux agens mécaniques dont l’heureuse in¬ 
fluence permet de traiter toutes les complications possibles 
des fractures , exactement comme si celles-ci n’existaient 
pas, et comme's’il n’était question en réalité que de cette 
fracture crânienne dont nous avons jparle plus haut. 

Si ces considérations Otit quelque valeur pratique , elles 
suffiront déjà pour fah'e apercevoir le danger d’un seul et 
même mode de traitement des fractures, et celui de l’a¬ 
dapter, sans distinction aucune, à toutes celles de ces lé¬ 
sions qui se présentent, et sans nul égard pour leurs com¬ 
plications diverses. N’est-il pas étrange, par exemple, de 
préténdre et d’enseigner qu’un soi-disant appareil inamo¬ 
vible quelconque (et le ciel sait combien nous en possé¬ 
dons déjà) doit convenir à tous les états, quels qu’ils soient, 
où le trouvent les parties molles dans chacune des lésions 
traumatiques des os ? et ne répugne-t-il pas au gros bon 
sens et à la raison éclairée, d’admettre qu’il importe à la 
vérité de soigner bien exactement, et suivant toutes les 
règles de l’art, fchacune des nuances pdtlioiogiques des tis- 
fiitâ mous, pourvu qu!elles soient simples et sans aucuneaffec- 
Im du sp-tème osseux-, qu’au contraire ces mêmes lésions, 
non-seulémertt ne méritent pas la moindre attention, mais 
éncoi'e qu’on peut les traiter, dragonneir &t maltr'aiter impu¬ 
nément et en dépit du sén s commuli et des préceptes les 
mieux formulés de la science, alors qu’elles sont compliquées 
^affections plus ou moins graves des os sousyacens. 

Ainsi donc, une petite balle Vient-elle de traverser la 
cuisse sans intéresser le moins du monde le fémur, vite on 
prodigue tous les topiques antiphlogistiques imaginables 
(saignées, sangsues, glace) ; on met la plus grande sollici¬ 
tude à ne froisser, presser, ni serrer, en manière quelcon¬ 
que, le membre blessé ; on a bien soin d’éloigner de lui 
comme nuisible tout ce qui eist sec, rude et dur, pour ne 
l’entourer que de substances pulpeuses, douces et modé¬ 
rément chaudes ; ou bien on s’empressp de le mettre inces¬ 
samment au'bénéfice des irrig.’itlohs 'cohtinues, tièdes ou 
froides, et on éprouve-surtout le besoin de le voir ^t surveil¬ 
ler chaque jour, afin de modifier,s’il y a lieu, ce traite¬ 
ment rationnel et sf conforme aux lois dictées par la sa¬ 
gesse et l’obervalions. 


Mais (du moins d’après le beau système, à l’ordre du 
jour) si utr projectile, fût-il même plus volumineux que 
celui que nous venons de supposer, a labouré la cuisse 
d’un autre individu,^et s’il a, en outre, mis l’os en pièces, 
alors, nous dit-on très cavalièrement : Un pareil traite¬ 
ment local n’est plus de mise, et il faut s'empresser) au 
contraire, d'avoir recours à un appareil qui puisse se des¬ 
sécher et se durcir au plus tôt et comme du bois, qui soit 
c apable de comprimer fortement et immédiatement tout U 
membre, et qui ait mission de l’entourer si étroitement et 
si bien, qu’il ne soit plus possible ou facile ni de l’examiner 
ni de savoir au juste dans quel état il se trouvera pen¬ 
dant Dieu sait combien de semaines (1). 

Voilà pourtant où l'on en est Venu avec les belles doc¬ 
trines des appareils inamovibles L Telle est bien la dange¬ 
reuse conséquence qui résulte de leur admission dans la 
pratique! Et les hommes haut placés et chargés de l’en- 
seignemen! chirurgical , au dix neuvième siècle, appellent 
cela... un Progrès \ Ils en revendiquent la précieuse inven¬ 
tion , et s’en disputent l’honneur insigne I 

De semblables hérésies n’auraient jamais vu le jour, sans 
l’absence totale de principes et de vues thérapeutiques 
siir la matière. Ont-elles, peüt-être, leur excuse dans l’état 
actuel de là science et de la société, dans la pénurie de 
nps moyens matériels, ou dans la faiblesse intellectueUe et 
le trop petit nombre des chirurgiens de l’Europe et des 
pays civilisés? 

Sommes-nous donc réduits, en fait d’appareils à frac¬ 
tures, à tendre encore humblement la main aux fidèles 
continuateurs des Arabes, soit en Espagne, soit en Afrique? 
Ces étranges doctrines, qui font fureur, de nos jours, à 
Paris et en Belgique, sont-elles du moins utiles? Sont- 
elles parfois si indispensables, qu’on ne puisse guère faire 
autrement que de les adopter dans quelques cas rares de 
la pratique, spit civile, soit inilitahe? Se recommandent- 
elles, par hasard, par un mode précieux de simplicité, de 
commodité, de rapidité d’exécution, de sûreté, d’écono¬ 
mie, qu’on ne retrouverait dans aucun autre procédé 
connu? Pas le moins nn monde ! Car, outre que tous les 
appareils en usage partout, peuvent, lorsqu’ils sont cons¬ 
truits et appliqués avec quelque intelligence, liitter avan¬ 
tageusement avec tous les inamovibles connus, ainsi que 
je le prouverai plus bas , nous verrons bientôt que l’art 
possède des niodes de faire qui nê laissent rien à désirer 
sous tous les rapports imaginables, et qui présentent, de 
plus, le double avantage d’une position heureuse et fer¬ 
me des fragmens osseux, et d’une médication facile des 
organes qui les entourent. 

Or, ce dernier point est de la pluAhaute importance 
pratique ; car, On ne saurait trop le réfæter, le danger qui 
environne les fractures ne provient jamais de l’état où se 
trouve l’os lui-même, mais bien de celui des parties mol¬ 
les ; de sorte que, si nous pouvons, à l’aide d’un appareil 
quelconque, prodiguer tous les soins nécessaires ou con¬ 
venables à ces dernières, nous aui-ons, non-seulement de 
meilleüres chances de guérison , mais encore des données 
plus précisés pour prononcer « sur la possibilité de conser¬ 
ver le membre ou l’individu affecté, ainsi que sur la né¬ 
cessité d’amputer. » 

L’appréciation du point d’appui , de son mode d’agir et 
de ses usages est une source iûtanssable de brillans succès 
en chirui'gie. 

Il y Ù près de deux mille ans que, du haut des remparts 
de Syracuse, la voix d’Archimède proclamait, en face des 
hommes de son temps et de tous les temps, cette impo¬ 
sante et éclatante vérité : Un ùoint d’appui , et Von pourra 
soulever même la terre. Mais, dès lors et pendant ces vingt 
siècles , comment a-t-on compris et mis à profit cette 
grande révélation mécanique ? Pour les chirurgiens, du 
moins, elle est tombée dans le plus profond oubli, et, loin 
de s’enquérir de ce point important et si propre à soule¬ 
ver de lourdes masses ou à vaincre la résistance de forces 
considérables, ils ont l’air même d’ignorer qu’il faut né¬ 
cessairement un semblable point pour fixer les objets les 
plus subtils ; et que la bandelette agglutinative la plus 
étroite, la mouche la plus légère de taffetas dit d’Angle¬ 
terre, sont sans aucune action, si elles sont privées de cette 
ressource. 

Et, cependant, le point d’appui waret tout et partout, dans 
nos procédés opératoires et dans l’application de tous nos 
appareils ; c’est si bien cela, que l’homme de l’art, qui sau¬ 
ra le mieux voir, choisir, se créer au besoin un pareil 
point, et qui eti sentira toute la valeur pratique, sera l’un 
des plus habiles êt des plus bem’eux bienfaiteurs de l’hu¬ 
manité. 

Peu m’importe qu’on miaccuse de m’appesantir, dans ce 
mémoire sur des choses vulgaires et qui semblent sauter 
aux yeux de tout le monde ; car il faut bien que je brave 


(I) Il est manifeste que la plupart des reproches graves que 
je viens d’adresser, ici, aux appareils inamovibles peuvent 
s’appliquer, également, à celui dont les bandelettes de Scultet, 
les gros remplissages de tous genres, les larges et plates attelles, 
et les divers liens font la base , est qui est connu sous le nom 
d'appareil oY-dinairc. Ce dernier est, en effet, trop grossier et 
trop en opposition avec les exigences des tissus mous, dans lé 
plus grand nombre des fractures compliquées, pour qu’il mérite, 
parmi nos moyens contentifs, une place plus avantageuse que les 
inamovibles. Ce n’est, d’ailleurs et sans aucun doute, qu’après 
avoir reconnu l’influcncc pernicieuse de ce grotesque appareil or¬ 
dinaire , qu’on s’est rejeté et en désespoir de cause sur les inamo¬ 
vibles, et qu’on-a cru, par là, se mettre à l’abri des accidens 
inséparables du premier de ces agens de contention. Mais, par 
malheur, on est tombé dans Scylla en voulant éviter Carybde, 
et en continuant d’observer bien religieusement les merveilleu¬ 
ses inspirations de nos premiers maîtres, les rebouleurs et les 
barbiers. .< . 


la critique sur ce point comme sur quelques autres, pour 
établir solidement ma proposition et eh faire mieux res¬ 
sortir l’exactitude. Je n’ai du reste pas la prétention de 
m’écarter du doinaine chirurgical, c’est uniquement, ea 
mà qualité dé clinicien, que je chercherai à faire l’applw 
cation des paroles sacramentelles du profond génie de 
l’antique Sicile, et ce n’est d’ailleurs qu’aux jeunes prati¬ 
ciens et aux élèves que je-m’adresserai dans cette note. 

Je n’ai garde, malgré ce préatfibule, de vouloir leur 
apprendre, par exemple, que le malade a pour point 
d’appui un drap, celui-ci un matelas, ce dernier uU bois 
de lit, et je ne pousserai pas le ridicule jusqu’à prétendre 
encore que le lit est soutenu par le plancher, le plancher 
par les murs de la maison qui, elle-même, est supportée 
par le sol de notre planète, laquelle trouvp son point d’ap¬ 
pui dans la gravitation des corps célestés. Je dirai toutefois 
qu’une épingle , comme la plupart de nos plus précieux 
instrumens , a son point d’appüi dans nos doigts , lors-^ 
qu’on veut la faire pénétrer ; que ceux-ci, quand ils sont 
armés de corps étrangers, ont eux-mêtnes besoin de points 
d’appui particuliers , et que ces derniers seront d’autant 
mieux-choisis qu’ils se trouveront plus en rapport avec les 
principes immuables de la mécanique. J’ajouterai que le 
mode d’agir de la plupart des auxiliaires du chirurgien est 
conforme à celui des leviers, et qu’il peut être soumis à la 
rigueur du "calcul. Telles sont, par exemple, la clef de Ga- 
rengeot, l’aiguille à cataracte , etc. 

Il est assez intéressant, pour mon objet, d’essayer tout 
d’abord ce à quoi on n’a guère songé jusqu’ici, je yeux 
parler de l’analyse synthélique du inode d'agir d’une sim¬ 
ple bande après la saignée. La main de l’iiômme doit com- 
riiencer ici par animer ce faible lien, en lui communiquant 
un certain degré de force pour que celle-ci atteigne le but 
qu’on se propose, c’est-à-dire qu’elle devienne compressive 
sur un- point donné ; il faut que ce point soit surmonté 
d’un corps plus ou moins épais et, en quelque sorte, pyrami¬ 
dal (la compresse). Mais tout cela serait tout-à-fait illusoire 
et de nul effet. si nous ne trouvions pas le point d’appui 
qui nous est absolument nécessaire, derrière lé bras , au- 
dessus et au-dessous du coude. 

En serrant un éameau artériel dans un lien circulaire, 
on me demandera peut-être, où est alors le point d’appui? 
Il existe, pour chacun des points du tube ainsi étreint, 
dans l’extrémité opposée du diamètre correspondant ; de 
telle sorte que , si tous les points qui se trouvent sous le 
lien en question résistent avec une force égale, ils fini- 
ïont par céder aussi, et tous également, et par s’agglomé¬ 
rer et se serrer vers un centre commun. Mais si c’est un 
membre, la jambe, par exemple , que vous ayez soumise 
à une forte constriction circulaire, la région osseuse, plus 
résistante que les autres, servira de point d’appui au lien, 
pour agir avec plus de violence sur les parties molles ad¬ 
jacentes , et l’on verra , dans ce cas, l’agent constricteur 
s’enfoncer plus particulièrement dans ces dernièreé. C’est 
exactement ce qui arrive aussi dans la strangulation, où 
la corde a son point d'appui principal vers les vertèbres 
cervicales. 

(£a suite à un prochain numéro.) 


A M. le Rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux. 


Paris, 16 janvier 1840. 


Mon cher confrère, 


Dans la lettre que j'ai eu l’honneur de vous adresser à l’occa¬ 
sion de la mort de notre excellent collègue Sarlaudière, et de 
l’organisation d’une commission pour l’érection par souscription 
d’un monument à sa mémoire, je me suis engagé à publier les 
noms des personnes qui, partageant nos sentimens touchant le 
culte des morts illustres et de ce digne médecin en particnlièr, 
seraient venues joindre leur offrande à là nôtre. Aujourd’hui que 
notre voix a été entendue et nos efforts ’couronnés de succès, je 
m’empresse de remplir ce devoir de vive reconnaissance et de 
jpieuse sympathie ! Nous, cher cobfrèiê, qiii vous êtes empressé 
de 'VOUS associer à notre œuvre de justice et d’affection, en lui 
donnant toute la publicité dont vous pouviez disposer ( voirie 
n» 145 du 11 décembre 1833 de ce Journal), nous-croiridns vous 
faire injure en doutant que vous soyez heurêux de nous aider à 
la compléter ici. 

A part ses titres antérieurs, titres scientifiques et patriotiques 
importans et nombreux, à la haute distinction dont nous avons 
voulu honorer sa mémoire, Sarlaudière en possédait un, le plus 
glorieux entre tous, fruit de ses veilles de vingt années, connu 
seulement de quelques amis lorsque le surprit sa mort prématu¬ 
rée... Ce titre ou cet ouvrage posthume, publié aujourd’hui par 
sa faipille, viènt noblement justifier notre sollicitude ! En effet, 
le Traité du système nerveux dans l’état actuel de la science, 
à part quelques imperfections nées dès circonstances délicates 
dans lesquelles il a été rédigé, bien plus que de l’insuffisancé de 
l’auteur et des immenses difficultés du sujet, le Traité du systè¬ 
me nerveuà restera utilement et honorablement enregistré dans 
les fastes de la science, même après les travaux remàrqùàblës des 
Hunter, Monro, Reil, Scarpa, Legallois, Bichat, Gall, Spur- 
zheim. Cuvier, 'Tiedeman, Meckel, Carus, Çh. Bell, Magendie, 
Oesmoulins, Brachet de Lyon, Serres , Flourens, Broussais, 
Leuret, etc. 

En effet, ce travail, d’une grande richesse de faits bien obser¬ 
vés et logiquement interprétés, présente quelques vues nouvelles 
qui attestent la sagacité de l’auteur. De plus, il offre un mérite 
grand à nos yeux, celui d’avoir hardiment et religieusement 
suivi la voie vraiment rationnelle et philosopbiqne tracée par ses 
illustres maîtres Gall, Spurzbeim et Broussais ; voie hors de la¬ 
quelle (n’en déplaise à certains mauvais plaisans, ou à quelques 
sceptiques intéressés) l’étude de l’homme physique comme de 
l’hommè moral, et partant du système nerveux, ne s'àurait être 
désormais fructueusement entreprise... — Nousiioùs réservons, 
au reste, de revenir plus tard sur une œuvre qui mérite certes 

bien une MENTION spéciale! 

Agréez, etc. La Gohbière, d.-m.-p. 












Liste des, souscripteurs au monument Sarlandière. 


MM. à Hambourg, 400 fr.; Amiissat, D.-M., 10 ; Bessin, 
propriétaire, 2; Bouland, D.-M., 25 ; Bapt-Ménière, orfèvre, 6 ; 
' Broussais (Casimir), D.-M., 10; Capron, Cornu etGervaise, 3 ; 
Corbière (La), D.-M., 25 ; Clouqueur, employé, 15 ; Courtin, 

■ dessinateur, 5; Daoust, propriétaire, 154 95; divers anonymes, 
médecins et maçons, lOl ; Genissop, commissaire-priseur, 5; 

' Guillard, pharmacien, 5; Juge, rédacteur du Globe maçonique, 
10 • Lafargue, rue des Vieqx-Auguslins, 25; Leboyer-Demizy, 
D.-M., 10; Legros, fleuriste, 5; la loge de l’Amitié, Orient de 
Boulogne-sur-Mer, 60; la loge des Émules d’Assas, 25; la loge 
des Frères-unis-inséparables, 20; Mège, D.-M., 15; Pichonnière, 
D., 15; Ppcquel (par les mains de M. le docteur Bouland), 20; 
*** (id.), 20; Ratiez (id.), 20; Sarlandière (madame veuve),. 100 ; 
Sorlin, D.-M., 10; Talric', artiste, 10 ; Taskin, professeur de 

■ musique, 3; Tassy, D.-M., 25; Yissot, artiste, 2. Total 1,150 fr. 

95 c. , 

Le monument, situé au Père-Lachaise, a pour inscription : 
Anthropologie. 

Science et dévouement. 

A J.-B. SARLANDIÈRE, 

Ses conteiriporains reconnaissans. 


Madam.» ÉMILE CHEVÉ ouvrira un nouveau Cours de musi¬ 
que vocale et d’harmonie le samedi 25 janvier,, à sept heures du 


soir, rue des Maçons-Sorbonne, 21. Ce Cour» aura lieu trois fois 
par semaine. 


S’il est des vérités dont il faut continuellement frapper les 
oreilles, ce sont celles qui peuvent être utiles ; nous ne saurions 
donc trop rappeler les bons effets comme sédatif et comme diuré¬ 
tique du sirop de Johnson dans les affections nerveuses, palpita¬ 
tions et surtout dans certaines affections catarrhales qu’il guérit 
souvent dès les deux ou trois premières doses. En effet ce sirop a 
une action directe sur le système nerveux, et il ralentit l’action du 
C(eur ; comme la plus grande partie des irritations pulmonaires se 
trouvent sous la dépendance de cet organe, ces faits n’ont rien 
de surprenant. , 


AVIS AUX CLIENS DE LA CAISSE DES MÉDECINS. 
— Les gérans de la Caisse des médecins nous informent que les 
comptes de leurs cliens n’ont dû être arrêtés que le 1" janvier, 
présent mois, époque à laquelle a commencé la gestion de leur 
nouvelle société, et que ces comptes sont aujourd’hui à jour; 
mais que leur expédition et l’envoi qu’ils doivent en faire à do¬ 
micile ne pouvant avoir lieu que dans une quinzaine de jours au 
moins, ils ont pris les mesures nécessaires afin d’en opérer le 
réglement sur-le-champ, à leurs bureaux, à ceux de MM. les mé¬ 
decins qui ne voudraient pas attendre ce dernier délai. 

Quant à nous, nous sommes d’autant plus disposés à approuver 
celte sage mesure, qu’elle justifie pleinement la confiance que cet 
établissement nous a inspirée, ainsi que la loyale gestion de ses 
fondateurs. C’est un'précédent désormais établi, et d’autant plus 


utile qu’il sera favorable, nous en sommes sûrs, à la nouvelle 
Société. 

Nons rendrons compte incessamment des bases de eette Société 
dont les statuts viennent de nous être communiqués. Nous dirons 
cependant dès à présent qu’une simple lecture nous a mis à mênie 
de reconnaître que ces statuts paraissent répondre dignement i 
la confiance des médecins. 

Les obligations des gérans envers les cliens de laSociété, sont 
si sévères et si précises, si nettement formulées, qu’elles portent 
le caehet d’une administration vraiment intelligente. Elles sont 
d’une franchise rare et d’une probité si pure, en un mot elles as, 
surent une gestion telle, que c’est à nos yeux une réforme d’un 
caractère remarquable dans les affaires, et dont les fondateurs 
pourront, ajuste titre, revendiquer la priorité On pressent qu’elig 
obtiendra, dès qu’elle sera conntie, l’assentiment unanime des 
médecins, et tout le succès qu’elle mérite. 


De toutes les applications locales, celles qui nous ont paru le 
plus efficaces, pour les affections rhumatismales, nerveuses, glan. 
duleuses et les maladies de la peau, d’adrès une nouvelle épreuve 
du sieur Pelerin, pharmacien, rue de la Vieille-Bouderie, is^ 
qui, par une nouvelle découverte de substances douces et agréa¬ 
bles, tendant à calmer les douleurs les plus opiniâtres ; son papier 
chimique tant recommandé par la majeure partie des docteurs de 
la capitale, ne manquera pas d’être soumis à l’attention de nos 
praticiens les plus distingués. 

Dépôt chez le sieur Lanrençon, rue Saint-Avoie, 64. 


REIMPRESSION. — Nouveau mode de souscrip¬ 
tion par livraisons de 15 jours en 15 jours, 
à partir de la première. 

Chaque livraison composée de 3 feuilles de texte et de 6 planches 
avec leiir explication en regard. 


Traité complet 

DE L’ANATOMIE DE L’HOMME , 

Comprenant la Médecine opératoire, 

avec planches lithographiées d après nature ; 

Par le docteur BOURGERY et N.-H. JACOB, membres de 
la Légion d’Honneur. 

8 volumes in-folio en 90 livraisons publiées en quatre ans. Ou¬ 
vrage divisé en quatre parties : I. Anatomie descriptive. II. Ana¬ 
tomie chirurgicale et Médecine opératoire. III. Anatomie géné¬ 
rale. IV. Anatomie philosophique. — Renfermant seize Traités 
distincts.. 

Paris, librairie anatomique, chez Baillet, rue de l’Ecole-de- 
Médecine, 13. 


NÉMÉSIS MÉDICALE. 


RECUEIL DE SATIRES; 

2 Par un PUocéen. 

La Némésis médicale forme un ouvrage unique en - 

Outre le mérite spécial de la versification , on y trouve l’appré¬ 


ciation des diverses théories et systèmes, des diverses méthodes 
de traitement, et un jugement motivé sur les hommes et.sur leurs. 
actes. C’est en plus de huit mille vers, et dans le cadre le plus 
varié, une histoire complète de la science sous le point de vue. 
de la pratique et de l’enseignement. 

La Némésis médicale est jugée ; elle restera comme un exem¬ 
ple de difficulté vaincue et d’union intime de la science et de la 
p.oésie. Il n'est pas un médecin éclairé qjÿ ne tienne à placer dans 
sa bibliothèque un ouvrage dont le succès a dépassé toutes les 
prévisions. 

tjdNémésis médicale se compose de vingt-quatre satires de 

nid Aovife NrAi*c /•Iiamio PTIVIfflTI * VDIP.l ICS tltP6S dCS ScltlFCS * 


trois cents vers cliaque environ ; 


D'Introduction. 

2' L’Ecole. 

3' -L’Académie. 

4' Souvenirs du Choléra. 

6' M. Orfila. 

6e Le Concours. 

n* Les Examens à l’Ecole. 

8' La Patente et le Droit d’e¬ 
xercice. 


14” Les Charlatans. 

15' Les Spécialités. 

16' Les Sages-Femmes. 

17' Les Hôpitaux et les Clini- 


18' La Responsabilité médicale. 
19' Le Magnétisme Animal. 
20” La Phrénologie. 

21' Les Pharmaciens. 


9'LesObsèquesdeDupuytren. 22' Le Conseil royal de Plns- 


10” L’Homœopathie. 

Il* Les Professeurs et les Pra¬ 
ticiens. 

12« Les Etudians en médecine. 
13' Réveil. — Ecole. 


truction publique. L’Ins¬ 
titut. 

23' Les Lazarets et les Qua¬ 
rantaines. 

24” Mes Adieux. Conclusion. 


Prix des vingt-quatre satires : Pour Paris^O fri; pour les dé- 
partemens, fl fr. 20 cent. — On trouve la Némésis Médicale au 
Bureau de X^Gazette des Hôpitaux, rue de Bussy, 13, et chez 
tous les libraires. 

— Depuis quelque temps ou ue pouvait livrer des col- 
ections entières, plusieurs livraisons étant épuisées; elles 
viennent d’être réimprimées. 


4fr. 



BREVET D INVENTION. 

Exposition de 1831 

MÉDAILLE D’OR. 

;|B^B>GHARRIÈRE, coutelier, 
d’instrumens de 
chirurgie. Fournisseur dt 
ta F aculté de médecine de Paris, 

Rue de LEcok-de-Médecine, 9. 
Bouts de sein et Biberons en Ivoire flexible, de 
4 à 10 fr. 

Pompe simple à courant régulier sans réser¬ 
voir d’air, de 12 à 24 fr. 

Appuretl dja docteur Bonné pour les Cors, OEils-dë- 
Perdrix, etc.', de 5 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


ItMispennaMes LIVRES A TRES-BOA MARCHE, 

AUX MÉDECINS. CUcz Gaufrctf rue [Serrandoni, â 7. 


AUX GENS DU MONDÏ, 


OEuvres d’HippocRATE, latin et français. 2 vol. 15 S 

— de Celse, latin et français, 5 liv. 1 vol. ... 45 

— de Sydenham et d’HuxAM, traductions fran¬ 

çaises. 1 vol... . 6 

— de Pkingle et de Lind, traducliôns françaises. 

1 vol. 4 5 

— de Stoll, traduction française, avec les apho¬ 

rismes de cet auteur et de Boerhaave, et les 

notes de Pinel, Mahon , etc. 4 vol. 4 5 

Le Traite du siège et des causes des Maladies, de Mor- 

gagni, traduction française. 5 iwl. 18 

Les Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie, pré¬ 
cédés d’une analyse par M. le profasseur Marjolin, 
et suivis de trois mémoires inédits. 5 vol. ..... 18 
L'Anatomie générale et descriptive de Bichat, augmen¬ 
tée et annotée par MM. Gerdy, professeur à la faculté 
de médecine ; Huguier et Lenoir , prosecteurs à la 
même faculté; Malle, professeur agrégé à la faculté 
de Strasboure: Serres, membre de l’Institut. 5 vol. . 16 5 


de Strasbourg; Serres, membre de l’Institut. 5 vol. 
Recherches sur la Fie et la Mort, de Bichat, suivies des 
ouvrages de Buisson, sur la division la plus naturelle 


des.phénomènes physiologiques , et de Legallois 

sur le principe de vie. 1 vol.. . .. 4 

La Physiologie, par M. BrAchet, médecin de J’Hôtel- 

Dieu de Lyon. 1 vol... 5 

La Pathologie interne, de Joseph Frank, traduite par 
M. Bayle, professeur agrégé de l,a faculté de méde¬ 
cine de Paris, et divers autres collaborateurs. 2 vol. 2ï 
L'Hygiène, par Halle et Tourtelle, professeurs d’hy¬ 
giène des facultés de Paris et de Strasbourg, avec des 
additions et des notes de M. Bricheteau, médecin de 

l’hôpital Necker. 1 vol. 4 

La Médecine légale et la Jurisprudence médicale, par 

M. Eusèbe de Salle, D.-M. l vol. 4 

La Chimie médlcak, par M. Beugnot, D.-M.-P., an¬ 
cien chef des travaux chimiques de l’école vétérinaire 

d’Alfort. 1 vol.. 6 

Corvisart, Maladies du' cœur, Percussion de la poi¬ 
trine ; et Bayle, Phthisie pulmonaire, Pustule mali¬ 
gne, Anatomie pathologique. 1 vol. y 

Barthez, Maladies goutteuses ; et Zimmermann, Traité 
de l’expérience. Traité de la dysenterie. 1 vol. 


6 75 


AVIS ESSENTIEL.—^Pour juger de l’extrême bon marché de ces ouvrages, il suffit de remarquer que XAnatomie générale et 
descriptive de Bichat, enrichie de notes, coûte 16 fr. 50 c., au lieu de 45 fr., qui sont marqués sur le catalogue des libraires ; le 
Traité de physiologie coûte 5 fr. 25 c., au lieu de 15 à 18 fr., prix des Traités qui ont la même étendue que celui-ci ; la Patholo¬ 
gie interne, par’ Joseph Frank, traduite, annotée et augmentée, coûtera environ 26 fr. au lieu de 150 fr., que coûte l’ouvrage latin 
(édition de Leipsick). 

Les œuvres d’Hippocrate coûtent, latin et français, 15 fr. 50 c., au lieu de 60 ou 60 fr., prix de VHippocrate latin de Foës, et de 
la traduction de Gardeil. 

Les Mémoires de ïAcademie royale de chirurgie reviennent à 18 fr., au lieu de 50 à 80 fr., prix des éditions qui sont dans 
le commerce. 

S’adresser à Paris, chez l’éditeur, rue Servandoni, 17. — MM. les médecins obtiendront toutes facilités de paiement. — On peut 
s’adresser aussi à tous les libraires de la France et de l’étranger. 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 


De si*en giuérlr radicalement, ainsi que des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. — In-S'. Prix, 2 fr. 50 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Temple,' 16. 


:S^”FROBATJON de la l’aculie tle JfLBIJCfA 

r^CROCOLAT FERRUCINIMXXr 

DE coiiMEnr-T? DE : ; 

PhamiacieTi Rue SI Merr\, N? . À PARIS. 


Son goût est très agréable; il convient contre les Pâles 
conlenrs, les Pertes blanches, les nanx d’estomac, les 
Faiblesses, etc. Pour les Bnfans délicats et d'une constitution 
molle, le Chocolat ferrugineux est sous la forme de bonbons et par boîtes; 
réduction de prix, par un nouveau système de broyage et économie de 
main-d’œuvre, la livre de 16 onces, 5 fr.; les boites, 2 à 3 fr.—AVIS. MM, 
les Médecins sont priés de ne pas confondre le Chocolat ferrugineux 
de M. COLMET-DAAGE avec celui du même nom annoncé par un de 
ses confrères, et contenant unesubstance minérale purgative très active. 
Dépôt dans tontes lesprincipales villes de France et de l’étranger. 

(Exiger la Notice, qui sert d’instruction et qui se délivre gratis.) 


« Découverte..., Prodige de la Chimie! 


POMMADE DU LION 


t , les FAVORIS , les MOUSTACHES et 


Pour faire pousser en un mois les C____ __ 

BOURClliS. {Garanti infaillible.)—Prix : tx fr. le pot. — Chez L’AUTEUR , à Paris, ruk 
viviENNK, N” 4, au à côté du passage Colbert, près lè Palais-Royal. Et chez 
H. FRANÇOIS, SEUL O'ÊPOSITAIRE, même maison.—(Six pots-, 20 fr.—On expédie.’ 

- , -!«- —P.--—— - A —, 


—ATr[S 'essentiel : les coiffeurs, parfumeurs et autres Trompent en vendant 
de viles gontreRacons sans effets sons notre titre ; nous n’avons aucun 
DÉPÔT chez eux ni aili EUES. Le public doit acheter directement à l'adressé ol- 
dessus, SANS aucune exception, pour avoir la véritable Pommade du Lion emoposée 


essus, SANS AUCUN K EXCEl>TION , pC 

,.ar "auteur lui-même ; 5 années de r_ 

Nos pots sont revêtus de la Signature OI 
sur cire rouge, et accompagnés d'uu prospectu® ( 


SIROP CONCENTRÉ 


DE ROSES DE PROVINS, 


AUTORISÉ. Guérit en peu de jours les Pâles cou¬ 
leurs, Tes Perles blanches, les Maux d’estomac; relè¬ 
ve les forces digestives et rés ' 


BREVE’r D’IiWENTION. 

ALLAITEnENT 


ARTIFICIEL PERFECTIONNÉ. 


BMBJEnOW-POMPE de LECOÜVEY, 
abricaut potier d’étain, rue Grénétat, 41.(1 fr. 75 c.) 

On trouve aussi chez lui toute espèce de Seringues 
anciennes et modernes; Clyso-Pompe, Pompes-Serin¬ 
gues à jet continu, brevetées, inventées parDeleuil et 
perfectionnées par LECOÜVEY. Se charge aussi de 
confectionner tous les objets du ressort de son état 
pour MM. les inventeurs, et le tout au plus juste prix. 


PUNAISES 

DT INfüffiCTDÜ MUHSIBIaEN. 

LEUR DESTRÜCTM COMPLÈTE PAR 

L’INSECTO - MORTIFÈRE. 

Rue du faubourg Montmartre, 78. 


Paris, imprimerie d 


Plon, rue de Vaugirard, 36. 
















































JEUDI 25 JANVIER 1840. 


N* 10, TOMÉ û. 2* SÉRIE. 


GAZETTE 


ÆjiB 


HOPITAUX 


e Journal paraît les Mardis, Jeudis,^Samedis, 
îureau, rue de Bussy, 13 . 
innonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3mois,|9, fr.;|6 mois, 18 Ir. ; 1 an, 36 Ir. 
Départ., 3mois, 10fr.;6mois,20fr.; I an, 401.. 


HOPITAL DE LA CHARITE. 

Service de MM. Andral, BoriLLAun et Fouquier. 
fraitement de la chlorose par le laciate de feripar N. Manzini. 

h Lelactatede fer est une acquisition récente de la thé¬ 
rapeutique que l’on doit à MM. Gélis et Conté, internes à 
la Charité. Ayant égard surtout au peu de solubilité des 
{ préparations martiales en général, à leurs formes plus ou 
‘ «joins désagréables et aux accidens qu’elles déterminent 
parfois sur les organes'digestifs, ces messieurs ont eu la 
Mosée de les remplacer par le lactate de fer administré 
5 sous une forme commode, d’une digestion facile et surtout 
'■ agréable au goût. 

Les résultats déjà obtenus publiquement par MM. An- 
i dral, Bouillaud, Fouquier, Bally et autres praticiens ha¬ 
biles, ont bientôt consacré l’emploi de cet agent thérapeu¬ 
tique, dont les avantages paraissent incontestables. 

Voici le résultat des expériences teùtées à la Charité, et 
* que nous avons recueillies nous-mêmes. 

’ Le lactate de fer a été administré aux malades de cet 
hôpital sous forme de pastilles à la menthe, ou sans l’as¬ 
sociation de cette dernière substance. 

Il unit à l’avantage toujours précieux dans un niédica- 
inent interne, d’être excessivement soluble, celui de pré¬ 
senter aux organes digestifs un sel à base de fer, dont l’a¬ 
cide se trouve répandu en grande quantité dans le suc gas¬ 
trique et quelques autres humeurs de l’économie, et peut 
ainsi être administré à des doses peu élevées. ^ 

Il faut attribuer à l’insolubilité presque complété du 
sous-carbonate, samigration inutile le long du tubediges- 
tif et son expulsion avec les excrémens qu’il colore en rou¬ 
ge sans avoir lui-même perdu aucune de ses propriétés ; et 
du défaut d’assimilation de cette substance, résulte la f⬠
cheuse nécessité d’en administrer des doses énormes, qui 
ne se présentent successivement aux forces digestives que 
; pour les épuiser, et fournir à peine une absorption de quel¬ 
ques atomes. Il n’en est pas ainsi du lactate de fer, qui 
létant absorbé avec facilité, n’a besoin d’être administré 
des quanti tés faibles. M. Bouillaud n’a jamais dépassé 
icelle de 20 gr. dans les 24 heures, et MM. Andral et Fou¬ 
quier, celle de 12, c’est-à-dire de 12 pastilles, puisque cha¬ 
îne d’elles contient 5 centigrammes (1 grain) de lactate 
le fer. On commence ordinairement le traitement par six 
pastilles, 30 centigrammes (Ograisu), dans les 24 heures, 
j et l’on va en augmentant de deux pastilles de deux jours 
. eo deux jours. 

^ Nous ne dirons qu’un mot du sulfate de fer, lequel 
( étant soluble, pourrait être opposé au lactate du même 
métal. On sait, en effet, quels sont les inconvéniens qui 
résultent de son emploi, et les douleurs d’eston@cauxquel- 
; les il expose les malades. 

Les faits qui suivent fixeront mieux l’attenlâon sur l’ac- 
fion du lactate de fer. 

Chlorose; dysménorrhée; amélioration rapide. —■ M. Andral. 

Au n® 2 de la salle Sainte-Marthe, est couchée la iiom- 
mée Joséphine Leiter, âgée de dix-sept ans, cheveux ch⬠
tains, tempérament ly mphatique, réglée à seize ans, entrée 
le 23 novembre dernier. Il y a sept mois qu’à la suite 
d’une frayeur, elle vit sa santé s’altérer progressivement; 
figure décolorée; ses règles qui, auparavant, se mon¬ 
traient colorées et abondantes, devinrent peu considéra- 
rables, décolorées et irrégulières ; l’appétit diminua; pal¬ 
pitations et essoufflement au moindre exercice, et même 
pendant le repos ; bruit de diable dans les carotides ; souf¬ 
fle au premier temps du cœur. 

Vingt jours après son entrée, elle fut soumise à l’em¬ 
ploi du lactate de fer à la dose de 6 grains (6 pastilles) par 
jour. Le dixième jour son appétit augmenta : on continue 
les pastilles au nombre de 8, 10 et 12. 

Le mieux continue. Le 6 janvier, époque ordinaire des 
igles, elles apparaissent et coulent abondamment et très 
olbrées pendant quatre jours. 

La malade est encore à l’hôpital, et nous ajons pu cons- 
iterque le bruit du cœur accompagnant le pîêînier temps 
vait cessé, et qu’il nô restait qu’un bruit presqu’inappré- ^ 
iable dans la carotide gauche. 

Chlorose, dysménorrhée.— M. Bouillaud. 

Au n“ 6 de la salle Ste-Magdeleine est entrée le 27 no¬ 
vembre dernier la nommée Héloïse Garçon, âgée de vingt- 
quatre ans, cuisinière, de contitution moyenne, tempe • 
rament lymphatique, cheveux blonds, habituellement 
bien portante, à Paris depuis deux ans et demi, réglée à 
quatorze ans et demi. Ses règles coulent chaque époque 
pendant quatre ou cinq jours ; il y a trois semaines qu’elle 
les a eu pour la dernière fois, et depuis quelque temps, 
le sang est assez pâle. Maintenant, elle dit être malade de¬ 
puis un mois ; elle açcuse de la céphalalgie, des palpita¬ 


tions et des essoufflemens déterminés par la simple mar¬ 
che, et augmentant lorsqu’elle l’accélère ou qu’elle monte 
les escaliers ; enfin les jambes se sont gonflées. Sa maladie 
a été prise pour un anévrysme du cœur par un médecin 
de la ville, qui ordonna une saignée au bras, une applica¬ 
tion de 15 sangsues à la région précordiale, et des pilules 
de digitale. 

Le 28 novembre, elle était dans l’état suivant : figure 
d’une coloration pâle-jaunâtre, ainsi que le reste de la 
peau ; veines sous-cutanées affaissées, souffle au premier 
temps du cœur, circonscrit à l’orifice aortique et se pro¬ 
longeant dans l’aorte ; beau bruit de diable à la carotide 
droite ; souffle continu à l’artère crurale gauche, avec des 
reprises pendant la systole ; respiration bonne partout. Six 
pastilles de lactate de fer. ; 

On augmente progressivement le nombre des pastilles 
dans l’ordre suivant : 6 pendant deux jours, 8 pendant 
trois jours, 10 pendant trois jours, 12 pendant les autres 
jours jusqu’à la fin du traitement. 

Au 11 décembre, l’état de la malade est considérable¬ 
ment amendé : elle se sent bien, monte et descend les es¬ 
caliers sans essoufflemens ni battemens de cœur ; les joues 
sont d’un rouge vermeil ; la teinte jaunâtre de la peau 
est presque entièrement dissipée ; le double claquement 
valvulaire est bien frappé, sans souffle notable au premier 
temps ; par intervalle, léger sifflement musical double 
dans les carotides et dans la sous-clavière gauche ; quel¬ 
ques vestiges d’un bruit de diable diffus à droite ; les vei¬ 
nes sous-cutanées sont moins affaissées, et d’une couleur 
bleu azuré. 

Satisfaite de cet état, elle veut quitter l’hôpital sans 
attendre l’entière guérison. 

Chlorose, aménorrhée récente. — M, Bouillaud. 

Au n“ 1, salle Sainte-Madeleine, est entrée, le 28 no¬ 
vembre, la nommée Bottet (Elisa), cuisinière , âgée de 
dix-huit ans, de constitution lymphatique, délicate, che¬ 
veux blonds, à Paris depuis un an ; réglée à quatorze ans 
et demi, mais elle ne l’a jamais été bien. Depuis quelque 
temps elle est atteinte d’un écoulement leucorrhéique, et 
est sujette aux maux de tête, aux étouffemcos ; il y a plus 
d’un mois qu’elle n’a eu ses règles, car elles ont fait défaut 
à la dernière époque. Depuis six jours des douleurs se font 
sentir dans la jambe droite, et depuis trois ce membres’est 
gonflé jusqu’au genou. 

Etat actuel. Fond du visage pâle, pommettes légèrement 
colorées, inappétence, prédilection pour les mets acides, 
selles normales, bruit de diable aux carotides , bruits du 
cœur à l’état normal; faiblesse générale, essoufflemens et 
palpitations au moindre exercice ; veines sous-cutanées peu 
apparentes; pouls mou, fluctuant ; bruits du cœur clairs 
dans l’aorte sous-sternale. Six pastilles de, lactate de fer; 
eau de Spa. 

On porte progressivement à douze le nombre des pas¬ 
tilles à prendre dans les vingt-quatre heures. Le 11 dé¬ 
cembre, se contentant de l’amélioration qu’elle ressent, et 
itnpatiente d’ailleurs* de quitter l’hôpital, elle exige sa sor¬ 
tie, quoique ses règles ne soient pas revenues. Du reste, 
elle déclare se trouver bien ; l’appétit, qui était nul au mo¬ 
ment de son entrée, est tellement développé aujourd’hui 
qu’elle mangerait toujours. Elle se sent forte ; les joués 
sont bien colorées ; elle monte et descend les escaliers sans 
éprouver ni essoufflemens, ni palpitations. Les veines sous- 
cutanées sont apparentes et ornées d’un reflet azuré, dû 
manifestement à la bonne coloration du sang qui les tra¬ 
verse ; le pouls a perdu de sa mollesse et de sa fluctuation. 
Un léger bruit se fait entendre par intervalle dans les ca¬ 
rotides. 

Aménorrhée ; chlorose consécutive. — M, Fouquier. 

Au n® 3 âu de la salle Sainte-Anne, est entrée, le 21 no¬ 
vembre dernier,'la nommée Caroline Blessodsser, âgée de 
vingt-un ans, constitution lymphatique , cheveux blonds,' 
réglée à seize ans ; elle a toujours été bien réglée de¬ 
puis jusqu’à l’âge de dix-neuf ans, époque où elle éprouva 
une suppression complète, ayant eu l’imprudence de plon¬ 
ger, en hiver, les mains dans de l’eau froide, dans un mo¬ 
ment où l’écoulement du flux cataménial s’effectuait; Cette 
suppression persista pendant dix-huit mois et s’accompa¬ 
gna de tous les symptômes de la chlorose. 

Au dix-neuvième mois les menstrues parurent sous l’in¬ 
fluence des préparations martiales, de l’armoise, du safran 
et autres emménagogues ; l’eau ferrée n’était point sup¬ 
portée et était vomie ; mais après s’être montrées encore 
le mois suivant, les règles se supprimèrent de nouveau, et 
maintenant elles ne se sont plus reproduites depuis quatre 
mois. 

Etat actuel. Bouffissure de la face, perte de l'appétit, 
constipation , palpitations de cœur au moindre exercice, 
bruit de souffle au premier temps, bruit continu dans les 
artères carotides ; céphalalgie, éblouissemens, douleur 
et œdème des membres inférieurs. Léger mouvement fé¬ 
brile. 


Le 22 novembre, six pastilles de lactate de fer ( six 
grains). 

Le 24, appétit augmenté (six pastilles). 

Le 26, appétit continu ; cessation de la fièvre et de la 
céphalalgie (huit pastilles). 

Le 29, les règles arrivent colorées ( dix pastille.s ). 

Le 30, névralgie sus-orbitaire s’irradiant vers la tempe 
(douze pastilles). 

Le 4 décembre, l'appétit continue ; le bruit artériel est 
presque nul ; il devient intermittent de continu qu’il était ; 
plus d'éblonissemens, plus de palpitations. 

Elle sort bien portante, le 6 décembre. 

Aménorrhée; chlorose manifeste. — M. Fouquier. 

Au n® 15 bis de la salle Sainte-Anne, est entrée la nom¬ 
mée Adèle Dupaut, âgée de dix-huit ans, constitution lym¬ 
phatique, cheveux blonds, réglée à seize ans. Il y a seize 
mois qu’étant à Corbeil, elle perdit l’appétit, éprouva des 
palpitations de cœur, des douleurs dans les membres et 
dans la tête; des étourdissemens, des essoufflemens en 
montant les escaliers, et les règles cessèrent de se moritrer 
aux époques habituelles. On 'Im donna pendant un mois 
de la tisane amère et du safran (^ mars à mai) ; elle ne re¬ 
tira de retraitement que peu de bénéfice, et le cessa par 
suite de dégoût. Un mois après cette cessation les règles 
survinrent. 

Au mois de septembre 1839, elle arriva à Paris. En 
août, à la suite d’un travail, elle avait éprouvé des batte¬ 
mens de cœur, des douleurs à la tête, aux membres, des 
étourdissemens etd.es coliques. Depuis, elle a cessé de tra¬ 
vailler, ej tous les symptômes annoncés ont persisté jus¬ 
qu’au moment de son entrée. 

Alors, aux symptômes ci-dessus indiqués s’ajoutaient un 
bruit dans les artères et un au premier temps du cœur, de 
la gastralgie, de l’œdème des pieds et de la bouffissure du 
visage. 

Le 20, six pastilles de lactate de fer (12 grains). 

Le 23, la céphalalgie diminue, l’appétit revient. 

Le 27, plus de douleurs dans les membres ; l'appétit 
augmente ; elle se lève, va au jardin sans éprouver de pal¬ 
pitations ; elle a, en rentrant, de légers étourdissemens. 

Le 30, coloration des joues ; le bruit des artères est dimi¬ 
nué. Elle craint de perdre sa place ; et, se contentant de 
l’amélioration obtenue, elle veut sortir à tout prix. Elle 
prenait alors 10 pastilles. 

Chlorose bien prononcée, aménorrhée ; conséculhement à un 

accouchement ; communiquée par le docteur Hardy, chef 

de clinique à la Charité. 

Une dame âgée de vingt-un ans accoucha en novembre 
de l’année 1839; à la suite de l’accouchement, phlébite 
très grave des membres inférieurs (frictions mercurielles), 
stomatite gi’ave ; convalescence lente, état chlorotique 
bien marqué, pâleur et bouffissure de la face, palpitatione 
et essoufflement au moindre exercice, gastralgie, faiblesse 
générale, impossibilité de se livrer aux marcheâ les plus 
, courtes ; les règles ne paraissent pas, quoique cette dame 
ait toujours été bien réglée jusqu’au commencement de la 
grossesse. Six mois après Faccoiichement , flux hé- 
monhoïdal abondant, et depuis, cette hémorrhagie sup - 
plémentaire se renouvelle aux époques menstruelles; tous 
les .symptômes indiqués plus haut persistent. 

Pendant l’été, séjour à la campagne : amélioration. A 
l’automne, retour à Paris : les symptômes chlorotiques 
reparaissent avec une nouvelle intensité; la malade ne 
peut faire deux pas dans la rue sans être obligée de s’ar¬ 
rêter pour reprendre haleine ; douleur à la partie anté¬ 
rieure de la poitrine, décoloration de la peau de la face, 
étourdissemens fréquens, bruit de la tête, bourdonnement 
d’oreilles. 

Le 1®'' décembre 1839, lactate de fer à la dose de 8 
grains continués tous les jours. Trois jours après, aug¬ 
mentation de l’appétit ; huit jours aprè.s, coloration sen¬ 
sible de la face ; sentiment de mieux. Quinze jours après, 
la malade peut faire à pied une course assez longue ; le 
12 décembre, époque à laquelle devait apparaître le flux 
hémorrhoïdal supplémentaire des règles, rien ne parait 
sans qu’elle en soit indisposée. Auconiinenceinent de janvier 
1840, les symptômes chlorotiques sont dissipés : plus de 
gastralgie, coloration normale de la peau, plus d’essouffle- 

mens, plus de palpitations, plus de douleur à la poitrine; 
la mabde peut faire de longues courses sans se fatiguer. 

Le 10 janvier, environ quatorze mois après l’accouehe- 

ment, les règles apparaissent abondamment. 

— Dans tous les cas qui précèdent, le premier effet du 
lactate de fera été de ranimer l’appétit: tel a été le résultat 
également obtenu par tous les individus de la ville de notre 
connaissance, qui, sans être chlorotiques, avaient de l’in¬ 
appétence due probablementà un embarras gastriquenon ' 
encore bien caractérisé. Avec le retour de l’appétit et l’in¬ 
gestion des alimeus, ont cessé les douleurs gastriques et la 
céphalalgie qui semblait en quelque soite se rattacher à 
l’état morbide de l’esjtoraac. Ejuuite, retour progressif de* 
















forces i cessation des essonfflemens et des bruissemens aux 
oreilles ; diminution des palpitations ; coloration commen- 
*çante de la pèau ; dîSiinutiôn ou disparition des brûits 
cardiaquès et artéridis ; distension et coloration des Véines. 
sous-cutànéés ; marche et ascension des escaliers aisées, et 
sans être suivies palpitations, soit d’essO^Sfftentfeljs ; 

passage de l’abattement moral, de la tristesse ou de l’a- 
patliie, à'des.pensées gaies qt èn rapport avec l’âge des ma- 
ladef.-Enfinj réapparition des règles, leur coloration dans 
les cas où, tout en persistant, elles étaient pâles; retour 
complet à la santé. 



HOPITAL D’AVIGNON. — JVf. Chadifard. 

De ropium dans la syphilis. 

Dans mes mémoires de médecine pratique, je rapportais ; 
quelques exemples de vérples dégénérées, rebelles aux 
mefcùriaux, et guéries par l’opium: voici siu’.ce sujet trois 
nouvelles observations qu’il me semble utile de faire con¬ 
naître. 

Première obsermtion. — M. Millot, négociant Israélite, 
avait eu plusieurs syphilis que Ton avait traitées par les 
mercuriaux. Dans l’été de 1834, il reprit une gonorrhée,^ 
laquelle s’accoinpagua bientôt d’ulcère au pénis et d’un bu¬ 
bon indolent. Le mercure, sous diverses formes, fut ad¬ 
ministré de nouveau, mais, pour cette fois, bien infruc- 
tueusèment : car ce malade arriva à Avignon, jaune, exté¬ 
nué, amaigri, tourmenté par l’insomnie, par des douleurs 
ostéocopes, et pouvant à peine se soutenir sur ses jambes. Il 
portait vers la racine de la verge un chancre vaste, à bords 
calleux, à fond grisâtre et dégénérant en fistule borgne ; 
au bras droit, un ulcère large et arrondi comme une pièce 
de cinq francs ; à Faîne, uii énorme tubercule soulevant la 
eau en forme de pain de sucre, et celle-ci toute livide, 
es plaies étaient d’une grande sensibilité ; le périoste des 
os de Farticulation cubito humérale droite était très gon¬ 
flé et douloureux ; des tumeurs gommeuses s elevaient sur 
Favaut-bras, , ■ 

A la vue de cettje organisation si profondéinént dégra¬ 
dée, desséchée et toute souffreteuse, je préférai aux mer- 
curiaux les bains, les tisanes sudorifiques, l’essence de sal¬ 
separeille, le lait et les analeptiques. Les symptômes ne 
s’aggravèrent pas, mais ils ne s’aftaiblkent point ; Fopiuin 
fut alors administré d’abord à la dose de 2-graiiis par 
jour, bientôt à celle de 4 , puis de 6 , et en dernier lieu à 
celle de 12. Le malade insista long-temps sur ce remèdfe, 
et peu à peu ses ulcères prirent une couleur vermeille, 
des bords mollets, et se cicatrisèrent. Les périostdsês se: 
fondirent en même temps, l’embonpoint et le sommeil se! 
rétablirent, et cette cruelle et générale exaltation de la 
■sensibilité nerveuse se calma. 

Le traitement local se composa de fréquentes cautérisa¬ 
tions des bords et du fond de l’ulcère fistuleux et de Celui 
du bras, malgré la vive douleur que la pierre infernale 
occasionnait : et j’appliquai un morceau de potasse caus¬ 
tique sur le tubercule de Faîne , qui se détruisit rapide¬ 
ment. , 

Deuxième obseràalton. — Marguerite Bellerue, â^e de 
vingt-deux ans, de lia Haute-Loire, fut atteinte , dans le 
mois de juin 1838, de chancres superfleielà aux parties gé¬ 
nitales et d’un bubon à Faîne droite, qui se développa 
avec lenteur et s’ouvrit spontanément à la fin du mois de, 
juillet. Il en, sortit beaucoup de pus ; et cette fille se confia 
alors à un pharmacien qui, pendant trois mois, la traita 
par les anti-syphilitiques. 

Elle se rendit à l’hôpital le 6 novembre ; le bubon était 
fermé dequis trois semaines, mais il y avait sur la grande 
lèvre droite des végétations assez fortes, dures et rouges, 
que le pharmacien consulté avait déjà cautérisées à plu¬ 
sieurs reprises. On lui prescrivit les pilules de Dupuytren 
et la décoction de salsepareille ; le 19, on y associa des fo- 
. juentations avec l’eau de mauve et de pavots. 

Au mois de janvier 1839, un autre médecin prenant le 
service, ordonna le 7' des bains de siège avec un demi-gros 
de sublimé corrosif et des lotions avec le chlorure de 
chaux. Le 12 , il suspendit ces moyens, et le 26 reprit le 
traitement de Dupuytren. Le 11 février, de rechef lotions 
.chlorurées, bains entiers mercuriels. Dès cette époque, cau¬ 
térisations avec le nitrate acide de mercure : on insiste de 
la sorte jusqu’au mois d’avril. , 

Le médecin qui entre alors en fonction prescrit le proto- 
iodure de mercure ; on l’abandonne , de guerre lasse, le 
12 juin, et le 25 de ce mois lait avec le muriate d’or ; ti¬ 
sane de salsepareille. - 

En juillet, mon tour arrive, et le 4 je descends à la salle 
des Vénériens : cette malheureuse était pâle, amaigrie, se 
traînant avec peine, ayant perdu ses forces, l’appétit et le 
sommeil : du pénil à l’anus on voyait une masse d’indura¬ 
tions rougeâtres, saignantes, couvertes d’ichor, avec l’as¬ 
pect et la fétidité des cancers ulcérés, la plupart à base 
assez élendue, d’autres à pédicule, naissant les unes des 
autres, iraplânlées en tout sens, sur le dehors et le dedans 
des grandes et des petites lèvres, qUi avaient perdu leurs 
formes et qui,ne semblaient plus séparées; car de la vulve 
et des colonnes du vagin jailiissaient aussi des végétations 
qui se perdaient dans celles du dehors. Le haut de la cuisse 
qui se confond avec le périnée et le bas des grandes lèvres 
était aussi envahi et, couvert de semblables indurations , 
mais moins proéminentes et à base plus large. 

Je prescrivis de cesser toute cautérisation avec le nitrate 
acide de mercure, qui avait .été continué, une ou deux fois 
la semaine, depuis le 11 du mois de lévrier ; l’excision 
soigneuse et souvent renouvelée des poils, le repos absolu 
au lit, un bain entier et quotidien de trois heures eni 


virôn ; dans lequel la malade Serait portée ; des fomenta¬ 
tions froides et non interrompues soit ave'c l’eau pure , 
soit avec une eau émôllienle, sur toute cette masse ulcé- 
réè ; une simple tisane d’orge et deux pilules -d’opium, 
chacune d’un demi-grain, l’une pour le matin, l’autre poul¬ 
ie soir. Dès le cinquième jouC, la dOse d’opium fut aug¬ 
mentée , la malade dormant et reprenant de l’appétit. Le 
6 aorit, elle était à 6 graims, et le 28 septembre à 14 grains 
d’opium par jour, n’éprouvant que des lassitudes instanta¬ 
nées de la tête , qui devinrent plus considérables lorsque 
je voulus donner seize grains ; elle lest^ donc à,cette dose 
dé quatorze grains jusqu’au l5 octobre, joui-auquel je 
commençai de la diminuer ; elle en cessa l’usage le 3 no¬ 
vembre. 

Ce traitement fut exécuté ponctuellement dans toutes 
ses parties. Cette fille, qui comprenait très bien l’horreur 
et le danger de cette position, s’apercevant qu’elle souffrait 
moins, qu’elle ne puait plus autant,-mit à le suivre touté 
son intelligence et tout son courage ; elle avait repris de 
l’espoir. Bientôi j’en conçus moi-même ; car, peu à peu 
ces productions s’affaissèrent, dérougirent et ne saignèrent 
plus. Je commençai alors à en exciser quelques-unes avec 
des ciseaux plats , à lier celles dont la base était énorme 
et à les retrancher après vingt-quatre ou quarante-huit 
hetues de ligature ,‘lorsqu’elles se flétçissaient ; celles qui 
étaient moins élevées se desséchèrent d’elles-mêmes. Enfin, 
à force de patience, et sous la manifeste influence de l’o¬ 
pium , un mois avant qüe cette malade ne sortît, il n’y 
avait plus que des cicatrices linéaires bien solides et p⬠
lissant chaque jour, là où il y avait eu une telle dégrada^ 
tion dé tissus et de formes,, . 

J’avais fait voir cette fille à divers praticiens et au doc¬ 
teur Flaubert, de Bouen; elle à quitté l’hôpital, le 29 no¬ 
vembre , et vit en ville, sage et retirée, de son métier dé 
couturière, 

ü, — Quelquefois, l’opium fait supporter,le sublimé. 

Troisième ’ôtsermiion. — Un ancien militaire, qui avait 
eu;'én 1813; une gonorrhée, dés chancres et un bubon, 
estatleint, eAl835, d’un large ulcère àla paroi postérieure 
du pharynx. Comme ilh’avaitjainàis repris dé mal véné¬ 
rien, on traite cette maladie par les émolliens et lés révul¬ 
sifs sôü's toutes les formes. 

Le malade entre plus tard à l’hôpital avec le visage 
bouffi, les yeux, battus, la peau décolorée, amaigri, affai¬ 
bli par des sueurs nocturnes, avec la voix rauque et cassée, 
âveô la déglutition difficile. L’Ulcère s’élevait dàns leS fos¬ 
ses nasales postérieures èt descendait dans le haut del’tfe-' 
sophage, horsde la portée de Fceil: ii était blafard, impré¬ 
gné d’un pus verdâtre et visqueux ; Ses bords se déjetaieht 
sur les côtés et dépassaient lés piliers postérieurs duVdile 
du palais. C’était tout l’aspect d’un cancer ; oU venait d’es¬ 
sayer successivement le sublimé pur, le sublimé associé à. 
une faible dose d’opium, mais en vain. Je prescrivis l’O¬ 
pium seul et à dose assez élevée, sans modification favora¬ 
ble. Jè le combinai alors de nouveau avec le sel mercu¬ 
riel dans une proportion assez considérable, et que j’aug¬ 
mentais chaque quatrième jour ; le malade en prit jusqu’à 
vingt grains dans les vingt-quatre heurès: La dosé dü su¬ 
blimé , d’un quart de grain d’abord, ne fut portée qu’à 
deux tiers de grain par jour, et se composa en total d’un 
demi-scrupule. 

Bar ce traitement, peu à peu Fulcèré se détèrgeà , se 
éoUVrit de bonnes grânulations, ses bords s’affaissèrent, 
et une cicatrice bien organisée s’établit enfin. L’isthme du 
gosier seulement se trouva rétréci par l’adhérence dès an¬ 
ciens bords de l’ulcère avec les piliers postérieurs dé la 
luette. Le malade recouvra un teint animé et dè la vi¬ 
gueur; sa voix ne fut pas sensiblement altérée. 

— Au moment oîi l’on a tant discuté sur la locaiisaiion*àe la 
parole dâhs les lobes antérieurs du cerveau, j’ài eu l’occasion 
dè faire l’atltopsie dont les détails suivent. 

Une octogénaire qui vivait dans l’hospice des Indi- 
■gens et qui était d’un caractère fort gai, avec la parole vive 
et les, mouvemens décidés, a été transportée à l’hôpital, 
dans ce mois de décembre, à demi-paralysée des membres 
et ne pouvant pas parler. Elle connaissait cependant, re¬ 
gardait, cherchait à répondre, et, le troisième et quatriè¬ 
me jour, le faisait obscurément, avec effort, par monosyl¬ 
labes mal articulés. Les jours d’après, elle ne put plus 
prononcer le moindre mot; elle s’éteignit le dixième jour, 
la paralysie générale n’ayant cessé d’augmenter. 

J’ouvris moi-même son cadavre ; tout le cerveau était , 
intact, sauf quelques faibles marques d’injection sous- 
arachnoïdienne très diffuse. La dure-mère' était fort adhé¬ 
rente au crâUe, surtout dans sa partie anterieure ; l’artère 
basilaire et la cérébrale gauche antérieure étaient obstruées 
par une matière blanchâtre, cartilagineuse, étaient closes 
et en voie d’ossification. 



IIOTEL-DÏEU. —M. Roüx. 

Abcè's mammaire pris pour une tumeur squirrheuse double 
incision; issue d’un flot de pus; rcjlexions. 

Au n“ 9 de la salle des femmes, est couchée une femme 
âgée de vingt-huit ans (Cranton Catherine). Cette malade 
est bien constituée, très brune, et n’a pas, dil-êlle, éprou¬ 
vé de maladies sérieuses. Jamais elle n’a eu d enfans, et 
dit même qu’elle n’a jamais eu de rapports avec un hom¬ 
me. S’étant aperçue du dévèioppémettit d’une tùïneur^ 
sein gauche, il y a deux mois environ, elle fit consultèt M. 


Boux en son nom. Sur les renseignemens qu’on lui doiuj i 
ce chirurgien, croyant avoir affaire à une tumeur de natuJ 
squh rheuse, fit engager la malade à entrer dans son se, f 
vice, afin de pouvoir mieux établir le diagnostic et Fopéfjt 
s’il y avait lieu. Celle-ci accepté volontiers la propo'sitÎQ J 
et fut admise il y a une quinzaine de jours. 

La tunïèur çxistàit au seiU gàûche ; elle' n’offraî'f 4 | 
vue aucune bosselure anormale; le développement 4 
sein était uû développeinèùt de la totalité, plus seusiliij 
néanmoins à la partie interne, vers le mamelon. Andi,j 
de M. Roux, ce point était bosselé, et il était imposât 
d’y sentir la fluctuation ; la coloration de la peau ne pij' 
sentait rien de partieulier. Il n’y avait pa^ là, pour ceptj; 
fesseur, réunion ,de signes suffisais pour soupçonner l,jj 
présence d’un abcès mammaire, idée que devait faire es/ 
dure l’origine de la maladie, qui ne succédait pas à l’allai', 
temëiit 6it à uUe lësioU extérîéure quelconque ; tous Ijji 

. symptômes, au contraire,, venaient confirmer les assertiotjj 

pfémièrés sUr la Uature du mal. Après Un examen pjjJ 
sieurs fois répété, l’opération fut remise au sixième joa, 
le lùhdi 1.3. : ’ 

Après lès précautions d’usage, le chirurgien procédà} 
l’opération eh pratiquant à la peau deüx incisions sethi, 
elliptiques, ayant de 12 à 14 cehtimètrés environ de lût. 
gueür(4 à ôpoUèèS). Ces deüx incisions, qui se confondaiei) 
exactement par leui’s • éxtrérhités, embrassaient la plj, 
grande partie du sein ; aU centre du lambçau se trouvé Iti 
mamelon. On allait entamer l’Ot^âue plus profondémeiii | 
et commencer la dissection, lorsqu’un côüp dè scalpel pa,!’ 
té vérs la partie la pins déclive dè là tumeur, sur l’incisioni 
interne, fit jaillir un flot de pus d’une assez bonne nature, 
à la grande stupéfaction du chii'Urgièn' et dès assistans : oj 
n’alla paS plus loin. La plaie fUt panSéè à plat, et là mala- 
dè reconduite à son lit; 

Le 14, la malade était dans un étât assez satisfaisant j'ia 
suppuration a’ corttinuéde sortir par Fiheision qui luiav^it 
donné issue. Le sein était revenu à son volume primitif, 
En introduisant le doigt indicateur dans le'foyèr, M. Boiu 
ci’oii découvrir que l’abcès était exactement circonscrit 
dans Fépaîsseür de la glande mànimairë. 

Le 19, on continue le même pansement. La malade ji’a 
pas éprouvé d’accidens, et tout porte à pénsél- qü’èlle gué¬ 
rira en conservant le sein, malgré les deux énormes inci¬ 
sions qui l’isolent presque tout entier. 

On ht dans une thèse sbufèhue-lors du dèrriiér concoiin 
pour l’agrégation etl chirurgie, sous les yèüx de M. Roux 
qui faisait partie; du jury, les réflexions sdlVàhtes: <( Il« 
forme quelquefois dans la mamelle, sous Fiiiflüehce.d’uèe 
inflammation chronique, des Collections de pus dôiltle 
début échappe à l’observation, à cause de la lenteur mh 
laquelle se fait l’accumulation : D’autres fols, il sé mâiri. 
feste d’abord quelques symptômes qui indiquent une 
phlegmasie aiguë,, et qui ne tardent pas à disparaître. .’B 
reste cependant, dans la profondeur du sein, tine turaént 
indolente, jsaas changetneat de couleur à la pescuv 'êfeqç 
tumeur s’accroît; la fluetttation dérieüt sensible; on pra¬ 
tique une ouverture, ét il s’écoule Une quantité quelque¬ 
fois considérable de pus semblable à celui dès abcès fi oiè. 
Les phénomènes que je viens d’exposér s’acebinplisseht 
dans un temps plus Ou moins long, qui peut varier dèpuis 
un ou deux mois jUsqu’à deux où trois anS: « (Thèse 1859, 
A. N' iaton, page39, §IVj Abcès chroniques de laïué- 
melle.) ; 

Ces abcès ne sont pas une découverte récènte ; M. VèÉ 
peau en rapporte quatre exemples dans Son Traité des Ui3 
ladies du sein; A. Gooper raconte également deux faitsdj 
ce genre. M. Roux les connaissait, car il a cité Cooper dais 
la leçon diniqua qu’il fit à ce sujet; il lui eût donc été 
facile de rappeler que le chirurgien anglais avait vu dès 
chirurgiens « qui, après avoir commencé l’opération pal 
l’ablation du- sei% S’apercevaient de leür méprise au M 
de pus qui, s’échappait à travers une-ouverture faite par 
hasard àuX parois dé l’abcès dans lé cours de l’opéra- 
tioh , » et tjué' lè rel'n'è'de à un accident semblable était 
dans la ponction exploratrice qu’il avait eu soin de faire 
avec le secours d'une lancette,’ dàns les deux cas qu’il avait 
recueillis lui-mêu\e (OEüvres chirürgicàW de A. Cooper, 
trad. par Chassàignac et Richelot, p. 508), 

Enfin le Dictionüâire'âé médecine, qui compte M. Roux 
parmi ses rédacteurs, à publié un cas de ce genre (t. XŸlt, 
p. 353): La malade âvait.été vüe par MM. Marjolinet 
Laugier ; la tumeur offrait les caractères d’un squiirhe, ét 
l’ablation en avait paru nécessaire. M. Laügier ayant con¬ 
çu quelques'doutefe, fit urîe ponction exploratrice : le pus 
sortit aussitôt ; Fôuverturc fut agrandie et la guérison ce 
larda pas à être complète. ', i- 



Académie de Médecine. — Séance du 21 janvier, ■>, 

M. Pariset lit le discours qu’il a prononcé sur le tombeau «te 
Marc. . |. 

M. Blandin fait 'un rapport sur un mémoire de M. Baillarger, 
relatif à fa structure intime de la substance grise des circonvolu¬ 
tions des hémisphères du cerveau. (Comité de publication.) 

M. Cherviii lit un rapport sur une observation de mélanose 
ou,coloration partielle delà peau en noir. ■ ' : 

L'Académie m’a chargé de lui rèndre compte d'un cas de mé- 
iJnosè, 6u, pour mieux dire, de nigritie, observé à Gibraltar, «« 
1838 et en 1839, èt qui lui a été communiqué par M. le doCteHt 
Gillkrest, son correspondant dans cette 'place. , ; ; 

Le sujet de cette obsérvatioh est une ferhrae de vingt-huit ans, 
nommée Marie Ahglen, née de parens sâiris, à San Lucar dé 
Barraraeda, près de Cadix, et qui réside à Gibraltar depuis l'an¬ 
née 1828. Avant 1838, cette feinme n’avait éprouvé d'autres ma¬ 
ladies que la sca'platine, la rougeole et fa fièvre .-jaune, qu’elle eut 
à Cadix, èri 1819. Réglée ^ l’âge de trgize ans,,,!» menstruation } 
■toujours èû liéu ëliez elle d’une manière régulière, excepté pen- 















-^9 - 


Jgnt ses grossesses. Mariée à vingtUin ans, elle a pu trois enfans 
éu’clle'a.a'lait®®V et dont le dernier a été sevré pendant le 
de fa maladie qui vâ''nous occuper, ayant alors treize mois. , 
Ayadf son màriàge, Marie Anglen éxerçait la profession Âe 
brodeuseî maïs ile'püîs cette époque, éHe y a renoncé pour s’oc¬ 
cuper des soins de son ménage. Elle a toujours fait usage d’une 
nourriture saine. Avant de tomber malade, elle avait une bonne 
constitution, assez d’embonpoint et le teiÀt brun : son tempérà- 
jnent est éminemment bilieux. Le logement qu’elle occupait, dè- 
uis deux ans et demi, avec trois autres personnes, lors de l’inva¬ 
sion de sa maladie, ne,se compose que d’une seule pièce au pre¬ 
mier étage, et cettè pièce est en même temps mal éclairée et mal 

* Dans le courant du mois d’août 1838, Marie Anglen s’aperçût 
' nu’illui était survenu sur l’hypocbondrè droit Une tumeur du v6- 
lunie d’un oeuf de pigeon. Ellé fit une apjplicatîôn de sangsues sut 
cette partie, et ne voyant pas de lûieUx immédiat, elle abandonna 
cette tumeur aux soins de la nature, et elle disparut insensible¬ 
ment quelque temps après, sans qu’on eût recours à aucune au¬ 
tre médication. . 

"Vers la fin d’octobre de la même année, Marie fut atteinte 
d’une oplitlialmie double qui dura jusqu’à la fin de novembre. 

La malade assure que du 20 au 24 du même mois, elle fut prise 
de vomisseméns après avoir mangé une soupe faite avec de la 
■ viande de bœuf et un morceau dé jambon; soupe qu'elle avait 
préparée élté-même dans un pot de terre vernissée, qui avait déjà 
mrvi plusieurs fois au même usage. Elle assure,^ en outre, que sa 
nière et ses trois enfans, qui mangèrent de la même soupe, eureift 
aussi des vomissemens. 

Ces accidens persistèrent chez notre malade et s’accompagnè¬ 
rent en outre d’une-'sensibilité à l’épigastre et d’un état de fai¬ 
blesse. Les vomissement prènatit de jour en jo.nrplus d’intensité,^ 
la femme Anglen se décida à consulter un pharmacien qui lui 
prescrivit un purgatif qui donna lieu à plusieurs sellés bilieu¬ 
ses ; mais, loin de diminuer, les vomissemens allèrent touju'""! 
en augmentant^ et à la sensibilité de l’épigastre succéda une d 
leur très forte et une soif vive. 

Voyant son état empirer, le 20 défembre Marie Anglen fit 
appeler un doclèur espagnol, M. Diaz. Suivant ce médecin , la 
malade avait beaucoup, maigri^; elle toussait considérablement et 
se plaignait de douleurs assez intenses aux parties latérales de 
la poitrine ; les vomissemens persistaient avec violence ; le pouls 
était petit et fréquent. D’api^tif s conseils de ce médecindes 
sangsues furent 11fiplîqué'ésiaux parfies latérales de la poitrine et 
à la région épigastrique ; la malade fit lisage dé bôjssonS qiuci- 
laginéusesj èf, Vous cétte médication, les vdmisemens s.’arrêtèrent. 
Mais commç, la toux persistait , un vésicatoire fut appliqué à la 
partie sternale de la poitrine et l’on fit des frictions sur Je dos 
avec la pommade stibiée. Là toCiîr éédà fi là Vufté dé l’emploi dè 
ces divers moyens, et la malade put se lever pendant les trois 
premiers jours de janvier 1839. 

Mais il survint à cette époque une nouvelle série de symptô¬ 
mes graves. Marie Anglen commença à se plaindre d’un engdur- 
dissemént aux pieds, accompagné de fourmillemens fort incom¬ 
modes. Les vomissemens ayant d’ailleurs reparu sans avoir été 
provoqués par aucun excès , la malade fut obligée de se reiq^tlre 
au lit; des sangsues fprent appliquées dç nouveau à l’épigaStre ; le 
lendemain un sinaÿiîsme fut placé siirVètle région. Malgré ces 
remèdes, le vomissement pcrsislà Bf' les 'évàcUalions alpines 
étaient devenues fréquentes. 11 survint en outre une toux sèche 
pendant la nuit, très fatigante pour la malade , accompagnée 
de viôlènles palpitafio'ris de cceîïr'; ces hcctdêns furent combattus 
par les moyens indiqués ci-dessus 5 él dé plûs pat les àhli-spas|^ 
modiques et, sous cette médication, le» symptômes qui se présen¬ 
taient pendant la nuit cessèrent au bbuf de quelques jours , niais 
les vomissemens et la diarrhée persistèrent, fîtes sangsues furent 
appliquées à l’épigastre et à la marge .de l’anus et eure»- pour 
effet de modérer la fièvre, et les éeîtquations alvines devinrent 
naturelies, de noirâtres et sanguinolentes qu’elles étaient aupa¬ 
ravant. Les urines devinrent aussi moins foncées en couleur. 
A cette époque l'engourdissemept et le fourmillement des pieds 
allaient en augmentant et étaient accompagnés d’un sentiment 
de chaleur et de douleur. La malade commençait aussi à ressentir 
des mêmes symptôibes à la paume des mains. 

Ce fut à cette époque que le médecin s’aperçut que la peaii 
de Marie Ahglën avait éhahgé de fceuleur ^t “avait pris une 
nuance plus îoric'éë. Cé Rangement éïàftbien marqué aa cou et 
au tronc ; la face et les extrémités, tant supérieures qu’inférieu¬ 
res, n’avaient subi aucune altération de couleur. LCV VoVAiàSÎ!^ 
mens persistaient toujours, nlhisiifs ^fêlàiéûLta.qbiptitanément■ 
par l’usage des boissons gazeuses. Des symplômes cérébraux se ‘ 
manifestèrent aussi, mais ils cédèrent promplémefft'àf'rès bh'o a'J- 
plicalions de sangsues aux régions;mastoMieftaes.,Un vesicàtoire 
appliqué à l'épigastre arrêta enfin les vomissemens, qui ne se 
sont plus montrés que nar des interyallesjtrès-courts.; . ; 

La douleur des ^iéds etdês nidins augmentant, on fiVdes lo - 
lions anodynes sur ces paiiiës, ïaàis sans obtenir aucun soulage-, 
mént. D’nn autre côté, là colocatiôn de la peau en noir prdnait 
■ de l’intensité aux parties indiquées précédemment- Plus tard, 

- celte coloration s’ést aussi manifestée aux cuisses et , aux bras, 

. mais avec moins d’intensité» Les conjonctives s'ont toujours res¬ 
tées à l’état normal. 

Le 16 février 1830, il y eut une réunion demédebins chez la 
'malade, qui se trouvait alors dans son lit, couchée Sur le dos, et 
dans l’impossibilité de se mouvoir, ta^nt étaient fortes les dou¬ 
leurs qu’elle éprouvait aux pieds et aàx niaiçs. Sa physionomie 
, était très abattue. A l’ifisp'eclion du corps, on fut frappé de la 
'touleui-fiôirâtre du cou èt de fout le tronc ; cette altération de 
'couleur allait en diminuant aux cuisses et aux bras, et se perdait 
'insensiblement aux jambes tet aux avafit-bras. En examinant lés 
parties fortement toloréeS, On f décÙuvrait des granulations 
qu’on ne rencontrait ni aux jambes ni Aux brhs. Lé jpoûls était' 
très petit et donnait 140 pulsations par minute; la langue élait 
couverte d’uu léger enduit bl.inchâtre, mais ne présentait de la 
rougeur ni sur les bords, niù la pointe,; elle était d’ailleurs hu- 
'Aide. La malade n’accusait tic dUnietir fii ai’éStomac, ni dans 
aucune autre région de l’abdomen. Son appétit était assez bon, 
ei elle digérait àssièz bien Ib peu d’affinens qfl’b’rt lui donnait, 
malgré les mauvaises nuits qu’elle passait, par suite d’une toux 
'sèche accompagnée ôe très,fortes palpitations au cœur. Le Inatitt 
ées symptômes disparaissaient complètement : les douleurs des 
extrémités persislàicht seules, mais' avec un peu moins d’inten- 
'sité q'uE pendant le jour. Les urines, examinées avec soin, paru- 
rentnormales; les évacuations alvines étaieiit de nature bilieuse, 
'mais régulières. Dans Iç but de modérèb les sympl'ônies les plus 
■ülaràianiS; oii OedonnaiàdB malade une p'otion- anli-spasmodique et 
auodync, des bains tièdes de peu de durée, ’ct l’on- fit fomenter 
les extrémités douloureuses avec une solution de 2 grofe d’extrait 
de belladone par livre d’eau. La toux et les palpitatiohs cessè¬ 


rent bientôt, mais les douleurs des extrémités allant 
mentant, on substitua alors à la potion un demi-grain de sulfale 
de morphine à prendre matin et soir. 

On revit la malade au bout de cinq à six jours , et elle 
trouvait à peu près dans le même état : son pouls présentait ce¬ 
pendant une amélioration bien notable, puisqu’il était tombé à 
112 pulsations par minute. On pratiqua ce jour-là une saignée 
du bras d’une demi-once pour reconnaître si le sang avait subi 
qtfelqües altérations; il parut être à l’état normal. Un vésiçatoire, 
■ de la gra'ndeur d’une pièce de déux francs, fut appliqué sur l’ur 
des hypoebondrés. Le lendemain on enleva l’épiderme avec soin 
et l’on recueillit la sérosité, qui n’offrit rien de particulier. L’é¬ 
piderme, étendu sur un morceau de verre, présentait une couleur 
grisâtre foncée produite par des particules tie pigmentum qui y 
étaient adhérentes et il était tout-à-fait analogue à la couleur de 
l’épiderme provenant d’un nègre à qui on avait eu occasion d’ap¬ 
pliquer un vésicatoire, 

Plus tard on remarqua que l’épiderme commençait à se déta- 
cber par petites parties aU dos, au ventre et aux aines ; on voyait 
sur les draps du lit une assez grande quantité de poussière noire 
provenant de l’exfoüation de l’épiderme. Les jiarties privées de 
cette enveloppe offraient une couleur moins foncée. 

Les divers moyens indiqués ci-dessus furent continués pendant 
quelque temps, mais sans diminuer en aucune manière les dou¬ 
leurs des extrémités inférieures et supérieures de Marie Anglen. 
Outre cela il se manifesta à cette époque une paralysie complète 
du mouvement aux mains et aux pieds, ces derniers commencèrent 
même à devenir œdémateux. Ces symptômes ont persisté pendant 
plus d’un mois , et quefques-uns ont disparu à la suite de fric¬ 
tions mercurielles faites sur le trajet de la colonne vertébrale. 

Le 4 juin 1839 les douleurs des exirémités avaient presque 
. cessé el les mains avaient repris leurs mouvemens ordinaires dans 
toute leur étendue ; les pieds n’étaient plus œdémateux , mais ils 
étaient encore privés de mouvemens el conservaient un excès de 
sensibilité très remarquable au simple toucher. 

L’état général de la malade avait, au surplus, beaucoup gagné ; 
elle restait assise toute la journée ; elle avait de la gaîté , son ap¬ 
pétit était bon, et ses autres fonctions se faisaient régulièrement.- 
Il existait encore à cette époque suc la poitrine et sur le ventre 
des plaques noires assez grandes qui se détachàient peu à peu. 

L’observation intéressante dont je viens de donner une analyse 
rapide pourrait fournir matière à de nombreuses remarques : 
mais le rapport què j’ai l’honnedr de soumettre à rAcâdémîc 
n’étant qu’un simple rapport verbal, je me bornerai à dire que la 
malgilie de Marie Angleu me paraît avoir une très grande ana¬ 
logie avec la maladie qui a régné épidémiquement à Paris en 
1828 et iS29, et qu’on a désignée sous le nom d’érythème épidé¬ 
mique, d’acrodynie, d’accodysie, etc., etc.» portée au plus haut 
'degré. 

M. le docteur Gillkrest étant membre correspondant de l’Aca¬ 
démie, M. Cbervin ne prend pas de conclusions : il demande de 
vive voix qu’il soit adressé une lettre de remerciemens à l’autéùr 
dEi''ob^ërvalion. 

— M. Dupuj lit un mémoire intitulé : Courtes réflexions sur 
des expériences physiologiques applicables à l'économie rnrale. 
Ce travail n’étant qu’un mélange déconsidérations insaisissables 
à l’analyse, nous ne pouvons en faire connaître le contenu."' 

— Un médecin allemand, M. Haim, lit une note sur un cas de 
grossesse accompagné d’bydropisie de la matrice et de délire. 
(Commission.) 


tel que le mouton. 

HOPITAUX DE PARIS. — BUft^U CENTRAL. 
*Cours ■pratique sur les hernies ; pli M. Malgaigne. 
(Sixième Leçon.^ 
tou DÉVELOPPE5IE1VT 1 


Dans la demièiè séance; nous avons terminé rhislowe 
hernies de l’enfance î nous avonfe 
àbjbüfd’hui à aborder celles de l’âge adulte et de la vieil¬ 
lesse, |jui difièrent essçntiellem^t dès pienliifrs en ce 
qu’il n’y a plus de coinnmnication entre la grande cavité 
du périt oine'et la tunique vàginaie. Celle-ci demeure bor¬ 
née à la circonférefate du testicblèet né rehlonlé guère 
plus haut; il faut donc désormais qiie la lietniê féjpousse 
devant elle le péritoine et se crée un sac nouveaü et qui 
n’existait pas à l’état normal. 

Je lais abstraction des hernies de ces organes, qui iiian- 
lent naturellement de sac herniaire, et forment tumeur 
1 cote où le péritoine ne les rbvêt point. Les dispositions 
anatomiques expliquent parfaitement comment alors les 
choses se passent. 

La progression de la hernie est ici curieuse à observer. 
Elle est d’abord petite, ne se montre qu’à l’anneau ingui¬ 
nal int^ne, sous la forme d’uné petite saillie demi-sphé- 
lique. Elle n’arrive donc pas d’emblée jusqu’à l’anneau 
externe, en vertu de sa forme même , qui n’est pas celle 
d Un Coin, mais bien celle d’une boule ; ce qui diminue la 
force dte dilatation nécessaire pour prendre ainsi du pre¬ 
mier coup droit de domicile dans le canal inguinal. Le 
malade est averti par un craquement dontil a conscience. 
Ce craquement, signal de la première résistance vaincue, 
peut être ou n’être pas accompagné de douleur. La dou¬ 
leur, quand elle exist’e, s'è pèfçoit à l’anneau même, ou 
vers les lombes, par suite de la traction du péritoine ; quel¬ 
quefois elle existe seule et sans avoir été précédée du cra¬ 
quement. Sou intensité varie ; tel malade s’arrête un ins¬ 
tant ; et puis, un sehtant plus rien, il continue le travail 
qui a causé sa hernie commençante, hernie encore inaper¬ 
çue pour lui. Tel autre, après cette douleur brusque et ai¬ 
guë, est obligé de se reposer quelques heures, sans oser 
bouger. Eufiu, il en est qui sont forcés de quitter le tra¬ 
vail pendant plusieurs jours, et même de garder le lit. J’ai 
vu moi-même un malade alité durant l’espace de trois se- 
niaities par suite de la dojileur réveillée à chaque mouve¬ 
ment, et cependant sa hernie était presque cachée, surtout 


pour des yeux inattentifs, et sans aucun étranglement. 

Ainsi donc, à son début, le plus oïdinairement la hernie 
est d’un petit volume ; elle forme la pointe , et, dans les 
premiers temps, elle échappe au malade, ne faisant encore 
u’une saillie très légère que la vue apprécie mieux que le 
‘loucher. 

* Aussi est-il rare d’être consulté pour des cas de ce genre, 
et c est là sans doute cé qui fait que le premier degré a , 
échappé aux bandagistes comme aux cliirurgiens. Mais il 
est commun de le retrouver sur les hernies secondaires 
dont n 


à 1 heure, et c’est ainsi que nous 
avons pu l’étudier et que nous vous en avons montré de 
nombreux exemples. 

Un peu plus tard la hernie grossit. Généralement, par 
suite d’un nouvel effort, le malade ressent encore de la 
douleur dans la région inguinale correspondante; il y 
porte la main et alors seulement il découvre la tumeur ; 
-c’est à ce moment que la plupart viennent nous réclam,er, 
au bureau central un bandage. Si la hernie est abandonnée 
à elle-même, elle descend et occupe successivement tout 
le canal inguinal. On lui a donné alors le nom de hernie 
intrà-pariêtale ou intrà-intersticielle; puis elle apparaît au- 
dehors de l’aimeau exteine , c’est le bübonoc 'ele ; puis à la 
région scrotale, c’est Yoschéocèle. Jamais l’oschéocèle des 
adultes n'approche le testicule d’aussi près que les hernies 
du jeune âge. Une rainure circulaire fait le plus souvent re¬ 
connaître la ligne de démarcation de l’organe spermati¬ 
que et de la tumeur herniaire, et l’embonpoint seul peut 
l’effacer. ^ 

Telles sont les quatre périodes que parcourt successive¬ 
ment la hernie inguinale des adultes , et il est rare qu’elle 
en franchisse deux ou trois à la fois. Je n’ai jamais vu une 
hernie jusque-là inaperçue du malade, arriver par un ef¬ 
fort jusque dans le scrotum ; j’ai rencontré deux ou trois 
cas où elles avaient franchi l’anneau du premier coup ; 
mais il est permis de douter, si avant ce dernier effort il 
n’y avait pas déjà une pointe ou même une hernie inter¬ 
stitielle , et, ce qui vient à l’appui de cette manière de voir, 
c est que jamais je n’ai vu et que je ne connais pas nn seul ^ 
exemple d’une hernié d’adulte ou de vieillard qui se soit 
étranglée au moment même de son apparition. 

Voyons maintenant les phénomènes qu’entraîae la her¬ 
nié uuefoîû pt'odüité, 

La hernie est-elle dans le canal inguinal, elle forme une 
saillie oblongue, non pas étendue, comme lë dit Scarpajf^ 
de l’épine iliaque antérieure à' l’épine du pubis, mais djiffi 
anneau à l’autre ; ce qui est beaucoup plus précis. Elle est 
située, comme on sait, dans la tunique du cordon, et se / 
trouve à quelques lignes au-dessus de l’arcadé crurale. 

Quand elle pst an ivée hors de l’ann’eau externe, souvent 
au niveau de cet anneau la tühieur hërhiaii è subit un ré¬ 
trécissement ; ce (^ui la fait paraître composée par deux 
renflemens, l’unsupérieur occupant lé canal, l’autre infé- 
l’aine. Les deux renflemens sont séparés uàr 


—TW. Ae/zaii/dprésente une jiièce pathologique propre à éclair- rieur à laine. L^s deux renflemens sont séparés par une 
la transmission de la morve du Clieval aux animaux herbivores, Çt cette fo^me en sablier semble tenir 


soit à l’étroitesse de l’anneau externe, soit à l’action d’u.* 
bandage mal appliqué suivant la coutume irrationnelle qui 
commande de concentrer toute la pression sur l’anneau ex¬ 
terne. Il en résulte que derrière le bandage ou au-dessüs 
de luiyiaJiernie intràrpariétalè peut grossir et prendre un 
asse^rand vùluttie dans le canal; j’en ai observé un très 
bejilPfeis ^ur un sacristain de Saint-Sulpice, qui portait des 
deux côtés une tumeur herniaire interstitielle.dù volume 
,dim teüf. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qtoe toute 
^ ^ernie inguinale qui passe très rapidement par les pïtees 
”e son évolution dérange peu ou point les rapports des 
parties voisines ; au contraire, si elle séjourne long-temps 
dans le canal, elle le dilate, et en édarte les parfois à un 
degré extrême ; en même temps les élémens dü cordon 
participent à cet écartement, ilss’ëparpiUent à là périphé¬ 
rie de la tumeur, leurs rapports sont loüt à fait changés ; 
l’artère est loin du canal défér'ent, célhî-ci est loin des nerfs 
ou des autres vaisseaux ; en un moit, toutes ces parties du 
cordon, au lieu d’être rassemblées en bas et en arrière de 
la tumeur, se troùvent, en faisôn de leur dissocîatiOh, les 
unes en avant, lès autres én arrière, en haut du en bas, et 
la tumeur en est environnée de tous côtés ; circonstances 
qu’il importe de connaîtie quand oh est ôfetigé dé recourir 
à l’opération de la hernie étranglée ; car la section mal¬ 
heureuse de l’un des vaisseaux du cordon compromet le 
testicule, la section de l’artère eA privant l’pvgane du 
sang nécessaire à sa nutrition, celle du canal déférent en 
causant la rétention du sperme, celle des veines en empê¬ 
chant le retour du sang veineux. En résumé, quand il se 
présentera une vieille hernie étranglée, examinez avec soin 
si elle a distendu le canal; et dans ce cas, tenez-vous eh 
garde contre cette dissociation des élémens du cordon; et 
prenez vos précautions dans l’opération. 

A part ces phénomènes qui se rattachent au développe¬ 
ment de la tumeur elle-même, il en est d’autres que l’on 
peut ranger sous 'quatre chefs, selon qu’ils accusent l’in¬ 
fluence de la hernie : ■ , 

1" Sur les parties voisinés ; 

2’’ Sur les viscères dont une partie est herniée, d’où la lé¬ 
sion des fonctions abdominales ; 

3“ Sur la nutrition générale : 

4° Sur les élémens de la hernie elle-même, le sac, etc. 

Toute l’histoire syinptômatolo^qùe de la hérniè îk 
renfermée sous ces quatre chefs. Je suppose, bien enten¬ 
du, la hernie inguinale abandonnée à elle-lnême; ton mil 
contenue par le bandage.; . -, 

Première série de failSi tè cprdon est,parfois dissocié 
comme nous l’avons dit jamais à part^cetta dissfodiatid^ 
fréquemment" il est le siégé d’ün éiigorgémênt sanguin, la 
pression de la hernie entravant la circulation veineuse. Si 
on le saisit vers la racine de la bourse qui contient la her- 














nie et qu’on cherche à l’effiler en écartant le cordon défé¬ 
rent, il reste le paquet des vaisseaux que l’on sent pleins 
de sang et plus volumineux : c’est là un commencement 
de varicocèle. Cette affection, si rare du côté droit, quand 
elle survient primitivement, ne l’est plus quand elle est 
causée par une tumeur herniaire de ce côté. D’autres fois, 
le cordon s’épaissit et forme une masse duré , par suite 
d’un degré de subinflammation ; mais cet état d’hyper¬ 
trophie on plutôt d’induration ne prend pas ordinaire¬ 
ment un mauvais caractère. Sous l’influence de la gêne de 
la circulation du sang veineux l’on voit aussi la tunique 
vaginale se remplir de sérosité, et l’hydrocèle est d’autant 
plus à c.aindre que le sujet est vieux et sa hernie grosse et 
ancienne. 

{La suite à un prochain numéro.) 

i Les Transactions philosophiques font mention d’un homme 
nommé Edouard Bright, marchand droguiste dans ]e comté d’Es- 
sex, mort à l’âge de trente ans, qui était tellement gras et d’un 
poids si extraordinaire, que l’histoire n’offre pas de phénomène 
du même genre. Edouard Brigt provenait d’une race qui s’était 
toujours fait remarquer par son extrême e.rabonpoint. Il prit 
beaucoup d’exercice jusqu’au trois dernières années de sa vie. 
Ayant nne grande force musculaire, il marchait avec une grande 
agilité, et voyageait à cheval pour ses affaires. A douze ans et 
demi, il pesait 144 livres, et dans l’espace de sept années, il prit 
une telle corpulence, qu’avant d’être parvenu à l’âge de vingt 


ans, il pesait 336 livres ; enfin la masse de son corps augmen¬ 
tant toujours pi'ogressivement, il était parvenu à un poids de 
584 livres, treize mois avant sa mort, époque où il a été pesé 
pour la dernière fois. 

Il est à remarquer que dans ce calcul on avait défalqué le poids 
de tous ses vêtemens. Mais comme Bright ne cessa pas d’augmen¬ 
ter en volume jusqu’à sa mort, on peut établir, en calculant au 
plus bas, qu’il pesait alors au moins 616 livres. Il avait une taille 
de cinq pieds trois pouces. Sa circonférence, prise sous les ais¬ 
selles, était de cinq pieds six pouces, et sur le ventre, six pieds 
onze pouces. Ses bras avaient une circonférence de deux pieds 
deux pouces , et ses jambes deux pieds huit pouces. Il éprouva 
toujours un fort appétit, surtout dans les premières années de sa 
vie, où il mangeait exorbitamment. Il buvait beaucoup et surtout 
de la bière forte. Il prenait outre cela une demi-bouteille de vin 
après son dîner et un pot de punch lorsqu’il était seul, mais il 
buvait beaucoup plus lorsqu’il se trouvait en compagnie. 

Il a joui d’une bonne santé pendant toute sa vie, excepté dans 
les trois dernières années, où il fut attaqué d’une inflammation à 
une jambe, dont il fut guéri au moyen de scarifications et de sai¬ 
gnées. Il se maria à vingt-deux ou vingt-trois ans. Il eut cinq 
fils, et laissa sa femme enceinte. Il était d’une humeur gaie et 
joyeuse, estimé de tous ceux qui le connaissaient, et recomman- • 
dable par ses qualités morales. Il fut emporté par une fièvre ma¬ 
ligne qui dura quatorze jours. Son corps tomba promptement en 
putréfaction, quoique le temps fût froid à l’époque de sa mort. Il 
fut conduit à l’église sur,un char à quatre roues traîné par dix ou 
douze hommes, et on le descendit dans la tombe avec une ma¬ 
chine construite pour cet objet. 


— Le typhus règne actuellement dans plusieurs cantons suisses 
C’est ainsi, par exemple, que dans la seule petite ville de 
terthour, environ 200 personnes se trouvent en ce moment jt" 
teintes de celte maladie, qui y emporte beaucoup de monde. îî 
en est de mêmé à Altorf, dam le canton d’Uri, où le deuil’»,! 
général. ' 


Nous avons déjà parlé avec avantage des produits de M. Lj, 
PERDRIEL, Pharmacien à Paris ; nous les recommandons < 
nouveau d’une manière toute spéciale aux médecins et aux m 
lades. {Voir les numéros des 18 et 26 déceinbre 1838.) 


ÆVÆS. —Il existe plusieurs imitations du Papier chimiqt 
Nous prévenons que le seul vrai est celui de madame Poupic 
néeSelos, lequel porte son nom et celui d’Hébert, pharmacie 
galerie Yéro-Dodat, 2, à Paris. 


Le dimanche 26 janvier, à une heure, le docteur Auzoux cobi. 
mencera chez lui, rue du Paon, n® 8, ses leçons gratuites d’ana- 
tomie philosophique, comme les années précédentes, à l’aide de 
ses préparations d’Anatomie élastique, qui ont si vivement l’au 
tention à l’Exposition de ÜIndustrie ; il onontrera toutes les 
parties qui entrent dans la composition du corps humain ; 
expliquera la manière dont s’opèrent les principales fonctions 


POUR PARAITRE EiV UN AlV, 4 FORTS VOLUMES UV-8® SUR DEUX COLONNES, EN 12 LIVRAISONS. — PRIX, 24 FR 

mCTIOlAIilE Ml MTIOm M HMCiE 

FRANÇAIS ET ÉTRANGERS, 

or THAMTÉ: compMjXit nm 'mÉiumivMJVMi mr nxi CMMnvttaim phatïïqvms. 

Contenant l’Analyse des meilleurs aiticles qui ont paru jusqu’à ce jour dans les différens Dictionnaires et les Traités spéciaux les plus importans, avec 
les additions et modiGcations que nécessitent les progrès de la science ; 

Ouvrage destiné d remplacer tous les antres Dictionnaires et Traités de médecine et de Cltlrurgle t ' 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

SOUS LA DIRECTION DU DOCTEUR FABRE, 

Rédacteur en chef de la Gazette des Hépitaux (Lancette Française). 


Conditions de la üonscrlptlon* 

L’ouvrage entier sera publié en 4 forts volumes in-8“, sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisin, et en caractères fondus exprès.—La publication aura ’ 
en 12 livraisons de 200 pages environ, paraissant régulièrement de mois en mois, de manière à ce que l’ouvrage soit terminé au plus tard en un an. 


Prix de chaque livraison prise à Paris, 
Pour les Départemens, f 


Prix de chaque volume, à Paris, 
Pour les Départemens, 


Prix de l’ouvrage entier, pour Paris, 
Pour les Départemens, 


ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau de la Gazette des Hôpitaux (Lancette Française), rue de Bussy, 13, 
Et chez tous les Libraires Français et Etrangers. 



4 fr. BREVET d’inventiox. 

ifv • Exposition de 183i)| 

RIÉDAII.EE D’on. 

m^l^CHARRlÈaE, coutelier, 

' : Fabricant d’instrumens dt 

chirurgie. Fournisseur del 
la Faculté de médecine de Paris, 

Eue de FEcole-de-Médecine, 9. 
Bouts de sein et Biberons en Ivoire flexible, de 
4 à 10 fr. 

Pompe simple à, courant régnUer sans réser¬ 
voir d*atr, de 12 à 24 fr. 

Appareil du docteur Donné pour les Cors, 0£iU-de- 
Perdrii, etc.,de 5 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Warick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


BREVET PROLONGE DE DIX ANS, 

, A MADAME BRETON, SAGE-FEMME, L 

i Boulevard Saint-Martin, 3 bis, en faceg 
le Château-d’Eau, à Paris. 

Les Bouts de sein en tétine et Biberons! 

M de Madame BRETON, ex-répétiteur et chef 
H de clinique à la Maison royale d’accouche-l 
B mens, sont les seuls qui aient obtenus des 
aux Expositions de 1827, 1834 et 1839. 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon , il faut exiger gratis, 
avec chaque apparèil, l’Avis aux Mères, en 25 pages, qui indi¬ 
que les soins et alimens dûs aux enfans. Les bouts de sein et 
biberons de Madame BRETON portent son nom. Elle reçoit des 
Dames enceintes à tout terme de la grossesse. 


PASTILLES DE LAGTATE DE FER, 

Contre la Chlorose, la Leucorrhée, l’Aménorrhée, etc. ; 

Préparées par LOURADOÜR , pharmarien, rue de l’Ancieune- 
Comédie, n. 25. 


CAVMARTIW. AB. PARIS. 


On offre d’indiquer à un 
locteur-médecin, homme de 
rogrès, un poste médical, 
acant par décès, dâns une 
•ommune du département du 
vhône. On pourrait faire des 
ivantages. S’adresserau bu¬ 
reau du Journal. 


' Siège provisoire de rAdministration, rue Bontmartre, es. 

bANQOE npËDlCALEj 

BANQUE GÉNÉRALE DES MÉDECIN S ET PHARMACIENS. 

ADMINISTRATION. 

M. JACQUEMIN, directeur, \ M. A. CRENET, sous-directeur. 

La BANQUE MÉDICALE comprend quatre divisions principales, savoir : 

La CAISSE Médicale, ci-devant Caisse spéclale des 1 3® L’AGENCE Médicale. 

, 4» Et les REGOUVREMENS divers. 


Médecins. 

2® La CAISSE D’ESCOMPTE Médicale. 


La Banque Médicale, composée de ses quatre divisions, em¬ 
brasse, dans ses attributions, l’ensemble des soins et opérations 
que nécessitent les divers et nombreux intérêts des corps médical 


et pharmaceutique. 

Sous le nom de Caissi 


Caisse médicale, la première division a pour 
objet le recouvrement de toutes les créances, notes et mémoires 
dus à Paris, dans les départemens et à l’étranger, à MM. les Mé¬ 
decins et pharmaciens. [Ju tarif spécial, très modéré, des hono¬ 
raires auxquels la Société à droit est annexé aux statuts et com¬ 
muniqué aux cliens. En cas de non réussite, il n’est rien dû pour 
honoraires à l’administration. 

Sous la désignation de Caisse d'escompte médicale, la deu¬ 
xième division est consacrée à l’escompte des billets et valeurs 
fournis par MM. les Médecins et Pharmaciens actionnaires et sur 
les fonds particuliers de la Société. 


La troisième division. Agence médicale, s’occupe exclusive® 
ment de la gestion des intérêts, quelle qu'en soit la nature, que 
les Médecins et pharmaciens établis en province ont à suivre on 
régler à Paris. Elle a notamment dans ses attributions la cession 
des clientelles, la vente des officines situées à Paris ou dans les 
départemens, le placement des élèves en pharmacie, etc., etc. 

La quatrième division, sous le titre de Recouvremens divers, 
est chargée du recouvrement de toute espèce de créances confiées 
par des personnes étrangères aux professions de Médecin ou de 
Pharmacien, mais recommandées par des cliens de la Société. 

On peut prendre connaissance Ae^ statuts de la Société A'"'' 
l’acte a été reçu par M» Meunier et son collègue, notaires à Pal : 
et du tarif général des droits et honoraires perçus par l’Admin 
tration dans les Bureaux provisoires de ia Société, rue Mo) 
martre, n® 68. — Ecrire franco. 


9 Découverte..i. Pirodige de la Chimie! 

POMMADE OU LION 

Pour faire pousser en un mois les CBEVedx , les favoris , les hodstaghes et les 
SOURCILS. (Garanti infaillible.)—Prix : 4 fr. le pot. — Chez L*auteur , à Paris, bdi 
VIVIENNK. N° 4, au i", à côté du passage Colhert, nrés lé Palais-Royal. Et chez 
M. FRAMÇOIS, SEUL DÉPOSITAIRE, même maison.—(Six pots, 20 fr.—On expédie.) 
—AVIS les coiffeurs, parfumeurs et autres TROMPest en vendant 

de viles coiSTnERAÇONs sahs effets sous notre titre : nous nPAVOns aucun 
DÉPÔT CHEZ EUX NI AILLEURS. Le pnblic doit acheter directesient i l'adresse ci- 
dessus. SANS AUCUNE exception, pour avoir la véritable Pommade du Lion composée 
par 'auteur lui-même ; 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garanties':— 
Nos pots sont revêtus de la signature à la main de M. François, du cachet de l'auteur 
sa», cire rouge, et accompagués d'un prospectu* (Se bien méfier de toute eodtiqbe.) 


PAPIER CHIMIQUE DE PELLERI 

Pb. • me de la 'Vleille-Bouclerles 1.. 

Précieux topique pour les Douleurs rhumatismales 
Gouttes, Irritations de Poitrine; Spécifique pour le 
Brûlures, Plaies et Blessures, et pour les Cors, OEil 
de perdrix et Oignons. En rouleaux, 75 cent, et 1 R. 
50 cent. Portant sa signature. 

Les Dépositaires sont priés de s'adresser au Labo- 
ratoire, rue Sainte-Avoie, 54, chez M, Lau- 
rançon. 


Paris, imprimerie de BBxwHE et Plon, rue de Vaugirard, 36. 







































SAMEDI Sîî JANVIER 184iO. 


(IS. aNNjEE.) 


N“ 41, toMfe â. — Ü« SÉRIÉE 


X#» ÏÏjancette JFrancaise* 


GAZETTE DES HOPITAUX 


té Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


r.™ a„o,.,|î, ,r.i[e ■ 

üépart., 3mois, 10fr.;6inoi3,2Ôfr.: 1 an,40ï, 
h.lranprer. J an, 4 


HOPITAL MILITAIRE D’INSTRUCTION DE LILLE. 
Clinique chirurgicale de M. Baüdens, premier professeur. 

Lithotritie. 

Nous venons de faire sous vos yeux deux opérations de 
, lithotritie. L’une, sur un soldat de la garnison, l’autre, 
sur un habitant de la Cité. De la lithotritie , beaucoup 
d’entre vous ne connaissaient encore que le nom, et tels 
iwi les précieux résultats des études cliniques, qu’en peu 
d’instans vous avez acquis une science pratique que vai¬ 
nement vous eussiez long-temps demandée à la théorie et 
aux livres. 

C’est que le labeur du clinicien, eelui qui arrive à l’in¬ 
tellect par le secours des sens, laisse une empreinte vraie 
et indélébile. 

Soyez avides de science pratique, puis vous ouvrirez vos 
livres, avons-nous dit dès notre première rencontre sur le 
terrain de la clinique; ainsi se dissiperont comme les effets 
du mirage les obstacles qui se dressent devant vos pre¬ 
miers pas dans la carrière. Aujourd’hui vous avez, la con¬ 
viction que notre assertion n’était rien moins que para¬ 
doxale, et nous allons envisager dans cette s'éamte la litho¬ 
tritie au point de vue théorique. 

Il serait difficile,pour ne pas dire impossible, de porter 
un jugement rigoureux et vrai sur la lithotritie, si on de¬ 
vait la juger d’après les écrits et les discussions académi¬ 
ques, parce qu’en effet les écrits et les discussions portent 
le cachet de l’individualisme et de l’exagération, dans l’at¬ 
taque comme dans la défense. 

Rangé parmi les neutres , loin de la capitale et du ter 
rainbmlant des intérêts rivaux, nous allons examiner: 
froid cette (juestion, sans même nous préoccuper de notre 
procédé opératoire pour la cystotomie sus-pubienne. 

Et d’abord, rappelons d’une manière analytique les 
deux faits dont vous venez d’être témoins. 

Première observation. Emploi du brise-pieire de M. Heur- 
teloup ; guérison. 

A notre première visite, le n. 3, salle I, soldat au 11' 
léger, âgé de vingt-cinq ans, de bonne constitution, accusa 
de la pesanteur dans la vessie, et une incontinence d’uri¬ 
nes de jour en jour plus marquée,-dont il faisait remonter 
à dix mois les premiers symptômes. Nous le sondâmes, et 
nous découvrîmes une pierre qui nous parut volumineuse, 
mais friable. 

Les organes génito-urinaires n’offraient point de lésion 
organique^ et six jours de soins préliminaires consistant 
principalement en bains et introduction dans le canal de 
Fiu ètre de bougies de cire.de plus en plus gi-osses, suffirent 
pour disposer ce militaire à l’opéi’ation. 

Un lit fut préparé à cet effet de manière à squlever le 
siège et à porter le point le plus déclive du bassin vers 
l’angle sacro-vertébral, la tête étant supportée'par des 
orèiïlers, les jambes étant fléchies sur les cuisses et main¬ 
tenues écartéés l’une dé l’autre légèrement ; pour mettre le 
périnée dans le relâchement. Deux aides éuient placés à la 
droite et à la gauche du malade pour lui soutenir les 
meinhres pelviens, en prêtant un point d’appui au pied 
par la face palmaire de l’une des deux mains, et nous 
procédâmes à l’opération. 

^ Placé entre les extrémités pelviennes du malade je sai¬ 
sis de la main droite une sonde courbe métallique qui, 
sans hésiter, fut introduite dans la vessie en faisant par¬ 
courir au pénis, avec la main gauche, près de la moitié du 
chemin, et en appliquant constamment le bec de l’instru- 
àeut sur la paroi supérieure du canal de l’urètre, afin d’é- 
vRer les obstacles en forme de cul-de-sac qui en bas se 
trouvent dans les régions bulbeuse et prostatique. Ces ob¬ 
stacles jouent un rôle si grand dans le cathétérisme, que 
je ne négligerai pas de les rappeler â votre mémoire toutes 
les fois que notre clinique nous en fournira l’occasion. 

A l’aide de cette sonde, une injection d’eau tiède fut 
poussée dans la vessie avec douceur, afin d’en dilater les 
parois d’une manière graduée. Quelquefois, il survient 
des contractions spasmodiques, et la poche urinaire se re¬ 
fuserait à toute dilatation, si l’injection était poussée avec 
trop de force. Or, il importe d’injecter une quantité de li¬ 
quide suffisante pour permettre à l’instrument de fonc¬ 
tionner avec liberté. Cet état spasmodique est ordinaire- 
luent beaucoup moins prononcé après la première séance, 

«U moment que le volume du calcul est moins considéra¬ 
ble, comme nous l’avons observé sur notre opéré. 

Le premier liquide injecté ne put, en effet, être supporté 
qu’avec peine â la dose de 120 grammes, tandis que par la 
•uite, quoique plus abondantes du double, les injections fu¬ 
rent facilement tolérées. 

Quelques détracteurs de la lithotritie ont avancé que le 
spasme vésical était une contre-indication de cette métho¬ 
de. Yous voyez que cette assertion n’est pas rigoureuse¬ 


ment adinissible. M. Leroy d’Etiolles est allé plus loin que 
nous ; il a broyé des calculs à sec ; et après la première 
seance, loin de voir le spasme plus violent, il put recourir 
à l’injection. 

Cette conduite, que nous sommes loin de blâmer, ne 
saurait être imitée toutefois que par des hommes d’une 
grande habileté, sous peine de léser les parois vésicales et 
de s exposer à de graves mécomptes. 

A la sonde, qui fut retirée de la vessie en comprimant 
la verge, pour empêcher Je liquide de s’échapper, succéda 
sans effort le bi'ise-piérre à coulisse de M. Heurteloup, mo¬ 
difié par M. Charrière; instrument d’un mécanisme, 
d une simplicité admirables, et dont la perfectibilité serait 
de nature à ramener à la lithotritie ses adversaires les plus 
acharnés, si certains esprits n’étaient réfractaires à la 
toute-puissance de la logique et des faits. 

Le calcul une fois reconnu, j’ai placé la courbure du 
brise-pierre sur l’un des côtés de ce corps éti’anger, et je 
1 ai ouvert à 15 lignes ; inais les branches se refermèrent 
à vide. J ai laisse alors entr’elles 22 lignes d’écartement, 
et cette fois la pierre fut saisie en indiquant 18 lignes de 
diamètre. 

J ai rapproché doucement, et d’une manière continue, 
les mors du lilholabe eu faisant effort sur la poignée que 
M. Charrière a si habilement'subslituée au volant, et le 
calcul n’a pas tardé à tomber en fragmens. Vous avez vu 
avec quelle facilité j’ai saisi en sous-œuvre, et pour ainsi 
dire à coup sûr, vingt-quatre fragmens, dont les premiers 
donnaient jusqu’à 7, 8 et même 10 lignes de diamètre. 

Notre malade, loin d’accuser de la dolileur et d’en de¬ 
mander la suspension, nous engageait, au contraire, à pour¬ 
suivre 1.operation, dont l’innocuité le rendait tout joyeux. 
Mais les manœuvres duraient depuis près de cinq minutes; 
et, sans ceder au désir qu’il exprimait, nous préférâmes 

nous en tenir là pour une première fois. 

Je dois vous dire à ce sujet que l’expérience m’a con¬ 
vaincu que le traitement des maladies du canal de l’urè¬ 
tre ou de la ve-ssie exige des ménagemens infinis sous 
peine de se voir arrêté en chemin par une foule de lésions 
sympathiques aisément provoquées par une stimulation 
trop fortement portée dans ces organes. Rappelez-vous, 
en effet, qu’une m'chite, une cystite, un violent accès de 
fièvre, une réaction sur le tube digestif, viennent souvent 
compliquer le traitement, alors inême que l’on procède 
avec une prudence et une douceur extrêmes, et qu’ils for¬ 
cent de le suspendre pendant un temps plus eu moins 
long. Heureux encore quand on en est quitte pour quel¬ 
ques jours de retard, et quand ces complications ne for¬ 
cent pas à faire un grand nombre de pas rétrogrades ! Ces 
revers inquiètent d’ailleurs le moral du malade, et nui¬ 
sent singuUèrement à Teffet salutaire que l’opérateur doit 
avoir sur son client. Aussi, depuis long-temps ai-je écrit 
que le seul moyen de marcher vite dans le traitement des 
maladies des voies urinaires , est d’aller fort lentement, 
afin de ne pas reculer en provoquant, par Uop de préci¬ 
pitation, des accidens redoutables. 

^ A peine le brise-pierre fut-il retiré, que no«»$ vîmes 
s’échapper avec le liquide que contenait la vessie, une 
foule de débris calculeux. 

Un bain fut donné immédiatement, ainsi que les jours 
suivans ; la dilatation du canal de l’urètre à l’aide d’une 
bougie de cire, ne fut pas suspendue ^ et ainsi put sortir 
pendant plusieurs jours un grand nombre de petits calculs, 
dont plusieurs avaient jusqu’à 3 et 4 hgnes de diamètre. 

Quelques-uns des plus gros, arrêtés derrière le gland, 
furent saisis par l’instrument à trois brandies de M. Leroy 
d’Etiôlle, brisés sur place et extraits en fragmens sans 
déchirer la membrane muqueuse urétrale. 

; Six jours plus tard, époque à laquelle l’urine ne char¬ 
riait plus de détritus, nous procédâmes à une deuxième 
séance, qui n’offrit rien de particulier sur la précédente, 
si ce n’est que, ne devant plus avoir affaire qu’à dés frag¬ 
mens peu volumineux, nous avons remplacé notre brise- 
pierre, qui présentait sur la convexité de la branche fe¬ 
melle une large fenêtre, par un autre qui, au lieu d’une 
fenêtre, contenait une gouttière fortement évasée. 


Ce nouvel instrument fonctionna admirablement bien, 
mais il fut extrait avec quelques douleurs, parce que le 
détritus amassé dans la gouttièreavait laissé entre les mors 
un écartement de 2 lignes, dont n’avait pu triompher une 
forte pression. Cet incident m’a engagé à modifier le brise- 
pierre et à faire ouvrir une fenêtre bien moins largt que 
celle du ]nemier litholabe dont je m’étais servi, mais suf¬ 
fisante néanmoins pour laisser sortir par expression la ma¬ 
tière calculeuse réduite en bouillie. Cette séance a été, 
comme la précédente, peu douloureuse ; et, après quatre 
minutes, ne trouvant plus rien dans la vessie, nous la ter¬ 
minâmes. Cette foisl’urine laissa déposer pendant plusieurs 
jours un sédiment calcaire très abondant, et; il ne sortit 
que peu de gravier. Les jours suivans, le cathétérisme 
nous ayant indiqué qu’il ne restait pluA dans 1^ vessie 
qu’un seul fragment de 5 lignes environ, nous l’avons 


brisé dans une troisième séance, qui n’a duré que deux 
minutes et a ete la dernière. ^ 

Depuis, nous avons soumis à diverses reprises la vessie 
aux recherches les plus minutieuses du cathétérisme • 
nous I avons fait egalement explorei- par plusieurs profes^ 
seuls de cet hôpital, et il a été impossible de rien décou- 
- avons renvoyé ce militaire â son corps, où 

il fait depuis près de deux mois un service actif, et jouit 
d une santé parfaite. 

Passons à la deuxième observation de lithotritie. 

Deuxième observaiioti. — Uthotriûe, le malade sortant et 

se livrant à un exercice violent entre chaque séance - 

guérison. 

Un contrebandier de là ville de Lille, âgé de vingt- 
deux ans, de bonne constitution, d’une santé parfait» et 
ne présentant aucune lésion organique notable des voies 
urinaires, bien qu’il fasse remonter à son enfance, à Fa^e 
de dix ans, les premiers symptômes de la pierre dont il 
est porteur, fait le sujet de la seconde lithotritie que nous 
avons pratiquée en votre présence. 

Je ne reviendrai pas sur les détails que je viens de vous 
donner dans la première observation, et je ne m’arrêterai 
ICI que sur les circonstances particulières que nous avons 
eu à constater. 

A la première séance, une pierre du diamètre de 16 li¬ 
gnes fut saisie etbroyéeà l’aidejdubrise-pierre armé de la 
poignée; nous n’avons pas eu besoin de recourir au mar¬ 
teau, quoiqu’elle fût d’une dureté assez remarquable 
mais nous avons dû exercer sur la poignée des efforts beau¬ 
coup plus puissans que pour rompre le calcul offert par 
notre premier opéré. Un grand nombre de fragmens fu¬ 
rent saisis dans cette première séance et réduits en détri¬ 
tus, et après cinq minutes nous retirâmes l’instrument 
pour mettre le malade au bain. 

Trois heures plus tard, quand nous visitâmes notre ma¬ 
lade, nous trouvâmes dans une petite boîte une foule de 
fragmens calculeux qu’il y avait déposés ; mais quant à 
lui, il avait disparu, et j’appris qu’il s’était mis en campa- 
pe pour aller faire de la fraude, malgré la températme 
troide et humide du mois de décembre. 

^ Le lendemain je vis le malade; il était parfaitement 
bien. « Je suis bien leger, disait-il gaîment, je puis main¬ 
tenant defier a la coui-se tous les douaniers du monde » 

Notre contrebandier disparutensuitependant cinq jour • 

mais je lui dois la justice qu’il conservait soigneusemeni 
tous les fragmens qu il expulsait avec l’urine 

Au sixième jour, deuxième séance de cinq minutes 
broiement d une dixaine de fragmens de 4 , 5,6 lianes et 
un bain. & , et 

Nouvelle disparition de notre contrebandier pendant six 

A cette époque, un gros fragment engagé dans la réeion 
prosta tique fut refoulé dans la vessie, à l’aide d’une sonde 
métallique courbe et ouverte à son extrémité, que nous 
avions fait arriver immédiatement sur le corps étrâneer 
et par laquelte nous avions poussé avec force une inieciiôiî 
deau tiede. Nous introduisîmes ensuite le litholabe dans 
la poche urinaire, et nous.brisâmes le fragment qui venait 
d etre refoule. Ce fragment était de 5 ligues et imioue 
ainsi que depuis nous l’avons constaté à tliverses reprises 
parle catheterisme. Aujourd’hui, ce jeune homme n’é - 
prouve plus aucun symptôme de calcul; il se porte nar 
faitement bien, ^ t continue à se livrer à son industrie Mur 
faire exister sa femme et ses enfans. 

Voici notre formule pour les manœuvres du litholabe 
JNous 1.1 modifions selon que lions avons affaire à une seule 

Dans le premier cas, quand le corps étranger est unique 
et volumineux, notre conduite est celle-ci • ^ 

étranger ne vienne pas 
se loger dans la courbure de l’instrument, sans quoi il se 
rait lainene vers le pubis par la branche mâle mise en ieu 
et il deviendrait insaisissable. Par la même raison nmis 
évitons de, le refouler vers l’angle sacro-verttbral avec le 
bec du brise-pierre. 

Ce dernier étant tenu presque horizontalement, en faisant 
descendre son pavillon au niveau du pubis et quelquefois 
meme plus bas, d est facile d’en placer la courbure stu Vun 
des cotes de la pierre ; puis on attire â soi la branche mâ'e 
en maintenant immobile la branche femelle qui posehVè. 
rement sur le bas-fond de la vessie, et tandis que la pre¬ 
mière fonctionne , on imprime à l’instrument en totalité 
un double mouvement, l’un de légère rotation sur son axe 

t et l amie d inclinaison latérale en poi'tant vers le membrè 
elvien du côte opposé à la pierre le pavillon du litho. 
ibe, afin d en mettre la courbure le plus possible en con¬ 
tact avec le corps étranger; par cette manœuvre, on sent 
si parlaitement-le frottement de la branche mâle sur toute 
la surface de la pierre a mesure qu’elle s’ouvre que les 
mots de l’insUument donnent à la main une douWe sen- 

















sation, absolument comme si on tenait le corps étranger 
entre deux doigts de la main , et avec un peu d babitiide, 

, ôn se sert habilement; de cette sensation pour bien eng;^er 
leiél^icul entiÿSes mors et le bien fixer;., 

■‘ïrrivé:à ce point de l’opéiation , on imprime au litlïo- 
labe quelques légers inouvemens en tous sens dans Ja ^s- 
sie pour s’assurer que les parois de cet organe n’ont pas 
été pincées avec le corps étranger, puis on en rapproche 
les branches d’une manière graduée, et, selon la dureté du 
calcul, on se sert alternativement de l’une des trois puis¬ 
sances que l’art met à la dispositioii de l’opérateur : la sim¬ 
ple prèssion'avec la main, ie secours de la poignée que 
,M. Charrière a substituée au volant, et enfin la puissante 
. du marteau , en fixant préalablement le brise-pierre dans 
l’étau de M. Amussat. ' 

La simple pression avec la main peut être portée sans 
danger aussi Ipin que possible, il en est de même de la 
poignée. L’homme le plus robuste en faisant efibrt sur elle, 
ne saurait tordre ni briset les branches de l’instrument, 
tandis qu’il n’en est pas de même du volant, dont la puis¬ 
sance est beaucoup plus grande ; quant au marteau , il 
faut frapper à petits coups afin de disjoindre lentenient 
l’agrégation moléculaire et de réduire le calcul en fragmens 
d’autant plus petits qu’on aura su rendre le uiorcellement 
plus complet. . ^ 

Lorsque je n’ai plus affaire qu’à des détritus, ou bien 
si dès la première séance j’ai rencontré dans la vessie des 
calculs petits et multiples , je manœuvre d’une manière 
un peu différente. 

Je fais porter sur le bas-fond de la vessie la.convexité 
de la courbure de la branche femelle , j’écarte la branche 
mâle , j’imprime à l’instrument en totalité de petits mou- 
vem'ens latéraux un peu saccadés ; les fragmens viennent 
d’eux-mêmes dans le point le plus déclive dans le léger 
sillon formé par la convexité delà branche femelle et;-en : 
rapprochant de celle-ci la branche mâle , ils sont sahis 
sans peinÇ; et broyés , emsé conformant aux préceptes ci- 
dessus émis. Cette manœuvre est très expéditive et con¬ 
vient quand il y a un nombre considérable de frag'inens. 
fJans le cas contraire , nous agissons avec une précision 
beaucoup plus grande en nous comportant comme plufe 
haut, et coninre si nous n’avions allaite qu’à une seule 
pierre. 

Il arrive souvent qu’un calcul ou de gros fragniens se 
logent en bas, derrière la prostate; d’où ils sont dtfficile-‘ 
ment refoulés en arrière. On les reconnaît très distincte-^ 
ment à l’aide d’un doigt introduit dans le rectum pen¬ 
dant que le litholabe est dans la vessie. L’instrument à 
trois branches serait impuissant pour atteindre Ces corps 
étrangers , tandis qu’ils ne sauraient se soustraire aùx ré¬ 
cherches du litholabe à deux branches / dont la courhüré 
permet d'en porter les mors dans tous les ebins de-'là 
vessie. 

Pour cela il faut imprimer à la totalité de l’insttunient, 
ramené horizontalement, une demi-rotation sur son axe 
afin d’en diriger le bec vers le bas-fond de la Vessie , et 
porter ensuite ce bec tout doucement vers la prostate, ôù 
le doigt peut le sentir. Il faut, au besoin, lui commutiiqüer 
de petits mouveinens latéraux pour éviter que le calcul 
ne s’interpose entre lui et cette-glande ; laisser la branche 
mâle immobile et refouler la branche femelle, en tenant le 
pavilloii de l’instrument placé très bas pour prévenir par 
l’écarteinent des mors un frottement sur le bas-fond vé¬ 
sical et le refoulement en arrière du corps étranger ; puis 
imprimer quelques petits inouvemens latéraux , rappro¬ 
cher la branche femelle de l’autre en portant doucement 
l’inslrninent sur le bas-fond de la vessie et saisir de suite 
les fragmens qui eussent échappé sans tous ces prélimi¬ 
naires. - 

Ces manœuvres, bien que compliquées en apparence, 
sont faciles à saisir et peut-être sont-^elles encore plus ai¬ 
sées à mettre en pratique pour qui s’est occupé de la spé¬ 
cialité des voies urinaires. 

Il est évident que le chirurgien qui n’a point fait une 
étude approfondie des organes génifo-urinaires considéiés 
au point de vue anatomique, pathologique èt chirurgical, 
ne saurait sans témérité armer sa main inhabile d’un li- 
tliolabe. J’irai même plus loin, et je prétends que la spé¬ 
cialité qui nous occupe, y compris les rétentions-d’urine et 
lés rétrécissemens de l’urètre, exige des dispositions natu¬ 
relles toutes particulières, des facultés tactiles infinies, une 
aisance, une douceur, une souplesse dans les mouvemeUs 
et surtout dans la main que rarement on rencontre. C’est 
sans doute parce que la nature leur a refusé ces précieux 
dons que certains hommes, habiles d’ailleurs à manier le 
céuteauet le bistouri, mais ayant fait des essais malheureux 
de litbotiitie, repoussent cette opération de leurs supeCbes 
dédains pour lui substituer repéialion sanglante ; mais 
leurs c/loi'ts ne sauraient la faire déchoir du point culmi¬ 
nant où elle a atteint. 

On se rappelle avec quelle violençe , en 1835 , M. Vel- , 
peau s’est posé, à l’Acailémie, adversaire de cette opération. 

Xes débals de cette savante assemblée avaient fixé l’at- 
tention du monde médical qui impatiemment attendait 
une solution ; mais , malgré la parole grave , mesurée et 
pleine de logique de MM. Lisfranc et Amussat, qui dé¬ 
fendaient la lithotrilie,la discussion devint tellement vive 
et personnelle que l’Académie dut faire prononcer la clô¬ 
ture sans avoir rien réiolu. 

Depuis 1835, la litbotritie a subi, pour ainsi dire, toute " 
urfC. révolution , tant elle a marché vers le perfectionne¬ 
ment. On était en droit d’espérer que les opinions hostiles 
à cette belle découverte, se seraient modifiées-, et c’est avec 
peine que nous avons vu dans l’ouvrage que vient de pu-■ 
blier M. Velpeau, t. IV, p. 666, que depuis cette époque 
ce célèbre chirurgien n’a rien appris ni rien oublié. 


Dussions-hbus nous altirer les éjntbètes d industriel et 
d’eçcpJ,oitatew m/éce/ié qu’il jette avec_peu.de courtoisie à 
la tête de ses adversaires,, nous ne saurions partager ses 
errémens parce que notre conviction leS;fepousse et que 
cette conviction ne. saurait nullement être ébranlée par la 
statisîiqtie surannée et erronée qu’il évb^e. Sllïnnnëe, 
parce qu’il a puisé ses chiffres au berceau de la litbotritie, 
tandis qu’il ne devait accepter que ceux de sa virilité ; 
erronée , parce que j battue en brèche et-déhiolie paï M. 
Lisfranc , à l’Académie de médecine , elle a perdu tout 
crédit. ■ ..■ . ... - r 

11 est vrai que M. Velpeau a apporté dans la balance ses 
reversVn litbbtritie. De cet aveu que conclure; si cé n’ëst 
qu’il est des chirurgiens,-d’im grand niérife d’aüleuis, qui, 
peut-être , devraient s’abstenir de pratiquer eetté bpÇra- 

On a voidu resserrer les limites du cliâmp de là lilho- 
tritie, en mettant en avant une foulb de oorttre-itidi'calïoii’s, 
mais l’expérience sape de jour en jour leur frêle-échâfW- 
dage, et, pour peu que le temps apporte encôi'è de perfefc- 
tionnemens à cette brillante découverte, nous ne désèspé- 
l'bns pas de la voir régner en souveraipe. En effef, MM. 
Leroy et Ségalas ont prouvé le parti que ruii peuttil-er du 
broiement même' chez les enfans"; -la edurburë des nou¬ 
veaux iiistrumens triomphe sans peine des bhstaclës qù’ap- 
pbrtait à la manœuvre des instrumens droits le dévélôb- 
peinent parfois excessif de la prostate ; il est extrêiUêment 
peu de calculs qui puissent résistée à la puissance dë la* 
percussion et du martêaù, et quant aux cas particuliers où 
ils auraient pbur noyau un corps étranger tel qu’une balle, 
un morceau de corne ou d’ivoire, etc., efc.^ cës cas sont 
excessivement rares. Nul doute d’ailleurs, que's’il était 
possible de les connaître à priori, il faudrait, en attèhdant 
de plus grands perfectionnemens, recourir à la taillé; Mais ^ 
attendu que jamais, pour ainsi dire, il n’est possible même j 
de soupçonner ces cas exceptionnels-, on ne saitraltjmen- : 
tionner ces objections que pour mémoire, sans quoi il'faù- ] 
drait s’abstenir de la litliotritiè et la- proscrire d’U-né ma- i 
nière absolue, ... . î 

Les calculs enkystés, ceux qui sont -tellenient Vohtitii- j 
neux qu’ils sont embrassés complètement par là vessie et 
né permettraieht pas même l’introductibn del’inStrümënt, 
cèux-là contre-indiquènt, du moins jusqu’à ce jbiir, la li- 
thotritie. Nous en dirons autant des déviations du èànal 
de rurètrq auxquelles ne sauraient remédier des opéra¬ 
tions peu graves et dont l’efficacrté serait de permettrë 
l’entrée du litholabe dans la vessie; . . ' 

Voué le voyez, le domaine de la litbotritie e'st-ài vâke, 
qu’il est fort difficile de dire, dès aujourd’hui, quelles seront 
ses véritables limites. C'est pourquoi nous partageons CoUi-; 
plèteinent l’opinion de M. Amussat, disant à l’Académie dé 
médetine qu’on ne devrait se prononcer contre, la litlib- 
trilie qu’après avoir tâté son malade, afin de juger.sfil est 
tien réeUeinfent réfractaire aux bienfaits de cette opéra¬ 
tion. Vainement nos adversaires dironl-ils que les tenta¬ 
tives sont périlleuses !.par tentatives nous entendons ,1 in¬ 
troduction d’une sonde, dans la vessie ; or, la taille comme 
la litbotritie exigent,ces préliminaires. Nous ajouterons 
que le tilholabe courbe dont le volume est réduit à celui 
d’une grosse sonde, peut être introduit;dans la vessie sans 
pkis de difficultés que celle-fci, et que, par le jeu; facile de 
ses branches, il permet des récherchés infiniment plus pré¬ 
cises que celles qu’on obtient par le cathétérisme ordi¬ 
naire. Nous pensons de plus que les partisans de la taille 
feraient bien d'y recourir dans les cas difficiles^ pour ne 
plus s’exposer à opérer des malades qui n’ont pas de calcul. 

Sans doute la lithotritie, malgré ses perfectionneiUens, 
pourrà donner lieu à des revers comme on doit en attendre 
parfois d’une simple exploration de la vessié pàr le cathé¬ 
térisme ; mais ces insuccès seront rares et ne se rattache- ' 
ront qu’à des dispositions particulières ou à dés artéra- 
lious organiques avancées, et, dans ce dernier ; cas. inàl- • 
heureuseinent, les revërsseront presque toujours assurés à ' 
toutes les méthodes, quelles qu’elles soient.. Mats, ce que 
nous maintenons, c’est qu’ils seront moins fréquens et ' 
moins redoutables par la lithotritie que par la taille^ parce i 
qu’aujourd’hui celle-là n’est véritablement plus qu’une ; 
; simple opérafion de cathétérisme , tandis que , celle-ci sera ■ 
‘ toujours une opération fort douloureuse et fort.grave. 



HOTEL-DIEU.— M. Chomel. 

■Cfanose. Emphysème pulmonaire. Insuffisance des vàlaiiles 
auriculo-iipntriculttires droites. Mort. 

Nous avons rendu compte, daUs notre n° 145 (15, dé¬ 
cembre 1839), de l’état d’un malade couché àii n” 8 dè^la 
Salle Saint-Louis. Cét homme, âgé de trente-qüatrë ans, 
présentait depuis son enfance une coloration bleuâtre fort 
temarquable. M on-seulement le tégument ejfèérieür, maïs 
encore les muqueuses et toutes les parties accessibles à 
l’examen, offraient également cette modification'; la sur¬ 
face d’un vésicatoire appliqué vers les derniei s jours dé la 
vie prit également cette teinte. H n’est pas néeessaïré de 
rappeler que cette coloration était susceptible de quélqüés 
changémens, et pouvait augmenter ou diminuer selon 1 e- 
tat du malade et la gêne que la circulation éprouvait. Cet 
homme a succombé le 22 janvier aux progrès de la ma- 
ladie. 

llappelons rapidement les principaux phenomenes re¬ 
cueillis pendant la vie. Orthopnée, tendant leS inouvésJ 
métis d-’inspiration et d’expiration, oh entendait quèlqués 
sifflement dans le laryiix ; la poitrine était ainpleineW di-i ‘ 
latéë, la respiration fréquente. L’auscUltatLoiï faisait i'èa , 
connaître la présence du râle sibilant mêlé au raie mu¬ 


queux ; sur quelques points ces deux bruits prenaient kj 
. caractères du gargouillement. Toux fréquente,, crachais 
-* abondahs, épais';, formés d’unè matière analogue à cgleda 
pus. AÎa peïcussion de la poitrine, le son normal était 
augmenté. . 

. - *§i l’on interrogeait l’état du cœur, on recènnaissait 
bruit de souffle bien caractérisé. Ce bruit coïncidait avçç 
le premier M‘iiif du éëéùt (contraction dés ventricules), 
Les battemens ne communiquaient à là math qu’une im. 
pulsion médiocre. 

L’hypertrophie du foie, l’hydropisie générale, coinpk. 
talent les accidens observés à la dernière période. 

Ce malade pouvait résister long-temps encore à l’affec. 
tiph qidil; pré'seiitfiit ; jl était pdssiblfe.Ùü'ssl qüe .la môh àf. 
rivât d’une manière rapide à une époque plus ou inoinj ; 
. a:appr'ocbéei, c’est ce qui eùtliéù eHeCtivcnient par suitefie 
l’aggravation des principaux accidens. 

Appareil digestif. La ïnuqkéùse des lèvres, la surface 
interne de la cavité buccale, la langue, etc., présentent en. 
core la colofaîiôn viblâcéè qu’es avait pu observer pendant 
■ la vie. L’estomac offfë'uhé injéclioh ti-ès considéi-able. fa 
coloration roügè dé 4’intériân, môins sensible que -éélle de 
. te dernier Orgaiié-, est éëfiendànt beaucoup-plus pronoiidée 
qu’à leur état Uoi-ïnâl. Le foie ést vohimirteùx. (On peht 
sei-appeleï qu’oif avait constaté son angmentàtion parlni 
iles accidens observés pendant la vié.j 'Cetôi-gàné est gor^é 
de sang noir, et son apparence ne peut mieux être cofollS- 
-réé qu’à icelle oifehé par le tissu de la ràtëihci.aéé. *, 

■- Appareil rèfspit-âWir'e. La inuqùense du larynx, celle de 
la trachée-artère et des bronches, sont également d’uhe 
couleur rouge -assez remarquable. La sübstandé dés deax 
poumons est, dans touté.Son étendue, à de très petites ex. 
céptions près; gorgée de saUg noir. Dans qüelqùés pojntè, 
la consistance normale est encore en partie cbnservéé'i 
-mais dans la -plasigrafide éténduè de ceé vistères ellé'è'it 
•tout à fait perdue, et-lè doigt Iè.s déclnië'a'véfc facilité, 
-L?£^ect de toute la substance pulnioiiaii-è ésl grtnu , ex¬ 
cepté vers quelques parliésMe là périphé,rie,-,nù l'on peut 
reii ouver desi traces de tissu-sain,- ainsi qii'aù sblnme.t du 
poumon gauche, où lés vésicCïlés àé tloùvênfdilatéés, et 
■offrent tous les caractères dé la -Sübstancé pùlmtjnaire af¬ 
fectée d’emphysème. On n’a pâs trouvé de tubercnlesi. 
Envisagés à l’extérieur avant la section de leUr parerrcl^, 
me, les poumons étaient yolüiniUeux, nullément fe-vérins 
SUD eux-mê'm'égj la'plèvre, présentait des iracés d’adhéren¬ 
ces qui indiquaient un travail phlegifiasiquè ancien'j':ïi, 
fabules rompre pour séparer lés deux fetiilléts- dç 
membrane. 

Le cœur est un peu plus vplliniiWëü'i qu’à l’état sain ; il i 
participe à la teinte foncée des attires oi'gàhés. L’épaississé- ' 
ment de ses parois est surtçut sensible à l’oieillelte et au 
veutficule du côté droit. Si' ôn éxaini-né l’orifice auriculo- 
ventriculaire qui réunit dès deux câkités et la valvule qu’il 
présente, on voit que cette dernière est totalement iosuHi... 
sâiUe pour oblitérer son orifice; aussi; dë quelque Côté qu’oi; 
examine les deux cavités, elles paraissent pbUr ainsi dire ! 
u’eu former qu’une seule; légèrement rétrécie à l’anneau 

de communicatîoii. .■ ; 

Encéphale. Adhérénces anciennes entre les-inembranei 
et les circonvolutions cérbrales,- là Substalrcè dU çerfeâu 
et du cervelet olfratU coinme les autres tissirs une colàé 
ratioïi rougeâtre qui se manifeste dans là substance blan¬ 
che par un pointillé assez fin. ' 

Cette observation est curieuse en ce sens qu’elle prouve* v 
ainsi que beauconp de faits déjà observés que la cyanose . 

; peut exister sans vice primitif dans la côhfortnàiion du ! 
i ctèur, là peraistaiice du trou de Botal, pâf. exèthplé. Icio«r: 

■ avait reconnu d’uiiè irtanièré fexafcte pendant iH vie la ina- 
j ladie du poiunon, et on àyaie dragirosliqué uné altération 
! des orifices du cœur avec hypertrophié des parois, Cette 
opinion, comme du le voit> n’étàit pas élblgùée de la réa-' 

; lité. , . . , 

Deus; cas de maladie de'lü moelle épinière; améHoiration: 

^ Première obsermtion. Un çbarpehtief, âgé dé tfeultè ahS,* 

I est entré à rHôtel-Dieti le 3 novembre 1839 , salle Saint* 

: Louis, n“ 9. ’ 

Le 21 septembre précédent, il soulevait âveb ùn de ses 
camarades une poutre vôlamineusè pour la jflacer sur un 
poteau ; une des extrémités de là poutre était déjà ap-‘ 
puÿée ètils alkieit àbandbnnèf la seconde, lorsque l’aidë*,} 
abanddnnant trop tôt la pài-tié qu’il soutenait, laissa por-’ 
ter sur lui tout le poids dé la chargé qui appuyait sur sa 
,téte;. Il fléchit aussitôt, ët éprouva, dit-il,ùiiè sensatiôn- 
hapide, qu’il compara à celle que pourrait produire un" 
'corps .quelconqüe, une balle, par ëiémple, p'arcoUrant la ' 
moé'lle épinière.' Cette sensation së ëtfùtinüa du rachis à la 
partie postérieure des cuisSès' ét se-prôlongéa jusque vers 
les talons. En .mêiue.teih^,- téttë liomme avait perçu un.' 
craquement , assez violebt âM paftie. Sup'êrîéüi-é dé la co-'^ 
lonue cervicale, saivttë s’obsfcuréity il faiblit peu à pë'u et , 
perdit connaissance. Lorsqti’il tè'lifit à lui; il feéonuuL 
bien: tous ceux qui l’entouraient efput-leur adresser la pa-t 
role^ mais il avait perdit la facilité dë mouvoir les biks et ’ 
les jambes. Après qüelqués joùrs d®: repos qù'îl prit chez ; 
lui,.»l se fit porter à riiôpitai d’Etampës. 

Les l enseqjnemens que dbhna le malade sur les. accideM? 
quil épçouva vers cettë époqué sont ihêompletis. Ainri, M 
ne put dire s’il a uà-iné de hü'rriiêihé ôù.par regôl-^nfonfj,; 
il se rappelle seulement qwë l’itiirië liiiipéciait s® ïit. fi i 
affirme néanmoins qu’il fut sondé ,à È(;ân'ièés’,fdrs dè â(iè' 
arrivée-/ èt qued’einj^oi' deéèiiifoÿéhflif édhtiiiné.péjndâffl , 
toufc^son séjour dans Cetébôpïtâl faig'-éëùikiùés è'nvii-ôp).\ 
Pendant tout .cet infervâtlfé’dë' tèïiiips; "îl'y éâfé féféntiort ' 
des matières fécales. 
















- 43 - 


T es iiiouTeiîiéAS volpntaires des membres supérieurs et 
. «..jeurs étaient alors entièrement abolis, la faibl^se 
"'nit dès les premiers jours plus prononcée au membre 
^.nérieur droit que vers le côté opposé. La sensibilité 
nulle, si ce n’est, dit le malade, vers la région epi- 
striaue et abdominale. Mais cela ne tiendrait,il pes, 
mnnie le fait observèr M. Chomel, â ce què cet bomme, 
Anrit rintèlligéiice est peu développée, croit percevoir la 
P galion toutes les fois qu’il peut apercevoir la main qui 
^interroge, ce qui a lieu pour les parties antérieures du 
* onc Peu à peu la sensibilité devint cependant moins ob- 
fise ! à cette époqtie, il éprouvait dans les membres des 
niibrêsants, des inoilvemens de contraction involontaire, 
ihâchôirés se serraient violemment ; il y avait trismüs. 

‘ La tête, d’abord iiniiiobile, recouvra plus tard quelque 
mouvenifint ; la suppression des mouvemens de la tête 
n’est pas un symptôme des alfecttons de la moelle : dans 
cas*^ if est hors de doute que si on l’a observée, elle était 
due à’la lésion violente et traumatiqu" qui avait atteint 
I portion cervicale de la colonne vertébrale. 

Après plusieurs e.ssaîs suivis d’üne légère anlëlioration, 

. oet hUniine se fit conduire â Paris, et fut admis à l'Hôtel- 
Bleu le 3 novembre, comme nous l’avons dit. 

Oh constate la possibibté de faire opérer des mouve- 
niehs à la tête : cependant l’extension est difficile ou dou¬ 
loureuse. On attribue cet état à la lésion de la coloiine qui 
, aoit consister ou dans une luxAtiort des vertèbres, ou bien 
dans une fracture plus où inoins considérable dans cette 
région : en effet, en examinant avec la main la partie pos- 
't&ieurê du cou, on reconnaît une saillie dont la pression 
occasionne des douleurs au malade. Les mouvemens de 
Diession sont possiblefe aux membres inférieurs j mais ils 
'sont leniset bornés. Ils sont plus difficiles aux membres 
supérieurs. La sensibdité réparait peu ÿ peu : le malade 
éprouve daïis les membre^ et dans là région du dos des 
founnillemens qui augmenteqt ou se reproduisent plus 
^orts après une excitation quelconque. ■ 

Les urines client naturellement} la constipation di- 
jniiiue de plus en plus. . . ' - , , 

Le traitement consiste dans 1 application de cautères le 
long de la colonne vertébrale, etc. • 

Aujourd’hui, près de trois mois Après 1 atcident qu il a 
-éprouvé, cet homme peüt'sàisir iiUé cuiller de la main 
•gauche et manger presque seul en appuyant le coude sur 
un plan solide,, et en fléchissAnt .avec precauton la main et 
ravant-bras sur le bras ainsi fixé. Il peut élever jusqu’à 
sa figure le membre droit, et saisir les objeU qu ou lin 
présente. La flexion des membres inférieurs se fait avec 
■facilité ; le malade peut se mettre sur le côté et rester dans 
-cetté attitude, cC qu’il ne pouvait faite auparavant sans le 
secours d’un infirmier ; il desceiid seül dé son Iij avecquel- 
que difficulté, et peut ensuite se_pr5mener seul, bien que 
les mouvemens des jaiiibes soient encore,un peu brusques 
.«tiacertaias. Cewsultatpst d’autant plus Satisfaisant que, 
les bras étant proportionnellement plus faiblesi-cet boul¬ 
ine ne peut s’en aider pour se soutenir. - 

- Cette amélioration, ^ÜOiqüe iiôlàblè, n est pas encore 
suffisante pour permeltié â cet bomme de reprëndre les 
travaux de sa profession ; fèra-t-^elle de nouveaux prog^res? 
Il Y a lieu de l’espérer d’après le succès obtenu jusqu à ce 
jour ; cependant on ne peut encore se permettre de comp¬ 
ter sur unejuérison parfaite. 

D.eiuUme observation. Ce deuxième malade est âgé de 
quarànle-bind âhs ; il exerçait, la profession de vanUier. 
Sa santé était bonne; àéulement, il éprouvait auWois des 
tomisseinens qui pei^lstaieiit jpendant douze ou quinze 
HJufs pîJÜt diAparaîtreTfiSUite. Il pouvait alors inanger de 
toute espèce d’alimens, sans éprouver la moindre genc. 
Ayant consulté â cette époque pour remedier a cet mcon- 
i yéhiéflt,-t)ritl-üt qù’itéfait Affecté d’une gastrite^ et on le 
traita en conséquence. Aujourd’hui que les idées médica- 
Tesqui i-égîi'âient alors sur ce point de pratique ôht beau- 
coup perdu, de leur importance, on comprendra facilement 
ce qu'il y avait d’erroné dans un Semblable diagnostic; 
quoi qu’il en'sdit, cés àceideùs britfini par disparAître côin- 
plètèment. H ÿ a sèpt ans èntiro'n, yere l’â^ de trehtéi 
Luit ans cet , liômiue;; qui était marie', devint tout a fait 
impuissant. Bien que les fonctions de la génération n’aient. 
jamais, pu s’accomplir depuisxette époque, ce ipalAden a 
pas laissé düé d’épi ôiTvéf pafiuiÿdes po.lTutions aipçturnes ; 
il n’a pa;s-rfon plds dbsérvé que les testicules aient perdu 
de leur tonne onde leur volume pripiitif. 

'Trois ans après ces premiers accidens, il y à quatre ans 
decéia, la jambe gauche, devint plus feible le pied se. 
renversait, au dire du raâlade; lorsquil Ÿoillaùt marcher ; 

I il ne se rappelle pas exacteineht dans quelleditection, car 
b ila dit en dedans à M. Chomel, et en dehors au fcbef de cli- 
P nique. Au lieu d’épcouyer .une diminution dans If sensi- 
S Lilltégénéràlëde cé hièlnbfe, il a obsefve au contraire 
' qu’il étaifpôiii ainsi .dîne beaucoup plus delicat.que celui 
■ du côté sain I ainsi; TiUipression d’un,corps fioid; du car- 
» reau, par bxem'pïe, l’pffectait plusViVemUnt de ce fcôté ijüe 
de l’autre. • Progressivement la faiblesse du iiiembre' gqu- 
clie augmenta;'le malade ne reSsentàif pépendaùt pas de' 
douleiirs dans-lfe trajet Üe la moelteépîffièré, il avaitsêu- ' 
lemeiu des l'ouvraillemens.dans le.raeiiibre affecté. , : 

"Au bout de sept mois', la faiblesse devint.telle qu’il ne 
pouvait appuyer sur la jambe, gauche la plaiiche dont se 
servent les vanniers pour travailler à leur état'; là jàtlibe 
droite, qui jusqu’alors était restée intacte , commença à 
devenir plus faible, et bientôt cet boKinejie put marcher 
sans le secours d’une personne étrangère. Cette infirmité 
fit même de si grands progrès, que bientôt il ne put sortir 
pour vaquer à ses affaires. ^ , 

Jamais le malade n’éprouva de rétention dqns 1 excré¬ 


tion urinaire; seulement, au lieu dé coii tracter lës muscles 
de l’abdoïnén, comme où lé fait pouf produire le premier 
jet de Tùfiiie, il était obligé de continuer ces efforts pen¬ 
dant tout le temps que se prolongeait l’évacuation. Cepen¬ 
dant, jamais ce liquide ne s’échappa goutte à goutte du 
canal de Tui ètre. En même temps il observa la faiblesse 
du sphyncter de l’anus, et parfois des vents lui écb'àppàient 
sans qu’il ait eu con.science de leur arrêt ou de leur sortie ; 
leur bruit seiil l’avertissait. Depuis, Tintèstin est devenu 
très paresseux ; car on était obligé de faire aïlef cet hom¬ 
me à la gardeiobe au moyen de layemens d’eau salée, ue 
décoction de follicules de séné, de gl.iee pilée, etc. 

Bientôt après, l’affaiblissemen t se p ropagea aux membres 
'thoraciques ; ne,pouvant plus'alors se livrermême impar-, 
faiteinent aux travaux de sa profession, le malade vint ré¬ 
clamer des seeoùrs à l’Hôtel'-Dieu. 

'Tel est à peu près l’état dans lequel il se présentait à son 
arrivée: Il avait alors dés fourmilleinens plus fréquent 
dans les inembrés inférieurs, et des douleurs vives appa¬ 
raissaient dans différentes régions du corps lorsqu’il était 
éri repos; elles persiuaient quelques minutes, et disparais¬ 
saient ensuite ; parfois elles étaient remplacées par des 
soubresauts, des tressaillemens involontaire^: if fut facile 
de reconnaître la nature de ces prétendues dou/enw r/ue 
matismales, car c’est ainsi que le ùialade'les appelait. 

Lorsqu’on passait la main le long de la colonne verté¬ 
brale, on ne déterminait janiaisde douleurs dans un point 
ou daùs un autre ; et à ce propos, M. Chomel fait obser¬ 
ver que ce signe, auquel les médecins qui ont étudié spé¬ 
cialement les maladies de la' moelle épinièré paraissent 
ajouter quelque valeur, n’en a que bien peu réellement. 
En effet, il pourrait, selon ces praticiens, être occasionné 
par le déplacement que la pression détêi-mîne éiiire deux 
ou plusieurs vertèbres,'ét par la tfanùhïssiou de ce mou¬ 
vement à la moelle et à ses enveloppes. Comment croire 
cette mobilité possible, quand on connaît les relations exac¬ 
tes qui liùissènt les Vertèbres, et les obstacles qu’elles op¬ 
posent à un semblable examen? N’est-ce pas plutôt à da 
compression que les tissus plus ou moins irritables éprou¬ 
vent entre la ijiain.qui les presse et les àpqpbysés qui ré- ■ 
sistent; qu’il faudrait en r'ejiortei' la cause ? N’en est-il pas 
de inémé dè la doüleur^qùe Ton cherche à interroger au 
moyeh'd’urie'éponge imbibée d’eau chaude que Ton pro¬ 
mène sur le trajet de la colonne? 

Chez notre malade, on a employé la strychnine à l’infé¬ 
rieur, et les Inoxas sur les côtés du rachis} il ya eu.dé Ta- 
méliofation dans lés mouvemens des bras, mais les mem¬ 
bres inférieurs n’eu ont pas encore présenté. Lé stfçcè^ des 
preinièrès tentatives pOuf, du ré'ste, faire éspérer dé'nou¬ 
veaux progrès daiiS. son état. 

Chez le pfèmier d'é.çès malades, il était impossible de 
nieeoimaîtfe i’açtion d’ùne.cause mécanique, saris doute 
unè fracture pli, une luxation dans quelque point de la ré- 
gioù cervicale de la colonne vertébrale. Chez celui-ci, au 
contraire, on ne peut donner une semblable origine à la 
maladie; il faudrait plutôt- Soupçonhér uneinflainnlation 
chronique, par eSenlplfe, un vâipolliSsemè'nt,partiel, étc. ; 
car on ne peut s’arrêtfer à l’idée qù’üne tumeur quelcon¬ 
que développée dans l’intérieur du canal rachidien, com¬ 
prime la moelle, le siège des premiers accidens, leur exten¬ 
sion aux membres supérieurs annulant toiit à fait céllé 
opinion. A ce propos. M. Choniel fait o^er-ver que par¬ 
fois l’altération peut échapper aux investigations de l’ana¬ 
tomiste. Ainsi, il y fi quelque téinps il eût occasion de trai¬ 
ter ane dame aô'cctée d’une liSralysiè de cètte nature.- i,à 
malade périt, et l’ouverture du cadavre, faite par MM. 
Chomel et Louis, ne'pUt faire constater la moindre altéra¬ 
tion dans la structure du cordon raebidieu ou de ses en¬ 
veloppes. 


Academie BEs Sciences. — Séance du 20 janvié.i. 

[. J, Guérin demânde Touverturë d’üh paquet cachelé qu'il a 
déposé le ,28 octobre ■dernier, Le paquét est ouvert,' et contient 
Jé fésukié^uivànf d'un travail que l'auteür préparait alots. 

"M. J'. Guétili fait observer'qù’‘ayant été obligé d'exposer et 
d'appliquer publiquetnent, dans scs çonféiences cliniquéssur les 
difltrmités dü système ossétlil dés idées et une. inethode de Irai - 
Iqment qu'il croit nouvellés, relélivéH‘l’brigibé ét a la cure des 
difformités congénitales delà hanché, il A l’fîonnetff û'é .vous prier 
de.communiqutr à l’Académie le cobtehu d'un paquet caefielé 
dont elle a bien voulu recevoir le dépôt le 28 octobre 1839. 

Etiologie essentielle. FicCriétis anatomiques et iràitemenl chi¬ 
rurgical des luxations et piewdo-liïxàtihris congénitales du 
fémur. ( Contenu du paqüét cacheté. ) 

« J’ai établi dans mon Histoire des difformités du .système 
_^SEHx, adressée a U concours' de l’Académie pour le àrarid p’rix de 
chirurgie, (jde le plus grand nombre des difformités articuIaiéeA 
corigénilales sont le produit de la rétraction musculaire pfiiiiifivé : 
j’ayai^dcjA compris dans cette formule généràlé leS teatîons. 
cèiigeniales du fémur, ainsi qu’il résulte du.rappoft de la éom- 
mission de l’Académie sur mes travaux. Depuis cetto époque^ 
jj’ai,çpnfirmé ;ei:déyeloppé ëetfe étiologie des diffornïil^, cpqgéy 
niales de la hanche, ■ et j’ai été conduit, par extension analogique;, 
à l^r appliil’uér le tfaiféweÀt 'chirurgical qup j’ài appliqué aux 
idifform'ilés du.picd, du génod,'du col ét de l’épine de mèmè 
ôrig-inej yoici les cànclüsions dù travail développé qUe je compte 
présenter A l’Académie suf eet ordre de difflormités. ' 

, M, 1“ .Les luxations cobgériitAlés du fémüfdoht, Comme lé pied- 
|)ot, le torticolis et les déviations de l’épine, le produit de la rér . 
traction rouseriaire prinritive7 ét lës-vàfîetës dé celte luxation 
considérées.sous le rapport de l^r siége,jde leur digeçtjon et de 
letti’ tUlgrév lé' p/odilil dé la rétraction musculaire différemment 


» 2“ Il existe un oritre de difformités congénitales de la han¬ 


che, qui n’avàitété indiqué par aucun auteur, difformités que 
j'ai appelées pseudo-luxations, parce qu’elles offrent l’appaceoce 
trompeuse des luxatioiis sans sortie delà tête du fémur de la ca¬ 
vité cotylo'ide ; les variétés de .ces péeudo-luxations sont elles- 
mêmes le résultat de la rétraction musculaire différemment dis¬ 
tribuée dans les muscles pelvi-fémoraux. 

» 3“ Le traitement essentiel, efficace de ces difformités, indé- 
pehdàmmént des moyens déjà connus, et qu’il faut conserver 
dans la limite de leur utilité relative, doit Consister dans la sec¬ 
tion des müscles rétractés. J’ai déjà fait cette opération trois 
fois a-vec succès : là première fois, le 26 novembre 1838, sur une 
petite fille qui m’a. été confiée par BI. le docteur Gaûlier, de 
Thoiry (Seine-et-Oîse), ét dont la difformité avait été constatée 
par MM. les docteurs J. Cloquet et May or,, de Lausanne. Les 
deux autres opérations ont été pratiquées il y a quatre et deux 
mois. » 

Après celle communicalîSn, je serai heureux que M. le secré¬ 
taire perpétuel veuille bien ajouter les détails suivans : 

Le luxatiÔBÀ et p’sfeudc-l'uxa'tions congénîales des articulations 
du squelette, autres que celles de la hanche, reconnaissent éga¬ 
lement pour origine, dans lé plus grand nombre dès cas, la ré¬ 
traction musculaire primitive , considérée dans ses trois modes 
particuliers, raccourcissement, paralysie et arrêt de développe¬ 
ment consécutif des muscles rétractés, et les différentes variétés 
de ces difformités sont, comme celles du cou, de l’épine et du 
pied, le produit de cette rétraction , différemment distribtfée 
dans les muscles de ces parties. J’ai fait il ÿ a irois semaines, à 
l’hôpilâl des-Enfans, chez une jeune fille de quatorze ans, la sec¬ 
tion des muscles biceps, demi-tendineux, dèmi-mernbraneux et 
■droit interne, pour deux luxations incomplètes du genou, pro¬ 
duites .par la rétraction primitive de ces muscles; il y avait des 
deux côtés sub-luxation des tibia en arrière sur les condyles du 
fémur,,rotation de la jambe d’uu quart de cercle en dehors, et 
inclinaison en dehors de celle dernière sur le fémur, de 60 de¬ 
grés environ. La rotation, en dehors, rinclinaison latérale, elle 
glissement en arrière des tibias, ont pu dès le lendemain de l’o¬ 
pération être ramenés à la simple flexion normale de la jambe 
sur la cuisse, et depuis cette époque, il ne reste des deux diffor¬ 
mités qu’un certain degré de flexion permanente de l’articula¬ 
tion. J.’ài en ce momentà l’hôpital un nouvel exemple de luxation 
congéniale double des fémurs que je me propose de traiter parla 
section des muscles rétractés : j’aurai l’honneur de communiquer 
h l’Aèadéraie le résultat de cette nouvelle tentative. Je crois de¬ 
voir faire observèr en terminant que la section , dqs muscles dans 
' cètfe difformité n’a pas pour objet de faire disparaître des obsta¬ 
cles accidentels à la iréduelion, comme cela, peut .avoir lieu dans 
les luxations traumàtiquès, mais de s’adresser à'la éagye me'cam- 
qfie de çès lésions, et d'établir pour leur, traitement une rgj/e 
bonec/fé pareille à celle que-je crois avoir . concouru à établir 
pouf lé pied-bot, le iorlicolis, et, plus récemment pour les dévia¬ 
tions de V épine. 

P'ùiir ràssurèr immédiatement les pèrapnues qui ne seraient 
•p'as cotïvaincues'dé l’innocuité des opérations pratiquées sous la 
peau, hors du Contact de l’air, j’ajouterai que j’ai fait le même 
jour, et sans désemparer, chez la jeune fille.de quatorze ans doüt 
il a été question dans cette lettre, la section sous-culanée de 13 
muscles ou tendons, pour remédier à diverses difformités dont 
elle était àlleinte; dès le lendemain, la malade n’éprouvait au~ 
cunè éspèce de douleur, ni de malaise, ni de symptôme d’inflanir 
mation quelconque dans le siège des musqles divisés. Ces faits 
ont été cohstàtés publiquement à la clinique des difformités de 
l’hôpilài des Enfans. j 

Recherches sur l’essence de térébenthine. ~ M. Devîllè 
adresse un mémoire dans lequel il-à éu pour but : 

. 1° De faire connaître dé nouveaux; corps isomériques avec l’es¬ 
sence de térébenthine, et provenant de l’altéfatidn moléculairè 
de celle-ci ; leurs propriétés et leurs principales combinaisons; de 
faire conn'àître les composés qui dérivent dé cês corps et dans les¬ 
quels le chlore a rempUcé une .certaiqe poqlion-da l’hydrogène 
constitutif, et cela dans les proportions voüliieS par m loi des sub¬ 
stitutions, leurs propriétés, leur analy.së, ' 

, ,2» Démontrer quelle est la relation (fé génération qui,Ije, en¬ 
tre eux tous ces corps isomériques ou leurs dérivés chlores, qiielle 
■que soit du reste la naturé de l’essence de lërébenthine qui’ leur a 
donné naissance directement ou indirectement 
Sur les causes, des scrofules. — M^ L“Sbl Ait un mémoire sur 

ce sujet. ■' " ' ‘1' ' ■ * -- ^ 

Les scrofules pëuveril-elles, comme le pensent encore aujour¬ 
d’hui beaucoup de médecins, baître et se développer sous l’in¬ 
fluence unique de cause? extérieures; ou bien sont-elles une af¬ 
fection héréditaire? Tellè est là què'stion que s’est proposé de ré¬ 
soudre i’auteur. . . ■, 

Le résultat des études qii’il a faites sur cetté maladie pendant 
une longue pratiqué à l’hôpilal Sàint-LdUis, où affluent les écro- 
fuleuî, l’a conduit à une ojpinion bien arrêtée, et qu’il exprime 
dans les termes suivans ; 

Les causes occasionnelles que l’on a signalées comme pouvant 
faire naître, chez un sujet qui n’en porterait déjà pas le germe, 
la maladie scrofuleuse, n’ont point d’ej^etneeewaire. 

On citerait des milliers de cas où elles ont agi touteaà la fois et 
avecla njuï'grândé rinlêii'sil^,^rsâns amener ee résultat; et dans ' 
lêî'ëxènîpfès coiîtrJîrés qU’on pSuréàit allégùér, il iflèn est peùt- 
êète pas un dans lèqdel on ait suffisamment côhftaté qu’il ifÿ 
"""'* pas de prédisposition héréditaire, ' 

n’en est pas de même de l’hérédité, son actiôn est évidente 
dans le plus grand nombre des cas, et on peut la découvrir mé-' 
me dans ceux où elle est le moins apparente, quand on a appris 
à distinguer les signes qui annoncent ce triste héritage. 

Toutes les fois qu’on trouve chez ifi enfant l’affection scrofu- 
leusp, c’,est, suivant M. Lugol, un sighe Céftâin- d'un •ieinpéra- 
nient de'famille, en vertu duquel tdus les attires enfans sont pré¬ 
disposés à la même maladie,'.JJiùaatre slgtfi qui peut servir à 
faire reconnaître dans les familles cette fâcheuse consfîtulfofi, 
c’est la grande mortalité à laquelle elles sont sujettes. A peine ' 
un quart des enfans y par.vient-il à ràge de la puberté. ’ 

Après avoir fait connaître les caractères essentiels de l’héré.''"’ 
|dilë, l’auteur (lu m.émpdre considère l’état de santé'dès parèfiS' ' 
qui engendrent des enfans scrofuleux, car s’il soulfeiit que là 
santé des enfans dépend de celle des paréns, il Mlàtibgne ‘ 
jehez çeux,^ci la santé originaire et la saUlé acqttisè, les deux 'pciu- 
varil.jijiiduirè, le même résultât, mais ne coodüiS-dAit 'pas aux 'in'ê'^ ' 
niés cônefusidns quand on remonte aux ascendans, savoir qu’un 
enfant scrofuleux aurait nécessairement pour père ou pour mère 
une personne de constitution scrofuleuse. 

Conformément à cette distinction, il divise en deux groupes 
les faits relatifs à l’hérédité, et il en tràite dans deux sections dif¬ 
férentes. 

Dans la première, après avoir parlé des scrofules qui s’obser¬ 
vent chez des sujets nés de parens actuellement scrofuleux ou at- 














teints de phthisie tuberculeuse, ce qui pour lui ne constitue que 
deux formes d’une même affection et non deux affections diffé¬ 
rentes , il montre i° que des parens jouissant en apparence d’une 
bonne santé, mais ayant eu dans leur jeunesse des symptômes de 
l’affection scrofuleuse, engendrent souvent des enfans scrofuleux ; 
2“ que des parens qui jamais n’ont montré aucun signe de celte 
affection , mais qui ont des scrofuleux dans leurs frères ou leurs 
sœurs ont aussi assez fréquemment une postérité scrofuleuse ; 
3“ que des sujets qui ne sont dans aucun de ces deifx cas et qui 
ont cependant engendré des enfans scrofuleux ont été quelque¬ 
fois, postérieurement à la naissance de ces enfans, atteints eux- 
mêmes de scrofules , remarque négligée jusqu’à ce jour et qui 
avait probablement contribué à établir l’opinion que le viee scro¬ 
fuleux saule quelquefois une génération, c’est-à-dire passe d.u 
grand-père au petit-fils, opinion assezfaccréditée, mais que M. Lu- 
gol regarde comme sans fondement réel. 


SOCIETE DE MEDECINE PRATIQUE. 

Présidence de M. Fodqüies. — Séance du 6 décembre 1839. 

M. Puzin annonce qu’il a été témoin de nouvelles expériences 
faites avec l’eau hémostatique de M. Brocehiery : celle- ci appli¬ 
quée sur l’artère crurale ouverte à dessein sur des chiens a cons¬ 
tamment arrêté l’hémorrhagie au bout d’une heure. L’hémorrha¬ 
gie résultant de l’ouverture des artères thyroïdiennes et des vei¬ 
nes jugulaires d'une jeune fille a été arrêtée par cette eau hémo¬ 
statique. Elle a été également employée avec succès contre la 
■ diarrhée muqueuse chez une demoiselle qui en a fait usage h 
l’iqférieur. Cette eau, qui ne contient pas d’alcool, ne perd pas 
: ses propriétés en vieillissant : seulement, si elle n’est pas bien 
bouchée, elle perd sa transparence sans que ses propriétés en 
soient diminuées. 

M. Puzin demande qu’il soit nommé une commission chargée 
de constater l’efficacité de cette eau hémostatique. Obtempérant 
à cette demande, la Société décide qu’elle sera composée de Mül. 
Puzin, Rousseau, Léger, Parent,.Cheneau, Guersant, Duhamel, 
Moret, Pertus, Delaborde, Serrurier, Sorlin etNauche. 

— M. Belhomme fait une lecture intitulée : Examen de la va¬ 
leur des lésions anatomiques dans la folie. C’est une réponse 
à quelques auteurs modernes qui cherchent à révoquer en doute 
les caractères anatomiques et pathologiques du cerveau des alié¬ 
nés. On doit admettre, dit l’auteur, que si le cerveau est le siège 
de l’intelligence à l’état normal, il doit être le siège de la maladie 
qui coïncide avec le trouble de nos facultés intellectuelles, mo¬ 
rales et instinctives. L’étude du système nerveux chez les ani¬ 
maux prouve que l’intelligence est toujours en rapport avec le 
développement du cerveau. L’auteur admet que chez l’homme ta 
petitesse de cet organe est toujours l’indice d’une faible intelli¬ 
gence, tandis que l’homme de génie a ordinairement un cerveau 
volumineux ou du moins une conformation qui le distingue par 
des rapports harmoniques et symétriques. 

Les antagonistes des localisations cérébrales admettent bien que 
le cerveau est l’organe de la pensée, mais ils se refusent à toute 
localisation minutieuse des facultés humaines. Ils ne veulent pas 
non plus reconnaître qu’il y a dans la folie des conditions anato¬ 
miques qui tiennent sons leur dépendance certains phénomènes 
de l’aliénation mentale. Ainsi M. Belhomme cherche à prouver 
par des faits qu’il a recueillis ou puisés dans les auteurs qu’il y a 
■un rapport constant entre certains symptômes d’aliénation men¬ 
tale et certaines lésions cérébrales. Ainsi l’idiotie se révèle par 
des déformations constantes du crâne et souvent par des vices 
d’organisation du cerveau lui-même. Arrivant à la folie , notre 
ponfrère est porté à croire que la manie s’accompagne d’une hy- 
pérémie des méninges superficielles, qui pénètre plus ou moins 


dans le cerveau, et qu'il y a rapport d’intensité entre la cause et 
l’effet du délire maniaque. 

Dans la démence à l’état aigu on trouve encore un épaississe¬ 
ment et une opacité des membranes extérieures du cerveau sou¬ 
vent une adhérence de la pie-mère avec la substance corticale, 
des infiltrations séreuses entre les membranés, des plaques blan' 
châtres résultant d’anciennes adhérences. Lorsque la démence 
s'est développée lentement et sans phénomène aigu , il n’est pas 
rare de trouver un affaissement des circonvolutions cérébrales 
une sorte d’atrophie et en même temps un épaississement cor ! 
respondant des os. Il y a encore une sorte de stupidité qui s’ac¬ 
compagne d’un œdème non seulement des membranes cérébrales 
mais encore des tissus même du cerveau. - ’ 

La paralysie générale des aliénés s’accompagne constamment 
d’une lésion de la couche moyenne de la substance corticale, et 
dans certains cas, on trouve des ramollissemens très étendus'de 
la substance médullaire, et même des abcès. 

Quant à quelques faits isolés qui sembleraient faire croire à 
l’essentialité de la folie, ils ne peuvent être considérés que 
comme des exceptions à une observation générale, incapables 
d’anéantir la valeur de faits bien observés et avec conscience. 

Il y a deux genres d’aliénation mentale qui peuvent exister 
sans lésion organique : l’hypochondrie et la monomanie. Dans le 
premier, la névrose coïncide ordinairement avec un dérangement 
des fonctions digestives et même avec une lésion des organes. 
La monomanie, d’après Spurzheim, dépend de l’activité anormale 
de la fonction d’un ou de plusieurs organes superficiels du cer¬ 
veau. 

Arrivant au traitement des aliénés, M. Belhomme, conséquent 
avec l’opinion émise, qu’il y a constamment altération du cer • 
veau, pense que le traitement physique est important surtout 
dans le principe de la maladie, et que la doctrine des essentia¬ 
listes, qui pensent que le traitement moral convient seul aux alié¬ 
nés, est une grave erreur. Il n’est utile que lorsqu’on a surmon¬ 
té la trop grande énergie des forces vitales et nerveuses. 

-— M. Guillon fait voir un enfant de neuf à dix ans qu’il a 
traité d’une fracture de la clavicule par un appareil qui lui est 
propre : la clavicule fracturée il y a sept semaines est parfaite¬ 
ment consolidée sans aucune difformité. 

Le même confrère rapporte avoir été témoin de deux opéra¬ 
tions de rupture d’ankylose du genou pratiquées par M. Lou- 
vrier ; la première a duré 27 secondes, et le malade a pu mar¬ 
cher immédiatemeut après. 

-— M. Guersant fils rapporte qu’il est survenu chez les malades 
opérés à l’hôpital Beaujon par M. Louvrier des accidens : ainsi, 
chez un des derniers opérés, il s’est fait â la peau du creux du 
jarret une déchirure qui a mis à nu le nerf poplité externe et les 
tendons des muscles fléchisseurs de la jambe. Chez un autre, il 
y a fine luxation en errière du tibia ; chez un autre, le redresse¬ 
ment est incomplet. 

M. Duhamel, qui tient de M. Bérard jeune, chargé par l’Acadé¬ 
mie ué médecine de lui faire un rapport sur les opérations prati¬ 
quées par M. Louvrier, le résumé de ces opérations, dit que déjà 
treize opérations ont été faites sous ses yeux et qu’elles ont été sui¬ 
vies de succès, a l’exception de celles dont a parlé en premier lieu 
M. Guersent. Mais, dans ce cas, la jambe était coudée à angle 
très aigu, de manière que le talon était peu éloigné de la fesse, 
ce qui explique la difficulté qu’a eue la peau rétractée depuis 
long-temps à s’allonger san se déchirer : jusqu’ici il ne s’est point 
développé d’accidens. Quant au second cas de luxation du tibia, 
il ne pouvait point en être autrement, ainsi que dans tous les 
analogues, attendu que la rotule étant soudée complètement aux 
condyles du fémur occupait la place que devait prendre le tibia. 
Enfin, dans la dernière opération , la corde de l’instrument s’est 
rompue avant que l’extension de la jambe fût complète. 

Pour extrait conforme, Dühamkl. 


. „ . Cateau, 19 janvier i84o 

Monsieur, ‘ , 

Veuillez insérer dans un prochain numéro de votre Journ, 
cette lettre, en réponse à celle de M. Lisfranc que vous v , 
rapportée dans le n" G. ’’ 

Je n’avais pas à ma disposition le mémoire de M. Lisfranc n 
bue dans la Gazette Médicale et dans les fascicules de l’AcadéS!' 
de médecine; mais j’avais consulté l’article Rectum du Dict s 
Med. et de Ghirurg. prat., tome XIV, page 148, dùse trn„ 
textuellement le passage suivant : « Le péritoine descend injï 
3 pouces 6 lignes de l’anus, terme moyen, chez l’homme; jusm 
2 au plus chez la femme. Ainsi, M. Lisfranc s’est doubler 
trompé dans les mesures qu’il a données à cet égard, dan«!‘ 
Mémoire sur l’excision du rectum : car, d’un côté, il suppose „ 
le péritoine descend beaucoup plus bas que je viens de le di 
ce qui n’est pas exact; et de l’aulre, il affirme qu’il descend ml 
bas chez la femme que chez l’homme. » ' 

D’ailleurs, je n’ai point prétendu que M. Lisfranc établis,,; 
que le penloine descendît plus bas; j’ai seulement dit queM 
Lisfranc paraissait établir, etc. J’ai employé cette forme dubih 
tive parce que je n’avais pas précisément sous les yeux les pr»»' 
ves irrécusables que cela fût écrit par lui. 

Quant à la priorité pour la hauteur de l’excision, je suis h», 
aise qu’elle revienne à cet illustre maître; car, bien qu’elle Z 
fut absolument inconnue, elle me garantira du reproche de léZ 
rité, que quelques confrères charitables auraient pu m’adresse 
etc., _ ^ 

Nous avons vu dernièrement comment on jup^eait M Orfil, 
Caen (n« du 18 janvier, feuilleton). M. Raspall nous a aoar' 
comment on l’avait jugé à Dijon. Voici maintenant l’appréciatini 
de ses actes faite par un journal de Marseille. ' 

Après avoir déploré l’état de l’école secondaire de celle vill, 
qui ne compte que 7 élèves, selon le rapport officiel de M O, 
fila lui-meme, ce journal (laVille de Marseille) ajoute : 

« Ce n’est pas dans le rapport de M. Orfila que noos troav. 
rons le remede. Ses rapports, il faut bien le dire, annoncent un, 
grande legerete. On voit bien qu’ils sont le résultat d’une in, 
pection faite en courant et sans rien approfondir. » 

Et un peu plus bas : 

« La question d’organisation est plus générale. C’est sur « 
point que se montre la légèreté de M. Orfila. “ 

)i Cet inspecteur affectionne singulièrement les écoles secoli. 
à iz l’avantage de mettre l’instruction médicale pim 

cS'pXïï ’ “ 

« Dans un premier rapport, il a fait connaître le nombre da 
eleves de chaque école : il y en a plusieurs gui n’ont, chaque Z 
J quelques-unes en ont même moiw, 
11 a cependant eu le courage de proposer pour toutes une organi¬ 
sation semblable dans laquelle se trouvent neuf chaires et^nëof 
professeurs, indépendamment des professeurs suppléons: de sorte 
que dans un assez grand nombre d’écoles il y aurait plus de pro- 
fesseurs que d é èves; et telle est son illusion que dans le second 
rapport, duquel nous avons extrait le nombre des élèves nott- 
yeaux dans chaque école, il trouve encore à se féliciter durésul- 
tat de la nouvelle organisation. 

" -Fii® prépare , dit-on , sur l’enseignement médical II 
de" M O l’i»fl«ence des opinioj 

de M. Orfila. JVous aurons occasion , avant que Ja loi soit 

Sur’d’huIT"'' 


On ne saurait trop rappeler que l’Insecto-Mortifère. est toi 
jours employé avec succès pour la destruction des punaises et ai 
^es insectes nuisibles ou incommodes. — S’adresser fauboui 


L’ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 

Oe nt’en gmérlr radicalement. ainsi qne des Dartres 

Et de toutes lesMaladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. — In-8®, Prix, 2 fr. 50 c. — Chez l*Auteur, rue des Fossës-du-Temple, 16. 


• Découverte.... Prodige de la Chimie! 

POMMADE OU UON 

Pour faire pousser en un mois les crevecx , les favoris . les MonsTArnps .i Im 

ÎPvïïJJs*- io4 'àS FbüI 

U ^ » au I à coté du “passage Colbert , près lè Palais-Roval fi rhpv 

maison.—(Six pots, 20 fr.—On expeîdie.) 

rnoMPEST en vendant 
**** EFFETS SOUS notre titre : woiis H'avovs Aiiriiis 
DÉPÔT CHEZ EUX SI Ali.i.ECBS. Le public doit acheter dibectemest à l'adresse r i 
kaceptios pofir avoir la véritable PomSdïlion c„w^e 
, liii memej 5 années de réussites toujours infaillibles sont des varamie^ 
Nospotssont revêtusde la signature a /omainiîeM. FitAincois du carhef de l'.nten. 
W cire rouge, et accompagnés d'un prospectu?(Se bien Ser db ‘ ' 


FB BOUIIQUÏ.) 


PASTILLES de CAli AB R T! 


Lie ruiAnu, j-narmacien, ruebaint-Monoré, 271. Guérit toux, calar 
rhes, asthmes, irritations de poitrine, glaires; facilitent l’expectoration pÎ 
entretiennent la liberté du ventre. Dépôts chez tous les Pharmaciens 


MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 

ATENüE MARBOEUF, 1, RDE MARBOEDF, 7, PRES LES 
CHAMPS-ELYSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traités 
avec un succès complet dans cet utile établisse¬ 
ment. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des mala¬ 
des, nous citerons MM. les docteurs Amussat, 
Blandin, Bouillaud, Carron du Villards,- Dever- 
|ie aîné, Emile Chevé, Civiale, Jules Gloquet, 
Fieveede Jumont, Labarraque fils, Leroy d’E- 
tiolle , Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan, Roebe, Rognetta, Ségalas, Sellier, Siebel, 
Souberbiellé, Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 


BREVET d’inVENTIOîI. 

Exposition de 1J3! 

biédaille D’oa. 
^CHARRIÈRE, coutelier, 
Fabricant d’instrumens di r» 
-V chirurgie. Fournisseur dtli 
*a Faculté de médecine de Paris, 


4 fr, 

iSlaiBa 

War Fl 

ch 



Rue'de TEcoh-de-Médecine, 9. 


Pompe simple A courant régulier «an» 
voir U’alr, de 12 à 24 fr. *«»» reser 

Appareil du docteur Donné nour nir-i , 

Perdrix, etc., de 5 à 8. fr. Œils-de 

■‘«“«««•««“•"P.sné d. I. „oüo. 

^ Sci !»• 

Waiick, 11, Laurence Pountnay Lane. 


NÉMÉSIS MÉDICALE. 

RECUEIL DE SATIRES, 

il Par un Pbocéen. 

La Némésis médicale iotmt un ouvrage unique en son genre 
Outre le mérite spécial de la versification , on y trouve l’^pré- 

ciation des diverses théories et systèmes, des diverses méthodes 

de traitement, et un jugement motivé sur les hommes et sur leurs 
actes. Cest en plus de huit mille vers, et dans le cadre le plus 
varié, une histoire complète de la science sous le point de W 
de la pratique et de renseignement. 

, ^ est méf ; elle restera comme un exem¬ 

pte de difficulté vaincue et d'union intime de la science et de Iji 


PAPIER GHIMIQUE DE PELLERIN 

D Z • ^***.’ ''lellIe-Bouclerle, 15 


P3S lin médecin éclairé qui ne tienne à placer dans 
sa bibliothèque un ouvrage dont le succès a dépassé toutes les 
prévisions. 

La Némésis médicale se compose de vingt-quatre satires de 
trois cents vers chaque environ ; voici les titres des satires • 

1» Introduction. g» La Patente et le Droit d’e- 

. 3» L Académie. g. LesObsèquesdeDupuytren. 

t 10-L’Homœopalhie. 

fi iF' *1*. I-®* Professeurs et les Pra 

6. Le Concours. ticiens. 

7« Les Examens à l’Ecole. 12» Les Etudians en médecine 


20' La Phrénologie. 

21' Les Pharmaciens. 

22' Le Conseil royal de l’In: 
truclion publique. L’Ibi 

titut. 


13' Réveil_Ecole. 

14' Les Charlatans. 

14' Les Spécialités. 

16' Les Sages-Femmes. 

17' Les Hôpitaux et les Clini- 

18'LaResîonsabililémédicaIe. 

19' Le Magnétisme Animal. 24' Mes Adieux'. Conclusion. 
Prix des vingt-quatre satires : Pour Paris fr . „ , jj 


Paris, imprimerie de Béthhme et Plow, rue de Vaugirard, 36. 




































(15. année.) 


N» iû, TOMÉ ü. — Ûi SÊÉIE. 


m 


MARDI 2Ô Janvier i840. 


JLa Eianeette Wrancaise » 

GAZETTE DES HOPIT4EX 


Le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIEES. 


Bans, 3mois,|9, fr.;j;6 mois, 18 tr. ; 1 an, 361ri 
Départ., 3mois, 10fr.;6 mois,20fr.; 1 an, 401.,’ 
F.trano^er. 1 an, fW... 


HOPITAL DE LA CHARITÉ. — M. Velpeau. - 

Cancer de la face. Ablation de toute la mâchoire supérieure 
du câté gauche. 

Au n“ 4 de la salle Saint-Ferdinand se trouve un sujet 
d’observation d’un de ces cas affreux et difficiles dont la 
cure à entreprendre demaride autant de résolution de la 
part du malade que de celle du chirurgien. Il s’agit d’un 
homme portant à la joue gauche un énorme cancer sous 
{orme de tumeur ovalaire ayant sa plus grande saillie au- 
devant de la fosse canine et s’étendant en largeur depuis 
Je côté du nez jusqu’à l’articulation teinporo-maxillaire 
et le long du bord externe de la mâchoire inférieure, et, 
en hauteur, depuis la commissure des lèvres jusqu’au- 
dessus de la fosse zygomatique en dehors de l’orbite. Cette 
affection, datant seulement du mois d’octobre dernier, 
avait commencé par attaquer d’abord le bord alvéolaire 
et l’arcade dentaire du maxillaire supérieur, puis avait 
pris un accroissement si rapide qu’en fort peu de temps 
la tumeur avait gagné dans tous les sens les dimensions 
que nous venons d’indiquer..En dedans de la bouche, une 
masse informe de clïairs molles et dégénérées déprimant 
la langue et s’étendant jusqu’au voile du palais, qui y était 
même compris , remplaçait la voûte palatine de ce côté. 
Al’extérieur, la tumeur, offrant plusieurs bosselures, était 
recouverte par une peau amincie, d’un rouge violet, mais 
heureusement non encore ulcérée ; sous la pression , qui 
n’occasionnait pas de douleur, le ramollissement n’était 
manifeste en aucun point, quoique la consistance fût bien 
différente sur toute la surface altérée ; le gonflement, ar¬ 
rivé au bord supérieur de l’orbite, avait occasionné l’oc¬ 
clusion de la paupière et soulevé l’œil, qui cependant était 
. demeuré sain , car le malade voyait très bien en écartant 
ses deux paupières avec les daigts ; mais l’axe visuel, en 
conséquence du soulèvement dont nous venons de parler, 
était dévié dans le sens du prolongement de la tumeur, 

• c’est-à-dire oblique de bas en haut et de dehors en dedans. 

Tel était l’état de ce . malheureux qui ne s’abusait 
point sur l’horreur de sa position, et en était effrayé moins 
encore par ce qu’il voyait des ravages decette affection, 
que parce qu’il connaissait des dangers de la terrible cause 
qui les avait produits. Aussi, menacé d’une mort affreuse 
et sans aucun doute peu éloignée, il vqnait avec la plus 
. vive instance implorer telle ressource que ce fût pom- pou¬ 
voir y échapper. En vain, on lui représenta toutes les dif¬ 
ficultés, tous les inconvéniens d’une semblable opération; 

; de plus, on lui fit comprendre que le bénéfice qu’il en re¬ 
tirerait était presqu’aussi douteux que la chance contraire 
était certaine.... Le malheureux semblait ne se ratfacher 
qu’avec plus d’ardeur au sentiment dç l’existence { it vou- 

• lait vivre en dépit de toutes les chances possibles,'au prix 
des plus grandes souffrances, des plus horribles difformi¬ 
tés. Ce fut encore inutilement que M. Velpeau, peu sou¬ 
cieux de cette opération, l’engagea à se recommander aux 
soins d’autres chirurgiens qui entreprendraient peut-être 
sa guérison avec moins de répugnance ou plus de facilité ; 
le malade répondait qu’il ne se confierait jamais à d’autres 
mains, et suppliait en grâce qu’on ne le renvoyât pas, chez 
lui, périr misérablement à quelque temps d’ici. 

. Alors, M. Velpeau se décida à l’opérer, en mettant de 
côté la considération des difliciillés du procédé opératoire, 
et calculant seulement les conséquences possibles de l’opé¬ 
ration. Si la vie du sujet pouvait être compromise iiriiné- 
diateinent parson résultat, quelques chances aussi’la lais- 
saipnt espérer sauve ; premier motif déjà pour oser la ten¬ 
ter. Mais, il fallait de plus songer à la récidive, accident 
tant à craindre aux yeux de quiconque connaît la déses¬ 
pérante opiniâtreté des cancers de nature encépbalbide, 
comme l’était celui-ci : c’était cependant, il nous le sem¬ 
ble aussi, un second motif qui devait mieux encourager ce 
chirurgien ; car, de cette manière, au prix de quelques 
souffrances, la vie du pauvre patient était au moins sûre¬ 
ment prolongée,'même en supposant le cas tie récidive qui 

C ut-être encore n’aurait pas lieu, l’individu étant d’ail- 
irs fort, bien portant, et n’offrant nulle part les traces 
d'une affection cancéreuse constitutionnelle ; aucun gan¬ 
glion n’était d’ailleurs engorgé. 

Et pourquoi donc rester sourd à l’inspiration de cette 
hardiesse et de cette intrépidité qui ont valu à nos grands 
chirurgiens tant et de si beaux succès légitimant alors leur 
audace, comme il arrive en toutes clioses après une tenta¬ 
tive heureuse ! Un précepte sacré, d’une rigoureuse obser¬ 
vation, dit qu ü n’est pas permis de tuer : sans doute ; mais, 
■.occtdit qui non seroat, dit aussi un vieil axiome dont- l’ap- 
plication ne nous paraît pas moins juste. Or, dans tous les 
cas comme celui qui nous occupe, où la non-réussite ne 
doit pas être plus préjudiciable que l’abandon, n’est-il pas 
d une humanité et d’une philantropie plusgénéreu.ses cPen- 
tendre aussi largement que possible le précepte ci-dessus 
et de dire que s’il n’est pas permis de tuer, il est non moins 
implicitement (Ufendu de laisser mourir. 


Ce sont ces sentimens qui ont dirigé M. Velpeau dans sa 
détermination, et le plus heureux résultat semble devoir 
suivre son entreprise. Voici d’ailleurs comment il a pro¬ 
cédé à l’opération, et quelles en ont été, jusqu’à présent, 
les suites. 

Il n’a pas paru possible à M. Velpeau de découvrir la 
tumeur, comme d’habitude, au moyen d’une incision faite 
suivant le diamètre transversal, et qui donne deux lami 
beaux s’écartant l’un de l’autre par la dissection ; car on 
n’aurait pas pu relever suffisamment le supérieur, ni abais¬ 
ser l’autre sans d’autres incisioi^s aux angles, et puis encore 
la caverne profonde qui devait se trouver après l’opération 
aurait rendu très difficile leur rapprochement .sur la ligne 
transversale. C’est pourquoi, pour mettre à nu la tumeur 
en conservant les tégumens avec le plus grand soin, M. 
Velpeau a commencé parfaire une incision horizontale à 
partir de la commissure palpébrale externe et se prolon¬ 
geant sur une longueur d’environ 30 millimètres (1 pouce) 
au dessus de l’arcade zygomaiique; puis venant à l’angle 
interne de l’orbite, il a fait une autre incision verticale qui 
a détaché les parties recouvrant le dos du nez, a ouvert 
l’aile de ce côté et séparé totalement la lèvre en deux par¬ 
ties. Alors, joignant ces deux incisions, il a abaissé la pau¬ 
pière inférieure en incisant la conjonctive qui s’y réfléchit 
tout le long du bord inférieur de l’orbite , et disséquant 
ensuite en-ffedans de ces deux lignes, il a obtenu un lam¬ 
beau de peau tiré de dedans en dehors et un peu oblique¬ 
ment de haut en bas, ayant la forme d’un triangle dont la 
base était représentée par la ligne d’adhérence allant de la 
commissure labiale gauche à l’extrémité de la première 
incision faite au-dessus de l’arcade zygomatique. Ce temps 
de l’opération a été sans contredit le plus doulooi'eux et le 
plus long, d’abord à cause de l’étendue de surface qu’il 
a fallu disséquer, et puis à cause de l’attention-excessive 
avec laquelle on a détaché la peau de dessus tant de bos¬ 
selures, sans l’altérer dans le peu d’épaisseur qu’elle avait 
eu beaucoup d’endroits. 

La tumeur étant tout à fait découverte, on s’occupa de 
détacher l’os, et pour cela, M. Velpeau enfonça d’abord 
un bistouri droit qui fit une incision perpendiculaire à 
l’extrémité de la première, au-dessus et en arrière de l’ar¬ 
cade zygomatique, dans la fosse de ce nom. Un stilet in¬ 
troduit dans cette ouverture, descendant jusqu’au milieu 
de la joue, y fit passer un des bouts de sa scie à chaînons 
qui, mise en jeu, coupa l’arcade zygomatique environ à son 
tiers antérieur, d’arrière en avant et de haut en bas. En¬ 
suite, un poinçon placé à l’intérieur de la paroi externe de 
l’orbite, à peu près au niveau de son diamètre transver¬ 
sal, et à une profondeur d’environ 8 à 10 millimètres (4 à 
5 lignes), y fit, au moyen de quelques coups de mailloche, 
un trou dans lequel une sonde cannelée fut passée et ren¬ 
versée plusieurs fois pour l’agrandir, après quoi la scie à 
chaînons, introduite eu dedans de l’orhite, et sortie en 
arrière, fut ramenée en devant pour embrasser l'angle su¬ 
périeur de l’os molaire, qui fut ainsi détaché, en le sciant 
d’arrière en avant et un peu île dedans en dehors. Puis, 
venant à la partie inférieure, M. Velpeau fit au voile du 
palais, ou plutôt à la masse dégénérée qui, à sa place, obs¬ 
truait l’orifice postérieur des fosses nasales, une large inci¬ 
sion en travers, qui lui permit de faire passer une extré¬ 
mité de la scie à chaînons, qui fut ramenée au dehors le 
long du plancher des fo.sses nasales. L’autre extrémité de la 
scie sortant à l’intérieur de la bouche, on scia toute la voûte 
du palais, qui fut ainsi divisée horizontalement d’arrière 
en avant et de dedans en dehors, suivant une ligue droite 
qui vint tomber au niveau de la portion de lèvre adhéren¬ 
te, entre la seconde et la première dent incisive; qui de¬ 
meura intacte. Il restait encore l’articulation naso-orbi- 
culaire, qui fut désunie à l’aide des cisailles de Liston; la 
branche inférieure, placée en dedans de la fosse nasale, 
au-dessous des os propres du nez,*bt dirigée comme la 
branche supérieure à l’extérieur, vers l’angle de l’orbite, 
obliquement, de bas en haut et de dehors en dedans, la 
.section de l’apophyse montante du maxillaire fut ainsi 
faite d’un seul coup. Enfin, au moyen de quelques trac¬ 
tions qui détachèrent facilement la partie de cet os for¬ 
mant la paroi inférieure de l’orbite, et qui firent égale¬ 
ment céder son articulation avec la portion du palais qui 
se trouve entre lui et l’apophyse ptérigoïde du sphéncîide 
en bas, l’os delà mâchoire supérieure se trou va entièrement 
enlevé, et avec lui toute la tumeur extraite. Toute cette 
série d’opérations si peu faciles n’avait duré que moins 
de dix minutes. 

La plaie ayant été abstergée, il n’y eut aucun besoin 
d’arrêter le moindre écoulement de sang, et quand on se 
fut bien assuré que toutes les partiç.s formant les parois 
de cette caverne étaient saines , il fallut songer à la bou¬ 
cher ; seulement le lambeau de peau qui aussitôt après sa 
dissection de dessus la tumeur était devenu bleuâtre et 
livide , puis aussitôt insensible à l’action des instrumens, 
pouvait laisser craindre une mortification générale et pro¬ 
chaine ; c'est pourquoi M. Velpeau, dans le but de la pré¬ 
venir ou tout au moins d’en arrêter l’extension, se décida 


à éliininer de suite la portion qui lui paraissait la plus al- 
altérée, et qui d’ailleurs était superflue à cause de la con¬ 
cavité de la nouvelle surface à recouvrir. Il excisa donc 
tout le long du côté correspondant au nez et à la lèvre 
une partie de son bord suffi.sante pour rendre le rappro¬ 
chement facile et juste, après quoi deux points d’union au 
haut du nez et à la portion libre de la lèvre ayant fixé le 
lambeau , il les réunit par une série d’autre.s points de 
suture à surjet, faite dans toute la longueur de cette in¬ 
cision verticale, et puis il pratiqua le rapprochement des 
bords de la première incision àu moyen de nouveaux 
points de suture entortillée. 

Dès le surlendemain, toute cette peau présentait une 
surface épahsie, rouge, animée, et à l’endroit dessolulions 
de continuité, les traces d’une inflammation franche , 
bonne et modérée; le globe oculaire était parfaitement 
sain, mais seulement autour de lui les paupières étaient 
boursoufflées et le siège de légères ecchymoses, ce qui y fit 
pratiquer quelques mouchetures. 

Le soir du second jour, le pouls du sujet semblant un 
peu fort, M. Velpeau fit faire une saignée au bras. 

Depuis lors, l’état général du malade s’est maintenu 
foi t satisfaisant : les boulettes de charpie introduites à 
l’intérieur de la plaie par la bouche sont changées avec 
soin, et retirées portant les traces d’un pus de bonne na¬ 
ture ; les épingles et les fils des sutures ont été tous enle¬ 
vés, et la partie opérée soutenue seulement avec quelques 
bandelettes de diachylum. 

Aujourd’hui lundi, cinquième jour après l'opération, 
tout promet une belle cicatrisation et un heureux résultat. 

L.E. 

— Nous savons aussi que M. Bérard jeune, dans son 
service à l’hôpital Necker, vient de faire sur une femme, 
et du même côté de la figure, une opération presque seui- 
blable, nécessitée par une affection analoguè. Il a eideÿc 
toute la portion antérieure et externe du maxillaire supé¬ 
rieur et l’os malaire aussi presque en entier. 11 a laisse 
seulement la portion du maxillaire qui concourt à fornier 
la voûte du palais et les parois latérales et profondes d^u 
sinus. Cette cavité était entièrement rehiplie par un amas 
d’hydatides ou polypes vésiculeux dont la majeure partie 
avait déjà été entraînée par la tumeur à sa face postérieure 
de laquelle on les voyait adhérentes. Son jarocédé opéra¬ 
toire a été à peu près le même que celui pratiqué par M. 
Velpeau. Seulement, au lieu de la scie à chaînons, M. 
Bérard a employé une scie à molette mise en jeu par M. 
Çharrière. Du reste, même habileté de U .part de ce chi¬ 
rurgien, et, nous l’espérons, mêmes clmnces de succès. 


HOPITAL DE LA PITIÉ. — M. Sahsov. 

Luxation de la-cuisse en haut et en dehors. Mort. 

Au 11“ 14 de la salle Saint-Gabriel est mort un homme 
qui était entré à la clinique portant une luxation du fémur 
en haut et en dehors , arrivée par suite d’un éboulement 
de terre dont le membre de ce malheureux avait eu à sou¬ 
tenir la violence. Une tuméfaction considérable siégeait 
déjà sur les parties environnantes de l’articulation lorsque 
le malade arriva dans le service, ce qui jeta tout d'abord 
quelque obscurité sur la nature du déplacement que l’os 
de la cuiiise avait éprouvé. 

Je ne ferai que mentionner rapidement les difficultés 
que l’on eut à vaincre pour réduire cette luxation ; je me 
bornerai à diie que les premiers moyens ayant échoué, il 
fallut en employer d’auties qui procurèrent le succès dé- 

Mais après la rédulion de la luxation , la tuméfaction 
coutinna à faire des progrès, et bientôt survinrent de nou¬ 
veaux symptômes d’une appréciation difficile. La langue 
devint sèche, fuligineuse, des frissons eurent lieu, et 
j’étais à me demander si le malade n’était point en proie 
à une phlébite, ou sous l’imminence d’une résorption pu¬ 
rulente. Je fus cependant détourné de l’idée d’une sup¬ 
puration interne, par le gonflement du ventre et le dévoie¬ 
ment. D’autre part, ce qui ajoutait, à mon avis, aux pro¬ 
babilités de la résorption du pus, c’était un gonflement 
du genou appartenant au membre luxé qui survint, et qui 
était accompagné do douleurs très-vives ; lesquels acci 
dens pouvaient être attribués à la présence du pus dans 
l’intérieur de la membrane synoviale, ainsi que cela ar¬ 
rive dans la résorption purulente. 

Toutefois, on pouvait ne voir dans les phénomènes du 
genou que des symptômes rhumatismaux tout à fait indé- 
pendans des désordres de la hanche , et dans cet espoir, 
nous crûmes devoir essayer quelques-uns des moyens em¬ 
ployés en pareil cas : le vésicatoire enleva entièremeatl’in- 
flammation, et l’influence que ce succès exerça sur nous, 
fut toute en faveur de la non-existence de la résorption du 
pus. 

D’autre part, cepeudant, le gouflepient de la hanche 















continuait à faire des progrès et gagnait la plus grande 
partie de la cuisse : nulle part, néanmoins, il ne se pré¬ 
sentait la moindre trace de suppuration. Nous étions en¬ 
core dans le doute à cet égard, quand un matin, à la visite, 
nous trouvâmes un point rénitent auprès de la hanche: 
iious y pratiquâmes une ponction qui arriva bientôt dans 
1^ foyer d’uii vaste abcès, lequel communiquait lui-même 
avec d’autres vastes foyers qui s’étendaient vers la fesse, 
sous ses liiugcles d’une part, et d’autre part vers la cuisse. 

Cependant l’affaiblissement du malade continuait et fut 
bientôt suivi d’une prostration extrême ; la langue devint 
de plus en plus fuligineuse, les accidèns généraux de plus 
en plus intenses, le malade eut quelque horripilation et 
succoinba enfin.Voici les résultats de l’autopsie. 

Le système de la veine-porte présente une coloration li- 
Tide, ainsi que la portion correspondante du foie ; cet or¬ 
gane ne présente,pas d’abcès. Le poumon est un peu en¬ 
goué, mais ne présente pas non^lus d’abcès. L’intestin est 
un peu injecté. Le cœur renferme un caillot non fibreux. 
La veine féiriorale droite (membre luxé) renferme un cail¬ 
lot dont la formation paraît dater de loin; toutes les au¬ 
tres veines ne renferment ni caillot ni pus. 

■- Examen du membre. On aperçoit autour de l’articulation 
côxo-fémorale, dans un grand rayon, les traces d’un vaste 
épanchement sanguin ancien. La suppuration survenue 
plus tard a fusé vers la cavité cotyloïde ; le bourrelet coty- 
loïdien est séparé du rebord de la cavité cotyloïde ; l’un et 
l’autre sont en partie détruits ; la capsule articulaire est 
entièrement détruite en arrière ; le muscle petit-fessier est 
déchiré et décollé de la fosse iliaque externe; on ne 
trouve aucune trace du muscle pyramidal ; les deux ju¬ 
meaux existent ; l’obturateur interne C'.t cassé et adhère 
au fond de la gouttière digitale du grand trochanter; le 
muscle obturateur externe est également déchiré ; le mus¬ 
cle moyen fessier est déchiré et en partie détruit.. 

Un vaste foyer existe à la fesse ; le pus a fusé d’une part 
vers l’articulation coxo-fémorale, d’autre part vers l’aine, 
et enfin vers l’échancrure sciatique par où il a tenté de pé¬ 
nétrer dans le bassin. 

Une abondante suppuration existait dans l’intérieur de 
l’articulation du genou dont la capsule est rompue. 

Fistule à Fanus, 

Au n° 12 de la salle Saint-Gabriel est entré un homme 
de la campagne, âgé de cinquahte-neuf ans, d’une consti¬ 
tution forte , habituellement bien portant. Il y a cinq à 
six mois qu’il a vu sa sanlé s’altérer, des douleurs anales 
ont commeucé à se faire sentir et ont bientôt été suivies 
de la formation d’une tumeur. Cette tumeur a été consi¬ 
dérée comme étant de nature hémorrboïdale ; mais il est à 
noter que cet homme h’a jamais rendu de sang par l’anus, j 
ni avant ni après. 

V Cette tumeur, qui était dure et doulomeuse, resta dans 
cet état pendant trois mois, époque à laquelle on appliqua 
sur elle des emplâtres maturatifs qui n’eurent d’autre 
résultat que d’augmenter les douleurs. Enfin , un chirur¬ 
gien pratiqua une incision sur cette tumeur, qui n’avait 
d'ailleurs jamais gêné la défécation , et il s’en écoula du 
pus. 

Entré à la clinique, la plaie a été sondée et nous avons 
successivement pratiqué deux incisions dans l’espoir d’ob-' 
tenir la guérison de cette fistule borgne externe, puisque 
telle nous paraissait être l’affection de cet homme. Ce¬ 
pendant des gaz furent rendus spontanément deux fois | 
par la plaie, et l’on constata la présence d’une certaine 
quantité de pus dans les selles. Nous conçûmes alors des 
soupçons bien fondés sur l’existence d’une 'fistule com¬ 
plète ; nous introduisîmes le doigt indicateur dans le rec¬ 
tum fit nous constatâmes une dépression à sa partie pos¬ 
térieure droite ; un stylet fut ensuite introduit dans la 
distule , lequel ne tarda pas à nous convaincre que la fis¬ 
tule communiquait avec l’intestin, en pénétrant lui-même 
dans sa cavité au lieu même où nous avions constaté 
l’existence d’une dépression. 

Nous opérerons cet homme prochainement, et puisque 
dans deux essais successifs que nous avons tentés la simple 
incision n’a pas suffi, nous l’opérerons cétte fois par exci¬ 
sion à laquelle nous nous déterminerons d’autant plus fa¬ 
cilement que la fistule se complique d’indurations qui doi¬ 
vent être détruites si l’on veut espérer d’obtenir un succès 
complet. 


qu’en les provoquant par une pression exercée sur'la masse'cé- 
rumineuse, je ne pus croire à, la présence d’une telle matière, 
d’autant mieux que la couleur brune noirâtre qu’elle offre ordi¬ 
nairement n’existait pas. L’introduction d’un corps étranger ne 
pouvait être admise, ayant observé que celui qui limitait le con¬ 
duit était adhérent aux parois de ce canal. Il ne pouvait donc 
s’agir que d’un polype ou d’un épaississement de la membrane 
lympaniqne. Mais quelle élait dans l’un ou l’autre cas la cause 
d’une douleur si subite et si vive, et la conduile à lenir? 

Si j’avais .affaire à un polype, il fallait qu’il existât un inter¬ 
valle entre lui et la membrane du tympan pour pouvoir.expliquer 
comment la cause d’une douleur qui s’élait déclarée subitement 
d’une manière si vive, pouvait siéger dans l'oreille externe. Si 
c’était au contraire la meinbrane du tympan que j’apercevais, le 
siège et la cause de la douleur devaient avoir lieu dans l’oreille 
rnoyenne, et celle cause, quel que ffitson siège, ne pouvait con¬ 
sister qu’en, une accuniülalion d’iitie matière quelconque à la- 
quelle fallait nécessairement (fonner jour. 

La possibilité d’un travail iniClammaloire ou d’une névralgie 
occupa un instant ma pensée, mais la douleur seule et bornée 
comme elle l’était ne put pas me suffire pour me faire admettre 
l’une ou l’autre de ces deux affections. Ce fut donc sur Fcxistence 
d’une collection que je crus pouvoir m’arrêter, et quelle que fût 
la nature de celte collection, l’évacuation de la matière était l’in¬ 
dication à remplir. 

J’y procédai aussitôt à l’aide du mors perforateur porté dans le 
conduit externe. La ponction étant faite, il s’écoula par ce con¬ 
duit une matière de consistance muqueuse, d’une couleur jaun⬠
tre, et en quantité suffisante pour remplir la moitié d’un dé à 
coudre d’enfant. Je facilitai cet écoulement par quelques injec¬ 
tions aqueuses, qui entraînèrent aussi un peu de cérumen asE “ 
consistant. Le conduit étant essuyé, je l’examinai de nouveau; 
cette fois je reconnus un polype implanté sur Ses parois supérieu. 
re, inférieure et postérieure , et séparé de la paroi antérieure 
par une très petite ouverture. 

De cet état de choses, je lirai cette conséquence : le polype 
s’étendant pas jusqu’à la membrane du tympan, en élait .séparé 
par un intervalle égalant à peu près la moitié de la profondeur 
du conduit ; la petite ouverture existant entre lé polype et la 
roi antérieure ayant été bouchée par la petite quantité de cérun 
que nous avons vu avoir été entraînée par les injections, de là 
la formation d’urie cloison pofypocérumineuse bornant en dehors 
la chambre comprise entre elfe et la membrane du tympan. 

La matière évacuée s’étant amassée tpeu à*' peu dans cette 
vellc chambre et étant parvenue à en remplir toute la capacité, 
avait fini par exercer une forte pression sur sa paroi interne pi 
lympaniqne, et de là la suite inévitable de cette douleur insup¬ 
portable qui cessa aussitôt après la ponction. Pour prévenir soi 
retour, je détachai le polype et cautérisai ensuite. Quelques jour: 
suffirent pour que la giiérison fût complète;' et la membrane du 
tympan étant parfaitement saine, l’ouïe, qui jusqu’afbrs avait été 
toujours en diminuant, au point de devenir pour ainsi dire nulle, 
s’exerce aujourd’hui d’une manière bien nette. 


■ Violentes douleurs d’oreilles reconnaissant pour cause la com~ 
- pression de la membrane du tympan} par M. Goiral, aide- 
• ïiiajor au 12® dragons. 

Poux, dragon au 12® régiment, avait éprouvé plusieurs fois 
vers l’âge de quinze à seize ans, des douleurs assez vives dans 
l’oreille droite. Qes douleurs s’étaient toujours terminées par 
une espèce d’écoulement qui n’avait jamais duré guère plus de 
deux ou trois jours. Depuis quelque temps, rien chez lui'ne sՎ 
tait fait sentir, lorsque, dahs les premiers jours du mois de juil¬ 
let 1838, il vint chez moi vers qyatre heures du matin, deman¬ 
der mes soins pour une douleur de l’oreille droite, douleur tel¬ 
lement vive qu’il ne pouvait plus, disait-il, résister. Il ajouta 
que celle douleur s’élait déclarée la veille dans la soirée, et 
qu’elle avait toujours élé en augmentant à un tel point, qu’il 
avait passé la nuit sans trouver un instant de repos. 

Examinant le conduit audilif externe, je le trouvai bien moins 
' profond qu’il ne l’est naturellement : mais ne distinguant pas la 
membrane du tympan et ne pouvant reconnaître d’une manière 
bien nette la nalurc du corps que j’apercevais, j’eus à déterminer 
si c'était un amas cérumineux, ou un corps élranger qui aurait 
été introduit par mégarde, ou un polype, ou enfin la membrane 
•lympanique épaissie par suite d’une inflammation passée à l’ét.ît 
Uronique. Dans le premier cas, les douleurs ne pouvant exister 


A M. le Rédacteur dé ta Gazette des Hôpitadx. 

Monsieub , 

Dans votnp nuniéro du 16 janvier, je iis un article sur le trai¬ 
tement des tumeurs érectiles, résumé sans doute d’une leçon de 
M. YèlpeaU. On a cité quinjie mbyéiis employés contre ces tu¬ 
meurs ; le nombre en est grand et pôurtant la collection ne nous 
semble pas complète. 

D’autres moyens ont élé employés par le professeur Lallemand, 
de Montpellier, je veux dire l’implantation d’épingles dans la 
fumeur et la cautérisation par le fer. rouge. L’article, que vous 
, avez inséré a été suscité par des tumeurs érectiles des deux régions 
iléo-ingoinales : ce que je vais raconter est extrait i)es notes que 
nous avons prises, le 16 mars 183((, ilatis une leçon Lite à propos 
d’un fongus bœmatode, la plus grave variété de là famille. 

Il y avait déjà quelques années, ifn enfant porteur d’un fongus 
bœmatode de la lèvre supérieure, qui faisait de la face du jeune 
malade Une horrible monstruosité, fut conduit au professeur de 
Monipellier ; le mal s’étendait dans les fosses nasales. L'habile 
auteur des Pertes séminales jugea le cas grave, y réfléchit, et 
dut proportionner son traitement à la gravité du mai. 11 incisa 
d’abord la lèvre supérieure depuis la cloison du nez jusqu’au 
bord, et réunit aussitôt, au moyen de la suture avec les épingles. 
Il résulta de celle première opération une cicatrice fibreuse qui 
séparait lé fongUs eh deux parties ; la cicatrisation de i'ùrie à t 
l’autre devenait imposssible. Deux aulres incisions furent faites 
dans la même direction que la première vers les parties latérales, 
même résultat. On voyait à la place qu’avaient occupé les 
aiguilles des nodosités. D’autres épingles furent enfoncées en 
divers points de la cloison du nez , mêmes nodosités. Le malade 
sortit sans êire débarrassé : on prédit que le mal ferait de nouveau 
des progrès, en commençant par le nez ; c’est ce qui arriva. 

Depuis cette époque M. Lallemand eut occasipn de traiter des 
fongus de diverses parties du corps ; il employa avec succès les 
aiguilles. Son but était de remplacer la tumeur par une, ou plu¬ 
tôt par des cicatrices Mpables d’intercepter et rendre impossible 
l’anormale cireufatioirqui produit la maladie. ' 

En 1*36, l’enfant fut renvjryé à Montpellier : il élait loin d'ê¬ 
tre guéri. Le 16 mars, on pratiqua une trèsforle caulérisaliôn au 
bouton de feu appliqué cà et là. On voyait les traces du premier 
traitement. 

L’idéedcM. Lallemand est facile à comprendre : « Il se propose 
de produire une inflammation aiguë capable de ramollir les tis¬ 
sus que l'on veut détruire, afin que l’absorption, ensuite, trans¬ 
forme les parties en une cicatrice fibro-cartilagineuse. » Il cher¬ 
che à arriver à ce but au moyen des épingles et du fer rouge. 

Cet effet, la cicatrice, avait été produit par les incisions et les 
épingles, car les aiguilles se tordirent lorsqu’on arriva sur les 
points opérés. 

Voilà en quoi consiste la théorie qui a conduit à employer l'im¬ 
plantation d’aiguilles en grandnombre dans la tumeur, et â por¬ 
ter sur elle le feu, non point pour guérir par cautérisation, mais 
par transformation des tissus. Il n’y a pas très long-temps, nous 
eûmes à donner des soins à une personne atteinte d’une tumeur 
érectile à la partie supérieure et latérale de la poitrine : nous en¬ 
fonçâmes dans la tumeur, grosse comme une noisette, six épingles 
chauftees a la bougie, le succès fut,complet. 

Ce point de thérapeutique chirurgicale nous paraît assez im¬ 
portant pour que nous espérions que vous voudrez bien nous ac¬ 
corder une place dans vds colonnes. 

Agréez, etc. AnnaiEox de Brioudï, d. m-p. 

Paris, 20 janvier 1840. ' 


ESSAI SUR LA THÉRAPEUTIQUE GÉIVÉRAUE DBS FRACTüEEg, 

Par Mathias Maïor. ^ ’ 

(Suite du n“ 9.) 

La coinpressioh d’un vaisseau ou d’une tuineui-j com, 
un os ou contre quelque corps résistaiil, n’àdmet pas m,* 
autre explication ; seulement l’on peut dire que lé cor/ 
destiné à opposer une résistance quelconque, s’il fait U 
plus souvent, partie intégrante et naturelle de l’indiviéi, 
sur lequel on exerce la compression , peut aussi et doit 
être, parfois, étranger à l’organisme, c’est-à-dire artificiel 
C’est ainsi qu’une plaque de métal, uù côi-fls.ifuelconqaj 
plus ou moins dur peuvent servir à presser et à écrase, 
telle ou telle partie donnée. Le garot, le tourniquet, |j 
simple pression avec le bout des doigts, doivent être ’ 
sages sous ce même point de vue. 

Dans la ligature en masse , telle que je l’ai conçue, c’ejt 
à un semblable point d’appui artificiel auquel j’ai recoitrj 
pour produire les effets puissans que j’ai en vue dans cett» 
opération. 

Il existe donc, en chirurgie, des points d’appui naturU 
et des artificiels, et nous allons en citer quelques-uns 
l’un et de l’autre ordres : 

Dans une écharpe de l’avant-bras, le point d’appui le 
plus naturel est celui connu de tout le monde, la 

et un bouton ainsi qu’une boutonnière de l’hàbit ou dû 
gilet de l’individu malade, constjtùeront des points d’ap, 
pin artificiels forts commodes et liien connus de chacun. 

Les points d’appui naturels de l’écharpe se tioû- 
vent à la nuqup, à l’une ou â l’autre épaule on au-dessus 
du bassih ; et on en établit un artificiel très coinmode sut 
une jainhe de bois , avsc ou sans une gouttière couve- 
nable. 

Un crochet ou tel autre moyen fixé au plafond d’une 
chambre, au-dessus d’uii lit, d’un fauteuil, dans une voi. 
ture, etc., peut sendr également de point d’appui pont 
soutenir et .suspendre une jaiphe, une cuisse et même le 
corps tout entier. . 

Le point' d’appui naturel du b rayer est aux vfiitèbiïj 
lomhairçs, au saci uii), ou vers les parties latérales du bas- 
sin ; et il est évident aussi qqp les considérations qûe nous 
avons mises en avant, au sujet,4« point d’appui dfi ck- 
que lien circulaire, de celui de ja jambe et du cou en par- 
ticulier, doivent trouver ici toute.}eur vakujr,. et qu’elles 
donnent en même temps l’explication 3e l’utilité des 
hrayers, quoique simples et sans.iepsort, puisqup ces heus 
circulaires se trouvent avoir de solid^ points d’appui par 
derrière, et qu’ils communiquent à la pelote une très 
grande force compressive àu-devant des anneaux her¬ 
niaires. ' 

Le point d’appui naturel d’une mentonnière est au syn- 
ciput, et si celui-ci a une de ces affections qui rédaîne 
aqssi.un lien, le point d’appui naturel de ce dernier se 
trouvera tout naturellement vers la mâchoire inférieure, 
Les épaules offrent des points d’appui naturels aux m- 
vérs liens qui sont placés plus bas , même aux hrayen 
et aux suspensoirs/ au moyeu de scapulaires ,, de bre¬ 
telles, etc. . , , 

Le suspensoir trouve, 3u reste, plus facilement et plus 
naturellement son point d’appui aux hanches j comme 
nous savons tous. . , 

S’il faut un point d’appui naturel à un Üen placé vei-sla 
maiu et destiné à fléchir fortement l’avant-bi as surlè bras, 
on le prendra aii cou ou à une cravate passée autour de ce 
dernier, et s’il est nécessaire d’en établir un pour le pied 
et dans le but de fléchir la jambe, on pom ra opter entre le 
dessus du genou, les hanches et les épaules. 

L’usage plus ou moins facile et commode des membres 
artificiels, des béquilles, d’un simple bâton, repose tout 
entier sur la théorie des points d’appui et de la manière 
d’en tirer le meilleur parti. 

Le dentiste est heureux d’avoir un mauvais clucot pour 
point d appui, et il n’est jamais embarrassé de trouver Ce 
dernier dans la bouche même, lor.squ’il est appelé à aria, 
cher ou'iaffermir des dents et à fixer tout uaiMàHBiff«ue 
■atelier. “ . ^ 

Les points de chaque suture ont leur appui léciprO. 
que dans l’autre lèvre de la division qu’il s’apit de 
réunir. " J 

Dans la réduction et le maintien des fractures et dès 
luxations, le choix d'un point d’appuiinaturel ou artificiel 
décide assez souvent du succès de l’opération, ou de la fa¬ 
cilité plus ou moins grande qu’on éprouve rie l’obtenir 
pleine et entière. . ; . 

Dans les fractures et luxations claviculaires, l’épaule 
du côté sain est le point d’appui naturël sur lequel on doit 
agir pour amener et fixer le coude en haut, en dedans et 
?u avant, afin de pousser et fixer le moignon de l'épaule, 
;esl-à-due le fragment extérieur, en haut - en arrière et 
;n dehors. 

Dans les déviations du rachis et les courbures exagéré» 
des côtes, qui constituent les diverses nuance» des pibbou 
sites , les points d’appui naturels résident aux handies et 
aux qpaules. On peut en créer et établir de nouveaiux on 
de secoiidan-es sur ces mêmes régions , au moyen de pla¬ 
ques métalliques, de ressorts, de béquilles et d’autres apens 
compressifs. Tous les entourages du malade, le lit lii 
chaise, le plancher, etc., peuvent constituer des points 
d appui artificiels et plus ou moins simples et ingénieux’; 
niais ils peuvent donner lieu aussi à la construction de 
inaclîines plus ou moins compliquées , grotesques, ridicu¬ 
les et qui heurtent de front ce triple et inébranlable pié¬ 
destal, cet admirable trépied de toute hoiirie déllgation 
clururgicale ; la mécanique, Xanatomie et la physioloop. 

















- 4 ? - 


Oa le voit donc , le nombre de ces points d’appui natu¬ 
rels peut varier sans cesse , et.ils peuvent être utilisés à 
l’infini, Mais les points d’appui ariificiels sont bien autre¬ 
ment nombreux (1) et présentent, dans les mains d’un lia- 
J)ile mécanicien des apjjlications.et des modifications clini¬ 
ques du plus grand prix, du plus haut intérêt pour le pra- 
' ticien. C’est qu’ils sont tous subordonnés à la grande loi 
d’Archimède, et que, chaque piârlie du corps humain , 
ainsi que les corps résistans qui se trouvent plus ou moins 
à la poi tée de ce dernier ou de l’artiste lui-même, peuvent 
tous eii tenir lieu. Demandez plutôt à ceux qui ont quel¬ 
que connaissance en mécanique , et voyez les ressources 
prodigieuses que leur art inet chaque jour à leur dispo¬ 
sition. 

Au nombre de ces dernières, et pour ce qui concerne 
spécialement la thérapeutique des fractures, je dois citer 
ici et èu toute première ligne l’admirable appareil hïpo- 

NARTHÉCIQüE. 

■ Voyez, en effet, de quelle quantité de points d’appui il 
est doté, et comme leur heureux concours permet de sa¬ 
tisfaire aux indications les plus diverses que présente le 
traitement des aft'eclions traumatiques des os ! 

C’est d’abord un point d’appui commode, élastique, 
souple, et assez vaste pour recevoir très mollement le 
jneinbre tout entier, quelles que soient sa longueur et son 
ampleur. 

Il esta charnières, afinde se prêlèr à toutes leè inflexions 
articulaires du membre et aux exigences que sa position 
peut réclamer, ou quë nécessite l’état pathologique dè ses 
diverses parties. 

Ses bords et ses extrémités offrent sur chaque point des 
attaches faciles et commodes à toUs les fnoyéns simples et 
sûrs qui sont nécessaires ou convenables pOur tirer, éten¬ 
dre,- fléchir, incliner, diriger, redresser, appuyer, presser et 
IMMOBILISER suf-le-chainp et dans tous Ites sens lé membre 
tout entier, ses parties constituantes et chacun de leurs 
framens divers. 

Mais avec cette immobilité des os fracturés et bien réduits, 
il vous importera, à vousqui êtes le malhenreux patient, 
ou qui vous mettez charitablement à sa place, il vous im¬ 
portera d’obtenir en outre la plupart des mouvemens hori¬ 
zontaux qii’on peut se permettre dans un lit ; vous voudrez 
pouvoir faire arran.^r celui-ci chaque joui’ une, ou plu¬ 
sieurs fois; vous désireïezren sortir pour re.spirer l’air d’un 
autre appartement, d’une galeiie ou,d’«n jav^in ; vous 
aimerez vous faire promener dans un salon, sur une ter¬ 
rasse, dans une voiture ; vous exigerez avant tout cepen¬ 
dant que ces licences, oupouf mfèiJxAlh’è*, mùtéstes jotiié^ 
sauces vous soient accordées impunément et sans regret, 
et que vous ayez toujours l’entière conviction que les os 
brisés sont bien ramenés et maintenus de manière à pou¬ 
voir se souder convenablement et reprendre leur état Nor¬ 
mal ; vous demanderez pour cet effet que votre chirurgien 
s’en assure positivement par ses propres yeux ou par ses 
mains, et que vous-mêuie ou vos amis en ayez également 
1$ certitude ; vousiiépdr^à cé'qttelei lé.^ctts graves des 
parties molles soient traitécs àvéc toute rtrtténtion qu’el¬ 
les réclament, et autant que possible, comme si l’os sous- 
jacent était dans un é.tM de parfaite iqtégfitél.TbuS V^oii- 
drez toute» ces choses, et vous çn aure^.certes le droit: 
aucune ne pourra vous être refusée sans qu’on manque 
toutà lafois à la science, aux heuî^isi prt^fès de l’art et 
aux devoirs sacrés du clinicien et de l’humanité. 

D’appareil dont on aura fait choix pour vous, et les 
nombreux points d’appui que yotre .chirurgien aura à sa 
disposition pAèie seul et mêiijie moyen , sont en effet de 
sûrs garans'-qtteVdi vœiix seront exauces et que volié vo¬ 
tre volonté sera faité. " ■ ' 

ART. VII. lies agens propres à la contention. 

Les moyens sur lesquels repose l’heüreuse issue du trai¬ 
tement des fractures des extrémités a^ipartiennent donc, 
ainsi que j’ai dit le répéter tant de fois, à deux ordres dis¬ 
tincts, et ils diffèrent suiyaot que l’étut de l’os ou celui des 
parties niollés exigera des'soins ihéràjieuliques plus ou 
iiioins prononcés.' Mais on peut dîre 'én général que plus 
le mal séra 'limité à l’üf seul , ét plus Ausm on pourra être 
indifférent sur lè choix dés innombr'ahlés appareils, qui 
' ont été proposés de tout terhps et en toits 'lieux, et qui. Dieu 
, merci ! surgissent à plaisir chàqiie jour encore. C’est qu’en 
jeffeb il ne s’^agit plus alors que de trouver un corps plus 
.pu moins apte à servir d’appui et de soutien à l’os brisé, 
ainsi qu’à maintenir ses fragmeus dansmne bonne position, 
et cela sans trop s’inquiéter d’ailleurs de ce qui pourra se 
passer du côté des parties molles, 

J Voilà tout le secret du traitement des fiaptures plus ou 
moins sihiples; secret d’autant plus facile à deviner et à 
faire tourner au profit de la pratique, que la guérison des 
fractures simples, comme celle de tant d’fiiitres afféctions 
; soit médicales, soit chirurgicales, s’opère d’elip-n-temc, quel 
.quesoit d’ailleurs le mode de médicationimis en œuvre, 
et qu’il ne faut en général (si du Inoins on. sait donner au 
.membre une position convenable ), qi(e très peu de force 
et bien peu d’efforts de la part du corps tutélaire de l’os, 
.pour contenir exactement ce dernier, et pour assurer à ses 

■ (I) Quoique je me sois engagé à circonscrire ces déductions 
•dans le cercle étroit de la pratique cliirurgicale, je ne puis résis- 
iter à l’envie de;donqer un simple aperçu de la puissance méca¬ 
nique dévolue au point d’appui dans un 'autre ordre de faits. Ac¬ 
cordez donc à quelque artiste, même de médiocreicapacité , un 
■seul point d’appui dans une chambre par exeuiidc, et il pourra, 
à son gré, la bouleverser complèlenicnt, en attirer, repousser, 
é ever, abaisser et presser en tous sens les individus et leà choses,' 
fit les e.vpulser et jeter à volonté par la porte ou par la fenêtre. 


fraginens des rapports plus ou moins avantageux. Je dis 
plus ou moins, patxe qu’il est assez connu de chacun de 
nous qu’on .peut (et fort heureusement pour les malades) 
recouvrer l’usage plus ou inoins parfait d’un membre cas¬ 
sé, quoique les fraginens soient loin de s’être soudés dans 
un rapport exact et normal. Aussi cette circonstance nous 
révèle toujours mieux encore comment il arrive que, le 
traitement de la plupart des fractures simples puisse être 
mis assez bien à la portée du gros bon sens d’un ignare et 
d’un grossier empirique ; et l’on entrevoit surtout déjà 
combien il existe de corps natuiols et artificiels, et de com¬ 
binaisons variées propres à satisfaire assez heureusement 
à la toute simple indication que le traitement facile pré¬ 
sente. 

Ainsi, le bois, en général, façonné dë toutes manières, 
voire même sous la forme grotesque de ces bandes épais¬ 
ses, larges et plates, qui sont connues sous le nom à’attel¬ 
les ; les verges et baguettes en bois, en baleine, le jonc, le 
roseau, le bambou, je cuir, le carton, l’écorce de certains 
arbres ; lapaille, l’herbe et le foin serrés en faisceaux; des 
plaques, des tissus ou des fils métalliques ; tous les corps 
simples et composés qui sont susceptibles de se mouler et 
de durck autour du linge, du papier ou du carton; depuis 
la bouze de vache des Indiens jusqu’au plâtre coulé des 
Arabes et des amateurs modernes, etc., etc, ; voilà, dis-je, 
tout aiitant de moyens affermissans, de tuteurs ou d’étais 
qu’on peut invoquer à son aide, et auxquels on a léelle- 
ment recours, soit par besoin, par caprice, par habitude , 
imitation, mode, esprit de secte et de coterie ; par routine 
ou par tel ou tel autre motif, dans le but de traiter, et tou¬ 
jours le mieux possible, toutes les fractures. 

Faut-il donc s’étonner que celte foule de substances, si 
commodes et si propres à la contention, ait engendré cette 
autre foule, non moins considérable, de prétendues et de 
prétentieuses méthodes diverses, dont nous sommes, et si 
fort encombrés, .et si fiers chaque jour de plus en plus ? 

Chacun, en effet, a la sienne propre ou celle de ses pa¬ 
trons ; et il en obtient des résultats d’autant pins avanta¬ 
geux,, qu’il sait mieux en comprendre l’effet, et qu’il à 
une plus grande habitude de l’apliquer. Mais chacun aussi 
a des revers, d’autant plus cruels et nombreux, qu’il veut 
se tenir collé, plus ou moins strictement, à son procédé de 
prédilection, à son mode de faire spécial et exclusif. C’est 
que ce qui sera bon, très bon même, pour panser une frac¬ 
ture simple, pourra être très pernicieux si les tissus mous 
envkonnans sont fort malades, et s’ils exigent quelqu’at- 
tention particulière. Aussi, à Dieu ne plaise que je veuille 
troubler qwi que cè soit dans fei paisible po,ssession du 
précieux qu’il emploie exclusivement pour le traite¬ 
ment des fractures simples; mais je me permettrai d’exa- 
nriner ce qu’il conviçnt de faire lorsque les fractures sont 
plus ou moins çôinpliquéfis dé désordres étrangers à l’os, 
et bd Èe même moyen favori n’est plus de mise. 

Quelle que soit l’étendue«t la gravité de ces désordres, 
la première chose à faire, «c’est de pourvoir à fcé que la ou 
les solutions de continuité osseuses soient placées inces¬ 
samment en rapport aussi exact que possible ; qu’elles aient 
une direction normale et que cette position ne puisse plus 
varier pendant tout le temps nécessaire à la parfaite con¬ 
solidation* Cette réduction et spu; heureux maintien sont 
siimportans qu’ils suffisent, assez souvent, pour faire tom- 
îieï les symptômes graves qui résultent de l’introduction 
et de l’entrecroisement des fragniens au mîlièu (ÿts parties 
molles, et pour prévenir l’irritation qu’ils lendedt à entre¬ 
tenir dans ces dernières. L’extraction de ces bouts plus ou 
moins rugueux, tranchans et acérés de l’os, doit donc être 
exécutée le plus tôt possible, et la t'éducf ion suivant les rè¬ 
gles de l’art- est le ineillfeüt Inoyen de donner prompte¬ 
ment issue à cette espèce dè corps étrangers. 

_ L’extraction des esquilles est une autre nécessité chirur¬ 
gicale non moins impèrieuseî et toujours, cela va sans 
dire, dans l’intérêt des parties molles ; car ces pièces osseii- 
ses irritent et tendent de plus en plus à porter la désor¬ 
ganisation partout J et à susciter d’affreuses sympa¬ 
thies morbides. Mais si l’existence de ces corps étran¬ 
gers est aussi facile à constater au moment même de l’ac¬ 
cident ou peu d’heures après, il en est'tout autrement 
lorsque le gonflement s’est établi, et que ces débris osseux 
se trouvent sépaVés les uns des autres ou du corps princi¬ 
pal de l’os, par des caillots ou de» faisceaux musculaires 
qui, en s’interposant entré eux, semblent les brider ou les 
priver de leur mobilité, et empêchent de percevoir le bruit 
parti cuber de la crépitation.. 

Malheur alors si une fatale illusion fait croire à une 
fracture plus ou moins simple, et perdre de vue les per¬ 
quisitions et les opérations nécessaires à l’éliininalion de 
ces esquilles ! Malheur surtout si, pour cette difficulté , 
pai fois insurmontable du diagnostic, on néglige l’amputa- 
lion ! Elle est, en effet, la seule ancre de salut,, quand les 
fragmens isolés sont trop mal bu trop profondément situés 
pour qu’on n’ose ni les abandonner, ni faire les recherches 
nécessaires à leur extraction. Il peut donc être utile, afin 
d’éclaircir certains doutes à ce sujet, et, en général, chaque 
fois qu’on soupçonne la présence de désordres graves sur 
la nature desquels il importe d’avoir des données plus 
ou moins sûres ; il est alors, diâ-je, indispensable de dé¬ 
couvrir largetnetitle mal par de judicieuses incisions. 

Mais la réduction des fraginens, et l’enlèvement des es¬ 
quilles les plus fâcheuses seraient sans portée clinique suf¬ 
fisante, si ces opérations ne pouvaient être suivies immé¬ 
diatement d’uii appareil particulier et applicable aux cir¬ 
constances. Le plus parfait, dans l’état actuel de nos con¬ 
naissances, présente les avantages suivans : 

1“ D’offrir la facilité de placer le membre dans les si¬ 
tuations ou flexions articulaires les plus désirables; 

' 2» De maintetiir exactëùien^, et à l’aide de prôbédés sim- 


j pies et de tractions convenables, la bonne position qu’on 
aura donnée aux fragmens osseux et au membre lui- 
même ; 

3“ De ne léser, en ma/i,Are quelconque, les parties molles 
dont Tetat n’eàt déjà que trop déplorable; et de les laisser 
plutôt et au besoin, en pleine et entière libet té ; 

4° De permettre en outre et en même temps, que ces 
parties si gravement atteintes puissent i-ecevok tous les 
soins convenables, et être surveillées précisément Comme 
SI 1 os s^s-jacent était intact, et comme si elles étaient, 
elles seules, en cause et en traitement. 

Le but important de cet appareil est donc de placer 
tout chirargien dans Theureuse situation où nous avons 
vu et laissé celui qui est appelé à traiter une frâfctuie cr⬠
nienne, c’est-à-dire(a) qu’il pourra, grâce àce moyen méca¬ 
nique , donner à un os long des extrémités, par exemple 
et qni vient d’être brisé, une position déterminée et fixe ’ 
telle que l’a naturellement tout os du crâne après avoir été 
fracturé ; (A) qu’il aura la facilité de laisser en paix les par¬ 
ties molles, si elles sont malades ; (c) qu’d mettra celles-ci 
tellement à sa disposition, qu’il pourra leur appliquer 
constamment ses moyens curatifs les plus divers et les 
mieux appropriés aux divers genres de leurs lésions. 

Or, un semblable appareil existe, et il présente encore 
ce nouvel avantage, dans les fractures des extrémités tant 
supérieures qu’inférieures, de faciliter les mouvemens les 
plus variés, aussi bien du membre affecté que de l’indivi¬ 
du lui-même, et de les rendre à peu près pareils à ceux 
qui peuvent être exécutés lors de cette fracture crânienbe 
dont il a été si souvent question dans ce mémoire. On au¬ 
ra donc recours à cet instrument contentif dans les cas gra¬ 
ves et pour aussi long.temps du moins qu’on le croira né¬ 
cessaire à la meilleure thérapeutique des parties molles. 

Du reste, le traitement de ces dernières (il importe de 
le dire ) ne réclame pas toujours et dans tous les cas l’em¬ 
ploi du susdit appareil; car, si les lésionè des tissus mous, 
par exemple, ne sont pas fort graves, ou si, étant très in¬ 
tenses d’abord, elles sè sont amendées en graMe partie, 
après quelques soins, convenables , alors chacun pourra 
recourir et revenir à célui des procédés qu’il apprécie le 
plus, et le substituer à l’appareil ci-dessus. C’est que le cas 
rentre alors, et-de plein droit, dans la catégorie des frac¬ 
tures jin^fef,,cblitre lesquelles, ainsi que je viens de le 
supposer, tous les moyens contentifs connus sepiblent, au 
dire du moins dë chaque praticièn, être doués, chacun en 
particulier, de tous les avantages possibles, et pouvoir, 
en conséquence, disputer le premier rang entre tous. 

' ' " ■ 

NOUVELLES DIVERSES. 

— L’argumentation des thèses pour le concours de patlioloeie 

interne a eommencé vendredi dernier, et continue les lundi 
mercredi et vendredi à quatre heures. ’ 

a été prÿqUëe feérêrèSi der¬ 
nier par M. P. Dubois, a l’hôpilai dit dé l’Écoie. Oipufsfmîéra- 
tion, la malade est séquestrée; aucun médecin ou élève ne neut 
la visiter. 

Il peut y avoir dans cétle défense tin motif d’humanité ; mais 
«n CB cas, te chirurgien devrait, cé nous semblé, se faire un de¬ 
voir de faire connaître l’état de sa malade. Ce sont en effet les 

suites de Celte opération plutôt que l'opération qui intéressent • 
im tableau placé à la porte de la salle et où sa position serait in¬ 
diquée jour par jour remplirait parfaitement le but. 

— Le Messager de Marseille annonce qu’une décision minis¬ 
térielle vient d’être prisé poür là construction d’un hôpital mili¬ 
taire à Marseille. On ne sait encore sur quel emplacement il se¬ 
ra construit. 

.«-M. le professeur Hicheraüd, éhifUrgiêh Aë f hôpital Saint- 
Louis, et M. Laudibert, ancien pharmacien en chef des armées et 
membre de l'Académie de médecine, sont morts cés jours der- 

Le convoi de M. Richerand a eu lieu samedi au milieu d’un 
coBcburs nombreux de hiédeéihs èt d’ëlèVest M. ftîÆtabîl était 
âgé de soixante et un ans, , 


— M. le docteur Amêdée'Latour Vâ pübliêf üh ouvrage im¬ 
portant sur Xe Traiternèpt prëservaÜf et curatif de la phthisie 
pulmonaire, ühé expérience qui remonte maiiitfenant.à plu» de 
trois ans a constaté un grand nombre de fois la valeur et l’efSca- 
cité des moyens employés par ce praticien contre cette cruelle 
maladie. Il en a côtisignë les résultats dans î’ôuvtagfe qiii va pa¬ 
raître et sur lequel il est iinpôrtaht.êe fixer l’attention des méde¬ 
cins. » ' • 

Le traitement y est envisagé sur toutqs ses faces, depuis l’ha- 
bitalion et le climat, l’alimentation et la gymnastique, jusqu’aux 
lesquels le plus puissant est le 
cKlorurc de sodiuth^ dont ce médecin a fdit connaître les prô- 
priétés précieuses. ^ 

CéS frsültàts sont si consolans, l'efScacité de ce iraitettlèht èst 
Maintenant pour M. Latour un fait si bien démontfgV qubl s’est 
empressé d’en potier la.connaissance aux médecins, qui trouve¬ 
ront dans cet ouvrage ifn guide sûr daüs le trailertient d’une af¬ 
fection généralement regardée comme au-dessus des ressources 
de l’art. 


De Vaction du mercure à Vétat métallique. 

On a donné au mercure, tel qüe la nature le produit, les 
noms de mercure natif, mercure coulant, mercure cru. Il 
n’a pas été employé sous cette forme contre les, maladies 
véneriërines, parée qu’bri le regardait comme, étant sans 
action, pafla ràisbii qu’il n’excitait pas les glandes salivai¬ 
res, ce qui paraissait vraisemblable, d’après l’usage que 
les Anglais en faisaient au commencement du siècle der¬ 
nier, à la dose de deux ou trois gros par jour, pris dans de 


















l’huiie, pour se préserver de la goutte et des calculs uri¬ 
naires, sans qu’il occasionnât la salivation ni les autres 
accidens qu’il est susceptible de produire lorsqu’on l’em¬ 
ploie sous une autre forme. Sue cite l’exemple d’un hom¬ 
me qui, sans en être incommodé, en avala pendant long¬ 
temps deux livres par jour, en vue de fondre une pièce 
d’arpent qui s’était arrêtée dans son œsophage. Cependant 
M. Ôrfila a démontré que ce métal peut agir comme poi¬ 
son lorsqu’il séjourne assez long-temps dans le canal ali¬ 
mentaire, et qu'il s’y divise au point d’en faciliter l’ab¬ 
sorption. C’est par son aptitude à se vaporiser qu’il est 
principalement dangereux. On sait que certains artisans 
qui l’emploient, tels que les plaqueurs, les doreurs, etc., 
sont sujets à des maladies qui attestent son action perni¬ 
cieuse. Il n’est pas même nécessaire d’une grande chaleur 
pour le volatiliser. Il peut passer à l’^t de vapeur sous 
une faible température, et même {urair libre. Il existe 
beaucoup d’observations qui prouvent qu’il suffit de respi¬ 
rer l’atraosplière des salles occupées par des malacles sou¬ 
mis aux frictions mercurielles, pour être pris de salivation. 
Pab. deHilden, Goulard et autres en citent des exemples. 
M. de Jussieu raconte que des forçats employés à l’exploi¬ 
tation des mines de Almeden, en Espagne, y trouvent quel¬ 
quefois la guérison dés maux vénériens dont ils sont at- 
Kints. Un fait dont il est parlé dans les Ephémérides des 
curieux de la nature, établit qu’un homme qui, pour se 
guérir de la gale, porta une ceinture de drap renfermant 
du mercure, fut affecté au bout de deux jours de dou¬ 
leurs, d’aphthes, d’inflammation dans la bouche et d’un 
flux îffiondant de salive visqueuse. 

Une observation remarquable, propre à constater l’ex¬ 


trême volatilité du mercure, a été offerte à ma pratique 
par un malade qui, logé à l’étage au-dessus de l’atelier 
d’un doreur, fut pris, ainsi que son épouse et un jeune 
homme qu’il avait chez lui, de salivation, d’inflammation 
et d’ulcérations dans la bouche, quries forcèrent à quitter 
leur logement, quoiqu’il n’existât d’autre communication 
avec l’atelier du doreur, que par un tuyau de poêle qui 
communiquait dans la même cheminée. 

Si le mercure à l’état métallique a une telle influence sur 
l’homme, on doit concevoir à fortiori quelle doit être son 
action quand ou l’ingère dans nos organes; aussi Bomfiel 
dit que les symptômes qui paraissent avoir été guéris par¬ 
le mercure reparaissent souvent bientôt après. Louis con¬ 
vient qu’il y a des cures manquées par le mercure ; que 
souvent il survient des accidens et c]ue les symptômes se 
multiplient au lieu de diminuer, ce qu’on peut voir, dit- 
il, dans les traitemens'les mieux faits en apparence. L’ex¬ 
périence avait forcé Alexandre Trajan Pétronio à dire que 
telle est l’incertitude de l’action du mercure, qu’on ne peut 
jamais l’administrer avec sûreté. Lorsqu’on modère son 
usage par la crainte de nuire, on ne guérit pas, dit-il ; et 
lorsqu’on doune la quantité suffisante, on fait beaucoup 
de mal, tant il est difficile de connaître et d’appi écier ses 
forces et d’en établir la proportion nécessaire. C’est aussi 
l’expérience qui avait fait direà Blégny que le mercure est 
chez quelques malades employé sans succès, et que chez 
d’autres il est un poison. 

Falret prétend qu’il y a des cas où la vérole élude la 
puissance du mercure, de quelque manière qu’il soit pré¬ 
paré, et où cette maladie ne cède qu’à des remèdes étran¬ 
gers au mercure, et quelquefois au temps. Swédiaur con¬ 


sa,cre un chapitre entier à l’exanien des maladies rebelle, 
au mercure, et des causes de cette inefficaté. Il coinmeace 
ainsi : « Quoiqu’il y ait peu de praticiens qui n'aient vn 
de fréquens exemples de maladies syphilitiques qui résj,, 
tent au mercure, et à peine un écrivain de quelque iinpo,.^ 
tance qui u’en fasse mention, aucun d’eux n’a cependant' 
à ma connaissance; fait des recherches exactes à ce sujet çj 
exposé les moyens de guérir en pareilles circonstauces. n 
Gikaübkau de St-Gervais, 


Monsieur le rédacteur, 

Le lactate de fer étant un sel fort rare, et ayant à cœur 
prospérer un médicament que nous avons préconisé , nous av'onï 
analysé chimiquement les pastilles annoncées, dans votre avant, 
dernier numéro, par M. Louradour , pharmacien , rue de l’A»' 
ciénne-Comédie , et l’analyse nous y a démontré la présen,! 
d’une quantité notable de sulfate de fer. 

Celles qui ont été employées à l’hopilal de la Charité prove. 
naient de la pharmacie de M. Gelis père, rue Saint-Uenis ,305' 

Agréez, etc., J.-L. Cours , A. Gkus. 

Paris, le 27 janvier 1840. 


La Némésis Medicale est complète, les trois dernières sath. 
viennent d’être publiées en même temps ; les sujets en sont ' 
Le Conseil royal de VInstruction publique ; — l'Institut ■ 
Les Lazarets et les Quarantaines; ’ 

Et enfin les Adieux. 

La réimpression des satires qui étaient épuisées permet de li. 
vrer l’ouvrage entier aux personnes qui en feront la demande. 


POUR PARAITRE EIV UBf AN, 4 FORTS VOLUMES IN-8» SUR DEUX COLONNES, EN 12 LIVRAISONS.— PRIX, 24 FR 

OlCTIOlAIi Ml mCTIOlAlBES M MËMCINE 

FRANÇAIS ET ÉTRANGERS, 

or TMtAMTÉ! COJHPM.ET J»JB MBBMCMIVE MT BM CXMKVMtelMB BBATMQVBS, 

Contenant l’Analyse des meilleurs aiticles qui ont paru jusqu’à ce jour dans les différens Dictionnaires et les Traités spéciaux les plus importans, avec 
les additions et modifications que nécessitent les progrès de la science j 

Ouvrage destiné d remplacer tous les autres Dictionnaires et Traités de Médecine et de Clilrurglei 
PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

SOUS LAjDIRECTION DU DOCTEUR FABRE, 

Rédacteur en chef de la Gazette ffo/tùatM; (Lancette Française). 


Condlttonis de la iSoniscrlptlon. 

L’ouvrage entier sera publié en 4 forts volumes in-S", sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisin, et en caractères fondus exprès.—La publication aura lieu 
en 12 livraisons de 200 pages environ, paraissant régulièrement de mois en mois, de manière à ce que l’ouvrage soit terminé au plus tard en un an. 


Prix de chaque livraison prise à Paris, 
Pour les Départeinens, 


Prix de chaque volume, à Paris, 
Pour les Départemens, 


Prix de l’ouvrage entier, pour Paris, 24 fr. 
Pour les Départeinens, 32 ^ 


ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau de la Gazette des Hôpitaüx (Lancette Française), 1 
Et chez tous les Libraires Français et Etrangers. 


e de Bussy, 13, 


PASTILLES 

DE LACTATE DE FER, 

Contre la Chlorose, la Leucorrhée, l’Aménorrhée, etc. ; 

Préparées par LOURADOUR, pbarmarien, rue de l’Ancienne- 
Comédie , n. 2â. 

Chez BECHET jeune, libraire , place de VEcole-de- 
Médecine, 4. 

TRAITJË COMPLET 

Des Maladies syphilitiques, 

PAR filRAÜDEAü LE SAOT-GERVAIS, 

Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, ex-interne et 
ancien membre de l’Ecole pratique. — 1 vol. in-S" de 
800 pages, avec le portrait de l’Auteur par Vigneron, et 
20 gravures coloriées. —Prix, 6 francs ; et par la poste, 
8 francs. 

Chez l’ AUTEUR, rue Richer, 6 bis, à Paris. 


BREVET D INVENTION, 

Exposition 4e 1^31 



4fr. 

Fabricant d’instrumens de 
chirurgie, Fournisseur de 
ta Faculté de médecine de Paris, 

Rue de FEcole-de-Médecine, 9. 

Bouts de sein et Biberons en ivoire flexiblë, de 

4 à 10 fr. 

Bompe simple A courant régulier sans réser- 
'volr d’air, de 12 à 24 fr. 

Appareil du docteur Donné pour les Cors, 0£ils-de- 
Perdrix, etc., de 5 à 8. fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la notice explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M, 
Warick, 11, Laurence Fountuay Lane. 


L'ART DE SE PRÉSERVER DE LA SYPHILIS, 

De is*en gruérir radicaleBieDt, ainsi ane des Dartres 

Et de toutes les Maladies qui ont pour cause un sang âcre et vicié ; par J.-P. TRONCIN, docteur de la Faculté de Médecine 
de Paris, etc. ~ In-S». Prix, 2 fr. 50 c. — Chez l’Auteur, rue des Fossés-du-Temple, 16. 


WJPtOBATION dé la 

CHOCOLAT FERRUGINEUX^ 

JDE "G O li IVtE T -T> A'A G E 
Pharmacien Rue SI Merry. N9i^. A "PARIS. 


Son godt est très agréable ; il convient contre les Pâles 
couleurs, les Pertes blanches, les Maux d’estomac, les 
Faiblesses, etc. Pour les Etntans délicats et d une constitution 
molle, le Chocolat ferrugineux est sous la forme de bonbons et par boîtes; 
réduction de prix, par un nouveau système de broyage et économie de 
main-d’œuvre, la livre de 16 onces, 5 fr.; les boites, 2 à 3 fr.—AVIS. MM, 
les Médecins sont priés de ne pas confondre le Chocolat ferrugineux 
(le M. COLMET-DAAGE avec celui du. même nom annoncé par un de 
ses confrères, et contenant unesubstance minérale purgative très active. 
Dépôt dans tontes les principales'villes de France et de l’étranger. 

(Exiger la Notice, qui sert d’instruction et qui se délivre gratis.) 


«* Découverte..s. Prodige de la Chimie! 

POMMADE DU LIONi 


Pour faire p 

gOUnCILS. (Gi __ _^.^_ _ 

viviBANK, N" 4, anl",àcôtédu t>assage Colbert lè Palais-Royal. _ . 

M. FRANÇOIS, SEUL DÉPOSITAIRE, même maison.—(Sixpots, 20 fr.—On expédie.! 
~AVIS ilescoitfeurs, parfumeurs et autres rRO.UPF.NT en vendant 

de viles contreraçons sans effets sous notre titre ; nous N’AVONs aecun 
DÉPÔT chez eux ni Aii.i.EüRS. Le public doit acheter directement à l'adresse ri- 
dessus. SANS AUCUNE EXCEI’TION, pour avoir la véritable Pommade du Lion composée 
par "auteur lui-même J 5 années de réussites toujours infaillibles sont des garanties:— 
Nos pots sont revetus de la signature à la mainüe M. FRANÇOIS, du cachet de l aiiteui 
"onge, et accompagnés d'un prospectii® (Se bien inélier n- ' 


BREVET D’INVENTION. 

ALLAnraHENT 

ARTIFICIEL PERFECTIONNÉ. 

BMBÆROar-POlUFÆ de LECOÜVEY, 
abriçant potier d’étain, rue Grénétat, 41. (1 fr. 75c,) 
On trouve aussi chez lui toute espèce de Seringues 
anciennes et modernes; Clyso-Pompe, Pompes-Serin¬ 
gues à jet continu, brevetées, inventées par Deleuil ti 
perfectionnées par LECOÜVEY. Se charge aussi de 
confectionner tous les objets du ressort de son état 
pour MM. les inventeurs, et le tout au plus juste prix. 


rK BOUTlQUe.) „ 


MAISOll DE SAiTÊ ET DE MÉDECiE OPÉRATOIRE, 

AVENUE MARBOEUF, 1, RUE MARBOEDF, 7, PRÈ.S LIS 
CHAMPS-ELYSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traités 
avec un succès complet dans cet utile établisse¬ 
ment. 

ParmUes Médecins qui y ont adressé des mala¬ 
des, nous citerons MM. les docteurs Amnssat, 
Blandin, Bouillaud, Canon du Villards, Dever- 
gie aîné, Emile Chevé, Civiale, Jules Cloquet, 
Fiévée de Jumont, Labarraque fils. Leroy d’E- 
tiolle , Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan, Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Sichel, 
Souberbielle, Tanchou, etc. 

Le prix de la pension est modéré. 


Paris, imprimerie de Béthune et Plon, rue de Yaugirard, 36, 




































JEUDI 50 JANVIER 1840. 


(15* ANNÉE.) 


N? 15, TOME 2. ~ 2* SÉRIE. 


Eitt JLanceUe Wrameaise* 


GAZETTE DES HOPITAUX 


le Journal parait les Mardis, Jeudis,{Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. ‘ 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3mois,|9, Ir.jJe mois, 18 tr. ; i an' 36 !t, 
Départ., 3 mois, 10 fr.; 6 mois, 20 fr.; 1 an, 40ï.. 


HOTEL-DIEU. —M. Rodx. 

iputation sousytrochantérienne de la cuisse gauche; examen 
U membre malade. Amputation du sein; mort le quatrième 
lur. Réflexions sur les accidens des opérations chirurgi- 
ales. Amputation sus-malléolaire delà jambe. 

,u n» 7 de la salle des hommes, est couché un malade 
, ; are â|[é de trente-six ans, scieur de long. Cet 

,iin^^y^H|M’alors a joui, dit-il, d’une assez bonne 
■ énome tuineurà la cuisse gauche. 

; i.e tuîh irim travers de main environ au- 

‘ * aril^ation du genou. Elle occupe principale- 
îiis^^Stts ànîlSfeirs .de la circonférence du 


;t pÿi^on plus gràall volume vers la partie in- 
iur^ dlps différens points, la cuisse oftre 65 à 75 


ri^mis qï 

fîM^su^^s différens. 

.mètres de circonférence (24 à 27 pouces) ; la peau qui 
la reçÿiuvre est violacée ; au-dessous d’elle on aperçoit d^é- 
norines veines sinueuses ; la consistance de la tumeur n’of¬ 
fre rien de particulier; ainsi elle donne au toucher la sen¬ 
sation d’un empâtement général, rénitent, peu élastique ; 
on sent à peine çà et là quelques bosselures et quelques 
points qui paraissent plus résistons que les autres ; la tem¬ 
pérature est normale. Toute la portion de la jambe com¬ 
prise au-dessous est énormément œdématiée. L’état géné¬ 
ral du malade est assez satisfaisant ; sa tumeur lui occa¬ 
sionne plus de gêne que de véritables douleurs. 

Si on le questionne sur les causes auxquelles il peut at¬ 
tribuer le développement de sa maladie, il ne donne pas le 
moindre renseignement ; il n’a pas souvenance de quelque 
lésion extérieure. C’est au mois d’août dernier qu’il s’est 
aperçu, pour la première fois, du changement survenu 
dans l’état de son membre ; il n’a quitté son travail qu’en 
septembre, pour entrer à la Pitié, dans le service de M. 
Lisfranc, qui lui a proposé l’amputation de la cuisse. Le 
: 10 octobre suivant, il Quitta cet hôpital sans vouloir accep¬ 
ter l’opération. 

C’est le 17 janvier qu’il a été admis à l’Hôtel-Dieu, dans 
les salles de M. Roux. La tumeur augmentait toujours; les 
progrès étaient même plus rapides que daBS les premiers 
momens. Voyant qu’il n’y avait plus d’autres ressources, 
Aubray accepta l’amputation, qui fut pratiquée le 22. 

A cause du développement de la maladie vers la partie 
supérieure de la cuisse, l’opération ne pouvait être faite 
dans le lieu d’élection; il fallait la pratiquer au-dessous 
du trochanter. Le manuel n’offrit rien de remarquable. 
Les chairs ayant été incisées en dédolant, le cône crural 
formé par le moignon put être accompli très régulièrement, 
la section de l’os présenta seule quelque difficulté, à cause 
de l’ébranlement qu’offrait l’os à l’action de la scie. Cet 
accident, qui'n’eut pas dè conséquences fâcheuses, se trou¬ 
va expliqué à l’exatnen de la pièce anatomique, par la dis- 
pûsitipn pathologique des parties. 

'Somme toute, l’opération fut seulement un peu plus 
Miorieuseque ne l’est habituellement une amputation 
dans des circonstances ordinaires. Mais la quantité de sang 
éhappée des vaisseaux, qui étaient énormément dilatés, 
fut assez abondante pour donner lieu à une syncope qui 
faillit avoir des résultats fâcheux pour le patient. Elle se 
prolongea, en effet, fort long-temps, et ne put cesser que 


par l’emploi continué des aspersions d’eau froide, des 
odeurs excitantes, de la ventilàfion et d’autres moyens 
encore. 

Nous dirons ici que M. Roux fit l’essai, sur ce malade, 
d’un instrument qu’il essaie de modifier, et qu’il destine à 
relever les chairs du moignon pour faciliter la section de 
l’os. C’est le rétracteur mécanique, dont le professeur 
Percy avait déjà donné l’idée, mais qui, peu après, était 
tombé danSyl)oubli. Celui-ci, auquel M. Roux donne la 
préférence ne peut être mieux comparé (qu’on nous 
pardonne l’expression) qu’à un réflecteur de quinquet 
presque plat, auquel ou pourrait, selon la volonté, ajouter 
deux appendices latéraux, pour le saisir. L’orifice central 
de cet instrument aurait le même diamètre à peu près que 
le corps de l’os, qui pourrait y. être enfermé au moyen 
d’un segment de la circonférence totale, se déplaçant sur 
une rainure, et pouvant se replacer ensuite. L’occasion 
était peut-être bonne, dans le cas dont nous parlons ici, 
pour essayer l’emploi de ce moyen. Néanmoins, la tenta¬ 
tive n’a pas été heureuse, car il a été plus gênant qu’utile. 
Au résumé, nous ne croyons pas ce rétracteur ressuscité 
destiné à une grande série de bonnes fortunes chirurgi¬ 
cales. 

Revenons à notre malade. Tout le jour il a été très fai-, 
ble ; ce n’est qu’à force de soins et d’excitation qu’on a pu 
empêcher la production de nouvelles syncopes, qui avaient 
la plus grande tendance à se manifester. Le lendemain 
matin la somnolence avait en partie disparu; le pouls in¬ 
diquait déjà une légère réaction traumatique (100 pulsa¬ 
tions au lieu de 88, que l’on comptait avant l’opération). 

Examen de la tumeur. M. Roux avait diagnostiqué une 
tumeur fongueuse du périoste. Cette opinion fut en partie 
détruite par la «hssection de la tumeur, qui fut faite avec 
beaucoup de soin, M. le docteur Thibert devant en faire 
une reproduction exacte par sou procédé de modelage. 

Au-dsssous de la peau rampent d’énormes veines très 
dilatées, analogues en quelque’ sorte à des sinus. C’est à 
leur disposition qu’il faut attribuer la cause de l'énorme 
perte de sang éprouvée par l’opéré. 

1^ seconde couche est constituée par les muscles, pâles, 
amincis par suite de la compression qu’ii éprouvaient ; ils 
sont, du reste, sains, et ne participent pas de la maladie. 

Au-dessous d’eux, on peut isoler la tumeur, qui offre 
en avant, et en dedans surtout, la forme d’un énorme 
ovoïde presque régulier à sa surface extérieure. Une sec¬ 
tion longitudinale faite selon l’axe du membre, et divisant 
le fémur en deux moitiés depuis le point de la section jus¬ 
qu’entre les deux condyles, la sépare en deux moitiés 
semblables quant à la structure, et presqü’égales pour le 
volume. On peut tout aussitôt reconnaître ^que toute une 
portion du corps du fémur, dans l’étenduejfle quatre à cinq 
pouces à peu près, a disparu par suite du développement 
de l'altération. Ce manque de continuité dans l’étendue 
de l’os rend très bien compte de la difficulté que l’on éprou¬ 
va lors de l’opération, quand on fut arrivé à la section du 
fémur. En effet, le fragment supérieur, sur lequel portait 
l’action de l’instrument, se trouvait être mobile dans la 
masse peu résistante qui l’entourait. 

Toute la masse est formée par un tissu compacte, assez 
homogène, oftiant approximativement la consistance de la 
substance cérébrale durcie dans l’acide nitrique ; l’aspect 


de sa coupe varie du blanc-rosé au rouge plus ou moins 
foncé. Çà et là existent quelques lames de nature fibreuse 
constituant des cloisons incomplètes. On trouve aussi, 
surtout à la périphérie, quelques points fibro-cartilagi- 
neux blanchâtres. Enfin on observe encore dans diverses 
parties des loges des espèces de sinus plus ou moins consi¬ 
dérables entièrement vides, ou remplis d’une substance 
analogue à du sang coagulé ; une masse de cette nature e^:- 
cupe toute la partie centrale de la tumeur dans le point 
correspondant à la portion du fémur qui a disparu. 

Les vaisseaux fémoraux, refoulés à la partie postérieure 
de la tumeur, ont perdu leur structure normale. La por¬ 
tion de l’artère placée au-dessous de la tumeur est oblité¬ 
rée par un caillot assez bien organisé. 

Gomme on le voit, il n’était pas possible d’indiquer le 
point de départ de cette dégénérescence dans le périoste ; 
selon toutes les apparences, elle aura pris naissance à l’in¬ 
térieur du corps de l’os qu’elle a anéanti lors de son dé¬ 
veloppement. 

—Lel5jânvier,M. Roux a pratiqué l’amputation du sein 
’ gauche sur une femme de quarante-cinq ans, qui parais¬ 
sait être dans des conditions de succès foi't satisfaisantes. 
Il se proposait d’enlever une tumeur tout-à-fait limitée, 
sans adhérences avec les tissus voisins. Il n’y avait pas la 
moindre trace d’engorgement dans les ganglions pectoraux 
ou ai^laires. On pratiqua d’abord deux incisions, semi- 
elliptiques; la dissection fut simple, peu laborieuse; seule¬ 
ment une petite quantité de tissu cellulaire induré, placée 
vers le sternum, fut enlevée avec soin. 

Cette malade supporta l’opération avec assez de courage, 
seulement elle montra de l’agitation, des dispositions à la 
loquacité ; peu après elle fût prise de gêne dans les fonc- 
tions de la respiration, des vomissemens survinrent, les 
accidens prirent une forme fâcheuse, et la mort arriva le 
quatrième jour. 

L’autopsie, faite avec le soin le plus minutieux, ne per¬ 
mit pas de reconnaître la moindre altération physique 
dans les divers organes. 

A propos de ces deux malades, le professeur disserte 
assez ^longuement sur la nature des accidens qui peuvent 
entraîner la mort pendant le cours ou après les opérations 
chirurgicales. Il a été , dit-il,, singulièrement favorisé en 
ce genre, car les accidens les plus effrayans et les plus ra¬ 
pides ont souvent eu sa clinique pour tnéâtre. 

Parmi les causfô presque immédiates de mort, il range 
1 introduction de V.air dans les veines , accident qu’il a vu 
deux fois déterminer la mort sur ses opérés. On n’a que 
des idées peu satisfaisantes sur l’étendue de la région da>.« 
laquelle l’ouverture des veines peut produire ces symptô¬ 
mes , et lui-même, cliez un de ses malades, a vu la mort 
survenir par l’introduction de l’air dans la veine axillaire 
pendant l’extirpation du bras. Une fois il fut assez heu¬ 
reux pour sauver un malade en établissant la compression 
sur les orifices veineux. 

Au second rang se place Vhémorrhagie, qui rarement fait 
périr le malade instantanément, mais qui peut cependant 
déterminer la mort par suite de l’aftaiblissemeiit et dea 
syncopes prolongées dans lesquelles elle jette le malade ; 
ce sont les hémorrhagies veineuses qui s’observent fré¬ 
quemment, plus rarement les hémorrhagies artérielles; le 
malade amputé de la cuisse offrit des accidens déterminés 


W'mVMEtlsMJPOIV. 


teçoiis sur les fonctions et les maladies du système nerveux ; 
professées au Collège de France par M. Magendie. 

Certes s’il est une voie par laquelle la physisiogie doit mar¬ 
cher pour arriver à la solution des hautes questions qui sc ratta¬ 
chent aux fonctions de nos organes, c’est la voie expérimentale : 
la pathologie, il est vrai, vient à notre aide dans quelques cir¬ 
constances ; c’est ainsi qu’une plaie accidentelle de la région 
épigastrique nous révèle quelques-uns des phénomènes de la di¬ 
gestion, un épanchement cérébral nous montre quelques-unes 
des fonctions du cerveau, une blessure ou un ramollissement de 
la moelle épinière vient nous faire connaître l’influence de 
ce cordon sur la sensibilité et le mouvement : mais que cette 
Voie est lente et combien de siècles ne faudraît-il pas traverser 
ayant que les cas pathologiques ne nous procurassent une bien 
faible somme de connaissances ? La meilleure voie est donc l’ex¬ 
périmentation, la vivisection : et comme nous ne pouvons nous 
livrer à des expériences semblables sur l’homme, attendu que la 
civilisation a justement banni la coutume barbare qui s’était in¬ 
troduite d’expérimenter sur des criminels, foi ce nops est d’inter 
roger les animaux qui se rapprochent le plus de notre organisa¬ 
tion. De tous les hommes ont le plus suivi la voie expérimen¬ 
tale pour éclairer les fondions du système nerveux, il n’en est 
point qui ail rendu sous ce rapport de plus grands services à la 
acience que M. Magendie. Patience infatigable, ardeur inépuisa¬ 
ble pour la science, dextérité dans les mains, vues ingénieuses, 
telles sont les qualités qui distinguent cet observateur. Aussi ses 


leçons au Collège de France sont-elles régulièrement écoulées 
par la jeunesse studieuse de l’Ecole, et par les médecins et autres 
savans étrangers qui viennent assister à ses curieuses expériences. 
M. James a eu l’heureuse idée de- recueillir ces savantes leçons, 
qui sont rédigées de telle sorte, que le lecteur croit vraiment y 
assister. Nous avons sous les yeux les tomes I et II de.cet ouvra¬ 
ge, qui est tellement riche en faits curieux et importuns, que 
leur simple énumération nous entraînerait trop loin. Dans l’im¬ 
possibilité où nous sommes, par le manque d’espace, de rengre 
un compte complet de cet ouvrage, nous prendrons au fiasard 
quelques faits curieux. Parmi ceux-ci, nous citerons une femme 
dont parle M. Magendie dans sa deuxième leçon. Cette femme 
était couchée daps le service du professeur à l’Ëôlel-Dleu. Sa tê¬ 
te, ses membres, son tronc, avaient un volume énorme, sa lan¬ 
gue avait la largeur de celle d’un veau, ses doigts étaient quatre 
fois plus gros que d’ordinaire,, sa voix ressemblait à celle d’un 
homme : en un mot, c’était une femme monstre (1). Le premier 
volume est terminé par quelques expériences sur des grenouilles, 
considérées sous le rapport de leur ardeur amoureuse. «Voici , 
dit le professeur, deux grenouilles accouplées. Le mâle paraît 
très ardent, et il est cramponné sur le dos de sa femelle, qu’il 
enlace djins ses étreintes : je le soulève par une de ses pattes de 
derrière, il soulève de son côté sa compagne, en la tenant par le 
milieu^ du corps, et il ne paraît pas d'humeur à s’en dessaisir. 
Je divise avec le bistouri les tégumens du crâne, l’animal ne 
s’en aperçoit même pas. La section des os n’amène pas non plus 
aucun signe de douleur.Vous apercevez en arrière des lobes op¬ 
tiques la bandelette transversale : je l’incise. Allons I voilà une 
grenouille qui ne démentira pas l’ancienne réputation des mâles 


(f) Ga»etle des Hôpitaux, 1839. 


de son espèce, car elle se rit ou du moins semble peu s'inquiéter 
de toutes nos tortures. Elle ne paraît pas moins tendrement atta¬ 
chée à sa femelle qu’avant l’expérience. Que faut-il donc pour 
vaincre un aussi puissant instinct ? Je cou)>e les lobes cérébraux. 
Enfin, elle a cédé : vous avez vu l'animal s'avouer vaincu eu 
laissant tomber celle qu’il tenait si étroitement embrassée, a 

Le professeur, après cette expérience, en fait deux autres d’a¬ 
près lesquelles il semblerait que chez les batraciens , la faculté 
génératrice résiderait plutôt dans les lobes cérébraux que dans la 
bandelette qui, cbez|ces animaux, représente le cervelet. 

A ceux qui prétendraient que la physiologie expérirnenlafe 
nest qu’une simple satisfaction de la jcuriosilé naturelfe 
qui porte l’homme à tout savoir et à tout expliquer, nous 
répondrions par les faits contenus dans cet ouvrage, et qtu prou¬ 
vent jusqu’à quel point ces expériences peuvent être ulilel à l’ail 
de guérir. Telles sont les expériences faites sur la morphine ap¬ 
pliquée à la surface des nerfs, application qui a pour effet de di¬ 
minuer leur sensibilité, connaissance précieuse dans le traite¬ 
ment des névralgies. 

Nous mentionnerons ici deux cas de guérison de névralgie de 
la face, obtenus parle professeur à l’aidede l’électricité. îl s’a¬ 
git de deux dames dont l’une éprouvait depuis quatre ans des 
douleurs névralgiques très vives dans le côté droit de la face. 
C’est dans la langue que la douleur était le plus vive. La malade 
depuis l'invasion du mal n’avait pas eu nue minute de repos. La 
névralgie avait commencé par des douleurs très aiguës, d'abord 
au niveau du trou sous-orbitaire, revenant par accès èl s’irra¬ 
diant vers la lèvre supérieure; puis la branche frontale avait été 
envahie, puis la branche mentonnière, puis enfin le rameau lin¬ 
gual. La douleur s’était répandue également dans les divisions de 
la septième paire. La malade comparait la douleur à des éclairs, 
à des décharges électriques qui lui traversaient les nerfs. Elle 



















— 5 o - 


par la perte cousidérable du sang veineux qui stagnait dans 
les vaisseaux dilatés du pourtour de la tumeur, et, pen¬ 
dant un instant, on-put éprouver de vives inquiétudes: 
M. Roux perdit de cette manière une jeune femme sur 
laquèlle il av.?it consenti à enlever un énorme bronchocèle. 

Il faut encorê énumérer, parani ces causes de Jnort, l’w- 
ifoduction dà'iàng dans les votes respiràtoires. Cet accidètit 
ne peut guère avoir lieu que dans les opérations prati¬ 
quées sur le larynx ét la trachée-artère. Chacun connaît 
un fait de ce genre arrivé entre lés mains de M. houx, qui 
fut assez heureux pour voir ses tentatives suivies d’un en¬ 
tier succès. 

L’influence de la douleur sur le système nerveux, et 
partant sur l’organisme en général, peut fréquemment 
aussi amener une terminaison fâcheuse, mais cela d’une 

• manière moihs'immédiate, presque .toujours au contraire 
après plusieurs joiirs d’intervalle. M. Roux attribue à 
cette cause la perte d’un malade auquel il enleva une tu¬ 
meur voluinineuseide l’épaule, celle d’un homme qui pré¬ 
sentait une énorme-masse cancéreuse aux gouttières ver¬ 
tébrales, et sur lequel il fut obligé de mettre une partie 
des vertèbres à découvert. l<a mort de la femme' opérée 
du seiii offre un exemple de ce genre. 

Le même jour, M. Roux a pratiqué sur un homme de 
vingt-huit ans l’amputation de la jambe droite àU-dessus 
des malléoles, pour une tumeur blanche dont le dévelop¬ 
pement datait de quelques mois. Le manuel opératoire 

• n’a rien présenté de remarquable : nous nous proposons 
seulement de tenir nos lecteurs au courant du résultat de 
ces deux amputations. 


ÇliimiQVES ÉVRAItrCiÉBBiS. 
HOPITAUX DE DUBLIN. 

Kyste congénital dans le pelvis. Hypertrophie vésicale chez 

unmweau-né; par M. Peèbles. Discussion académiqu- 

- Une dame, bien constituée, liiariée à un homme éga¬ 
lement bien organisé, mère de deux enfans forts et bien 
portans, accouche d’un troisième enfant, du sexe mascu- 
_lin, qui est fort délicat. L’accouchement s’est fait natu- 
.reliement; l’enfant avait un long cordon roulé autour du 
. cou. he placenta adhérait à la matrice, etil a fallu aller le 
, chercher dans cet organe, et l’en décoller pour l’extraire. 

• Cette adhérence du placenta a été attribuée à une chüte 
que la mère avait faite dans les derniers temps de la gros- 

. sesse. L’enfant a paru bien portant pendant les trois ou 
quatre premiers jours ; alors il est devenu inquiet, et a 
éprouvé des garderobes abondantes. On a administré à la 
nourrice plusieurs doses de calomel, de l’fahile de ricin et 
; une potion carminative. 

Le cinquième jour, le cordon ombilical est tombé ; sa 
'petite plaie était presque cicatrisée. L’abdomen est gros et 
. tympanisé; la jambe et la cuisse gauches sont gonflées, du¬ 
res, noueuses, sensibles au toucher et de couleur noire. 

• On y apphque des sangsues, on les enveloppe dans des 
, linges trempés dans du vinaigre; on répète le calomel et 
-l’huile de ricin. Vers le neuvième jour, le gonflement a 
.presque complètement disparu ; mais l’abdomen continue 
à être tr ès gros et dur daps la portion sous-ombilicale. 

: On s’aperçoit alors que l’enfant n’îirine point depuis 
plusieurs jours, les fesses sont excoriées, l’anus rétracté 
en haut. On prescrit un hain tiède, de la poudre de lapis 
calaminaris, mais l’enfant n’urine point. On pratique le ca¬ 
thétérisme à l’aide d’une pètite sonde en gomme élastique 
^t l’on tire une demi-pinte environ d’urine claire; l’abdo¬ 
men pourtant rest^toujours tendu. L’enfant a continué à 
prendre le sein ; selbelles sont régulières ; pas de fièvre ni 
de frisson. Les veinet de la paroi abdominale sont grosses, 
arl^oresceptes ; M, Peebles a soupçonné la présence de 
.quelque tumeur dans l’abdomen qui comprimerait les 
vaisseaux ascendans de cette cavité. On fait des frictions 


avec de la pommade d’hydriodatê de pùtasse sur le tronc, 
deux fois par jour ; on continue le cathétérisme deux fois 
par jour pendaut une semaine. 

Le quatorzième jour de la naissance, l’urine a la couleur 
du petit-lait, elle devient ep.suite purulente. Les intestins 
deviennent parestæux ; l’enfaut a quef!|iips rares gaÿde- 
rohêS qui sont pâles', légèrement briqüeleès et chargées de 
suc gastrique. 

Le seizième, l’enfant jiaraît dépérir à vue d’œil, sa ÿhy- 
sSonomie exprime une souffrance profonde, les membres 
sont fort maigres, l’anus est relâché et ne retient plus les 
lavemens. Une sonde de dix pouces est introdnitè dans lë 
rectum et poussée clans le reste de l’intestin, ma.isfille ne 
donne issue à aucun gaz. Lé lendemain, dix-septième jour 
de la naissance, l’enfant est mort. 

A l’autopsie,.on trouve tous les viscères saine, â l’excep¬ 
tion de la vessie. L’ëstoniac, lés intestins grêles et colon 
sont très distendus de gaz. Le colon et le rectum s,ont p⬠
les et vides, La vessie est très épaisse et rugneosé à sa f^e 
interne, adhère â là paroi abdominale ét à l’omiairiç; elle 
ne peut être distendue dans sa position, vu la présence 
d’une tumeur enkystée qui occupe toute la cavité pel¬ 
vienne ; le rectum et rurètre se trouvent forjtement’com- 
primés par cette tumeur, lé premier contre le sacrum, le 
second contre le pubis, La tumeur monte dans i’àpdomen 
entre là Vessie et le rectum, où elle est couverte par le pé¬ 
ritoine. 

L’intérieur de ce kyste contient 90 grammes (3 onces) 
de liquide albumineux; ses parois sont foi tes, enveloppées 
d’uné membrane séreuse et forment un sac sans ouver¬ 
ture. 

M. Peebles présume que la quantité dû liquide a dû 
augmenter après la naissance et l’hypertrophie de la ves¬ 
sie également, surtout vers le col. 

Cette pièce ayant été présentée à là Société médico- 
chirurgicale d’Irlande, a donné lieu à la discussion sui¬ 
vante : 

M. Houston: Ce fait est intéressant, surtout à cause dé 
l’état d’hypertrophié de la vessie. Cet organe se troüvau 
eflectivement dans un état de congestion inflammatoire, 
épaissi d’une manière extraordinaire et presque cartilagi¬ 
neux. Je pense que l’urine sécrétée duiant la vie fœtale 
aurait dû être retenue, et que la rétention survenue après 
la naissance, et combattue à l’aide de la sonde, devait da- 
■ ter 4’nne époque antérieure à l’accouchement. 

M. .Mawife/Ε• D’après les détails de l’observation, l’en¬ 
fant a présenté des symptômes analogues à ceux de-la 
phlegmasie blanche douloureuse (p>hkgnuitia nlba (iolens\ : 
la jambe et la cuisse gauches étaient gonflées-, dures et 
noueuses dans la direction des veines et des vaisseaux lym¬ 
phatiques. Il paraîtrait que la pression exercée par la tu¬ 
meur sur les vaisseaux avait donné naissance à ces symp- 
, tomes et à la congestion des veines fémorale et iliaque. 

4L O’Beirné ; L’observation est remarquable sous plu¬ 
sieurs rapports. Un point surtout nre paraît mériter l’at- 
tentiou., Je n’ai jamais trouvé d’exemple où le rectum, le 
•cpecum et le colon fussent tout à fait vides, à moins que 
l’intestin ne fût étranglé par une bride ou à l’état de vol- 
vulus. Il aurait désiré qu’on cherchât attentivement s’il 
n’y avait pas chez le sujet quelque chose d’analogue à cette 
dernière condition. , 

M. Peebles: Les intestins paraissaient comme paraly¬ 
sés, mais ils n’ofl'râient aucune trace d’intuSsusceptiott o'u 
■d’obstructiorflbje j^e puis adopter, dit reste, lâ manière de 
voir de M. Mkûnsell relativement à l’état du mettibrB, la 
phlegmatia alba dolens étant, dans rtion opinion, ùùè af¬ 
fection dépendante d’autres conditions que de lâ coiii 
sion. 

M. O^Bèirné: Bien que je sois grand partisaq’de l’em- ‘ 
ploi du tube rectal, je dois déclarer que j’en excepte les 
enfans nouveau-nés. Uné fois j’ai été appelé popr yojj ùn 
enfant âgé de cinq mois, qui souffrait d’une constipation 
opiniâtre depuis soixante heures : plusieurs nioÿell^ éva- ; 
cüans bvaient.étê employés sans succès, et l’on a jugé que ‘ 


la ressource de la canule ne devait point être omise'! 
J’allais introduire la canule ; mais voyant un si petit 
fanh je ne^^ai jpas osé, et j’ai prescrit rappheatiou d,,' 
vésicatoire sur le sacrum., et des lavemens répétés 
moyens oiÆ eu un plein succès. Je ne m’abstiens d’^ ,), 
quer la caùùle aux enfans nouvéau-nés 'que depuis^^,' 
que temps ; autrefois j'é la croyais nécessâirè. 

M. Peebles : Le cathétérisme n’a été employé che? 
enfant qu’avec beaucoup dé précaution ; je mq suis ti,, 
d’une sonde de gomme élastique très fine, sans manêrir, 
et que j'ai ramollie devant le feu avant de m’en se vÇ 
afin de la iiendreplns douce. J’ai éprouvé quelque l’i!}; 
culté dans l’introduction , car le gland se trouvait 
une sorte de phyposis naturel ; dans le reste, l’instruut,,, 
a passé libreméôt. ' 

M. Beatty ; La tunreur qu’on vient de présenter [Jt., 
an fait des plus remarquables et qui est peut-être un 
dans les annales de la science, D’après l’épaisseur c-i i, 
poh des parois, on est autorisé à penser qu’elle devait î-y, 
d’ancienne date, et que soii ërigine remonte aux pren,ief. 
temps de la conception. Il paraît également que la rcie,,. 
tien urinaire est.antérieure à l’époque de la naissance, î;, 
moins si l’on en juge d’après l’état de la vessie. ’ 

M. pugaan : J’avoue.que c’est la prémièflnFbis que j’en, 
tends parler ,de rétention urinaire durant la vie intrà-uté. 
rinè ; mais a-t-on encore découvert la présence de l’urine 
dans la liqueur de l’nmnios ? 

M. Maunsell : Il n’est pas d’acrouebeur qui n’ait remaj'. 
que des enfans rendre l’urine en venant au monde. Donc 
il y a sécrétion urinaire avant la naissance. Il ne répugne 
donc pas d’admettre qu’il puisp y avoir rétention morbide 
de l’urine durant la vie, intra-utérine. 

4f. Houston : Les effets produits sur la vessie étaient 
très feinarquables. L’bypertrophie de ses tissus, en parti, 
culier de sa tunjgue musculaire, était aussi prononcée que 
si elle existait depuis des annéeL L’enfant était âgé de dix, 
sept jours à l’époque de sa mort ; cela fait présumer que 
cet étajt devait être antérieur à la naissance. 

M. Pugann ; La mênie cause qui a donné naissance à la 
tuijreui; a pu produire l’hypertrophie de la vessie. 

4/ Montgomery : Laprésence de l’urine dans les eaux de 
l’amniosja été découverte par plusieurs personnes, entr’au, 

4rçs par^, Rees de Londres. Berzelius a constaté le mênte 
fait; il s’est assuré de la. présence de l’urée dans l’amnios 
eh plûsieqrs occasions. En ouvrant le cadavre d’un enfant 
nouveah-né dans le but de m’assurer de la nature d’une 
,tam,ejjr qqi occupait l’hypogastre, j’ai trouvé qu’elle était 
l’onhee par la vqssie etiesqretières énormément distendu?, 
Qes, defpiers étaient aussi volumineux ;que lé doigt mé¬ 
dius, et l'orinaient «le grands zig-zag. L’urètre était in)pe?u 
foré et oblitéré. Ce fait prouve que l'énfant décharge son 
uripe dans l’eau |de l’amnios, 


Péricardite mssrtelle chez un enfant de cinq 


i par îf. 


M. Benson présente â . là Société une pièce pathologique 
relative à un cas de péricardite observée chez un enfant de 
cinq mois. Ce qui rend cettp pièce remarquable, c’est d’a- 
beyd l’âge du sujet, en>uite la quantitééaorme de lymphe 
pjjsstjque secrétée à la surface du ceêur et dans le péricarde, 
.l’WperlropRie dq ventricule gauche du cœuir, et enfin 
l’fiRiêlence cachée de la maladie qui est réStée inaperçue 
jusqu’à la fin, quoique le malade fût soigné par trois 
luçdecins expériinentés. L’enfant s’était trouvé mal peur 
daut trois jours ; les syncopes s’étaient chaque fois décla¬ 
rées par une sorte de cri. On avait cru avoir affaire^ 
quelque affection des intestins ; des purgatifs ont été en 
,coriséquençe administrés. La mprt a.eu lieu le Witièmé 


P) Noiis nous étonhops atïe dâhs des cas de'celte espèce on 
n’ait pas songé à employer îe gàlvaüismé S.l’aidè de deux con- 
dubleurs appliqués, l'unAahs le rectum, l’antre sur la langue. 
fDqs expériences faites spr des animaux daqs ce but, ont donné 
des résultats très satisfaisans. (iVote du Traducteur.)^ j 


était devenue presque sourde de l’oreille correspondante au côté 
Ae la névralgie. 

: L’autre dame ne souffrait que depuis un an. La douleur avait 
débuté par la langue, et c’est là qu’elle est restée presque tou¬ 
jours concentrée. Quand elle se propageait à la face, elle semblait 
partir des canaux sous-orbitaires, mentonnier et frontal, pour se 
répandre dans les divisions des nerfs du même nôm. 

Chez cette malade comme chez l'autre, l’ouie était affaiblie du 
côté où existait la névralgie ( côté droit ). Plusieurs traitemens 
avaient été mis en usage sans aucun succès. M. Magendie em¬ 
ploya le galvanisme chez ces deux malades. Une aiguille très fine 
en platine fut enfoncée dans le tronc du nerf facial, peu après sa 
«ortie du crâne, à son passage dans la glande parotide. Une autre 
aiguille fut enfoncée dans le côté de la langue correspondant à 
Ja névralgie. Autant que possible, d’après M. âlagendie, il con¬ 
vient de faire passer le courant électrique en même temps dans 
les deux nerfs de la face, à cause des filets d’association de la 
cinquième paire qui transmettent la sensibilité à la septième 
paire ; car si on s’adressait seulement aux branches de fa cin¬ 
quième paire, on s’exposerait à voir la douleur Se réfugier dans 
la septième, ce qu’on prévient en galvanisant les deux nerfs à la 
fois. M. Magendie se sert à cet effet de la machine de Clarke, 
comme étant plus commode et n’exigeant pas l’emploi d’une so¬ 
lution acide. Chez les deux malades, la douleur chassée d’une 
branche nerveuse se réfugiait dans une autre, et il a fallu plu¬ 
sieurs applications galvaniques pour triompher du mal. A l’aide 
de ce. moyen ces deux malades ont été guéries. Nous pourrions 
pousser plus loin nos réflexions sur l’importance de l’ouvrage de 
M. Magendie ; mais nous aimons mieux y renvoyer nos lecteurs. 


DES CPASSES D.4IVGEREUSES DE EA POPULATION DANS LES 
GRANDES VILLES , ET DES IHIOVENS DE LES RENDRE 
MEILLEURES; 

Par H.-A. Frbgikh , chef de bureau à la Préfecture de la Seine. 


L’Académie des Sciences morales et politiques avait mis au 
concours la question suivante: 

« Rechercher, d’après des observations positives, quels sont les 
» ëlémenx dont se compose à Paris, ou dans tout autre grande 
» ville, cette partie' de la population qui forme une classe dan- 
M gereuse par ses vices, son ignorance et sa misère; indiquer 
» les moyens que l'administration, les hommes riches ou aisés, 
1) les ouvriers intelligens et laborieux pourraient employer pour 
U améliorer cette classe dangereuse et dépravée. U 

C’est pour répondre à celte question que M. Frégier a composé 
l’ouvrage dont nous rendons compte, et que l’Académie a honoré 
d’une récompense en 1838. C’était une tâche difficile que celle 
que l’aUteur s'était imposée ; il ne fallait rien moins qu’un grand 
amour du travail, le désir de résoudre un problème aussi impor¬ 
tant, et surtout la position de chef de bureau qu’occupe l’auteur 
à la Préfeclure de la Seine, pour entreprendre une œuvre où se 
rencontraient à chaque instant les plus grandes difficultés. Aussi, 
doit-on remercier l’auteur pour la manière satisfaisante aveu la¬ 
quelle il a rempli sa tâche. 

Le premier volume est divisé en vingt-un chapitres, dans les¬ 
quels l’auteur traite successivement des classes vicieuses et dan¬ 
gereuses, panmleSq^^à^A^rent les vagabonds, lesjprçsfltqées, 
les joueurs, î^fSS^cs, les forçats libérés, etc. ; tbus 



ces chapitres spnt remplis de détails curieux et intéressans sa' 
les mœurs, les habitudes, le langage, etc., de ces classes dégra¬ 
dées de la population des grandes villes. 

Nous ne saurions, sans sortir de notre spécialité, analyser cfs 
•.chapitres dont la lecture captive ratténtion à chaque page ; mab 
nous cédons au désir de direquelques mots du genre chiffonnier, 
une des professions où l’ivrognerie, d’après M. Frégier, se mon¬ 
tre-sous Uea.fouBes les. plus hideuses; Le chiffonnier vit du pro¬ 
duit de son travail, qui peut lui procurer de vingt-cinq à qua¬ 
rante sous par jour-, pour se procurer cette somme quif comiSe 
oh le voit, est assez élevée, eu égard aux théâtres de son indul- 
trie, il ne fait que trois rondes par jour: la première a lieu de 
cinq à neuf heures du matin, la deuxième dè onze à trois, et h 
troisième de cinq à onze heures ou minuit. Pour se réconfortée 
de ses promenades; il fait deux repas, l’un à neuf heures du ma¬ 
tin; et là deuxième à trois heures. Après chaque course il tri^ 
sa marchandise-, qu’il va vendre au chiffonnier entreposeur; tout 
ce qui dans sa hotte est susceptible d'être mangé devient sa p⬠
ture: tels sont les trognons de choux , les fragmens de carottes 
et Attires légumes dont il fait ses délices. Les quartiers Saint- 
Jao(}ues et Saint-Marceau sont habités par un grand nombre de 
ces industriels. Ceux qui vivent en famille habitent une seule 
chambre dont le sol est souillé d’ordures de toute espèce qui exha- 
Jentuneodeur infecte, odeur qui, par parenthèse, faillit asphyxier 
M. pilivier (d’Angers), dans une visite qu’il fit un jour à un uiO- 
.gasin de chiffons; quelques-uns des moins pauvres d’entr'eui, 
Dépossèdent qu’une paillasse, objet de convoitise de ceux quî 
ont pour tout lit un tas de chiffons ou quelques poignées dé 
paille. Les logemens habités par ces malheureux, sont surveillé 
pari des ageps de police; mais leur surveillance, quelqu’açtivi 
qu’elle soit, ne saurait amener jes habitans de ces tristes demeu»' 
re» à des habitudes de propreté souvent.iûcompatibles avec l’exeri 



















A r'autopsie, on,a prouvé le tube intestinal très.çon- 
^ r?p et aplati, raàisn offrant aucune lésion pathologique; 
r^Tiéri toiue était sain. Comme l’enfant avait eu une légère 
• nisse on a examiné minutieusenientite foie: onn y apas 
Uuvé âuti-e chose qu’une simple congestion sanguine, 
îîn ouvre la cavité crânienne, pas de lésion. On ne son- 
«Jàit pas d’abofd à ouvrir lè thorax, vu que 1 enfant n a- 
® itpas présenté de symptômes de ce cote; cependant,se 
^®‘ ^lantqffii avait offert de la dyspnée vers les derniers 
nmens de la vie, on examine les viscères de cette cavité. 
îî„e incision pratiquée sur le diaphragme laissé échapper 
«ne ouantité de lymphe plastique. On divise te ventricule 
ruche dn coeur, qui offre une épaiâsëuï fnorbide estraor- 
âinaii-e La portion du poumon qhi touche te diaphragme 
est couverte de lymphe plastique, mais le tissu pulmonai¬ 
re n’était point enflammé. : , , , , 

M Benson fait remarquer que dans beaucoup de cas 
observés par lui, la péricardite existait sans douleur, oii 
avec très peu de douleur; lorsque la plèvre était affectée la 
douleur manquait tout à fait. Chez le malade en qüestipU 
la pleurite lui paraît dé date récente, mais la maladie du 
cœur lui paraît beaucoup plus avancée. On ne Voyait ce¬ 
pendant aucune trace d’endocardite. ^ 

^ jtf, Beatiy, Je crois que la présomptipn d’uné maladie 
abdominale chez ce sujet dépendait de ce que la pression à 
l’épigastre déterminait des symptômes de souffrance. Dans, 
son important travail sur la.péricardite, M. Mayne a fait 
observer, en effet, que le symptôme le plus remarquable 
de la première période de cette maladie est la sensibilité 
de l’épigastre. 

\publin medical press f décembre^ 1839. ) 


Académie de Médecine. — Séance du 28 janvier. 

M. h President myïKe MM. Espiaud et Leçanu à lire les ^s- 
cours qu’ils ont pronOticés', le preûiîer sur la tômb'e d’Aulagnier, 
le second sur celle de Laudibert. Ces lectures ont été écoutées 
avec intérêt. 

Corps étranger dans la trachée. — M. Càpuron fait un rap- 
Dort sur une observation de M. Laserre membre correspondant 
de l’Académie. Il s’âgit d’ün enfantd* trois ariS, qui, en s’a¬ 
musant à jeter des haricots en l’air et à les prendre dans la boü- 
clie reçut un de ces corps dans la trachée. A l’instant il tom¬ 
ba sans connaissance, mais bientôt il reprit ses sehs. Il éprouvait 
de la dyspnée et des accès de toux suÉfocans. On le soulagea à 
l’aide d’un peu d’huile d’olive chaude versée dans la boucbë. CS 
accès se répétaient de temps en temps, et l’qnfant paraissait prêt; 
à expirer jusqu’au moihèùt dû l’bUilè cttàùaeiüi ‘étau administrée. ' 
Des intermittences de plusieurs jours se succédaient,: pt l’enfant 
reprenait alors sa gaîté pour retomber ensuite. , , , - 

Une consultation eût lieu; mifâttHDUa éél pbéhomèqes à la 
nrésence d’un corps étranger dans la trachée. On proposa 1^ tra-; 
chéotomie; mais elle fté fut pbiit pèati(jüéfe. Vers le qUbraiitiè-’ 

me jour, l’enfant expulsa le Iwrieot-daos-an-aeoès de tous, tes 
suites ont été heureuses, L’eufapt guérit. ; , . * 

A la suite de ces détails. M. le rapporteur, se livre à des consi¬ 
dérations intéressantes, et cherche à expliquer la cause de l’in- 
' termittenqé des Bympiôta,,és el le mode d’action de l’huile d’olive 
qui avait constamment soulage l’enfant. 

M.Rochoüx rapporte lè fait suivant: Pn menuisier du fau¬ 
bourg Saint-Jacques avait pour usage d’avaler le bouquet de son 
pot-au-feu. Pne fois il le fit avec ùn'e telle maladresse que le 
■passa dans la tracbéé-artèré. Des symptômes de suffocation se 
' manifestèrent, puis uiie toux üâbitiielle, des crachemens de sang, 

• de la fièvre, amaigrissement, en un mot,,tous les symptômes de 
la phthisie. Au bout de deux a,ns, le maladé expectora un moy- 
’ceau de fil ; dès ce moment, lés symjplômes commencèrent à se 
dissiper elle malade finit par, guérir. i , 

M. Rénaùldm dît'avdir observé dans la' Irachte d’un,cadavre 
un fragment de clou ; le sujet‘ne s’eh-étàrt jamais plaint, et il est' 
mort d’une maladie étrangère à .la_poilniie.- 

Découvertes dues à des expériences sur les grenonüles. — 
M. Duméril lit un mémoire intitulé •. Notice historique dés dé- 
couveries dues aux expe’rièkcps pratiqùl^s,'sur lés grenouilles. 
Cedravaii, tout d’énijiition et de science, a été écoulé avec une 
rscrupuleusè attepUon. L’auteur, b fait voir que la physiologie, la 
physique et même la chimie devaient aux expériences pratiquées 


suf les 'grëndliïlièé une partie, de leurs, plus bplles découyerteh 
Il suÉt de sfeïâjqj'e’ler, én èifèt, quèlâ 'décoü.vérte de GalvaUi, et 
par conséquent fa pile fie Vùlta , n’pst dufe qu’à un phénomène 
observé sur les gréhouilles. Les globules dU'sang n’ont été dé¬ 
couvertes par Swammerdam que sur les grenouilles, en 1668. La 
circulation capillaire nia été également observée pour la pre¬ 
mière fojs que sur Jes batraciens. Lés fonctions du cœur,. celles 
des organes digestifs, etc. „ reconnaissent Ip même source. Dne 
chose , entre autres, qui a frappé dans cette lecture , c’est que 
Swammerdam avait reconnu qu’on pbuyait déterminer des con- 
tràciîoùs mdsculairfes à l’aide du contact dé deux_ métaux hét^o- 
gèUes, el il avait inêmè cunsttuit une sorte de pilé, dont M. Du¬ 
méril a fait copier, la figure. • 

Le travail de M. Duméril sera inséré dans les mémoires de 
l’Académie. 

Çystocèle vaginale. — M. J.obert , chirurgien de l’hôpital St; 
Louis, lit un intéressant mémoire sur la cystocèle vaginale et 
sur une nouvelle méthode pour guérir radieaiemenl cette infir¬ 
mité. • 

La première partie est consacrée à l’expbsé des observations de 
cystocèle publiées par les divers auteurs tant anciens que moder¬ 
nes. Le chirurgien s'efforce de démontrer, qu’aucun des moyens 
proposés jusqu’à ce jour ne conduisait sûrement à une guérison 
radicale. L’infirmité cependant s’offre parfois avec des caractères 
assez graves pour chercher une médication propre à atteindre ce 


but. 


in nouveau procédé. Voici 


Dans la seconde, M. Jbbert décrit 
en quoi il consiste : 

L’opérateur produit sur les parties latérales de la tumeur deux 
plaies longitudinales qui la mesurent dans toute sa longueur. 
Pour obtenir ces deux plaies, il agit avec la pierre infernale, dans 
la crainte d’aller trop loin avec le bistouri. Quand par des cauté¬ 
risations successives il a fait ces deux plaies qui intéressent la 
paroi vaginale, il les rapproche après les avoir ravivées avec le 
bistouri ; et l’on conçoit que, pour les réunir, il faut nécessaire¬ 
ment refouler la tumeur qui se trouve comprise entre elle. Cette 
réduction est facile quand elle est bien opérée ; ou maintient ac¬ 
colées les deux plaies aü iubyeu d’aiguilles et de la suture entor¬ 
tillée. 

Par ce procédé la tumeur est maintenue réduite , et la paroi 
vaginale se trouve renforcée par l’application qu’on lui fait éprou¬ 
ver sur la ligné médiané. 

Les divers cas de cystocèle observés par M.Jobert,elentr’autres 
l’examen cadavérique d’un^ femme qui mourut dans son service 
par suite d’une autre maladie, et qui portait une cystocèle, lui 
but donné l’occasion de faire plusieurs remarques importantes si r 
l’histoire de cetté maladie, Tous ces détails constituent la troisiè¬ 
me partie du mémoiée. fine commission examinera les diverses 
propositions avancées par M. Jobert. Nous en parlerons donc 
plus tard ; disons senlfem'ent que, suivant ce chirurgien, le lelâ- 
chement fie l’aponévrose pubio-vésicale et des ligàmens vésicaux, 
joueront un grand rôle dans la production delà cystocèle. 

t’âtiteur termine en citant l’observation d’une |malade qu’il a 
traitée et güérie par son procédé d’hnprolapsu's xîe la paroi pos- 
térieuredu vagin. . ' . ..i 

Lé's’cbiùnilssàîîè^ botiiiiêè éont MM. Blandin, Gimêlle et Da- 

nyau,v;,, ,, . I j :: 

Torticolis. — M. Bouvier présente un jeune homme qu’il 
a guéri d’un tor^ticolis à l'aide de la section 4d /nUseié sterno-| 
cléïdo-masloïdîény prâtteuéê fibprès le procédé de Dieffenbach, 
'c’ësï^-dîré sbüs-cûtanée. Ce procédé appartient à la rigueur à 
Dupuytrén ! Dieffenbach U’a fait qUe le-modifier ; il en h re’con- 
nu lui-même la priorité à Dnjiuytren. Il est le même que celui 
que M. Duvai a apporté aux muscles du genou dans le traitement 
de l’ankylose angulaire, et à plusieurs muscles du pied, 'autres 
que le tendon d’Achille. 

L’appareil dont M. Bouvier a fait usage pour soutenir la tête 
dans nné direction normale est fort simple : c’est une tige métal¬ 
lique portant trois cerceaux, dont un se fixe au bassin, Un second 
aux épaules, un troisième embrasse la tête d’arrière en avant. La 
partie supérieure de la tige est mobile à volonté à l’aide d’uUe 
vis, et l’on peut ainsi incliner ou plutôt redresser la tête graduel¬ 
lement ou brusquement selon l’exigeUce dés bas. 

Nous avons vu il y a quelques mois dans rétablissement de lÜ. 
Duvai un appareil analogue apjiliqué sur un jeûne homme améri¬ 
cain, dont le torticolis datait de ciûq ails, étqui a été gu’éri sans 
opération. 

Résection du col de la matrice. — M. Amussat présente un 
col utérin qu’il vient d’amputer depuis sept jours sur une jëune 
femme pour un commencement de dégénérescence cancéreuse. 
Là mâlà'de li’à éprouvé jusqu’à présent aucune espèce d’accident 
et tout fait Cspéreb une lirochainé guérison. M. Amussat app^lJel 
l’attentibn sut un procédé opératoiré qui lui a paru offrir des 
avantages sur Ifes modes opératoires orditiair'es : c’est fi’exciser la 
. —— ' ■ - I 


partie malade à J'aifie dé longs et grands ciseaux courbes, et de^ 
tbrfire lés artères a mésuie qû’on divisé les tissus, 

Anatomie pathologique. — M. ZefiZarac, médecin vétérinaire, 
a présenté déux'c'teursmàlad'es. 

L’un provenait d*an çheVaf, dans là poitrine duquel une disso¬ 
lution de 2 grammes d’kcidè expliqué dans fib grammes d’eàu dis¬ 
tillée avait été injectée. L’animal est mort lé buitièmé jour. Les 
deux feuillets de la membrane séreuse du péricarde étaient re¬ 
couverts de fausses membranes consistantes, denses, très rugueu¬ 
ses, d’un blauG jaunâtre, déjà bien organisées. Pendant la vie, 
parmi les symptômes qui caractérisaient la péricardite, «n enten¬ 
dait distinctement le frottement péricardique. 

L’àutte cteur avait appartenu à un chien atteint depuis deux 
ans d’une hydropisie de la cavité péritoiiéale et de la cavité pec¬ 
torale. Les membranes Séreuses de bes deux cavités n’ont pré¬ 
senté aucune lésion’physique bien évidente. H y avait datts le 
péricarde un litre à peu près de sérosité rougeâtre, dans laquelle 
nageaient des flocons pseudo-membranéux. Les deux lamés de la 
membrane séreuse du péricarde avaient contracté deux adhéren¬ 
ces, vers la partie inférieure du cœur. Ce dernier organe était 
atrophié et déformé ; il offrait vers sa pointe une scissure qui le 
rendait bicüspide. La valvülê trièuspifi'e était boursouflée et adhé¬ 
rente. 

M. Junod présente une personne qu’il a gnérifed’uù ulcère de 
la cornée et d’uue amaurose à l’aide d’une seule application de 
ses grandes ventouses aux membres, dont l’action a été continuée 
jusqu’à la syncope. Quelques autres remèdes ont été employés ea 
même temps par un oculiste. 


HOPITAUX DE PARIS. — BUREAU CENTRAL. 

■Cours pratique sur les hernies ; par M. Malgaigné. 

(Suite de la sixième leçon.) 

Le rapport de succession entre les deux affections est 
bien manifeste ; est-on cependant èii droit d’en conclure 
un rapport de cause à effet ? je n’oserais l’affirmer ; toute¬ 
fois j'’ên ai Vu unë ètilnzaine dé câB, en sorte que, sans être 
bieiL conimun, l’iiydrocèlfe consécutif à la hernie n’ést ce¬ 
pendant pas «n accident rare. , 

La hernie réagit aüBsi sur l’épididyme et te ffeSiçule ^es 
organes deVteiitaent ^lus gros et plus lourds par l’el^io’ua 
engotgéteéftt chroBiqUe dont la nature s’aggrave très ra-: 
rement, Le scrotum lui-m'êmè à sa part du désordre ; 
toutes tes eUvelbppeà 'dès organes spermatiques subissent 
un ■épuissüsement rèniarquablè ; la graisse s’ÿ accumule 
quelquefois en assez grande abondanoe ppur combler et 
‘effacér ia rainure circulaire, qui sépare ordinaireiiient la 
hernie du testjcule, et jeter quefique doüt^ si le chiriirgten 
n’en était prévenu, sur la nature et l’originé de la hernie. 

Ici devrait trouver sa place l’histoire des effets produits 
par la hernie sur les anneâux. qu’elle traverse ; mais je 
préfère la rattacher à l’histoire dh collet et du sac. 

Deuxième série de faits, ^es organes qui tiennent aux 
parties herniées par continuitedu par sympathie, éprou¬ 
vent aussi cpnséciUivenient dèS tdOtiblès fonctionnels sou¬ 
vent variables d’ûn individu à un autrë, ; 

Déjà dèà que la hernie occupe fe canal, ou bien encore 
quand elle y est repoûssée: par les bàndages ordinaires, 
beaucoup de sujets se plaignent d’une senpatibn de fai¬ 
blesse que des bandagistfes ont jjrisé poiir ûnë faiblesse na¬ 
tive des parois abdominales et qu’dé eSpèrent ccéniger avéc 
une ceinture. 

Quand la hernie est sortie ffu canal; il est des individus 
qui ne souffrent point, qui peuvent manger toute sorte 
d'alimeus, se livrer même à des excès de table et de bolssoa 
sans être incommodés en aucune façon. Pourquoi ces hec- 
nieux sont-ils ainsi privilégiés ? je ne Saurais le dirê, ët dans 
tous les cas ils sont toujourà le plrtfi pétit nombre. 

Chez d’autres, on observe un redoublement de douleur 
dans les temps humides ; la hernié est en ëffet ün aussi 
bon baromètre posit les changëfaiéùils dêl’attnosphère, que 
le rhumatisme, ou la cicatrice des moignons des opérés. 
Le corps humain, soumis àUx influences météorologiques, 
se laisse pénétrer comme une épongé pût i’hiitoïuitë de 
l’air ;,nos tissus se gonflent, hous hOiis tentons plus loUr^^ 


cice de leur métier. , 

Chaque locataire, dit M-^Ulégier, garflç guprès «|e lui sa hotte 
quelquefois coriiblé d’iiûmôndices, pannj Içsuuelles se trouvent 
des abimàux en putréfaction à‘eôfé desquels ils posent la nuit. 
Quand les ggens de l’autorité se présentent chez les logeurs, ils 
■éprouvent une suffoêàtirfn qili lient'dé l’a'sphVÜie ; Hls ordonnent 
.l'ouveitUre des croisées quand il y à moyén'de ItesouVrir, et les 
représéntatioils sévèresiquJils font aux logeurs sur cèt horrible 
mélange d’ôfteS hurUainS et fle matières animales en dissolution, 
.ne les émeuvent point. Les logeurs répoüdent, à cela, que leurs 
ioegtaires y sopt acedutumés aussi bien qu’pex. üh passe-temps 
proprè aux chiffünniérs, cbnsislé à faire la citasse aux rats dans les 
' tours'débéndantés de qûellpiés unes dès maisons'qu’ils fréquen¬ 
tent; ils les alfirent à l’jiUe flé cêttàiüéà’Sùbstan'Gès attachées à 
des chiffons qil’iis ramassent dans Ws ruéS'pûu’r'ceTeffet; ilspla- 
, cent en tas ces chiffons à proximité des crevasses des mûrs, et dès 
qu’ils peuvent supposer que les ratssont'blottis dans les chiffons, 
ro'lf^nl dành la cour leurs chiens qu'ils dressent pour cette 
'^ésfe;': éi enlph clin, d’œil ils se rendent maîtres des rats, dont 
ils ihdàf^nt 'î^chair^ et vendent la peau. 

Le aeùHôhtfcjvolume, qpi contient quatorze chapitres, est plein 
de vues iililès^^slir râ|^^âdmission fies enfans dans lès fabriques, 
sur l’éducation'des eufans des classes laborieuses, sur les moyens 
propres à répfiimer le penchant des classes inférieures pour l’i- 
Vt igoerie, etc.' En Somme, l’ouvrage de M. Frégier est tout à la 
fois un trààé Ü’adnfinistratian et de morale ; sous ce double rap¬ 
port il se reciûnmadde aux hommes graves qui aiment le côté 
sérieux des éhbses ; quant à ceux qui n’en aiment que le Sôté 
plaisant et curifeux, il.s y trouveront une foule de petits tableaux 
de rnCBUrS e'i â’intérièur qui amusent et instruisent. 

L’àuieqr, fi/^'rès les termes mêmes de la question posée par 
l’Académie, A’^vait à traiter que des classes inférieures de la so¬ 


ciété ; mais avant Me livrer %on_ travail à l’impresklon il en. a 
àgraudî lë cadré et y a fait entrer certaines classes aisées. Nous; 
nous attendions à y trouver rangée en bataille celte phalange dei 
donneurs de gl6bùles,,de faiseurs de passes, et de marchands de! 
remèdes secrets, de guérisseurs de syphilis sans mercure, et autres 
traftqueufs mille fois jalus dangereux pour la société que les filous; 
el les escrocs ; car les uns ne s'attaquent qu’à la bourse, tandis; 
que les antres exjilbitent la bourse et la vie. Espérons que M. 
Frégier réparera cet oubli dans la prochaine édition. 

Nouveau formulaire magistral ; par A. Boûcharbat, agrégé àj 

la Faculté de médecine de Paris. Chez Gardembas, rue de' 

l’Ecole-de Médecine. 

L’art d.e formuler est chose indispensable pour le médecin, et 
cependant combien d’élèves qui, au sortir de l’école , ignorent 
jusqu’aux élémens de celte science ? Il est beau sans doute de 
savoir décrire l'os palatin et le spbéno’ide jusque dans leurs^m'oin- 
dres détails, de poursuivre un filet nerveux jusque dans ses der¬ 
niers retranebemens, de connaître à fo’nd la physiologie, la partie 
théorique de la médecine , etc. : mais au lit des malades il faut 
autre chose : ce que l’homme souffrant exige de celui à qui il 
confie sa vie , c'est de le guérir ; et comment le guérirez-vous si 
vous ignorez l’art de mêler et de combiuer ensemble les médica- 
mens qui doivent rendre à ses organes leur jeu physiologique et 
normal ? 

ün formulaire portatif est donc un livre éminemment utile 
non seulement pour le jeune médecin qui n’a pas assez étudié la 
matière, mais encore pour le praticien instruit dont la mémoire 
est en défaut, ce qui peut arriver à tout le monde. 

- te Formulaire ^ de publier M. Bouebardat est un 


petit volume de 540, pages et d’un-foemat portatif ; àl est précédé 
d’unè nolîfce sur les hôpitaux et hospices oivUs de Paris, et suivi 
d’un mémorial thérapeutique , d’une table des auteurs et d’une 
table dès mrtières par ordre alphabétique. En tête du livre , se 
trouvé un tableau des poids et mesures ; en outrefijchaqüe formule 
présente la posologie ancienne (livres, onces, etc.) en regard 
fies 'poids nouveaux, ce qui permet au lecteur de saisir d’un 
seul coup d’cqil Ip rapport de ces poids entré, eux. 

Les médicàmèja'S sont groupés d’après leur action siir l’éeotio- 
miè ; c’èit ainsi que le livre s’ouvre par l'étude de la médication 
narcotique ; puis viennent les médications antispasmodique, sti¬ 
mulante , expectorante , etc. . 

A la page 404, au sujet de la médication stimUIativè, l'auleur 
fait à MM. les bomœopatbes l’honneur de létaè ëônsacrer quelques 
lignes.. Il prouve qù’il y a quatre cents ans, Paracélsé avait pro¬ 
clamé le dogme de_ la guéristyn par les semblablëS , efmu’ainsi M. 
Dahuemann , de ridicule mémoire , n’a méme^as le»mérite de 
l'invention, c’est un plagiaire et pas àutré choso^ je nfe trompe, 
il a fait plus que de copier, il a renchéri sur le nmtre ,*n frac¬ 
tionnant les médicamens à l’infini. . '' ' X.» — 

Vers la fin dé l’ouvrage, ou trouve des conseils sur les secours 
à donner aux asphyxiés, et le traitement dés pmpoisonnemehs par 
les çhampignpns,ies moules, etc. Comme la sciefice iharcbe à 
grands pas , que la thérapeutique s’enrichit tous les jours , ët 
comme aussi fie nouvelles formules se montrent journellemeiit, 
M. Bouchardat a rendu un véritable service aux praticiei^ejX., 
composant son Formulaire, qui est appelé à devenir unvaMe-’ 
meeum pbur les hommes de l’art. 

: M. L. ■ 




















Est-ce que la hernie, par cela même, se dilaterait davanta¬ 

ge, et ferait plus d’efforts pour sortir? Ou bien encore, ne 
pourrait-on pas dire que la sécrétion intestinale étant plus 
active, par suite du ralentissement de la transpiration cu¬ 
tanée, l’abdomen engorgé tend à expulser au dehors soU 
trop plein'et chasse ainsi la hernie avec plus de force? 
Quoi qu’il en soit de ces explications, voici les faits con- 
stans : 

Les hernieux souffrent davantage dans les changemens 
de temps, et surtout dans les temps humides ; 

Les hernies sont alors plus difficiles à contenir , et tel 
bandage qui était efficace par un temps sec, est insuffisant 
dans les temps d’orage ; 

Et enfin, il semble que les étranglemens sont plus fré- 
quens dans les circonstances signalées. 

Les accidens d’qne hernie mal contenue, sans qu’il y 
ait la moindre trace d’étranglement, sont des coliques 
sourdes, du météorisme, des éructations, un malaise phy¬ 
sique et intellectuel, une pesanteur de ventre et une pa¬ 
resse de l’esprit, et ce sont là les signes d’une mauvaise 
digestion. Ceci arrive souvent chez des hommes de lettres 
^és, presque toujours assis, chargés d’embonpoint; sous 
. l’influence de ces deux causes prédisposantes : la vieillesse, 
l’embonpoint, une petite pointe de hernie se montre, et 
bien qu’inaperçue par le malade, elle suffit à produire 
tous ces accidens que plus d’un médecin a attribués à une 
gastralgie et traités en conséquence. 

J’ai rencontré plusieurs cas de ce genre ; et je ne saurais 
trop vous recommander d’explorer avec soin les régions 
inguinales aussitôt que ces mêmes phénomènes se pronon¬ 
cent; on évite ainsi une erreur fâcheuse de diagnostic, et 
l’on remédie au mal comme par enchantement par la sim¬ 
ple application d’un bandage herniaire, sublatâcausâ tolli~ 
iureffectus. 


D autres hernieux ne peuyent manger qu’une certaine 

espèce de nourriture. La plupart des légumes, mais plus 
spécialement les haricots et les choux, déterminent chez 
eux une accumulation de gaz qui les étouffent et rendent 
la digestion très laborieuse ; de là, la nécessité pour eux 
d’une alimentation animalè. Mais malheureusement la 
viande est trop chère dans les marchés de Paris, pour que 
nos indigens puissent en faire leur nourriture ordinaire; 
et réduits à faire usage d’un régime pernicieux, il ne faut 
pas s’étonner si leur existence est minée plus vite que chez 
des riches qui ont toute facilité de se procurer les alimens 
qui leur conviennent. 

{La suite à un prochain numéro.) 


Monsieur le rédacteur, 

Je lis à l’instant dans votre numoro une lettre à laquelle je ne 
puis me dispenser de répondre. MM. Gëlis et Conté prétendent 
avoir trouvé du sulfate de fer dans les pastilles que j’annonce 
comme contenant du lactate de fer. Ces messieurs, étant inté¬ 
ressés dans la question, et ne pouvant sans doute prétendre à 
être à la fois juges et parties, trouveront bon que je n’ajoute foi 
à une aimlyse faite par eux ou par d’autres, qu’autant qu’elle se¬ 
ra faite devant moi, sur une boîte prise chez moi et ouverte de¬ 
vant moi. Ils comprendront facilement aussi le motif qui me por¬ 
te à exiger que les boîtes soumises à l’analyse, n’aient pas séjour¬ 
né, si peu de temps que ce soit, dans des mains étrangères. 

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération la plus 
distinguée. 

Loühadoür, 


paré par Hkbirt, pharmacien, galerie Véro-Dodat, 2 oî. ■. 
vend également 1 fr. la feuille, enveloppée dans son’nrn 
tus, portant un timbre octogone an milieu. ^ 

On trouve chez l’auteur, rue Sainte-Avoye, 54, des nah- ■ 
imperméables à la feuille pour cataplasmes, et remnlarï'.'l'l 
taffetas gommé dans toutes ses propriétés médicinales.*^ ^ 


Seul et vrai PAPIER CHIMIQUE de madame Poüpier, 
brevetée, admis à l’exposition de 1834, pour engorgemens, 
plaies et douleurs de tout espèce, même les cors et oignons, pré- 


jivis. Il n’est pas étonnant que celui qui a fabriqué lëTT^L 
chimique depuis 1830 fasse une imitation du vrai papier SI 
que ; c est lui qui l’a fourni pendant cinq ans à MM. FavaM 
Belain et comp., durée de la société, et qui l’a fait dissoudre *1 
sa demande, le 27 juillet 1837, et qui l’a fourni aussi pour b 
cieté de Mme Poupier et comp., l’espace de deux années, sori!;r 
défaite et dissoute le mois de juillet dernier, et c’est lui qui! n 
pliqué la pommade sur le papier , car cette dernière, bleu iJ, 
tt en etre l’auteur, a assez de peine à suivre les améliorations 
1 on porte a ce précieux médicament. J’aurais désiré qu’ell?* 
soit désabusée de l’illusion qu’elle s’est faite de se croire al** 
brevetée de ce médicament ; car si elle a obtenu un brevet d?i 
vention, c’est d’après le décès de Jacquot Stofel, qui a exposé, ^ 
1827 pour les étoffes et papiers imperméables, et non pas pouri* 
papier chimique; (Voir pour cela le rapport du jury de 1857! 
Ainsi, qu elle cesse donc de désapprécier ce médicament, qui J 

doiu‘'uraccordr'^**°“’ ** '*'* qu’oï 

M. Pellerin, pLrmacien, rue de la Vieille-Boucherie, 15, nrt 
pare toujours ce précieux médicament avec grand avantage etlti 
améliorations qu’il y apporte le mettent à même d’en diminue 
le prix afin que la classe ouvrière puisse en profiter. La feuille , 1 
’75 c„ et 1 fr. 50 c. le double format, au laboratoire, rue Saioi 
Avoie, 54, chez M. Laurançon. 


- Dans le dernier compte-rendu des séances de la Société'è 
médecine pratique ( n“ du 23 janvier ), on nous a fait dire ne. 
parmi les membres chargés d’un rapport sur l’eau hémostati» 
de M. Brouhieri se trouvait M. Delaborde ; au lieu de ce 
lisez M. Pédélaborde. 



4 fr. _ BREVET d’invention. 

Exposition de 1831 

iHÉDAILEE d’or. _ 

HH^PCHARRIÈRE, coutelier, 

I Fabricant d’instrumens di 

chirurgie. Fournisseur del£^M 
la Faculté de médecine de Paris, 

Rue de VEcoïe-de-Médecine, 9. 
de sein et Biberons en Ivoire flexible, de 

voir d'air, de 12 a 24 fr. 

AppareU du doctes Donné pour les Cors, QEils-de- 
Perdrii, etc., de 6 à 8, fr. 

Chacun de ces objets est accompagné de la noüce explicative. 
Dépôt à Berlin, chez M. REY; et à Londres, chez M. 
Wanck, 11, Laurence Pountnay Lane. 


BREVET PROLOjyGÉ DE DIX ANS, 

J A MADAME BRETON, SACi-FEMME, 

I Boulevard Saint-Martin, 3 bis, en fai 
" le Château-d’Eau, à Paris. 



Les Bouts de sein en tétine et Biberons 
I de MadameBRETON, ex-répétiteur et chef 
■ de clinique à la Maison royale d’accouche- 

__Imens, sont les seuls qui aient obtenus des 

Expositions de 1827, 1834 et 1839. 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon, il faut exiger eratis 
avec chaque appareil, l’Avis aux Mères, en 25 pages, qui indi¬ 
que les soins et alimens dûs aux enfans. Les bouts de sein et 
biberons de Madame BRETON portent son nom. Elle reçoit des 
Dames enceintes à tout terme de la- 


Sllégie provisoire de l’Adminlstratltou, rue Bonlmartre. CS. 

BANQUE n^lCALE, 

BANQUE GÉNÉRALE DES MÉDECIN S ET PHARMACIENS. 

ADMINISTRATION. 

, M. JACQÜEMIN, directeur, | M. A. CRENET, sous-directeur. 

La BANQUE MÉDICALE comprend quatre divisions principales, savoir : 

Médicale, ci-devant Caisse sPÉciALE des | 3» L’AGENCE Médicaem. 

MEDECINS. I 

2“ La CAISSE D’ESCOMPTE Médicale. | 4“ Et les RECOÜVREMENS diveis. 


NÉMÉSIS MÉDICALE. 

RECUEIL DE SATIRES, 

, ^ar un Phocéen. 

La Nemesis médicale forme un ouvrage unique en son genre. 
Outre le mérite spéciaUde la versification , on y trouve l’appré¬ 
ciation des diverses théories et systèmes, des diverses méthodes 
de traitement, et un jugement motivé sur les hommes et sur leurs 
actes C est en plus de huit mille vers, et dans le cadre le plus 
varié, une histoire complète de la science ious le point de vue 
de la pratique et de renseignement. 

1 ^ i “ffée ; elle restera comme un exem¬ 

ple de difficulté vameuexf ' WJ ntime de la science et de la 
® **" qui ne tienne à placer dans 

prévisions ““ ouvrage dont le succès a dépassé toutes les 

Lu Némésis médicale se compose de vingt-quatre satires de 
trois cents vers chaque environ ; voici les titres des satires • 

^«Introduction. 14. Les Charlatans. 

O* 1 >A Spécialités. 

3. L Académie. 1 g. Les Sages-Femmes. 

t' M. Orfiîr 

t ’ ..I?’ 1 Æponsabilitémédicale. 

V U i Ecole. 190 Le Magnétisme Animal. 

8« La Patente et le Droit d’e- 20' La Phrénologie. 

T J rx Pharmaciens. 

SeLesObsèquesdeDupuytren. 22* Le Conseil royal de l’Ins- 
10' L Homœopathie. Iruction publique. L’Ins- 

11'Les Professeurs et les Pra- titut. ^ 

1 <>. î AA ■ Lazarets et les Qua- 

12'Les litudians en médecine. rantaiues 

13. Réveil. _ Ecole. 24' Mes Adieux. Conclusion. 

Prix des vingt-quatre satires : Pour Paris, 10 fr.: nour les'dé- 
partemens, 11 fr. 20 cent. - On trouve la Némésis Médicale au 
Bureau de la Gazette des Hâpitaux, rue de Bussy, 13, et chez 
tous les libraires. •' 


La Banque Médicale, composée de sel quatre divisions,' em- 
brasse, dans ses attributions, l’ensemble des soins et opérations 
que nécessitent les divers et nombreux intérêts des corps médical 
et pharmaceutique. 

&us le nom de Caisse médicale, la première division a pour 
objet le recouvrement de toutes les créances, notes et mémoires 
dus à Paris dans les départemens et à l’étranger, à MM. les Mé¬ 
decins et pharmaciens. Un tarif spécial, très modéré, des hono¬ 
raires auxquels la Société a droit est annexé aux statuts et com¬ 
muniqué aux cliens. En cas de non réussite, il n’est rien dû pour 
honoraires à l’administration. 

Sous la désignation de Gzirre rfescompte werffea/e, la deu¬ 
xième division est consacrée à l’escompte des billets et valeurs 
louais par MM. les Médecins et Pharmaciens actionnaires et sur 
fonds particuliers delà Société. 


La troisième division, Agence médicale, s'occupe exclusive* 
ment de la gestion des intérêts, quelle qu’en soit la nature, que 
les Médecins et pharmaciens établis en province ont à suivre ou 
régler à Paris. Elle a notamment dans ses attribution la cession 
des cjientelles, la vente des officines situées à Paris on dans loi 
départemens, le placement des élèves en pharmacie, etc., etc 
La quatrième division, sous le titre de Recouvremens divers, 
est chargée du recouvrement de toute espèce de créances confiéei 
par des personnes étrangères aux professions de Médecin ou de 
Pharmacien, mais recommandées par des cliens de la Société. 

On peut prendre connaissance àes statuts de la Société itM. 
1 acte a été reçu par M'Meunier et son collègue, notaires à Paris, 
et du tarif général des droits et honoraires perçus par l’Adminis¬ 
tration dans les Bureaux provisoires de la Société, rue MonU 
'martre, n' 68. — %exvtefranco. 


PASTILLES de CALABRE 


De POTARD, Pharmacien, rue Saint-Honoré, 27J. Guérit toux, calai 
rhes, asthmes, irritations de poitrine, glaires ; facilitent l’expectoration 
entretiennent la liberté du ventre. Dépôts chez tous les Pharmaciens 


• Découverte..,. Prodige de la ChimieI 

POMMADE DU LION 

hoiistaches et le. 


MAISON DE SANTÉ ET DE MÉDECINE OPÉRATOIRE, 

AVENUE MARBOEÜF, 1, RüE MARBOEDF, 7, PRÈS US 
CHAMPS-ÉLTSÉES. 

Ci-devant boulevard Mont-Parnasse, 46. 

Beaucoup de malades ont été reçus et traite! 
rec un succès complet dans cet utile établisse* 
ment. 

Parmi les Médecins qui y ont adressé des mala- 
js, nous citerons MM. les docteurs Amussat, 
Blandin, Bouillaud, Carron du Villards, Dever- 
Epûle Chevé, Civiale, Jules Cloquet, 
Fieveede Jumont, Labarraque fils, Leroy d’E- 
tiolle, Lisfranc, Lugol , Marjolin, Jules Pel- 
letan. Roche, Rognetta, Ségalas, Sellier, Siebel, 
Souberbielle, Tanebou, etc. 

Le prix de la pension 


Auf viCH?r( 5 SriST" 

^^^PASTHLESMGESTTVESm 

VICHY. ^®.VICHT.( 


1 I. ) 

la bouteille. ( 


signature des fermie™?ÎElï'Jfw;citenU’ap^tit”^facnRenna°rt-^'t“ boîtes portant ce cachet et la 
de l’estomac. Leur efficacité est aussi reconnue contre la pierre?^ 



Paris, imprimerie.de Biianm et Pwit, rue de Vaugirard, 36. 



















































(15. aNÏÏÊE.) 


SAMEDI T" FÉVRIER 1840. 


14, tome ü . ^ S» SÉRIE. 


jBa tjancette française» 


GAZETTE DES 


Le Journal paraît les Mardis,'Jeudis,'Samedis. 
Bureau, rue de Bussy, 13. 

Annonces, 75 cent, la ligne. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3mois,|9, fr.;j6 m( 
Départ., 3 mois, 10 tr. ; 6 m 


i, 18tr.;la 
is,^Ofr.; l ai 


HOPITAL DE LA CHARITÉ.— M. Velpeau. 

Tumeur lymphatique considérable. Extirpation. 

Au n» 30 de la salle Saint-Ferdinand, est arrivé du dé¬ 
partement de la Mayenne, un homme envoyé par les mé¬ 
decins de la ville qu’il habitait, réclamer les soins de nos 
liabiles praticiens de la capitale, pour la cure d’une affec¬ 
tion nécessitant une opération qu’ils n’osaient tenter eux- 
jnêmes. Le cas, en effet, était grave et soucieux. Cet indi¬ 
vidu portait au côté gauche de la face et du cou une énor¬ 
me tumeur de forme ovalaire, oblique de haut en bas et 
de dehors en dedans, s’étendant en longueur depuis l’os 
hyoïde jusque derrière l’apophyse mastoïde, et limitée 
dans l’autre sens par les bords externes des muscles mas- 
siter et sterno-cléido-mastoïdien. En profondeur, on pou¬ 
vait supposer qu’elle allait jusqu’aux aniygdales | en sorte 
quelle remplissait tout le creux de la région parotidienne 
et une grande partie de celle sus-hyoïdienne.. 

Cette tumeur, survenue sans cause appréciable, il y a 
environ quinze mois, avait pris, dans l’espace de huit à 
dix mois, un accroissement considérable qui s’était arrêté 
alors ; complètement indolente, elle présentait une surface 
dure, bosselée, sans aucune altération manifeste de la peau; 
sous la pression, quelques points paraissaient moins consis- 
tans, mais n’attestaient pas du tout de ramolhssement. 

Pour le diagnostic, il n’était pas possible de songer à 
un anévrisme ou toute autre lésion de ce genre. Que fal¬ 
lait-il donc choisir entre un kyste ou bien une tumeur de 
nature tuberculeuse mélanique, colloïde, squirrheuse, en- 
' céphaloïde ? M. Velpeau s’est prononcé pour les tubercu¬ 
les, ou plutôt il a cru qu’il s’agissait d’une tumeur lym¬ 
phatique amenée par l’hypertrophie considérable des gan¬ 
glions de cette partie, avec dégénérescence tuberculeuse 
consécutive. La formajion s’en était faite au milieu et à 
même les différens tissus de cette région, d’où il avait dé¬ 
duit que le volume de cette tumeur devait être composé 
de la réunion d’un grand nombre'de petits lobes offrant 
distinctement-l’aspect de substances loutiâ-fait hétéro¬ 
gènes. 

-Quant au pronostic, il est indubitable qu’on ne guérit 
point d’une altération semblable. La résolution d’une pa¬ 
reille tumeur était impossible ; et, pour amver à l’état de 
ramollissement et de suppuration, eût-elle pu s’échauffer 
assez pour amener la formation d’abcès en si grande quan¬ 
tité qu|jl en aurait fallu ? 

L’extirpation était donc le seul remède; mais que de 
difficultés, que de craintes d’accidens graves pouvaient 
compromettre immédiatement la vie! Sans parier des em¬ 
barras d’une dissection longilb, pénible, douloureuse ; sans 
penser aux inconvéniens d’une large plaie devantsuppurer 
pendant ^long-temps, envisageons succinctement les dan¬ 
gers inhérens à cette opération. La section des nerfs, prin¬ 
cipalement du facial ; celle des vaisseaux pouvant nécessi¬ 
ter la ligature, non pas seulement des différentes bran¬ 
ches, mais peut-être même des troncs des artères caroti¬ 
des ; la lésion de l’une ou l’autre des veines jugulaires lais¬ 
sant à redouter d’abord une phlébite presqu’inévitable- 
ment mortelle, à cause de la résorption purulente ; et puis, 
par-dessus tout, l’introduction de l’air, qui, bien que plus 


rare dans cette région que dans celle sus-hyoïdienne et 
sous-claviculaire, n’est cependant pas garantie de l’influen¬ 
ce du reflux veineux qui s’y fait encore sentir !... 

En présence de si effrayantes considérations, au sujet 
desquelles M. Velpeau n’a aucunement illusionné son ma¬ 
lade, on se demande, en vérité, quel puissant motif a pu 
engager l’un à vouloir absolument se soumettre à l’opéra¬ 
tion, l’autre à la pratiquer sans répugnance. « Quant à 
moi, disait l’individu, à mon âge, n’ayant qu’une mort 
prochaine en perspective, s’il me reste un seul moyen de 
m’y soustraire, mêmes à chances égales, je veux le tenter. » 
Et quant au chirurgien, déjà enhardi par ces paroles, il 
puisait encqre un motif de confiance dans l’idée du succès 
qu’il a constamment obtenu dans beaucoup de cas sem¬ 
blables. 

L’opération a été faite le 21 janvier avec dextérité ; la 
tumeur irrégulière a été parfattement isolée de chacun des 
nombreux tissus, muscles, vaisseaux et nerfs qui l’entre¬ 
croisaient de toutes parts, srns avoir intéressé aucune de 
ces parties, sauf, il est vrai, une seule veine d’assez gros 
calibre, peut-être la jugulaire externe, qui n’a fourni qu’un 
léger écoulement de sang aussitôt arrêté par une simple 
compression ; mais aucune artèi e ni artériolle n’a eu be¬ 
soin d’être tordue ni liée ; aucune lésion n’a été faite au 
nerf facial ; car d’abord, l’individu qui, du reste, a sup¬ 
porté toute l’opération sans se plaindre ur;e fois, n’aurait 
pu cependant retenir un cri de douleur involontaire que 
la section de ce nerf lui aurait arrachée ; et puis aujour¬ 
d’hui même, toutes les parties de la figure manifestent le 
mouvement et la sensibilité ordinaires semblables à ceux 
du côté opposé. 

D’ailleurs, M. Velpeau avait encore pu ménager avec 
assez de sûreté toutes les parties qu’il ne fallait pas 
intéresser dans la section, parce que la consistance de 
la tumeur lui avait permis de l’extraire par énucléation, en 
portant son doigt au-devapt de l’instrument, qui a été 
ainsi guidé partout. 

L’examen de la tumeur a confirmé le diagnostic qui 
avait .été porté ; des ganglions lymphatiques non encore 
dégénérés attestaient sa nature; mais une particularité 
qui a un peu surpris M. Velpeau, c-’est que dans aucun 
des nombreux lobes qui la constituaient, une seule partie 
n’était caséuse, friable, grise ou blanche, comme dans 
l’état de ramollissement qu’on avait soupçonné ; au con¬ 
traire, toute cette substance était rosée, dure et serrée ; 
enfin d’un aspect et d’une consistance analogue à ceux 
d’un tissu fibreux, au point qu’on aurait pu confondre 
cette tuineur avec une autre de cette dernière nature, si 
les ganglions lymphatiques dont nous avons parlé eussent 
été assez méconnaissables pour laisser le moindre doute à 
ce sujet. C’est chose assez rare qu’une pareille tumeur 
dégénérant en tissu fibreux ; mais M. Velpeau croit en 
trouver l’explication pour ce cas-ci, dans la considération 
des élemens principaux ' de la constitution du sujet. C’est 
un domestique fort et vigoureusement musclé, ayant la 
peau épaisse et rouge, la fibre sèche : en un mot tous les 
caractères opposés d’un tempérament lymphatique. Or, il 
est naturel que dans toute altération de tissus, la dégéüé- 
rescence se soit faite chez lui dans le sens du système fi¬ 
breux prédominant. 

La glande parotide qui occupait la partie antérieur e et 
externe de la tumeur, n’a nullement été intéressée dans 


l’opération et est restée intacte. 

Des boulettes de charpie ont été placées en dedans des 
lambeaux de peau qu’avait formés l’incision semi-lunaire 
faite dans le sens de la longueur, et ont été fixées sous une 
légère compression, à cause de la veine ouverte, par un 
simple bandage embrassant la tête et le cou. Aucune hé¬ 
morrhagie ni autre accident ne sont sur venus depuis l’o¬ 
pération; aujourd’hui la cicatrisation marche à grands 
pas, et tout fait espérer une,guérison prompte et parfaite. 

L.E. 


ÇlilIHQCES É'rJBA]V«ÊRB8. 

HOPITAUX DE DUBLIN. 

( Suite du n» précédent. ) 

Cas remarquable d’inlussusception ; expulsion (Tune portion 
d’intestin par l'anus ; guérison ; par M. Phelan. 

Patrick Doyle, âgé de dix-huit ans, agriculteur, scro- 
phuleux , sujet à des affections vermineuses et à des atta¬ 
ques de colique, a reçu le 1" octobre un violent coup 
dans la région ilaque garrche. Le malade y a éprouvé une 
violente douleur et une sorte d’effet intérieur qu’il ne 
peut décrire, mais cet état s’est promptement dis.sipé. Le 
14 du même mois il est pris subitement de douleurs vio¬ 
lentes dans le ventre et de vomissemens. Plusieurs pur¬ 
gatifs et des lavemens sont administrés sans avantage , le 
malade^ les ayant immédiatement rejeté!,, ainsi que d’au¬ 
tres médicamens.. 

L®16, le malade offrait l’état suivant : Abdomen tym- 
panique, douloureux à la pression ; pouls 96, petit, com¬ 
pressible ; peau à l’état naturel ; langue couverte d’une 
couche jaune; vomissement incessant ; accès fréquens de 
douleurs aiguës à la région hypogastrique. 

Le 18, même état; constipation obstinée; physionomie 
exprimant la souffrance profonde. 

Le 17, une tumeur excessivement douloureuse se des¬ 
sine dans la région iliaque droite, se prolongeant dans le 
trajet du colon. Cette tumeur a un mouvement vermicu- 
laire distinct ; la douleur diminue par les frictions. Le vo¬ 
missement qui avait continué sans interruption, a acquis 
le caractère stercoral, circonstance qui a beaucoup frappé 
l’imagination du malade. 

Le 19, la douleur abdominale a cessé ; la matière que 
le malade rejette a une odeur très fétide, et sa quanti» ' 
est considérable. 

Le 20, même état. Le malade a des garderobe^ 
première fois ; la matière qu’il rend est en pe*»* 
et de couleur chocolat. 

Le 21, selles abondantes et naturellei 


Le 22, fièvre, selles naturelles: 


, J de vomissemens. 

Les23,24,25, la fièvre prend ^ caractère typhoïde 

grave; subdeliriu.n constant : deauparchemmee; phy¬ 
sionomie affaissée; pouls f'equent; diarrhée bi¬ 
lieuse. Vers les trois heur"^P''®®-™*?'’.,^® ® 

dans un profond somt>-‘‘ reveille que le lende- 

à huit heures matin, dans un état entièrement 


apyreptique. 

Le 26, faibH® 


! ; diarrhée. 


WEVME^EtmVOW, ■ 


RECBERCHES SCR LE MÉCANISME DU FAUCET OU VOIX SUS- 
LARYNGIENNE ; 

Par le docteur Colombat (de l’Isère), directeur de l’Institut 
orthophonique de Paris. 

Si, dans la plus grande étendue de l'échelle vocale, la glotte est 
l’organe essentiellement générjiteür des sons, il n’en est pas de 
même, selon nous, dans les cris aigus et dans le fauçet (1), c’est- 
à-dire lorsque le larynx est parvenu à son plus haut point d’as- 
cenjion ; alors le diapason de la voix naturelle est poussé au- 
‘ delà de sa portée, et l’on est obligé d’avoir recours à une autre 
espèce de voix dépendante d’un mécanisme particulier. Le point 
de départ de cette nouvelle série de sons commence après la der¬ 
nière note du premier registre vocal, c’est à dire à la première 
note du second qui peut être porté à l’octave de cette note, plus 
ou moins suivant les individus. C’est à la réunion des sons qui 


, (1) C’est avec intention que nous écrivons/’aucct avec un c, au 
lieu de deux ss ; nous n’admettons pas l’étymologie des lexico¬ 
graphes qui écrivent/flMMet, comme venant de faux, opposé de 
juste-, nous trouvons plus rationnel, et nous préférons , comme 
et ut plus conforme aux idées physiologiques que nous allons 
faire connaître sur le mécanisme du faucet, l’étymologie du latin 
^ces faucium, la gorge, le gosier, qui n’attache aucune idée de 
faux aux sons aigus de la voix. 


constituent ce second registre qu’on donne ordinairement le nom 
de voix de tête ou de faucet. 

Mais, si en admettant un mécanisme particulier pour la forma¬ 
tion des sons aigus, c’est-à-dire lorsque le larynx est porté le 
plus haut possible, on nous demande quel est, d’après nos idées, 
l’organe qui y jiarlicipe le plus, nous répondrons que les notes a-" 
guës dépendantes de ce qu’on appelle le faucet, sont dues au'-fa- 
vail presque exclusif ou plutôt à la contraction forcée de ta partie 
supérieure de l’appareil vocal. Pour mieux faire comprendre nos’’ 
idées, enseignons d’abord ce qui se passe lorsque le larynx est 
porté en haut et que la glotte est parvenue à donner la note la 
plus aiguë dont elle est susceptible. Alors élevé au moyen des 
contractions des muscles thyro-hyoïdien, ge'nio-hyoïiien, my- 
lo-hyoidien, stylo-hyoïdien, les digastriques, genio-glosses 
et les hyo^glo 'sses, et enfin les constricteurs inférieurs du pha¬ 
rynx, l’instriimeat vocal se fixe et se restreint par l’action des 
muicles hjo-thyroïdiens latéraux, hyo-arythénoiiiens obliques 
et transverses et les thyro-arytbénoidieas inférieurs et supé¬ 
rieurs ; en même temps le pharynx se contracte et se resserre, 
le voile du palais dont la face antérieure, presque verticale, est 
devenue inférieure et horizontale, se tend de manière à boucher 
les orifices pharyngiens des sinus nasaux ; les piliers postérieurs 
se rapprochent au point de former une sorte de glotte ou fenlc 
elliptique dont le diamètre est de trois à cinq lignes dans le sens 
vertical, et d’une demi-ligne à deux lignes dans le sens horizon¬ 
tal. La luette, qui se raccourcit, se Contracte et s’élève de plus 
en plus, à mesure qu’on passe des premiers sons do. faucet aux 
notes plus aiguës de ce registre, finit par s’effacer tout-à-fait lors¬ 
qu’on est arrivé au summum d'acuité. La langue devient très 
convexe, s’élève et se contracte fortement, surtout à sa base; les 
amygdales se tuméfient considérablement et se rapprochent l’une 
de l’autre, l’isthme du gosier se resserre, enfin l’épiglotte repliée 


en corn/* dirige l’air qui s’échappe de la glotte en mince filet, 
danr ta fe.nle elliptique ou glotte supérieure, formée, comme 
„,as l’avons dit, par le rapprochement des piliers postérieurs et 
.es coiitractions exagérées de toutes les parties dont il vient d’être 
question. Les sons sus-laryngiens qui résultent de ce mécanis¬ 
me ne s’échappent plus en partie par le nez, comme dans les no¬ 
tes du premier registre; mais ils retentissent seulement dans la 
bouche après avoir été produits par le brisement de l’air contre 
les lèvres de la nouvelle glotte formée, comme nous l’avons dit, 
par le rapprochement des piliers postérieurs. Ces derniers sont 
susceptibles de vibrations plus évidentes encore que celles des 
cordes vocales proprement dites, que l’on peut comparer aux 
vibrations labiales qui ont lieu dans le sifflement, et surtout lors¬ 
qu’on cherche à imiter avec les lèvres, certains sons , tels que 
ceux du cor, du basson, le rùclemeiit d’un archet sur les cordes 
d’un violoncelle, ou enfin le bruit produit par les ailes d’une 
mouche, d'un hanneton et de tous les insectes coléoptères. 

Dans le mécanisme qui produit les sons aigus, c'est surtout la 
forme du tuyau vocal qui paraît le plus changer ; en effet, dans 
la voix Inryngitnne, le tuyau a deux orifices externes, le nez et 
la bouche. 11 est recourbé supérieurement, tandis que dans le 
faucet, il n’a qu’un orifice et prend une direction verticale et 
droite, favorisée par l’élévation du larynx et la tête renversée ea 
arrière, ce qui facilite le resserrement des organes et empêche 
que le son ne sorte par les sinus des fosses nasales. 

Enfin dans la voix du premier registre appelée improprement 
voix de poitrine, la cavité bucco-pharyngienne forme deux cônes 
creux dont les bases, tournées vers la glotte se confondent et 
dont les sommets séparés sont antérieurs; au contraire, dans la 
voix du second registre, la bouche et le pharynx ne forment 
qu’un cône à sommet postérieur et à base antérieure. Pendant le 
mécanisme du faucet, le larynx ou plutôt la glotte ne vibre plui 























Le 27, même état. , . 

Le 28^1e (iialade rend par l’atius une portion d’intestin 
’lrélë ’âe la longueur de deux pieds. A l’une de ses extré¬ 
mités cet intestin est noué ; à l’autre, il offre une Qssüre 
longitudinale de l’étendue de trois pouces ; au centre, on 
observe une fissure analogue de même longueur et de cou¬ 
leur grisâtre. Ses parois sont épaissies etcomme macérées. 
Leur surface interne est couverte de taches noires ; les plis 
delà muqueu;jp sont à peine reconnaissables. 

Cette pièce pathologique a été présentée à'la "Société 
mâfec;o-çhirurgiçalei.de Dublin. ' 

Letat du malade a continué à s’améliorer ; il a offert de 
la sensibilité à l’hypogastre pendant plusieurs jours, puis 
il a eu de la diarrhée ; mais enfin il a fini par guérir. 

; — La science possède déjà plusieurs faits analogues à 
celuirci ;; ils sont dépendant en petit nombre ; l’intérêt qui 
se rattache à chacun d’eux en particulier nous a enga¬ 
gé à reproduire celui-ci. Il est donc incontestable que 
l’intiissusception est guérissable par les seules forces de la 
nature, et malheureusement l’art n’a encore aucun moyen, 
à sa disposition pour l’imiter. Il serait difficile de com¬ 
prendre comment une simple contusion sur le ventre a 
pu donner lieu à cet accident. Nous devons rappeler ce¬ 
pendant que le doctrine de Lobstein sur lé mécanisme de 
la formation de l’intussusception rendrait compte de ce 
fait de la manière suivante : La contusion aurait affaibli, 
une portion de l’intestin ; la portion supérieure de ce ca¬ 
nal , exerçant toujours son action à l’ordinaire, aurait fait 
replier sur elle - même et engager comme un doigt de 
gant l’anse intestinale.inférieure devenue flasque par suite 
de ia lésion traumatique. Chez les animaux viyans on peut 
produire' à volonté des invagination^s en leur ouvrant le 
ventre et en agissant d’une certaine manière sur les intes- 

Àcconohement instantané ; ^Ivis trop large ; réflexions de 

médecine légak ; par M. Power, médecin à la Maternité 

de Dublin ( Coombe lyingin hospital ). 

Marie-Anne English, âgée de vingt ans, enceinte pour 
la première fois , à terme, est saisie des douleurs de l’ac¬ 
couchement le 15 octobre à cinq heures du soir ; elle est 
immédiatement transportée à l’hôpital. En y arrivant, elle 
veut monter l’escalier, une douleur vive la surpilftnd et 
l’enfant est expulsé instantanément sur une marche. Une 
hémorrhagie effrayante suit cette expulsion ; le placenta 
sort immédiatement,mais l’écoulement sanguin continue. 
On transporte la femme et On la couche de suite ; elle est 
sans pouls , extrémités froides , le sang continue à coüler 
en abondance. On comprime fortement l’utérus avec la 
main en le poussant,dans l’excavation jjelvienne et eh l’y 
tenant avec la main. On administre une potion cordiale ; 
bouteilles d’eau chaudeaux pieds. L’hémorrhagie s’arrête, 
le pouls se relève, lachaleurreparaît. Gomme cependantjl’u- 
térps reste flasque, et que l’hémorrhagie menace de repa¬ 
raître ; on verse de l’eau froide sur le pubis , ensuite on 
applique'des compresses trempées dans ce liquide à la 
. vulve ; la ipahi de Paccoucheur-reste sur l’hypogastre, qui 
'St enveloppé d’une serviette trempée dans le même li- 
?'-ie.‘ La femme va mieux et elle finit par guérir. L’en- 
f t -^é sauvé. On mesure te bassin de la femme et on 
m dimensions plus grandes qii’à l’état normal. 

On con. incpnvéniens graves qni peuvent ac- 
compagner 1 “CK^iiehient chez les femmes dont les dimen¬ 
sions du pe vis sou considérables. Des hémorrha¬ 
gies, des t>«^latisUs, de 

vent la conséquence. cependant prétend 

qne la retmversion s observ. femmesdont 

le baÿm est étroit. Il est de -amnoins, dit M. Power, 

que des femme.s dont le bassin eU ^ 

thees inopinément en allant a la en voulant 

rendre les urines, ou pendant une ^ 

soit en voiture. Ces sortes d accouchemem^pjj^ en ^né- 


hérablement l’orificè par où s’échappe le petit filêf d’air 
joint à celui qui se trouve déjà dans la bouche, suffit^our pre, 
duire les, sons Aufaucet, et les sons des cris aigus dont nous au¬ 
rons bientôt à nous occuper. 

Ce qui prouve enepre que l’air ne sort que par la bouche dans 
la voix aiguë, et non par cet orifice et par le néz comme dan's les 
Sons graves, c'est qu’il est impossible de prononcer puremçnt les 
Sons nasaux dans les notes élevées du'faucet. Ainsi, pour dire : 
fnain, lointain^ on dira : ma, louota.. C’est pour cette raison que les 
femmes en général, les ténors, surtout les soprani, sont moins 
facilement compris lorsqu’ils chantent des paroles, que les bary¬ 
tons èt les basses. Aussi, les personnes qui ont une voix nason- 
liée et désagréable dans les sons du médium et surtout les notes 
basses, font entendre des sons éclatans et purs en prenant le fau- 
cèt. Une des plus spirituelles actrices de Paris, mademoiselle D..., 
attachée au théâtre du Palais-Royaj, nous offre un exemple frap¬ 
pant de cette observation. Pour faire ressortir encore plus la vé¬ 
rité des opinions que nous ayons émises sur le mécanisme du 
faùcet, nous allons ajouter qu’ayant essayé sur nous-niême s’il ne 
nous serait pas possible de^ produire à la fois deux sons vocaux 
da mécanismes différents, c^est-à-dire une note du layrnx et une 
uZfaucét , nous tommes parvenu assez facilement à ce résultat, 
êh prenant eri même temps une noie grave par une forte vibra- 
Ijon des lèvres de la glotte et son octave avec le faucet. On en¬ 
tend distinctement, comme cela a lieu dans certains cris, deux 
soins àJa fois qui, quoique n’étant pas bien purs et tenant même 
de l’enrouement, forment une espèce d’accord qui prouve assez) 
^lon nous,, que le larynx n’est pas toujours le seul organe pro- 
quctèur de la voix, ét que le voile du palais, et surtout ses piliers, 
ia ïuette et toutes les parties dq l’isthme du gosier, forment par 
leur contraction'forcée et lébr rapprochement, une autre espèce 


ral dangereux, et ils intéressent principalement sous le 
point de 'vue de la médecine légale. Il est possible, dit 
l’auteur, qu’une femme enceinte qui se trouve dan,s ces 
conditions accouche à l’improviste, et que l’enfant disjka- 
ratsse en tombant dans un lieu immonde ; elle ppun-ait 
être accusée d’infanticide, et l’homme de l’art qui serait 
consulté pourrait faire condamner une innocente si, peu 
versé dans les connaissances de cette espèce, il faisait 
devant la justice une de ces dépositions précipitées comme 
on en'a vu malheureusement souvent des exemples. N’est- 
il pas déplorable de voir des hommes qui n’ont jamais ou¬ 
vert un livre d’obstétrique, ni salué la porte d’une chni- 
que quelconque, se donner le titre de médecins légistés ; 
s’arroger la prétention de décider ces sortes de questions 
et autres de haute chirurgie, et qui décident, en effet 
avec une inconce'vable légèreté. 

Feuilletez, je vous prie, la médecine soi-disant légale 
d’un certain auteur: vous en serez stupéfié !!! Un chimiste 
s’est improvisé anatomiste, médecin, accoucheur, chirur¬ 
gien, thérapeutiste; la cornue a pris la place du stéthosco¬ 
pe, la manche d’Hippocrate celle du forceps ; toute la 
science de notre organisation et des accidens dont notre 
corps est susceptible se trouve ainsi méprisée, foulée aux 
pieds parle charlatanisme, et la vie de nos semblables ex¬ 
posée aux caprices, aux absurdités, quelquefois même aux 
intérêts de la réputation de l’expert consulté par la loi ! 

M. Power rapporte le fait suiva.nt observé par lui- 
même. 

Il y a deux ans, une jeune personne appartenant à l’Ins¬ 
titution de la mendicité , quitta le réfectoire au moment 
du dîner pour aller aux latrines, où elle est restée pendant 
une heure environ. En la voyant.sortir, une des Servantes 
de rétablissement a conçu quelque soupçon, et est allée 
visiter les lieux ; elle a été effrayée de voir dans le trou des 
Latrines un enfant nouveau-né avec le placenta. Une en¬ 
quête ayant été faite, la malheureuse fille a avoué qu’étant 
à table elle a été saisie d’envie d’allèr à la garderobe, et 
que, s’étant mise .sur les lieux, une violente douleur lui 
avait fait expulser son enfant et le placenta en un instant, 
sans qu’elle pût bouger de place. Elle avait jusque-là ca¬ 
ché .sa grossesse, et s’était fait traiter à l’infirmerie comme 
A.hydropique. « Bien que sans doute elle fût coupable d’a¬ 
voir caché sa grossesse, je me suis convaincu, dit M. Po¬ 
wer, qu’elle n’a en rien contribué volontairement à la des¬ 
truction de la vie de son enfant. Les premiers accouche- 
mens sont souvent accompagnés d’un dérangenient des 
voies digestives et particulièrement de diarrhée. Dans les , 
efforts pour aller à la garderobe, souvent les douleurs de 
l’accouchement se déclarent, et l’expulsion de l’enfant peut 
avoir lieu instantanément si la femme se trouve dans cer¬ 
taines conditions organiques, et se perdré ainsi dans les la¬ 
trines sans que la volonté de la femme y contribue. » Yoici 
un autre fait analogue au précédent : 

« Une servante d’un de mes amis avait si bien déguisé 
sa grossesse, que personne dans la maison ne s’en était 
aperçu. Un jour elle quitte sa place sous un prétexte, 
quelque temps après, on trouve dans un endroit de la mài- 
son les débris d’un enfant nouveau-né décomposé. La fem¬ 
me a été arrêtée ; elle a avoué qu’étant à terme elle était 
une nuit, très tard, à laver les ëscabers selon les usages, 
lorsqu’une violente envie d’aller à la garderobè l’a forcée 
de s’asseoir sur le baquet plein d’eau dont elle se servait 
pour laver les marches. Dans cette position, une douléur 
vive survenue inopinément lui avait fait expulser l’enfant 
■et le placenta en un instant dans le baquet d’eau. Elle est 
restée sur place presqu’évanouie, et lorsqu’elle est revenue 
delà commotion, elle avaittrouvé son enfant mort dans lé 
baquet. Pour cacher sa honte, elle en avait alors jeté tout 
le contenu dans les lieux. Le lendemain elle s’était levée 
à son ordinaire, et avait vaqué à ses affaires comme de 
coutume. Le toucher a fait constater que cetté femme 
avait, comme les précédentes, un pelvis très ample. 

{The Dublin med. .Press, décembre 1839.) 


d’instrument vocal qui ne dépend du larynx que par l’air que ce 
dernier lui fournit. _ 

Ferrein, âpres avoir placé l’organe de la voix dans les cordes 
vocales considérées comme cordes, semble avoir entrevu un mé - 
Mnisme particulier pour la formation des sons aigus ; car il 
ûb(l) : « Je me crois obligé de faire une restriction à laquelle on 
ne s'aliéna pas, c’est que les cordes vocales ne-sont pas les orga¬ 
nes ie toutes les espèces de voix. Tels sont une certaine voix du 
gosieretun faucet de même nature. 

» Ils se servent d'un nouvel orgine que j’ai découvert et dont 
j’ai eu sein de constater l’existence...; ce sont des faits qui seront 
éciaircis dans un autre mémoire.» 

Quoique Ferrein ait vécu encore long-tefnps après sa préten¬ 
due découverte, il n’a rien publié depuis qui ait rapport à ce 
mémoire, qu'il promettait, et l’on est réduit à des conjectures sur 
ce qu’il devait contenir; 

Haller (2) suppose qu’il voulait parler du voile du palais : 
» Quin aliquæ non litteræ solæ, sed etiam voces perguttur edan- 
» tur et quiii carum modulatio aliqua per palalum mobile aut 
» proprias ad linguam adductum aut vicissim remotius excrceatur. 
» Dubium quidem non videtur esse illiid peculiare vocis orga- 
I) num quod se descripturum promisit Ferriuius. » 

Un auteur allemand a également dit quelques mots sur un mé¬ 
canisme particulier pour la forrtiation des sons aigus de la voix 
deflaucei, qu’il appelle oox substricta pour la distinguer de la 
voix de poitrine, vox plena, dans sa dissertation inaugurale ( de 
formaiione loquelœ, Tubingne, 1784), cet auteur qui est M. 
Helwag, dit : « Ad subSrictam vocem uvula contrabitur, ad ple- 
nam non mulatur. » 


(1) Mémoire.de l’Académie des sciences, 1741, p. 429. 

(2) Physiol,, lib, IX, sect. 3, parag. 13. 



Extirpation de l’utérus ; torsion des artères. (Acad, de nié,} 
28 janvier 1840.) '' 

M. Amussat appelle l’attention de l’Académie sm jjuj 
extirpation du col de l’utérûs, qui lui paraît rémarquaj)|g 
surtout comme démontrant les avantages de la torsion des 
artères. 

La malade a atteint sa trente-deuxième année , mariée 
depuis la vingt-neuvième seulement, elle a donné le jo^ 
à deux eiifans, qui tous deux sont morts, l’un à deux ans 
l’autre à trois mois. Cette femme, douée d’une forte constil, 
tutioii, avait toujours joui de la plus parfaite santé, lofj. 
que il y a cinq'mois, elle fît unç fausse douche à la suite 
de laquelle elle eut une métro-péritonite. Il n’est pas iuu. 
tile de dire que l’avortement quoique confirmé par Ij 
sage-femme, ne paraît pas bien proüvé; madame P. jg 
comptait encore que six semaines, de grossesse. 

Quoi qu’il en soit, à partir de ce moment la santé de 
madame P. s’est sensiblement affaiblie ; l’écoulement paj 
les.organes génitaux continuait. 

La métro-péritonite qui, comme nous'l’avons dit, sor- 
vint à la suite de l’avortement était caractérisée par de 
grandes douleurs dans la région hypogastrique, par de la 
pesanteur sur le rectum, et par une fièvre ardente. 

Les choses en étaient à ce point, lorsque M. Duhamel 
appelé, fit ces-ser, au moyen d’un traitement anti-phlogis.! 
tique, tout symptôme alarmant. Dès ce moment, la inala- 
de crut pouvoir se dispenser des soins du médecin ; mais 
l'écoulement reparut aussitôt. 

Ces pertes considérables duraient depuis cinq mois, 
lorsqu’il y a un mois environ, M. Duhamel fut de nouvepû 
consulté, et-reconnut à l’aide du toucher-une affection 
grave du col utérin, et un développement considérable de 
la lèvre postérieure. L’extirpation, jugé'e nécessaire parice 
médecin, la malade fut conduite à M. Aiints'sat. 

Le tact exercé de ce chirurgien lui fit bientôt reconnal- 
• tre que la lèvre postérieure du col était énorme, ulcéree 
et saignante, et que la lèvre antérieure,'beaucoup moins 
malade, était cependant'éjiai.ssie ét graveleü’sé. 

L’odeur forte et repoussante fait 'craindre lin cancer, et 
le spéculum, en faisant constater quë la partie postérieure 
du col étaityfougueuse, avertit ^ù’il fallait au plutôt avoir 
recours à-l’amputation du CoL M. Amussat . ne crut pas 
- devoir prendre spr lui toute la responsabilité d’une opé¬ 
ration qui, à notre époque encore, ést un sujet de fcon- 
trovei-se; il engagea la malade à consulter M. Réca- 

Cet habile praticien, après Un exameii attentif et appro¬ 
fondi , déclara, malgré l’engorgement de l’utérus, que l’o¬ 
pération était praticable. L’opération eut lieu le 21 janvier 
1840, en présence de MM. Duhamel, Bouchacourt,Puyoo, 
Pigeoüet, Levaillant et Dusseris. 

La malade fut placée sur. une commode disposée vis-à-vis 
l’ouverture qui donnait la plusM'ànde lumière • placée sur 
l’extrémité du itifeiible , ellp fut soutenue pâr des aides 
comme pour l’opération de la tailte sous-pubienne." 

M. Amussat alla, au moyen d’érignes, à la recherche du 
col utérin. Le doigt indicatetrr les, impïahta sur la tumeur; 
il exerça de légères traptions, d’abord dans le sens du dé¬ 
truit, supéi'ieür, puii.selon l’axe du vagin. Les grandes 
lèvres huent écartées fortement par deux aides. Dés'por¬ 
tions de la tumeur rivaient ÿé entraînées par les érignes ; 
elles s’étalent détachées : if fallut donc replacer les érî- 
giies sur la lèvre antérieure , dont la résistance était plus 
considérable. Les tractions, cetté fois, amenèrent à la vulve 
le col utérin. 

A l’aide d’un petit bistouri droit, M. Amussat pratiqua 
d’avant en arrièi'e, une section sur le col dont chaque paiy 
sic se présentait op ne peut mieux à l’action de l’instru¬ 
ment tranchant ; une sorte de torsion produite à l’aide des 
érignes, facilitait cette manoeuvre. 

L’opérateur se garda bien KÎe détacher complètement le 
col, parce que, Tutérus repi'enant sa place, il se serait vu 
hors d’état de saisir les vaisseaux divisés d’une surface 


Le docteur Bènnalî, qui comme nous s’occupait spécialement 
des maladies des organes vocau.x, pensait que les sons aigus n’é- 
laient pas produits par les contractions des muscles du voile du 
palais et de l’istbme du gosier ; mais, ainsi que tons les pliysL- 
ciens et les physiologistes qui se sont occupés de la voix, il ad¬ 
mettait que la formation des sons suslaryngiens s’effectuent, 
comme tous les autres, dans le larynx, mais qu’ils sont seiileme 
modifiés par la partie supérieure du tuyau vocal. Nous, au con¬ 
traire, nous disons que la glotte n’est presque pour rien dans leur 
formation, et qu’ils sont produits par une autre espèce de glotte 
supérieure formée : I “ inférieurement par la base de la langue.; ' 
2» par le pharynx ou la paroi postérieure ; 3» sur les côtés , par 
le rapprochement des piliers, d’où résulte une fente ellipti^e 
dont les lèvres vibrent comme celles de la glotte; 4“ enfin par 
le voile du palais et la luette qui par leur élévation empêchent 
que l’air ne sorte par l'es fosses nasales comme dans la voix dite 
de poitrine. Lorsque toutes ces parties se sont rapprocliées par la 
contraction dès muscles palalo-pharyngiens, la cavité buccale 
forme un cône dont la base correspond à l’ouverture de It 
bouche. I 

Nous ne partageons pas non plus les opinions de Bennali; 
lorsqu’il dit que la fixation de l’os hyoïde et de la base de la laça 
gue est indispensable pour la formation de tous les sons aigus, 
On pourrait concevoir cette fixation obligée poiiii- la produclicH 
des ?ons s’il ne s’agissait que du chant modulé ; mais dans le 
chant parlé , celle théorie est inadmissible ; car la base de la 
langue, ainsi que tout Torgane, est forcé de faire un grand nome 
bre de mouvemens pour J’articulation des mots. MM. Gerdy et 
MalgaigneT qui ont décrit avec exactitude, les moiiVcmens dà 
voile du palais et de, toutes les parties'formant l’isthme du gosierl 
n’ont pas dit, ainsi que nous le pensons, que ces mouvemens ' 
avaient pour but la formation des notes qui composent le second 




























- 55 - 


saignante qui aurait échappé à sa vue. ^ 

Une artère donnait un jet de sang assez considérable . 

en fit la torsion, et la section du col fût continuée, et 
terminée au moyen de grands ciseaux fortement recourbes 

®“^e^sang^ qui s’écoula pendant l’opération fut peu abon- 
i-nt. et la douleur assez vive. . , i 

“ L’opération terminée, la malade fut placée dans son ht, 

, cuisses rapprochées l’une de l’autre. On lui rècomraan- 
\ attcas où'il surviendrait iin écoulement sanguin, de 
fafie quelqués injections froides et acidulées avec du yi- 

“Îsqu’à ce jour (28 janvier 1840), l’opération n’a entraî¬ 
né aucun accident; quelque peu de fièvre est survenu, 
juais la malade se trouve néanmoins dans 1 état le plus 

**Vous ne terminerons pas sans faire quelques reflexions 
qui nous semblent découler naturellement de cette ope- 

’'*Noûs dirons d’abord que la nature de la tumeur, et 
turtout la forme pédiculée, indiquaient ■ parfaitement 
l’amputation du col de Tutérus. , 

h faut bien se garder, dans des cas-analogües, de saisir 
arec les pinces de Museux des surfaces ulcérées ou ramol¬ 
lies • la raison est que les tractions entraîneraient plutôt la 
déchirure des portions saisies que l’abaissement de 1 uté¬ 
rus M. Amassât pense que l’on pourrait remplacer avec 
avantage les doigts des aides qui écartent les grandes levres 
oar des instrumens plats comme des couteaux d ivoire. 11 
dit aussi que le moyen le plus sur d’arrêter 1 hémorrhagie, 

• dans l’exciskm du col de l’utérus, c’est de couper de haut 
en bas, et cela dans le but de mettre en vue les vaisseaux 
coupés et de les tordre avant de faire la section complète, 
qui doit nécessairement déterminer la rétraction de l’u- 

*^Si la tumeur était volumineuse, un des moyens de fa¬ 
voriser la torsion des vaisseaux, serait de détacher par 
portion, en incisant d’avant en arriéré, de façon à ce 
que l’.on puisse tordre les vaisseaux au fur et à mesure 
qu’ils se présentent, en commençant toutefois par la par¬ 
tie supérieure. 

M. Amussat pense qu’un bistouri boutonne et concave 
dèviuit être préféré aux ciseaux dont il a fàit usage pour 
achever l’opération. La manière de trancher a, uit-il, de 
grands avantages, et Ton n’a nullement à craindre de blés- 
ser la paroi postérieure du vagin, ce à quoi l’on est sou¬ 
vent exposé lorsqu’on se sert de bistouris pointus. 

M. Amussat termine ce qui a rapport à l’opération, en 
disant que les instrumens nécessaires sont un spéculum, 
des pinces de Museux, des crochets, des couteaux courbes,, 
des bistouris, dès ciseaux, des pinces à torsion, des serin- 

ques et des épon'ges. , j 

Gette opération, eu égard a sa ditfaculte, demande que 
l’opérateur la répète avec ses aides, irtüiédiaternent avant 
de l’entreprendre. Tous ces détails, qui sont d’une impor¬ 
tance non contestable pour les praticiens sont par trop né- 

^ Les récidives, dit encore M. Amussat, sont malheureu¬ 
sement très fréquentes après de semb^bles opérations. Un 
moyen de lés prévenir, et qui jusqù’içi ne ipe paraît pas 
avoir été mis en usage, c’est la catitérisatidn profonde de 
la plaie avant que la cicatrisation soit complète, et sans at¬ 
tendre que sa surfàcè soit le .siège de végétations d’une na¬ 
ture douteuse. Il serait urgent d’établir un cautère à la 
cuisse et de conseiller des dépuratifs. 

Ongle incamé; èmpîoi d’un cylindre de potasse caustique; 
giiérison ; par M. le docteur Rodsse, à Bagiières. 

• ■ - La matrice de l’ongle est douée d’une force de formation très 
grande ; Paceroissement dë celte partie du corps résulte de la 
superposition _contjnuelle de molécules secrétées et excrétées 
par le derme, qu’on npmipe par cela matrice de l’ongle, qui prp- 

* duit ainsi l’allongement de l’ongle. Que ce soit le derme qui 


sécrète od extrète la matrice de l’ongle , ou que ce soit ce qu on 
appelle matrice de l’ongle, toujours est-il qutn produisant la 
destruction rie ces parties ou une perturbation sur elles , 1 ongle 
cesse de se reproduire. Le fait suivant le prouvera , comme je 
l’avais annoncé dans mon observation d’incarnation d ongle qui 
a été insérée dans la Gazette des Hôpitaux du 7 décembre 1839. 

Baptiste Dubau, de Bagnères, affecté d’incarnation de la partie 
latérale externe de l’ongle du gros orteil gauche, a été traité de 
la manière suivante , le 17 décembre dernier. 

Pendant vingt-quatre heures, repos au lit; cataplasmes de 
farine de lin sur la parüe malade ; bains de pied adoucissans ; h- 
monade cuite ; diète. 

Le 18 décembre , à midi, je place sur la matrice de 1 ongle un 

cylindre de potasse caustique de cette gran4eur f—;---r). 

Les parties latérales de ce cylindre sont recouvertes de sparadrap 
fondu sur lequel adhère une assez forte couche de duvet fin ; le 
tout est consolidé par nne bandelette de sparadrap placée sur 
ledit cylindre, et par une nouvelle couche de duvet, retenue par 
une petite bande. 

La cuisse est fléchie sur le bassin, la jambe sur la cuisse, et un 
double oréiller est placé sous le genou, afin que le pied malade 
puisse reposer sur un plan horizontal et s’opposer par là, malgré 
toutes les précautions prises à la fusion du caustique sur les par¬ 
ties environnantes. 

Le cylindre a été levé à quatre heures et demie du même jour. 
Souffrances pendant l’actién de la potasse, fortes et allant par gra¬ 
dation. . , ,7 

Lorsque le malade a senti ne plus pouvoir les endurer, l appa¬ 
reil a été levé et le pied soumis continuellement aux irrigations 
d’eau froide : aussi le mal pendant la nuit a-t-il été tolérable. 
Les souffrances ont été en diminuant de jour en jour. 

Après quatre jours , les points cautérisés sont en suppuration, 
et l’ongle, saisi par sa matrice , a pu être enlevé presque sans 
effort, 

La plaie a été profonde , mais des arrosemens continuels ont 
favorisé sa cicatrisation à l’aide du cérat de Gralien placé sur de 
la charpie et sur le mal. La partie de l’orteil protégée par l’ongle 
s’est recouverte d’une peau fine : aucune substance cornée n'a 
couronné ses bords. 

C’est pour la quatrième fois que ce procédé, simplifié aujour¬ 
d’hui, a été mis en usage par moi, et je répéterai que ce qu’il y 
a de consolant pour leSTnalades, c’est que jamais l’ongle ne s’est 
reproduit ; ce qui, à mon avis, fera donner la préf